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Liam Debruel

Liam Debruel
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Amoureux du cinéma. À la recherche de films de qualités en tout genre,qu'importe la catégorie dans laquelle il faut le ranger. Le cinéma est selon moi un art qui peut changer notre vision du monde ou du moins nous faire voyager quelques heures. Fan notamment de JJ Abrams,Christopher Nolan, Edgar Wright,Fabrice Du Welz,Denis Villeneuve, Steven Spielberg,Alfred Hitchcock,Pascal Laugier, Brad Bird ,Guillermo Del Toro, Tim Burton,Quentin Tarantino et Alexandre Bustillo et julien Maury notamment.Écrit aussi pour les sites Church of nowhere et Le quotidien du cinéma. Je m'occupe également des Sinistres Purges où j'essaie d'aborder avec humour un film que je trouve personnellement mauvais tout en essayant de rester le plus objectif possible :)

Coffret Ultra Collector : Profession Reporter de Michelangelo Antonioni

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Pays : États-Unis, France, Espagne, Italie
Année : 1975
Casting : Jack Nicholson, Maria Schneider, Jenny Runacre, …

Le dernier coffret ultra collector de Carlotta revient sur le seizième film du réalisateur de « Blow up ».

Alors qu’il découvre le cadavre d’un homme, David Locke, journaliste, décide de se faire passer pour mort et prendre l’existence du défunt.

Antonioni semble toujours autant intéressé par l’observation de la passivité de ses héros, renvoyant à la place du spectateur face à ses longs-métrages. Ici, ce statut d’observant sans action amène à endosser l’identité d’un mort afin de se trouver lui-même. En se destituant de sa vie, il atteint une forme de point de non-retour émotionnel en cherchant radicalement à reprendre en main son destin. En abandonnant sa vie et le rôle qui lui a été établi, il se permet de se réapproprier son espoir de liberté d’action et d’influence. Pourtant, il va s’établir sur un chemin d’autodestruction assez logique, transformant la répétition en tragi-comédie digne de définir correctement notre vie.

On peut comprendre les raisons de David Locke derrière son acte, condamné à voir ses décisions être véhiculées de manière prévisible sans possibilité d’agir. Il n’est dès lors pas étonnant de le voir dès le début enchaîner actions ratées dans un décor désertique impersonnel. Le voir reprendre son existence en main devrait donc être un aboutissement, mais quelque chose se bloque. Bien que l’on sente une forme d’épanouissement, Antonioni filme tout cela avec une distance certaine, comme s’il nous faisait réfléchir aux conséquences de son acte. Bien que nous ne soyons plus dans l’atmosphère pesante pré-transformation tournant à l’échec absurde, l’échappatoire de Locke ne peut être que vouée à l’échec, l’inéluctabilité de son existence se retournant dans un cycle autodestructeur des plus féroces. La fille dont il tombe amoureux n’a même pas de nom et se conforme en une simple silhouette, débordant certes du charme de Maria Schneider, mais dont la vacuité mène à l’absence de transfiguration sentimentale.

En cela, Jack Nicholson livre une performance impeccable en tant que protagoniste en quête absolue d’idéal actif mais se retrouvant par la force des choses dans une passivité lourde de sens. La fatalité des rôles que nous fait endosser la société ne peut que se retourner contre nous, ironie mordante de la vie qui ajoute une amertume puissante lors du visionnage du film. Cherchant à disparaitre, Locke ne fait que réimmerger, bateau esseulé dans un océan de solitude existentiel. Antonioni filme cela avec une mise en scène des plus réfléchies, semblant presque s’amuser du désarroi de son héros pour mieux annoncer le nihilisme émotionnel du récit, sa facture entropique inévitable.

Comme toujours, le coffret Ultra Collector constitue un immanquable aussi bien pour la qualité de sa technique que celle de ses suppléments. Entre son gros livret offrant une analyse du récit bien plus approfondie que cette modeste critique, le témoignage télévisé d’Antonioni, un retour sur sa carrière, son regard sur le monde du photo roman, son autoportrait ou son analyse de la fin de son long-métrage, cette édition constitue une excellente occasion de découvrir le réalisateur italien avec profondeur et passion.

« Profession : Reporter » est donc une œuvre entropique hypnotisante, le genre de film qui ne dissimule guère le désarroi qu’il cherche à provoquer et n’en provoque qu’encore plus sa fascination. Un tel long-métrage se devait d’être savouré dans une édition de qualité, c’est désormais chose faite avec ce coffret Ultra Collector de Carlotta…

How to talk to girls at parties de John Cameron Mitchell

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Pays : Royaume-Uni
Année : 2017
Casting : Alex Sharp, Elle Fanning, Nicole Kidman, …

Adapter Neil Gaiman sur grand écran a toujours donné des œuvres particulières, et John Cameron Mitchell le prouve à nouveau avec son dernier film.

