La montagne entre nous de Hany Abu-Assad.

LA MONTAGNE ENTRE NOUS

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Vingt ans après Titanic, Kate Winslet se heurte de nouveau à la glace dans un drame saisissant.

Réalisation : Hany Abu-Assad
Scénario : Chris Weitz, J. Mills Goodloe
d’après : le roman The Mountain Between Us
de : Charles Martin
Production : Fox 2000 Pictures, Chernin Entertainment
Interprétation : Kate Winslet (Alex Martin), Idris Elba (Ben Bass), Beau Bridges (Walter), Dermot Mulroney (Mark), Linda Sorensen (Pamela)…
Distributeur : Twentieth Century Fox France
Date de sortie : 8 novembre 2017
Durée : 1h47

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Livrés à eux-mêmes après le crash de leur avion en pleine montagne, deux étrangers doivent compter l’un sur l’autre pour faire face aux conditions extrêmes. Réalisant qu’ils n’ont aucun espoir d’être secourus, ils tentent leur chance à travers des centaines de kilomètres de nature hostile, acceptant que ce n’est qu’ensemble qu’ils pourront trouver le courage de tenter de survivre.

Un homme, une femme, un chien sont dans un avion… Soudainement, un crash en haute altitude…
Adapté du roman du même titre, écrit par Charles Martin, dont il s’agit de la première publication en France, La Montagne entre nous appartient aux grandes épopées rocheuses, aux paysages époustouflants.

Tournée au Canada, dans des conditions réelles, cette tragédie humaine, bien plus qu’un film catastrophe, cherche surtout à mettre en lumière l’instinct de survie prodigieux dont est capable l’homme, devant puiser dans ses insoupçonnables ressources, lorsqu’il se retrouve seul face à la toute-puissance de la nature.

En s’appuyant sur un casting de choix, le film fait le pari de s’appuyer sur ses deux protagonistes, rescapés contraints à ne jamais relâcher leurs efforts ni leur attention s’ils ne veulent pas périr dans la minute.

L’environnement montagneux, hostile et immersif par essence, ne cesse en effet de rappeler à ses hôtes leur inadaptation face à ses éléments : bêtes sauvages, sols gelés, blizzard ou précipices dissimulés par des congèles font ainsi partie des épreuves quotidiennes auxquelles sont confrontés les personnages valeureusement incarnés par Idris Elba et Kate Winslet.

Le réalisme des situations, des décors et les prises de vue participent à faire du projet l’un des plus intéressants quand il s’agit d’aborder le thème de l’instinct de survie au cinéma, car celui-ci est débarrassé de tout emballage mélodramatique.

Au placard donc la musique larmoyante, les retournements de situation improbables, le hasard qui permettrait aux survivants de s’en sortir avec facilité… Se détournant volontairement des codes hollywoodiens, le réalisateur Hany Abu-Assad, que l’on connaissait jusqu’à présent pour ses oeuvres palestiniennes (Paradise now, Omar, Le chanteur de Gaza), répond au drame avec sa sensibilité de cinéaste du réel, et réfute les éléments farfelus qui gâcheraient une belle leçon d’humanité en haute altitude.

Pour cela, bien entendu, le duo d’acteurs vedettes a dû accepter de souffrir. Beaucoup. A l’image d’un Léonardo DiCaprio au plus proche de sa nature primitive dans The Revenant, Kate Winslet et Idris Elba ont vécu un tournage des plus éprouvants, pour accentuer la crédibilité d’un synopsis simple mais efficace. Ils sont épatants.

A priori, leur récit ne se distingue pas des autres survivals neigeux qui prennent comme point de départ un accident malheureux en terre hostile (Frozen, Le territoire des loups). Néanmoins La Montagne entre Nous tire son épingle de la neige précisément par son humanité et la chaleur qui se dégage de ses protagonistes dans l’épreuve. Kate Winslet et Idris Elba se montrent d’une sincérité à toute épreuve, se mettant à nu quant à leurs sentiments vertigineux face à cette épreuve mortelle.

