- Titre original : For all mankind

- Date de première diffusion : 1er novembre 2019 sur Apple+
- Création : Ronald D. Moore, Matt Wolpert & Ben Nedivi
- Distribution : Joel Kinnaman, Krys Marshall, Wrenn Schmidt, Michael Dorman, Sarah Jones, Shantel VanSanten & Edi Gathegi
- Scénario : Ronald D. Moore, Matt Wolpert & Ben Nedivi
- Réalisation : Sergio Mimica-Gezzan, Dan Liu, Meera Menon & Andrew Stanton
- Photographie : Stephen McNutt & Ross Berryman
- Musique : Jeff Russo & Paul Doucette
- Support : Streaming sur Apple + en 2.00:1 /50 épisodes sur 5 saisons pour un total de 50 h et 18 min
Synopsis :
Le 26 juin 1969, le monde entier retient son souffle. Pour la première fois dans l’histoire de l’Humanité, un homme va poser le pied sur un autre astre. Et c’est un Soviétique, Alexei Leonov qui apparaît devant les caméras. Stupeur des Américains, alors que l’équipage d’Apollo XI avait programmé son alunissage quelques jours plus tard. Ed Baldwin, astronaute lors de la mission précédente, n’en démord pas : la NASA a raté le coche, par manque d’audace. Le Président américain exige que la NASA rattrape son retard et engage des investissements massifs. La course aux étoiles est relancée…

La série de cinq saisons (une sixième est dernière est d’ores et déjà actée) For all mankind est née d’une de ces idées qui engendrent des uchronies fascinantes, et qui commencent par « Et si… ? ». Ronald D. Moore, le célèbre showrunner de Battlestar Galactica et Outlander, proposa une histoire commençant par ce postulat : « Et si les Russes avaient gagné la course à la Lune ? » Le projet séduisit très vite les décideurs et financiers, et la machine était lancée.
Moore avait de l’ambition. Le concept uchronique était certes accrocheur, mais encore fallait-il le développer. Il s’entoura de co-scénaristes habitués de la SF (Umbrella Academy), du suspense (American Crime Story) et surtout du développement des personnages (Fargo) car il désirait avant tout construire un univers cohérent dans lequel le spectateur suivrait l’évolution non seulement des personnages principaux, mais également de la société.

Dès le départ, une trame historique a été développée pour couvrir au moins 7 décennies à partir du point de rupture avec notre propre Histoire, et il a donc fallu imaginer les divergences, les modifications technologiques, puis sociales et politiques qu’elles impliqueraient. L’accent a été visiblement mis sur les moeurs et les rapports de force géopolitiques, tout en saupoudrant la trame de plusieurs micro-changements de moindre importance, mais qui permettraient de conserver l’attention : John Lennon n’a pas été assassiné (mais Jean-Paul II si), Ted Kennedy survit également et accède à la présidence, Bill Clinton perd les élections face à une astronaute républicaine, Michael Jordan a été drafté par les Portland Trail Blazers, Harvey Weinstein a été arrêté dès 1999 et la Guerre du Golfe n’a pas eu lieu…
Ainsi, les investissements massifs et la pression politique sur la NASA accélèrent considérablement le rythme des missions programmées, et bouleverse son agenda. Si Baldwin (Joel Kinnaman, vu dans Night Run & Suicide Squad) est d’abord mis à pied pour son insubordination, il est très vite réintégré car son expérience demeure précieuse – il est donc prévu pour Apollo XV, qui aura pour objectif de fixer une base sur la Lune, histoire de pouvoir battre les Soviétiques au moins une fois.