1977 : trois jeunes punks se retrouvent dans une soirée excentrique. L’un d’entre eux, Enn, tombe alors sous le charme de Zan, magnifique jeune femme qui expliquera la nature étrange de l’événement…

S’il y a quelque chose qui fonctionne dans les écrits de Gaiman, c’est l’empathie éprouvée pour ses protagonistes, qu’importe la manière dont il se réapproprie les codes littéraires qu’il adapte. Il y a, dans chacun de ses récits, un cœur qui bat et accroche son public. C’est bien la plus grande qualité de ce « How to talk to girls at parties » : malgré la nature excentrique de l’histoire et de son évolution, il est difficile de ne pas tomber amoureux de ses personnages au vu de la sincérité ambiante et de cette folie incontrôlable qui émane tout au long du long-métrage. Le charisme étincelant d’Alex Sharp et Elle Fanning fait de leur romance quelque chose de doux et touchant, et ce en dépit de quelques pointes humoristiques particulières. Cela nous rappelle à nos propres déboires amoureux et ces moments d’exaltation romanesque qui nous ont tellement transcendés que leur souvenir ne peut se faire qu’avec un sourire ému.

Cette douceur unique se retrouve également dans son regard vers cette jeunesse désemparée face à des adultes au pouvoir d’influence puissant et qui se jouent de la future génération sans envisager les conséquences pour celle-ci. Les parallèles politiques entre les géniteurs de Zan et la période historique du récit apportent ainsi une profondeur non négligeable questionnant les répercussions des décisions actuelles sur nos descendants, là où ceux-ci n’ont aucunement leur voix dans le choix. Pourtant, c’est en confrontant deux générations que l’on se retrouve vers une tournure active plus collective et mieux agencée pour chaque parti.

John Cameron Mitchell arrive alors à capter toute l’ambivalence de son histoire, aussi bien ses saillies les plus « autres » que celles plus intimes avec une même folie que celle dégagée par son film. Il transforme une chanson en véritable orgasme émotionnel et offre un final aussi sublime et bouleversant que ses scènes les plus « différentes » (tentons de garder un peu de surprise pour ceux qui n’ont pas encore pu voir le film). Sa mise en scène conserve en tout cas cet amour véritable porté par l’intrigue pour le partager à ses spectateurs sans tomber dans les pièges du mièvre ou du chantage à l’émotion. C’est comme si Mitchell arrivait à briser l’écran, séparant le réel de la salle et la fiction du long-métrage pour mieux nous prendre dans cette étreinte émotionnelle chargée.

Il y a véritablement un mélange des plus homogènes entre les différents ingrédients constituant l’adaptation de Neil Gaiman. Mais là où on aurait pu craindre un résultat hétérogène plat et sans vie ou encore une romance trop distante pour réellement susciter l’empathie, « How to talk to girls at parties » parvient à faire résonner toutes ses particularités tout en étant sans aucun doute l’une, si pas la meilleure histoire d’amour portée sur grand écran cette année. Pas d’écriture prétentieuse n’allant nulle part ou de structure linéaire prédéfinie, c’est un véritable roller coaster émotionnel particulièrement vivant et éblouissant qui devrait retourner tout le monde par son excentricité et sa sincérité bouleversante.

« How to talk to girls at parties » se révèle donc être un véritable catalyseur d’émotion, aussi fou et déjanté que Neil Gaiman, aussi bouleversant et affectueux qu’une première histoire d’amour et aussi punk et attachant que ses personnages. Préparez-vous car c’est une pure bombe cinématographique sentimentalement puissante et enivrante qui va vous exploser le cerveau et le cœur. Une telle tendresse sincère sans prétention aucune excepté demander d’être aimé, cela fait tellement de bien de la vivre au cinéma…

Orgie satanique de Lance Comfort

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Pays : Grande Bretagne
Année : 1965
Casting : William Sylvester, Hubert Noël, Tracy Reed, …

Artus ayant le chic de ressortir des titres de genre souvent oubliés du grand public, revenons sur l’une de leurs dernières sorties avec « Orgie satanique », réalisé par Lance Comfort.

En vacances dans la campagne anglaise, Paul va se retrouver impliqué dans une affaire impliquant un culte satanique…

« Orgie satanique » (ou « Devils of Darkness » dans son titre original) fleure bon le film d’horreur britannique des années 60. L’intrigue s’avère ainsi un mélange entre le vampirisme et le satanisme et trempe dans une ambiance rétro fonctionnant à merveille. Il y a un côté assez ludique en le visionnant, en prenant en compte son ancrage culturel. Le méchant est ainsi français, parlant donc avec un accent assez appuyé qui apporte un peu de profondeur à son personnage (Armand du Molière, voilà un nom qui sent bon la baguette et les croissants !). Cela rentre en cohérence avec l’inspecteur Malin, aux sens opposés dans les langues de Shakespeare et de Corneille. Ce « choc » des cultures offre une lecture assez drôle du film, si l’on prend en compte également son ancrage historique. Le film représente également quelques soirées, qui auraient pu s’avérer hors propos, mais qui rentrent dans une logique permanente de dualité, que ce soit entre les cultures (France/Angleterre, Conservatisme/Jeunesse) ou dans les protagonistes (deux couples sont « formés » et se bousculent une fois l’un voulant modifier l’autre).

