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Liam Debruel

Liam Debruel
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Amoureux du cinéma. À la recherche de films de qualités en tout genre,qu'importe la catégorie dans laquelle il faut le ranger. Le cinéma est selon moi un art qui peut changer notre vision du monde ou du moins nous faire voyager quelques heures. Fan notamment de JJ Abrams,Christopher Nolan, Edgar Wright,Fabrice Du Welz,Denis Villeneuve, Steven Spielberg,Alfred Hitchcock,Pascal Laugier, Brad Bird ,Guillermo Del Toro, Tim Burton,Quentin Tarantino et Alexandre Bustillo et julien Maury notamment.Écrit aussi pour les sites Church of nowhere et Le quotidien du cinéma. Je m'occupe également des Sinistres Purges où j'essaie d'aborder avec humour un film que je trouve personnellement mauvais tout en essayant de rester le plus objectif possible :)

Coffret Preston Sturges

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Cela fait quelques semaines que Wild Side a édité un coffret Preston Sturges. C’est donc tardivement que nous revenons sur un indispensable dans l’étagère de tout cinéphage.

Comprenant six de ses comédies, cette édition devrait permettre à tous les publics de (re)découvrir Preston Sturges, réalisateur à la veine humoristique implacable et intemporelle. Un point que l’on remarque dans chacun de ses films est la place accordée à ses protagonistes, toujours dépeints avec certaines failles assez universelles, nous permettant de nous raccrocher à ceux-ci quand ils sont balancés dans des (més)aventures plus grandes que nature.

Avec ses personnages ordinaires se débattant dans des situations extra ordinaires, Sturges nous offre des œuvres comiques irrésistibles dans leur manière de décocher notre rire. Le timing de son humour est absolument parfait et va jusqu’au bout de ses arguments avec un esprit comique parfaitement maîtrisé. « Héros d’occasion », par exemple, part d’un postulat simple (un jeune homme qui a fait croire qu’il est parti à la guerre revient en héros chez lui ) mais utilise toutes les idées possibles de son synopsis. Un autre exemple serait le gag final du « Gros lot », que nous vous laisserons découvrir par vous-même.

Une leçon que nous donne le metteur en scène lors des visionnages est l’humanisme qui transparait dans ses films. Le registre comique est souvent dévalué aux yeux de certains et l’on applaudit facilement la gaudriole simplette (cf le succès de certaines grosses comédies navrantes). Ici, Sturges arrive à être grand public et transcender les générations avec son travail d’écriture remarquable. Il prouve ainsi que l’on peut ratisser le plus grand nombre de spectateurs possibles tout en évitant d’aliéner ceux-ci en ridiculisant leur intelligence. Le respect pour son audience transperce l’écran et le metteur en scène sait comment captiver avec un amour sincère pour ses protagonistes.

L’écrin qui referme ces trésors est tout aussi remarquable. Wild Side met les petits plats dans les grands avec des disques rendant justice de manière technique aux films, qui traversent donc les années avec une grâce et un respect valant les louanges. En plus des longs-métrages, le coffret comporte également un livre aux diverses illustrations qui devrait conforter l’envie de (re)plonger dans la filmographie de Sturges.

Constituant le haut du panier de la comédie, Preston Sturges avait grandement besoin de voir ses œuvres disponibles à un plus large public. C’est désormais chose faite avec ce coffret de Wild Side. Voilà donc l’occasion de se rappeler qu’une excellente comédie, quand elle dispose d’un humanisme dans sa caractérisation et d’un amour sincère aussi bien pour ses protagonistes que son public, peut traverser les années sans une ride. Voilà quelque chose que devrait apprendre certains producteurs actuels…

Fauda de Lior Raz et Avi Issacharoff

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Succès d’audience en Israël et Palestine, « Fauda » débarque sur nos écrans avec Wild Side.

Alors qu’il pensait avoir éliminé un terroriste palestinien surnommé « La panthère », Doron, agent israélien, va reprendre du service quand il apprend que celui-ci a survécu…

La situation politique entre Israël et Palestine est l’un des sujets les plus tendus de l’histoire. Créer une série inspirée de ces tensions n’était donc pas une mince affaire. Et pourtant, Avi Issacharoff et Lior Raz tirent leur épingle du jeu avec « Fauda ». L’argument principal de la série (et son plus grand point fort) est de replacer son action dans chacun des camps. Difficile en effet de ne pas comprendre les agissements de chacun tant l’ambiance est trouble et perturbée. C’est cette nuance dans sa caractérisation et dans ses actions qui permet aux créateurs de sortir du lot et d’offrir des épisodes divertissants sans tomber dans le manichéisme. On pourrait craindre de tomber au début dans le soap mais c’est avec subtilité et profondeur que les protagonistes sont peints.

Car en effet, « Fauda » est un très bon divertissement avec une mise en scène tendue et des séquences prenantes. La construction scénaristique se permet de nous montrer deux sociétés perturbées par le conflit et fragilisées par chaque acte commis dans l’autre camp. La profondeur d’écriture se prolonge sur son aspect politique, jamais en jugement par rapport à ses personnages. On se retrouve enfermé dans une situation à haut risque avec les héros et, aussi moralement répréhensibles que sont leurs décisions, elles sont le fruit d’un enchaînement mécanique, les conséquences d’opposition idéologique jamais mises à plat de manière constructive. Alors on tente de survivre et de protéger les siens, qu’importe ce que cela pourra signifier pour le camp d’en face. Nous sommes mis face à un cycle de violence indomptable assez fascinant pour sa signification autodestructrice de sociétés constamment au bord de l’explosion.

« Fauda » porte si bien son nom (chaos en arabe), car le moindre geste devient vecteur ici de destruction annonçant le chaos à venir. Une saison 2 devrait rapidement arriver. Cela tombe bien car l’effet addictif de la première saison risque de vous la faire regarder d’une traite tant cette série est intense dans sa dramaturgie et son fond politique assez acerbe, mais si cruellement pertinente…

Rogue One : a Star Wars story (critique commune)

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Pays : États-Unis
Année : 2016
Casting : Felicity Jones, Diego Luna, Riz Ahmed, …

Plusieurs personnalités éclectiques vont se retrouver à devoir affronter l’Empire et récupérer les plans de sa nouvelle arme : la terrifiante Étoile Noire…

L’avis de Monsieur Popcorn
Ce premier spin-off était assez attendu. « Comme chaque épisode de Star Wars » pourraient me répondre certains, mais l’engouement ici est assez différent. Étant le premier récit dérivé de la saga, le mystère était quand même assez épais autour du film, malgré un synopsis assez clair dans sa situation chronologique. Si l’on ajoute à cela des rumeurs de reshoots assez répétés et le départ d’Alexandre Desplat de la bande originale à quelques mois de la sortie, nous aurions pu craindre la catastrophe industrielle.
Miracle : « Rogue One » n’est pas qu’un bon Star Wars, c’est un très bon film tout court. Amenant rapidement son aspect à part des autres épisodes de la saga (pas de texte déroulant, une autre composition musicale principale), Gareth Edwards nous plonge dans un récit entre film de casse et film de guerre. Le réalisateur de « Monsters » profite de l’univers pour prendre une direction différente et assez terre à terre. Ses personnages principaux recèlent de nuances psychologiques qui permettent de jeter un œil moins manichéen à l’histoire. Jyn Erso cherche seulement à survivre, Cassian Andor se permet de tuer des membres de son propre camp et le directeur Krennic se révèlera de plus en plus minable. De quoi donner plus de ton aux deux camps et rendre la lutte moins simpliste.
La mise en scène d’Edwards rentre dans cette même volonté d’humanisme en gardant une base assez proche de l’action. Le point de vue reste ici concret et n’hésite pas à être assez dur pour un film PG13. Bien que l’hémoglobine soit absente, la mort est régulièrement au rendez-vous et elle est rarement héroïque. Cet aspect se retrouve également dans l’intrigue en général. Par exemple, le point faible de l’Étoile Noire tant décriée trouve ici une explication assez sensible et touchante. On a eu droit dans les films précédents à des protagonistes légendaires, aidés par le schéma du monomythe de Campbell. Ici, on s’intéresse aux sacrifices quotidiens dans la lutte pour la liberté de la galaxie et aux pertes souvent laissées au hors champ. Chaque existence compte et chaque apport, aussi minime soit-il, peut renverser le cours d’un conflit.
« Rogue One » est donc une excellente surprise qui confère un autre point de vue sur cet univers historique. Derrière chaque héros se cache un humain et l’épisode qui suivra prolongera encore plus cette réflexion narrative…

L’avis d’Orel
La critique arrive tardivement, même très tardivement ,mais n’ayant pas eu le temps avant, je la fais maintenant. J’ai vu le film, la semaine de sa sortie et donc je m’en souviens assez encore pour en parler un peu. Avec Gareth Edwards à la réalisation, on ne peut pas louper ça, mais il faut connaître le bonhomme qui ,jusque- là ,n’a que des réussites pour ma part. L’excellent Monsters ,son premier film, de la SF indé avec Scott McNairy, puis en 2014 il tourne Godzilla dont on attend la suite, qui sera réalisé par Michael Dougherty. Gareth Edwards a sa patte, et on espère que Disney ne gâche pas tout… comme ils veulent le contrôle sur tout. On a pu voir le résultat du Star Wars 7, bien qu’il ne soit pas totalement un ratage ,le film n’est pas vraiment ce que l’on aurait voulu qu’il soit. Il manque clairement beaucoup de choses, il n’est pas mauvais, mais très loin d’être parfait aussi. A savoir que Rogue One, est un spin-off ,le film se déroule entre l’épisode 3 et 4 où des rebelles ont pour mission de voler les plans de l’étoile de la mort. Des personnages inconnus ou presque, avec le rôle emblématique de Dark Vador qui ,on se doute, ne veut pas se laisser voler les plans. Mieux ou pas que l’épisode 7 au final ?

Bien qu’il s’agisse d’un spin-off, le film est ancré comme il faut dans l’univers Star Wars. Disney est donc bien décidé depuis, 2015 à nous sortir un star wars par an ,cette année sortira l’épisode 8 titré : le dernier jedi. Un épisode comme tous les autres attendu par les fans. Et pour 2018 le spin off sur Han Solo, dont le tournage vient de débuter. Alors oui Rogue One surpasse, l’épisode 7 ,on aurait pu craindre une réalisation trop Disney et pourtant non. Gareth Edwards a réussi à garder le contrôle de son film même si Disney a voulu mettre son grain de sel. Mais le réalisateur a sa patte, et elle est remarquable , on le voit clairement dans Rogue One. Le film suit Jyn Erso, une jeune femme avec un passé douloureux ,mais reste une femme forte et courageuse .Elle fait équipe avec le Capitaine Cassian Andor, ils ont pour mission de dérober les plans de l’étoile de la mort. Durant cette mission, la jeune femme, verra son passé refaire surface et devra affronter le Directeur Orson Krennic qui se mettra en travers de son chemin. Mais il n’est pas qu’un simple ennemi à abattre, puisque ce dernier retient son père depuis de nombreuses années. Bon je ne peux trop en dire sur l’intrigue, car ça serait spoiler de trop. Pas de mise en scène édulcorée en tout cas, c’est pourtant ce que l’on craignait, même un côté sombre je dirais sur certains passages. On voit donc que Gareth Edward a eu quelque liberté sur l’adaptation et a pu ainsi y mettre sa patte perso. Visuellement c’est vraiment bien, des effets spéciaux convaincants, mais c’est star wars est donc le budget reste conséquent. Puis un moment iconique avec Dark Vador, ce n’est une surprise pour personne, tout le monde avait été » teasé » de sa présence dans le film ,de bons mois avant la sortie du film. Puis sa présence est justifiable, rien qu’au moment où se déroule l’histoire…il ne pouvait pas y être…

Même si on le voit très peu à l’écran, Gareth Edward sait très bien mettre « le grand méchant « en valeur. C’est très jouissif de revoir, notre grand méchant préféré, même si on a très peu de scènes avec lui. La scène finale, elle ,ravira les nostalgiques de la saga. Le scénario est signé Chris Weitz et Tony Gilroy, avec une collaboration au scénario de Gary Whitta ,une écriture maîtrisée avec des scènes efficaces. Il est regrettable qu’ il ne s’attarde pas assez sur les personnages, même si le début du film nous montre le passé de Jyn ,mais les autres sont peu mis en avant, en ce qui concerne leur histoire. Pour ce spin-off pas de générique déroulant, comme habituellement dans Star Wars ,mais vu que ce n’est pas un épisode officiel on aura juste droit à : il était une fois dans une galaxie lointaine…très lointaine. Le film commence donc directement dans l’espace ,un peu surprenant sans avant le générique déroulant, mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un spin-off. Il était d’ailleurs important, de livrer cette partie de l’histoire qui nous apprend pas mal de choses. Dans ce film pas de thème de John Williams, c’est Michael Giacchino qui empruntera le thème principal de la saga à quelques moments. Sinon dans l’ensemble, rien d’extraordinaire , Giacchino signe des scores corrects mais ça n’a rien de marquant. Au casting on retrouve Felicity Jones dans le rôle de Jyn , mais aussi Diego Luna en Capitaine Cassian Andor. Mais le casting ne s’arrête pas là , puisqu’il dispose de Forest Whitaker, Mads Mikkelsen, Donnie Yen, Ben Mendelsohn (souvent en méchant) .On retrouve Riz Ahmed, étoile montante, connu dans Nightcrawler aux côtés de Jake Gyllenhaal. On retiendra aussi Alan Tudyk en K-2SO, « le droide » du film qui s’en sort très bien. Rogue One : A star wars story est un spin-off qui a largement réussi, ce qu’il fallait pour « divertir » et nous livrer une histoire nouvelle et pas un recyclage, avec un excellent casting.

