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Laureen

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Re/member de Eiichiro Hasumi – [Critique du film]

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Date de sortie :14/10/2022(Japon),  14/02/2023 (France)
Duree :  102 minutes
Titre original : カラダ探し
Genre : horreur, drame
Avec : Kanna Hashimoto, Gordon Maeda, Maika Yamamoto
Réalisé par : Eiichiro Hasumi
Nationalité : Japon

Cette critique peut contenir des spoilers.

Synopsis: Un fantôme retient une lycéenne et ses amis dans une boucle temporelle et la seule façon d’y échapper est de localiser le corps de la dernière victime du fantôme.

Re/member est adapté d’un manga de Welzard (qui a écrit le roman original) et dessiné par Murase Katsutoshi, l’article a donc été rédigé en connaissant le manga et comparera souvent le film et son matériau de base.

J’étais d’abord enjouée de regarder ce film puis, au fur et à mesure que le visionnage avançait j’ai enchaîné les déceptions. J’ai eu cette hype d’abord grâce au manga qui m’avait effrayée dans mon adolescence. Les dessins de la Rouge-Sang, le fantôme qui hante l’école me terrifiaient. Ici, cette rouge sang est appelée « Fille en Rouge », premier point de désaccord, cela enlève un côté mystique apprécié dans le manga. De plus, le film donne tout de suite une backstory à cette entité dont on ne sait pas grand chose au début du manga.

Un autre gros, voire énorme problème du film va vite arriver, c’est la caractérisation des personnages: aucun ne ressort vraiment, certains font des actions qui permettent de se démarquer mais aucune substance n’émane des personnages qui sont, de fait, assez vides.

 

Re/Member | Official Trailer | (Netflix)

En dépit d’un matériau de base assez riche, le film propose des écarts qui ne sont pas les plus fameux. Tout d’abord une grande partie de la « Chasse au Corps » se voit être résumée dans une partie avec de la musique. Même si celle-ci est  certes entraînante, le film assume de faire son mystère sur quelque chose d’autre…

Et ce quelque chose ! Quelle idée…nulle. Le plus gros changement s’opère sur la fin qui est carrément ratée. Au lieu d’une Fille en Rouge terrifiante par son agilité et sa vitesse, l’adaptation échange ce petit monstre de forme humaine par sa peluche de lapin découverte après une séquence de recherche qui explicite un peu plus l’histoire  de la Rouge-Sang. Au final ce sera une version horrifique de cette peluche qui représentera la « final form » de la fille en rouge et qui permettra aux élèves de se libérer mais ce choix est, en plus d’être infidèle au manga, une idée assez mauvaise car cela donne des scènes parfois un peu bêbête où un personnage doit avancer mais il préfère regarder la peluche géante que de continuer la chasse. En dépit de ce dernier couac, le film se termine sur la fin de la chasse mais on sent que le film n’est pas si convaincu.

Avec des séquences émotion qui tombent à plat à cause de personnages creux et d’une adaptation plutôt bancal qui offre des scènes d’une stupidité effarante, Re/member m’a beaucoup déçue et n’a pas offert le panache d’horreur qu’avait fait le manga à l’époque. Certes une adaptation ne doit pas être fidèle à 100% mais les changements proposés ici ne sont pas convaincants, on a l’impression que le réalisateur a pris l’idée du manga et a finit par broder un peu autour tout en gardant les plus gros éléments mais il est passé à côté de beaucoup de points qui rendaient l’oeuvre originale si spéciale. Malgré certaines scène d’horreur pas trop mal, le film n’est pas le plaisir escompté. J’ai d’autant plus peur qu’un autre film est sorti sur cette franchise. Tout cela combiné donne un résultat qui manque de beaucoup de choses…

Dommage !

 

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House de Nobuhiko Kobayashi – [Critique du film]

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Date de sortie :30/7/ 1977(Japon),  28/06/2023 (France)
Duree :  88 minutes
Titre original : ハウス
Genre : horreur, comédie
Avec: Kimiko Okegami, Miki Jinbo, Kumiko Oba
Réalisé par : Nobuhiko Kobayashi
Nationalité : Japon
Musique : Asei Kobayashi

 

 

Synopsis: Une lycéenne rend visite à sa tante malade en compagnie de six amies. Isolées dans une grande demeure perdue au milieu de nulle part, les jeunes filles assistent à d’inquiétants événements surnaturels une fois la nuit tombée.

46. C’est le nombre d’années que l’on a du attendre avant de voir ce film projeté dans nos salles obscures. Partagé sous des formes diverses sans sortie française officielle, le film a acquis un statut culte bien avant de pouvoir être visionné sur grand écran en France. Et pourtant le film méritait une sortie: House est absolument déjanté!

You're so cool, Kung Fu” | House (1977) – FictionMachine.