Contrairement aux œuvres de la Hammer, le film de Comfort se situe à une époque contemporaine, éloignée donc de l’apparence de l’habituel apparat gothique généralement utilisé dans ce type de récit. Pourtant, si l’on excepte son ouverture située dans le passé, l’intrigue montre que, derrière ces maisons modernes d’époque, subsistent des décors ancrés dans une histoire révolue mais toujours présente. Cela rentre encore dans cette quête de mélange perpétuel, aussi bien des genres que des ambiances. Lance Comfort apporte au long-métrage une mise en scène maîtrisée mais surtout une photographie assez belle de la part de Reginald H. Wyer, profitant de ses décors pour les réévaluer dans leur infection par le surnaturel. On en revient au but du fantastique : faire basculer le réel dans l’irréel. C’est exactement ce que réussissent à faire Comfort et Wyer, parvenant à mettre de côté l’aspect un poil trop linéaire de l’intrigue pour capter une ambiance britannique fantasmée dans sa fictionnalité surnaturelle.

Comme à chaque fois, Artus signe une édition valant le coup d’œil avec notamment un entretien avec Eric Peretti permettant de revenir sur la filmographie de Lance Comfort. Le film est disponible uniquement en version originale sous-titrée et comprend également un diaporama d’affiches et de photos ainsi que les bandes annonces des titres de la collection British Horror.

« Orgie satanique » est une bonne mise en bouche pour s’ouvrir à l’horreur gothique et prolonger pour certains l’expérience ressentie devant les titres mythiques de la Hammer. Bref, une bonne horreur britannique appréciable pour se rafraîchir d’effroi pendant l’été…

Le portrait de Jennie de William Dieterle

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Pays : États-Unis
Année : 1948
Casting : Jennifer Jones, Joseph Cotten, Ethel Barrymore, …

Sorti il y a un moment chez Carlotta, « Le portrait de Jennie » fait partie de ces longs-métrages qui mériteraient d’être mis un peu plus en avant.

Eben Adams est un peintre sans le sou en quête d’une œuvre qui témoignerait de son talent. C’est alors qu’il rencontre Jennie…

Le temps est le plus grand mal de l’être humain. Qu’importe notre talent, notre bonté, notre richesse, le temps joue toujours contre nous. C’est sans doute pour cela que maints artistes ont voulu l’appréhender et chercher à le contrôler par le biais de la fiction. Ici, William Dieterle semble au contraire faire face à l’impossibilité pour nous de l’appréhender en jouant sur une romance extrêmement touchante. Cela est en partie dû à l’alchimie entre son duo d’acteurs, Joseph Cotten et Jennifer Jones, formant un couple à la sincérité émouvante, en particulier dans le cas de l’actrice. Là où on aurait pu craindre un surplus de naïveté pouvant écœurer, elle livre une partition au premier degré attachante rendant le problème de ce couple encore plus déchirant. On notera que les seconds rôles apportent ce qu’il faut d’investissement pour susciter l’amusement et l’intérêt durant leurs quelques apparitions. En cela, les moments d’humour font mouche et tiennent encore 70 ans après la sortie.

Mais que cela n’empêche pas de profiter des questionnements au cœur même du récit. Tout d’abord artistique, questionnant le rapport entre le créateur et l’inspiration. Le fait qu’Eben peigne au départ des décors alors que certains plans d’ensemble se retrouvent «projetés» sur de la toile ne semble pas être un hasard. Le cinéma ne consiste-t-il pas en la projection d’une réalité fictionnelle sur un tissu blanc, page blanche où les metteurs en scène peuvent partager leur vision ? Le lien entre Eben et sa muse devient alors une interrogation sur la manière de retranscrire son inspiration, son amour de l’art, au grand public. Face aux doutes sur la réalité de Jennie, le peintre répète en permanence sa croyance, ce que soulignera un personnage à la fin. Qu’importe la réalité de ce que l’on crée, pourvu que l’artiste y croie du plus profond de son âme.

Revenons à la nature temporelle de la romance. Basculant le tout dans la fiction assumée, elle transforme le film en œuvre fantasmagorique, en particulier dans un climax émotionnel embrasant sa nature onirique. L’histoire d’amour simplette auxquels s’attendront certains cache un réel nœud sentimental abordé sans fard. Le temps devient un bourreau des cœurs et des sentiments, de celui que l’on aimerait oublier l’existence pour mieux profiter du bonheur. C’est pourtant en étant mis face à sa cruauté que l’être humain peut continuer à vivre, en sachant que rien n’est éternel, ce qui fait le drame et la beauté.

