Mommy de Xavier Dolan : La Palme d’Or oubliée.

MOMMY

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  • Réalisation : Xavier Dolan
  • Scénario : Xavier Dolan
  • Image : André Turpin
  • Costumes : Xavier Dolan, François Barbeau
  • Son : Guy Francœur, Sylvain Brassard
  • Montage : Xavier Dolan
  • Musique : Noia
  • Production : Metafilms
  • Interprétation : Antoine-Olivier Pilon (Steve O’Connor Després), Anne Dorval (Diane « Die » Després), Suzanne Clément (Kyla), Patrick Huard (Paul Béliveau)…
  • Distributeur : MK2, Diaphana Distribution
  • Date de sortie : 8 octobre 2014
  • Durée : 2h18
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Après la Quinzaine des Réalisateurs et le Certain Regard, Xavier Dolan arrive enfin en sélection officielle, à Cannes, avec son 5ème film. Mommy a bouleversé la Croisette. Et nous aussi.

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L’ANALYSE 1 :

Depuis ses débuts, Xavier Dolan divise notre rédaction, comme en atteste notre article cannois, plutôt positif à l’égard de ce Mommy. Ces écarts de réception pourraient bien traduire un malaise quant au positionnement à adopter face aux images produites par le réalisateur québécois et à sa réputation, qui s’étend de prodige surdoué à usurpateur chantre du culte de la jeunesse. Pour tenter de réussir à saisir ce malaise qui se fait particulièrement pressant dans Mommy, il faut d’abord s’extraire de ces chapelles de journalistes et regarder l’objet pour ce qu’il est, en reconsidérant ces a priori « institutionnalisés » qui donnent du grain à moudre mais produisent finalement très peu de matière.

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Antagoniste toi-même

Mommy fonde son récit sur un recueil d’antagonismes forts qui, en s’entrechoquant, produisent des synergies éphémères – principe à l’œuvre dans chacun des films de Dolan. Ici c’est donc Diane, mère un peu perdue (mais forte en caractère), qui se confronte à son fils Steve, adolescent hyperactif, raciste et frondeur (mais généreux), sous les yeux de Kyla, voisine discrète et timide qui a pris un congé sabbatique de sa carrière d’enseignante (mais qui cache en son sein un terrible secret). Les modalités successives de ce trio vont apporter leurs lots de rapprochements et d’accrochages, sous l’égide d’un didactisme qui ressemble à de la psychologie de comptoir tant tout semble s’imbriquer avec une aisance calculée (deux mères pour gérer un fils ingérable, reprendre goût à l’enseignement et trouver un fils de substitution pour Kyla, et ainsi de suite…).

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Ce principe d’entrechoquement fait surgir, dans ces différents mouvements de bascule entre antagonisme et synergie, ce que l’on qualifie trop souvent ici et là de « pures » émotions (concept vide de sens), dont la limpidité serait gage d’une prétendue vérité et de sincérité. Désir appuyé par la plupart des déclarations du cinéaste au sujet de ce film, qui avoue que son intention simple, presque anodine, était de « toucher » les gens. Ce mouvement de bascule est pourtant tout sauf inoffensif, puisqu’il vise à reproduire indéfiniment des épiphanies qui, au lieu de viser la profondeur des personnages et la complexité des situations, entraînent l’asphyxie par un déferlement d’affects, à l’image de la séquence où Diane imagine un futur pour son fils, où l’on cherche tout simplement à flanquer le tournis au spectateur.

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Asphyxie et exclusion

Cette asphyxie se matérialise dans le format carré choisi par le cinéaste, qui maintient un sentiment diffus de claustrophobie tout au long du film, et puise dans une dialectique éculée de séparation/réunion par le cadre pour signifier l’état changeant des relations entre les personnages. Et lorsque cette pression peut enfin s’échapper en un courant d’air, on refuse encore au spectateur le droit d’expérimenter par lui-même : il faut que le personnage ouvre le cadre en grand de ses propres bras pour que les intentions du cinéaste se fassent bien comprendre.

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Cette logique du tout à l’affect portée par les personnages, qui mise également sur une utilisation très orientée de la musique, n’est pas sans rappeler Polisse de Maïwenn, car Mommy semble poursuivre le même but : mettre K.O. toute construction de pensée sur un sujet de société (chez Maïwenn, le quotidien harassant de la brigade de protection des mineurs/chez Dolan, le désœuvrement des institutions face à la gestion de l’humain – cf le carton inaugural du film) et emporter la mise sous l’égide d’une dictature de la sidération. Face à ce tourbillon d’images, dont chacune chasse l’autre sans la prendre en charge, mais en l’annihilant en un défilé cosmétique, le choix s’avère couru d’avance : il faut se mettre à genou sous peine d’être d’emblée exclu par le film.