Les personnages ! C’est un des paramètres essentiels d’un film. Les personnages peuvent soit sublimer une oeuvre soit lui faire perdre toute sa saveur. Ici, nous sommes servis! Les personnages sont définis par une seule caractéristique, rappelée dans leurs noms: Mac, celle qui aime manger, Melody, qui est douée en musique, Belle, qui est la personnage principale, Kung-Fu qui a de bonnes capacités en art martial. Les jeunes filles ne sont pas pour autant vides, on sent une amitié qui les lie et, même si chacune aura droit à sa scène d’horreur, elles forment une unité que le film prendra plaisir de défaire petit à petit.

Dès le début, le film annonce qu’il sera une expérience à part entière. Les couleurs se libèrent dans beaucoup de scènes, ce qui donne un rendu semblable à un rêve fiévreux où tout a du sens sans vraiment en avoir. En dehors des couleurs, les visages sont souvent déformés par des vitres ou des outils de montage. Rien en ce film n’est réaliste pourtant le tout est cohérent. La caméra trompe aussi le spectateur par des mouvements erratiques, passant d’un dialogue en slide ou avec des accélérations ou des ralentissements.

House (1977, Nobuhiko Obayashi) — Film Review | by Japanese on the pond 池の日本語 | Medium

Pour ajouter à l’absurde, les effets sonores et visuels sont à la fois kitch par leur côté « ajout visible » mais en même temps cela participe à une ambiance psychédélique délicieuse. L’absurdité se fond aussi dans les touches d’humour qui parsèment le film.

Tout dans le film respire une folie sereine, poussée par une musique qui revient à de nombreux moments, leitmotiv ultime mis en exergue jusqu’à son paroxysme: Melody se met à jouer le thème principal et alors la musique devient à la fois intra et extra diégétique.

Sans jamais oublier son côté horreur, House arrive à rendre le tout horrifique sans tomber dans le sanglant à outrance qu’on peut retrouver chez d’autres réalisateurs japonais (Sono Sion par exemple avec sa scène d’introduction de Suicide Club qui en aura marqué plus d’un). Les scènes d’horreur sont du même acabit que le reste de l’oeuvre: une tête volante mordeuse de fesses, un piano tueur (cela rappellera à certains l’affreux piano hanté de Mario 64), des matelas qui vous mettent des beignes… Entre ça et une tante énigmatique, le film a tout pour plaire à ceux qui cherchent un film pour se vider l’esprit tout en passant un bon moment. Le tour de force du film est qu’il devient de plus en plus étrange, multipliant les plans ressemblant à des trips sous acide sans pour autant ne jamais perdre le spectateur. Une bouche qui flotte, un chat maléfique, le tout donne un cocktail explosif.

House (1977) | MUBI

Boosté par une durée tout à fait convenable (un peu moins d’1h30), on ne voit pas le temps passer, House vaut largement le coup, si vous cherchez un film qui vous dérangera dans le bon sens du terme. De par son côté décalé et nerveux, plongeant toujours plus dans l’absurde, ce n’est pas la peur qui restera dans votre esprit le plus longtemps.

Pour écrire cette critique, j’ai visionné le film pour la 3e fois (après un visionnage en salle et un visionnage en dvd), et il y a toujours des détails, des absurdités que l’on remarque. Il faut voir ce film mais une seule fois serait trop peu pour tout remarquer. Visionnez ce film, laissez-le mûrir dans votre esprit et, quand la normalité du monde vous dépitera, revisionnez-le et retombez (avec plaisir, je l’espère) dans ce monde fantasque ! C’est une expérience qui vaut largement le coup. Entre expérimentation et voyage au coeur du bizarre, House est un film qui mérite son statut de film culte et fait partie des classiques du genre.

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Inu-Oh de Masaaki Yuasa [Critique du film]

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Date de sortie :28/05/2022(Japon),  23/11/2022 (France)
Duree :  98 minutes
Titre original : 犬王
Genre : animation, drame, musical
Avec les voix de: Avu-Chan, Mirai Moriyama, Tasuku Emoto
Réalisé par : Masaaki Yuasa
Nationalité : Japon
Musique : Yoshihide Otomo

 

 

 

Synopsis : lnu-oh, créature maudite, est né avec une particularité physique l’obligeant à cacher chaque parcelle de son corps. Sa vie de paria solitaire change lorsqu’il rencontre Tomona, un joueur de Biwa aveugle. Ensemble, ils créent un duo singulier qui fascine les foules et deviennent les premières célébrités du Japon. Pour découvrir la vérité sur la malédiction d’Inu-oh, ils devront continuer à danser et chanter, au risque de déranger l’ordre établi.

Cette critique peut contenir des spoilers.

Le rock du Moyen Âge!

