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Liam Debruel

Liam Debruel
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Amoureux du cinéma. À la recherche de films de qualités en tout genre,qu'importe la catégorie dans laquelle il faut le ranger. Le cinéma est selon moi un art qui peut changer notre vision du monde ou du moins nous faire voyager quelques heures. Fan notamment de JJ Abrams,Christopher Nolan, Edgar Wright,Fabrice Du Welz,Denis Villeneuve, Steven Spielberg,Alfred Hitchcock,Pascal Laugier, Brad Bird ,Guillermo Del Toro, Tim Burton,Quentin Tarantino et Alexandre Bustillo et julien Maury notamment.Écrit aussi pour les sites Church of nowhere et Le quotidien du cinéma. Je m'occupe également des Sinistres Purges où j'essaie d'aborder avec humour un film que je trouve personnellement mauvais tout en essayant de rester le plus objectif possible :)

Hangover square de John Brahm

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Pays : États-Unis
Année : 1945
Casting : Laird Gregar, Linda Darnell, George Sanders, …

Sorti en début d’année chez Rimini, revenons sur ce « Hangover square », réalisé par John Brahm.

Georges Bone est un pianiste talentueux qui travaille en permanence. Alors qu’il est victime de fréquentes pertes de mémoire, Londres connaît une affreuse vague de meurtres…

Le résumé que vous venez de lire donne une forme de thriller assez « classique » à ce film. S’il faut avouer que l’intrigue a des airs de déjà vu, John Brahm arrive à en dégager le maximum avec une mise en scène assez élégante et l’utilisation de quelques plans fixes avec une durée plus longue pour montrer le côté perturbé de notre héros . Impossible de ne pas parler du travail de reconstitution du Londres de 1899 avec un certain charme mais également quelques rues peu fréquentables. La direction d’acteurs est également à souligner, notamment un Laird Gregar dans la peau d’un homme en proie aux doutes. La peur d’être responsable de crimes atroces se lit dans son interprétation à fleur de peau mais également subtile dans son ambiguïté morale.

Mais le gros point du film est la place qu’il accorde à la musique. Le grand Bernard Hermann compose une bande-originale prenante, rappelant par moments le travail qu’il effectuera pour Hitchcock, et impacte le visionnage passionnant du long-métrage. Cela est d’autant plus intéressant quand on voit la manière dont notre héros se laisse surmener par son travail musical et l’investissement dangereux qu’il a envers son art. Son dévouement l’amènera à se questionner moralement et à en oublier sa propre personne, marquant l’importance que peut avoir sa passion sur son être. Parfois, la création est un refuge où l’on peut libérer les pensées, les idées et les sentiments qui nous brûlent de l’intérieur. Mais cela peut se transformer également en un abîme qui nous dévore et nous fait perdre pied. Moralement, c’est dommageable mais il faut avouer que c’est avec un plaisir macabre que l’on assiste à cela, surtout quand ce récit noir est aussi absorbant.

L’édition fournie par Rimini est de grande qualité, avec notamment sa restauration 4K. Nous n’avons pas reçu le livret de 32 pages consacré à John Brahm mais les suppléments, entretiens consacrés notamment à Bernard Hermann, au réalisateur et à l’adaptation du récit, valent le coup d’œil.

Bref, Rimini nous permet de redécouvrir un récit noir prenant qui saura capter votre attention durant ses 77 minutes. De quoi passionner plusieurs spectateurs en quête de bons films pas assez accessibles auparavant…

Star Wars Épisode 5 : l’Empire contre-attaque (critique commune)

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Pays : États-Unis
Année : 1980
CastingMark Hamill, Harrison Ford,  Carrie Fisher,…

Après une bataille contre les troupes de l’Empire sur la planète glacée Hoth, les routes de nos héros se séparent, Han Solo et Leia étant en fuite, et Luke étant appelé pour continuer son entrainement Jedi…

L’avis de Monsieur Popcorn

Après le succès exceptionnel qu’a connu le premier film (mais quatrième épisode dans sa chronologie diégétique), tout le monde se demandait comment Lucas saurait gérer la suite. Après quelques déconvenues (comme le décès de la scénariste engagée originalement), sans oublier son désistement en tant que réalisateur (suite à son expérience malheureuse auparavant), le créateur de « Star Wars » a su mettre en place une équipe qui fera des étincelles pour ouvrir encore plus l’univers. Loin de jouer la simple redite en plus gros et explosif, George Lucas, le réalisateur Irvin Kershner et le scénariste Lawrence Kasdan sauront négocier les attentes entourant ce long-métrage, malgré d’autres soucis rencontrés pendant le tournage (décidément une habitude pour la saga).
Tout d’abord, « L’empire contre-attaque » profite d’un renversement de schéma scénaristique, commençant par la plus grosse scène d’action et se terminant par un climax plus intimiste au vu de la révélation qui y sera faite. Les auteurs en profitent pour donner plus de consistance encore à leurs personnages. Luke sera notamment confronté face à ses craintes et les risques d’être rattrapé par un passé qu’il ne connait que très peu. Le scénario est réellement le grand point fort du film, dans sa manière d’étendre le monde de Lucas mais en gardant un aspect proche de ses héros et en étant assez surprenant pour ceux qui découvriront cet épisode 5 pour la première fois. Car s’il garde encore un certain humour, notamment suite au marivaudage de Han et Leia, il n’hésite pas à adopter des touches plus pessimistes, notamment dans son final.
Il ne faut quand même pas mettre de côté le travail visuel. Que ce soit la mise en scène de Kershner, ample quand il le faut, ou les effets spéciaux, « Star Wars » profite également de divers ajouts par rapport au volet précédent. Les responsables techniques peuvent ainsi se reposer sur les créations de l’épisode 4 (notamment la caméra créée par John Dykstra pour suivre les vaisseaux dans un mouvement rapide) et apporter de nouveaux véhicules et créatures. Impossible quand on aime ce film de passer sur les AT AT, animés en stop-motion, ou maître Yoda, fruit de l’imagination de Lucas et Frank Oz, spécialiste des marionnettes pour ses multiples rôles dans le « Muppet show ».
Bref, si « l’Empire contre-attaque » a la réputation d’être le meilleur volet de la saga « Star Wars », c’est pour ces raisons et bien d’autres qui ont été abordées plus longuement et de meilleure manière par d’autres personnes. Cet épisode 5 représente ainsi la qualité que peuvent atteindre les suites ainsi que l’objectif absolu de celles-ci : ouvrir un peu plus l’univers tout en se rapprochant de ses protagonistes. « L’empire contre-attaque » accomplit cela en surpassant les attentes dans un divertissement teinté par instant d’un noir aussi sombre que le costume de Dark Vador…

L’avis d’A la rencontre du septième art
Quand on lance un sondage sur l’épisode que les gens préfèrent dans la saga Star Wars, c’est généralement L’Empire contre-attaque, l’épisode V, qui arrive en tête. Devenu archi-culte, notamment grâce à la mythique scène où Dark Vador annonce à Luke Skywalker « Je suis ton père » , il constitue le second opus de la trilogie originale, devant prendre le relais d’Un Nouvel Espoir et préparer l’arrivée future du Retour du Jedi, trois ans plus tard. A une époque où la nouvelle trilogie fait débat, notamment l’épisode VIII, Les Derniers Jedi, il est intéressant de revenir sur ce qui est probablement l’épisode le plus culte de la saga et sur ce qui fait la recette de son succès.
Là où Un Nouvel Espoir plantait le décor, avec un résultat plein de débrouillardise mais marquant tout de même un tournant dans l’histoire du cinéma de science-fiction, L’Empire contre-attaque s’annonce comme étant l’épisode de la maturité. Rapidement, la patte d’Irvin Kershner impose son style pour plonger le spectateur au cœur de l’action et l’immerger dans un spectacle qui promet d’être grandiloquent. Car si l’épisode IV proposait une mise en bouche et introduisait le passé de l’ordre Jedi à la manière d’un vieux mythe dont les souvenirs sont désormais épars et lacunaires, l’épisode V vient apporter les clés et les révélations qui font l’essence de ce qui constitue Star Wars. Les grandes batailles, la Force, la philosophie Jedi, tout cela éclate au grand jour dans ce qui constitue certes la charnière de la trilogie, mais aussi de la saga dans son ensemble.
Quand Ben initiait Luke aux arts Jedi et lui dissimulait volontairement des éléments-clé de l’histoire, Yoda, le vieux maître Jedi, cachant sa véritable identité sous une fausse et douce folie, va venir dévoiler ce qui constitue la philosophie Jedi. Il ne s’agit plus seulement d’une maîtrise des éléments, mais d’une complexe relation entre le bien et le mal, d’un véritable art de vie qui dépend de nos actes et de notre volonté. Dans la forêt primitive et hostile de Dagobah, le vieux maître enseigne au jeune élève les grands principes de la vie grâce à des maximes restées gravées dans notre conscience à tous, telles que le fameux « fais-le ou ne le fais pas, il n’y a pas d’essai. » Entre la fuite de Han et Leia, l’apprentissage de Luke, et la volonté farouche de Dark Vador de mettre la main sur les fugitifs, l’histoire et les relations entre les personnages se complexifient, et c’est la promesse d’un puissant dénouement superbement amené et qui viendra chambouler le destin des héros de l’histoire.
On sent que, malgré sa postérité immense, l’épisode IV n’a pas pu bénéficier du même perfectionnisme que celui alloué à L’Empire contre-attaque, qui supporte bien mieux le poids des années et impressionne encore par sa puissance, ses visuels grandioses et sa qualité. Egalement représentatif du grand tournant entre les années 70 et 80 dans le domaine de la science-fiction, L’Empire contre-attaque contient toute l’essence de Star Wars, il vient poursuivre le travail de l’épisode précédent consistant à créer une mythologie autour des Jedi et du passé de la galaxie, tout en la cimentant et en devenant le parfait modèle de ce que doit être un Star Wars.
S’il s’agit de l’épisode V dans la chronologie de la saga, il constitue la charnière centrale de cette dernière, en dévoilant la véritable identité de Dark Vador, en intégrant le personnage de Yoda, et en faisant évoluer Luke. Tous les éléments de la prélogie et de l’épisode IV convergent ici lors d’un duel épique où le héros, plein de volonté, fait encore preuve d’immaturité et d’impatience, à l’image de son père autrefois. C’est la fin d’un cycle, et bientôt le début d’un nouveau. L’Empire contre-attaque ne vole pas son étiquette d’épisode préféré du public, tant ce qu’il apporte à l’histoire est important, et tant son rythme, sa grandiloquence, sa complexité et la qualité de la réalisation l’élèvent à un niveau rarement atteint dans le genre de la science-fiction.

L’avis du Cinéma avec un grand A
Après le succès de La Guerre des étoiles, une suite sort au cinéma en 1980. Intitulée L’empire contre-attaque, ce second volet ne sera pas réalisé par George Lucas mais par Irvin Kershner mais toujours écrit par son créateur, et secondé par Lawrence Kasdan.

Nous allons essayé de comprendre pourquoi ce film est considéré comme le meilleur de la saga et pourquoi il apparaît souvent au sein des listes des meilleurs films réalisés.

Nous retrouvons l’Alliance Rebelle sur une planète entièrement recouverte de glace, Hoth. Tous ses membres, y compris nos héros – Luke, Leïa, Han, paraissent figés. Le contrebandier et son associé à poils, Chewbecca, semblent aussi coincés sur cette planète où tout est figé : ils réparent toujours leur vaisseau, le Faucon Millenium. Il faudra que l’Empire et le maléfique Dark Vador envoient une sonde puis les trouve pour que la rébellion sorte de son hibernation et se sauve dans l’espace.

Nous retrouvons l’ambiance et toute la galerie des personnages introduits dans le précédent opus. Nous nous focalisons toujours sur Luke mais nous pouvons également remarquer que dans ce long-métrage, l’on insiste davantage sur le personnage d’Han (et ce n’est pas plus mal).

La Guerre des étoiles proposait une intrigue efficace mais sur un ton plus léger que son successeur. Le ton devient plus sérieux, même plus sombre : ne serait-ce que dans l’intrigue elle-même avec la scène de torture d’Han, les apparitions de monstres amateurs de chair humaine et ce qui arrive à notre pauvre contrebandier. Nous constatons que Luke a gagné en maturité : le film aussi. Toutefois, le long-métrage ne perd pas de vue un de ses principaux objectifs : plaire au jeune public. Le duo comique robotique est toujours là pour susciter les rires du public.

