Toy Story, de John Lasseter

 

Date de sortie : 22 novembre 1995 (États-Unis), 27mars 1996 (France)
Réalisateur : John Lasseter
Doubleurs français : Jean-Philippe Puymartin, Richard Darbois, Jacques Ferrière, Henri Guybet
Genre : Animation
Nationalité : Américain
Compositeurs : Randy Newman (chansons et orchestrations), Charlélie Couture (chansons VF), Don Davis (orchestrations)

« Il y a un serpent dans ma botte ! »

Coproduit par Walt Disney et le jeune studio Pixar pour la fin de l’année 1995, Toy Story est un film culte mettant en scène des jouets qui s’animent pour mener leur propre vie lorsqu’aucun humain ne se trouve aux alentours. Si le film de science-fiction Tron (Steven Lisberger, 1982) constitue le premier long métrage dont la conception a été assistée par ordinateur pour une majorité de ses scènes, Toy Story est quant à lui le premier film de l’histoire du cinéma entièrement réalisé en images de synthèse. Disney avait auparavant déjà utilisé cette technique lors de certaines séquences de ses films passés (le fond de la scène du bal dans La Belle et la Bête) et recherchait déjà de nouvelles formes d’animation, comme le stop-motion utilisé pour réaliser L’Étrange Noël de Monsieur Jack (Henry Selick, 1993). Le personnage principal Woody, doublé par Jean-Philippe Puymartin (qui faisait également la voix de Timon dans Le Roi Lion), est un cow-boy qui a la chance d’être le préféré d’Andy, le jeune garçon dont le chambre contient de nombreux jouets qui s’éveillent quand il n’est plus là.

Le sergent en mission pour repérer les cadeaux d’anniversaire !
« Regarde, je suis Picasso ! »

Les autres jouets sont divers et variés et ont chacun leur caractère : Monseur Patate est assez grognon avec ses parties du visage amovibles, Rex un dinosaure gaffeur à la voix tout aussi tordante (Jurassic Park était passé par là deux ans plus tôt), Zigzag un chien avec un corps en ressort, Bayonne un cochon-tirelire à peine plus futé que Rex, une jeune bergère qui semble avoir un faible pour Woody, et le fameux Sergent qui commande à lui seul toute une armée de petite soldats verts en plastique. Le thème général qui fait toute la richesse du film est celui de l’amitié, comme l’annonce l’apaisante chanson d’introduction « Je suis ton ami », interprétée par Charlélie Couture (qui chante également les deux autres). L’amitié se concrétise par celle entre Andy et Woody, mais aussi par les liens qui unissent les jouets entre eux. Et l’attachement est tel que chaque anniversaire est une source d’angoisse pour eux, de peur de se retrouver au placard à cause de la venue de nouveaux jouets qui pourraient les remplacer.

« Les compagnons jouets de Woody ! »
« Je vivais la vraie vie, chaque chose était à sa place. »

Et les difficultés de l’amitié surviennent lorsqu’une nouvelle personne arrive dans un groupe et change les rapports entre les gens par ce qu’il apporte. Symbolisant une nouvelle génération par son packaging à la pointe et sa technologie du futur (« Il a plus de gadgets ultra-modernes qu’un couteau-suisse. »), Buzz l’éclair devient alors le nouveau jouet préféré d’Andy et Woody se retrouve mis de côté, servant de cible au rayon laser du ranger de l’espace dans la très émouvante chanson « Étrange, bizarre », dans laquelle le pauvre cow-boy se sent complètement délaissé par celui qu’il croyait être son meilleur ami, qui va jusqu’à remplacer sa décoration et sa couverture de lit par des motifs arborant Buzz l’éclair. Doublé par le charismatique Richard Darbois (qui faisait aussi le Génie dans Aladdin), Buzz a la particularité de se croire être le seul et unique ranger de l’espace en mission spéciale sur une planète inconnue.

