• Maximum Overdrive de Stephen King

          0
          Date de sortie 2 décembre 1999 en DVD (1h 37min) De Stephen King Avec Emilio Estevez, Pat Hingle, Laura Harrington, Yeardley Smith, John Short, J.C Quinn... Genres...
        • Night Swim de Bryce McGuire

          Spawn de Mark Dippé

          Miami Vice de Michael Mann

        • Monarch : Legacy of Monsters Bilan de la première saison

          0
          Titre original Monarch : Legacy of Monsters Nationalité États-Unis Sur Apple TV+ (2023) Genre Catastrophe, Fantastique Avec Anna Sawai , Kiersey Clemons , Joe Tippett , Elisa Lasowski...
        • En février sur Netflix

          0
          Les Séries : One Pièce: Arc Egghead : 01/02 Dr House, l'intégrale de la série : 01/02 Let's Talk About CHU : 02/02 Love Never Lies Poland: Season...
        • Diabolo Menthe, de Diane Kurys

          0
          Date de sortie : 14 décembre 1977 (1h 40min) Réalisatrice : Diane Kurys Acteurs principaux : Éléonore Klarwein, Odile Michel, Anouk Ferjac, Michel Puterflam, Yves Rénier,...
        • Dredge de Black Salt Games

          0
          Développeur : Black Salt Games Éditeur : Team 17 Genre : Simulation / Horreur Support : Tous support Date de sortie : 30 Mars 2023 En 2023, parmi l’offre...
        • L’œuvre de Daryl Delight (spécial Halloween)

          0
          Et si pour Halloween, on parlait un peu de littérature horrifique ? Et si au lieu de parler de H.P Lovecraft, Stephen King ou...
Home Auteurs Publication de Nicolas Leduc

Nicolas Leduc

47 PUBLICATION 0 COMMENTAIRES

Samurai champloo de Shin’ichiro Watanabe

0

Réalisateur : Shin’ichiro Watanabe
Studio d’animation : Manglobe
Genre : Chambara
Nombre d’épisodes : 26
Diffusion : 20 Mai 2004-19 Mars 2005
Origine : Japon  

Je suis très fan d’anime. Vraiment. Et parmi la pléthore d’excellents anime existants, difficile, très difficile de choisir lequel est mon préféré. Et pourtant, en y réfléchissant bien, l’un d’eux ressort très souvent quand je dois en conseiller un.

Cet anime c’est Samurai Champloo.

En 2004, Shin’ichirō Watanabe, génie derrière la pépite Cowboy be-bop, nous revient avec une nouvelle série, complètement différente dans la forme. En effet, si son premier ouvrage mélangeait la science-fiction futuriste et le jazz, cette deuxième œuvre, elle, mélange le chambara et le hip-hop dans le Japon de la période Edo.

L’histoire, peut paraître un peu simple, voir simpliste de prime abord.

On suit les aventures de Fuu, jeune serveuse, qui manquant de se faire tuer par un gang local, va se retrouver être sauver par Mugen, vagabond insolent et égoïste, mais épéiste de génie. Suite à un quiproquo, celui-ci se retrouve à affronter un ronin du nom de Jin, homme calme et stoïque et suivant la voie du bushido. Les deux hommes se retrouvent arrêtés et condamnés à mort. Alors qu’ils sont enfermés en attendant leur exécution, Fuu leur propose un marché : elle les aide à s’échapper, en échange de quoi les deux samurais s’engagent à l’aider à traverser le Japon pour retrouver un mystérieux samurai sentant le tournesol.

La série est juste exceptionnelle. Que se soit au niveau de la musique, des personnages tous attachants et charismatiques, et surtout, surtout de l’animation, la série fait un sans fautes. Et, même si elle est extrêmement drôle, dû notamment aux différents anachronismes volontaires et aux différentes personnalités des personnages, la série n’en reste pas moins grave et sérieuse.

En effet, même s’il y a un fil rouge, la fameuse recherche du samurai, la plupart des épisodes ressemblent à des fillers. Chacun des 26 épisodes (à quelques exceptions près) propose une histoire différente. Et cela permet de traiter de sujets vraiment loin (très loin) d’être léger. En vrac : acceptation de la différence, homophobie, racisme, drogue, prostitution, condition des femmes, fanatisme religieux… Sans compter les événements tout simplement dramatique : Mugen et Jin, même si profondément attachants et sympathiques restent des guerriers implacables et impitoyables, et Fuu bien qu’elle soit une adolescente positive et rigolote, est souvent confronté à des situations pour le moins hardcore.

De plus les trois ont des passés plutôt tragique, et si on rit beaucoup, (en effet, nos héros sont toujours fauchés comme les blés et cherchent systématiquement de quoi manger, donnant lieu à des situations bien cocasses) on est également pas loin des larmes par moment.

 Épisodes :

  1. Hier sera un autre jour

La rencontre entre Fuu, Mugen et Jin et le début de leur aventures.

  1. La vengeance aux double visages

Dans l’idée de gagner un peu d’argent, Mugen et Jin décide d’affronter et tuer un mystérieux monstre.

3 et 4. Porte sabres à louer

Premier épisode en deux parties. Suite à un énième caprice de la jeune fille, Mugen et Jin laisse Fuu en plan. Bien vite, ils s’aperçoivent que la ville où ils se sont arrêtés et la proie d’une guerre entre chefs yakuzas.

  1. Délires artistiques

Alors que Mugen et Jin essaient de récolter de l’argent pour prendre un bateau, Fuu accepte de poser pour un peintre excentrique. Elle ignore que cela cache un réseau de trafic de jeunes japonaises, enlevées et envoyées en Europe.