Nous pouvons noter un travail dans l’écriture des dialogues. Les blagues font mouches : que ce soit dans la version anglaise ou française. Han Solo se lâche davantage et même si 6PO peut s’avérer très agaçant à certains moments, ses interventions sont contrebalancées par celles du contrebandier qui essaie de séduire la princesse. On attendait une romance entre le héros, Luke, et l’héroïne, Leïa. Cependant, la princesse semble davantage avoir des sentiments pour le vaurien et le contrebandier Han Solo. L’écriture de cette romance est des plus réussies et nous laisse des dialogues mémorables comme « autant embrasser un wookie » lancée par Leïa.

Les enjeux soulevés sont plus adultes. Le choix de Luke à Dagobah, choisir entre la vie de ses amis et son entraînement, semble assurément cornélien : il décide néanmoins de risquer sa survie, et celle de la galaxie pour sauver ses alliés.

Notre héros part avec R2D2 sur la planète marécageuse de Dagobah où s’est réfugié un grand maître Jedi, Yoda. Cette planète sauvage (on aperçoit un serpent à l’arrière-plan à plusieurs reprises), brumeuse renforcent le mystère planant autour du Jedi et de la Force. Cet aura de mysticisme apporte de l’épaisseur au film mais surtout de l’intérêt, de la curiosité. Qu’est-ce qu’est vraiment la Force ? Elle se dévoile en partie grâce à la créature de Frank Oz.

Quel personnage ! Il reste pour moi le personnage le plus travaillé de la saga et l’un des plus intéressants avec Dark Vador. Yoda va passer un test à notre héros qui ne cesse de sous-entendre sous identité (« cherché, tu as trouvé quelqu’un moi je dirais », « un Jedi très puissant il était » en parlant du père de Luke). Cependant, Luke voit en Yoda « un grand guerrier », un puissant et imposant chevalier. La curieuse créature se campe en figure de sagesse : « personne par la guerre ne devient grand » rappelle t-il à Luke. Les apparences peuvent être trompeuses. Il joue avec l’apprenti Jedi en faisant l’enfant pour connaître ses limites. Il constate qu’il est trop impatient, et s’abandonne trop facilement à la colère : « je ne peux rien lui apprendre, cet enfant n’a aucune patience », « trop de colère en lui comme son père » … Pourtant Ben Kenobi et Luke le pousseront à enseigner l’art Jedi.

L’enseignement de Yoda nous permet de nous apprendre plus sur les mystérieux Jedi et la Force. Les Jedi ne sont pas des guerriers, ils ne se battent que pour se défendre assure t-il. La Force, quant à elle, est tout autour « de nous ». « La vie l’a créée, l’a faite grandir, son énergie nous entoure et nous relie. Nous ne sommes pas seulement faits de matière brute. »

Nous pensions que Luke avait accompli sa destinée à la fin du premier épisode. Mais nous comprenons qu’il lui reste du chemin à parcourir avant de la réaliser. Il faut changer son caractère : son esprit aventureux du premier épisode dans lequel il voulait quitter sa planète natale est un frein dans sa formation. « Il a regardé vers l’avenir, vers l’horizon, jamais il n’a regardé là où il était, ce qu’il faisait. L’aventure, l’agitation, ces choses, un Jedi ne les désire point. Tu es insouciant. Il est trop âgé. » explique Yoda à Ben et à Luke. Ce dernier doit devenir sage, doit vivre dans le présent pour communier avec la Force. Sa témérité lui fait dire qu’il n’a pas peur. Le vieux maître Jedi se moque de lui : « tu auras peur ». Malgré les leçons de philosophie de Yoda qui s’accorde avec Descartes et d’autres penseurs humains (« désapprendre tout ce que tu as appris tu dois »), Luke reste insouciant et ira secourir ses amis sans avoir achevé sa formation.

« Qu’il y a t-il là-dedans ? » demande Luke à son maître. « Ce que tu apporteras » si tu es séduit par le côté obscur, lui répond Yoda. Dans la grotte, Luke cédera à sa pulsion guerrière et tuera ce qu’il croit être Dark Vador mais qui n’est qu’un fantôme. Quand le masque se brise, il retrouve son propre visage.

Pendant tout le film, le côté obscur tente de séduire Luke. Sa conversion au côté lumineux de la Force ne semble pas aisé : il n’arrive jamais à croire aux pouvoirs de l’énergie mystique. La scène du vaisseau plongeant dans l’eau en est une belle allégorie : il parvient à peine à le faire sortir de l’eau. « J’arrive pas à y croire » s’exclame notre héros quand Yoda soulève avec la Force son vaisseau. « Voilà pourquoi tu échoues » lui répond son maître.

Lorsqu’il s’apprête à secourir ses alliés, Yoda lui rappelle son échec dans la grotte, « ne t’abandonne pas à la haine ». Sur Bespin, Leïa a le temps de lui crier qu’il s’agit d’un piège avant d’être emmenée mais l’amitié est trop forte : Luke tombe bêtement dedans. Il se retrouve en Enfer (la pénombre et la couleur rouge le suggèrent) face à l’archange déchu, Dark Vador. « La Force est avec toi jeune Skywalker mais tu n’es pas encore un Jedi » : telle est la première phrase du seigneur Sith. Nous sommes à la rencontre attendue entre les deux adversaires : un duel de chevaliers va avoir lieu.

Dark Vador demeure le tentateur direct du côté obscur : « libère ta colère », « sois mon allié et je terminerai ta formation », « si seulement tu connaissais le pouvoir du côté obscur ». Et lors de l’ultime révélation, Luke est brisé sur le plan moral mais aussi sur le plan physique (il lui manque une main). Mais il ne se laisse pas séduire par son père et préfère se laisse emporter par le vide. Malgré cette victoire de Luke sur le côté obscur, Dark Vador prononce cette phrase qui laisse envisager que la conversation de son fils au côté obscur reste encore envisageable : « Luke, tel est ton destin. »

La menace est omniprésente dans cette épisode. L’Empire apparaît toujours aussi grand, monumental, puissant, dangereux : on le remarque à la taille des croiseurs interstellaires par rapport aux vaisseaux de l’Alliance mais aussi par les titans de ferrailles bombardant les petits rebelles sur Hoth.

L’épisode aime jouer avec les nerfs du spectateur, surtout lors des péripéties d’Han et de Leïa. Lorsqu’ils se retrouvent dans l’estomac d’un énorme monstre, lorsqu’ils se retrouvent poursuivis par Boba Fett sans le savoir, lorsqu’ils se retrouvent face à Vador … Le spectateur a peur pour les personnages. Preuve que l’équipe du film a réussi à toucher le public.

Un suspens intenable est créé à cause de Yoda : « un insouciant, je l’avais dit, maintenant pire sont les choses » (Yoda), « il était notre dernier espoir » (Ben Kenobi), « non, il y en a un autre » (Yoda). Mais de qui parle Yoda ? Pour le spectateur qui n’a vu que les deux premiers films, l’attente est insoutenable. Il a envie de connaître l’identité de cet autre espoir.

Si un film parvient à inscrire dans la mémoire des spectateurs certaines de ses scènes, c’est qu’il a réussi son objectif.

Nous venons parler des scènes où apparaissent maître Yoda. Elles resteront mémorables dans l’esprit du spectateur. Nous pourrions également parler du duel de Luke contre Vador mais également de la dernière scène de romance entre Han et Leïa (« Je t’aime !» (Leïa), « Je sais. » (Han)). Les scènes de guerre sur Hoth sont aussi remarquables.

Toutefois, la scène qui est devenue l’un des moments les plus célèbres du cinéma reste la révélation de l’identité du père de Luke. Elle a néanmoins perdu de son charme à cause de ses nombreuses reprises et parodies.

L’Empire contre-attaque est la suite directe et fidèle de La Guerre des étoiles : elle respecte son esprit mais va encore plus loin. Le film propose une intrigue plus adulte aux problématiques intéressantes et nous livre des scènes mémorables. Les anciens personnages s’étoffent et de nouveaux se révèlent être de très bonnes surprises comme Yoda. L’aura mystique planant autour de Yoda, de sa planète Dagobah et de la Force renforce l’intérêt du public pour le long-métrage. Dommage que le troisième volet soit moins ambitieux que son prédécesseur et réponde plus à des impératifs de studio …

L’avis de Salamander
« Confirmé je peux, car mon allié est la Force »

Faire une suite au plus gros succès de tout les temps, à l’époque où faire des suites ne se faisaient jamais, c’était prendre le risque de faire un film détestable, oubliable. Réussir, c’était la garantie de pouvoir recommencer, encore et encore.
George Lucas délaisse la réalisation à son ancien professeur Irvin Kirschner, et le scénario à Lawrence Kasdan (SW6 et 7, et le Solo qui va sortir) le temps pour lui de créer Lucasfilm et Indiana Jones. Du coup, avec le père fondateur qui s’est éloigné, comment faire une grande suite au film le plus populaire de l’époque ?

The Empire Strickes-Back est plus sombre que son prédécesseur – et pourtant, il détient aussi bien plus d’humour, notamment autour du Faucon Millenium, de C-3PO qui prends des allures de sidekick, ou de la personnalité loufoque de Maître Yoda au début.
Ce film a le très grand mérite (alors qu’il succède au premier score au box-office mondial) de vouloir introduire énormément de choses nouvelles, comme la planète Hoth et tout ce qui y vit et circule, Dagobah, Yoda, Lando, la Cité des nuages, les chasseurs de primes… En fait, à part nos héros principaux qui continuent leur progression, tout ce qui tourne autour d’eux est différent. Comme il est le deuxième film d’une trilogie, il est aussi celui de l’apprentissage pour le héros (le premier devant servir à le faire entrer dans l’aventure, le troisième à lui faire compléter sa mission), du coup il devient celui où est introduite vraiment la Force dans tout son caractère religieux, c’est-à-dire en tant « qu’énergie qui relie toutes choses vivantes, qui fait de nous plus que de la matière brute » alors que la IV se contentait d’en user comme d’un objet magique. Du coup, l’entraînement de Yoda devient le moment fondateur pour tous ceux qui se transforment en véritables fans à partir de 1980. Le « Luke je suis ton père » devient aussi l’une des phrases les plus cultes de l’histoire du cinéma (je veux dire, même si tu t’en fiches, que t’en a pas vu un, tu connais le phrase). Ce n’est d’ailleurs pas le seul énorme cliché que le film arrive à faire passer : la relation Han-Leia est très bien écrite (parce que Ford, Fischer et Kirschner ont réécrit les dialogues de Lucas, sinon on aurait eut le droit à du Padmé-Anakin de l’épisode II – du coup ceci explique cela) et l’idée que Leia est la sœur de Luke (le cliché du « avant de mourir, j’ai un truc hyper important à te dire ») et préparé dès ce film – ce qui rend vraiment étranges les scènes où ils s’embrassent…
Sinon, le traitement apporté au film (acteurs, mises en scènes, effets spéciaux…) est aussi soigné qu’à l’épisode IV, ce qui n’est jamais une évidence dans l’industrie du cinéma.
Malgré un accueil plus mitigé à la sortie, Star Wars V devient peu à peu le film préféré de la majorité des fans (même aujourd’hui). Mais personnellement je n’en suis pas convaincu.

Bien que je place le film dans le haut de ma liste Star Wars, je le trouve inférieur au IV est pour plusieurs raisons : même aujourd’hui, après l’avoir vu plus de dix fois, la fin ne me reste pas en tête : passer le « Luke je suis ton père », le film devient très plat (il y a une transition pour récupérer Luke, puis Lando devient subitement un gentil pour aller chercher Han, Luke récupère une main) tout à l’air juste de finir le travail, est n’est pas une fin grandiose comme la remise de médailles de l’épisode IV accompagné d’une musique de fanfare. Mais cela rejoint ma critique principal du film : les très grands moments du film ne représente que la moitié du film ; le film idéal ne fait que cinquante minutes. Luke qui se fait capturer par un monstre des neiges, le Faucon qui fuit, qui se cache, qui fuit, qui se cache, qui fuit… en fait la quasi-totalité de l’arc Han-Leia-Chewie-3PO, n’est pas inutile du tout, mais pourrait être raconté tel quelle en deux fois moins de scènes. Cela permettrait peut-être de s’intéresser plus aux Rebelles qui… disparaissent juste comme ça, pendant une heure quarante de film ! Si les héros ne vivent pas le grande aventure (comme quand Luke est absent du plan de destruction de la deuxième Etoile de la Mort) tu ne peux pas ne te concentrer que sur eux. Sinon le monde entier a fait une pause le temps qu’ils prennent une douche, et là c’est encore pire que de tuer Biggs et de n’en avoir rien à faire, c’est vraiment condamné le combat Empire-Résistance a une fonction de décors (pourquoi ne découvre-t-on pas nos chers aimés Amiral Ackbar et Mom Mothma dans ce film ? J’aurais adoré avoir trente minutes à la Rogue One dans The Empire).

