Edward aux Mains d’Argent, de Tim Burton

 

Date de sortie : 14 décembre 1990 (États-Unis), 10 avril 1991 (France)
Réalisateur : Tim Burton
Acteurs principaux : Johnny Depp, Winona Ryder, Dianne Wiest, Vincent Price
Genre : Comédie dramatique, fantastique
Nationalité : Américain
Compositeur : Danny Elfman

Une simple et unique vision du monde extérieur.

Entre ses deux Batman, Tim Burton revient sur un projet plus personnel avec une mélancolie fantastique très marqué. Premier rôle de Johnny Depp chez l’illustre réalisateur, qui l’a fait connaître au grand public six ans après son passage dans Les Griffes de la Nuit, Edward aux Mains d’Argent conte la triste histoire d’un être créé mais qui, n’ayant pu être terminé, a des cicatrices sur le visage et des lames de ciseaux en guise de mains. Alors qu’une représentante en cosmétiques entre dans son ténébreux manoir, elle perturbe son quotidien en l’emmenant dans le monde extérieur pour le faire vivre parmi les autres et exposer ses talents. Créature emblématique de l’imagination de Tim Burton, Edward arbore un regard et une posture torturé par la tristesse et la solitude, associant ainsi définitivement le réalisateur au mouvement gothique. Sa coiffure est inspirée par celle de Robert Smith du groupe The Cure, à qui Burton avait proposé d’écrire les musiques du film.

De bien jolis taillages dont seul Edward a le secret.
Main-d’oeuvre jusqu’à l’intérieur d’une école.

Derrière le comique des nombreuses situations mettant Edward dans l’embarras se cachent en réalité les thèmes de l’exclusion et de la découverte de soi. Car si son talent pour la sculpture des feuillages fait l’unanimité, les maladresses provoquées par ses ciseaux et la moquerie des habitants vont le rendre difficilement adaptable à l’impitoyable vie en société. Si la dramaturgie met vraiment du temps à se mettre en place, le background du personnage se développe à travers des flashbacks mettant en scène son inventeur, interprété par le brillant Vincent Price, connu pour ses rôles dans des films horrifique comme L’homme au masque de cire, La mouche noire, Vincent (le premier court métrage de Tim Burton) ainsi que le célèbre monologue de la chanson « Thriller » de Michael Jackson.

Un dernier rôle emblématique pour Vincent Price au cinéma.
L’inévitable coulée de sang au bout des lames…

Le personnage d’Edward sait se montrer très attachant lorsque ses premiers sentiments apparaissent à l’égard de la lycéenne Kim, interprétée par Winona Ryder (Beetlejuice, Dracula, Frankenweenie 2012), qui est la seule personne à réellement le traiter comme un humain et non comme une bête de foire. Les musiques de Danny Elfman, surtout présentes dans les premières et dernières minutes, subliment le pathétique et la fatalité du personnage, notamment provoqués par la violence qui survient vers la fin. À l’instar de futurs films comme Ed Wood, Big Fish ou encore Big Eyes, Edward aux Mains d’Argent se veut finalement être un film très particulier, avec une atmosphère glauque qui se traduit davantage par un univers réaliste mettant en avant le jugement des personnes que par une esthétique gothique et monstrueuse.

Emmanuel Delextrat

Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j'ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La soupe aux choux, mais aussi de nombreux dessins animés (courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo ; longs métrages Disney avec Alice au pays des merveilles en tête ; animés japonais avec Sailor Moon et Dragon Ball Z ; j'aime aussi particulièrement Batman et Tintin). Mes années 90 ont été bercées par les comédies de Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête), ou d'autres films que j'adore comme Les valeurs de la famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à tout prix). C'est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par The Dark Knight, Casino Royale, Dragon l'histoire de Bruce Lee ou encore Rambo. Collectionneur, j'attache de l'importance au matériel et j'ai réuni deux étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Il va sans dire qu'il m'en reste encore beaucoup à voir...

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