  1. L’étranger à la touffe rouge

Toujours à la recherche de nourriture, nos trois héros s’inscrivent à un concours de mangeurs de riz. Pour y participer, ils mettent leur sabre en gage. Si Fuu, se débrouille très bien, c’est un mystérieux colosse qui gagne. Il accepte cependant de rendre les sabres, si Fuu, Mugen et Jin acceptent de lui faire visiter la ville et découvrir ainsi un peu mieux le Japon.

  1. Le port de la drogue

Fuu se fit voler son portefeuille par un jeune homme. Fuu s’aperçoit cependant que le jeune homme essaie de récolter de l’argent pour soigner sa mère gravement malade.

  1. La légende de l’Est

Un samurai, prétentieux et chanceux, c’est mis en tête de défier Jin en duel. On en apprend un peu plus sur le passé du samurai.

  1. Le pique-nique du beatnik

Épisode très drôle, et pourtant stressant dans lequel Mugen doit livrer la tête d’un criminel avant le coucher du soleil, sinon Fuu et Jin seront exécutés.

10 . Folie meurtrière

Mugen se met en tête de trouver un serial killer qui ne s’en prend qu’au samurai.

  1. Les jeux de l’amour

Jin se lie d’amitié et tombe amoureux d’une jeune femme qui se retrouve contrainte à se prostitué, pour éponger les dettes de son mari.

  1. Souvenirs en vrac

Épisode mineur, puisque résumant le début des péripéties de nos trois héros.

13 et 14. Les flibustiers de la nuit

Double épisode absolument magnifique et tragique, où le passé de Mugen est dévoilé.

  1. Fausse monnaie et petite épée

Nos trois amis pêchent une bourse rempli d’argent, et Jin et Mugen decident de tout dépenser dans un bordel, qui se révèle être le repaire de faux monnayeurs.

16 et 17 La montage du désespoir et Berceuse pour un damné

Nos trois amis se séparent sur une dispute et prennent chacun un chemin différent. En parallèle, les autorités traquent un mystérieux monstre dans les montagnes…

  1. La guerre des mots

Jin essaie d’éduquer les deux fils héritiers d’un de ses anciens maitre, adeptes des graffitis. Mugen lui, est « kidnappé » par un ancien professeur qui veut lui apprendre à lire.

  1. Mésentente cordiale

Fuu rencontre une jeune femme qui aurait des informations sur le samurai sentant le tournesol, mais celle-ci se fait enlevé par des brigand. En partant à sa recherche, Fuu tombe sur un village chrétien, sous le joug d’un prêtre complètement fou et accessoirement trafiquant d’armes.

20 et 21 La complainte du piège

Nos trois amis rencontrent une jeune musicienne aveugle dans une auberge. Ils decident de continuer leur route en sa compagnie, mais celle-ci semble cacher de bien sombres secrets

  1. Quatrième dimension

Épisode particulier et assez halluciné, où nos héros arrivent dans une carrière, et qui est peuplée de zombies.

  1. Le blues du base ball

Dernier épisode avant les vrais enjeux, celui-ci est un délire extrêmement drôle, où l’avenir du Japon se joue sur une partie de base ball.

24, 25 et 26 Drôle d’endroit pour une rencontre, Rencontre du troisième type et Le samurai qui ne sentait plus rien

Fuu, Jin et Mugen arrivent au bout de leur quête, commune et respective. Une conclusion en apothéose.

Cette série d’animation est absolument à voir. Du début à la fin, c’est un régal. De plus on peut rajouter l’un des meilleurs opening et ending pour un anime.

Je vous recommande vivement. Elle vous fera passé par tout un panel d’émotions, et de plus vous éclairera pas mal sur la période Edo, grâce à tout un tas d’anecdotes vraiment interessantes. C’est drôle, tragique, passionnant et son seul bémol est qu’elle risquera de vous laisser une impression amer de tristesse quand elle s’achèvera… vous donnant l’envie quasi immédiate de vous replonger dedans.

A noter qu’il existe un manga en deux tomes pour prolonger l’expérience et un jeu vidéo (pas terrible) sorti sur PS2.

The way of the samurai…

 

 

Spawn de Mark Dippé

0

Réalisateur : Mark Dippé
Genre : Film de super héros moisi
Origine : États Unis
Date de sortie : 1er Août 1997
Distribution : Michael Jai White, John Leguizamo, Martin Sheen, Theresa Randle, Nicol Williamson…

Et je suis généreux…

Alors que Miss Web sort au cinéma et se fait allègrement cartonner par toute la presse, chose à peu près récurrente chaque fois qu’un nouveau film de l’écurie Marvel sort sur grand écran depuis Endgame, et que les gens n’hésitent jamais à qualifier de « pire film de super héros de tous les temps » du moins jusqu’au suivant, permettez moi de rire.

La classe !

Parce que, pour médiocre que soient ces films, ils n’atteindront jamais le fleuron des adaptations bien pourries, qui sortirent sur nos écrans pendant les fameuses et intouchables années 90, qui étaient à priori parfaites en tout point.

Vous trouvez le MCU nul ? Laissez moi vous présenter Spawn.

Alors Spawn qu’est ce que c’est ? De base, c’est un comics ultra violent et glauque, mais excellemment bien écrit, créer par Todd Mc Farlane en 1992 pour la maison d’édition Image Comics.