Cependant, tout cela ne diminue pas la qualité intrinsèque du film, et on peut même le remercier, car sans cette confirmation la franchise ne serait jamais devenu ce qu’elle est (par qu’entre le IV et le V il y a eut Star Wars Holiday Special, et si vous en avez vu ne serais-ce qu’un morceau vous savez que c’est à se tailler les veines…)
The Empire Strickes-Back a eut l’immense mérite de ne pas être un recommencement du premier, mais une véritable extension. Car comme Star Wars l’a toujours compris ; quitte à ne pas être apprécié ; il faut se renouveler pour ne pas mourir.

Collection « Les classiques » d’Artus

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L’éditeur Artus revient pour nous offrir six pépites du cinéma américain. Voici donc la chance de découvrir six longs-métrages trop peu reconnus du grand public malgré leurs qualités évidentes et la diversité de ce catalogue.
On commence rapidement avec « Scandale à Paris », biographie romancée de Vidocq, criminel français devenu célèbre également incarné par Gérard Depardieu dans le film de Pitof. George Sanders donne dans son interprétation une certaine roublardise ainsi qu’un flegme qui sied à merveille au personnage. Il y a une élégance dans le long-métrage de Douglas Sirk, un certain charme qui dissimule une ironie dans ses dialogues et son humour ainsi que le format même du récit. La voix-off confère un aspect sérieux à cette relecture d’un « mythe » de l’histoire française, rendant le visionnage assez agréable. Le dos du DVD indique une œuvre drôle et raffinée, et il faut reconnaître que c’est exactement ce qu’est ce « Scandale à Paris ». Bref, faites bien attention en regardant ce film car il est aussi séduisant et captivant que son personnage principal.

On ne peut guère parler de séduction concernant « Les cinq survivants » au vu de son sujet : les cinq survivants du titre sont en effet les cinq derniers êtres humains sur la planète après une catastrophe nucléaire. L’ambiance est donc lourde et la situation propice aux tensions. Ici, pas d’héroïsme divertissant, juste le désespoir de la solitude et d’une disparition presque programmée de l’humanité dans cette œuvre maîtresse dans le domaine du post apocalyptique. Le budget réduit apporte une sécheresse à l’image et un aspect cru appuyé par un casting de qualité au jeu brut. Si l’on ajoute à cela des conflits idéologiques malheureusement toujours d’actualité (le traitement des personnes de couleur), on peut donc grandement recommander ce « Five » dans son titre original..

Changement total de ton avec « Au-delà de demain », romance fantastique dans la veine de certains classiques cinématographiques des fêtes. Si certains reprochent au film une certaine naïveté, nous parlerons plutôt d’une candeur propre à la situation temporelle du récit qui rentre dans le format peut-être un peu trop classique du film de Noël. Mais cette quête de rédemption finale est assez attachante, tout comme les protagonistes qui prennent une certaine vie grâce au casting ainsi qu’à une accumulation d’événements appuyant un certain balancement entre l’optimisme et le fatalisme de la vie. Bref, si vous cherchez pour l’année prochaine un long-métrage de fête assez mignon et avec de bons sentiments (ce qui est trop souvent assimilé à un défaut de nos jours), alors vous apprécierez sûrement « Au-delà de demain ».

On parlait de fatalisme et on y reste avec « Le fils du pendu » où Danny Hawkins, dont le père a été condamné à la pendaison, se voit terrifié lorsqu’il tue accidentellement un garçon le harcelant avec son passé. Comme d’autres récits plus tard, le héros doit se débattre avec une pression sociale forte suite à un passé familial encombrant. Frank Borzage met en scène son intrigue avec certains accès de poésie morbide (son ouverture) transformant ses plans en tableaux expressionnistes appuyés par certains décors de studio. Ce film noir traite donc de l’émancipation d’un déterminisme pesant et conserve toujours une force visuelle inestimable.

« L’étrange Monsieur Slade » joue quant à lui la carte du suspense, avec cette suspicion envers cet homme étrange venant d’emménager dans le grenier de la famille Harley. Du moins, c’est ce que tente de faire croire le film, qui s’intéresse au final plus à la relation entre Slade et Lilly, nièce de la locataire du pathologiste, qu’au mystère planant sur celui-ci. Si l’on peut reprocher un dénouement assez prévisible, force est de reconnaître que Jack Palance bouffe l’écran dans son rôle et que l’on est pris dans l’aspect visuel du film, notamment cette brume londonienne qui confère une certaine ambiance au récit. Bref, un peu plus d’ambiguïté scénaristique aurait permis à cet « Étrange Monsieur Slade » d’être plus marquant, mais le résultat est quand même assez intéressant

Nous terminons le tour du catalogue avec le coup de cœur de l’auteur, « Le carnaval des âmes », où la seule rescapée d’un accident de voiture voit sa vie parasitée par des événements étranges. S’ouvrant dans le feu de l’action, le film condense son intrigue presque à la manière d’un rêve éveillé, où le spectateur s’interroge sur la réalité des événements au fur et à mesure de l’avancée du récit. Difficile de ne pas être captivé par ce classique du cinéma fantastique jusqu’à un climax cauchemardesque, auquel le ton général du long-métrage nous avait pourtant préparés. Bref, ce « Carnaval des âmes » est un immanquable, aussi bien pour l’influence qu’il aura plus tard (il aurait inspiré entre autres Romero et Shyamalan) que pour sa force visuelle intemporelle et toujours aussi perturbante.

Concernant les éditions fournies par Artus, elles sont plus qu’appréciables dans leur aspect technique. Il faut noter l’absence de suppléments et des œuvres visibles uniquement en version originale sous-titrée, mais cela ne devrait rebuter aucun amateur de cinéma en quête d’œuvres réussies mais hélas pas assez mises en avant de manière populaire. Il faut espérer que ces six DVD d’Artus permettront à certains et certaines d’agrandir leur culture cinématographique avec ces films de qualité

Star Wars Épisode 4 : Un nouvel espoir (critique commune)

1

Pays : États-Unis
Année : 1977
Casting : Mark Hamill, Harrison Ford, Carrie Fisher, …

L’avis de Monsieur Popcorn

Luke, jeune fermier, se voit embarqué dans le conflit entre l’Empire galactique et les rebelles lorsqu’il découvre un message de détresse venant de la princesse Leia.

Premier volet sorti, ce « Nouvel espoir » a posé les fondements de l’univers Star Wars avec un certain brio. George Lucas nous balance directement dans son intrigue avec des informations basiques dans l’ouverture et nous permet de découvrir ses protagonistes et planètes au cœur de l’action. Le visuel fait penser à un melting pot d’influences, que ce soit celle des Serials ou bien de Kurosawa. Bien que les sources divergent (cf notre critique de « La forteresse cachée »), on peut s’accorder sur une similitude dans la mise en scène et plusieurs points scénaristiques. Néanmoins, ce qui aurait pu donner une bouillasse trop référentielle pour exister d’elle-même forme un monde cohérent et passionnant par ce qu’il raconte dans ses détails visuels, par la vie qui se dégage de ses arrière-plans, ses personnages de fond ou bien ses vaisseaux (notamment dans leur côté usé à l’opposé de « Star Trek »). La musique de John Williams ajoute une profondeur de plus, avec cet apport symphonique grandiloquent amenant une touche de lyrisme par ses envolées.

Pour revenir sur l’intrigue même, elle est le meilleur exemple de l’influence de Joseph Campbell sur les structures narratives actuelles du cinéma. Ce professeur en mythologie avait établi dans son passionnant livre « Le héros aux mille et un visages » la théorie du Monomythe. Selon celle-ci, les histoires mythiques reposent sur une même base en plusieurs étapes. George Lucas les intègre dans son univers de science-fiction afin de donner à l’épopée de Luke Skywalker des allures de contes et ancrer son histoire dans quelque chose de plus grand que l’humain. Pas étonnant alors que ce film, en plus d’être un succès financier historique ayant marqué à jamais Hollywood et son fonctionnement, ait amené à diverses lectures et analyses au fil des années. Le tout est saupoudré d’une couche d’humour assez bon enfant ainsi que d’innovations technologiques dans ses effets spéciaux qui auront nécessité un travail intensif de la part de ses jeunes responsables, partis de rien pour offrir quelque chose d’original et inattendu.

On pourrait parler des heures de ce « Nouvel espoir », sorti originalement en France sous le nom de « La guerre des étoiles », mais d’autres l’ont déjà fait avec bien plus de profondeur et de pertinence. Concernant l’auteur de ces lignes, c’est un parfait exemple de divertissement de qualité ainsi que la mèche allumant la dynamite d’un monde qui explosera la manière d’appréhender les blockbusters, aussi bien dans son écriture que dans son aspect financier, pour le meilleur et pour le pire…

L’avis d’A la rencontre du septième art

C’est ici que tout a commencé, il y a maintenant plus de quarante ans. Ce projet fou issu de l’esprit de George Lucas, encore un jeune réalisateur qui a déjà su faire parler de lui avec des films comme THX 1138 et American Graffiti. La réalisation de ce premier Star Wars fut on ne peut plus chaotique, tout indiquait un véritable désastre, tant le sort semble s’être acharné. Et pourtant, elle vit la naissance d’une légende. Un Nouvel Espoir est né.

Un Nouvel Espoir, c’est la création et la culture d’un mythe, que ce soit dans son contexte historique que son contexte diégétique. Dans l’histoire du cinéma, Un Nouvel Espoir représente le premier film de la franchise à être sorti. C’est celui qui est venu bouleverser les codes et créer les siens, révolutionnant le space opera, et aidant le cinéma à faire un pas de plus dans l’ère du blockbuster. En 1977, le cinéma était très différent de celui d’aujourd’hui, mais Un Nouvel Espoir a su être un grand succès en dépit des nombreuses innovations audacieuses dont il a fait preuve. A la fin d’une décennie où le cinéma était plus que jamais terre-à-terre, regarder vers les étoiles semblait être réservé aux idéalistes et aux vendeurs de tapis, mais George Lucas avait son rêve, et il a su en faire un mythe.

Ce premier film vient donc planter le décor, nous faire découvrir ce nouvel univers imaginaire et nous faire nous rendre compte de sa complexité. Le spectateur à peine immergé dedans, il doit déjà faire face au fait accompli et à la guerre civile qui fait rage dans la galaxie. L’entrée en matière, spectaculaire et rythmée par les tirs de blaster, met volontairement un coup de pression pour laisser ensuite l’intrigue s’étendre progressivement et ralentir pour patiemment construire le socle de ce qui va constituer l’une des trilogies les plus célèbres du cinéma. On s’identifie à Luke, on craint Dark Vador, et Obi-Wan Kenobi, ce personnage qui nous était inconnu, se voit élevé directement au rang de légende et son personnage doté d’une aura singulière, car Star Wars, c’est avant tout et surtout un mythe.
Un mythe qui naît ici, et qui s’est cultivé depuis, mais qui se construit et se ressent également lorsque l’on place Un Nouvel Espoir en tant que quatrième épisode de la saga. Car si à son époque c’était bel et bien le premier film de l’unique trilogie, c’est aujourd’hui le quatrième épisode de la saga, et le visionner en tant que tel permet également de lui donner du relief et encore plus d’ampleur, notamment à travers la volonté manifeste de George Lucas de raccrocher les trois films de la trilogie à des éléments importants de la trilogie originale. L’ouïe de la guerre des clones, le retour de Dark Vador et d’Obi-Wan Kenobi, la mention de faits majeurs passés, semblant très mystérieux mais nous étant connus, donnent à Un Nouvel Espoir un sentiment de retour aux sources et de saut vers l’inconnu tout à fait particulier. Ce qui a été devant nos yeux n’est plus qu’un mythe, et c’est une nouvelle légende qui s’écrit. Finalement, Un Nouvel Espoir est, en quelque sorte, la pièce maîtresse du puzzle, qui vient apporter la première pierre à l’édifice, mais aussi relier tous les éléments entre eux.

