• Titre original : Zodiaque
  • Date de première diffusion : 18 juin 2026 sur TF1
  • Création : Franck Ollivier et Malina Detcheva
  • Distribution : Francis Huster, Erika Sainte, Marie-Christine Barrault, Catherine Marchal, Annelise Hesme, Marine Delterme, Zoï Séverin & Philypa Phoenix
  • Scénario : Franck Ollivier, Malina Detcheva, Sophie Dab & Charlène Galan
  • Réalisation : Bruno Garcia
  • Photographie : Samuel Dravet
  • Musique : Anne-Sophie Versnayen
  • Support : DVD Arcadès (2026) en 1.78:1 /6 épisodes de 52 min pour un total de 5 h et 10 min
Synopsis :

À Aix-en-Provence, la puissante et riche famille Escoffier, dirigée d’une main de fer par la matriarche Hélène, se retrouve la cible d’une série de meurtres mystérieux et ritualisés. Ces crimes portent la marque du « Zodiaque« , le célèbre tueur en série qui a terrorisé la région vingt ans plus tôt, mais que tout le monde croyait mort ou hors d’état de nuire. Très vite, la police se résout à faire appel à la « Légende », le commissaire Keller qui avait traqué le criminel à cette époque… 

La famille Escoffier, encore au complet : les deux frères Lucas et Vincent, et les deux petits-fils derrière la matriarche avec sa canne. En blanc, Stella Lombardi aux côtés de sa tante Garance. En rouge, Béatrice, belle-fille d’Hélène.

Grâce à l’appui d’une coproduction belge (Dragon Films Productions) et suisse, TF1, Felicita Films et Partita Films ont pu relancer une de leur franchise, en reprenant le nom d’origine, histoire de remettre à zéro tout en conservant la parenté. Zodiaque est bien la suite de la série du même nom diffusée en 2004 avec Claire Keim & Francis Huster en têtes d’affiche, une mini-série qui avait connu une suite en 2006.

À l’époque, ce thriller policier estival avait été un succès phénoménal, établissant des records d’audience ahurissants : le premier épisode avait capté l’attention de près de la moitié des téléspectateurs (49,6 % de part d’audience) et séduit près de 11 millions de fans. Pour les amateurs de chiffres, sachez qu’il se situe juste derrière les mastodontes qu’ont été Dolmen en 2005 (12,88 millions de téléspectateurs, record historique), Julie Lescaut à la fin des années 1990 ou Fabio Montale (avec Alain Delon) en 2002.

Les masques tombent et la (fausse) harmonie familiale se fissure.

Normal de vouloir regoûter à ce succès, malgré les changements radicaux survenus dans le Paysage Audiovisuel avec l’arrivée du streaming et la multiplication des chaînes et des plateformes de diffusion. C’est sans doute aussi le score plutôt étonnant de HPI avec Audrey Fleurot (12,40 millions de téléspectateurs en mai 2021) qui a redonné confiance aux producteurs. Même créateurs, même décor enchanteur (la Provence, avec un décalage de Marseille à Aix-en-Provence), même mode opératoire (le tueur envoie des quatrains tirés des prophéties de Nostradamus) pour un résultat espéré similaire.

Malheureusement, sa programmation en même temps que la Coupe du monde de football ne lui a pas permis d’attirer autant d’aficionados que prévu, bien que le total, dans ces conditions, s’avère assez intéressant. Une série de meurtres énigmatiques mettant en péril l’intégrité d’une puissante famille de notables locaux, avec son lot habituel de mystères, de révélations, de mensonges et de trahisons, cela semble toujours séduire.

La procureure Fanny Lefur : quelle affaire sordide aurait-elle enterrée ?

