Source Code de Duncan Jones

Pays : États-Unis
Année : 2011
Casting : Jake Gyllenhaal, Vera Farmiga, Michelle Monaghan, …

Colter se réveille dans un train sans souvenirs de ce qui l’a amené là. Tout se complique quand le train explose…

Le principe du retour dans le temps est (ironiquement) l’un des plus vus dans la production artistique. Cela rentre dans cette logique de regrets de la part de nombreuses personnes sur des événements à diverses échelles. Malheureusement, cela est plus devenu un outil scénaristique qu’un véritable mécanisme narratif fort. C’est ainsi que l’on se retrouve avec des resucées plates d’« Un jour sans fin » sans idées particulières. Heureusement, il existe des exceptions dans le domaine et « Source Code » en fait partie.

Doté d’une enveloppe financière plus grosse que sur « Moon » (30 millions), Duncan Jones n’a quand même pas l’envergure d’un gros blockbuster. Néanmoins, il en profite pour traiter visuellement son sujet avec efficacité et énergie. Cela peut presque se ressentir comme des termes faciles, et pourtant, c’est le plus gros écueil auquel doivent faire face les créateurs de récits à répétition. Ici, l’inspiration est principalement celle du jeu vidéo, comme expliqué à Colter une fois découverte la raison de ces retours en arrière.

Derrière ce fonctionnement se cache néanmoins ce regret du passé qui ressort ici de manière plus amère. L’acte à éviter est ainsi un attentat extrêmement meurtrier. Difficile de ne pas faire le parallèle avec les attentats du 11 septembre, événement historique d’une Amérique au passé moindre que d’autres pays de la planète. La crainte terroriste ajoute donc une certaine urgence à l’acte et à la situation au vu d’une peur de répétition. La répétition de l’acte pour éviter celui-ci, voici quelque chose de fort ironique au vu de l’intrigue.
Les actes gouvernementaux sont dès lors vus de manière assez nuancée au vu du mécanisme « humain » derrière. Arrivent alors des interrogations sur l’euthanasie et même une forme de réalité virtuelle, avec les frontières entre réalité et fiction qui se soulèvent. Mais plus encore, on peut voir en Colter une figure du soldat utilisé comme chair à canon pour un gouvernement qui veut se prémunir de chaque danger pouvant toucher le pays. Cela amène plus de questionnements sur des dirigeants voulant sauver leur population… en utilisant certains de leurs habitants tels des outils fonctionnels. De quoi rester dans une logique de l’être humain comme rouage mécanique peu à peu déshumanisé par une autorité supérieure.

Toutes ces questions se retrouvent dans un divertissement explosif assez fort. Car « Source Code » arrive à amener de la réflexion derrière l’explosion, théorisant sur sa forme de « néo blockbuster » pour réfléchir à cette situation avec un fond subtil, nuancé et humain. Bref, de quoi montrer que Duncan Jones est une des pépites du cinéma anglophone qui sait traiter le divertissement avec éclat…

Liam Debruel
Amoureux du cinéma. À la recherche de films de qualités en tout genre,qu'importe la catégorie dans laquelle il faut le ranger. Le cinéma est selon moi un art qui peut changer notre vision du monde ou du moins nous faire voyager quelques heures. Fan notamment de JJ Abrams,Christopher Nolan, Edgar Wright,Fabrice Du Welz,Denis Villeneuve, Steven Spielberg,Alfred Hitchcock,Pascal Laugier, Brad Bird ,Guillermo Del Toro, Tim Burton,Quentin Tarantino et Alexandre Bustillo et julien Maury notamment.Écrit aussi pour les sites Church of nowhere et Le quotidien du cinéma. Je m'occupe également des Sinistres Purges où j'essaie d'aborder avec humour un film que je trouve personnellement mauvais tout en essayant de rester le plus objectif possible :)

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