C’est un film qui a marqué un tournant dans l’histoire du cinéma, et qui se base sur des mythes et des légendes pour en devenir une lui-même. C’est la confrontation entre le rationnel et l’irrationnel, ce que l’on juge par ce que l’on voit, et ce que l’on juge par ce que l’on croit. Une grande preuve d’audace, un rêve fou. En somme, un petit pas pour George Lucas, un grand pas pour le cinéma.

L’avis du Cinéma avec un grand A

La Guerre des étoiles … pas besoin de présenter ce film. Il faudrait être débarqué d’une autre galaxie pour n’avoir jamais entendu parler de La Guerre des étoiles ou de Star Wars, ne pas avoir vu, ni entendu ne serait-ce qu’une minute le bruyant Dark Vador et son sabre-laser.

1977. Le film sort et personne ne semble miser sur son succès. Pourtant, il bat les records d’entrée dès sa sortie et lance une des sagas les plus cultes du cinéma.

Notre critique ne se penchera pas sur le contexte historique du film, ni sur sa réception, ni sur ce qu’on pouvait lui trouver de novateur à l’époque : nombre de critiques l’ont déjà effectué. Nous essayerons d’établir plutôt la critique du point de vue d’un spectateur contemporain, c’est-à-dire d’un spectateur d’aujourd’hui qui découvre pour la première film ce film. Nous tâcherons de savoir si le film peut toujours plaire au public de notre époque. Vous êtes prêts ? Vitesse lumière Chewie !

Guidés nous sommes …

Le film nous guide dès l’ouverture : le long texte défilant sur fond étoilé nous pose les bases et le contexte de l’intrigue. On nous parle de guerre civile, d’une rébellion, d’un démoniaque empire galactique (« evil Galactic Empire»). On nous parle de plans secrets de l’arme ultime de l’Empire, l’Etoile de la Mort qui est capable de détruire une planète entière. On parle également de la princesse Leïa qui pourrait sauver la galaxie et lui rendre sa liberté … Belle prolepse ! Néanmoins, cela n’empêche pas le long-métrage de commencer fort avec un combat spatial entre un gigantesque, titanesque vaisseau impérial et un frêle, minuscule navire rebelle.

Récit d’apprentissage traditionnel mettant en scène des personnages aux fonctions définies.

On se rend rapidement compte où on veut nous emmener : vers un récit d’aventures, une sorte de conte intergalactique. Le film semble respecter le schéma actanciel de Greimas et s’inspire des travaux de Joseph Campbell, Le Héros au mille visages (ce dont Lucas ne se cache pas d’expliquer dans des interviews). L’histoire prend alors une dimension mythologique.

Luke Skywalker, le protagoniste est le héros en devenir. Le film se focalise sur ce jeune fermier. La Guerre des étoiles devient un récit d’apprentissage. Vivant sur Tatooine, une planète entièrement recouverte de sable où rien ne paraît pousser, le jeune homme ne désire que partir de cette terre infertile. Il ne veut pas vivre comme son oncle et sa tante et ne s’occuper que de sa terre. Il rêve d’un ailleurs. Tout comme son père rappelle son oncle.

Les deux robots fugitifs, R2 et 6PO, et une série d’événements vont pousser Luke à rencontrer la figure énigmatique de Ben Kenobi, un vieil ermite aux allures de Merlin. Dans son antre, en grand conteur, il va lui parler de l’ordre Jedi, de son père, d’une guerre … Il presse Luke de voler au secours de la princesse Leïa et d’accomplir en quelque sorte sa destinée. Mais notre héros est tiraillé entre ses rêves d’aventures et ses obligations morales vis-à-vis de sa famille d’adoption. Malheureusement, celle-ci sera tuée par l’Empire. Cette mort le déterminera à s’engager dans la guerre entre l’Empire et la rébellion.

Et comme chaque héros en devenir, il va rencontrer des adjuvants (Ben, Han …) et des antagonistes (Dark Vador, l’Empire …) et entame une quête (sauver la princesse). La première scène nous présente le grand méchant, Dark Vador, piégeant et enlevant la princesse en danger, Leïa que le héros devra sauver. Cependant, là où on attendrait la figure de la femme en détresse, la princesse Organa reste une rebelle, une combattante, elle a du caractère et mènera le groupe à plusieurs reprises. Cette originalité dans un récit de ce genre sera appréciée. En revanche, l’antagoniste, Vador, semble monolithique dans ce premier film : il représente la figure d’un Lucifer, ange déchu (chevalier jedi déchu) ayant trahi ses pairs. Ce manque de nuances peut décevoir. Mais son étoffement dans les films suivants rassurera le spectateur.

Les adjuvants quant à eux ont plusieurs fonctions. Han Solo incarne l’allié, le meilleur ami du héros. Son comportement jovial, parfois cynique, parfois roublard le rend attachant. On pourrait craindre que le personnage tende vers une caricature de l’acolyte charismatique au grand cœur mais le contrebandier parvient à rester singulier grâce au jeu d’acteur de son interprète et de son pragmatisme. Nous pourrions également parler de Chewbecca, le meilleur ami d’Han solo, un autre adjuvant de Luke Skywalker. Mais intéressons-nous plutôt au duo comique robotique : R2D2 et 6PO. Le jeune spectateur les trouvera assurément drôles et attachants. Nous détenons le couple parfait : le petit téméraire et borné et le grand plus craintif et barbant. Pour un spectateur plus âgé, ces deux personnages peuvent vite s’avérer agaçants.

L’intrigue ainsi que les personnages ne bouleversent pas l’horizon d’attente du spectateur d’aujourd’hui. Même la tragédie sur l’Étoile Noire ne choque pas le public : elle a déjà été vue à de nombreuses reprises dans d’autres longs-métrages. Tout est prévisible parce que l’histoire demeure traditionnelle et sans réelles surprises (bien qu’elle pouvait sembler originale à l’époque). Mais là où pêche encore aujourd’hui La Guerre des étoiles, c’est dans l’originalité de son univers, de ses figurations, de sa musique et de sa mise en scène.

Le charme de La Guerre des étoiles

Un univers parallèle au nôtre n’est pas si aisé à construire. Il faut qu’il soit cohérent, bien construit et que le spectateur ait l’illusion qu’il existe quelque part. Et George Lucas y parvient. Il nous plonge immédiatement dans son monde : c’est d’ailleurs ce qui fait encore son succès aujourd’hui. Le réalisateur a développé toute une mythologie autour d’une énergie invisible et mystique : la Force. La Force sera développée par Yoda dans la suite. Elle semble faire partie de toute chose. Cette dimension mystique et ésotérique attire et charme le spectateur rêveur. Comme me l’a rappelé à juste titre un des critiques de ce site, on perd cet aspect dans la prélogie à cause de la théorie midichlorienne (qui n’est toutefois pas sans intérêt pour moi) et c’est bien dommage.

Nous découvrons deux planètes dans ce premier volet. Tatooine est la planète de départ où rien ne pousse : notre héros n’a encore appris de son aventure, il est en devenir, il est nu. Yavin 4 est la planète d’arrivée : ses forêts, sa végétation ainsi que ses bâtiments monumentales montrent l’évolution de notre héros à qui il est arrivé nombre de péripéties. Toutefois, le voyage ne se borne pas à ces deux planètes : notre héros vogue un certain temps dans l’espace et s’arrête un moment sur une planète artificielle, l’Étoile Noire, pour sauver Leïa.

Ce qui fait aussi l’originalité de La Guerre des étoiles, c’est que son histoire se déroule « il y a bien longtemps dans une galaxie lointaine » : curieux pour de la science-fiction non ? Lucas va plus loin : il donne même une impression de vétusté à son univers. On le constate avec les vaisseaux : l’exemple le plus parlant demeure le Faucon Millénium. La poussière est omniprésente.

L’utilisation de maquettes, de peintures, des décors, des costumes reste pour le spectateur d’aujourd’hui intéressant à observer. La mythique scène de la Cantina est une perle cinématographique grâce aux costumes, à l’accompagnement musical mais aussi aux choix de plans.

Nous pouvons aussi parler de la musique composée par John Williams, récompensé d’ailleurs en 1977 pour son travail sur le film. La bande originale est des plus réussies et accompagne merveilleusement bien l’œuvre. Il a produit des thèmes inoubliables (« Imperial Attack », « Princess Leia’s Theme », « Tales of a Jedi Knight », « The Throne Room » …). Bien après avoir regardé le film, nous y restons plongés, ayant encore quelques bribes de la musique en tête. Toutefois, il faut rendre à César ce qui est à César : il a été influencé par de nombreux compositeurs classiques. La ressemblance avec certaines compositions est manifeste (écoutez par exemple « Intermezzo » de Puccini de 1898 pour Manon Lescaut) mais s’inspirer fortement d’un artiste était une pratique courante à Hollywood.

Plus qu’un produit : une ode à la rêverie intergalactique

George Lucas ne s’est jamais caché qu’il avait en partie réalisé ses films pour vendre des jouets et divertir le jeune public. Certains détracteurs de la saga s’appuient souvent sur cet argument. Pourtant on ne peut pas réduire La Guerre des étoiles à un simple film, à un simple blockbuster pour des jeunes spectateurs.

En résumé, Star Wars – Episode IV : Un nouvel Espoir est un conte intergalactique, certes assez traditionnel (à nuancer toutefois) dans sa structure, dans un univers foisonnant, travaillé et atypique. Lucas est parvenu à faire plonger, petits et grands, dans une galaxie dans laquelle des chevaliers/samouraïs se battent à bord de vaisseaux spatiaux à coup de sabre-lasers. Même si on n’apprécie pas le graphisme, la tonalité du film, ou l’histoire, on s’en souviendra : tant La Guerre des étoiles a son empreinte propre, et sur bien des plans.

L’avis de Salamander

« La naissance d’une légende »

Après avoir commencé sa carrière avec un film expérimental (THX-1138) et un film sur la jeunesse américaine (American Graffiti), le jeune George Lucas tente au milieu des années 70 d’emmener le cinéma plus loin, en se servant de l’aide inconditionnel de son ami Steven Spielberg, qui est en train avec Jaws de faire renaître le cinéma grand public et divertissement. En s’inspirant de toutes les grandes légendes de l’histoire, ainsi que des œuvres de science-fiction et de fantasy du début du siècle, il créé Star Wars : A New Hope. Le résultat, sera le plus incroyable de l’histoire du cinéma : un film dont personne n’avait entendu parlée, qui en quelques mois battra tout les records. Mais si le film est le plus grand succès populaire de l’histoire, on peut se demander sa valeur intrinsèque en tant qu’œuvre de cinéma. Peut-être que Star Wars IV n’est rien de plus que la meilleure série B de l’histoire ?

Très (très) grossièrement, on peut couper l’industrie du cinéma en deux : les films pour le grand public, destinés à être compris et reçu par le plus grand nombre, et les films d’art et essais, sensés interroger le cinéma en tant qu’art. Avec une réalisation très sobre fait essentiellement de plans larges fixes et de transition d’une scène à une autre en panneau, une histoire simple à suivre avec des gentils, des méchants et une intrigue claire, il est évident d’admettre que Star Wars IV appartient à la première catégorie.
Aussi, la série B (qui contient les genres de la science-fiction, du western, du slasher…) est aussi un très codifié : ce que l’on retrouve dans Star Wars, on le retrouve dans énormément de films fauchés de l’époque (des vaisseaux spatiaux, des extra-terrestres, des tenus qui feraient mourir Karl Lagarfeld ^^).
Si on compare le film à la référence absolu du genre, 2001, le côté « série B » du film ressort encore plus. Etant fait pour le public, il n’y aura de monolythe, de fin d’histoire où l’on se demandera si quelque chose à le moindre sens, pas d’actions lentes, pas de moment sans bruit de lasers, de sabre ou de pistolet…
Pourtant, dire que Star Wars ne serait que « vaisseau spatial, piu-piu bang laser, grand méchant et extra-terrestres », ce serait porter insulte au film.