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Il est assez troublant de le noter lorsque l’on constate que le film s’ouvre lui-même par une exclusion, celle de Steve, rejeté pour la énième fois d’un institut psychiatrique après une rixe avec un infirmier. Mommy met en scène des individus vivant à la marge (de leurs fonctions, de leurs émotions, de la société, dans un milieu périurbain), dont toute la rugosité passe par la parole et le corps – régime sans cesse parasité par la plasticité hygiéniste de l’image.

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Comme un attachement maladif à la perfection des textures, effaçant les aspérités des visages et de la peau, qui fige les corps dans un « devenir éternel » (on en revient, encore une fois, à la projection de Diane dans le futur fantasmé de son fils) et gomme l’humain pour en faire une gravure de mode, un modèle qui puisse susciter à la fois admiration et identification. La marginalité des personnages, leur « différence » se réfugie alors dans leur statut d’icônes, comme des idoles que l’on nous laisse croire comme accessibles mais qui nous échappent de par l’entreprise de déification à laquelle l’image les soumet. Une coupure dévastatrice du réel, qui donne le même goût uniformisé à toutes les représentations en mimant le protéiforme (couleurs criardes, patchwork de musique, séquences clip) pour créer une illusion de la diversité.

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Ce type d’esthétique vend tout simplement une image standardisée de la différence, où la souffrance, les joies et les larmes sont reléguées à tous moments derrière une conception publicitaire du beau. Ou comment faire œuvre de récupération pour rendre présentables aux yeux du tout-venant ceux que la société a depuis bien longtemps mis au ban, et que le cinéma célèbre ici comme les plus séduisants atours de son économie festivalière, en gage de petite caution de bonne conscience.

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L’ANALYSE 2 :

Xavier Dolan agace. Quelques jours après la sortie en salles de l’ampoulé Tom à la ferme, on apprenait que Mommy, son nouveau film, était carrément sélectionné pour concourir à la Palme d’Or. Les soupçons d’imposture étaient amplifiés du fait qu’en seulement quatre longs-métrages, le jeune réalisateur de vingt-cinq ans n’avait jamais cessé de trahir la volonté un peu trop appuyée d’être reconnu comme un esthète formaliste enfin devenu adulte, loin de l’adolescent bricoleur qu’il incarnait avec un peu plus d’authenticité dans J’ai tué ma mère, son premier long-métrage. Cette sélection inattendue fut un camouflet pour les détracteurs convaincus que Dolan n’était qu’un effet de mode, incapable de proposer autre chose qu’un malin jukebox vidéo-clipé, parfois soutenu par un scénario au souffle romanesque indéniable (Laurence Anyways).

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Si on sent un nouveau virage dans Mommy, le film ne risque pas pour autant de faire l’unanimité parmi les réfractaires. Ce qui fait la particularité des films de Dolan n’a pas du tout disparu : bande-son saturée de tubes pop (Counting Crows, Dido, Lana Del Rey, Oasis, etc.), multiplication des ralentis, des jeux sur le cadre et son format, crises d’hystérie à répétition, etc. Sauf que dans le cas présent, ce remplissage apparent est l’inattendu contrepoint d’un vide qui ne dit pas son nom, de multiples deuils qui ne s’accomplissent jamais et d’une idée du bonheur qui prend la tangente dès qu’on croit l’approcher.

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On ne change pas

Les trois personnages que Dolan met en scène sont prisonniers de leur passé : il y a d’abord Diane (Anne Dorval), la mère gouailleuse de Steve (Antoine-Olivier Pilon), adolescent souffrant de troubles psychiatriques, qu’elle est contrainte de reprendre chez elle après un long séjour dans un institut spécialisé qui s’est soldé par l’incendie de la cafétéria.

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Il y a ensuite Kyla (Suzanne Clément), voisine d’en face d’apparence calme mais qu’un récent trouble de la diction trahit dans sa grande fragilité psychologique. Dans Mommy, il y a une évidente corrélation entre les expériences passées qui façonnent chacun des personnages et la manière dont ces derniers vont tenter de s’en détourner pour s’offrir l’illusion d’un champ des possibles. Et c’est dans cette dimension factice parfaitement assumée que le réalisateur parvient à atteindre quelque chose d’extrêmement sensible dans chacun de ses personnages.