L’avis de Valentin

Ça y est la Star Wars mania est de retour avec ce nouvel épisode spin-off de la saga crée par Georges Lucas. Comme il est dit ci-dessus le film nous raconte comment l’Alliance Rebelle a réussi à s’emparer des plans de l’Etoile Noire pour qu’elle puisse la détruire. « Rogue One a Star Wars Story » est comme son nom l’indique, une histoire se déroulant dans l’univers des sept films. Ce n’est pas une suite au Réveil de La Force JJ.Abrams comme beaucoup de non-initiés de l’univers le pensaient. Le long métrage est réalisé par Gareth Edwards, le réalisateur de Monsters et dernièrement du remake de Godzilla sorti en 2014. Un excellent choix, car il nous avait prouvé qu’il savait gérer la démesure avec son Godzilla, donc pour un film Star Wars où beaucoup d’éléments du décor sont gigantesques, c’est un excellent choix. Au niveau du casting le héros principal ou plutôt devrais-je dire l’héroïne Jyn Erso est interprétée par Felicity Jones. Deux grands noms rejoignèrent le casting en la personne de, Forest Whitaker dans le rôle de Saw Gerrera, Mads Mikkelsen pour jouer Garen Erso. On annonçait aussi Ben Mendelsohn qui interpréte un général de l’Empire, Diego Luna, Donnie Yen et Jiang Wen pour jouer des membres du commando Rogue One. Le film débuta son tournage durant l’été 2015 pour se finir en milieu de l’année 2016.

Après quelques bandes annonces diffusées respectivement en avril et octobre 2016. Après les rumeurs de reshoots, du final cut retiré à Gareth Edwards, le film est enfin sur nos écrans. Alors au final que vaut ce premier Spin-Off Star Wars ? Est-ce une bonne amorce avant la suite du 7ème épisode ou est-ce une énième tentative ratée de surfer sur le succès de la franchise ?

Gareth Edwards: un amoureux de la saga crée par Georges Lucas

Quand j’ai appris que Gareth Edwards allait réaliser un film de la saga Star Wars, j’ai tout de suite validé ce choix. Car Après le très intimiste » Monsters » et le titanesque » Godzilla », Edwards a tout du futur très bon réalisateur. Toute sa mise en scène (surtout dans Godzilla et dans Rogue One) est basée sur le gigantisme. Dans ce film le réalisateur nous offre des plans jusqu’à là encore jamais vus dans la saga. Le premier plan nous présentant l’Etoile de la Mort est résume la mise en scène du réalisateur. La fameuse étoile est montrée par l’apparition successive des Star Destroyers et c’est l’ombre de l’étoile qui se dévoile peu à peu. Avec ce plan, nous avons la sensation de la taille gargantuesque de cette base, qui pour le coup a vraiment la taille d’une lune. Pour la première fois dans la saga, nous avons l’impression d’être tout petit par rapport à ce qui nous entoure. Même les vaisseaux de l’Empire nous paraissent gigantesques. Un autre exemple de plan donnant la sensation de gigantisme est un plan simple par le hublot d’un Star Destroyer de l’Empire où nous voyons l’Etoile de la Mort dépassant du cadre de l’image. La mise en scène et surtout les moyens actuels permettent ce genre de plans, car Georges Lucas, surtout par manque de moyens à l’époque en son temps se contenter d’un simple zoom sur l’Etoile.

Des acteurs très convaincants qui campent des personnages très attachants

Le casting dans son ensemble est excellent. Mention spéciale au trio de fin de film: Jyn Erso, Cassian Andor et le droide K-2SO qui sont interprétés par Felicity Jones, Diego Luna et Alan Tudyk. La jeune actrice Felicity Jones nous propose un jeu tout en retenu. Son jeu d’acteur est à l’image de son personnage qui est au début réticente à rejoindre les Rebelles, mais qui finira par comprendre que cette cause dépasse sa simple existence et que cette cause honorera la mémoire de sa famille et tout particulièrement son père. Le personnage du Capitaine Cassian Andor est surement le plus intéressant du film, car même s’il est un rebelle et se bat pour une juste cause, il n’hésite pas à se salir les mains et faire des choses dont il n’est pas fier (ceux qui ont vu le film comprendront). L’acteur Diego Lune interprète d’ailleurs très bien ce personnage et fait parti des bonnes surprises du film au niveau du casting. L’acteur Ben Mendelsohn qui joue le directeur Orson Krennic, l’antagoniste principal du long métrage est lui aussi très bon dans son rôle. Même si les motivations du personnage restent classiques, le charisme de l’acteur fait mouche et au moins son personnage fait le sale boulot lui-même.

Le reste des personnages sont eux aussi très attachants, surtout le duo Chirrut Imwe et Baze Malbus respectivement joués par Donnie Yen et Jiang Wen sont excellents. Dommage que le personnage de Donnie Yen verse par moment dans le too-much. Le fameux personnage de Forest Whitaker: Saw Gerrera qu’on a notamment vu dans la série animée en 3D » Clone Wars » est quant à lui trop peu présent pour être jugé, la performance de l’acteur américain est tout à fait honorable.

Des effets visuels sidérants et une sensation de grandiose vraiment impressionnante

C’est sans surprise mais à souligner, les effets spéciaux sont vraiment soignés et de toute beauté. On a même par moments l’impression que les effets visuels ont un mix de moderne et d’ancien, comme si c’était une sorte de respect envers la trilogie originale. Le dernier quart d’heure est un festival de pyrotechnie qui ferait rougir un certain Michael Bay. Les combats spatiaux sont vraiment très impressionnants et très dynamiques. Gareth Edward n’hésite pas à faire durer certains plans de batailles spatiales, le montage est vraiment très bien géré, tout y est lisible. Le réalisateur utilise aussi beaucoup de plans aériens, notamment pendant la bataille finale.

Du fan-service vraiment très bien géré et qui ne verse pas dans la surenchère

Bien entendu qui dit nouveau volet de la saga, dit fan-service. Dans ce film, il est très bien géré. Car le film ne se laisse pas envahir par ce fan-service (contrairement au 7ème épisode). Le film nous montre des personnages bien connus de la première trilogie. Nous revoyons le grand Moff Tarkin entièrement modélisé en images de synthèse, le résultat est saisissant. On a vraiment l’impression de revoir l’acteur original: Peter Cushing qui est malheureusement décédé. Bien sûr, beaucoup de fans attendaient le retour de Dark Vador qui nous avez quitté en 2005 avec la revanche des Sith. Le personnage est bien sûr très peu présent, mais on sent clairement son ombre planer tout au long du film. Rien que la dernière séquence du film le mettant en scène vous ferra ressentir de gros frissons, la fameuse respiration et le sabre laser suffiront à combler les fans.

Avant de clore la critique, je vous propose de regarder less avis rapide de ma famille sur le long métrage. Car chez moi Star Wars est une saga qui nous rassemble, ma famille et moi. C’est donc logique que je suis allé voir le film en famille.

L’avis de mon père: J’ai vraiment apprécié le film, notamment sa dernière partie riche en action ainsi que les personnages du film. Le soir précédent le visionnage du film, j’ai a eu l’occasion de revoir le Réveil de la Force sur Canal+ et donc de me replonger dans la saga. J’ai globalement préféré Rogue One au 7ème épisode même si cela n’empêche pas d’aimer l’opus de JJ Abrams. Note attribuée: 4/5

L’avis de ma mère: Un très bon film comportant d’excellents effets visuels, un casting irréprochable ainsi qu’au niveau de ses personnages. L’ambiance est elle aussi très entraînante. Note attribuée: 4.5/5

L’avis de ma sœur: Un très bon film avec de bons effets spéciaux à couper le souffle. Bon casting et bon scénario. Une bonne surprise dans l’univers star wars. Note attribuée: 4.5/5

Pour conclure Rogue One est une réussite quasi totale. On sent que Gareth Edwards est un gros fan de la saga et qu’il a pris du plaisir en réalisant ce premier Spin-Off made in Disney. Il a su s’entourer d’un casting dans son ensemble irréprochable. Il propose une mise en scène différente des réalisateurs ayant travaillé sur cette saga hors norme qu’est Star Wars. En bref je vous conseille d’aller voir Rogue One: A Star Wars Story, vous passerez un excellent moment.

L’avis du Cinéma avec un grand A

Le film a connu de nombreux problèmes pendant sa production. Alexandre Desplat, le célèbre compositeur français fût gentiment remercié par Disney et Chris Weitz, le scénariste aurait, selon les rumeurs, été très critiqué par les nouveaux propriétaires de la saga qui ont donc fait appel à Christopher McQuarrie au milieu du tournage afin d’améliorer le script actuel.

« Rogue One s’éloigne cependant du space opera original pour réaliser une œuvre où l’on retrouve des éléments de l’univers de George Lucas, non pas tels qu’ils étaient vraiment mais comme on s’en souvient. »

Gareth Edwards

POURQUOI J’AI VOULU VOIR CE FILM ?
Je suis un énorme fan de l’univers créé par Georges Lucas dans les années 70. J’ai dû voir la plupart des films des centaines de fois, j’ai lu de nombreux romans et je possède un nombre incommensurable de goodies que je ne peux même plus faire le compte. J’attendais cependant qu’à moitié ce soit disant « spin-off ». Je mets entre guillemet, car j’évoquerai ce mot plus tard dans l’article. La bande annonce ne m’enthousiasmait pas, les soucis externes m’ont inquiété et le septième opus m’a gêné sur de nombreux points. Je suis donc parti dans la première séance de mon cinéma sur la pointe des pieds.

UN PETIT MOT SUR L’HISTOIRE ?
En 1977, Georges Lucas sort Star Wars IV : Un nouvel espoir. On apprend rapidement dans cette œuvre que la princesse Leia tente de transmettre les plans de l’étoile noire aux rebelles afin de détruire l’Empire ou de manière plus générique, les méchants. Rogue one est un préquel plus qu’un spin-off de mon humble avis. L’épisode se déroule quelques années puis quelques jours avant cet évènement et raconte l’histoire de la création de l’étoile noire jusqu’à la recherche des plans dont j’ai parlé un peu plus haut. Cette œuvre n’est pas un spin-off si elle a un lien direct sur le récit. Si on joue sur les mots et qu’on me ressort la définition du terme, pourquoi n’appelons-nous pas la deuxième trilogie des spin-offs ? S’ils sont si intéressés par des spin-off pourquoi raconter cette histoire ? On aurait pu évoquer celle de Yoda ou de manière plus vaste l’avènement de la République Galactique ou l’apparition des Jedi ; non, Disney décide de nous conter une histoire étroitement liée à ce qu’il considère être la trame directrice de l’univers inventé par Lucas. Cela ne me dérange pas, mais c’est joué sur les mots que de décrire cette œuvre comme un spin-off et non un préquel.

LES PREMIÈRES MINUTES ?
De manière assez paradoxale, la première demi-heure du film est celle que j’aime le moins apprécié alors que c’est celle qui a le plus d’intérêt cinématographique. Je reviendrai plus en détail sur ces critiques, mais pour être assez vague, le film est coupé en deux parties. La première semble être une critique sociétale alors que la seconde est un mélange de divertissement et de fanbase. Si je critique quelques lignes plus haut le mot « spin-off », les premières minutes vont pourtant dans ce sens. Bien que l’on nous évoque l’étoile noire, l’histoire choisit une autre priorité. On nous fait découvrir de nouveaux personnages, une ambiance post-guerre et on a une belle vision de ce qu’est une rébellion. Dommage qu’ensuite ces personnages perdent toute saveur et deviennent une pièce et non la base de l’édifice.

LE CASTING ?
Deuxième coup de gueule de la journée, car des fois il est bon de gueuler, même dans le vide, c’est la transformation du cinéma. J’en ai marre de devoir me coltiner un film en VF et en 3D si je souhaite avoir accès à du Dolby Atmos. Alors pour ce qui est de la version française, j’espère qu’ils arrêteront de prendre les gens pour des automates et les encourager à rester superficiels. Un acteur n’est pas qu’un corps ! Un comédien ne joue pas qu’avec son physique, son jeu possède autant voir plus de force par son intonation de voix et sa façon de retranscrire à l’écran son texte que par sa démarche ou ses mimiques de visage. Je n’ai rien contre les doubleurs, c’est un métier légitime et j’espère qu’ils auront toujours une profession dans 20 ans, mais à une époque, ils avaient du temps pour le faire. Aujourd’hui, la mondialisation et la pluralité du cinéma l’en empêche, mais qu’est-ce que c’est gavant. Je n’ai pas spécialement quelque chose à dire sur les doubleurs de Star Wars : A Rogue One, mis à part une ou deux scènes de Felicity Jones et la plupart des interventions de Forest Whitaker, mais j’en ai marre.

Cela va donc être très difficile de juger l’acting. Pour vous dire, le personnage que j’ai apprécié le plus est Chirrut Imwe incarné par Donnie Yen qui ne parle jamais ou presque. Il incarne un aveugle lié à la force qui et apporte sa sagesse à certains moments. Indépendamment de quelques phrases, il ne débite aucun mot pendant deux heures et pourtant c’était le plus crédible, le plus attendrissant.

ET AU FINAL ÇA DONNE QUOI ?
En termes de réalisation, certaines idées de Gareth Edwards que je n’apprécie pas de manière globale sont bonnes. On retrouve un très beau clin d’œil lors des cinq premières minutes à l’épisode IV puisqu’il a eu l’idée de mettre dans l’un de ses premiers plans un général de l’Empire en blanc entouré de Stormtroopers noirs. C’est un joli symbole à Lucas puisqu’en 1977, le créateur de Star Wars avait décidé de jouer sur cette différence de couleurs en mettant en avant Dark Vador et son habillage ébène suivi de soldats blancs. Par malheur, Edwards n’a pas autant d’imagination que son aîné. Si Georges avait proposé ce contraste ce n’était pas sans intérêt scénaristique. Il souhaitait présenter l’obscurité, la noirceur des Siths ainsi que la simplicité intellectuelle des Stormstroopers. Comme nous l’apprendrons dans l’épisode 2, ce sont des clones et ils n’ont pas été créés pour réfléchir ou ressentir quelque chose, d’où cette couleur blanchâtre qui montre la simplicité intellectuelle de ces combattants. Cette fois-ci ce choix de réalisation ne mène à rien et n’a aucun intérêt dans l’histoire. Que j’aime ou non Star Wars 7, cette idée de proposer un Stormstrooper noir est intelligemment bien pensé. J.J. Abrams justifie son choix tout au long de son œuvre et cette différenciation n’est pas politique, mais scénaristique.

Pour finir avec la réalisation, le rythme mis dans certaines scènes est très académique. Lorsqu’ils doivent partir de Jedha suite à un évènement important de l’histoire, Gareth Edwards tente de mettre de la tension en accélérant le nombre de plans et en rapprochant sa caméra. Il manque néanmoins de cohérence dans cette envie soudaine, puisque l’on ne s’inquiète nullement pour le vaisseau. Aucune collision n’est vraiment perceptible et on n’est absolument pas affolé par la situation.