Car l’idée de George Lucas, un peut comme Walt Disney quelques décennies plus tôt, ce n’était pas que raconter une histoire pour tous : c’était emmener le cinéma plus loin, raconter son histoire de la façon la plus aboutie, en créant des techniques qui n’avaient jamais existé. Tout les aspects série B de Star Wars IV ont été travaillé comme pour une œuvre majeure. Le premier exemple est celui de John Williams et l’orchestre symphonique de Londres pour composer la musique ! De la musique classique dans un space opéra, c’était du jamais vu depuis… 2001. Aussi, les effets spéciaux sont le produit d’une entreprise créé spécialement pour le film : ILM. C’est l’aspect fondamental de A New Hope à sa sortie : tout paraissait réel. Les acteurs, qui à l’époque étaient presque tous des inconnus, mais qui ont tous parfaitement rempli leurs rôles. Les maquettistes ou les dessinateurs qui ont remporté par la suite de nombreux Oscars. L’inventivité des lieux, des personnages (même si on sent avec le mec en tenue d’astronaute et celui à tête de diable dans la Cantina que Lucas a galéré) et leur qualité d’exécution donne un souffle puissant à la saga, que même les Oscars récompenseront. Aussi, la symbolique est très forte dans le film, rien qu’avec l’Empire : tout rappelle (sans le copier) le Troisième Reich ; les vêtements, l’organisation, les couleurs (Dark Vador et l’empereur sont en noir, les gardes royaux en rouges, les stormtroopers en blanc, les couleurs du drapeau nazi).

En étant donc aussi minutieusement travaillé, A New Hope a apporté une qualité jamais vu auparavant pour un film de divertissement, qui a contribué à son retour en force et justifie amplement le succès de la saga.

Star Wars épisode 3 : La revanche des Sith (critique commune)

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Pays : États-Unis
Année : 2005
Casting : Hayden Christensen, Ewan McGregor, Natalie Portman, …

L’avis de Monsieur Popcorn

Alors qu’ils viennent de faire face à l’enlèvement du chancelier Palpatine, Anakin Skywalker et Obi-Wan Kenobi doivent continuer de faire face à la guerre des clones. Malheureusement, les événements vont s’enchaîner vers le chaos, et le jeune Skywalker avec…

Voici enfin le moment pour George Lucas d’accomplir sa promesse avec sa trilogie en aboutissant au basculement d’Anakin Skywalker dans le côté obscur. Si les deux volets précédents regorgeaient de défauts un peu trop visibles pour passer à côté, il faut reconnaître que ce troisième volet boucle cette prélogie sur une note forte. Tout d’abord, Lucas donne un sacré punch dans sa mise en scène, et ce dès l’ouverture avec cette bataille spatiale en plan séquence suivant nos héros. En plus de jouer une nouvelle fois sur les échelles comme dans le passé (CF l’ouverture d’« Un nouvel espoir »), il nous fait rentrer avec intensité dans la guerre des Clones. Le rythme s’accélère et le visuel suit avec une réalisation assez dynamique mettant en valeur ses morceaux de bravoure. Peut-être est-ce dû aux conseils de l’ami Steven Spielberg, mais il est impossible de nier que, par rapport à ses deux prédécesseurs, « La Revanche des Sith » sait gérer son action et la manière de représenter celle-ci.

Plus important encore, nous atteignons la conclusion des manigances politiques pour atteindre le pouvoir absolu. Nous avions déjà parlé de la chute de la démocratie par des moyens démocratiques comme reflet de divers événements passés, mais on peut également lire une critique de la gestion des États-Unis dans ses conflits, notamment face au terrorisme. Si le rattachement de la phrase d’Anakin par rapport à la place d’Obi-Wan comme belligérant aux déclarations de Georges Bush a été démonté par plusieurs personnes (il ne fut en effet pas le premier à tenir de tels propos), cette vision binaire du monde reste effrayante par sa « simplicité ». À partir du moment où l’on établit une société dans un schéma manichéen, on se dirige vers un comportement égalitaire dans les châtiments, judiciaires ou non. Pourtant, nous sommes tous faits de diverses nuances qui établissent notre personnalité et nos actes. Ainsi, les réduire dans une réflexion simpliste amène à passer sur divers points essentiels dans la compréhension de l’acte. Sans réflexion, impossible pour nous d’appréhender ledit acte, mais également la manière de le faire disparaître. Un schéma binaire ne peut alors mener qu’au chaos et à un cycle de peine qui se répète et se répète telle une boucle sans fin.

« La Revanche des Sith » devient alors un accomplissement narratif pour une trilogie assez moyenne, ainsi qu’un miroir sur la détresse du monde et sa manière de gérer ses problèmes. C’est la marque d’un blockbuster puissant, sombre et amer pour le basculement qu’il amène, mais gardant quand même une note de lumière. Car même dans la nuit la plus noire et la situation la plus désespérée, il y a toujours une lueur, aussi infime soit-elle, qui subsiste…

L’avis de Valentin Pejoux

Le 18 mai 2005 nous avons découvert le dernier épisode intitulé : la revanche des Sith qui marqua la fin de la saga au cinéma jusqu’à ce que Georges Lucas vende LucasArts à Disney pour la somme de 4 milliards dollars. Ce film était autant attendu par les fans que par ses détracteurs car il marquait la fin de la saga Star Wars et faisait le rapprochement avec le 1er épisode de la saga : un nouvel espoir.

Georges Lucas était attendu au tournant pour la conclusion de sa saga qu’il a commencé il y a presque 40 ans et force est de constater que cet épisode générait beaucoup de craintes car ce final promettait d’être sombre et après deux précédents volets très inégaux Lucas n’avait pas mis tout le monde d’accord.

Au niveau du scénario nous retrouvons bien sur Georges Lucas qui officie en temps que réalisateur-scénariste , à la bande son nous retrouvons bien sur Monsieur John Williams , ainsi que Rick McCallum à la production.

Le film s’ouvre sur un magnifique plan séquence où nous voyons les deux chasseurs jedis d’Anakin et d’Obi Wan se frayer un chemin pour aller sauver le chancelier Palpatine qui a était enlevé par le général Grievous.

La grande qualité de ce long métrage est de proposer un scénario dont nous connaissons déjà les tenants et les aboutissants depuis des années du moins pour les fans de la première heure ayant grandit avec les trois premiers films. Mais le papy Georges parvient toujours à nous surprendre grâce à de subtiles idées de mise en scène et d’un montage ultra efficace.

Georges Lucas applique ici dans cet épisode le mythe de Faust ( un héros vendant son âme au Diable ) au passage d’ Anakin Skywalker vers le coté obscur de la force car il est séduit par Darth Sidious alias le chancelier Palpatine ( le Diable ).

Georges Lucas s’est énormément amélioré au niveau de sa mise en scène grâce à la prélogie si inégale soit-elle , nous retiendrons la scène de course pod dans la menace fantôme où pendant cette même course nous n’avons aucune musique nous sommes tenus en haleine tout au long grâce aux excellents designs sonores , nous retrouvons cette astuce de mise en scène dans l’épisode 2 lors de la scène des charges soniques que lance Jango Fett pour ce défaire de Obi Wan qui est un plaisir visuel et auditif. lucas utilise aussi une belle astuce de mise en scène : la synecdoque ( notamment utilisé dans M le maudit de Fritz Lang) où nous voyons Lucas filmé Anakin et Padmé se réconforter l’un l’autre mais au lieu de les filmer en gros plan il filme leurs ombres où nous pouvons voir que la coiffure de Anakin laisse présager qu’il est déjà vêtu du casque de Darth Vader et qu’il ne pourra que sombrer vers le coté obscur.

Dans cet épisode Lucas montre ses talents de metteur en scène avec son plan séquence dantesque dans la première scène du film , l’exécution de l’ordre 66 qui est une des scènes les plus marquantes et tristes de la saga où nous voyons tous les jedis se faire massacrer ; cette scène additionnée à la musique de John Williams souligne très bien le coté dramatique de la scène.

La scène du combat alternée entre Anakin et Obi Wan et celui de Darth SIdious et maitre Yoda fait grimper la tension de fort belle manière encore additionnée à l’opéra de John Williams nous fait frissonner , la beauté des plans est aussi à souligner lorsque Anakin et Obi Wan se battent sur la planète de lave Mustafar ou les images du volcan d’Italie : l’Etna et les CGI ; assurément un des meilleurs duels de sabres lasers de la saga si ce n’est le meilleur.

La scène de l’assaut des clones mené par Anakin contre le temple jedi est aussi une scène très marquante notamment grâce à la musique de John Williams qui montre de fort belle manière qu’ Anakin est totalement consumé par la coté obscur de la force.

Dans cet épisode les acteurs sont à leur meilleur niveau même hayden Christensen qui avait un jeu d’acteur très lisse et avait tendance à surjouer dans l’épisode précédent.

Ewan McGregor est toujours excellent que ce soit au niveau de l’humour de son personnage qui n’est surpris par aucune situation en démontre l’audace dont il fait preuve lorsque qu’il provoque le général Griveous devant tous les droïdes de combats mais il sait aussi nous faire pleurer lorsqu’il découpe les membres de Anakin lors du duel sur Mustafar.

Nathalie Portman est plus en retrait dans ce film mais le talent dont elle fait preuve suffit à nous faire apprécier son personnage malgré la façon dont meurt son personnage reste encore peu flou aujourd’hui.

Ian McDiarmid est tout simplement excellent en Darth Sidious notamment grâce à son jeu plein de malice et de manipulation qui parvient facilement à duper et à contrôler Anakin.

Tous les personnages sont mis à rude épreuve dans ce long métrage ce qui amène d’excellents développements tels qu’ Anakin qui a peur de perdre l’être cher et qui malheureusement passe du coté obscur pour tenter d’obtenir le pouvoir d’immortalité du seigneur noir des sith Darth Plagueis accesoiremment l’ancien maître sith de Darth Sidious.

ObI Wan est forcé de tuer Anakin car il représente une trop grande menace pour la galaxie.

Padmé qui sent que son mari fait le mauvais choix et qui finalement meurt de chagrin sentant la douleur d’ Anakin lorsque les droïdes soignent son corps brulé et ses membres coupés.

Yoda ressent la force trépassée lorsque l’ordre 66 est exécuté où tous les jedis se font massacrer par les clones.

Maitre Windu sentant aussi que quelque chose ne va pas autour du sénat et ne fait pas confiance au chancelier Palpatine ce qui lui fera défaut lorsque qu’il affronte Palpatine.

Coté technique les équipes d’ILM ont réalisé un excellent travail, que ce soit les planètes très bien retranscrites mention spéciale à la planète Mustafar , les combats de vaisseaux spatiaux sont dantesques, les décors sont sans surprise d’une beauté saisissante comme la planète Alderaan à la fin du film où réside le Sénateur Oragana. Les chorégraphies au sabre laser sont très bien chorégraphiées.

Pour finir Georges Lucas a conclu sa prelogie de fort belle manière avec cet épisode qui a des aires de film dramatique, mais Papy Lucas n’en oublie pas le grandiose qui est l’un des grosses qualités de la saga notamment grâce à la scène d’introduction, le combat entre Anakin et Obi Wan, les acteurs cette fois si sont bien dirigés, la musique du film vous fera ressentir des frissons notamment la musique en fond lorsque Anakin attaque le temple avec clones ou tout simplement l’opéra que dirige lors du combat de fin.

Lucas a donc tenu sa promesse avec cet ultime opus de la prélogie et raccroche les wagons avec le premier épisode sorti en 1977.

L’avis d’A la rencontre du septième art

Difficile d’être objectif quand il s’agit de parler d’un de mes films préférés. Comme beaucoup, j’ai découvert Star Wars Episode III : La Revanche des Sith pendant mon adolescence, c’est celui qui m’a relancé dans l’univers Star Wars et, depuis, il ne m’a plus quitté. Plus de dix visionnages après le premier, j’ai profité du réveillon de Noël pour m’en offrir un nouveau, sans la moindre lassitude, et toujours avec le même plaisir, pour cette fantastique conclusion à une prélogie généralement boudée.