On y suit les aventures d’Al Simmons, agent des services secrets américains, qui se fait tuer dans une explosion, en mission suite à la trahison de ses supérieurs. Il est envoyé en enfer, où Mallebolgia (basiquement le diable) lui propose un marché : il le renvoie sur terre, en échange de quoi Al Simmons devra diriger ses armées lors de la guerre entre l’enfer et le paradis. Al accepte. Mais il faut bien le dire, Mallebolgia s’est bien foutu de sa gueule, et s’il le renvoie sur terre c’est dans son corps brulé par l’explosion, cinq ans après sa mort. Du coup, sa femme s’est remariée avec son meilleur ami, il est défiguré et doit errer parmi les sans abris. Et pour éviter qu’il ne se rebelle trop, Mallebolgia lui envoie un chaperon à l’apparence d’un clown obèse, le Violator.

Je ne sers à rien…

Mais croyez le ou non, Al de par sa nouvelle condition, à acquis des pouvoirs bien

On a dit la classe !

méchant et va quand même se rebeller, devenant le protecteur des laisser pour compte et accessoirement violent justicier sans pitié contre les criminels de tous poils.

Et le film respecte plus ou moins bien cette trame de base, il faut l’avouer. Mais ! Mal. Très mal.

Parce que comme je l’ai dit précédemment, l’œuvre est incroyablement sombre. Al Simmons affronte des personnages immondes : tortionnaires, tueurs d’enfants, pègres sadiques, démons… L’atmosphère est étouffante. Et le film lui, à décidé que, non, bah en fait, ça va plutôt se passer au pays des Bisounours.

Mouahaha je suis méchant !

Alors, attention, je n’ai rien contre le fait d’adoucir le propos d’un film : The Mask par exemple est un comics particulièrement glauque et violent, chose que le film a complètement éludé. Mais, même si c’est une mauvaise adaptation, c’est un BON film. Spawn, non. Non seulement c’est une mauvaise adaptation mais c’est surtout un film complètement nul.

Je suis une honte !

Pourtant doté d’un casting de qualité : Michael Jai White, John Leguizamo, Martin Sheen… le jeu est catastrophique. Moins que le scénario et que les effets spéciaux, mais tout semble avoir été mis en place pour foirer tout ce qui est entrepris. Déjà, les personnages. Mon dieu, les personnages. Prenons le Violator. Dans le comics, un personnage cynique, violent, menaçant, dangereux. Dans le film ? Une parodie du Joker dont les seules répliques sont pour nous sortir des blagues scatologiques. Jason Wynn le patron de la pègre ? Dans le comics, un chef mafieux doucereux, mais sadique, aimable mais n’hésitant pas à faire tuer des enfants et à torturer des innocents, le tout avec le sourire… Dans le film ? Un ersatz de Lex Luthor, mais sans le génie…

Et Spawn, hein ? Ben dans le comics il pue la classe, dans le film il pue la merde.

La classe, sans le masque!

Bref, tout est mauvais dans ce film et même si je sais que certaines personnes ont un certain attachement pour lui, ce film est sans contestation aucune dans mon top 3 des pires films que j’ai vu.

Tout est raté. Mais la palme revient aux effets spéciaux qui arrachent la rétine et feraient passer les cinématiques de Bubsy 3D pour le plafond de la chapelle Sixtine. Alors que le réalisateur a quand même été directeur des effets spéciaux sur Retour vers le futurs 2, Abyss, Terminator 2 et (j’ai un vertige en l’écrivant) Jurassic Park !

Je ne sais pas ce que je fais ici…

Réalisateur qui par la suite ne fera que des films tout naze comme Gigi et pléthore de film sur Garfield.

Heureusement que ses acteurs s’en sont mieux sortis par la suite et que ce film n’est qu’une tache sur leur CV.  (À part pour John Leguizamo qui avait tourné dans Super Mario Bros, ce qui fait qu’il a joué dans l’une des pires adaptations du jeu vidéo et l’une des pires adaptations de comics. Heureusement qu’il a pu prouver son talent ailleurs.)

Pour conclure, si jamais lorsque le MCU ou le DCEU sortira un prochain film, vous vous sentez d’humeur à le juger comme « la pire adaptation de comics de tous les temps », je vous invite vivement à regarder Spawn. Cela devrait vous faire sacrement relativiser.

Finissons sur une jolie note…

Stand by me de Rob Reiner

0

Réalisateur : Rob Reiner
Genre : Drame
Durée : 89 minutes
Date de sortie : 8 août 1986
Origine : États Unis
Distribution : Will Wheaton, River Phœnix, Corey Feldman, Jerry O’Connell, Kiefer Sutherland, Richard Dreyfuss…


Vous ai-je dis que j’étais fan de Stephen King ? Maintenant c’est le cas. Mais si j’apprécie autant les écrits du maître de l’horreur du Maine, c’est avant tout pour l’empathie qu’il réussi à mettre en place entre le lecteur et ses personnages. Et bien que King soit reconnu comme un maître incontesté du fantastique horrifique, il n’est pourtant jamais aussi passionnant que quand il parle du quotidien.

Si on me demande quel est son meilleur livre, je vous répondrais Ça. Non, pas pour le côté horrifique, magnifiquement écrit cependant, mais pour la vie de ses jeunes protagonistes. King arrive, et c’est l’un des rares auteurs pour moi à le faire, à me rendre nostalgique d’époque que je n’ai pas connu.

