- Titre original : Pinocchio unstrung

- Date de sortie en salles (USA) : 24 juillet 2026 avec ITN Distribution
- Réalisation : Rhys Frake-Waterfield
- Distribution : Jude Evan-Lloyd (voix), Cameron Bell, Richard Brake & Robert Englund (voix)
- Scénario : Rhys Frake-Waterfield d’après le conte de Collodi
- Photographie : Vince Knight
- Musique : Andrew Scott Bell
- Support : Blu-ray UHD 4K Arcadès (2026) en 1.85:1 / 85 min
RÉSUMÉ : James, un adolescent orphelin, vient de perdre son meilleur ami. Pour l’aider à faire son deuil, son grand-père Gepetto lui offre une poupée de bois dotée d’une âme, baptisée Pinocchio. Mais très vite, Pinocchio aspire à devenir humain et à prouver qu’il mérite l’amitié de James. Il va alors se lancer dans une croisade sanglante pour éliminer quiconque pourrait nuire au jeune garçon, et se procurer les parties du corps dont il a besoin pour devenir humain. Encouragé dans cette quête par le diabolique Cricket, Pinocchio se retrouve entraîné dans une véritable frénésie meurtrière !

Présenté récemment au BIFFF (comme Jonathan nous en avait fait le rapport), ce nouveau volet de la franchise britannique « Twisted Childhood Universe » arrive avec la même équipe que pour Winnie the Pooh : Blood & Honey mais des moyens considérablement supérieurs. Les intentions sont les mêmes : reprendre des contes pour enfants mais en les triturant pour en extraire une vision plus adulte et, surtout, plus sanglante.
Rhys Frake-Waterfield l’explique ainsi :
Il s’agit d’une histoire de passage à l’âge adulte tordue racontée du point de vue de la marionnette : une création qui lutte pour son autonomie tout en étant manipulée par les forces sinistres qui l’entourent.
Un point de vue intéressant, et annonciateur d’un métrage aussi dérangeant que pervers. Comme il vient juste de sortie dans un coffret Blu-ray+UHD 4K chez Arcadès Éditions (le 6 octobre 2026), il était temps d’aller y jeter plus qu’un coup d’oeil afin de compléter l’avis à chaud de Jonathan.

Le début fait insensiblement penser à l’excellent Hellboy II avec cette historiette racontée par le biais d’un théâtre d’ombres : on ne nous parle pas de Pinocchio, mais d’un garçon nommé James qui perdit d’abord sa mère puis son meilleur ami avant d’être recueilli par son grand-père, lequel se fit la promesse de ne plus permettre que son petit-fils souffrît autant. Le grand-père se nommant Gepetto, c’est là qu’entre en scène le nouveau compagnon de James, une marionnette vivante qui ne le quitterait jamais.
Pinocchio évolue très vite comme dans les films évoquant une rencontre entre un enfant et une créature amicale : ils jouent ensemble, James apprenant au pantin des rudiments de science et de la vie des humains. Évidemment, si Gepetto lui fait promettre de garder le secret sur cette création, le petit-fils fera comme tous les enfants et l’amènera à l’école. Monumentale erreur, car ainsi il va mettre Pinocchio en contact avec les rudesses de la vie quotidienne : la bande de jeunes qui harcèlent James ou simplement la dentiste qui ne fait que lui ôter une dent cariée. Voir ainsi son ami blessé et torturé finit par engendrer chez Pinocchio un souffle de vengeance, encouragé par deux autres créatures rôdant dans les sous-sols du manoir du grand-père, dont Cricket, une sorte d’insecte parlant qui tâchera de l’aiguiller sur ce chemin de douleur en lui soufflant qu’en outre, il pourra récupérer des pièces de chair pour se constituer un corps et ressembler tout à fait à son ami !

Les intentions, sans doute louables au début, de développer des sentiments paradoxaux chez Pinocchio s’orienteront bien vite vers un simple prétexte, parfois grossier, pour placer des séquences horrifiques : rien de terrifiant, mais l’équipe des effets spéciaux s’est fait plaisir en faisant exploser des têtes et en éventrant des corps. Il y aura donc beaucoup de sang, et de tripes et une certaine inventivité dans les meurtres jamais exempts d’un humour assez référentiel (une scène de piscine avec la musique de Jaws et l’inévitable scène de douche avec une bombasse qui ne se doute pas du sort cruel qui l’attend).
Voilà donc Pinocchio lancé dans une croisade meurtrière bien qu’animé des meilleures intentions. Passée la première demie-heure où le grand-père, interprété par un très convaincant Richard Brake – les Frères Sisters, Absentia), console son petit-fils et prépare sa drôle de surprise, dans une ambiance très soignée avec une magnifique photo jouant sur les clairs-obscurs, le reste du film fait se succéder défigurations, éviscérations, lacérations dans une accumulation frisant le comique (l’accident dans la salle de gym mélange absurde, grotesque et gore). Pinocchio se mue en Chucky et on se demande bien comment des membres de bois aussi frêles peuvent manier ainsi les outils les plus lourds.