Passons désormais à la 3D ; je veux bien qu’on nous oblige à payer 5 euros de plus pour mettre en trois dimensions des personnages, mais j’aimerai voir la différence ! Car j’ai lu pas mal d’articles qui m’expliquaient que cet opus avait été tourné avec des modèles numériques en 65mm et qu’il y avait des techniciens à 360° (d’ailleurs ils ont dû porter des costumes pour ne pas poser trop de problèmes en post-prod s’ils étaient dans le champ de la caméra) pour créer une 3D réaliste, mais ce n’est pas le cas. Encore une fois ce nouveau choix de réalisation est purement commercial et n’apporte rien à l’œuvre.

Pour ce qui est de la musique, ce sera très court, mais je n’ai vraiment pas été emballé par Michael Giacchino. Je veux bien qu’on me ressorte toutes les personnes qui ont travaillé sur Star Trek, mais qu’on me propose quelque chose de nouveau. La bande son ressemble à du John Williams sans le même talent. On dirait qu’il a voulu s’inspirer du compositeur américain, mais comme il ne voulait pas le copier, il s’est arrêté dans sa fougue au moment où ça devenait intéressant.

Il serait bon de finir par le scénario. Malgré tous ces points négatifs, Star Wars n’est pas la pire œuvre de ces dix dernières années. J’ai commencé à entrevoir les critiques qui persistaient à dire que le film est purement commercial et sans aucun intérêt. Je souhaite ajouter une nuance à ces propos globalement justes pour les raisons qui vont suivre.

Certes, la deuxième partie est purement marketing. On nous offre de grosses batailles qui ressemblent au débarquement des américains en Normandie et le scénario est très basique pour ne pas dire hyper prévisible. Une scène me vient une nouvelle fois en tête (attention petit spoil), lorsque l’un des personnages meurt sur Scarif, on a la traditionnelle scène où l’un des héros pleure sur le corps et ne souhaite plus partir. Déjà on savait que cet individu allait nous quitter, c’était gros comme une maison, mais en plus on nous offre une scène niaise à souhait. Bien évidemment, un autre personnage lui demandera de partir et quelques secondes après avoir dit « Nooooonnnn, je ne veux pas, je ne peux pas », il part. Deux minutes plus tard, cet individu n’est plus triste et fait une mini crise peu réaliste et encore vous verrez ce qui se passe à la fin… Alors oui, Rogue One a de nombreux défauts comme son manque de fond de manière globale, mais il y a de belles choses à retenir.

Tout d’abord, étant un amoureux inconditionnel de la saga, quand on m’offre du fanbase, je prends avec plaisir. Sans surprise on verra deux personnages importants de la première trilogie, dont l’un d’eux m’a fait halluciner en voyant l’avancée technologique du cinéma ; mais on a également le droit de retrouver d’anciens vaisseaux, des symboles liés à l’épisode 4, 5, 6 et des réponses pour attirer les fans.

In fine, la plus belle réussite de ce film vient de la première heure. Bizarrement, l’œuvre semble être découpé en deux parties, comme si les rumeurs sur le scénario disaient vrai. On a tout d’abord un projet avec une vision, une envie d’offrir un contenu intelligent puis le temps s’écoule et le film se transforme progressivement en un énorme divertissement markéting pour plaire aux jeunes ados et aux fans. Dans cette première portion, celle qui nous intéresse, on a la possibilité d’assister à une vrai critique sociétale et politique. Lors des premiers épisodes de la saga de Lucas, les rebelles ont été mis en avant et portaient sur leurs épaules le combat contre la dictature, le pouvoir et la résistance. Désormais ce qui semblait être une évidence ne l’est plus. A l’image des révoltes faites par les peuples d’Afrique du nord ou du Proche-Orient, ces personnes ne sont pas forcément toutes blanches. Ils peuvent également faire preuve de cruauté et bafouer certaines règles qu’ils combattent. Cette vision de Gareth Edwards me plaisait, c’est vraiment dommage qu’il n’ait pas persisté dans cette voix.

Je ne saurais quoi vous dire de plus sur Star Wars : A Rogue One. Ce n’est clairement pas un bijou cinématographique, mais si vous êtes attirés par la saga, vous aurez accès à quelques réponses. Cette fois-ci Disney ne contredit pas les bases, les règles scénaristiques de la série originale et finit son œuvre de manière propre. Je suis plutôt agréablement surpris par ce que l’on m’a proposé aujourd’hui au vu de tous les pépins qu’a connu ce soi-disant spin-off lors de la production.

L’avis de Salamander
Star Wars VII, c’était un film suffisamment bon, mais pas assez original. Rogue One, c’est un film original, mais pas suffisamment bon.

Bonjour à tous !

C‘est donc l’histoire de Jyn Erso et du groupe de rebelles, qui vont au dépend de leurs vies s’emparer des plans de la dernière arme ultime de l’Empire – l’Etoile Noire – pour voir s’il n’y a pas un moyen de la détruire.

Déjà, c’est une très mauvaise idée pour démarrer une histoire, parce que c’est un récit que l’on connait déjà ! Celui-ci est résumé dans le panneau de texte de début du tout premier film, l’épisode IV. Donc même si on part avec de nouveaux personnages, et donc avec une possibilité d’être créatif, c’est quand même démarrer du mauvais pied, surtout quand le reproche principal fait à The Force Awakens était de ne pas prendre de risque !

Mais, dès le début, le film est une agréable surprise : on suit Jyn Erso, et en second plan Galen (le concepteur malgré lui de l’Etoile Noire) et le directeur Krennic (son commandeur) qui se rencontrent sur une planète que l’on n’a jamais vu, entouré de Deathstroopers, eux aussi une nouveauté ! Le film part sur un nombre hallucinant de planètes, qui à la différence de l’épisode VII ont toutes une caractéristique intéressante (beaucoup ont retenu Scarif et ses airs de Hawaï, mais moi j’ai préféré la ville sainte de Jedha et le camp de travail de Wobani, qui ont le mérite de nous présenter un aspect religieux et totalitariste de l’univers que l’on avait jamais vu).
Il y a aussi les nouveaux personnages, comme Chirrut et Baz, des gardiens du temple sacré ; dont l’un a toujours gardé sa foi en la Force, tandis que l’autre l’a perdu ; Saw, un rebelle extrémiste ; Bodhi, qui comme Poe dès années plus tard s’est rebellé contre l’Empire et a déserté ; mais surtout K-2SO, qui est une sorte de C-3PO totalement cynique et imposant. Mais évidemment, on retiendra le directeur Krennic, qui finit « pulvérisé » par sa propre ambition. Il y a aussi de nouvelles façons de se battre, notamment ce coup réussi avec le croiseur interstellaire, mais aussi ces batailles au sol à Scarif et à Jedha qui donne vraiment un bon rendu de ce que cela fait de vivre dans un monde en guerre civile.
Après toutes les nouveautés ne sont pas aussi réjouissantes : Galen et Lyra Erso sont expédiés, et même si l’existence de Galen à le grand mérite d’expliquer de façon logique et belle la faille de l’Etoile Noire, Jyn ne sauve la Résistance que pour faire plaisir à son « papa » et c’est un peu faible comparé aux autres protagonistes qui eux se battent depuis des années. Et puis la musique… le thème principal est à pleurer, mais est-ce que c’était obligé de nous le servir tous le temps ? En fait le compositeur (Michael Giacchino) a fait exactement comme pour Jurassic Park III, où là aussi on lui avait confié le projet au dernier moment : il assure son thème principal et il le bourre à tous les moments du récit) et vu que la musique a toujours été le gros point fort des Star Wars, et bien c’est à reprocher au film.

Surtout que ce n’est pas la seule chose que le film fait beaucoup moins bien : les dialogues sont fonctionnels, forcés et pas du tout subtils ; les prénoms et l’intrigue de départ sont bien trop compliqués (alors qu’il s’agit de trouver les plans de l’Etoile de la Mort ! et que Rey, Poe et Kylo Ren ça s’enregistrait très facilement, ce qui permettait de faciliter l’attachement aux personnages) et même si j’ai dit que les nouvelles planètes étaient cool, le fait qu’il faille des titres pour les présenter montre qu’il y en a beaucoup trop (sept planètes différentes ! alors que le film fait deux heures !). Et enfin les acteurs ; je suis désolé, mais Felicity Jones, Mads Mikkelsen et Forest Whitaker sont des grands noms du cinéma, et là ça ne s’est pas ressenti. C’est peut-être dû aux reshoots qu’ils ont faits anormalement tard par rapport à un blockbuster classique, et qui expliqueraient qu’à ce moment ils étaient sortis de leurs personnages… Mais quand tu as vu Une Merveilleuse histoire du temps, tu attends plus de Jones.
Mais attention, là je m’obstine à abaisser le film mais il ne faut pas taper trop fort non plus, car même s’il est intrinsèquement moins bon que The Force Awakens, il en corrige pas mal de défauts. L’Etoile Noire, premier grand ennemi de la saga Star Wars, caricaturée par cette copie grotesque qu’était Starkiller, est ici ré-iconisée pour en refaire une menace ultime, d’une taille et d’une puissance exceptionnelle. Il y a aussi Dark Vador, qui a effectué un retour magnifique et qui nous offre un combat de sabre laser final qui est sans conteste l’une des scènes les plus extatiques de la saga ! Rien qu’à l’idée que cette séquence aurait ne jamais pu exister, je remercie Disney d’avoir relancé la franchise. Et puis de nouveau un défi technique à relever (pour la franchise qui a toujours été précurseur en effets spéciaux) : reproduire les visages de personnes décédées c’était un sacré défi, et même si cela marche plus ou moins bien (Leia pas du tout, Tarkin même si c’est excellent… la texture de la peau me fait voir que ce n’est pas un humain) ont peut saluer la tentative (ou en être effrayé, c’est selon).

Par contre, le message du film « voilà ce qu’est la vraie rébellion, la vie rude et difficile » ne passe pas toujours bien, notamment parce que le film est tout public et ne doit donc choquer personne (rien que la scène où Cassian tue son informateur, c’est hors cadre au point que la première fois je n’avais pas compris que le tir venait de son blaster !). Le fait aussi que la résistance soit divisée, même au sein du conseil, cela m’a pas mal gêné, car les rebelles ont toujours été montrés dans Star Wars unis contre un adversaire bien plus grand qu’eux. Mais comme dit plus haut, c’est contre-balancé par les scènes de guerre civile.

Donc au final, un film qui m’a laissé un goût d’inachevé dans la bouche à la sortie, mais qui m’a fait prendre espoir que Disney pouvait faire autre chose que des produits calibrés avec cette saga. J’avais retrouvé l’espoir qu’un film allait bientôt arriver, combinant les qualités de The Force Awakens et de Rogue One, et qui pourrait me combler tout à fait.

En Bonus : la Table Ronde sur le film

Le K Benzema de Florent Bodin et Damien Piscarel

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Pays : France
Année :2017

À l’occasion de sa sortie chez Wild Side, revenons sur le documentaire « Le K Benzema ».

Pendant deux heures, Karim Benzema se dévoile au gré de conversations avec des joueurs de foot ou certains de ses proches.

Sujet assez intéressant s’il en est que Karim Benzema, footballeur talentueux qui crée souvent la polémique en France. Ces deux heures apportent donc un regard assez humain sur le jeune homme sans ignorer les scandales qui l’entourent. Néanmoins, on peut voir ce documentaire comme un plaidoyer en faveur de Karim Benzema, que ce soit en rappelant les chiffres impressionnants de sa carrière ou bien en apportant un autre point de vue sur ses affaires. On peut constater son rapport clivant avec les supporters français et cette Équipe de France sur laquelle il se montre pourtant passionné.

De nombreux intervenants viennent ponctuer le documentaire. Les noms qui s’expriment sont renommés : Zinedine Zidane, Cristiano Ronaldo, Franck Ribery, Yoan Gourcuff, Juninho, … Chacun dévoile une nouvelle facette de Karim Benzema avec plus ou moins d’intérêt. On a également droit à quelques instants dans l’intimité du joueur, qui n’hésite pas à parler franchement des divers sujets qui touchent à sa réputation. De quoi réduire le fossé entre le lyonnais et son public et dévoiler une personnalité au parcours atypique. Certains pourront critiquer le projet (ou l’ont déjà fait sur les réseaux sociaux lors de sa diffusion sur Canal Plus) mais on ne peut nier que cela apporte un autre regard sur le buteur du Real Madrid.

Sans aucun doute aussi clivant que la personnalité qu’il suit, « Le K Benzema » permet de jeter un œil différent sur un joueur au rapport compliqué avec sa sélection et son public mais tentant de garder des liens avec ses origines. À vous de juger de la pertinence de ce documentaire mais l’auteur de ces lignes, étant neutre sur les débats entourant le joueur (et belge de surcroit !), a pour sa part trouvé son visionnage intéressant, que ce soit d’un point de vue sportif ou humain…

Jean Douchet, l’enfant agité de Fabien Hagege, Guillaume Namur et Vincent Haasser

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Pays : France
Année : 2017

C’était hier avec Carlotta que sortait sur les écrans « Jean Douchet, l’enfant agité », documentaire sur ce célèbre membre de la Nouvelle Vague Française.

On peut voir dans ce documentaire un format classique, avec ces trois réalisateurs suivant une personnalité dans ses pérégrinations tout en interrogeant ses proches. Et pourtant, il y a quelque chose qui attire directement l’attention : Jean Douchet lui-même. Il est compliqué de ne pas succomber au charme et à la réflexion de l’ancien critique des « Cahiers ». Personnage important de la Nouvelle Vague dans l’ombre de Truffaut ou Godard, Douchet attire pourtant l’intérêt avec sa connaissance et sa manière d’aborder le septième art, bien que ce soit de manière discrète et rare (on repense à sa participation à « Paris vu par », que nous avions abordé à l’écrit il y a quelques temps).

Le point qui touche le plus et se fait vite remarquer est son rôle de « transmetteur ». Cela est déjà dit dans le résumé, et pourtant on ne peut s’imaginer à quel point le film montre Jean Douchet tel un porteur de flambeau à la nouvelle génération. C’est quelque chose qui est souvent oublié mais le cinéma, tel l’art évolutif qu’il est, passe et se perpétue de personnes en personnes avec un regard à chaque fois différent et au final complémentaire au vu de notre savoir et notre expérience de vie respectifs. Douchet, par la vie qu’il a menée (et continue de le faire) et par ses interactions avec des grands noms du cinéma, se mue dans un rôle de vecteur d’informations et de visions.