Dans ses nombreux écrits, deux me touchent particulièrement. Deux nouvelles. La première est Chasse cœur en Atlantide, tirée du livre Cœurs perdu en Atlantide. (Qui a eu une adaptation au cinéma, mais qui n’adaptait que la première nouvelle et l’épilogue). La seconde est Le corps. Tirée du recueil Différentes Saisons (dont est également tiré le chef d’œuvre absolu L’évasion de Shawshank adapté sous le titre : Les évadés) et adapté par Rob Reiner (Princess Bride, Quand Harry rencontre Sally et une autre très bonne adaptation de King : Misery) sous le titre Stand by me.

Dans ce film, qui se passe à la toute fin des années 50, on suit donc quatre amis d’une douzaine d’années, Gordie (Will Wheaton), Chris (le regretté River Phœnix), Teddy (Corey Feldman) et Vern (Jerry O’Connell) qui sous prétexte de camping, partent à la recherche du corps d’un enfant de leur âge, disparu quelques jours plus tôt, dans l’espoir de devenir des célébrités locales. Mais en parallèle, la bande de Ace Merrill (interprété par Kiefer Sutherland et personnage récurrent dans les œuvres de King), brutes locales, décide de faire de même…

Je ne vais pas m’étendre sur le film, parce qu’il est très difficile d’en parler sans faire pulluler les spoilers. Et je ne tiens vraiment pas à spoiler. Parce que ce film mérite clairement d’être vu. Il est porté par la caméra tout en douceur de Rob Reiner, dans une réalisation efficace de simplicité, et aussi par ses jeunes acteurs tous extrêmement talentueux. Le film est un voyage initiatique, dans le court laps de temps entre l’enfance et l’adolescence, c’est un drame, une comédie, et surtout une grande claque dans la tronche.

Le film saisit totalement l’essence de la nouvelle (que je vous recommande très vivement, elle est, forcément, plus développée) et ne trahi jamais son modèle, tout en se l’appropriant.

Ce film n’est certainement pas le plus cité, quand on parle des adaptations de King au cinéma, et c’est extrêmement dommage, car c’est probablement l’une des meilleures. Alors, certes, il n’y a pas d’éléments horrifiques (encore que…) ni fantastiques, mais vous avez en l’état, un film magnifique, porté par un jeu impeccable et la musique de Ben E. King.

Un film incroyable que je vous recommande très chaudement.

Quatre garçons pleins d’avenir de Jean-Paul Lilienfeld

0

Réalisation : Jean-Paul Lilienfeld
Date de sortie : 6 août 1997
Genre : Comédie
Durée : 90 minutes
Origine : France
Distribution : Olivier Brocheriou, Stéphan Guérin-Tillet, Olivier Sitruk, Éric Berger, Thierry Lhermitte, Roland Giraud, Patrick Sébastien, Virginie Cohen, Amélie Pick…

Les années 90 ont été un âge d’or pour la comédie française. En effet, certaines des meilleures comédies, devenues cultes pour toute une génération sont sorties pendant cette décennie. Des films vraiment drôles, intelligents et originaux tels que : La cité de la peur, Les trois frères, Les visiteurs, Un air de famille, Un indien dans la ville ou encore Le dîner de cons, entre autres.

Le film que nous allons aborder aujourd’hui est peut-être un peu plus méconnu que ses illustres collègues, il n’en est pas moins aussi culte et surtout, surtout extrêmement drôle. L’une des meilleures comédies françaises, que votre humble serviteur avait découvert totalement par hasard, en la louant par mégarde en VHS dans le Spar local, et qui est entrée depuis (à l’aise) dans le top 5 de ses comédies préférées.

Si vous connaissez déjà le film, vous savez de quoi je parle.

Si vous ne le connaissez pas, je vais essayer de vous donner envie de vous précipiter le plus rapidement possible devant cette comédie jubilatoire.

Quatre garçons pleins d’avenir nous présente donc l’histoire d’Arnaud, jeune homme en surpoids, dont la colocataire nymphomane l’ignore et dont le voisin ancien légionnaire le martyrise, qui vient de rater pour la troisième fois son examen de droit. Ses trois meilleurs amis, Axel, Johan et Julien dit « Breitling » decident donc de lui remonter le moral en lui proposant une soirée inoubliable. Mais, en adéquation avec la bonne vieille loi empirique de Murphy, tout ce qui peut mal se passer, va mal se passer.

Ce film est hilarant de bout en bout. Chaque dialogue, chaque scène est potentiellement culte. Les acteurs principaux sont tour à tour tête à claques et attachants et on entre en empathie totale avec eux, surtout dans leurs défauts, tellement humain. Et que dire des seconds rôles tous impériaux de Thierry Lhermitte en flic ripoux à Roland Giraud en examinateur traumatisé, tous sont impeccables, mention spéciale à Patrick Sébastien (je déconne pas !) en voisin brutal et alcoolique.

Si la première partie va à fond la caisse, posant des bases très drôle et se suffisant à elle-même, elle peut sembler un peu décousue. Et pourtant… Dans la deuxième partie du film, en effet, après moult déboires, les amis d’Arnaud decident de trafiquer les résultats des examens pour lui permettre d’accéder aux épreuves orales. Le rythme se calme alors un peu, le film se posant dans une mission infiltration prend une dimension plus posée, bien que toujours extrêmement drôle. Mais surtout, les miettes semées dans la première partie trouvent ici leurs dénouements, démontrant une intelligence dans l’écriture et surtout une excellente cohérence de l’univers traité.

Bref, je vous conseille plus que vivement ce film, qui est clairement l’une des meilleures comédies françaises, et une des meilleures comédies tout court. Sur les musiques de Billy the kick, l’odyssée de notre quatre garçons sympathiques donne une sacrée patate. À voir sans modération.

