Joint Security Area (JSA) – Park Chan-Wook

Joint Security Area, ci après abrégé en JSA, est un film sud-coréen réalisé par Park Chan-Wook (Old Boy ; Mademoiselle). Nous y retrouvons notamment Song Hang-ho (Snowpiercer ; The Host), Byung-Hun Lee (J’ai rencontré le diable ; Le bon, la brute et le cinglé), Yeong-ae Lee (Lady Vengeance), Shin Ha-Kyun (Thirst ; The Brain) et Tae-woo Kim (Les Femmes de mes amis ; Woman on the beach). Sorti directement en dvd en 2000, le film est finalement ressorti dans les salles françaises en juin 2018. Que vaut donc ce film? Bilan.

De quoi ça parle ?

Poste de contrôle de frontières des deux Corées, Corée du Nord. Deux morts, deux blessés don un sud-coréen. Lui dit avoir été pris en otage avant d’avoir pu s’échapper. Le survivant du Nord, lui, affirme que l’homme est venu en pleine nuit et a ouvert le feu. Entre vérité et mensonges, le Major Sophie Jean doit trouver le fin mot de l’histoire.

Et ça vaut quoi ?

J’étais curieux de voir ce film de Park Chan-Wook; En effet, je me souviens vaguement de Tom Boy dont je garde un bon souvenir, de même pour Mademoiselle. Mais j’étais également inquiet : y avait-il une raison pour laquelle ce film est sorti directement en DVD ? Peut-être est-il moins bon ? Après tout, ce film a été réalisé avant les autres, peut-être le réalisateur n’avait-il pas encore trouvé son style ? Bref, j’avais beaucoup d’interrogations. De stupides interrogations. Car je n’ai pas peur de dire que ce film est une vraie pépite. Commençons par le sujet abordé : la frontière entre les deux Corées. Un sujet rare dans les films, ou qui donne droit à des réalisations politiquement engagées. Bref, un thème « casse-gueule » peu abordé. Ici, Park Chan-Wook évoque ce peuple déchiré, si proche et pourtant si différent. L’on voit alors les différences entre ces deux nations, mais on rend également plus réel ce qui n’est pour nous que théorique (cette séparation entre les deux Corées, cette proximité mêlée à cette distance).

Ce film est également intéressant car il s’agit d’un drame empreint d’humour, d’action, voire de suspense. Le réalisateur mêle ces différents genre, ce qui crée un long-métrage complet devant lequel l’on ne s’ennuie par. Ce suspense dont je parle est en fait le fil conducteur du film. L’on a en effet deux versions des faits : celle du soldat sud-coréen et celle du soldat nord-coréen. Le réalisateur nous expose ces deux versions dans la première partie du film. Ensuite, il fait un retour en arrière qui nous explique finalement les circonstances du drame, tous les événements liés à l’événement, pour finalement se terminer par cette nuit meurtrière. Mais la réelle inventivité de Park Chan-Wook est de mêler le présent et le passé. Il nous expose la première version des faits, que l’on croit donc vraie. Ensuite, il nous montre une seconde version, ce qu nous interroge. Et finalement, il mélange les interrogatoires et la réalité de l’événement, sans nous donner le dénouement avant la fin du film. Le spectateur reste donc skotché à son siège, en attendant de savoir ce qui s’est réellement passé. Plus le film avance, plus l’événement nous semble invraisemblable. La seule certitude que l’on a est qu’il s’est passé, l’on veut simplement savoir pourquoi, et comment cela a pu se produire.

Enfin, le film a deux autres points forts. Le premier est sans aucun doute le jeu des acteurs. Majestueux dans leurs rôles, leur jeu est juste, ils nous font réellement vivre cette histoire. Je pense pouvoir affirmer que j’ai rarement été aussi ému et subjugué par les acteurs à la sortie d’un film. Entre rire et larmes, l’événement prend peu à peu forme à travers ces personnes. Finalement, je terminerai en parlant des mouvements de caméra qui sont réellement intéressants. Le film est constitué de longs travellings à de nombreux moments. Accentuant le suspense, ces mouvements de caméra servent réellement le film.

En somme, JSA (Joint Security Area) de Park Chan-Wook est une vraie pépite. Mêlant action, drame, humour et suspense dans une histoire au thème rare mais très intéressant, ce film nous fait passer du rire aux larmes, jusqu’à son final époustouflant. Jeu des acteurs, mouvements de caméra, manière dont l’histoire est construite, tout est réuni pour nous faire passer une très bon moment. L’histoire de la déchirure d’un peuple, magistralement interprétée, le tout dans une intrigue superbe.

David Besingrand
David, 21 ans, à l'accent chantant du sud, libraire en devenir. Mes goûts cinématographiques sont variés, je ne déteste aucun genre. Cinévore, sérivore, ouvert à toutes critiques, mais avis tranché. Au niveau séries, je suis vraiment accro à Grimm, Orange is the new black, How to get away with murder, Friends, HIMYM, et bien d'autre encore. Je lis enfin de plus en plus d'ouvrages à propos du cinéma, de films et de cinéastes. Certains avis à propos de ces livres sont disponibles sur ce site.

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