Entre film d’aventure exaltant et histoire d’amour digne, avec néanmoins une touche d’humour bienvenu, ce drame s’appuie surtout sur un incroyable dépaysement, au sein de paysages somptueux et authentiques. La vérité qui se dégage de la nature, la sincérité avec laquelle les personnages se rapprochent pour survivre ensemble…, tout cela exalte des valeurs nobles que l’on a rarement vues aussi bien exposées au cinéma.

Sans tambour ni trompette, La Montagne entre nous s’inscrit parmi les grands et beaux divertissements, honnête avec son public dans son traitement non-mélodramatique, renvoyant aux rêves et peurs enfantines, comme ceux d’une aventure par-delà les montagnes aussi fascinante que dangereuse.

Reste à vous recommander de vous méfier si, un jour, vous embarquiez sur un navire ou à bord d’un avion, en compagnie d’une certaine actrice britannique. Vous seriez peut-être plus en sécurité au cinéma…

L’ANALYSE :

Ben et Alex n’auraient jamais dû se rencontrer. Coincés dans un aéroport du centre des États-Unis à cause d’une tempête de neige au cœur des Rocheuses, ils sont dans l’impossibilité d’atteindre leurs destinations respectives : elle doit rejoindre son fiancé pour son propre mariage qui a lieu le lendemain, lui doit opérer de toute urgence un de ses patients.

Sur un coup de tête, alors qu’elle vient tout juste de le croiser dans le hall, Alex propose à Ben d’embarquer à bord d’un coucou qui leur permettra de prendre un vol depuis un autre aéroport.

Sauf que rien ne se passe évidemment comme prévu et qu’ils s’écrasent sur un versant de montagne : sortis miraculeusement de cet accident et alors qu’ils n’ont prévenu personne susceptible d’envoyer des secours, nos deux protagonistes vont devoir redoubler de courage et d’inventivité pour espérer survivre dans cet environnement glacé et très hostile.

Mais qu’on ne s’y méprenne pas : si La Montagne entre nous passe rapidement du film-catastrophe (grâce à une courte scène de crash aussi ténue qu’efficace) au genre désormais bien connu du survival, le premier long-métrage américain à sortir sur nos écrans du réalisateur israélo-palestinien Hany Abu-Assad (Paradise Now) n’est en fait rien d’autre qu’une comédie romantique déguisée en film d’aventure.

Respectant scrupuleusement le cahier des charges inhérent au genre, le récit se hasarde très peu en-dehors des conventions.

Nous avons donc deux personnages que tout oppose jusque dans leur caractère (elle est photographe professionnelle : elle est forcément dans l’instinct et les émotions ; il est chirurgien : il est donc rationnel et dans le contrôle), que rien ne prédisposait à se rencontrer (une mauvaise circonstance finit par les rapprocher) et que tout oblige désormais à devoir cohabiter (se sortir vivant de cette épreuve passe par une solidarité sans faille).

Comme en plus, les deux personnages sont joués par Idris Elba et Kate Winslet au capital sympathie indéniable, on comprend rapidement que le seul suspense du film se limitera à savoir s’ils finiront ou pas par s’embrasser.

Avec une efficacité dramatique qui, à défaut d’être originale, fonctionne plutôt bien, la mise en scène offre une succession de tableaux au cours desquels Ben et Alex devront déployer des efforts surhumains pour se sortir des situations dans lesquelles ils se sont mis.

Avec une certaine application, le film joue aux montagnes russes avec leurs émotions : des animaux féroces aux chutes imprévisibles, les deux protagonistes sont constamment ramenés à leur absence de perspective et la promesse d’une mort prochaine. Jouant habilement des paysages et des profondeurs de champ, la caméra parvient à donner une dimension anxiogène à la beauté des montagnes enneigées.

Mais le systématisme avec lequel le récit pose un enjeu pour le résoudre en quelques minutes trahit le manque de vision du cinéaste qui ne voit dans le calvaire de ses deux héros qu’une opportunité pour créer par à-coups leur rapprochement sentimental.