Ironique de dire cela de ce film au vu de sa splendeur intemporelle, bien transmise dans cette édition de Carlotta. Tout ce qui rend ce mélodrame passionnant et magnifique ne prend pas une ride, que ce soit sur le Blu-Ray ou le DVD, rendant l’achat obligatoire, malgré des suppléments constitués seulement d’une bande-annonce.

Tragique quand il aborde l’inéluctabilité du temps, chaleureux par sa romance, « Le portrait de Jennie » fait partie de ces films que l’on ne fait plus et devrait toucher n’importe quel cinéphage par sa beauté à tous les niveaux. C’est un bonheur et un déchirement auquel nous assistons, ce qui résume au final assez bien le contenu de nos destins respectifs…

Cinq et la peau de Pierre Rissient

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Pays : France, Philippines
Année : 1981
Casting : Féodor Atkine, Eiko Matsuda, Gloria Diaz, …

En hommage à son réalisateur décédé il y a plusieurs semaines, Carlotta ressort « Cinq et la peau » dans une nouvelle édition.

Ivan est un français résidant à Manille. Dans cette ville où il se sent perdu, il part vers une quête des sens à tout prix…

Pierre Rissient est un grand fan de Lino Brocka, qu’il a rendu populaire en France et dont nous vous parlions lors de la sortie d’un coffret lui étant dédié encore une fois chez Carlotta. Cela se ressent dès la localisation de son long-métrage mais également dans ce suivi de personnages à la sensation de perte dans la capitale philippine. La ville est filmée sans fard aucun, avec le grain d’une caméra 35 mm proche de son héros. Difficile de ne pas y trouver la personnalité cinéphilique de Rissient, au gré de citations et de déclarations par le biais d’une voix off dissociée de l’image. Les dialogues comptent moins que les gestes, les regards et leurs significations. Les pensées reprennent les commandes, la vérité derrière l’action comptant plus et se dévoilant sans pudeur aux spectateurs. Qu’importe le flacon, tant qu’on ait l’ivresse.

Cette ivresse se retrouve d’ailleurs dans son titre, « Cinq et la peau », nom d’un vin consommé par notre anti-héros. Mais elle se retrouve dans le ton du film même, où tout est prétexte à une quête de vie, de sensation transcendant l’existence. Peu étonnant dès lors que cette recherche passe par une recherche de satisfaction sexuelle, le physique semblant le chemin principal pour atteindre l’extase. Pourtant, c’est par la pensée que passe la satisfaction et l’affranchissement des affres de la douleur, au point que la sexualité passe peu à peu au second plan comme semble l’attester la scène du club, où les ondulations des danseuses n’importent plus vraiment aux yeux d’Ivan. On en revient à ce titre, « Cinq et la peau », faisant également référence à une dissociation entre les cinq sens et le contact physique. C’est en les réassociant que l’on arrive à une forme de plénitude émotionnelle.

 

Ce mouvement sans fin de la pensée est appuyé par un montage n’hésitant jamais à coller des images diverses à la promenade mentale de l’écrivain. On sent alors un souffle créateur que cet homme n’arrive jamais à appréhender totalement, dépassé par ses idées au rythme incessant. Celle-ci finit bien évidemment par dépasser l’aventure physique d’Ivan, interprété avec une certaine arrogance par Féodor Atkine. Ce dernier livre une prestation jouant sur le fil de l’empathie envers ce personnage assez hautain par sa culture mais avec qui on peut partager son chemin de croix mental.

Tout en le faisant ressortir en salles depuis hier, Carlotta offre au film une distribution physique valant le coup d’œil curieux. Le DVD que nous avons reçu est techniquement impeccable. Il faut savoir qu’il est également disponible dans une édition DVD-Blu Ray de prestige comprenant entre autres deux longs documentaires sur le réalisateur , des cartes ainsi qu’une affiche. Tout cela sera disponible dès le 6 juin.

« Cinq et la peau » aurait pu toucher à l’œuvre prétentieuse, mais il en relève de son visionnage un film envoûtant, déclaration d’amour à l’art et à la réflexion inhérente à celle-ci par cette perte physique et mentale d’un artiste cherchant l’absolu. De quoi se rappeler Pierre Rissient pour encore plusieurs années…

 

Le monde perdu d’Irwin Allen

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Pays : États-Unis
Année : 1960
Casting : David Hedison, Claude Rains, Jill St John, …

 

L’avis de Monsieur Popcorn

Étant donné qu’il est disponible depuis plusieurs semaines maintenant chez Rimini, revenons sur « Le monde perdu », réalisé par Irwin Allen.