Dans ce contexte, on ne s’étonnera guère devant le choix de l’équipe de production d’opter pour une marionnette en Animatronic (les rushes accompagnant le générique de fin sont captivants) : l’aspect haché du montage avec quelques effets ratés sont aisément pardonnés face à cette poupée de bois aux expressions multiples, tellement plus concrète que l’aurait été un pantin en 3D. Les jeux d’éclairage, particulièrement soignés (et magnifiés par l’édition 4K), mettent en valeur chaque aspérité de son corps fait de branches et d’échardes.
Ce n’est toutefois ni la vraisemblance ni même la logique qui guident les lignes du script : les personnages ont des réactions complètement farfelues, rendant les scènes parfois involontairement drôles – même si l’équipe de réalisation apprécie d’y ajouter également son grain de sel. L’accumulation s’avère pesante, voire fatigante cependant le rythme est soutenu et si l’ensemble manque clairement d’originalité, la perversité de certaines situations, le tempo enlevé et les blagues potaches devraient permettre de passer une agréable séance d’Halloween avec ses potes, pour peu que les pizzas soient bonnes et la bière généreuse. Les amateurs d’épouvante seront ravis (ou frustrés, c’est selon) d’apprendre que c’est l’immense Robert Englund (la saga Freddy) qui prête sa voix à Cricket.

Les disques des éditions Arcadès proposent quelques bonus dont une scène de meurtre coupée au montage (avec un broyeur à végétaux…), deux making-of mais surtout, de loin, le meilleur supplément – et peut-être le meilleur moment du métrage : une interview de Pinocchio. Adossée dans un fauteuil confortable dans son salon, la marionnette répond aux questions que poserait n’importe quel journaliste à une star de cinéma, donnant son avis sur le casting et sur ses partenaires. C’est fin, cruellement drôle et l’on regrette que cet esprit iconoclaste n’ait pas mieux transpiré dans le scénario nettement moins subtil et beaucoup plus potache.
![Unabomber de Janus Metz [La critique du film]](https://lecoindescritiquescine.com/wp-content/uploads/2026/10/Unabomber-affiche-fotor-20261004103915-300x194.png)


![Verity de Michael Showalter [La critique du film]](https://lecoindescritiquescine.com/wp-content/uploads/2026/10/Verity-affiche-fotor-2026100316524-100x75.png)

![Reconnu Coupable de Timur Bekmambetov [La critique du film]](https://lecoindescritiquescine.com/wp-content/uploads/2026/09/Reconnu-Coupable-affiche1-fotor-20260911145334-100x75.png)
![Des Minions et des monstres de Pierre Coffin [La critique du film]](https://lecoindescritiquescine.com/wp-content/uploads/2026/08/Des-Minions-et-des-monstres-affiche-fotor-20260822122643-100x75.png)
![L’intermédiaire (Relay) de David Mackenzie [La critique du film]](https://lecoindescritiquescine.com/wp-content/uploads/2026/09/Relay-affiche-fotor-2026092611408-100x75.png)











![The Whisper Man de James Ashcroft [La critique du film]](https://lecoindescritiquescine.com/wp-content/uploads/2026/09/The-Whisper-Man-affiche-fotor-2026091111230-100x75.png)


![Le Dernier Refuge de Louis Letterier [La critique du film]](https://lecoindescritiquescine.com/wp-content/uploads/2026/08/Le-dernier-refuge-affiche-fotor-202608071936-100x75.png)








![Carol de Todd Haynes [édition limitée]](https://lecoindescritiquescine.com/wp-content/uploads/2025/12/Carol-01-100x75.png)
![Eddington d’Ari Aster [La critique du film]](https://lecoindescritiquescine.com/wp-content/uploads/2025/12/Eddington-affiche-100x75.jpg)





















![Unabomber de Janus Metz [La critique du film]](https://lecoindescritiquescine.com/wp-content/uploads/2026/10/Unabomber-affiche-fotor-20261004103915-238x178.png)


![Unabomber de Janus Metz [La critique du film]](https://lecoindescritiquescine.com/wp-content/uploads/2026/10/Unabomber-affiche-fotor-20261004103915-100x75.png)
