Grimm, ou l’art de l’inventivité.

Grimm est une série américaine, composée de six saisons, créée par David Greenwalt et Jim Kouf. Nous y retrouvons entre autre David Giuntoli (13 Hours), Russel Hornsby (Retour à Lincoln Heights), Elizabeth Tuloch, ou encore Silas Weir Mitchell (Halloween 2). Commencée en 2011, la série s’arrête après 123 épisodes répartis sur six saisons. Comme vous le précise le titre de cet article, je ne vais pas faire une critique de cette série, mais mettre en avant quelques points qui en montrent le travail d’inventivité.

De quoi ça parle

Nick Burckhardt est un policier banal de la ville de Portland. Faisant équipe avec Hank, il s’apprête à demander sa petite-amie Juliette en mariage. Mais ce même soir, la tante l’ayant élevé vient lui rendre visite, afin de lui révéler un secret de famille. Alors qu’elle lui apprend qu’ils sont ce que l’on appelle des Grimm, elle se fait sauvagement agressé, et est envoyée à l’hôpital. Nick doit donc se faire à l’idée qu’il a un pouvoir spécial : celui de voir les Wesen, créatures légendaires que les frères Grimm mettent en scène dans leurs contes. Devant mener de front sa vie amoureuse et son métier de flic, Nick doit apprendre à conjuguer tout cela à sa nature de Grimm.

Voici en quelques lignes un grossier résumé de cette série. Grossier, et très incomplet, tant cette série est complexe. Pour mieux vous expliquer la forme qu’elle prend, il faut savoir que chaque épisode (sauf quelques rares exceptions) prend la forme d’une enquête policière à résoudre, dont le crime a généralement été commis par un Wesen. Parlons justement de ces Wesen : ce sont des humains, mais ils peuvent se transformer en créature (tantôt monstrueuse, tantôt inoffensive). Loups-garous, sorcières, dragons, il y en a pour tous les goûts. Evidemment, la série a quelques points noirs, mais ce n’est pas l’objet de cet article. Parlons donc de l’inventivité de la série.

Inspiration, adaptation.

Les bases de la série reposent sur les contes des frères Grimm. Les créateurs ont décidé de n’en retenir qu’une infime partie, à savoir les monstres qui y sévissent, et non d’adapter totalement ces contes, dont certains sont très connus. C’est là le premier point fort de la série, mais également la première preuve d’inventivité. Il est difficile de décider de faire une adaptation de livre, bien plus difficile qu’il n’y paraît, car la seule certitude est que le public ne sera pas content : trop fidèle, trop de prise de liberté, perte d’intensité, etc. Nous sommes compliqués, et refusons d’admettre que le fait de passer des mots à l’écran change intrinsèquement tout à l’oeuvre. Ici, le problème est réglé : les réalisateurs s’inspirent d’oeuvres littéraires (et l’avouent jusque dans le titre de la série) tout en restant libres vis-à-vis des contes originaux. Ainsi, la série semble être un « produit dérivé » des contes d’origine : on exploite les monstres dans un autre univers que ceux des contes, un univers réaliste et actuel, ce qui me mène au second point.

En effet, l’on n’évolue plus dans l’univers féérique et fantastique des contes, mais dans un monde réaliste. Le héros est un flic, dans une ville normale, côtoie des gens normaux, pense être tout à fait normal jusqu’à ce qu’il voit une femme se transformer en sorcière sous ses yeux. La force de la série est donc de transposer tout un imaginaire « enfantin » en série pour adultes, et bel et bien pour adultes. Ne mettez surtout pas vos enfants devant Grimm, ils en seraient effrayés. Si les contes de frères Grimm sont déjà relativement trash, ou en tout cas effrayants, cette série pousse la source d’inspiration dans ses retranchements les plus sombres : du gore, du sang, des meurtres effrayants. L’horreur n’est plus seulement suggérée, elle est montrée, par les cadavres visibles à la morgue, le situations qui retournent votre estomac (je pense notamment à l’épisode « la poule aux oeufs d’or », lorsque la jeune femme est gavée telle une oie : insoutenable », et surtout par les visages souvent effrayants des Wesen.

Enfin, la troisième preuve d’inventivité de cette série se trouve certainement dans les thèmes abordés, et dans le rapport de cette série avec son époque. En effet, certains épisodes traitent de sujets de société importants : sans-abris, femmes battues, enlèvement d’enfants, et ce dès le premier épisode. Il est rare de voir une série « fantastique », ou en tout cas à tendance horrifique, traiter de sujets de société aussi actuels. Autres trouvaille majestueuse : l’inscription de cette intrigue dans l’histoire. A plusieurs moments, l’on nous fait part d’événements historiques réels, bien connus, mais entrant dans cet univers. Par exemple, un épisode nous montre un vidéo sur laquelle Nick voit Adolf Hitler se transformer en Wesen, ce qui explique l’effet charismatique qu’a pu avoir ce personnage historique. Une bien belle trouvaille , très intéressante.

Comme je vous l’ai annoncé au début de l’article, je ne comptais absolument pas faire une critique de cette série, mais seulement pointer quelques éléments intéressants du point de vue de l’inventivité. Il va de soi que la série a quelques défauts, mais ce n’était pas le propos ici.

Retrouvez les cinq premières saisons de Grimm sur Netflix !

David Besingrand
David, 21 ans, à l'accent chantant du sud, libraire en devenir. Mes goûts cinématographiques sont variés, je ne déteste aucun genre. Cinévore, sérivore, ouvert à toutes critiques, mais avis tranché. Au niveau séries, je suis vraiment accro à Grimm, Orange is the new black, How to get away with murder, Friends, HIMYM, et bien d'autre encore. Je lis enfin de plus en plus d'ouvrages à propos du cinéma, de films et de cinéastes. Certains avis à propos de ces livres sont disponibles sur ce site.

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