Ce troisième épisode devait terminer le cycle initié avec La Menace Fantôme, et introduire les éléments qui constitueront Un Nouvel Espoir et la trilogie originale. Une mission aux enjeux énormes qui s’avérait périlleuse et nous menant sur un chemin plein d’embûches. Dans L’Attaque des Clones, nous avions laissé la galaxie dans un état de guerre naissant, et un Anakin en proie à ses émotions, entre la déchirure causée par la perte de sa mère et son amour pour Padmé. Ces éléments, centraux au développement du personnage et n’auront de cesse de peser sur la narration de cet épisode. Le personnage d’Anakin, encore jeune et incertain dans L’Attaque des Clones, a ici gagné en maturité, mais si c’étaient ses propres émotions qui lui jouaient des tours dans l’épisode précédent, ce sont cette fois nombre de facteurs externes qui vont influencer ses décisions et le mener vers sa destinée funeste.

Connaissant généralement la suite des péripéties de la saga, le spectateur n’a de cesse d’imaginer le scénario alternatif à celui de la Revanche des Sith, à se demander comment l’histoire se serait poursuite si, à certains moments, des décisions inverses avaient été prises. Si Anakin avait pu apporter son aide à Mace Windu pour arrêter Palpatine ? S’il avait été à la place d’Obi-Wan sur Utapau ? Fatalement, on est persuadés qu’une issue heureuse s’y serait trouvée, mais au vu de la complexité de la situation, peut-on en être aussi sûr ? Tout n’a jamais semblé aussi clair par rapport au dénouement qui nous attend et, pourtant, nous sommes dans un flou angoissant où les manipulations n’ont de cesse d’empoisonner l’esprit du héros. Ce même héros qui sera la clé d’un final dantesque qui se déroulera dans un flot de sang et de lave.
Car La Revanche des Sith décide définitivement de s’affirmer et d’être l’épisode de la maturité de cette prélogie. Quand les deux épisodes précédents exploraient des pistes sans jamais vraiment aller au bout, cet épisode III vient dévoiler toutes les pièces de l’échiquier et parachever ce qui est, probablement, l’opus le plus introspectif de la saga. Si, bien sûr, le visuel et la musique sublime de John Williams viennent offrir des moments absolument épiques dans ce film qui offre un spectacle rare et totalement dantesque, il se charge également de définitivement construire le mythe le plus célèbre de Star Wars : Dark Vador. Celui dont l’ombre planait sur cette prélogie montre enfin son visage. C’est dans un environnement à la fois originel et infernal que l’un des méchants les plus célèbres du cinéma naît définitivement. L’homme torturé, promis à la lumière, finit par définitivement basculer dans l’obscurité, à l’image de ce masque qui vient recouvrir un visage irrémédiablement meurtri, et où la machine vient supplanter l’humain, qui n’avait plus de raison de vivre.

Grandiose et spectaculaire, La Revanche des Sith vient conclure avec une maîtrise rare une prélogie qui hésitait, en s’affirmant enfin, et en venant apporter les bases de la trilogie originale, en sacralisant définitivement le personnage tourmenté de Dark Vador, à la fois autoritaire et inflexible, mais aussi esclave de ses propres tourments et du joug l’Empereur. En torturant Anakin face à l’influence de ses pairs, de ses proches et de Palpatine, George Lucas fait de La Revanche des Sith le film crépusculaire et apocalyptique qui était attendu, permettant de fermer un pan de l’histoire de Star Wars, et en ouvrir un nouveau, pour encore mieux construire la légende.

L’avis du Cinéma avec un grand A

Dernier opus de la deuxième trilogie Star Wars, « La revanche des Sith », de par son statut d’épisode charnière entre les deux sagas et les enjeux qu’il véhiculait (la transformation au propre comme au figuré du jeune et tourmenté Anakin Skywalker en maléfique seigneur Sith Dark Vador, était fortement attendu au tournant et ce, malgré un épisode 1 plaisant mais inégal et un épisode 2 limite catastrophique.

Fort heureusement, ce troisième opus, malgré quelques petites imperfections (nettement moins présentes que dans les deux autres opus cependant), s’en tire fort honorablement et se révèle même être selon moi tout simplement le meilleur épisode de cette seconde trilogie.

Le grand mérite de ce film est justement de bien tirer profil de ses nombreux éléments scénaristiques primordiaux pour la suite de la saga (la transformation de la République en Empire, celle d’Anakin en Dark Vador, de la naissance des jumeaux Luke et Leïa, l’extermination massive des chevaliers Jedi) en les mettant au centre de la narration, au point même de réussir (enfin !) à combiner les effets spéciaux toujours nombreux et tonitruants à la narration. De sorte que l’atmosphère sombre que Lucas a tant désiré installé dans cette seconde trilogie se manifeste enfin.

En effet, le film entier est traversé par l’odeur du chagrin, de la souffrance et de la mort; soit les éléments fondateurs du maléfique Empire. Personne n’est épargné. Dans sa longue (et saisissante) descente aux enfers (dans tous les sens du terme), Anakin y entraîne pratiquement toutes les personnes qui le suivent de près ou de loin : son maître Obi-Wan, sa femme Padmé, l’ensemble des Jedi sans parler de la République toute entière à laquelle il est lié par son statut. La noirceur du film permet de rendre les effets spéciaux moins éreintants que dans les épisodes 1 et 2 et surtout de les reléguer au second plan. Mieux, elle les rend plus utile et du même coup beaucoup plus beaux, en atteste le formidable duel au sabre-laser Anakin-Obi-Wan, grand morceau de bravoure se déroulant au cœur des flammes de la planète volcanique Mustaphar (véritable métaphore de l’enfer) se soldant par l’adieu déchirant d’Obi-Wan moralement brise face à la chute morale de son jeune élève.

L’autre élément-clé dans la réussite de cet épisode est sans aucun doute la brillante transition, logique et émouvante, entre les deux sagas. C’est là que l’on constate que Lucas a bel et bien tenu sa promesse, en disant que, au final, malgré ses énormes et vilains défauts, la seconde trilogie mettrait en avant les éléments explicatifs de tout ce qui passe, diégétiquement parlant, dans la première.

En matière de jeu d’acteur, soulignons la belle progression de Hayden Christensen, qui semble avoir enfin bien compris les tiraillements et peines intérieurs de son personnage. D’autant plus que la « transformation » d’Anakin en Dark Vador, moment-clé de la saga s’il en est, était une sorte de fantasme pour de nombreux fans. De leurs côtés, Ewan McGrégor, la très belle Natalie Portman et Ian McDiarmid dans le rôle du futur empereur Dark Sidious, acteur-clé de cet ultime volet (du moins à l’époque de sa sortie) font bien ressortir les sensations et traits de caractères de leurs personnages voulue par l’extrême noirceur et la profonde tristesse du récit.

En résumé, Star Wars, épisode III : La Revanche des Sith, vous l’aurez compris, est une vraie réussite, l’épisode le plus abouti (et de loin) de la deuxième trilogie et parvient, de par son ambiance profondément dramatique et pessimiste et l’importance de ses enjeux scénaristiques, à le rendre aussi intense (à défaut d’être inoubliable) que les épisodes de la première trilogie.

L’avis de Salamander

« Faire comme un chat… »

…savoir retomber sur ses pattes.
Lorsque George Lucas attaque l’épisode III, il sait qu’il s’agit de son dernier film. Pourtant, il sait que son clap de fin sera aussi le clap de début, celui de la trilogie originale et de l’épisode IV qui a tout lancé. Alors pour finir en beauté en 2005, il faut pouvoir revenir au succès de 1977, et boucler la boucle.
La fin d’un prequel, c’est l’épisode « casse-gueule » pour un artiste : le spectateur connait le début, il connait la fin, il ne reste plus qu’à relier les deux bouts (et pour quelqu’un d’aussi créatif que Lucas, au point de ne faire que des fins à suite même pour l’épisode VI – genre l’Empire n’a pas pu être détruit juste avec la mort de son empereur… – on peut se dire que perdre des moyens de surprendre le spectateur doit être dommageable). Luke et Leia doivent naître, Anakin doit mourir « d’un certain point de vue ». Alors allons-y.

Aujourd’hui, il y a 8 films Star Wars numérotés, et tous obéissent à des règles : 2 ou 3 apparitions de sabre lasers dans chaque film. Ni 4, ni 1. La fin et le début de trilogie se finissent sur des victoires (d’ailleurs, toutes par une « photo souvenir » en ultime plan, sauf le VII qui préfère faire du teasing). Chaque film, aussi, doit proposer les meilleurs effets spéciaux (le numérique, c’est chacun ses goûts, mais en 2005 La Revanche des Sith était la référence). Enfin, puisque c’est Star Wars, on attend du neuf, de la créativité, du rêve.

Sur ces deux derniers points, La Revanche des Sith est exemplaire : le nombre de planètes créés pour le film, parfois pour un plan, sont incroyables. Le plan d’ouverture du film est une claque intergalactique en terme de composition et de réalisation : jamais l’idée de ‘bataille spatiale’ n’aura été mieux retransmis.
Mais pour le reste… Star Wars III, dès le début, est destiné à mal finir. Anakin doit devenir Dark Vador et la République doit tomber avec la complicité de Jar Jar (du coup, vous pourrez toujours dire que c’est Snoke, ça vous laissera au moins cette satisfaction 😉 ). Aussi, Lucas à multiplier les combats de sabre lasers (ce que je vois autant comme un coup pour son départ qu’un manque de confiance après l’échec critique du II), les effets spéciaux et les décors incroyables. Mon avis sur le film est partagé : une heure où se succèdent discussions sur discussions (qui sont nécessaires, mais qui restent des discussions dans un film qui s’appelle « Guerres de l’étoile ») avec des acteurs qui certes se sont améliorés mais qui paient une troisième fois l’incapacité de Lucas à diriger ses acteurs. Utile, ponctué par une scène de début assez monumentale, mais tout de même poussif. Puis une seconde heure… légendaire. L’un des tous meilleurs combats de l’histoire de la franchise (le plus long aussi, 7 minutes environ), et même si THE scène où Anakin devient Dark Vador est raté, celles où Padmé et Obi-Wan ont le cœur brisé par celui qu’ils aimaient sont déchirantes, comme l’ordre 66, et montre que Lucas reste un conteur d’histoire exceptionnel, comme si se rapprocher de sa trilogie d’antan lui avait permis de recouvrer se souffle magique (et l’on s’en fiche qu’il y ait des passages forcés, c’était déjà le cas avec Han à la fin du IV et là aussi on s’en fichait).

Au final, Lucas nous offre sans doute le meilleur travail de sa prélogie, et pour moi son meilleur travail depuis l’épisode IV.

Star Wars Épisode 2 : L’attaque des clones (critique commune)

1

Pays : États-Unis
Année : 2002
Casting : Hayden Christensen, Ewan McGregor, Natalie Portman, …

L’avis de Monsieur Popcorn

Alors que la sénatrice Amidala subit plusieurs tentatives d’assassinat, Anakin Skywalker est chargé de la protéger tandis que son maître Obi-Wan Kenobi enquête. Mais les sentiments du jeune homme pour l’ancienne princesse vont être difficiles à maîtriser…

Maintenant que Lucas nous a réintroduit à son univers avec un nouveau contexte socio-politique, il est temps pour lui de travailler ses personnages et leurs inéluctables destins. En cela, l’écriture s’avère un peu plus fine que pour l’opus précédent. Bien que malicieux, Obi-Wan Kenobi prend à cœur son rôle de maître et va s’investir pleinement dans son investigation. La princesse Amidala a préféré laisser son trône pour avoir un rôle plus actif dans la construction politique de l’univers. Mais la timbale est décrochée par Anakin Skywalker, jeune homme tiraillé par ses sentiments et son rôle de padawan, avec l’abstinence que cela demande. C’est un être émotionnellement chargé si l’on rajoute sa tristesse par rapport à sa mère, dont il fut séparé dans le premier volet pour accomplir son destin. L’interprétation d’Hayden Christensen, souvent critiquée, reste pourtant cohérente au vu des ressentiments d’Anakin et de sa dualité entre sa naïveté face à son amour pour Padmé mais également sa part sombre qui prend peu à peu plus de place. De cette manière, on pourrait plus reprocher les dialogues de Lucas assez peu engageants, voire sources de moquerie (la tirade sur le sable).