Effroyables jardins de Jean Becker

0

Réalisateur : Jean Becker
Origine : France
Durée : 93 minutes
Date de sortie : 26 Mars 2003
Distribution : Jacques Villeret, André Dussolier, Thierry Lhermitte, Benoit Magimel, Isabelle Candelier, Bernie Collins…

À mon humble avis, on ne parle pas assez de Jean Becker. Et pourtant, quand on se penche un peu sur sa filmographie, on s’aperçoit assez vite qu’il est l’auteur d’excellents films français. En vrac : L’été meurtrier, Elisa, Les enfants du marais, Deux jours à tuer… Et bien d’autres, tout aussi qualitatifs.

En 2003, Jean Becker sort sur les écrans Effroyables Jardins, tiré du roman de Michel Quint. Ce film est probablement mon film préféré de son auteur, et si vous ne le connaissez pas, je vous invite vivement à le découvrir.

Le film débute dans les années 50. Jacques (Jacques Villeret La soupe aux choux, Le dîner de cons…), instituteur, se rend tous les ans, avec sa famille, dans le petit village où il vivait pendant l’occupation. Là, il se déguise en clown et pousse la chansonnette (principalement Y a de la joie de Charles Trenet), ce qui énerve prodigieusement son jeune fils, Lucien, qui voit dans cet acte une humiliation. André (André Dussolier Tanguy, On connaît la chanson…), ami de toujours de Jacques, décide d’expliquer à Lucien les raisons qui poussent son père à se déguiser ainsi…

Ce film est incroyablement doux et poétique, traitant pourtant de sujets incroyablement durs. En effet, le film se déroule dans un flash-back, ramenant Jacques et André sous l’occupation allemande. Pourtant, Beckerdans son style qui lui est propre réussi à rendre le film « chaleureux », sans pour autant tomber dans la mièvrerie. Le film bien que drôle par moment, reste une tragédie.

Le gros de l’histoire en effet, nous raconte, comment André et Jacques, un soir de beuverie, se sont découvert une âme de résistant. Pour cela, ils decident donc de faire sauter un poste d’aiguillage ferroviaire. Malheureusement, pour eux, les Allemands ne laissent pas ce crime impuni. Ils rassemblent les hommes du village et en choisissent quatre : André, Jacques, Thierry (Thierry Lhermitte Les Bronzés, Un indien dans la ville…) et Émile (Benoît Magimel Les petits mouchoirs, La vie est un long fleuve tranquille…), a priori par hasard, mais vivement recommandé par le collabo local.

Les Allemands les mettent dans une fosse. Si personne ne se dénonce pour l’attentat, dans les 24h, ils seront exécutés. Alors que la détresse et la peur gagnent les quatre hommes, l’Allemand chargé de les surveiller, Bernd, ancien artiste de cirque, et profondément anti-guerre, va essayer de leur faire oublier leur terrible condition en les divertissant.

Ce film est à voir, vraiment. Malgré son succès populaire à sa sortie, il est malheureusement un peu tomber dans l’oubli au fil des années. C’est vraiment dommage, et il est urgent de le réhabiliter.

Un excellent scénario, une réalisation simple et efficace, des acteurs impériaux… Je vous le recommande vivement.

 

 

Dredge de Black Salt Games

0

Développeur : Black Salt Games
Éditeur : Team 17
Genre : Simulation / Horreur
Support : Tous support
Date de sortie : 30 Mars 2023

En 2023, parmi l’offre pléthorique d’excellents jeux, nous avons eu le droit à, non pas un, mais deux jeux, dont le thème était la pêche et étonnement, aucun des deux n’étaient une simulation. L’un des deux étaient colorés, fun, drôle et attachant : Dave the diver.

Le deuxième… Le deuxième, lui est bien différent. Que ce soit dans son approche, ses graphismes, son gameplay ou son ambiance (et pourtant les deux jeux ont eu le droit à un dlc gratuit et crossover sur Dave the diver. Boucle bouclée).

En effet, Dredge, lui, penche plus sur le mystère, voir même l’horreur parce que son inspiration totalement assumée va plutôt se chercher du côté des écrits de H.P Lovecraft.

L’histoire est relativement simple, de prime abord. Votre petit chalutier, endommagé, vous fait vous échouer sur une petite île. Là, le maire vous propose de vous offrir un autre bateau de pêche, si vous œuvrez à la prospérité de la ville grâce aux fruits de votre pêche. Pour cela, vos différentes récoltes vous permettront petit à petit d’améliorer votre bateau, vous permettant ainsi de vous éloigner de plus en plus des côtes, et de rencontrer de nouvelles personnes. Et justement, en rencontrant de nouvelles têtes, l’une d’elle va vous proposer une mission : retrouver d’étranges artefacts ayant sombré…

En soi, il n’y a rien d’incroyable là-dedans, et niveau gameplay, hormis le fait d’être sur l’eau, rien de vraiment différent de jeux de simulation de vie : vous essayez de pêcher des poissons, plus ou moins rare, vous essayer de trouver des matériaux ou des trésors pour pouvoir améliorer votre bateau, le tout en faisant attention aux récifs et en prenant soin de ne pas surcharger votre inventaire. Et en faisant aussi et surtout attention à ne pas sombrer dans la folie.

Car, oui, Dredge est une plongée dans l’horreur assez subtile. Effectivement, si au début (mais vraiment ça arrive rapidement) vos pêches sont relativement classiques, de temps à autre vous allez pêcher des « abominations », sorte de mutation de poissons déjà croisés. Cela va jouer sur votre santé mentale, mais moins que la fatigue, qui va vous provoquer des hallucinations et la nuit qui va cumuler les deux et en plus n’hésitera pas à lancer de grosses créatures très méchantes et voraces à vos trousses.