Une expédition menée par un scientifique au caractère bien trempé qui part à la découverte d’un territoire inexploré…

Irwin Allen et Le monde perdu, c’était d’une logique assez palpable pour les cinéphages actuels qui découvrent le film. L’homme est en effet connu pour avoir été derrière des classiques de films catastrophes/aventures confrontant tout un groupe de personnages aux personnalités marquées face à un danger les dépassant. Des titres comme « La tour infernale » ou « L’aventure du Poséidon », deux de ses productions, viennent directement en tête quand on cite son nom. Il est donc tout à fait cohérent d’espérer un souffle d’aventure et de tension surgir quand on le relie à un classique de la littérature qui a fait rêver nombre de gens, jeunes ou moins jeunes. Malheureusement, le résultat déçoit un peu une fois nos attentes confrontées à la réalité des faits.

Il faut replacer un peu le contexte du film : celui-ci voit son budget être amoindri suite aux dépenses
exorbitantes effectuées pour le Cléopâtre de Mankiewicz. Cela explique des effets spéciaux un peu désuets et faisant pâle figure face aux dinosaures de la version de 1925, animés alors par Willis O’Brien (également derrière le King Kong de 1933). Sans vous dévoiler la teneur de ceux-ci, disons que si cela part d’une certaine quête de « logique » biologique, il aurait mieux valu jouer un peu plus longtemps la carte du hors-champs et de la suggestion. De même que ces créatures ancrées dans une autre époque, le public actuel pourrait trouver à redire sur une écriture des personnages un peu trop marquée et caricaturale pour s’épanouir totalement lors du visionnage.
Néanmoins, il ressort quand même un certain charme du film. Quand on laisse notre part d’enfant un peu naïf et rêveur nous guider durant le visionnage, il ressort quelque chose d’attendrissant et d’attachant dans cette bande assez divertissante durant sa durée. Sa manière de croquer au début certains de ses « héros », comme le peu affable professeur Challenger, confère un certain intérêt et un amusement non feint au détour de certains dialogues. Visuellement, on a quand même droit à divers instants assez remarquables, profitant d’un charme certes désuet mais toujours actif dans quelques séquences d’action, comme son climax. L’aventure et un certain souffle de dépaysement ressortent alors des péripéties que nous concocte le récit.

Concernant l’édition proposée par Rimini, il n’y a rien à redire. Le Blu-Ray que nous avons reçu dévoile un effort de remasterisation visuel et d’une piste audio originale en 5.1 soulignant l’effort derrière cette sortie. Concernant les suppléments, ils sont de la même valeur avec un documentaire long de 96 minutes revenant sur la carrière d’Irwin Allen, une visite d’un musée consacré aux dinosaures, un retour sur le roman de Conan Doyle ainsi que la première version cinématographique de celui-ci.

Bien qu’imparfait suite à son ancrage un peu trop marqué dans son époque, « Le monde perdu » version Irwin Allen reste néanmoins un divertissement assez sympathique profitant par instants d’un charme rétro qui devrait ravir les cœurs des nostalgiques et des amateurs de récits d’aventures. Le tout étant emballé avec qualité par Rimini, cela fait de cette édition un bon cadeau pour les personnes en soif de (re)découvertes en tout genre. De quoi se divertir avec l’été qui approche, une boisson fraîche dans une main et le chapeau d’aventurier sur la tête…

 

L’avis de Pierre Bryant

 Les jeunes gens d’aujourd’hui, à l’heure des effets spéciaux numériques et de leur qualité croissante, risquent de ricaner devant cette adaptation du roman de Conan Doyle, et remake d’un muet de 1925. De l’araignée fluorescente aux lézards maquillés et agrandis en guise de dinosaures, la naïveté frise le ridicule et il faut l’attendrissement de l’âge pour regarder sans rire cette aimable série B. De même certains dialogues ou situations, tel détail incongru (le caniche, la sauvageonne de type californien, les tenues roses de l’héroïne …) empêchent d’adhérer totalement sans pour autant atteindre le second degré.

Mais Irwin Allen, qui vit son budget largement amputé par rapport au projet initial (d’où la faiblesse des effets spéciaux), a justement le bon goût de jouer la carte du livre d’image, de la bande dessinée à l’ancienne, sans complexité ni zone d’ombres. Son héros est un vrai héros (un peu fade, sans doute), les jeunes filles sont charmantes, le professeur est bougon et mégalo à souhait ; il y a même un être vil et cupide (oui, l’étranger …), une sombre histoire de vengeance et un quasi-revenant. De quoi, sinon se passionner, du moins ne pas s’ennuyer. Le film fait même preuve d’esprit dans la première partie, soignant les répliques cinglantes et drôles des scientifiques concurrents. Et par moments, comme touché par la grâce, le cinéaste a des fulgurances esthétiques : les belles toiles d’araignées qui dessinent un labyrinthe, ou la fuite finale, dans de magnifiques décors de cavernes somptueusement éclairées. Là se trouve la véritable ambition du Monde perdu, moins dans ses faiblesses narratives ou financières que dans un bricolage habile et infiniment sympathique.