Néanmoins, l’écriture de l’intrigue même est passionnante. Les répercussions politiques soulevées par les événements narrés amènent petit à petit à la chute de cette démocratie de manière démocratique. On avait déjà souligné ce point dans la critique du précédent volet mais ici, cela avance plus vite, notamment avec la place de l’armée des Clones. La création de soldats rentre dans une logique de défense par rapport à un ennemi disposant de ses propres forces, mais cela amène également à un conflit inévitable. Cette guerre aux raisons officiellement économiques est orchestrée en sous-sol dans le but d’une prise de pouvoir totale. Difficile encore une fois de ne pas faire de liens avec notre propre histoire où certains politiciens profitent d’un conflit armé pour s’arroger une plus grande liberté de manœuvre, avec ce que cela implique comme répercussions sur la population. C’est dans ces instants que l’on voit le travail de Lucas sur la cohérence dans la construction de son univers et son regard global par rapport à l’avenir de ses protagonistes.

« L’attaque des clones » reste alors comme le précédent volet un blockbuster imparfait mais passionnant sur ce qu’il a à offrir en terme d’analyse. Que ce soit d’un point de vue politique ou humain, Lucas arrive à amener une certaine réflexion dans une œuvre divertissante à la mise en scène plus libérée que sur « La menace fantôme ». S’il y avait eu autant de travail sur les dialogues et un humour assez moyen que sur l’univers en général et ses lectures, on pourrait parler de ce second épisode comme une œuvre grand public féroce. Mais cet aspect mature va bientôt arriver avec le point de non-retour de la saga…

L’avis d’ A la rencontre du septième art

Deuxième épisode de la prélogie, L’Attaque des Clones vient prendre la suite de La Menace Fantôme, quatre ans après. Anakin a grandi et est devenu un Jedi, pendant que la galaxie est en proie à des tensions toujours plus vives entre la République et la Confédération. Une suite souvent très décriée par les fans de la saga, mais que dire de L’Attaque des Clones ?

Ce second opus a choisi de s’inscrire dans la lignée du premier, en développant surtout l’aspect politique de l’histoire, un parti pris qui permet donc à cette prélogie de se distinguer de la trilogie originale, tout en alimentant et en préparant également le contexte de guerre dans lequel se déroulent les épisodes IV, V et VI. Très rapidement, les cartes s’abattent avec deux tentatives d’attentat perpétrés à l’encontre de la sénatrice Amidala, ancienne reine de Naboo, et devenue une des figures politiques les plus importantes du Sénat, luttant contre les pressions de la Confédération, qui cherche à déstabiliser la République.

Cette fois, le conflit, déjà installé mais encore à ses prémices dans La Menace Fantôme, éclate au grand jour et redistribue les cartes. A l’image de l’attentat de Sarajevo de 1914, les tentatives d’assassinat à l’encontre de la sénatrice Amidala sont des catalyseurs qui vont précipiter l’entrée en guerre de la République et contribuer à l’inexorable ascension du Chancelier Suprême Palpatine, poursuivant sa destinée hitlérienne vers une force politique unique et indestructible. Comme dans La Menace Fantôme, les références historiques demeurent très présentes. Pendant ce temps, les Jedi, garants de la paix, sont également contraints de participer à l’effort de guerre, et à devenir des généraux, des soldats d’élite. La guerre est le cœur du sujet de l’Attaque des Clones, laquelle est d’ailleurs à la fois physique et mentale, avec des conflits sur le champ de bataille, mais également des conflits intérieurs, notamment chez Anakin Skywalker, dont la destinée trouble et funeste commence doucement à se dessiner.

En effet, le personnage d’Anakin prend une nouvelle dimension dans cet épisode II, puisque le film montre son passage à l’âge adulte, et présente également une représentation des enjeux de ce passage en termes de responsabilités et de ruptures. D’un côté, Anakin est attiré par l’amour qu’il voue à Padmé, tandis que de l’autre, il est déchiré par la mort de sa mère, qu’il venge par une répression sanglante et sans pitié : « il y avait même des enfants, je les ai tous tués, tous ». Le petit garçon enjoué de La Menace Fantôme est devenu un jeune homme meurtri, capable de tout pour défendre les siens, quitte à causer encore plus de douleur.

Si la représentation de ce passage à l’âge adulte à travers l’évolution du personnage d’Anakin est tout à fait intéressante et alimente l’aspect dramatique du film et de la prélogie en général, la romance avec Padmé tend à s’étirer et à rompre la dynamique du film, qui s’avère irrégulier et relativement haché. Généralement écriés pour leur côté niais et excessivement romantique, ces passages créent une dynamique inverse de celle que le film suivait alors, avec l’entrée en guerre, la crise politique et la décision des Jedi de participer au conflit.

En revoyant L’Attaque des Clones, je me suis rendu compte que je connaissais encore beaucoup de répliques et de passages par cœur, signe que j’ai beaucoup vu ce film par le passé, et que je lui accorde une affection particulière. Cela n’empêche pas de voir ses fébrilités en termes d’effets spéciaux, la présence de décors très synthétiques, un duo Portman/Christensen souvent très hésitant et qui peine à convaincre. Cependant, l’aspect politique du film le rend intéressant, permettant de poursuivre la prélogie sur une bonne tendance, et donnant lieu à un final épique sur la planète Géonosis, montrant enfin les Jedi en action, et puis, évidemment, Christopher Lee ! Un épisode II qui, donc, comme son prédécesseur, a de bonnes intentions, commet des maladresses, mais parvient à garder suffisamment d’intérêt pour se préparer à ce qui nous attend ensuite !

L’avis du Cinéma avec un grand A

Sorti trois années après l’épisode I (La Menace Fantôme) jugé par la critique comme étant une déception historique, ce deuxième volet de la seconde trilogie Star Wars, sobrement intitulé « L’attaque des clones », est pourtant, selon moi, nettement plus chaotique que le précédent volet.

Le principal mérite de l’épisode précèdent était de réussir à rendre divertissant et agréable à voir les (très) nombreux morceaux de bravoure et ce, malgré le déluge infernal d’effets spéciaux. Le gros problème de « L’attaque des clones » est qu’il accentue justement ces même problèmes, au point même d’en détruire presque toute forme de narration. En atteste la fin du film, particulièrement raté, dans laquelle les clones du titre surgissent, tel le déluge, et dézinguent à tout va pendant près d’une grosse demi-heure, le tout sur fond d’images numériques et de synthèse d’une relative laideur quand on repense aux vraies maquettes et autres marionnettes qui servaient à rendre réalistes les soldats et autres créatures étranges qui faisaient tant le charme de la première trilogie.

Ajoutons cela des dialogues gnan-gnan au possible (les sempiternelles et ridicules paroles d’amour entre Padmé et Anakin, sorties tout droit du pire épisode des « Feux de l’amour ») et surtout un jeu d’acteur parfois à la limite du ridicule, dominé par le fade Hayden Christensen, fort peu charismatique dans le rôle du jeune Jedi tourmenté Anakin Skywalker, à tel point qu’on a du mal à s’imaginer que c’est bien ce pauvre garçon qui deviendra le terrible (et très charismatique, justement) Dark Vador. Au moment où le jeune Anakin exprime toute sa colère et son chagrin vis-à-vis de sa relation avec son maître Obi-Wan Kennobi et de la mort de sa mère, on a l’impression d’avoir affaire à un ado de 15 ans en pleine crise, à qui on vient de piquer sa collation de 10 heures. Quant à Padmé, qu’on nous avait présenté dans l’épisode I comme étant une femme d’action au fort tempérament, elle paraît ici bien insipide, comme une banale et naïve adolescente amoureuse.

Le niveau de l’interprétation est néanmoins sauvé (en partie) du naufrage total par le charisme du grand Christopher Lee, interprète du malveillant conte Dooku, grand méchant de cet épisode 2, ainsi que par le convainquant Ewan McGrégor, toujours aussi à l’aise dans le rôle sage et intègre d’Obi-Wan.
Ajoutons à cela une mauvaise utilisation de « fan-service » (les plans de la future étoile de la mort, l’apparition de Bobba Fett alors qu’il n’est encore qu’un petit garçon) et vous obtenez véritablement une bien belle déception historique.

Dès lors, que reste-t-il à sauver, me direz-vous ? Eh bien… Christopher Lee (encore et toujours lui) et un certain sens du rythme. George Lucas aurait-il dû passer la caméra à quelqu’un d’autre ? La réponse est oui, car il s’est toujours montré très efficace à côté comme le prouve les épisodes V et VI. Que ce soit sur celui-ci ou La Menace Fantôme, George Lucas semble manquer de recul par rapport à son écrit et sa réalisation. Je vous laisse poser vos suggestions de « yes man » en commentaires.

En résumé, Star Wars, Episode II : L’Attaque des clones déçoit terriblement ! On s’accroche à ce que l’on peu pour ne pas se satisfaire un minimum.

L’avis de Salamander

« Le caillou dans la chaussure »

Tension entre un film qui nous apporte enfin ce qu’on voulait « lattaque des clones » et un film très décevant
Après le plutôt bon succès de l’Episode I, Georges Lucas a obtenu les moyens financiers (puisqu’un échec au box-office était le seul moyen d’arrêter ce projet d’auteur) de réaliser l’épisode II. Et en mai 2002, c’est le drame : le film le moins aimé par les fans voit le jour.

Pourtant, le film avait tout ce que nous pouvions attendre d’un préquel à la trilogie. Enfin nous avions cette guerre des clones qui commençait. Le combat de fin qui ouvre la guerre est titanesque, surtout pour l’époque vu la révolution encore proposer par le film en matière d’effets visuels, de même que l’avant-dernier plan où le Sénat contemple cette armée immense. Anakin Skywalker est enfin ce pré-Vador qui commence à passer du côté obscur avec la mort de sa mère qui déclenche chez lui une colère folle, une colère et toute sorte d’émotions fortes qui fendent sa cuirasse pendant tout le film. On voit clairement le destin de celui qui va trahir les Jedi se dessiner. Même, le film nous propose un nouveau méchant fort sympathique avec le Compte Dooku, qui affronte un maître Yoda dont on n’aurait jamais imaginé qu’il puisse être aussi fort.

Cependant, cela ne suffit pas à faire un bon film, parce que l’Attaque des Clones souffre déjà des problèmes du 1 : les acteurs sont mal dirigés, le côté « voyage spatial » disparait (avec cela dit un passage Obi-Wan / Fett qui rattrape le film) et Anakin est encore décevant. Si je peux revenir sur le personnage principal cela dit, son parcours est totalement logique, puisque seul un Jedi rongé par de fortes émotions aurait pu avoir une famille alors que le code l’interdit, et trahir les Jedi ensuite. Après évidemment ça n’excuse pas son mauvais jeu, mais comment diable jouer « Je n’aime pas le sable » de façon intéressante ? La scène où Anakin prononce cette phrase est d’ailleurs symptomatique d’autre chose : le film fait moins bien que l’épisode 1 sur plusieurs aspects. La relation Padmé-Anakin commençait à se tisser dans le 1, mais c’est ce que je dis, commençait. Là on tombe dans la comédie romantique, une catastrophe cela dit prévisible quand on sait que l’histoire d’amour Han-Leia était aussi mal écrite avant que l’équipe du 5 ne réécrive tout (on avait le droit à du « Je t’aime. Moi aussi. » à la place du « Je sais. »). Quand une intrigue est mal écrite, c’est difficile, mais quand cette intrigue occupe le tiers du film… c’est beaucoup plus difficile. Sauf que le reste est une histoire d’enquête et de politique comme le 1… mais là où le 1 mettait en scène l’attaque d’une planète entière, ici non, on suit juste Obi-Wan enquêter (alors que même si j’aime le personnage, il est à des années-lumière du rôle de détective) sur le climax de fin. Avec deux intrigues principales ratés, aucune vraie tension et attention (je le répète mais dans le premier on avait une guerre active, et on passait vingt minutes devant l’excellente course de pod), forcément le film n’a pas pu fontionner.

Pourtant, le problème ne découle que de son rythme et de son scénario, mais pas de son histoire. Celle-ci était parfaitement logique et posait parfaitement ses pions pou l’épisode 3. Du coup, même si on pouvait sortir déçu de ce film, on avait le droit d’espérer une suite plus convaincante.