« Quand un jouet mi-astronaute a débarqué de nulle part. Et soudain tout à coup, tout est devenu bizarre »

Une bonne partie de l’humour vient alors du contraste entre la fascination des autres jouets à son égard et la volonté qu’a Woody de lui faire comprendre qu’il n’est qu’un jouet en plastique (« Ce n’est pas un laser ! Ce n’est qu’une petite ampoule qui brille. »). Cette personnalisation jusqu’à croire être une personne réelle se retrouve dans le distributeur de petits aliens, où tous considèrent le grappin comme leur dieu (« Le grappin m’a choisi. Adieu mes amis, je vous quitte pour un monde meilleur. »). Le comique vient aussi et de jeux de mots plus ou moins douteux (« Mais c’est de l’art, gros lard ! ») et de références à l’industrie du jouet (« J’viens de chez Mattel. Enfin pas vraiment de chez Mattel, j’viens d’une petite compagnie qui s’est fait dévorer par une OPA… »). Mais l’émotion suit son cours lorsque Buzz se rend compte qu’il n’est effectivement qu’un jouet en voyant une pub à la télévision, et qu’il se casse un bras en tentant de voler sous la triste chanson « Jamais plus je ne volerai ».

« Un visiteur ! Venu d’ailleurs ! »
Sid, le successeur de Junior le Terrible et de Kevin McCallister.

Alors que Woody est rejeté par les autres jouets pour avoir tenté de mettre Buzz à l’écart de la chambre (« Et si Andy jouait plus avec moi qu’avec toi, tu me balancerais aussi par la fenêtre !? »), il va chercher à se racheter en partant à sa recherche pour finalement gagner son amitié lors de leurs mésaventures. Car si certains enfants prennent grand soin de leurs jouets, d’autres ne voient aucun inconvénient à les bricoler et à expérimenter toutes sortes de choses avec eux (« Personne n’a jamais tenté une transplantation cervicale et un triple pontage. »). Et c’est Sid, le voisin d’Andy, qui va les séquestrer dans sa chambre rempli de jouets modifiés à l’apparence terrifiante. Le thème de l’amitié se voit alors renforcé par les aveux de Woody comme quoi Buzz est un super jouet (« Mais réfléchis une seconde ! Tu es un Buzz l’éclair ! N’importe quel jouet vendrait ses pièces détachés pour être toi. Tu as des ailes, tu brilles dans le noir, tu parles ! Ton casque fait ce truc insensé… ! T’es vraiment super comme jouet ! ») et ce pourquoi il doit se ressaisir pour qu’ils quittent la maison ensemble (« En face il y a un enfant qui trouve que tu es le meilleur ! Et pas parce que tu es un ranger de l’espace, mais parce que tu es un jouet ! Tu es SON jouet ! »).

« J’appelle pas ça voler, j’appelle ça tomber avec panache ! »
« Hey une petite minute : j’ai allumé une fusée… les fusées ça explosent ! »

La fin regorge de qualités avec la révolution des jouets face à Sid (« Tu crois vraiment que j’suis pété petit ? Oui mon gars, c’est à toi que je m’adresse, Sid ! »), la course poursuite pour aller vers la voiture où se trouve Andy en route vers sa nouvelle maison et le final pendant lequel Buzz et Woody se regardent de manière ironique en entendant qu’Andy venait d’avoir un petit chien pour Noël (celui de Sid leur ayant posé bien des problèmes). S’ajoutent à cela quelques références salaces toujours bien cachées chez Disney (« Je pourrais demander à quelqu’un de surveiller le troupeau à ma place ce soir… »). Bien que ses images de synthèse accusent largement le poids de l’âge en presque vingt-cinq ans d’existence, Toy Story demeure un très bon film emblématique pour son univers singulier et terriblement bien animé comme seuls les studios Pixar savent le faire !

Emmanuel Delextrat
Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j'ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La soupe aux choux, mais aussi de nombreux dessins animés (courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo ; longs métrages Disney avec Alice au pays des merveilles en tête ; animés japonais avec Sailor Moon et Dragon Ball Z ; j'aime aussi particulièrement Batman et Tintin). Mes années 90 ont été bercées par les comédies de Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête), ou d'autres films que j'adore comme Les valeurs de la famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à tout prix). C'est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par The Dark Knight, Casino Royale, Dragon l'histoire de Bruce Lee ou encore Rambo. Collectionneur, j'attache de l'importance au matériel et j'ai réuni deux étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Il va sans dire qu'il m'en reste encore beaucoup à voir...

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