Dans leur note d’attention, les réalisateurs parlent de l’inquiétude qu’ils ont eue sur la manière de rendre à l’écran la parole de Jean Douchet avant de se décider à le dévoiler par touches, entre rencontres et voyages. Voilà qui confère quelque chose d’assez différent et en même temps cohérent avec le personnage. Si l’entretien fleuve, comme envisagé par les metteurs en scène, aurait sûrement été intéressant, il aurait occulté cet aspect en perpétuel mouvement de Douchet et cela aurait été un grand manque à gagner pour le spectateur qui le découvre. En effet, c’est en le voyant en interaction ou évoqué par d’autres que l’on se met à toucher du doigt une personnalité à la fois hors norme et humble du cinéma français.

C’est comme l’enfant agité du titre que Jean Douchet est représenté, à la recherche d’héritiers à qui transmettre sa vision et ses connaissances de manière marquante. Tout cela se retrouve avec attachement dans ce portrait attendrissant qui permet de lever le voile sur cette figure discrète tout en gardant une certaine part de mystère provoquant un intérêt assez irrésistible…

Star Wars Épisode 7 : Le réveil de la Force (critique commune)

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Pays : États-Unis
Année : 2015
Casting : Daisy Ridley, John Boyega, Adam Driver,…

Alors que l’impitoyable Premier Ordre soumet l’univers à son régime, une jeune pilleuse va rencontrer un droïde en possession d’un bien extrêmement précieux…

L’avis de Monsieur Popcorn
16 décembre 2015. C’est l’émoi autour de la planète : le septième volet de la saga « Star Wars » sort dans une impatience générale. Après la déception engendrée pour certains par la mal aimée prélogie de George Lucas, ce nouvel épisode s’annonce comme un retour aux sources. Il suffit de voir l’homme à qui il est confié, J. J. Abrams, grand fan qui a déjà remis sous les lumières l’ennemi juré « Star Trek ». Bref, la hype est énorme pour une grosse partie de la planète.

Janvier 2016. Si les recettes du film sont monumentales, les retours des spectateurs sont plus mitigés. C’est bien simple : tout le monde l’accuse d’être une redite sans âme d’« Un nouvel espoir », J. J. Abrams est vu comme un yes man aveuglé par son amour de la légende à laquelle il s’est attaqué et Disney accusé d’avoir transformé « Star Wars » en marque. Si l’on ne peut remettre en question l’aspect commercial du film (comme c’est le cas pour une grosse partie de la production cinématographique), il semble que certains aspects de l’intrigue ou de la mise en scène aient été mis de côté par les critiques. Certains se sont d’ailleurs même amusés à descendre aveuglément le film pour faire les fiers. Alors aujourd’hui, revenons sur le film en essayant de le voir pour ce qu’il est, avec ses qualités et ses défauts.

Attention : étant donné que nous sommes dans une analyse plus approfondie du film, ce texte sera rempli de spoilers. Il est recommandé de lire cette critique après avoir vu « Le Réveil de la Force ».Sinon, vous pouvez avancer jusqu’à la critique d’Orel.

Tout d’abord, le point principal : la structure même de l’intrigue. Beaucoup ont noté des similitudes avec celle d’« Un nouvel espoir » et ont crié au vulgaire copier-coller. Néanmoins, si l’on peut noter les nombreuses différences entre les récits des deux films, demandons-nous pourquoi elles semblent si proches. Première constatation : un autre film de la saga adopte une forme similaire et c’est « La menace fantôme ». Point commun entre ces trois films : chacun doit lancer le début d’une « nouvelle » saga. On peut aussi argumenter que si les épisodes I et IV sont similaires, c’est pour marquer la route commune qu’avaient pris les deux Skywalker avant de diverger chacun vers un côté différent de la force. Néanmoins, il est encore trop tôt pour savoir la tournure que prendront certains personnages au cours de cette nouvelle trilogie. En cela, on peut donc trouver le plus gros reproche à faire à la construction du film : servir à introduire une trilogie, avec ce que cela implique de questions devant être répondues lors des prochains volets.

Maintenant, on peut trouver une autre lecture à l’ossature du scénario, impliquant une vision autant extra qu’intra diégétique. D’abord, d’un point de vue financier, Disney cherchait à retrouver dans ses films l’amour que pouvaient avoir les fans des premiers volets avant la haine (assez injuste) ressentie pour la prélogie. La société veut jouer sur l’intertextualité, le rappel de bons souvenirs passés (comme ils le font actuellement avec les relectures de leurs classiques). Ils demandent donc à un fan, J. J. Abrams, d’offrir un film fait pour les fans. Mais celui-ci n’est pas qu’un simple yes man admirateur : il a déjà prouvé lors de ses précédentes réalisations avoir joué de ses influences afin de créer quelque chose de neuf avec un amour de l’ancien, ce qu’on peut qualifier de réappropriation culturelle. Ici, il fait de même, au point que cela affecte les personnages du récit même. Ils connaissent les exploits des héros de la première trilogie, l’antagoniste est l’exemple même du fan qui tente de faire siennes des histoires pré existantes. Le principe même de réappropriation culturelle se trouve être un moteur de l’intrigue : se montrer à la hauteur de nos aînés, avancer dans une histoire dans laquelle on a grandi, refaire sien de l’ancien pour en sortir quelque chose de neuf. De quoi justifier une intrigue pouvant sembler similaire aux anciens films.

On peut également parler de recherche de ré-iconisation d’une saga alors moquée, et ce même par certains fans. Le sabre laser de Luke se voit revenir dans une séquence où l’objet devient mythique. Si l’on peut reprocher de ne pas savoir comment il a été récupéré (bien que la phrase « A good question. For another time. » rappelle la construction des séries d’Abrams), son passage de main en main devient une forme de jeu. D’abord utilisé par Finn (un « profane » qui ne ressent pourtant pas la Force), il reviendra à Rey lors d’un combat final face à son opposant idéologique. On peut même parler de frisson dans le dos une fois l’arme allumée, le fruit d’un excellent travail de sound design (comme dans tous les Star Wars ainsi que la filmographie d’Abrams). Tout est fait pour que chaque élément célèbre retrouve son éclat originel. Le premier vol du Faucon Millénium appelle ainsi à une certaine excitation. Et quand Chewbacca et Han Solo arrivent à son bord avec la réplique « Chewie, we’re home », on se sent effectivement comme chez soi dans ce bon vieux vaisseau. Oui, JJ Abrams peut faire son fan en s’amusant avec « ses » nouveaux jouets. Il le fait néanmoins avec un regard d’amour sincère, celui du passionné inconditionnel qui veut partager l’histoire qu’il entretient avec la saga et ses sensations cinéphiliques en rapport avec le plus de personnes possible (comme l’avait fait, par exemple, Fede Alvarez avec son remake d’« Evil Dead »). L’iconisation n’est pas gratuite mais essentielle et cette thématique sera développée de manière passionnante dans le volet suivant. Si l’on ajoute à cela des lectures proches de thématiques historiques (répétition historique comme mentionné plus haut, une forme de djihadisme dans le comportement de Kylo Ren), on peut trouver un grand nombre de lectures fascinantes derrière l’intrigue.

Concernant l’écriture des personnages, il semble que cet aspect n’ait pas été assez mis en avant par les détracteurs. Il suffit de voir Finn, stormtrooper en cavale qui, par son geste, humanise des soldats auparavant interchangeables et atteint une forme de légende en sortant de son rang pour devenir quelque chose de plus. Rey est une jeune femme forte qui elle aussi va toucher à l’histoire de par sa rencontre avec Finn. Les critiques adressées quant à sa maîtrise directe de la Force peuvent être rapidement comparées à celles d’Anakin et Luke (tous deux détruisent une base spatiale de grande taille, le premier utilise même sans le savoir son don pour survivre à ses courses de pod) tout comme ses aptitudes physiques résultant de sa vie sur une planète peu accueillante (comme montré d’ailleurs sur Jakku alors qu’on tente de lui dérober BB-8). De plus, l’utilisation qu’elle fait de la Force est plus accidentelle avant de tourner vers le réflexe, l’instinct. Pas de quoi hurler au personnage hyper badass et mal écrit comme on a pu le faire un million de fois.

Enfin, le plus passionnant reste Kylo Ren. Icônisé dans la promotion et le début de l’intrigue, on se rend compte que le personnage est rapidement influencé par ses émotions, un jeune homme à la colère incontrôlable. Sa quête de la perfection (en l’occurrence Dark Vador) ne fait que confirmer son imperfection, sa fragilité, au point de le conduire à commettre l’irréparable. Des personnes se sont insurgées contre lui, n’y voyant qu’un méchant de piètre qualité et peu terrorisant alors que c’est cette volonté même d’atteindre le côté obscur qui le rend peu à peu terrifiant. On peut également y voir, avec la construction autour de ses parents, un symbole de ces jeunes qui s’engagent dans des luttes qu’ils jugent justes alors que cela les pousse à commettre des actes effroyables faisant peu à peu disparaître l’humanité et les sentiments en eux pour ne laisser qu’une carcasse vide, sans âme. Y a-t-il plus effrayant que la déchéance humaine, que voir une personne a priori normale peu à peu se transformer en monstre ?

Quant au retour des anciens personnages, il est fait avec un amour sincère pour eux. En regardant les premières apparitions de Leia et d’Han Solo, on sent le fan derrière la caméra qui chérit ses héros pour leur offrir une entrée en splendeur. Il est amusant de voir aussi qu’il faudra que Disney reprenne la saga pour qu’Harrison Ford aie droit à ce qu’il demandait déjà dans les volets précédents : la mort de son personnage. Sachant que George Lucas refusait cela pour des raisons marketing, cela est bien ironique de la part d’une firme accusée d’avoir transformé Star Wars en simple outil commercial de le faire… Impossible par contre de passer sur l’utilisation de Luke en pur MacGuffin. On peut y voir une manière pour Abrams de jouer avec ses spectateurs comme il l’a déjà fait dans ses précédentes œuvres, aussi bien télévisuelles que cinématographiques (la patte de lapin dans le troisième « Mission Impossible 3 »).

On peut reprocher à certains personnages d’être peu (Poe Dameron) ou pas (Captain Phasma) développés. Néanmoins, cela revient au plus gros problème du film : devoir lancer une nouvelle trilogie. En effet, on sent en voyant la fin du « Réveil de la Force » que l’histoire doit être prolongée et l’on ressent cette même chose en voyant certains protagonistes. Néanmoins, on pourra argumenter que cela aura évolué dans le volet suivant, ce que nous expliquerons plus en détail dans la critique du huitième épisode (ou comme le dirait Maz Kanata « A good question.For another time « )

Concernant la mise en scène, elle est du même niveau que les autres œuvres d’Abrams. En effet, on oublie que derrière leurs oripeaux de blockbusters, ses films dégagent une forte émotion. On pense à la volonté d’humaniser Ethan Hunt après un second « Mission impossible » qui le déifiait ou encore les scènes de début de ses deux « Star Trek ». Ici, le grand tournant émotionnel est la discussion entre Kylo Ren et Han Solo. Cette confrontation entre un père éploré et le fils qu’il veut retrouver a de quoi déchirer le cœur, surtout au vu du sort réservé au personnage et cette caresse qu’il prodigue à son visage avant de tomber dans le vide. Il ne néglige néanmoins pas ses moments de bravoure, en particulier le duel entre Kylo et Rey, se terminant par la symbolique du chemin opposé qu’ils suivent. On retrouve du dynamisme dans ses mouvements de caméra et une lisibilité exemplaire parmi des blockbusters sur-découpés. Il ne faut également pas oublier le travail sur le sound design (récurrent dans la filmographie d’Abrams et méritant d’être bien plus abordé).

D’un point de vue musical, John Williams compose un score se basant fortement sur ses anciennes compositions (logique pour le septième volet d’une saga). Néanmoins, il compose aussi de nouveaux morceaux de qualité. Ainsi, le thème de Rey, utilisant notamment une flûte, dépeint la douceur et la naïveté derrière le personnage. Il y a une forme de respect de l’ancien que l’on retrouve également dans le récit, ayant donc contaminé la bande originale dans sa soif de retour aux sources.

Au final, si « Le Réveil de la Force » est loin d’être parfait, il ne mérite pas les critiques assassines que l’on trouve facilement sur Internet. C’est un blockbuster élégant et dynamique, bien filmé, avec une bonne écriture et qui arrive à raviver la flamme que l’on peut avoir pour « Star Wars ». De quoi lancer une trilogie aussi légendaire que les volets précédents ? Il faudra par contre attendre pour avoir cette réponse…

L’avis d’Orel
Trois ans d’attente ce fut long, mais nous y voici et cette fois-ci c’est Mr J.J Abrams qui reprend le flambeau. A savoir que la 20th Century Fox n’est plus derrière tout ça, Disney rachetait à Lucas il y a trois ans. Avec une franchise pareille, il est évident que Mickey veut relancer la saga mais pas de manière idiote. Oui, bien entendu l’argent c’est ça… relancer une telle franchise ça marchera a coup sûr mais il faut le faire bien. Et c’est réussi en faisant revenir Carrie Fisher, Harrison Ford et Mark Hamill ,mais on y voit aussi de petits nouveaux. C’est un Star Wars de cette trempe qu’on voulait, après la prélogie qui était loin d’être parfaite mais pas mauvaise quoi qu’on puisse dire.

Harrison reprend son rôle de Han Solo ainsi que Carrie Fisher qui joue Leia, quelle joie de les revoir !Les années ont passé, mais sont tout autant charismatiques et attachants et on revoit aussi Chewbaca,il ne faut pas oublier. Rien ne sera dit sur l’intrigue du film, sur le déroulement je laisse la surprise, car des surprises il y en a, que ce soit dans l’histoire ou dans les effets-spéciaux. Les évènements du film se déroulent 30 ans après Le retour du Jedi, un nouvel ennemi ,des nouveaux héros. De nombreux rebondissements, tout est fait pour nous plaire. J.J Abrams semble à l’aise derrière la caméra, et livre une mise en scène magnifique dans les batailles, les passages humoristiques ou même émouvants. Abrams retranscrit parfaitement toutes les émotions du film. Une mise en scène soignée , qui révèle un incroyable travail ,qui fut de longue haleine : on ne s’ennuie pas une seconde ,l’action s’enchaîne, pas de temps mort. Un veritable spectacle visuel ahurissant, les scènes des vaisseaux sont magnifiques. Abrams est celui qu’il fallait pour ce Star Wars, habitué à reprendre les franchises ,telles que Mission Impossible ou Star Trek. Il reprend avec brio une des plus grandes sagas, en respectant les codes de la franchise, même si certains restent mécontents. Le réalisateur ne reprendra pas son musicien attitré Michael Giacchino ,puisque ici John Williams revient, rien de bien nouveau niveau partitions, bien évidemment le thème principal du film, le reste de la musique est certes bien ,mais ne reste pas forcément mémorable.