Adapté du roman Le Roi Chien de Hideo Furukawa (lui-même inspiré des Dits des Heike, un livre sur les exploits lors des combats acharnés entre les Minamoto et Taira au XIIe siècle lors de l’époque Heian), Inu-Oh est un film impressionnant et riche.

Le film offre une vision rock d’un moyen âge japonais, à l’ère des moines biwa, le tout enveloppé d’une histoire fantastique mêlant esprits et pacte démoniaque.

Inu-Oh - Long-métrage d'animation (2022) - SensCritique

De prime-abord, le début du film peut dérouter, la mise en place prend du temps avant d’arriver à l’explosion de musique. On peut remarquer que le film a « deux vitesses », un début centré sur les personnages qui peut sembler avoir peu de rapport avec le reste. Le fond politique peut aussi troubler – certes nettement moins que l’anime Le Roi Cerf  de Masashi Andō et Masayuki Miyaji sorti un an avant – mais il est important pour comprendre la fin du récit. Inu-Oh en tant que personnage arrive plutôt tard dans l’exposition. On remarque cependant que dès qu’il arrive, la danse et le chant seront d’une importance capitale dans la suite du film.

La rencontre entre Tomona et Inu-Oh est belle avec un brin d’humour, la VF étant assez bonne pour ce film.  Dès leur rencontre, les deux compères ne se quitteront plus et pour cause, un  grand destin musical les attend !

La musique, venons-en ! Grande force du film signe l’arrivée du « deuxième temps » du film, où tout va aller plus vite. Certains titres sont mémorables comme Le Tumulus des bras ou La Baleine. Entraînant et pourtant assez long, l’animation et l’histoire racontée nous fait oublier la longueur. Le fantastique arrive avec ces chansons car elles sont données par les âmes des soldats Heike qu’Inu-Oh peut entendre. Il y a aussi une histoire secondaire avec le défunt père de Tomona, plus humoristique que vraiment indispensable, cela ajoute de la légèreté au film qui peut parfois peser par son côté « malédiction qui plane ». Un bon point non négligeable cependant est que la version française a laissé le chant en japonais sous titré et n’a pas eu l’audace de tout traduire, au risque de gâcher de bons morceaux.

Critique] Inu-Oh (2022) 10/10 - Un audacieux mélange des genres pour un récit magnifique en tout point

L’histoire se déroule à la manière assez classique d’un rise and fall, sans pour autant tomber dans la facilité, tout s’imbrique autant dans les désirs personnels de Tomona et Inu-Oh que dans les implications politiques dans lesquelles leur musique les mène.

Le film sait trouver un équilibre assez intelligent: après un début plutôt lent, le final regorge de musiques et de moments grandioses. Même si toutes les musiques ne se valent pas, la bande-son reste agréable à écouter post-visionnage.

Une chose qui peut être vue comme un défauts du film reste son exactitude historique: même si les Heike ont existé et que certaines batailles racontées dans Inu-Oh se sont vraiment produites, on ne trouve rien de cela dans le Dit des Heike. Celui qui cherchera du contenu sur l’histoire Heike pourra donc être déçu. Même si le film le dit à demi-mot, il est important de le rappeler. Cela montre cependant un excellent travail de Masaaki Yuasa qui floute les frontières entre le vrai et le fantastique, ce qu’il fait tout au long du film. Au reste, l’enveloppe imaginaire sied bien aux spectacles donnés par le Roi Chien et le Moine. Cependant, en recherchant, il semble bien qu’Inu-Oh soit un personnage qui ait réellement existé mais dont aucune trace ne subsiste, ni oeuvre, ni écrit, ni témoignage.

Poussé par la volonté de devenir humain, Inu-Oh va donc enchaîner les récits, s’offrant à chaque spectacle une nouvelle transformation. Se pose alors la question inévitable dans ce genre de cas: qui est vraiment le monstre ? Le film ajoute un personnage puant de monstruosité: le père même d’Inu-Oh, qui a sacrifié son fils pour devenir un artiste influent mais il a vite été rattrapé par sa descendance…

On ne saurait imputer au film une certaine perfection car des défauts, bien que peu, il y en a. Déjà ces deux vitesses peuvent rendre le film ennuyeux pour des spectateurs non avertis. Le style de dessin peut aussi être un poil dérangeant pour certaines personnes qui s’attendaient à de l’anime lisse. Ici, le style est un peu rugueux et peut ainsi disconvenir à certains. Cependant, je vois bien peu d’autres points négatifs, le film donne beaucoup sans tirer vers le larmoyant ou le simpliste. C’est une fable qui vous prendra au coeur par surprise, l’attente vaut le coup: la preuve en est, c’est l’attente et la persévérance, qui a fait de Inu-Oh, Roi Chien, une star !

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