Le jeu fait ainsi naître un grand sentiment d’angoisse, et nous fait vraiment craindre le pire quand on doit, parce qu’on doit, s’éloigner vers l’inconnu de l’immensité marine, pour avancer dans le jeu. On n’ose pas trop s’éloigner de notre zone de confort de peur de se retrouver coincé en pleine mer quand la nuit tombera. Et pourtant il le faut, même si cela nous fait courir le risque de perdre toute notre pêche et notre bateau.


Fort heureusement, il existe beaucoup de points d’attache, synonyme de sauvegarde et de repos. Mais, encore faut-il les trouver dans cette immensité océanique.

Le jeu, plus qu’aucun autre vous fait vous sentir seul et vulnérable. Et pourtant, il vous pousse à l’exploration, souvent récompensée, vous donne envie de chercher toutes les espèces possibles, vous encourage à aider les PNJ et surtout à suivre le scénario pour connaître le fin mot de l’histoire, passionnante de bout en bout.

Si vous voulez un bon jeu angoissant, original dans son traitement, je ne saurais trop vous conseiller cet excellent jeu indépendant.

A noter : en plus du dlc cross-over avec Dave the Diver, Dredge possède son propre Dlc qui vous offre une nouvelle zone, glaciaire celle là, et qui est très sympa à parcourir, bien qu’un peu courte.

 

 

Dave the diver du studio Mintrocket

0

Developeur : Mintrocket
Origine : Corée
Date de sortie : 28 Juin 2023
Genre : Aventure, gestion, roguelite…
Plate forme : Pc, Switch…

Il y a des jeux, comme ça, qu’on n’attend pas et qui vous cueille. Qui vous pêche même, dans le cas qui nous intéresse ici. Dave the diver, développé par le studio coréen Mintrocket est de ceux là.

Permis la pléthore d’excellents jeux que nous a fournis 2023, les jeux indés, se sont servis la part du lion, il faut bien l’admettre. Et Dave est probablement l’un de ses meilleurs représentant, l’un des plus atypique et attachant.

Dave, homme un peu enrobé et pas très charismatique, à des kilomètres du héros lambda, se fait embobiner par un de ses amis, un peu louche pour mettre à flot un restaurant de fruit de mer. Pour cela, il vous offre un vieil équipement de plongée sous-marine, et à vous les plaisirs de la chasse. Votre récolte, servira au chef du restaurant, Bancho, l’Afro samouraï des sushis. En améliorant votre équipement, vous pourrez descendre de plus en plus profondément, et trouver des aliments plus rare, et surtout les signes d’une civilisation engloutie…

Ce jeu est tout simplement génial et si vous n’y avez jamais joué, je vous le conseille plus que vivement. L’écriture, bien que simple, est vraiment plaisante à suivre, les rebondissements sont nombreux, et les personnages sont tous brillamment écrits. Le jeu est parfait pour de courtes sessions comme pour des sessions plus longues.

Le jeu propose des éléments de roguelite, de gestion et de rpg, de manière fluide et intuitive. Le principe est relativement simple : le jour vous allez à la pêche sous-marine, le soir vous devez gérer le restaurant, pour gagner de l’argent et ainsi améliorer votre équipement. A vous de choisir quels plats servir, embaucher des employés qui assureront le service ou la cuisine, gérer vos stocks… En parallèle de ça, certains clients viendront avec des demandes particulières et leur servir vous donnera des avantages. Car oui, le jeu vous proposera aussi des quêtes annexes, synonyme de nouvelles zones, nouveaux poissons voir combat de boss.

Si votre personnage est de prime abord peu doué, et peu résistant (son énergie se mesure à sa jauge d’oxygène), se contentant de rester en haut peu profonde, pour éviter les dangers (la première rencontre avec un petit requin va vous faire tout drôle),  bien vite, il va s’aventurer dans les profondeurs et pour les besoins du scénario, carrément plonger dans les abysses. Il y’a une vraie satisfaction après quelques heures de jeux à ne plus esquiver le danger mais à aller le confronter, et à le dominer sans problème. À vous les affrontements contre les requins tigres et les calmars géants voir des créatures plus… exotiques.

Attention tout de même, le jeu, même si bienveillant, pourra se montrer impitoyable par moment et vous faire payer cher un excès de confiance. Dans ce cas là, Dave tombe évanoui et ne peut récupérer qu’une seule denrée. Assez frustrant quand on vient de remplir son coffre de denrées et de trésors.

En plus de tout ça, il y a un vrai scénario, pour lequel je ne dirais rien de plus, mais qui m’a très agréablement surpris, des photos à prendre, des boss énormes…

Bref ! Le jeu devrait vous occuper quelques temps, et je n’ai qu’effleuré sa substantifique moelle. Sachez juste que c’est l’un des meilleurs jeux de 2023, proposant un concept original, couplé à un gameplay addictif. Foncez ou plongez, mais jouez y !

