Date de sortie :28/05/2022(Japon), 23/11/2022 (France)
Duree : 98 minutes
Titre original : 犬王
Genre : animation, drame, musical
Avec les voix de: Avu-Chan, Mirai Moriyama, Tasuku Emoto
Réalisé par : Masaaki Yuasa
Nationalité : Japon
Musique : Yoshihide Otomo
Synopsis : lnu-oh, créature maudite, est né avec une particularité physique l’obligeant à cacher chaque parcelle de son corps. Sa vie de paria solitaire change lorsqu’il rencontre Tomona, un joueur de Biwa aveugle. Ensemble, ils créent un duo singulier qui fascine les foules et deviennent les premières célébrités du Japon. Pour découvrir la vérité sur la malédiction d’Inu-oh, ils devront continuer à danser et chanter, au risque de déranger l’ordre établi.
Cette critique peut contenir des spoilers.
Le rock du Moyen Âge!
Adapté du roman Le Roi Chien de Hideo Furukawa (lui-même inspiré des Dits des Heike, un livre sur les exploits lors des combats acharnés entre les Minamoto et Taira au XIIe siècle lors de l’époque Heian), Inu-Oh est un film impressionnant et riche.
Le film offre une vision rock d’un moyen âge japonais, à l’ère des moines biwa, le tout enveloppé d’une histoire fantastique mêlant esprits et pacte démoniaque.

De prime-abord, le début du film peut dérouter, la mise en place prend du temps avant d’arriver à l’explosion de musique. On peut remarquer que le film a « deux vitesses », un début centré sur les personnages qui peut sembler avoir peu de rapport avec le reste. Le fond politique peut aussi troubler – certes nettement moins que l’anime Le Roi Cerf de Masashi Andō et Masayuki Miyaji sorti un an avant – mais il est important pour comprendre la fin du récit. Inu-Oh en tant que personnage arrive plutôt tard dans l’exposition. On remarque cependant que dès qu’il arrive, la danse et le chant seront d’une importance capitale dans la suite du film.
La rencontre entre Tomona et Inu-Oh est belle avec un brin d’humour, la VF étant assez bonne pour ce film. Dès leur rencontre, les deux compères ne se quitteront plus et pour cause, un grand destin musical les attend !
La musique, venons-en ! Grande force du film signe l’arrivée du « deuxième temps » du film, où tout va aller plus vite. Certains titres sont mémorables comme Le Tumulus des bras ou La Baleine. Entraînant et pourtant assez long, l’animation et l’histoire racontée nous fait oublier la longueur. Le fantastique arrive avec ces chansons car elles sont données par les âmes des soldats Heike qu’Inu-Oh peut entendre. Il y a aussi une histoire secondaire avec le défunt père de Tomona, plus humoristique que vraiment indispensable, cela ajoute de la légèreté au film qui peut parfois peser par son côté « malédiction qui plane ». Un bon point non négligeable cependant est que la version française a laissé le chant en japonais sous titré et n’a pas eu l’audace de tout traduire, au risque de gâcher de bons morceaux.
L’histoire se déroule à la manière assez classique d’un rise and fall, sans pour autant tomber dans la facilité, tout s’imbrique autant dans les désirs personnels de Tomona et Inu-Oh que dans les implications politiques dans lesquelles leur musique les mène.
Le film sait trouver un équilibre assez intelligent: après un début plutôt lent, le final regorge de musiques et de moments grandioses. Même si toutes les musiques ne se valent pas, la bande-son reste agréable à écouter post-visionnage.
Une chose qui peut être vue comme un défauts du film reste son exactitude historique: même si les Heike ont existé et que certaines batailles racontées dans Inu-Oh se sont vraiment produites, on ne trouve rien de cela dans le Dit des Heike. Celui qui cherchera du contenu sur l’histoire Heike pourra donc être déçu. Même si le film le dit à demi-mot, il est important de le rappeler. Cela montre cependant un excellent travail de Masaaki Yuasa qui floute les frontières entre le vrai et le fantastique, ce qu’il fait tout au long du film. Au reste, l’enveloppe imaginaire sied bien aux spectacles donnés par le Roi Chien et le Moine. Cependant, en recherchant, il semble bien qu’Inu-Oh soit un personnage qui ait réellement existé mais dont aucune trace ne subsiste, ni oeuvre, ni écrit, ni témoignage.
Poussé par la volonté de devenir humain, Inu-Oh va donc enchaîner les récits, s’offrant à chaque spectacle une nouvelle transformation. Se pose alors la question inévitable dans ce genre de cas: qui est vraiment le monstre ? Le film ajoute un personnage puant de monstruosité: le père même d’Inu-Oh, qui a sacrifié son fils pour devenir un artiste influent mais il a vite été rattrapé par sa descendance…
On ne saurait imputer au film une certaine perfection car des défauts, bien que peu, il y en a. Déjà ces deux vitesses peuvent rendre le film ennuyeux pour des spectateurs non avertis. Le style de dessin peut aussi être un poil dérangeant pour certaines personnes qui s’attendaient à de l’anime lisse. Ici, le style est un peu rugueux et peut ainsi disconvenir à certains. Cependant, je vois bien peu d’autres points négatifs, le film donne beaucoup sans tirer vers le larmoyant ou le simpliste. C’est une fable qui vous prendra au coeur par surprise, l’attente vaut le coup: la preuve en est, c’est l’attente et la persévérance, qui a fait de Inu-Oh, Roi Chien, une star !


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