As bestas, de Rodrigo Sorogoyen

Date de sortie : 26 Mai 2022
Réalisateur : Rodrigo Sorogoyen
Durée : 137 minutes
Acteurs principaux : Marina Foïs, Denis Ménochet, Luis Zahera, Diego Anido, Marie Colomb…
Genre : Drame

Nationalité : Franco-Espagnol

Il y a des films qu’on attend pas… et qui vous cueille comme un bon vieux crochet du droit dans l’estomac.

Je n’attendais rien de As Bestas. Autant dire que la vision de ce film m’a totalement retournée et m’a offert le meilleur moment cinématographique de 2022.

Attention, chef d’œuvre.

Le film pourtant propose une trame assez classique. Pour faire simple, une guerre de voisinage. D’un côté, Antoine et Olga, couple de français exilé en Galice, ayant pour projet de faire revivre le village dont ils sont tombés amoureux en effectuant au passage un retour à la terre. De l’autre côté, Xan et son frère diminué Lorenzo. Quinquagénaires espagnols, rustres, et ne supportant plus de vivre dans le dit village, sans magasins, hormis une station service et un vieux bar, sans femmes, sans vie… Eux, ils rêvent de partir. Et c’est ce que leur propose une société danoise. Racheter les terres pour y mettre des éoliennes. Sauf que l’achat ne peut se faire que si tout le monde vend… Or, Antoine et Olga ne souhaitent pas vendre… Commence alors le conflit. Chaque action d’un ou l’autre côté étant perçu comme une provocation au mieux, comme une menace au pire… Et c’est l’escalade. Tendue, étouffante… Chacun se raccrochant à son idée, et chacun amplifiant les tensions.

Ils dialoguent pourtant… mais ils ne s’entendent pas. Ils ne s’écoutent pas…

La police, elle, veille mollement, ne voulant pas d’ennui…

Ce film est à voir, ce film est à vivre. Le jeu d’acteur est juste impeccable. Les décors sont magnifiques ainsi que la photographie. Ce film est une longue plongée en apnée de la première scène jusqu’au générique de fin.

On se sent mal, dans ce film, d’autant plus qu’on arrive aisément à comprendre les deux parties. Malgré l’entêtement d’Antoine, malgré la xénophobie de Xan, on arrive à se mettre de leur point de vue.

Jusqu’au drame. Le meurtre d’Antoine dans une scène suffocante au propre comme au figuré. Et alors que le film pourrait s’arrêter ici, il continue. Car oui, le meurtre est totalement inutile. Olga n’a pas vendu. Elle reste. Pour retrouver le corps de son mari et que justice soit rendu. Son principal soutien vient de sa fille. Avec elle aussi, cependant le dialogue est rompu. Là aussi la tension monte, jusqu’à une dispute violente, où l’on craint qu’un nouveau point de non retour à été franchi. Sauf que… Marie, la fille d’Antoine et Olga, va faire ce que personne n’a fait jusqu’à présent : elle va essayer d’épouser le point de vue de sa mère. A ce moment là, le deuil peut se faire. Plus d’envie de vengeance, juste que justice soit faite, en témoigne le dialogue entre Olga et la mère de Xan et Lorenzo. Peut-être y trouvera t’on un message sur la solitude des femmes suites aux conneries des hommes.

 

 

 

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