 

Vermines de Sébastien Vaniček

0


Réalisateur : Sébastien Vaniček
Genre : Horreur
Origine : France
Durée : 103 minutes
Date de sortie : 27 Décembre 2023
Distribution : Théo Christine, Sofia Lessafre, Jérôme Niel, Lisa Nyarko, Finnegan Oldfield, Marie-Philomène Niga, Emmanuel Bonami…

Kaleb (Théo Christine) vit dans une tour d’habitation, en banlieue parisienne. Comme beaucoup, il essaie de survivre, à base de petites magouilles, avec son pote, Mathys (Jérôme Niel). Kaleb traverse une grosse phase de solitude, entre son meilleur ami Jordy (Finnegan Oldfield) avec qui il est brouillé et sa sœur, Manon (Lisa Nyarko) avec laquelle le dialogue est rompu depuis le décès de leur mère… Mais Kaleb a une passion, passion qu’il partageait d’ailleurs avec Jordy : les animaux exotiques. Ensemble, ils voulaient ouvrir leur propre vivarium… Alors, quand Kaleb trouve dans une boutique une araignée rare, il l’achète de suite pour la ramener chez lui… Mais sa nouvelle amie s’échappe…

À la lecture du pitch, on pourrait presque croire à un drame social. Et dans un sens c’est le cas, puisque ce premier long métrage de Sébastien Vaniček se veut très intelligent dans l’écriture et aimant manier la métaphore. Mais le film est surtout un sacré film d’horreur.

Dans le genre horrifique de l’agression animale, il est très facile de tomber dans le nanar, voir le navet, à plus forte raison quand la menace se trouve être des arachnides. C’est bien simple, je n’en vois que deux qui valent à peu près le coup d’œil : Arachnophobie et Arac Attack. Les deux sont relativement sympathiques, même si le deuxième penche plus vers la parodie. De parodie et d’humour d’ailleurs, il n’en est pas question dans Vermines. Le film lorgne bien plus du côté de l’excellent La nuée dans son traitement quasi réaliste et surtout de la scène du drugstore de The Mist.

                 

                  Si 2023, fut une année faste pour le cinéma de genre en France, Vermines est sans conteste, l’un de ses meilleurs représentant. Peut être le meilleur. Et certainement l’un des meilleurs films d’horreur français tout court.


Son indéniable efficacité, il la tient en premier lieu de la crédibilité de sa situation de base. Il l’affirme grâce à son propos et l’intelligence de son scénario. Et la conclut par la maestria de sa réalisation. Car le film, nous mets en empathie avec ses personnages, tous très bien écrits et tous impeccablement joués (mention spéciale à Jérôme Niel, bluffant) et les situations sont incroyablement flippantes.

Car oui, le film fait peur. Déjà par la répulsion naturelle que peut représenter les araignées, de base, mais aussi parce que celles-ci évoluent très très vite. D’une simple araignée, en début de film, nous en avons des centaines voire des milliers à la fin, certaines atteignant la taille de chiens, et bien sûr, extrêmement agressives.

À ce compte là, la scène dans le couloir menant au parking est un modèle de tension, tout comme la scène d’introduction qui place la menace d’entrée de jeu.

Mais le film fait aussi peur pour ses messages sous jacent. Parce que les fameuses vermines du film ne sont pas nécessairement les araignées, du moins pas seulement, mais bel et bien les habitants de l’immeuble. Ceux-ci, dérangent clairement et sont considérés comme quantité négligeable par les autorités, et donc sacrifiables.

Le film fonctionne parfaitement comme film d’horreur et film social.

Bon, passons maintenant à la partie chipotage. Car le film aussi excellent soit il, n’est pas exempt de défauts. En premier lieu, il y a parfois des problèmes de rythme. Le film possède quelques longueurs, rien de rédhibitoire, bien sûr mais suffisamment pour être remarquées. Ensuite, les personnages bien que très bien écrits n’échappent pas aux stéréotypes voir aux clichés. Mention spéciale à Gilles, interprété par Emmanuel Bonami (voix française de Solid Snake) qui joue le rôle du voisin raciste, qu’on dirait tout droit sorti de la chanson Mon HLM de Renaud. De même, Kaleb dans son rôle de tête à claque attachante, semble avoir été vu un milliard de fois avant. Alors, attention, je nuance, car le jeu (très) bon des acteurs rendent les personnages crédibles, mais nous avons quand même de sacrés clichés.

Et dernier point, sans spoiler, le dernier quart du métrage est assez confus.

Cependant, il faut relativiser car, comme je l’ai dit, c’est pour chipoter et surtout, il n’y a rien dedans qui va gâcher le visionnage, que le film en l’état est un pur moment de cinéma horrifique et surtout, c’est un premier long métrage. Et vu la qualité, on peut attendre avec grande impatience la suite de la filmographie de Sébastien Vaniček.

Un film à voir si vous aimez les vrais bons films d’horreur, et les bons films tout court, d’ailleurs.

 

Vincent doit mourir de Stéphan Castang

0


Réalisateur : Stéphan Castang
Origine : Franco – Belge
Durée : 108 minutes
Date de sortie : 15 Novembre 2023
Genre : Thriller, Comédie…
Distribution : Karim Leklou, Vimala Pons, François Chattot, Michaël Perez…

Pour le (bon) cinéma de genre français, 2023 a été une année faste. Entre Acide, Gueules noires, Le Règne animal et le très récent Vermines, les amateurs de films fantastiques ont été gâtés. Parmi ces excellents films, un autre, peut-être un peu moins connu mais tout aussi qualitatif, a réussi à tirer son épingle du jeu.

Vincent doit mourir est un thriller dont le postulat de départ est fichtrement original :

Vincent (Karim Leklou), employé de bureau sans histoire, un peu bobo sur les bords, devient sans signe avant coureur, la victime d’agression violente, de la part de son entourage, sans aucune raison apparente. Un simple regard suffit à enclencher un déchaînement de violence…

Sur cette base anxiogène, Stéphan Castang nous offre un premier long métrage absolument maitrisé, et brassant les genres avec un brio certain, le réalisateur prenant un malin plaisir à faire muter son film passant d’un genre à l’autre pour éviter les redondances.