Handicapé par quelques facilités (les ellipses un peu trop vite expédiées qui étirent anormalement le temps du récit) et quelques incohérences (la barbe d’Idris Elba reste impeccable du début à la fin pour ne pas entamer son capital séduction), La Montagne entre nous se fourvoie même par moments dans un sentimentalisme bas de gamme (les flashbacks sirupeux, le discours un peu puritain surplombant qui ne met jamais en faute les deux personnages) alors que l’enjeu initial et le savoir-faire de Hany Abu-Assad à appréhender les espaces auraient pu suffire à faire du film une aventure épique.

C’est d’autant plus dommage qu’on sent le réalisateur tenté de s’affranchir par moments des règles qui lui sont imposées, entre les champs-contrechamps parfois inattendus et les dialogues ciselés qui injectent un peu d’ironie à cette histoire cousue de fil blanc.

Le résultat, loin d’être honteux, peut s’avérer plaisant par endroits : mais son manque d’audace fait de La Montagne entre nous un produit totalement anecdotique taillé sur-mesure pour ses deux acteurs.

7,5/10

Pierre Bryant

Cinéphile depuis mon plus jeune âge, c’est à 8 ans que je suis allé voir mon 1er film en salle : Titanic de James Cameron. Pas étonnant que je sois fan de Léo et Kate Winslet… Je concède ne pas avoir le temps de regarder les séries TV bonne jouer aux jeux vidéos … Je vois en moyenne 3 films/jour et je dois avouer un penchant pour le cinéma d’auteur et celui que l’on nomme « d’art et essai »… Le Festival de Cannes est mon oxygène. Il m’alimente, me cultive, me passionne, m’émerveille, me fait voyager, pleurer, rire, sourire, frissonner, aimer, détester, adorer, me passionner pour la vie, les gens et les cultures qui y sont représentées que ce soit par le biais de la sélection officielle en compétition, hors compétition, la semaine de la critique, La Quinzaine des réalisateurs, la section Un certain regard, les séances spéciales et de minuit … environ 200 chef-d’œuvres venant des 4 coins du monde pour combler tous nos sens durant 2 semaines… Pour ma part je suis un fan absolu de Woody Allen, Xavier Dolan ou Nicolas Winding Refn. J’avoue ne vouer aucun culte si ce n’est à Scorsese, Tarantino, Nolan, Kubrick, Spielberg, Fincher, Lynch, les Coen, les Dardennes, Jarmush, Von Trier, Van Sant, Farhadi, Chan-wook, Ritchie, Terrence Malick, Ridley Scott, Loach, Moretti, Sarentino, Villeneuve, Inaritu, Cameron, Coppola… et j’en passe et des meilleurs. Si vous me demandez quels sont les acteurs ou actrices que j’admire je vous répondrais simplement des « mecs » bien comme DiCaprio, Bale, Cooper, Cumberbacth, Fassbender, Hardy, Edgerton, Bridges, Gosling, Damon, Pitt, Clooney, Penn, Hanks, Dujardin, Cluzet, Schoenaerts, Kateb, Arestrup, Douglas, Firth, Day-Lewis, Denzel, Viggo, Goldman, Alan Arkins, Affleck, Withaker, Leto, Redford… …. Quant aux femmes j’admire la nouvelle génération comme Alicia Vikander, Brie Larson, Emma Stone, Jennifer Lawrence, Saoirse Ronan, Rooney Mara, Sara Forestier, Vimala Pons, Adèle Heanel… et la plus ancienne avec des Kate Winslet, Cate Blanchett, Marion’ Cotillard, Juliette Binoche, Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Meryl Streep, Amy Adams, Viola Davis, Octavia Spencer, Nathalie Portman, Julianne Moore, Naomi Watts… …. Voilà pour mes choix, mes envies, mes désirs, mes choix dans ce qui constitue plus d’un tiers de ma vie : le cinéma ❤️

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