Lawrence Kasdan scénariste de L’empire contre attaque et Le retour du Jedi ,se remet à l’écriture d’un star Wars, il n’est pas seul puisque l’accompagne Michael Arndt ,et le réalisateur J.J Abrams. Avec ce septième film ,le but est de faire une nouvelle trilogie, et cela semble plutôt bien parti, ne pouvant rien révéler sur l’histoire, on pourra dire que celle-ci reprend parfaitement les personnages de base, et en crée des nouveaux ,très bien traités… le meilleur reste à venir. Le film accueille la jeune actrice Daisy Riley et John Boyega, qui apportent du neuf à la saga. Avec le spin-off prévu en 2016, et la suite de l’épisode 7, plus tard, la saga n’a pas fini de faire parler d’elle et tant mieux.

L’avis de Charles Gravouille

Le retour de la saga cinématographique la plus populaire !
Pas besoin de trop parler du contexte et de l’attente, tout le monde le fait déjà beaucoup trop, à tel point qu’on découvre de jour en jour des nouveaux fans se disant fans depuis longtemps alors que le seul truc qu’ils connaissaient il y a un an, c’est le « Je suis ton père » ou au moins le personnage de Dark Vador. L’aliénation autour de ce film me dépasse un peu, je la comprends, j’ai même organisé des débats sur les 6 films de la saga, mais parce que tous les films ont des lectures intéressantes, au-delà du potentiel de l’univers, parce que l’ultra marketing renforcé par Disney a un peu envahi la qualité cinématographique de ce film. Oui, tu la sens cette transition bien trouvée ? Alors, mon avis :
J’ai énormément aimé « The Force Awakens ». Commençons par là. Le générique de début, la musique déjà existante, les héros de la trilogie originale, puis l’énorme qualité des effets spéciaux bien mélangés aux décors naturels qui donnent un aspect nostalgique et visuel impressionnant, jouissif pour les fans et pour ceux qui apprécient l’univers. J’ai apprécié le rythme, les couleurs, presque tous les acteurs en général, bref, une séance géniale ! Maintenant, je vais rentrer dans le détail, ça risque d’être long, et surtout, je risque de spoiler très rapidement, si vous n’avez pas vu le film, ne continuez pas la lecture.
Ca faisait longtemps que je n’avais pas senti un écart aussi grand entre mon ressenti personnel et la réelle qualité du film, d’habitude, il me faut plusieurs visionnages pour dissocier l’objectivité et la subjectivité d’une œuvre. Ici, j’ai vraiment senti un film produit par les studios Disney, mais de base, Star Wars (en tout cas, « A New Hope ») est la promesse d’un divertissement, d’une évasion galactique, et « The Force Awakens » respecte ceci aussi, mais peut-être avec l’esprit marketing en plus, voir en trop.

C’est très globalement un remake de l’épisode IV, et j’ai beaucoup d’exemples concrets, que ce soient des moments de l’histoire ou même des scènes : l’héroïne vit sur une planète sableuse, ne connaît pas grand-chose de sa famille, il y a l’appel de l’aventure qu’elle n’accepte pas tout de suite (bon ça, c’est surtout une lecture Campbelienne théoriquement, mais je continue), elle est épaulé par un mentor expérimenté qui a retrouvé une vieille connaissance à la fin, la Résistance (là pour le coup, c’est exactement pareil) doit détruire la base des méchants qui a déjà détruit des planètes, les X-Wings volent dans un couloir sur cette base, un se crash sur la côté… Bref, on ne sait pas trop s’il s’agit d’une réécriture volontaire du 4 ou un manque d’inspiration déguisé par une soi-disant nouveauté, je suis sceptique car quand même, même si le but est de divertir, on peut le faire en amenant des idées ou en tout cas des concepts moins ordinaires, j’y vois en fait une fainéantise scénaristique, même dans certaines fonctions des personnages ! Han Solo remplace Obi-Wan Kenobi, le pilote Poe remplace Han Solo, Rey remplace Luke, Kylo Ren remplace Dark Vador, Snoke remplace Palpatine (bien qu’on ne voit pas Palpatine dans le IV), mais ce n’est pas réellement un défaut en vrai, encore une fois, on a vu ça partout avant dans toutes les histoires aventureuses. Mais même le titre est censé indiqué que ça ressemble au IV : Le Réveil de Force, qui veut dire que les Jedi reviennent, tout comme la Lumière, l’espoir, comme Un Nouvel Espoir, Luke symbolisant le retour en force (jeu de mot) des gentils. L’idée est donc de voir le retour du bien pour vaincre le mal, et ici, il y a une écriture très intéressante avec la Force, la tentation et l’utilisation du côté obscure, celui qui montre ceci parfaitement est Kylo Ren, qui est le nouveau Dark Vador, mais là, on le voit dans un stade de l’histoire ou il est une sorte d’apprenti seigneur chez le Premier Ordre (qui remplace l’Empire), il fait ses caprices d’adolescent, et il possède la Force de par ses gênes (on découvre notamment que c’est le fils de Han Solo et Leia Organa, rien que ça, on apprend aussi qu’il a été formé par Luke skywalker et qu’il a été tenté par le côté obscure, qui explique que Luke se soit exilé au début du film, ce qui deviendra l’un des enjeux du film car le Premier Ordre cherche Luke). Si vous voulez, bien que je trouve l’évolution de l’histoire déjà vue dans la saga même, les enjeux liés à la trame sont juste super intéressants, grâce au développement de la famille Skywalker (on y inclue Han Solo bien sûr). Beaucoup de choses ont été dit sur la rapidité de la construction du Starkiller, le développement de Kylo Ren, le retour des méchants etc, mais comment peut-on savoir que c’est un défaut si rien n’est montré ? Ca fait partie de la diégèse de Star Wars d’avoir des choses démesurés, faut pas prendre une grille de lecture comme pour un film qui se passe dans notre quotidien, mais plutôt un grille de lecture liée à la diégèse de la saga, qu’on comprend très bien et très vite même si Star Wars VII est le premier film de la saga qu’on regarde (sauf quand ils parlent de Luke dès le début, ils auraient dû, étant donné que chaque film doit être compris dans son entité, préciser qu’il s’agit du mythique Luke, ou de l’ancien chevalier Luke, bref, si j’y connais rien, je vois le nom Luke, je sais pas si tu me parles de mon boulanger ou de mon voisin. Film pour les fans, ok, mais faut faire comme les Pixar, mêler à la fois lectures pour les enfants et pour les adultes). Je note la dose d’humour très bonne, très ajustée, surtout le coup du briquet de BB8.

Alors, qu’en est-il de la réalisation ? Dans l’absolu, c’est la plus impressionnante, mais ne prenant pas en compte ceci car faut pas comparer les films de 1977-1980-1983 à celui de 2015.
Elle est très bien en vrai, Abrams a bien appliqué ce que souhaitait Disney, c’est-à-dire iconiser ces paysages, l’espace, les personnages, les scènes d’action, Abrams rend très lisible le film, il démesure intelligemment ses plans souvent, bien que cinématographiquement parlant, si on prend en compte le langage cinématographique, c’est parfois trop démesuré et parfois hors de propos. L’idée de la caméra penchée, oui j’adhère, mais le choix de plans comme ceux ou Kylo Ren tend sa main vers Poe ou Rey, c’est franchement ridicule, accentué par le son de la Force que je trouve un peu con. En fait, Abrams sait filmer magnifiquement les scènes de grande envergure, mais pour les plans plus simples et plus rapprochés, il n’utilise pas forcément les plans appropriés (lui ou Disney). Oui, je cite souvent Disney pour la réal, tout simplement parce que tu mets n’importe quel autre réalisateur, le film aurait été visuellement la même chose. Beaucoup ont vu des plans similaires dans Star Trek, mais Abrams est un réal efficace dans les films de ce genre, il a un style finalement très classique dans la catégorie des gros films fantastiques. Il y a une variation dans la réal’, mais il y a aussi quelques petits raccords qui ne concordent pas, la succession de plans ne suffisent pas à eux seuls à lire le film correctement, mais ceci est devenu un défaut fréquent dans les blockbusters.

Les acteurs sont très bien, tout comme leur écriture ! Les nouveaux surtout, la meilleure actrice est tout simplement celle qui joue le rôle principale : Daisy Ridley. Quel charisme ! Oui, c’est vrai qu’elle est très jolie (petite ressemblance avec Natalie Portman, tiens donc), mais elle a un body language marquant, un débit de parole efficace, un jeu très juste qui arrive à se démarquer dans une telle œuvre ! John Boyega est drôle, très subtil toutefois, et l’idée du Stormtrooper ayant un comportement à part des autres est géniale. Il mérite d’être développé dans les suites. Les autres sont biens aussi, comme Oscar Isaac et Domnhall Gleeson. En revanche, Adam Driver est un peu en-dessous, alors qu’il joue Kylo Ren. Sa gestuelle est très bien, mais il ne se lâche pas assez. Il a le charisme nécessaire, mais il manque quelque chose pour le trouver convainquant. Par contre, Harrison Ford est génial, en tant que papy rebelle. Bien sûr, la mort d’Han Solo va faire énormément parlé, mais ce fut une énorme sensation pour moi, et bordel, la main contre le visage de son fils qui vient de le tuer, mon dieu, mais ça m’a touché ! Ici, et dans le reste du film, la frontière bien et mal que Lucas (je parle enfin de lui tiens) avait du mal à expliquer est mieux écrite et plus nuancer par ce film. Fisher est entre le bon et le touchant. Par contre, un personnage m’a agacé, à cause de sa présence à l’écran, malgré son extrême importance, à l’instar de R2D2 dans le IV : BB8. Ok, il est mignon. Mais pourquoi autant de plans inutiles sur lui ? Et je te fais le bat-grappin, et j’ai un plan que sur moi quand je roule vers un vaisseau, et j’ai peur de Chewbacca, en fait, il symbolise une crainte que j’avais vis-à-vis des scénaristes, des monteurs et du marketing : ils ont tout simplement réfléchi le marketing avant le scénario et le montage. Du coup, tu te retrouves avec un personnage qui est foutu dans les magasins depuis un an, qui est montré très souvent, et pour revenir sur le langage cinématographique, normalement, chaque plan doit avoir son utilité. Ceux de BB8 sont de trop, ce qui prouve la volonté de vendre des ballons Star Wars, et ceci est un petit défaut, dommage, mais ça se voit que c’est Disney qui produit. Mais par contre, les duels au sabre sont cools, même quand Finn utilise peu longtemps le sabre laser. Très beau, intense, le duel entre Rey et Ben est impressionnant.
Alors, ma seule déception finalement par rapport à mes attentes est la musique. On sait que c’est John Williams au-delà des thèmes déjà connus. Il renouvelle, voir recréé sa BO, et elle n’écrase le propos du film, mais je n’ai pas senti de frissons en l’entendant, sauf celle utilisée pour le face à face Han Solo/Ben Solo.

Conclusion : Un film très divertissant, intéressant avec les questionnements sur la Force, sur Rey et son importance, mais je ressens un peu de retenue pour les épisodes 8 et 9. Je le situe pour l’instant entre toute la trilogie et toute la prélogie, par contre, à revoir pour le plaisir pur de spectacle, ce serait le deuxième après « L’Empire Contre-Attaque » que je place tout en haut dans mon affection.

L’avis d’A la rencontre du septième art

16 décembre 2015. Voilà une date qui était gravée dans le marbre par nombre de fans de la saga mythique qui s’apprête à bientôt fêter ses 40 ans. Comment ne pas trépigner d’impatience, ne pas se laisser emporter par tout cet engouement qui vient animer cette toute fin d’année 2015 ? Deux jours avant la sortie aux Etats-Unis, nous voilà, public français si privilégié, devant ce qui devrait être le plus gros carton de l’année, j’ai nommé Star Wars Episode VII : Le Réveil de la Force. Un succès écrit d’avance, mais en est-il si digne ? Voici le ressenti à chaud d’un fan, garanti sans spoiler.
Il y a encore un ou deux ans de cela, personne ne donnait cher de l’avenir de la saga. Suite au rachat de Lucasfilms par Disney, tout le monde craignait une suite trop enfantine, et la naissance d’une nouvelle trilogie produite sous le signe de la chasse aux dollars. C’était mal connaître JJ Abrams et les ambitions nourries par ce nouvel opus. La sortie d’un teaser magistral il y a huit mois fit rapidement taire les mauvaises langues et parvint à mettre tout le monde d’accord, faisant passer cet Episode VII du statut de vilain petit canard à celui de véritable messie, promettant le retour en trombe de la mythique saga sur grand écran.
Star Wars, c’est mon adolescence, des heures passées à voir et à revoir les six épisodes, à finir par en connaître les répliques, les noms de tous les personnages, des planètes, tout un univers qui m’a transporté, et autant dire que même si les années ont passé, j’ai toujours gardé en moi cet attachement à cet univers si particulier. Star Wars Episode VII : Le Réveil de la Force était donc l’occasion de me replonger dans ce monde, de retrouver cette ambiance, et de revenir quelques années en arrière.
Il est difficile de tenir en place quand on s’installe dans une salle de cinéma et que l’on sait que l’on est là pour regarder un Star Wars. Nostalgie, excitation, impatience, on passe par tous les états, jusqu’au moment où s’affiche cette phrase si particulière : « Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine » . Le générique se lance, et c’est parti. Il n’en faut pas plus pour avoir des frissons et se retrouver entièrement plongé dans cette ambiance familière. Dès le début, les images rappellent la trilogie originale, et on sent vite que le film sera à la hauteur de ses ambitions.
Le film représentait un double-défi. D’un côté, il devait être à même de plaire à tous les fans de la première heure qui ont grandi avec la première trilogie, ainsi qu’à ceux qui, comme moi, ont grandi avec la prélogie. Mais d’un autre côté, cet épisode VII est le premier d’une nouvelle trilogie qui a pour ambition de marquer une nouvelle génération de fans potentiels. Cet opus parvient habilement à satisfaire tout le monde, en introduisant de nouveaux personnages, en faisant revenir les héros de la trilogie originale, et en actualisant le tout dans un style moderne, mais jamais trop éloigné de l’esprit des Star Wars précédents.
Plus proche de la trilogie originale que de la prélogie, ce Star Wars Episode VII : Le Réveil de la Force parvient à s’inscrire dans la continuité de la saga, tout en marquant un nouveau départ. On pouvait tout à fait craindre que la mainmise de Disney sur la production et l’aspect très aseptisé des blockbusters actuels ne viennent éteindre la saveur de ce Star Wars. Mais il n’en est rien. Peut-être plus humoristique que ces prédécesseurs, cet épisode VII ne s’avère jamais trop enfantin, ni trop cliché. Les personnages sont bien amenés, intéressants, et permettent de montrer l’univers Star Wars selon de nouvelles perspectives.