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Plus que dans n’importe quel autre des films de Dolan, chanter des tubes populaires est autant le moyen d’exprimer quelque chose d’intime tout en tentant de renaître au monde : c’est le cas de la taciturne Kyla qui s’adonne à une expérience libératrice en donnant de la voix sur une chanson de Céline Dion au statut de « trésor national » et au titre trop explicite («On ne change pas») pour ne pas trahir une dissonance entre des paroles à l’évidente universalité et une expérience individuelle. Ce sera par contre un échec pour Steve lorsqu’il se risquera à s’époumoner en public sur «Vivo per lei» d’Andrea Bocelli dans le seul objectif d’attirer l’attention d’une mère peu réceptive à ces sensibilités trop volontaristes.

Director Xavier Dolan, Jury Prize award winner for his film "Mommy", poses during a photocall at the closing ceremony of the 67th Cannes Film Festival in Cannes

Consolation

Le danger pour Xavier Dolan serait de succomber à son entreprise de séduction et de ne pas réussir à prendre l’ascendant sur le film. Le fait est que Mommy, pour des raisons sur lesquelles il conviendrait de revenir à froid, bouleverse comme aucun autre film du réalisateur québécois. Au-delà du tour de force des deux comédiennes principales, il y a dans ce cinquième long-métrage un mouvement désespéré pour se soustraire au désenchantement adulte, la tentative perdue d’avance de se consoler d’une perte tellement immense qu’elle pourrait tout aspirer sur son passage.

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La mise en scène de Dolan n’hésite pas à foncer tête baissée dans le tourbillon mélancolique généré par l’association de ces trois âmes orphelines (comme dans cette fabuleuse scène où tout semble prendre une tournure idéale pour le jeune Steve sous le regard bienveillant de ses deux mères) pour mieux lui résister. La dernière partie du film prouve d’ailleurs que celui-ci privilégie les mouvements contradictoires et que toute résolution des enjeux dramatiques est au mieux une utopie, au pire une imposture. On n’attendait plus de la part de Dolan une telle lucidité.

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LE DISCOURS LORS DE LA CÉRÉMONIE DE REMISE DES PRIX : PRIX DU JURY.

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Le 24 mai 2014, le 67° Festival de Cannes récompensait le benjamin de la compétition, Xavier Dolan, 25 ans, en lui remettant le Prix du jury pour son cinquième film « Mommy » (ex-aequo avec « Adieu au langage » de Jean-Luc Godard). Très ému, le jeune réalisateur a livré un discours bouleversant adressé en partie aux jeunes de sa génération, avant de se jeter dans les bras de Jane Campion, la présidente du jury, sous les applaudissements du public. Ce moment restera sans doute comme le plus fort de cette cérémonie. Un discours inspirant (et inspiré) qui prouve qu’avant tout et au-delà des compétitions, des palmarès, des polémiques et des remises de prix, le cinéma est d’abord une histoire de tripes, de cœur et d’âme.

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« Je suis désolé, je suis très nerveux et ému, donc je vais dire ceci au mieux de ma capacité. L’émotion qui me gagne en contemplant cette salle mythique est bouleversante. Je suis éperdu de gratitude devant la reconnaissance de votre jury, la quantité d’amour aussi que nous avons reçu au cours de la dernière semaine me fait réaliser que c’est vrai : on fait ce métier pour aimer et pour être aimé en retour. C’est la revanche en quelque sorte de nos amours imaginaires.

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Je vais aller très rapidement. Je voudrais remercier Nancy Grant, ma productrice, Patrick Roy, les Karmitz, les gens chez Diaphana, tout le monde chez E One. Quel bonheur de travailler avec vous, de me sentir compris malgré mes défauts et mes doutes. Merci à Thierry Frémaux d’avoir cru en mes films et surtout d’avoir cru en moi, de m’avoir porté, de m’avoir confronté, de m’avoir protégé.

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Merci à Christian Jeune pour son amitié et sa complicité. Merci à Anne Dorval, à Suzanne Clément et Antoine-Olivier Pilon. Vous êtes des acteurs mais surtout des créateurs, je vous admire, je vous aime. Je voudrais remercier ma famille, mes amis pour leur écoute, leur amour. Je suis sûr que j’oublie tellement d’alliés.

cannes5Je veux profiter de cette tribune pour m’adresser à ma génération et à Jane Campion. En anglais. Le français c’est ma langue première, c’est vrai, la plus belle langue au monde pour moi. Mais je veux que tout le monde m’entende et qu’elle m’entende.

