• Titre original : Let him go
  • Date de sortie en salles :  16 juin 2021 avec Universal Pictures
  • Réalisation : Thomas Bezucha
  • Distribution : Kevin Costner, Diane Lane, Lesley Manville & Jeffrey Donovan
  • Scénario : Thomas Bezucha & Larry Watson d’après son roman
  • Photographie : Guy Godfree
  • Musique : Michael Giacchino
  • Support : Blu-ray Universal (2021) en 2.39:1 / 113 min
Synopsis :

Après la perte de leur fils, le shérif à la retraite George Blackledge et son épouse, Margaret quittent leur ranch du Montana pour sauver leur jeune petit-fils des griffes d’une dangereuse famille tenue d’une main de fer par la matriarche Blanche Weboy. Quand ils découvrent que les Weboy n’ont pas l’intention de laisser partir l’enfant, George et Margaret n’ont pas d’autre choix que de se battre pour réunir enfin leur famille.

Kevin Costner (Horizon ; Robin des bois, prince des voleurs) à cheval sur fond de soleil couchant dans les contrées verdoyantes et vallonnées du Montana, ça a quelque chose de rassurant, de puissant et de noble qu’on contemple avec un respect mêlé de nostalgie : il y a dans sa silhouette placide, son regard éthéré et son accent traînant un sentiment de normalité, de l’ordre de la tradition ancestrale, qui vous réchauffe et vous enveloppe à l’instar de ces plaids cousus par la grand-mère et patiemment assemblés à partir de vieux bouts d’étoffe élimés par le temps. Instantanément, il évoque en vous de ces souvenirs grandioses, flamboyants et sauvages, de Silverado à Open Range en passant par l’incontournable Danse avec les loups.Costner & Diane Lane (Serenity ; Dalton Trumbo), c’est pareil : un couple qui semble une évidence, tout de charme et de sagesse ; en eux étincelle encore par moments ce pouvoir de séduction dont ils jouèrent à leurs débuts, sourires aguicheurs et œillades complices, parfois coquins, jamais vulgaires. Et depuis Man of steel, impossible de ne pas penser à leurs séquences de bons parents aimants et attentionnés, appliqués à faire de leur super-enfant trouvé le Messie qui sommeillait en lui.

Les voici donc à nouveau réunis, toujours à la campagne, environnés de chevaux et menant une vie simple et pacifique. Du Kansas où se situait la ferme des Kent, les voilà au Montana : Kevin interprète un shérif à la retraite désireux de profiter de la vie, loin du tumulte lié à ses précédentes fonctions.

Ainsi, derrière son visuel proche des westerns contemporain, le film dissimule une aura beaucoup plus psychologique et n’hésite pas, selon la volonté du réalisateur, à mêler les genres, entre road-trip et thriller. Plantant sagement sa caméra dans les faubourgs de Vancouver censés reproduire les horizons du Montana, Thomas Bezucha s’attache à nous lancer doucement sur la route périlleuse qui conduira ce couple modèle à affronter des êtres pernicieux : ils ont déjà perdu un enfant, ils ne peuvent plus se permettre de perdre leur petit-fils.

D’office, on va aimer ces deux-là, on va souffrir avec eux et on les suivra dans leur périple vengeur, portés par la farouche détermination de Margaret que tempère à grand-peine un George prudent car conscient de ses limites. Ex-garant de la Loi, il connaît la rouerie et la brutalité des hommes et fera tout pour empêcher que dégénère une situation dont il sait par avance, et avec raison, combien elle peut s’envenimer, pour un oui ou pour un non.

C’est à travers ces deux personnages merveilleusement interprétés, que l’on va suivre une histoire parfois cousue de fil blanc, qui ne surprendra jamais sauf dans certains excès de violence : on sait très vite ce qu’il adviendra du jeune Indien solitaire que rencontre Margaret et on comprend immédiatement, dès l’apparition sinistre de Blanche, la matriarche, que la confrontation tournera au vinaigre. Cette dernière est également parfaitement campée par Lesley Manville (Mum ; Queer), déjà sublimement redoutable dans un rôle similaire dans la série Harlots.

L’Un des nôtres n’a pas vocation à révolutionner, voire à choquer. Il s’agit d’un métrage honnête, filmé consciencieusement, mis en valeur par la grâce de ses interprètes principaux et la splendeur des paysages traversés – pour l’anecdote, le cinéphile y retrouvera les décors ayant servi à Brokeback Mountain. Cet homme solide, cette mère courage, cette matrone perfide sauront faire résonner en chaque spectateur quelques souvenirs, éveiller quelques émotions et délivrer quelques messages évidents.

Il vaut mieux privilégier évidemment la VO pour jouir pleinement des dialogues souvent bardés de sous-entendus. L’image du blu-ray est particulièrement soignée, avec ces nombreuses scènes nocturnes, au coin du feu, ou sous les lueurs fragiles d’un soleil naissant, qui confèrent une atmosphère singulière à cette quête de réponses se muant en équipée sauvage.

Un drame dans une ambiance de thriller en somme, comme Netflix en sort régulièrement (Le Diable, tout le temps notamment).


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