Tous les ingrédients d’un bon Star Wars sont présents, à commencer par l’excellente musique de John Williams. Comme Mad Max : Fury Road plus tôt dans l’année, ce nouveau Star Wars m’a énormément fait plaisir en étant capable de poursuivre une vieille saga en ne la dénaturant pas en en parvenant à mettre à profit les moyens d’aujourd’hui pour lui donner un coup de jeune. Le film respecte habilement ses prédécesseurs en étant le plus cohérent possible, y compris pour des détails tout bêtes. Il n’est bien sûr pas forcément exempt de reproches, mais au vu du défi qu’il y avait à relever, on ne peut qu’être satisfait du résultat.
Je ne m’étendrai pas davantage sur le sujet, car je ne souhaite vraiment rien divulguer sur les éléments-clé de l’intrigue. Ce que je peux dire, c’est que ce Star Wars a été au moins à la hauteur de mes attentes, si ce n’est au-delà. J’ai retrouvé une ambiance que j’avais délaissé depuis plusieurs années, et je n’ai perdu aucune miette de ce savoureux spectacle qui ne m’a fait décrocher à aucun moment.

L’avis du Cinéma avec un grand A

L’annonce de ce film est faite le 30 octobre 2012, lorsque la Walt Disney Company révèle avoir acheté la compagnie Lucasfilm pour la modique somme de 4 050 000 000 de dollars. C’est l’une des plus grosses transactions financières d’Hollywood. George Lucas dira que c’est pour simplement transmettre Star Wars à la nouvelle génération, une transmission bien chiffré ma foi.

Avant le rachat de Lucasfilms par Disney, George Lucas avait déjà planché sur une nouvelle trilogie dont il voulait principalement réaliser le premier film (Episode VII). Une fois sa société vendue, le réalisateur aura simplement le titre de consultant pour l’épisode VII.

Différents réalisateurs (Steven Spielberg, Quentin Tarantino, Zack Snyder et Guillermo del Toro) ont été approchés par Lucasfilm avant de décliner l’offre, la plupart d’entre eux justifiant ce choix par le côté casse-gueule de faire une suite. Pour plus d’informations sur ce sujet, n’hésitez pas à cliquer par ici.

J.J. Abrams est contacté mais refuse dans un premier temps de se lancer dans cette aventure, jugeant lui aussi que c’est un terrain glissant. Un peu plus tard, le réalisateur de Star Trek revient sur sa décision et accepte d’être aux commandes du 7éme volet de la saga Star Wars.

Côté scénario, Disney engage au départ Michael Arndt (scénariste de Toy Story 3) mais il est finalement remplacé par J.J. Abrams lui même. Ce dernier est secondé par Lawrence Kasdan, qui avait déjà participé à l’écriture de l’épisode V et VI.

George Lucas affirme dans une interview accordée au site Cinema Blend en janvier 2015, que Disney n’a retenu aucune de ses idées pour les films en développement.

Je suis tout simplement un grand fan de la saga depuis l’âge de 7 ans. « L’Empire contre-attaque » et « Le Retour du Jedi » ont littéralement marqué mon enfance. J’ai fantasmé beaucoup sur une suite à ses films, bien sur j’ai lu les livres dont « la saga du Prince Ken ». En 2012, j’ai été content de voir qu’une suite allait voir le jour et encore plus sous la direction de J.J Abrams. Je ne pouvais donc pas me permettre de rater ce rêve de gosse devenir réalité dans une salle de cinéma.

L’écran noir, un silence de cathédrale et là ! Le générique s’impose et il est toujours intense au cinéma. Les sourires sont pratiquement sur tous les visages. Le speech est simple et efficace, on se rend compte qu’on passe un véritable cap avec ce nouveau film.

J.J. Abrams soigne à merveille le premier quart d’heure. Un démarrage assez sombre, un espèce de mélange entre « Un nouvel espoir » et « L’empire contre-attaque ». On entre dans le vif du sujet et le cadre autour des personnages est installé à la manière dont Lucas l’avait fait pour l’épisode IV.

Deux choses nous tapent dans l’œil dans ses premières minutes, c’est le pouvoir de Kylo qui arrête un tir de blaster et le sang que l’on voit sur le casque du stormtrooper (qui se révèle être Finn plus tard). Rien que ça, on n’avait jamais eu ça auparavant.

Un lancement digne des meilleurs épisodes de la saga et on espère que la suite sera du même niveau voir pourquoi pas un cran au dessus (oui, on en a jamais assez).

L’une des grandes qualités du film c’est clairement le casting. J.J. Abrams a su parfaitement choisir ses acteurs mais aussi les diriger.

Commençons par Daisy Ridley, cette jeune actrice est très convaincante dans la peau de la mystérieuse Rey. Abrams nous impose une héroïne digne de ce nom, un pari risqué et mais hautement réussi. John Boyega joue le stormtrooper qui a une véritable conscience et qui refuse de tuer des innocents et là encore Abrams nous montre qu’il a su mettre de l’originalité contrairement à ce que beaucoup disent.

Oscar Isaac remplit bien le job, le rôle qu’il tient lui convient bien mais on aurait peut être aimé le voir d’avantage à l’écran.

Adam Driver a la lourde tâche d’incarner le méchant principal et on peut dire qu’il passe l’épreuve avec succès. On a vu partout que l’acteur et son personnage étaient souvent critiqués. Alors que Abrams et Kasdan ont vraiment osé quelque chose c’est à dire créer un méchant qui se prend pour le meilleur alors qu’il n’est qu’un gamin capricieux, paumé avec un peu de pouvoirs en lui. L’effet miroir qu’emploie Abrams dans son film est très intéressant. On a un apprenti Sith qui a peur de la lumière et du vrai pouvoir de la Force. Lucas n’avait jamais exploré ce côté là, donc là il faut avouer que Abrams a réussi un très beau coup.

Aux côtés du jeune Sith, on a Domhnall Gleeson qui interprète le général Hux. Le jeu de l’acteur est bon mais un peu tiré parfois mais il est intéressant de voir la relation qu’il entretient avec Kylo Ren. Une dualité que l’on retrouvera dans le prochain épisode.

Harrison Ford est en grande forme dans la peau d’un personnage qu’il incarne avec brio. On reste dans la tradition de la première trilogie sans pour autant être soulant et tomber dans du fan service pur et dur. Le personnage de Solo a son importance sur plusieurs plans. Sa mort était un peu prévisible au fil des événements mais Ford conclue à merveille un personnage que lui seul peut incarner.

Un petit mot sur le personnage du leader suprême Snoke interprété en motion capture par Andy Serkis. Il y a beaucoup de mystère autour de ce personnage comme sur beaucoup d’autres d’ailleurs. On voit certaines critiques dirent que rien ne correspond, tout est posé là comme ça… Ne vous inquiétez, il y a encore deux suites et cela vous dire qu’on aura certainement des réponses à nos questions. Il est normal de laisser des tiroirs ouverts avec des doubles fonds sinon ça ne serait pas aussi attrayant de découvrir la suite. Pour Snoke, on ne sait pas si c’est un géant, d’où il vient ni comment il a instauré le nouvel ordre. Mais cela, on va peut être le découvrir dans l’épisode VIII. Les dubitatifs je vous comprends mais attendez la suite avant de juger complètement ce film pour ce qu’il est.

Bien sur la question que vous vous posez c’est, est ce que J.J Abrams a réussi à relever le défi ? Eh bah…C’est un grand OUI ! Le réalisateur a conçu son film entant que grand professionnel, passionné et fan de la saga (principalement la première trilogie). Sa mise en scène est hautement inspirée et cela nous offre du beau et grand spectacle. Il alterne avec maîtrise les scènes d’actions avec des scènes un peu près des personnages et des leurs sentiments. Je pense qu’une scène ou deux manquent à ce film mais ne gêne en rien la qualité globale de la réalisation. Du début à la fin, c’est tout simplement un pur plaisir.

Abrams et Kasdan ont réussi à composer un scénario passionnant et intelligent. Ils ont osé certaines choses et ça marche. Les codes changent légèrement mais avec subtilité. L’univers est toujours aussi riche en surprises et c’est ce qu’on attendait de voir depuis l’épisode VI. Les personnages sont très bien caractérisés notamment Rey et Kylo. Chapeau messieurs, vous avez fait de l’excellent travail.

Les seul petits reproches que que l’on peut faire au niveau du scénario, c’est au niveau de l’identité de Kylo Ren. Celle-ci vient de manière trop rapide, il aurait été malin de jouer avec le spectateur sur cet aspect là. La réutilisation d’une planète désertique et d’une nouvelle arme pour les antagonistes, ça sonne trop le déjà-vu, et je comprends que l’on puisse tiquer sur ça.

Un petit mot sur les décors et les effets spéciaux qui sont excellents. J.J. Abrams mixe à merveille les effets d’aujourd’hui avec ceux d’hier comme le montre si bien le plan après le générique du début. On voit une réelle cohérence avec la première trilogie, chose que Ridley Scott n’avait pas réussis avec « Prometheus » et « Alien » par exemple. Le sérieux et la cohésion de travail sautent aux yeux quand on voit tout ça.

La musique de John Williams est toujours aussi importante chez Star Wars (et dans les autres films aussi). Il compose ici une bande originale de bonne facture qui reprend les grands thèmes à l’ancienne. J’aurais aimé toutefois que le compositeur nous ponde deux ou trois thèmes marquants comme il nous avait livré par la passé. Cela dit, on ne boude pas non plus notre plaisir auditif car Mr Williams, c’est Mr Williams ! Si je devais choisir la meilleure piste du film, ça serait certainement celle qui concerne la dernière scène.

Pour finir, je peux vous dire que ce nouvel épisode en surpasse largement quelques uns. L’influence Disney n’est pas trop visible et tant mieux. J.J. Abrams a montré du sérieux et de l’audace dans sa mise en scène et dans sa collaboration avec Lawrence Kasdan. De nouveaux personnages pour de nouveaux acteurs, un univers qui s’agrandit et qui devient de plus en plus enivrant et intriguant. On attend déjà avec impatience la suite !!

En résumé, Star Wars, épisode VII : Le Réveil de la Force répond à l’attente qu’il suscitait. J.J. Abrams nous livre une nouvelle base intéressante pour la saga et met au passage une petite claque à certains épisodes de la prélogie.

The disaster artist de Greg Sestero et Tom Bissell

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À l’occasion de la sortie de « The disaster artist » en Europe, Carlotta édite le livre éponyme qui inspira le long-métrage.

Greg Sestero joue Mark dans « The Room », considéré comme l’un des plus mauvais films de tous les temps. Il raconte donc, avec Tom Bissell, son expérience ainsi que sa relation étrange avec Tommy Wiseau, personnage fantasque qui aura lancé cette œuvre particulière.

Pour ceux qui n’ont jamais entendu parler de ce film, « The Room » est un film indépendant écrit, réalisé et interprété par Tommy Wiseau. Celui-ci aura mis six millions de dollars dans une œuvre catastrophique à divers niveaux : un décor de toit avec fond vert là où tourner sur un vrai toit aurait été moins cher, l’utilisation simultanée d’une caméra numérique et 35 mm pour chaque séquence, un changement constant d’équipes, … Mais le plus gros souci est Tommy Wiseau lui-même, acteur alternant prises colériques et d’autres extrêmement molles. Le visionnage de ce film est devenu une expérience, un culte même au vu de la médiocrité ambiante. Lire le témoignage de Greg Sestero rend alors ce film plus intéressant à aborder au vu des multiples anecdotes surprenantes qui émaillent et dont nous vous préserverons la surprise.

La narration alterne deux temporalités, une sur le plateau de « The Room », l’autre avant celui-ci. Il y a une fascination qui se dégage de cette lecture au vu de la personnalité extravagante de Tommy Wiseau. Ce dernier, entre égocentrisme et étrangeté, captive et dévore les souvenirs d’un Sestero par instants touchant (l’anecdote avec John Hughes). D’ailleurs, nous sommes également un peu attendris par ces deux anti-héros qui tentent de conquérir en vain Hollywood et connaîtront le succès par l’échec. Difficile de ne pas être séduit par cette histoire tellement énorme qu’il était difficile de ne pas en tirer un film. Il y a de tout, que ce soit une ambition démesurée, des anecdotes extrêmement captivantes et une chute qui s’annonce mais que l’on aborde à la manière d’un Tim Burton avec son émouvant « Ed Wood » : au final, le film existera bel et bien et c’est une réussite en soi. Quant à ses retombées, tout le monde (ou presque) les connaît…

Bref, il est difficile de ne pas vous recommander ce « Disaster artist », qui vous appellera à de multiples relectures en attendant que son adaptation arrive en salles. C’est un excellent complément à « The Room », ce nanar cultissime qui aura fait rentrer Tommy Wiseau dans la légende. Le livre de Tim Bossell et Greg Sestero constitue donc un making-off étonnant, hilarant, perturbant et étrange, comme Wiseau lui-même en fait…

Three billboards outside Ebbing, Missouri de Martin McDonagh

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Pays : États-Unis
Année : 2018
Casting : Frances McDormand, Woody Harrelson, Sam Rockwell, …

Prix du scénario à la Mostra de Venise, récompensé de quatre Golden Globes, grand favori des Oscars, le dernier film de Martin « Bons baisers de Bruges » McDonagh intriguait déjà avant cette moisson de prix mais bénéficie encore plus d’une image de long-métrage immanquable. Alors, réputation usurpée ou popularité justifiée ?