Car ces derniers ont humilié deux fois de suite les États-Unis : d’abord en leur grillant la politesse avec Leonov, ensuite avec Anastasia Beliskova qui pose également le pied sur la Lune ! Premier homme + première femme : la NASA est non seulement prise de vitesse, mais confrontée à ses propres paradoxes sociétaux. Nouvelle fureur présidentielle, qui contraint l’Agence spatiale à ressortir des cartons un vieux programme d’astronautes féminines et à recruter massivement des volontaires.
L’une des grandes forces de la série est de continuer à explorer les conséquences de cette divergence en conservant la plupart du temps un axe humain (bien que très fortement américano-centré sur cette première saison, chose qui évoluera par la suite). Le mariage de Gordo Stevens (fidèle coéquipier de Baldwin, interprété avec justesse par Michael Dorman – Invisible Man) sera ainsi considérablement impacté par l’enrôlement de sa femme dans l’équipe d’astronautes. Au même moment, on suit l’ascension de deux femmes dans le centre opérationnel à Houston : Margo Madison, simple opératrice extrêmement douée qui est remarquée par le responsable de la mission Apollo, et la jeune immigrée mexicaine Aleida Rosales qui sera à son tour la protégée de Margo, qui décèle en elle un potentiel hors normes.

La seconde moitié de la saison voit ainsi son axe basculer du côté de la condition féminine, puis insensiblement vers un autre problème social : l’acceptation des minorités ethniques, et des autres orientations sexuelles. Du travail d’orfèvre : le boost de la course à l’espace dope la technologie qui dope à son tour la société (la fusion nucléaire se voit maîtrisée dès les années 80, les véhicules électriques se généralisent avant l’an 2000, ainsi que les téléphones portables et l’internet) mais celle-ci oppose des frictions, voire des réticences dans certaines domaines. Quand les premières astronautes débarquent dans les camps d’entraînement, elles sont d’abord accueillies par des quolibets. Quand un astronaute fait officiellement son coming-out, la Nation accueille cette déclaration comme un coup de tonnerre qui fera chanceler le pouvoir.
Les cinq saisons peuvent en outre se suivre suivant trois épisodes majeurs :
- la Course à la Lune (NASA vs Union soviétique) ;
- la Course vers Mars (NASA vs Union soviétique vs Hélios, multinationale sous la houlette du génie visionnaire Dev Ayesa) ;
- le contrôle de Mars et des ressources minières des astéroïdes, capitale pour le capitalisme effréné qui alimente les superpuissances.
Ajoutez à cela, en parallèle sur la cinquième saison, une nouvelle course : trouver des traces de vie hors de la Terre – avec des expéditions envoyées pleines d’espoir vers une lune de Saturne.

La première saison se suit avec un grand intérêt. Les personnages sont traités avec beaucoup d’élégance et de profondeur, et aucun n’est monolithique : Margo est ambitieuse mais discrète et manque de confiance en elle, au point d’éviter le contact avec les autres ; Ed est un astronaute compétent mais frustré par le fait d’avoir « raté la Lune » alors qu’il était dans la capsule d’Apollo X : « Je pouvais la toucher du doigt. » aime-t-il déclarer ; Gordo est le mec affable et souriant mais qui trompe régulièrement sa femme.
La saison s’achève sur un happening saisissant et annonce la suite avec un bond dans le temps (caractéristique de la construction du show). L’ouverture de la saison suivante s’effectue par une compilation de news nous donnant les infos de base sur le nouveau contexte temporel (c’est là qu’on sourira parfois devant les divergences avec notre réalité, et les choix opérés par les scénaristes).

Petit à petit, de nouveaux personnages très intéressants vont s’ajouter à la panoplie : Danielle Poole est une femme noire qui parviendra à briser tous les tabous pour accéder au commandement d’une mission spatiale ; Dev Ayesa (Edi Gathegi, vu dans le dernier Superman) est un self-made-man touche-à-tout à la tête de la principale société technologique, incarnant le capitalisme spatial. La trajectoire rocambolesque de Karen, la gentille épouse d’Ed Baldwin (jouée par Shantel VanSanten, vue dans Destination Finale IV) vaut également le coup d’oeil.
Si on peut regretter l’approche très américaine du début, on sera partiellement réconforté dans une partie d’une saison ultérieure, qui se déroule autant en Union soviétique (la perestroïka n’a pas eu lieu et l’URSS a renforcé son influence grâce à la course à la technologie et aux armements) que dans l’espace. Dans cette vision du futur très documentée, qui s’appuie sur les travaux de nombreux experts en prospective, l’ESA est curieusement sous-représentée : les scénaristes ont fait le choix d’une Europe à la traîne derrière les deux grands blocs, mais aussi la Chine, l’Inde et la Corée du Nord. Assez dur à avaler quand même.