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A Jane Campion. D’aussi loin que je me souvienne, La leçon de piano est le premier film que j’ai pu voir quand j’ai demandé à ma belle-mère ‘Quel film puis-je voir ?’. Elle m’a dit La leçon de piano. C’est le premier de nombreux films qui ont défini qui je suis, ce que j’aime. Peu de films m’ont autant déterminé que La leçon de piano. Et me retrouver aujourd’hui sur la même scène que vous… La leçon de piano m’a donné envie d’écrire des rôles pour des femmes, des femmes magnifiques avec une âme et de la volonté… Je n’ai pas terminé… Des femmes avec une âme, de la volonté et de la force. Pas des victimes, pas des objets. […]

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Un mot pour les gens de mon âge, de ma génération. Ce sont les notes des dernières années dans ce business de fous. Je veux vous dire qu’en dépit des gens qui s’attachent à leurs propres goûts et qui n’aiment pas ce que vous faites, qui n’aiment pas qui vous êtes, accrochons-nous à nos rêves car ensemble nous pouvons changer le monde et le monde a besoin de changer. Toucher les gens, les faire pleurer, les faire rire… Nous pouvons changer leurs idées, leurs esprits, changer leurs vies et changer des vies signifie changer le monde. Ce ne sont pas seulement les hommes politiques et les scientifiques qui peuvent changer le monde, mais aussi les artistes. Ils le font depuis toujours. Il n’y a pas de limite à notre ambition à part celles que nous nous donnons et celles que les autres nous donnent. En bref, je pense que tout est possible à qui rêve, ose, travaille et n’abandonne jamais. Et puisse, je l’espère, ce prix en être la preuve la plus rayonnante ».

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Pierre Bryant

Cinéphile depuis mon plus jeune âge, c’est à 8 ans que je suis allé voir mon 1er film en salle : Titanic de James Cameron. Pas étonnant que je sois fan de Léo et Kate Winslet… Je concède ne pas avoir le temps de regarder les séries TV bonne jouer aux jeux vidéos … Je vois en moyenne 3 films/jour et je dois avouer un penchant pour le cinéma d’auteur et celui que l’on nomme « d’art et essai »… Le Festival de Cannes est mon oxygène. Il m’alimente, me cultive, me passionne, m’émerveille, me fait voyager, pleurer, rire, sourire, frissonner, aimer, détester, adorer, me passionner pour la vie, les gens et les cultures qui y sont représentées que ce soit par le biais de la sélection officielle en compétition, hors compétition, la semaine de la critique, La Quinzaine des réalisateurs, la section Un certain regard, les séances spéciales et de minuit … environ 200 chef-d’œuvres venant des 4 coins du monde pour combler tous nos sens durant 2 semaines… Pour ma part je suis un fan absolu de Woody Allen, Xavier Dolan ou Nicolas Winding Refn. J’avoue ne vouer aucun culte si ce n’est à Scorsese, Tarantino, Nolan, Kubrick, Spielberg, Fincher, Lynch, les Coen, les Dardennes, Jarmush, Von Trier, Van Sant, Farhadi, Chan-wook, Ritchie, Terrence Malick, Ridley Scott, Loach, Moretti, Sarentino, Villeneuve, Inaritu, Cameron, Coppola… et j’en passe et des meilleurs. Si vous me demandez quels sont les acteurs ou actrices que j’admire je vous répondrais simplement des « mecs » bien comme DiCaprio, Bale, Cooper, Cumberbacth, Fassbender, Hardy, Edgerton, Bridges, Gosling, Damon, Pitt, Clooney, Penn, Hanks, Dujardin, Cluzet, Schoenaerts, Kateb, Arestrup, Douglas, Firth, Day-Lewis, Denzel, Viggo, Goldman, Alan Arkins, Affleck, Withaker, Leto, Redford… …. Quant aux femmes j’admire la nouvelle génération comme Alicia Vikander, Brie Larson, Emma Stone, Jennifer Lawrence, Saoirse Ronan, Rooney Mara, Sara Forestier, Vimala Pons, Adèle Heanel… et la plus ancienne avec des Kate Winslet, Cate Blanchett, Marion’ Cotillard, Juliette Binoche, Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Meryl Streep, Amy Adams, Viola Davis, Octavia Spencer, Nathalie Portman, Julianne Moore, Naomi Watts… …. Voilà pour mes choix, mes envies, mes désirs, mes choix dans ce qui constitue plus d’un tiers de ma vie : le cinéma ❤️

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