Cela fait des mois que Mildred Hayes voit la police piétiner dans l’enquête sur le décès de sa fille. Elle décide alors d’exposer aux yeux de tous leur incompétence dans trois panneaux publicitaires confrontant le chef de la police à son absence de résultat. De quoi amener la discorde parmi des personnalités aux tempéraments troublés.

Le premier mot qui vient en tête à la fin de la projection est « surprenant ». Cela pourrait paraître bateau dit comme ça mais il y a réellement une surprise de tout instant dans la manière dont Martin McDonagh gère son propre scénario. Ce dernier arrive à garder un équilibre instable entre un humour noir mordant et une ambiance dramatique pesante au vu des circonstances. Mais le plus fort reste réellement cette maîtrise des événements narrés, arrivant à étonner par la tournure qu’elle prend au fur et à mesure de l’avancée de l’intrigue. Si McDonagh se permet des fulgurances dans certaines séquences (un plan séquence suivant Sam Rockwell, l’incendie d’un bâtiment), c’est en gardant une crédibilité et un ancrage émotionnel permanent, explosant à multiples reprises dans des répliques hilarantes ou des retombées assez poignantes sans jouer sur le pathos facile.

Si la mise en scène de McDonagh mérite d’être complimentée, nous ne nous étendrons pas sur ce point pour garder la surprise de certains plans et pour se concentrer sur le gros point fort du film : ses protagonistes. Il y a quelque chose de merveilleux dans la manière dont le casting s’approprie son rôle d’« anti-héros » en n’hésitant jamais à dissimuler son imperfection. Derrière une ambiance sarcastique, « Three Billboards » dégage une envie de chacun de s’émanciper et s’améliorer, ce qui rend l’avancée émotionnelle de chacun émouvante. On pense notamment à certains qui tentent de maîtriser leurs démons dans le but d’être une meilleure personne et de s’accomplir. Pas étonnant alors de voir que Frances McDormand et Sam Rockwell ont été récompensés aux Golden Globes, mais le casting entier est de ce niveau assez élevé d’interprétation. C’est grâce à ses acteurs et actrices ainsi qu’à l’écriture remarquable de McDonagh que le film atteint une dimension sincère extrêmement attachante. Difficile quand vient le générique de fin de ne pas avoir le cœur serré de ne pas pouvoir avancer plus avec ces personnages assez variés dans leur personnalité mais dont la même faillibilité humaine nous rend plus proches.

C’est sans doute cette proximité qui rend ce « Three Billboards » immanquable à voir au cinéma. Face à des productions mécaniques, cette explosion de sentiments et d’âme renverse et touche au plus profond avec une véracité déconcertante. Personne n’est parfait mais chacun peut faire de son mieux pour être un meilleur être humain. Leçon de vie simple, certes, mais nous avons tellement besoin de ce genre de message dans notre société actuellement que l’on ne peut que remercier Martin McDonagh pour cela. En touchant le cœur et la tête, son film se pose déjà comme l’un des meilleurs films de l’année.

Star Wars Épisode 6 : le retour du Jedi (critique commune)

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Pays : États-Unis
Année : 1983
Casting : Mark Hamill, Carrie Fisher, Harrison Ford,…

Alors qu’ils viennent d’extirper Han Solo des griffes de Jabba le Hutt, nos héros partent pour ce qu’ils espèrent être l’assaut final contre l’Empire.

L’avis de Monsieur Popcorn

« Le retour du Jedi » est sûrement l’épisode le moins apprécié de la trilogie originale. En effet, entre les bases posées par « Un nouvel espoir » et l’aspect plus mature de « L’Empire contre-attaque », le film de Richard Marquand est régulièrement oublié. Pourtant, il dispose de nombreuses qualités souvent mises de côté, comme la manière dont il prolonge la révélation de l’épisode précédent en conférant une dynamique familiale touchante. Luke cherche en effet à sauver son père de l’emprise du terrifiant Empereur, tout en réagissant à sa nouvelle relation avec Leia. Là où on aurait pu virer à une intrigue de soap opéra, le long-métrage touche à quelque chose d’assez intime dans sa manière de tisser derrière des enjeux immenses une construction de personnages assez terre à terre dans leurs sentiments. Cela a déjà été dit mais c’est sans aucun doute un des grands atouts de la saga : ses protagonistes avec une écriture assez fine dans ses détails tout en permettant d’être reconnaissables directement.

Quelque chose qui reviendra en lumière avec la nouvelle trilogie et qui résonne avec la prélogie est le rapport au passé et la manière d’éviter de répéter les erreurs commises par les générations passées. En cherchant à faire retrouver à Vador son côté lumineux, Luke va à l’encontre de ses mentors qui déclarent celui-ci déjà perdu. En comparant cette volonté avec les pensées de ces derniers, on peut constater que notre héros va à l’encontre de leurs décisions et ose même affronter directement le problème plutôt que de le fuir. Mis face à une révélation traumatisante, Luke préfère agir et éviter que l’Histoire se répète. Nombreuses sont les personnes qui souffrent d’événements tragiques qui ont participé à leur construction psychologique. Et s’il est dur de s’y confronter, fuir ou ignorer les problèmes ne sont pas des solutions constructives pour s’épanouir. Si on veut s’affranchir du passé et des traumatismes inhérents à celui-ci, il faut l’accepter pour mieux s’en libérer. C’est par le pardon que l’on avance, là où le déni est plus facile mais plus douloureux sur le long terme.

On pourrait encore trouver beaucoup de fond psychologique derrière la dose d’aventure et de divertissement dont regorge « Le retour du Jedi ». Même sous la férule imposante de George Lucas, Richard Marquand arrive à concocter un spectacle réussi avec ce qu’il faut d’effets spéciaux de qualité, de rythme et de personnages iconiques pour éblouir toutes les générations de public. Bref, bien loin de démériter, ce sixième épisode mérite grandement d’être réhabilité derrière son statut de vilain petit canard de la trilogie originale…

L’avis d’A la rencontre du septième art
Cette fois c’est la bonne. Il est temps de mettre un terme à cette guerre, de faire chuter le terrible Empire, et d’enfin ramener la paix dans la galaxie. Le Mal est sorti grandi de L’Empire contre-attaque, mais nous le savons, il ne pourra pas en être de même dans Le Retour du Jedi. Comme son titre le promet, Luke, le Jedi, va prendre sa revanche, et cette fois achever sa mission. A moins qu’il ne soit pas le Jedi dont on parle…
Le film d’Irvin Kershner avait opéré un vrai virage dans la saga. Plus de place pour la débrouille, nous sommes dans la cour des grands, et l’ombre plane désormais sur tous les protagonistes de cette épopée intersidérale. Richard Marquand prend les rênes de ce troisième film qui, rapidement, se distingue de son prédécesseur. Entre les bas-fonds du palais de Jabba et les forêts verdoyantes d’Endor, les hésitations de Luke et de Vador, le film semble perpétuellement jouer sur les dualités et les oppositions pour nourrir son propos : il n’y a pas de bien ni de mal absolus.
Dark Vador incarnait jusqu’ici le méchant parfait, avec sa haute stature, sa tenue intégralement noire, sa voix caverneuse et robotique, il symbolisait la terreur et la destruction. Mais l’arrivée de l’Empereur, personnage jusqu’ici discret, à peine mentionné dans Un Nouvel Espoir, apparaissant sous la forme d’hologramme dans L’Empire contre-attaque, change la donne. Dans une réplique qui fait sourire, Vador dit « L’Empereur n’est pas aussi indulgent que moi », présage de la cruauté dont peut faire preuve le maître de Dark Vador. Luke était jusqu’ici au cœur des enjeux, il était la pièce maîtresse, mais dans Le Retour du Jedi, c’est bien Dark Vador qui occupe cette place.
En effet, les jeux de persuasion visaient principalement à faire basculer Luke du côté obscur dans les opus précédents, mais ce dernier les met également en pratique pour faire revenir son père vers la lumière. De chaque côté, l’ombre et la lumière semble se mener une bataille intérieure sans merci et troubler la vision de Luke et de Vador, quand l’Empereur demeure la seule exception, incarnation d’un mal absolu, irrémédiable et destructeur. Une nouvelle fois, si Luke semble pris au piège entre l’Empereur et Vador, ce dernier est également tenaillé par l’Empereur et Luke. La dernière partie du film propose une confrontation intense, une lutte épique entre le Bien et le Mal, où la leçon finale est que même un esprit contaminé par le Mal garde en lui quelque chose de bon, et n’est pas perdu pour toujours.
Le Retour du Jedi est un épisode curieux, car il est à la fois le plus enfantin, mais il est aussi sombre et psychologique. L’Empire contre-attaque était l’épisode de la maturité, quand l’épisode VI vise un public plus large, avec l’intention de conquérir un public jeune, notamment avec les Ewoks, mais il ne perd pas de vue l’objectif principal de la saga, qui est de proposer une grande balance entre le Bien et le Mal, et de créer une véritable mythologie autour de son histoire. Il vient boucler la boucle, en suivant un rythme soutenu et cadencé par des récits parallèles qui se croisent et divergent, jusqu’à un dénouement heureux espéré par tous. La lumière a vaincu, et si retour d’un Jedi il y a bien eu, c’est celui d’Anakin Skywalker.