Dans ce monde caricatural, tout ce qui est esquissé est plus intéressant que ce qu’Allen souligne lourdement : le triangle amoureux est hélas vite gâché par des explications pesantes ; de même quelques images, telles que l’hélicoptère déchiqueté, valent mieux que les lézards grotesques et assez éloignés des dinosaures … C’est dans l’allusif, le biais, que le film gagne en force.

On est très loin évidemment de Jurassic park et de ses dinosaures de synthèse, loin aussi de la tension que Spielberg parvient à instaurer et à maintenir ; ici le rythme même est bon enfant, sans rien d’oppressant ; si danger il y a, il est vite circonscrit et, au final, on compte peu de morts. C’est qu’on est dans un genre un peu désuet, le film familial à l’ancienne, qui ne devait choquer personne. Un pur divertissement, conçu pour amuser des enfants et ne pas trop ennuyer leurs parents. En ce sens, Le monde perdu n’a rien de déshonorant ; il éveillera même chez les plus anciens une nostalgie certaine, celle de ce cinéma du samedi soir, inoffensif et charmant.

Warcraft de Duncan Jones

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Pays : États-Unis
Année : 2016
Casting : Travis Fimmel, Toby Kebbell, Ben Foster, …

Aussi rentable financièrement en Chine qu’il a échoué aux États-Unis, « Warcraft » a été la porte d’entrée de Duncan Jones dans le milieu du blockbuster.

Lorsque le monde des Humains se voit marqué par l’arrivée de guerriers Orcs, la situation va dégénérer et risque de mener à une guerre éprouvante pour les deux camps.

Cela peut paraître anodin, mais la grande force de « Warcraft » est cette neutralité envers chaque groupe de bellicistes. Alors que le scénario original devait être plus manichéen, Jones a plaidé en une écriture plus partagée à la manière des jeux mêmes Le fait que le réalisateur soit un fan de l’univers a donc aidé à offrir une adaptation plus nuancée reposant sur un univers assez riche, aussi bien visuellement que narrativement. Chaque groupe se permet d’attirer une certaine empathie dans leurs doutes envers les adversaires et leur propre nature. En cela, le travail de motion capture est saisissant. Si l’on connait la qualité de la technologie, cette dernière permet de retranscrire les émotions de ses interprètes en donnant vie à des créatures avec une crédibilité visuelle jusqu’au moindre détail. On pourrait même parler d’affrontement idéologique entre acteurs live et personnages numériques, mais certains l’ont fait avec plus de brio que l’auteur de ces lignes.

L’affrontement idéologique entre les deux camps trouve ainsi de nombreuses interprétations, comme celle que l’on vient de citer. On pourrait également trouver une vision de la politique de certains envers les migrants. En agissant avec refus et violence contre tout être en quête d’aide et de refuge, on risque d’amener un cycle de fureur dû à une absence de communication et de compassion. Le scénario s’avère alors plus malin qu’au premier abord malgré quelques points scénaristiques qui pourraient paraître prévisibles dans leur agencement. Il s’avère quand même que le récit est fort dans l’agencement de ses événements tout en caractérisant simplement mais efficacement ses protagonistes. C’est juste ce qu’il faut pour pouvoir s’intéresser à leur sort dans le spectacle guerrier appelant pourtant à un non-bellicisme exemplaire. La violence des actes trouve toujours une réponse plus tard, nous faisant revenir à un cycle qui ne pourra s’arrêter qu’avec des efforts venant de chaque camp.

Duncan Jones tire le plus souvent des visuels prenant un aspect épique nourrissant sa mise en scène. Loin de faire une simple copie du « Seigneur des Anneaux », il se met au service de l’intrigue en essayant de nous plonger au mieux dans les répercussions d’un tel duel et nous faire comprendre les implications de celles-ci. Il y a un côté furieux dans l’affrontement où l’on ressent tous les coups donnés. Tout cela regorge d’une charte visuelle assez différente des autres films de fantasy, avec un certain aspect numérique qui en aura rebuté plusieurs. Concernant la musique, elle garde cet aspect furieux et guerrier, commençant dès le début du film pour mieux annoncer la fureur mais également le désastre à venir.

« Warcraft » se révèle un blockbuster courageux dans ses messages tout en confrontant son public à son envie de guerre sans détourner le regard des répercussions de celle-ci. Duncan Jones joue à merveille entre la dualité de ces attentes ainsi que celle des camps pour offrir un spectacle assez intelligent. S’il est dommageable qu’il n’ait pas pu trouver son public de manière égale autour du globe, on peut espérer qu’une éventuelle suite permette d’étendre un univers passionnant présenté avec passion par son réalisateur.

Source Code de Duncan Jones

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JAKE GYLLENHAAL stars in SOURCE CODE.