Le film est à la fois film d’infectés, film pré apocalyptique (selon les termes du réalisateur lui-même), thriller, romance et aussi et surtout comédie sociale. Car le film, bien que noir, regorge d’humour grinçant.

Humour de répétition, humour de situation, dialogues savoureux et même humour scatologique (dans une scène culte en devenir).

De plus le film se paie le luxe de ne pas être trop explicatif du pourquoi du comment, ce qui est assez rafraîchissant dans une industrie qui explique chaque plan comme si le spectateur était trop stupide pour comprendre par lui-même.

Bien sûr, le film n’est pas parfait pour autant : la romance fonctionne moins bien que le thriller, certaines réactions sont incohérentes… Et bien que le film ne soit troisième quart perde un peu en intensité et se trouve donc moins passionnant, ce film est absolument à voir.

Vincent se rend vite compte que ce débordement de violence, vient de contact visuel, le Eye contact selon ses propres termes. Et suite à une agression par les deux enfants de ses voisins, il décide de partir se mettre au vert à la campagne. Il apprend petit à petit qu’il n’est pas le seul dans cette situation. Et c’est là, qu’il va rencontrer Margaux (Vimala Pons). Et c’est là aussi que le film va perdre un peu d’intérêt (attention, l’histoire est touchante, reste interessante, le jeu des acteurs, impérial, y est pour beaucoup) mais ce révèle malheureusement moins passionnant. Et la moral pourrait être : l’amour nous sauve tous. Ce qui est un peu léger. Pas de quoi bouder son plaisir non plus, mais c’est dommage que le film s’axe trop dans son dernier quart.

 

 

Le film nous emmène un peu partout, dans un joyeux foutoir, mais sans nous perdre pour autant. Ce film est un délire jubilatoire et angoissant, un des meilleurs films de cette année 2023, que je vous conseille absolument.

 

3615 code Père Noël de René Manzor

0

 


Réalisation : René Manzor
Genre : Thriller
Origine : France
Durée : 87 minutes
Date de sortie : 17 Janvier 1990
Distribution : Brigitte Fossey, Louis Ducreux, Patrick Floersheim, Alain Lalanne…


C’est la belle nuit de Noël…

Thomas, jeune garçon de neuf ans, féru de jeux vidéo et de films d’action, vit tout seul avec sa mère (Brigitte Fossey dans le rôle de la mère complice dite Barbara Gould, qu’elle a tenu quasiment toute sa filmographie de La Boum au Château des  Oliviers mais pas dans Jeux Interdits mais bref je m’égare) et son grand père qui ne voit plus très bien (Louis Ducreux), dans une maison qui tient plus du manoir et qu’accessoirement devenu mega terrain de jeux pour l’enfant. Bien que Thomas ait l’air vif et éveillé, il croit encore au Père Noël, mais commence sérieusement à douter. Il décide donc, grâce aux multiples caméras qu’il a installé dans le manoir, et malgré les conseils avisés de sa mère qui aimerait que Thomas conserve encore son âme d’enfant, de surprendre le Père Noël quand celui-ci fera sa tournée de cadeaux.

De plus il communique avec un inconnu par Minitel qui prétend être le vrai Père Noël et qui lui a plus ou moins garanti de passer chez lui… et ça, pour passer, il va passer.

 

 


Le père Noël est une ordure…

Parce que le dit père Noël est en fait un ex employé psychopathe de la mère de Thomas, licencié après avoir giflé une gamine, et qui a réussi sans trop de mal à chopper l’adresse de Thomas et sa maman. Le soir du 25, et alors que Thomas guette son arrivée, il descend donc par la cheminée. Thomas est émerveillé. Il bute le chien. Thomas est horrifié. Puis il décide de ne pas s’arrêter en si bon chemin et de liquider le reste de la famille. Thomas passe en mode justicier. Parce que Thomas est le pendant hardcore de Kevin Mcallister et il a truffé, outre ses caméras, le manoir de divers pièges potentiellement mortels. Le jeu du chat et de la souris commence alors. Le père Noël a les boules.

Bon, que dire de 3615 code Père Noël ? J’avoue, je ne l’avais pas vu depuis bien longtemps, et j’en avais gardé un bon souvenir, le meilleur et de loin film de René Manzor ( à qui l’on doit l’inoubliable nanar Le Passage, l’abominable navet Un amour de sorcière et plusieurs bons épisodes de la série Young Indiana Jones et qui se trouve être aussi, le frère de Francis Lalanne). Donc, pour les besoins de la critique je me suis retrouvé à chercher dans mon grenier la vieille VHS, pour pouvoir constater si mon souvenir avait été ou non faussé par la nostalgie.

Eh bien, miracle de Noël, le film reste efficace. Il a pris un sacré coup de vieux, ne nous mentons pas (rien que le titre et l’usage du Minitel nous renvoie trente ans en arrière) mais le film reste tout de même très plaisant à voir. Certes, la réalisation fait très téléfilm, mais surnage de temps à autre de belles idées de mises en scènes (notamment un plan aérien de Thomas perdu dans un labyrinthe qui dessine ses yeux) et la tension est vraiment présente. Le père Noël (Patrick Floersheim) est extrêmement inquiétant et assez imprévisible dans ses réactions. Le duel entre ce psychopathe et l’enfant est particulièrement intense, les pièges sont crédibles…

Alors non, c’est clairement pas le film du siècle, mais ça reste tout à fait recommandable et peut être une bonne surprise en cette période de l’année, si vous avez déjà poncé vos autres films de Noël.