L’avis du Cinéma avec un grand A

Le Retour du Jedi est un film américain produit, scénarisé par George Lucas et réalisé par Richard Marquand. Cet opus fait suite à celui que beaucoup considèrent comme le meilleur de la saga, l’Empire Contre-Attaque réalisé par Irvin Kershner et sorti 3 ans auparavant. Souvent critiqué et qualifié d’épisode le plus faible de la trilogie originale, Le Retour du Jedi a été victime d’une production tumultueuse voyant le départ de Gary Kurtz, qui reprochait à George Lucas les facilités scénaristiques du scénario ainsi que son intérêt de plus en plus prononcé pour les profits liés merchandising. Ajouté à cela, le doute planait sur le retour de Harrison Ford dont le contrat expirait après 2 films et qui a toujours été réticent à jouer Han Solo après l’Empire Contre-Attaque.
Personnellement, j’estime que Le Retour du Jedi est probablement l’épisode de Star Wars le plus sous-estimé et qu’il a été critiquer pour les mauvaises raisons, notamment le retour de l’Etoile de la Mort et les Ewoks. Certes, Le Retour du Jedi souffre du syndrome du troisième volet c’est-à-dire un film qui ne réussit pas à combler toutes les attentes qu’a soulevé le volet précédent. Cependant, il s’agit d’un film et d’une conclusion solide qui donne à la trilogie originale de Star Wars une fin satisfaisante.
Pourquoi j’ai voulu revoir ce film ?
La trilogie originale de Star Wars est un monument cinématographique qui a bercé mon enfance, j’ai grandi avec Star Wars. Il s’agit d’une trilogie que je pourrais regarder inlassablement et qui aura toujours une place à part dans les films que je chéris. Avoir le privilège d’écrire une critique sur un épisode de cette saga est quelque chose dont je suis particulièrement fier.
Un Mot sur l’Histoire ?
1 an après les évènements de l’Empire Contre-Attaque, Luke Skywalker est devenu un Jedi, le « dernier » comme le dit Yoda (un indice pour le prochain film ?) ; et doit accepter la dure vérité sur ses origines. De plus, il doit sauver Han Solo des griffes de Jabba le Hutt qui le retient prisonnier dans son palais. De son côté, Dark Vador supervise la construction d’une nouvelle Etoile de la Mort et est commandé par l’Empereur une nouvelle fois de faire passer Luke du côté obscur de la force.
Les Premières Minutes ?
Après l’habituel texte déroulant, on a le droit à la première apparition en chair en os de l’Empereur, qui dès cet instant s’impose comme un « bad guy » impressionnant voir terrifiant. Après cela s’enchaine toute une suite d’évènement important, la tentative d’évasion d’Han Solo qui échoue et la capture de Leia. Ensuite, l’affrontement entre Luke et le Rancor, un des monstres les plus impressionnants de l’univers Star Wars.
Toute cette séquence dans le palais de Jabba le Hutt donne le ton pour un film qui dès le début se construit sur un rythme plus effréné que les épisodes précédents, tout s’enchaîne très vite sans pour autant nuire au déroulement de l’histoire et notamment au personnage de Jabba. Malgré son peu de temps d’écran, sa cruauté son vice transparaissent.
Toute la première demi-heure du film sert à terminer la sous-intrigue démarrée dans l’épisode IV entre Han Solo et Jabba The Hutt, et quelle conclusion magnifique ! La bataille sur la barge de Jabba est une des meilleures scènes d’action de la saga, la réunion entre Luke et Han Solo est très réussie d’un point de vue humoristique notamment grâce à des répliques qui font mouche.
Certains critiqueront le décès trop expéditif de Bobba Fett, mais d’un point de vue du scénario en lui-même l’importance du personnage était limitée.
Cette première séquence est pour moi une des séquences, si ce n’est la séquence la plus réussie de tous les Star Wars. Tout y est tension, suspense, action de plus c’est une séquence qui offre une conclusion satisfaisante à cette sous-intrigue et qui termine l’arc du personnage de Han Solo en tant que contrebandier.
Le Casting ?
On retrouve nos héros des épisodes précédents, la seule véritable adition faite au casting concerne Ian McDiarmind dont l’interprétation de l’Empereur est excellente et le place comme l’un des meilleurs antagonistes de l’histoire du cinéma.
Du côté des héros, c’est l’évolution de Luke Skywalker qui est intéressante. Mark Hamill interprète ici un personnage plus âgé, expérimenté et froid. Comparé au jeune garçon naïf et téméraire que l’on a découvert dans l’épisode IV. C’est aussi ici que le film est un succès, dans la mesure où il termine le voyage du héros de Joseph Campbell propre à George Lucas. La destinée de Luke Skywalker est donc achevée. Contrairement au parcours d’Anakin Skywalker dans la prélogie, celui de Luke Skywalker résulte d’une évolution logique et voir Mark Hamill campé une version « terminée » de Luke Skywalker est un des nombreux points forts du film par rapport au développement de ses personnages.
L’autre point intéressant par rapport au casting concerne Carrie Fisher, comme Han Solo sur lequel je reviendrai plus tard le personnage n’a pas nécessairement évolué. Il s’agit toujours de la princesse Leia comme on l’a découvert dans les épisodes précédents. Cependant, la révélation importante du film et l’évolution de sa relation avec Luke donne quelques moments touchants, notamment dans le village Ewok quand Luke révèle la vérité sur ses origines.
Maintenant, je me dois d’aborder une question sensible et une des controverses majeures de la saga. Han Solo, comme dit précédemment aurait pu ne pas apparaître dans cet épisode. Dans le script original de la « Revanche du Jedi » titre original du film, Han Solo était censé mourir et c’est une idée qu’a toujours soutenue Harrison Ford. La mort du personnage était censée boucler la transformation du personnage depuis l’épisode IV, faire passer Han Solo de bad-boy égoïste à héros tragique. Néanmoins, George Lucas reviendra sur cette idée, au grand désespoir de Gary Kurtz. Ce dernier citera d’ailleurs ce changement comme la raison principale de son départ de la saga.
Là où je veux en venir concernant Han Solo dans l’épisode VI, concerne sa place dans l’intrigue. Certes, Han Solo ne devient pas un personnage tragique mais il reste le personnage extraordinaire qu’il a toujours été. La conclusion de son chemin depuis le commencement de la saga reste tout de même logique, Han Solo devient un héros malgré lui. Ce vaurien, minable contrebandier devient un des plus grands héros de la galaxie et même sur le plan personnel il évolue. On comprend tout au long du film toute l’attention qu’il porte aux personnages avec qui il a partagé cette aventure ; que ce soit ses vieux amis Chewbacca et Lando ou que ce soit Luke ou Leïa. On retrouve cette rengaine, ce refrain du cinéma américain du héros ou anti-héros solitaire qui s’ouvre au monde. A titre personnel, je trouve que c’est un symbolisme extrêmement intéressant. On peut regretter d’un point de vue artistique la décision de Lucas, pourtant elle reste tout dvoir même logique.
Finalement ça donne quoi ?
Au risque d’agacer certains, Le Retour du Jedi est une réussite complète. Les éternels insatisfaits que sont beaucoup de fans de Star Wars crieront à l’hérésie à cause des Ewoks et du Retour du l’Etoile de la Mort mais selon moi ce sont des détails que je qualifierai presque de sans importance.
Dans un premier temps, la bataille spatiale pour la seconde Etoile de la Mort est tout simplement d’un point de vue technique hallucinante. C’est une, si ce n’est la meilleure bataille spatiale de la saga. Le combat entre la flotte rebelle et la flotte impériale donne lieu à des prouesses techniques incroyables et à des moments d’anthologie tel que le fameux « It’s a trap » de l’amiral Ackbar.
Deuxièmement, le film regorge de scènes émotionnellement intenses et qui concluent parfaitement la plupart des sous-intrigues de la saga. Les derniers mots de Yoda et d’Obi-Wan à Luke, les derniers mots d’Anakin Skywalker à son fils, et enfin l’apparition « fantomatiques » des trois Jedi. J’aimerais m’attarder sur deux moments en particulier qui montrent l’importance du Retour du Jedi dans la saga.
Cet épisode introduit un twist primordial au niveau du scénario, la révélation des origines de la Princesse Leia et de sa relation à Luke. C’est une pierre angulaire du scénario, c’est quelque part même un tournant dans la saga plus important que la révélation finale de l’Empire Contre-Attaque ; car c’est cette révélation qui a une influence primordiale sur la trajectoire d’un personnage que je n’ai volontairement pas abordé dans la partie casting : Dark Vador/Anakin Skywalker.
En effet, là où Le Retour du Jedi réussit complètement et sur tous les plans ce que beaucoup de troisièmes volets de saga ont échoué à faire, c’est à achever le récit de son personnage principal. Ici en l’occurrence de ses 2 personnages principaux que sont Luke Skywalker et Dark Vador. L’idée de rédemption de Dark Vador peut paraître pour beaucoup non-originale, voire fade. Mais l’exécution est tout simplement parfaite. La naissance progressive du conflit dans le cœur de Dark Vador, la lente construction de ce doute au sein du personnage pour mieux rendre le bouquet final saisissant à la manière d’un Sergio Leone lorsqu’il filme un duel relève selon moi du génie. C’est ainsi que Dark Vador/Anakin Skywalker devient un vrai héros tragique, une figure shakespearienne et le méchant le plus célèbre de l’histoire du cinéma ; car contrairement à d’autres personnages comme le Joker ou Hannibal Lecter qui sont simplement caractérisés par leur folie et leur cruauté ; chez Dark Vador il y a une évolution du personnage et cette évolution est amenée à son terme dans Le Retour du Jedi et ce de la plus belle des manières.
Alors certes, certains diront que la fin est un peu trop heureuse, que le Retour du Jedi conclut un peu facilement l’histoire démarrée par Un Nouvel Espoir et magnifiée par l’Empire Contre-Attaque néanmoins il s’agit d’une des meilleures conclusions de l’histoire du cinéma et qui est satisfaisante sur presque tous les plans. La conclusion des arcs narratifs de chacun des personnages fait honneur à ses derniers et à leurs parcours, les symboliques sont elles aussi toujours très présentes, notamment avec les très décriés Ewoks, qui symbolisent un thème récurrent dans Star Wars qu’est la Guerre du Vietnam et l’idée d’un peuple primitif arrivant à vaincre une armée technologiquement supérieure prouve encore une certaine inspiration chez Lucas. L’exécution n’est peut-être pas la meilleure sur ce point-là en revanche je vous l’accorde. De plus, malgré ses facilités scénaristiques évidentes Le Retour du Jedi reste un divertissement de grande classe avec quelques moments absolument incroyables comme le combat final entre Luke et Vador, les apparitions fascinantes de l’Empereur, la mission menée sur Endor par la Princesse Leia et Han Solo. Tous des moments plus palpitants les uns que les autres magnifiquement accompagnés par la somptueuse bande-originale de John Williams.
En conclusion, Star Wars, Episode VI: Le Retour du Jedi est une réussite sur pratiquement tous les plans, le film n’atteint pas les sommets tutoyés par l’Empire Contre-Attaque mais reste un accomplissement cinématographique extraordinaire. Il ne s’agit peut-être pas du meilleur film de la saga, mais à mes yeux il est sans l’ombre d’un doute le plus émouvant et conclue parfaitement l’histoire d’Anakin Skywalker et de son fils.

L’avis de Salamander
« Moins bonne note »

Toute trilogie a une fin.
Episode VI : Return of the Jedi est sortie en 1983, trois ans après Episode V : The Empire Strickes-Back, six ans après Episode IV : A New Hope. L’objectif est de conclure définitivement les aventures de Luke, Han, Leia, Lando, C-3PO et R2-D2, mais aussi (on ne le savait pas encore) d’achever l’arc narratif d’Anakin Skywalker. L’Empire et l’empereur doivent mourir, pour que la paix et la joie reviennent dans la galaxie.
La question est : peut-on faire à la fois une bonne et une mauvaise fin avec un seul film ? C’est ce que le film a fait selon moi, et c’est ce que je vais essayer de soutenir.

George Lucas ne pouvant engager son ami Steven Spielberg pour des questions juridiques, il pense à David Lynch (qui refuse, mais vous imaginer un Star Wars fait par Lynch ?) et finit par confier le film à Richard Marquand, ainsi que le scénario à Lawrence Kasdan une seconde fois d’affilée. Pourtant, à l’inverse du V, Lucas aura un bien plus grand contrôle sur la réalisation et la scénarisation du film : l’idée d’introduire les Ewoks, de ne pas faire mourir Han Solo (Kasdan prendra sa revanche dans le VII à ce sujet) sont de lui.
Encore une fois, John Williams à la musique et ILM aux effets spéciaux prouvent leur statut de références avec ce film, qui possède une réalisation d’aussi grande qualité que ces prédécesseurs. Les acteurs sont toujours ceux que l’on aime (et en plus de nouveau viennent faire leur apparition, comme le cultissime Amiral ‘Itsatrap’ Ackbar). Le combat entre Darth Vader et Luke arrive enfin à son paroxysme, la bataille finale est à la hauteur des attentes, voire même au-delà (car qui aurait pu imaginer avant de voir le film que l’Empereur serait tuer de la main même de Vader ? que celui-ci retournerait du bon côté au dernier moment ?)
Pourtant, le film a tout de même un goût d’inachevé.

Déjà, il souffre à son début du syndrome de l’Episode V : on te montre tous nos héros venir l’un après l’autre au palais de Jabba (un premier remplit cela dit de bon moment, ce n’est pas le problème) pour le tuer et libérer Han, pendant trente minutes… alors que ce n’est pas le propos du film. Le but, que l’Episode V semblait aussi oublier, est de voir la Rébellion détruire l’Empire. Se concentrer sur nos héros qui vivent des histoires personnelles n’impactant pas sur le conflit (sauf l’entraînement de Luke et le « je suis ton père ») c’est dire que l’histoire de Star Wars n’a aucune importance, que seuls ses héros comptent (j’y reviendrais dans la dernière partie) – ce qui est vrai aussi, mais il y avait je pense un équilibre bien plus acceptable à trouver (on aurait pu voir par exemple la récupération des plans, cela aurait été encore plus terribles pour nous lorsque l’Empereur aurait avoué « c’était un piège »).
Aussi, tout le long du film je ne peux m’empêcher de penser qu’il manque un souffle épique. Par souffle, je ne parle pas d’action pure (car le film remplit parfaitement le cahier des charges) mais d’un petit quelque chose qui n’est pas dans l’histoire, mais dans comment elle est racontée (comme le « Pour Frodon » prononcé par Aragorn dans le Return of the King, à mille contre cent mille, il y a une telle envie de participer à ce sacrifice aussi fou que courageux à ce moment-là). Pour moi, seule la scène de crématoire pour Vader atteint ce que pouvait nous apporter le discours de Yoda sur la Force, par exemple, dans les précédents opus.
Le film est toujours bon, mais inférieur à ses prédécesseurs, ce qui est dommage pour une fin. Mais au fait, Star Wars VI est-il réellement une fin ?

Pour nous, Return of the Jedi n’est que le début, le troisième film d’une saga qui aujourd’hui en compte huit. Deux films le suivent même chronologiquement (The Force Awakens et The Last Jedi). Le débat Disney sera abordé pour le VII, mais ici nous pouvons apporter un fragment de réponse : le VI est-il LA fin ? L’Empereur est mort, et on finit sur un happy-end, c’est donc vraiment une conclusion… pour nos héros. C’est là le paradoxe de Star Wars, qui lui permet d’avoir un tel univers étendu : au sein d’une galaxie, nous ne nous intéressons qu’à quelques personnages. Malgré ce que nous montre Lucas dans ses éditions spéciales (avec Coruscant, Naboo ou Tatooine en train de fêter la mort de l’empereur) il est très difficile de croire que la mort de deux personnes aurait pu effondrer directement un Empire omniprésent (parce que le parallèle avec Hitler s’arrête là : Berlin où il se retranchait était tout ce qu’il restait du Troisième Reich à sa mort). Star Wars n’a jamais montré plus à son idéal que ce qu’il fallait montrer pour aller du début à la fin des films (vous souvenez-vous de scènes où les héros prennent le temps de dormir ? de boire (elles sont constamment interrompus) ? de se changer (à quel moment Padmé passe-t-elle d’une robe à l’autre en fait) ? ou même souvenez-vous de pourquoi la Fédération du Commerce attaque Naboo ? Pourquoi l’Empire a construit une Death Star alors qu’ils ont à affronter un minuscule groupe ? Comment les gens comme vous et moi vivent l’occupation de l’Empire ?)
Ainsi, Star Wars VI est la fin qu’il fallait pour nos héros, mais comme chaque épisode elle n’est qu’un fragment majeur d’un puzzle gigantesque – Star Wars ne commence et ne s’arrête alors qu’à la limite de l’imagination des fans.

A Fuller Life de Samantha Fuller

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Pays : États-Unis
Année : 2013

À l’occasion de sa sortie chez Carlotta, revenons sur le documentaire « A Fuller life ».

Samantha Fuller revient sur la vie de son père, Samuel Fuller, célèbre metteur en scène.

Le concept est simple mais aguicheur : faire raconter des moments de vie de Samuel Fuller par des fans aussi célèbres que James Franco, Mark Hamill, Wim Wenders ou William Friedkin. C’est ce qui fait le plus grand charme de ce documentaire et permet de voir passer ses quatre-vingt minutes avec une certaine rapidité. On sent l’amour des intervenants pour la carrière de Fuller et comment celui-ci les a influencés d’une manière ou d’une autre. Reprendre ses souvenirs pour les narrer rentre alors dans une certaine logique, comme une manière de se réapproprier un auteur comme ils auront pu le faire dans leur carrière afin de transmettre leur passion à un public déjà conquis ou non par son talent. On peut également assumer que cela pourrait pousser des néophytes à découvrir ses œuvres, par le biais d’artistes assez connus.

Dès l’ouverture du film par la réalisatrice, on sent le dévouement qu’elle a pour son père et l’amour qu’elle cherche à lui transmettre par le biais de ce documentaire. On pourrait également y déceler l’ambition de « ramener à la vie » Samuel Fuller par ses mémoires et les instants de vie qui l’ont construit afin de pouvoir les revivre elle-même et les partager. Il y a beaucoup d’émotions qui se dégagent de ce « Fuller life », comme si l’on se retrouvait à discuter avec lui, cet homme qui aura traversé diverses phases de l’histoire (comme la seconde guerre mondiale, remplie d’instants cruels) et aura cherché à transmettre son point de vue sur le monde à travers sa filmographie. De quoi rester sur une lecture de transmission intemporelle, que ce soit l’amour d’une fille à son père, la dévotion de fans à leur idole ou bien les souvenirs d’un mort au monde.

Le film profite d’une très belle présentation, comme toujours sur les disques que nous fournissent Carlotta. Si l’on ne nous a pas transmis le livret qui accompagne cette édition, la présence sur le DVD de « Dogface », épisode pilote d’une série qui devait se baser sur les souvenirs du réalisateur, est intéressante. À noter que le long-métrage est uniquement en version originale sous-titrée, ce qui permet d’apprécier les différents timbres de voix des intervenants.

« A Fuller life » est donc plus qu’un documentaire passionnant sur la vie de Samuel Fuller, c’est une œuvre magistrale sur l’héritage d’une personnalité importante du cinéma américain, aussi bien sur ses fans et sa fille que sur le monde en général…