Pays : États-Unis
Année : 2011
Casting : Jake Gyllenhaal, Vera Farmiga, Michelle Monaghan, …

Colter se réveille dans un train sans souvenirs de ce qui l’a amené là. Tout se complique quand le train explose…

Le principe du retour dans le temps est (ironiquement) l’un des plus vus dans la production artistique. Cela rentre dans cette logique de regrets de la part de nombreuses personnes sur des événements à diverses échelles. Malheureusement, cela est plus devenu un outil scénaristique qu’un véritable mécanisme narratif fort. C’est ainsi que l’on se retrouve avec des resucées plates d’« Un jour sans fin » sans idées particulières. Heureusement, il existe des exceptions dans le domaine et « Source Code » en fait partie.

Doté d’une enveloppe financière plus grosse que sur « Moon » (30 millions), Duncan Jones n’a quand même pas l’envergure d’un gros blockbuster. Néanmoins, il en profite pour traiter visuellement son sujet avec efficacité et énergie. Cela peut presque se ressentir comme des termes faciles, et pourtant, c’est le plus gros écueil auquel doivent faire face les créateurs de récits à répétition. Ici, l’inspiration est principalement celle du jeu vidéo, comme expliqué à Colter une fois découverte la raison de ces retours en arrière.

Derrière ce fonctionnement se cache néanmoins ce regret du passé qui ressort ici de manière plus amère. L’acte à éviter est ainsi un attentat extrêmement meurtrier. Difficile de ne pas faire le parallèle avec les attentats du 11 septembre, événement historique d’une Amérique au passé moindre que d’autres pays de la planète. La crainte terroriste ajoute donc une certaine urgence à l’acte et à la situation au vu d’une peur de répétition. La répétition de l’acte pour éviter celui-ci, voici quelque chose de fort ironique au vu de l’intrigue.
Les actes gouvernementaux sont dès lors vus de manière assez nuancée au vu du mécanisme « humain » derrière. Arrivent alors des interrogations sur l’euthanasie et même une forme de réalité virtuelle, avec les frontières entre réalité et fiction qui se soulèvent. Mais plus encore, on peut voir en Colter une figure du soldat utilisé comme chair à canon pour un gouvernement qui veut se prémunir de chaque danger pouvant toucher le pays. Cela amène plus de questionnements sur des dirigeants voulant sauver leur population… en utilisant certains de leurs habitants tels des outils fonctionnels. De quoi rester dans une logique de l’être humain comme rouage mécanique peu à peu déshumanisé par une autorité supérieure.

Toutes ces questions se retrouvent dans un divertissement explosif assez fort. Car « Source Code » arrive à amener de la réflexion derrière l’explosion, théorisant sur sa forme de « néo blockbuster » pour réfléchir à cette situation avec un fond subtil, nuancé et humain. Bref, de quoi montrer que Duncan Jones est une des pépites du cinéma anglophone qui sait traiter le divertissement avec éclat…

Une histoire du Western

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Le western est un genre qui semble revenir en force, en témoigne la sortie ces dernières années de titres aussi marquants que « Bone Tomahawk », « Brimstone » ou plus récemment « Hostiles ». La sortie de deux livrets chez Carlotta est donc une excellente occasion de se repencher un peu sur ce format.

« Une histoire du western » se divise en deux volumes : l’un concentré sur les cowboys, l’autre sur les indiens. Comme l’écrit Louis-Stephane Ulysse, ces deux figures du genre ont connu différentes manières d’être abordées, véhiculant chacune une certaine image de l’Amérique dans des productions qui finiront par s’hybrider à d’autres genres. L’auteur arrive à revenir sur certaines icônes, telles que John Wayne ou Clint Eastwood, et ouvre la voie à n’importe quel néophyte pour se lancer dans un style lié fortement aux États-Unis. Les textes se lisent avec une certaine rapidité qui devrait attrister certains que les livrets ne se composent « que » de 192 pages chacun. Il faudrait également aborder l’aspect abondamment illustré de chaque volume avec pour chacun plus de 130 photos. Bref, de quoi rentrer directement dans l’univers du western.

Décrit par certains comme désuet, le genre dégage pourtant une force cinématographique incommensurable, se reposant souvent sur certains codes mais donnant une image assez unique d’un univers aux frontières morales constamment brouillées. L’un des films fournis dans le premier volume, « La horde sauvage », appuie ce questionnement des actes de chacun, déterminés par des circonstances imposantes et une violence omniprésente. La base même du western se révèle alors tel un tableau vierge, un cadre que n’importe quel artiste peut se réapproprier pour parler de thématiques plus ou moins modernes. L’hybridation telle que déclarée plus haut est alors logique, le genre se fondant aisément à n’importe quel autre afin de se retrouver face à une vision nouvelle.
C’est quelque chose qui est confirmé par la sélection des titres contenus dans ces éditions. Le volume centré sur les cowboys reprend, en plus de « La horde sauvage » mentionnée plus haut, « Alamo », « Il était une fois dans l’ouest », « Josey Wales Hors-la-loi », « Tom Horn, sa véritable histoire » et « True Grit ». Concernant le volume sur les indiens, les films présents sont « La flèche brisée », « La prisonnière du désert », « Soldat bleu », « Little big man », « Jeremiah Johnson » et « Danse avec les loups ». Tous ces longs-métrages se retrouvent sur des DVD de qualité qui devraient permettre à beaucoup de (re)découvrir leurs classiques au vu du respect accordé à leur support.