Passée la surprise du début, l’élaboration du script passe par bon nombre de figures imposées qui font un peu retomber le soufflé, mais le suspense demeure toujours présent et les personnages sont traités avec suffisamment d’humanité pour qu’on reste jusqu’au bout, d’autant que les cliffhangers de fin de saison sont diaboliques. La cinquième parvient d’ailleurs à doper l’intérêt par des conflits géopolitiques inédits et des sacrifices inattendus.

Une série mue par un certain optimisme scientifique, qui ressemble à un texte d’Asimov estimant que la foi dans la science sauverait l’Humanité malgré elle. Certes, on retrouve des tensions et des conflits majeurs, mais les à-côtés du progrès ont également augmenté le niveau de vie des hommes, et surtout leur a ouvert les yeux sur d’autres perspectives. Outre le remarquable travail des consultants, on saluera une photographie exemplaire, qui évolue tout au long des décennies explorées et des effets spéciaux convaincants (les engins spatiaux sont confondants de réalisme). Si la tension est habilement maîtrisée, la gestion des scènes d’action n’est pas le point fort de la série.

Terminons par un clin d’oeil aux geeks, qui auront forcément l’oeil qui pétille lorsqu’ils apercevront le nom d’Andrew Stanton (Wall-e, Toy Story 5, le Monde de Dory) à la réalisation de certains épisodes (et pas des moindres). Et pour finir, les complétistes pourront suivre Star City, un spin-off sur le centre de commande spatial soviétique, qu’on aperçoit de temps à autre, et qui permettra sans doute de retrouver la redoutable Irina Berezova (ci-dessus).

![Primetime de Lance Oppenheim [La critique du film]](https://lecoindescritiquescine.com/wp-content/uploads/2026/10/Primetime-affiche-fotor-20261016171712-100x75.png)

![Mochy de Jérémie Degruson et Yanis Belaid [La critique du film]](https://lecoindescritiquescine.com/wp-content/uploads/2026/10/Mochy-Jeremy-Degruson-Yanis-Belaid_lecoincritique3-fotor-20261017163113-100x75.png)
![Saccharine de Natalie Erika James [La critique du film]](https://lecoindescritiquescine.com/wp-content/uploads/2026/10/Saccharine-affiche-fotor-20261016105322-100x75.png)


![Digger de Alejandro González Iñárritu [La critique du film]](https://lecoindescritiquescine.com/wp-content/uploads/2026/10/Digger-affiche-fotor-20261010145819-100x75.png)










![Unabomber de Janus Metz [La critique du film]](https://lecoindescritiquescine.com/wp-content/uploads/2026/10/Unabomber-affiche-fotor-20261004103915-300x194.png)

![The Whisper Man de James Ashcroft [La critique du film]](https://lecoindescritiquescine.com/wp-content/uploads/2026/09/The-Whisper-Man-affiche-fotor-2026091111230-100x75.png)


![Le Dernier Refuge de Louis Letterier [La critique du film]](https://lecoindescritiquescine.com/wp-content/uploads/2026/08/Le-dernier-refuge-affiche-fotor-202608071936-100x75.png)





























![Primetime de Lance Oppenheim [La critique du film]](https://lecoindescritiquescine.com/wp-content/uploads/2026/10/Primetime-affiche-fotor-20261016171712-238x178.png)