Justement, parlons de ce qu’on retrouve : les Escoffier règnent sur la région, sous la houlette d’Hélène, la veuve du patriarche. Elle se trouve la tête d’un somptueux domaine qui s’appuie sur le commerce d’huile d’olive premium. Ils ont de vastes projets dont l’un qui s’appuie sur une collaboration avec une autre famille aisée, celle de la procureure Lefur – raison pour laquelle un mariage entre sa petite-fille Juliette et Adrien Escoffier est organisé. Sauf que le mariage n’aura pas lieu car la veille de la cérémonie, Juliette est retrouvée noyée dans la mer, dans sa robe de mariée. L’autopsie conclura très vite à un décès par étranglement tandis que, dans le même temps, Garance, une avocate qui avait repris contact avec les Escoffier, reçoit de curieux SMS imitant la procédure utilisée par le tueur du Zodiaque, deux décennies auparavant.

Stella, sur le point de découvrir ses troublantes origines

Lorsqu’un message annonce une mort prochaine, les forces de police comprennent que, s’ils n’ont pas affaire à Matthias Rousseau (l’individu qu’on pense être à l’origine des meurtres de 2004, mais dont on a perdu la trace), il s’agit d’un copycat au moins aussi habile, et connaissant bon nombre des secrets qui hantent ces familles : des filiations cachées, des suicides dissimulés, des terres confisquées… La capitaine Nadia Roman comprend qu’elle aura besoin de s’appuyer sur l’expérience irremplaçable du commissaire Keller, qu’elle force à quitter sa retraite, notamment lorsque des nouvelles informations mettent en lumière le lien unissant Garance, sa propre nièce et Mathias Rousseau…

Garance collabore avec les forces de police : le commissaire Keller et la capitaine Roman

Le format des épisodes est similaire : Zodiaque est structuré comme une mini-série de 6 épisodes, ce qu’on trouve la plupart du temps sur Netflix et les autres plate-formes. Mais la réalisation s’est musclée, dopée par des moyens techniques (travellings par drone) et découpée en séquences courtes et nerveuses qui se ponctuent systématiquement par un coup du sort, un happening, une disparition. On trouvera tout de même les fondus au noir permettant l’insertion des plages de publicité, segmentant chaque épisode en mini-chapitres.

Au final, on se retrouve avec un produit parfaitement calibré, aux dialogues brefs manquant souvent d’émotion, rythmé par les très nombreux déplacements entre le domaine (un gigantesque manoir et ses dépendances entourés d’un parc piqueté de cyprès), la ville, la discothèque locale (le Millénium), la falaise et les calanques. Les placements produits permettent de suivre les véhicules utilisés sans restriction, qui apparaissent à l’écran autant que les portables.

Le suspense est constant, et le scénario ne s’embarrasse guère de vraisemblance en accumulant les révélations, les faux-semblants et les secrets honteux : presque tous les protagonistes sont hantés par un passé qu’ils cherchent à dissimuler, ou dont ils n’ont pas conscience. Et les cadavres s’accumulent, certains n’étant même pas dus aux agissements du pseudo-Zodiaque, tandis que des morts refont surface…

La photo est particulièrement réussie et soigne chaque plan (souvent trop bref) sur ces paysages inondés de soleil, théâtres de drames obscurs et pervers. La musique est fonctionnelle, servant à souligner la tension ou le soulagement.

Reste un jeu d’acteurs pas toujours au niveau : Francis Huster semble engoncé dans un costume trop rigide, mais sa froideur apparente fait sens. Marie-Christine Barrault n’a pas l’air à son aise et hésite entre le théâtral et le minimalisme. Lannick Gautry (qui incarne Vincent Escoffier, le fils puîné d’Hélène) est nettement plus convaincant, alliant élégance et décontraction. Catherine Marchal (la procureure Lefur) fait également le job.  Les jeunes acteurs manquent souvent de justesse dans leurs attitudes ou leurs répliques ; heureusement pour eux, ils ne sont pas dénués de charme.

Depuis le 6 octobre 2026, Arcadès éditions propose à la vente deux coffrets :

  1.  un coffret 2 DVD reprenant les 6 épisodes, avec chapitrage mais sans bonus ;
  2.  un coffret intégrale des trois saisons, soit 8 DVD pour 16 épisodes, parfait pour les fêtes de fin d’année.


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