Ayant connu un pic de popularité aussi élevé que celui des productions super-héroïques dans le passé, le western peut paraître connaître un second souffle ces dernières années en s’échappant des codes qu’on lui a administrés ou en jouant avec. C’est ainsi que l’année passée, « Brimstone » en prenait le cadre pour souligner l’horreur du traitement envers la femme d’une société patriarcale, ou que « Logan » s’en est réapproprié les bases pour traiter de la disparition du Rêve Hollywoodien. C’est quelque chose qui est régulièrement oublié par les gros studios : la répétition mécanique d’un genre ou de codes sans innovation mène toujours à une saturation dudit genre. C’est ce qui a amené notamment à une dissipation des productions de western durant plusieurs années. Un genre, pour subsister éternellement, se doit de se renouveler et de se redécouvrir, même en gardant des attaches avec le passé. Un cycle de construction désincarné ne peut que conduire à créer les mêmes habitudes chez les spectateurs avant que cela ne les mène sur d’autres routes. En créant de nouveaux chemins narratifs ou esthétiques, un style deviendra éternel. C’est ce que les créateurs derrière de nombreux westerns contemporains ont compris.

« Une histoire du western » devrait amener tout amoureux du cinéma à appréhender tout un pan de celui-ci tout en prenant en compte la division « morale » qui s’est créée dans ces productions entre deux types de protagonistes qui restent mémorables par la nuance. De quoi se rappeler que c’est la présence de celle-ci qui permet à n’importe quelle production de marquer et à n’importe quel genre de partir découvrir de nouveaux territoires…

Moon de Duncan Jones

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Pays : États-Unis
Année : 2009
Casting : Sam Rockwell, Kevin Spacey, …

Alors que son « Mute » a connu des retours très négatifs depuis son arrivée sur Netflix, revenons sur la carrière de Duncan Jones. Première étape : « Moon ».

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« Moon » n’a pas connu les joies d’une distribution en salles en France et en Belgique, et c’est une grande honte. En effet, Duncan Jones parvient dès son premier film à créer une œuvre avec son propre univers tout en touchant à des thèmes assez originaux par rapport aux productions grands publics dans le domaine. Difficile de ne pas spoiler les retournements du récit mais nous allons essayer car c’est une œuvre qu’il faut découvrir avec un esprit vierge.

La solitude est omniprésente dans « Moon ». Les quelques sorties du personnage ne font que souligner cet aspect « huis clos à l’extérieur », la détresse du héros dans un décor écrasant. En cela, la manière dont Jones décrit les exactions du héros relève d’une forme de tristesse. Son seul compagnon est un robot, et les images qui lui parviennent de la planète ne peuvent connaître de réponses. Comment ne pas voir par la suite de la dépression, voire du burn out dans ce milieu de travail mortuaire ? On ressent une véritable détresse qui ne se verra que décuplée par rapport au restant du récit.

En cela, Sam Rockwell dégage un humanisme fort, une forme de sincérité qui amène directement à de l’empathie pour lui. Seul véritable repère humain (les autres personnages ne sont visibles que par écran), il parvient à fournir une interprétation forte et sobre à la fois. On peut presque alors voir en ce film une mise en avant d’un acteur extrêmement talentueux qui n’a pas connu une forme de star system comme certains de ses congénères. Rockwell mériterait ainsi une plus grande réputation de la part du grand public et ce film le dévoile encore une fois dans sa sensibilité de jeu.

On oublie le budget relativement étroit du film (5 millions de dollars pour une œuvre spatiale) face à la crédibilité de ses décors. Ceux-ci participent à l’étroitesse physique et mentale du héros. On peut alors y lire une critique acerbe d’un système industriel où l’ouvrier n’est qu’un simple rouage et donc traité comme tel. C’est l’écrasement de l’entreprise envers son employé qui mène celui-ci à une perte d’identité et de repères assez grave par la suite. C’est en effet dans le retrait de ses particularités que l’individu se retrouve avec le besoin d’exprimer son unicité.
Nous nous arrêterons là car « Moon » est l’un des meilleurs films de science-fiction de ces dernières années, ainsi que la preuve éclatante du talent de Duncan Jones. Le réalisateur continuera de prouver par la suite son potentiel déjà dévoilé ici…