Star Wars Épisode 1 : La menace fantôme (critique commune)

2

Pays : États-Unis
Année :1999
Casting : Jake Lloyd, Liam Neeson, Ewan McGregor,…

Pour la diffusion de « La menace fantôme » ce soir, nous vous proposons de revenir avec plusieurs blogueurs sur ce premier volet de la saga « Star Wars »

L’avis de Monsieur Popcorn

Épisode mésestimé ouvrant l’univers de « Star Wars » dans la chronologie de celle-ci, cette « Menace Fantôme » mérite-t-elle sa mauvaise réputation ? Analyse ici.

Alors que la Fédération du Commerce met la planète Naboo sous son contrôle militaire, la princesse Amidala, accompagnée de deux jedi, est forcée à fuir. Le destin va amener nos personnages sur la planète Tatooine, où ils vont rencontrer le jeune Anakin Skywalker…

Beaucoup de gens aiment critiquer ce volet et il faut avouer qu’il y a de quoi rager pour certains. Une mise en scène peu énergique, des effets numériques visibles, Dark Vador enfant, Jar Jar Binks, la Force devenue mesurable, … Il y aurait de quoi énerver les fans tatillons. Et pourtant, cela rentre dans la logique d’un Lucas qui est toujours resté maître de sa saga (cf l’engagement de Richard Marquand sur le « Retour du jedi » au vu de la tension avec Irvin Kerschner). Le metteur en scène d’« American Graffiti » veut se réapproprier la mythologie qu’il a créée avec une ambition qui peut être portée à l’écran par l’évolution numérique. « La Menace Fantôme » a donc des airs d’expérimentation visuelle dans la gestion de certains décors et de protagonistes digitaux, comme Watto, Sebulba ou les mésestimés Gungans. On pourrait parler d’un possible manque d’empathie, notamment lors d’une bataille finale entre droïdes et gungans. Néanmoins, le film aura apporté sa pierre à l’édifice du trucage numérique, tout en conservant quelques effets physiques (la marionnette de Yoda, certaines maquettes, …) tout en soulignant la plus grande qualité ainsi que le plus grand défaut de George Lucas : son perfectionnisme. Cela s’est retrouvé dans ses Éditions Spéciales, avec ces quelques retouches digitales. Son apport dans le domaine soulignera la place majeure qu’apportera cette innovation dans le futur, que ce soit son potentiel illimité ou la possibilité de retravailler encore et encore l’image jusqu’à atteindre une forme de « perfection » pour son auteur.

D’un point de vue narratif, Lucas cherche à créer une structure opposée à celle de sa trilogie originale, dévoilant la chute d’une démocratie de manière démocratique. L’arrière-plan politique est donc intéressant à analyser, avec ses manigances pour atteindre le pouvoir. Le réalisateur n’a qu’à regarder dans l’Histoire, entre autre la montée d’Adolf Hitler, pour replacer dans son univers de science-fiction des événements historiques qui ont déjà eu lieu maintes fois. Ce contexte ambiant apporte une forme de maturité idéologique au récit que certains critiqueront de trop enfantin. Si l’on peut comprendre ces remarques (Jar Jar Binks est un apport humoristique trop appuyé pour fonctionner totalement), on pourrait argumenter de sa logique structurelle devant mener à la déchéance de cet univers, coïncidant avec celle d’Anakin Skywalker. Les bases de ses failles sont posées (sa séparation avec sa mère, son absence de père le reliant à une figure christique) et prêtes à être développées dans le futur, tout en amenant ses compétences impressionnantes. Impossible en cela de ne pas parler de la scène de Podracer, sans doute la séquence la plus ébouriffante du film avec sa construction inspirée de « Ben Hur ».

On a souvent oublié, à force de railler cette « Menace Fantôme », l’aspect spectaculaire qui se dégage de ses morceaux de bravoure. Si la mise en scène de Lucas aurait mérité un peu plus d’énergie, il faut lui reconnaître un certain sens du rythme, notamment lors de son climax. Celui-ci, séparé entre la bataille sur Naboo, le combat entre Obi-Wan Kenobi, Qui-Gon Jinn et Darth Maul ainsi que l’envolée spatiale d’Anakin, offre un final divertissant qui entretient son intérêt grâce à la gestion équitable de ses différentes locations. En ajoutant à cela les compositions épiques de John Williams, on ne peut que reconnaître que le spectacle offert par Lucas est diablement prenant.

Au final, cette « Menace Fantôme » est loin d’être la purge annoncée. C’est un film imparfait, avec la lourde responsabilité de lancer une nouvelle trilogie d’une saga grandement appréciée et qui le fait avec sa part d’idées pour ne pas jouer la carte du copier-coller facile. On peut être déçu de ce premier volet dans la chronologie de « Star Wars », mais on ne peut pas mettre de côté ses quelques qualités rendant son visionnage appréciable.

L’avis de Lionel Malvisie

Parler de Star Wars Episode I : la Menace Fantôme, ou de la prélogie en général, est toujours quelque chose de particulier, surtout pour les fans de la saga qui se divisent entre d’un côté qui encensent la trilogie originale et de l’autre ceux qui défendent la prélogie comme étant incomprise. Il faut dire que c’est toujours un exercice difficile de raconter les origines d’une saga car on touche forcément à une mythologie qu’un grand nombre de spectateurs semble s’être appropriée (et souvent à l’extrême où chaque changement ou nouveauté deviennent un véritable blasphème envers l’œuvre originale) … Et George Lucas fut le premier à en subir les frais. Quand La menace fantôme débute, on se rend compte qu’on est loin du récit d’aventure que fut la trilogie originale…. Dès le mythique texte défilant qui nous résume le contexte et les enjeux de chaque épisode de la saga, on nous parle de politique, de confédération du commerce, de taxes, de blocus, de congrès et de peuple en manque d’approvisionnement, et c’est d’ailleurs le sujet des épisodes II et III, ce qui a déçu à l’époque énormément de fans qui voulaient surtout retrouver l’esprit d’aventure de la trilogie originale. Avec la prélogie, Lucas avait un but bien précis qui allait bien au-delà des attentes du public, à savoir raconter les origines d’Anakin Skywalker avant qu’il ne sombre dans le côté obscur pour devenir le puissant seigneur Sith Dark Vador, ainsi que la guerre des Clones, la chute de la république galactique, la chute de l’ordre Jedi, l’avènement de l’Empire et la naissance des jumeaux Luke et Leia Skywalker…. Mais ce qui intéresse surtout Lucas dans cette prélogie, c’est bien Anakin et son destin hors du commun et il n’hésite pas à évoquer ses origines jusqu’à sa plus tendre enfance. Si on met de côté le charisme et l’élégance de Liam Neeson dans le rôle du maître Jedi Qui Gon Jin, la terreur et la présence quasi fantomatique que représente Dark Maul (d’où le titre de Menace Fantôme), la découverte de nouvelles planètes, de nouvelles espèces, de l’ordre Jedi et surtout l’irritant Jar Jar Binks, tout le reste est exclusivement centré sur Anakin, décrit par sa propre mère comme un cas à part en raison de sa naissance qui n’est pas sans rappeler un certains Jésus. Alors oui Jake Lloyd est clairement un mauvais choix de casting et ses marques de joie (youpi, yahou…) deviennent vite lassantes, mais il faut prendre en compte l’innocence, le jeune âge du garçon et la lourde tâche qu’il a sur les épaules. Ceci dit il n’y a pas que Jake Lloyd qui va subir des moqueries et autres injures de la part du public pour sa performance d’Anakin, on pense également à Hayden Christensen qui n’a jamais eu l’occasion de se racheter auprès des fans. Le film souffre également d’un rythme très bâtard et d’une mise en scène peu audacieuse, ce qui donne un Star Wars qui se réveille seulement durant la mythique Course de Pod et le superbe duel au sabre opposant Qui Gon Jinn et Obi Wan Kenobi (ici padawan) face au redoutable Dark Maul enjolivé par la musique de John Williams…. Mais si l’on fait l’impasse des défauts de rythme, d’écriture et du fameux Jar Jar Binks, la Menace Fantôme reste un épisode cool et évasif qui pose les bases pour la suite de la prélogie.

L’avis d’A la rencontre du septième art

Quinze ans après Le Retour du Jedi, George Lucas reprend les rênes de la saga qui a fait son succès. Retour en arrière ici, avec les origines de Dark Vador et la genèse de la trilogie mythique. Un projet très ambitieux qui lança une nouvelle trilogie, également nommée prélogie, qui ne manque encore aujourd’hui pas de faire polémique. Et ce qui est intéressant avec La Menace Fantôme, c’est de constater que c’est à la fois un film qui réactualise la saga, tout en étant un pivot entre les deux trilogies.

Premièrement, le contexte dans lequel le film est sorti a développé des enjeux dont on constate les effets dans le déroulé de l’intrigue. Si le but de cet Episode I est d’effectuer un retour en arrière et de revenir aux origines de l’histoire, la manière dont certains éléments sont racontés induit une connaissance préalable de la trilogie originale. En effet, la prise de recul à travers la connaissance des premiers films donne un sens particulier à certains éléments de l’intrigue. Toutefois, d’un autre côté, le film s’adapte tout à fait à un public néophyte. C’est un des premiers points qui définit La Menace Fantôme comme un « pivot », car c’est un film intergénérationnel capable de parler aux jeunes parents qui ont grandi avec la première trilogie et la font découvrir à leurs enfants, tout comme à ceux qui étaient des enfants lors de la sortie des trois premiers films. D’ailleurs, pour ce faire, chacun trouve un personnage auquel s’identifier dans le film, entre le maître Jedi Qui-Gon Jinn, l’élève Obi-Wan Kenobi ainsi que l’enfant Anakin Skywalker.

C’est également un pivot pour sa capacité à créer un nouveau contexte dans lequel va se dérouler la nouvelle trilogie. Autant les trois premiers films se déroulaient dans un climat de guerre acquis et opposant deux camps, tandis qu’ici, il s’agit de montrer une démocratie en place mais fragilisée par des jeux politiques résultant de manipulations provenant d’instigateurs obscurs. Dans son style et son déroulé, La Menace Fantôme tend donc à se détacher de la trilogie originale, mais diffère aussi quelque peu des deux épisodes suivants, avec ces éléments qui le caractérisent. Car, souvent, l’évocation de cet épisode rappelle certes le personnage un brin agaçant de Jar Jar Binks, ressort comique (souvent mal utilisé) du film, mais aussi la célèbre course de modules et Dark Maul, le méchant charismatique.

Dans sa structure, La Menace Fantôme peut paraître simpliste et convenu, mais il ne manque pas d’ambition ni d’explorer diverses pistes afin de piocher des références culturelles variées pour parler à son spectateur. Par exemple, le personnage d’Anakin, vivant sur une planète désertique, seul avec sa mère, dont le père est inconnu, et qui est supposé être l’Elu, rétablissant l’équilibre dans la Force, n’est pas sans rappeler l’histoire de Jésus. De même, la quête du pouvoir du chancelier Palpatine, qui œuvre dans un cadre démocratique pour, plus tard, écraser cette même démocratie, rappelle l’ascension d’Adolf Hitler dans les années 30. Dès lors, La Menace Fantôme se crée un référentiel culturel qui vise à lui donner de la profondeur et à ne pas en faire qu’un simple divertissement limité dans son aspect intellectuel.

Cet épisode I permet ainsi de faire la jonction avec les premiers films dans la diégèse de Star Wars, mais aussi dans l’histoire de la saga elle-même au sens qu’il réactualise la franchise en cherchant tout de même à se raccrocher à des éléments familiers des trois premiers films afin de donner des repères aux habitués. Suivant un parcours très linéaire, aidé par quelques hasards heureux qui nourrissent le scénario tout en évitant de trop le complexifier, il se permet d’aborder divers thèmes pour donner des pistes pour la suite de la saga. Même s’il fait partie, en soi, de la prélogie, La Menace Fantôme reste un épisode à part entière, qui se distingue des épisodes II et III, par son style, ses problématiques et les éléments scénaristiques qui le caractérisent. Pour ma part, il reste un film qui a marqué mon enfance et qu’il me plaît toujours de revoir.

L’avis du Cinéma avec un grand A

Longtemps (le mot est faible) attendu aussi bien par les fan-boys les plus insatiables que par les cinéphiles les plus pointilleux, ce premier opus de cette seconde trilogie Star Wars est aujourd’hui d’avantage connu comme étant l’un des plus films les plus estropiés par la critique ciné qu désignait ce film comme étant LE blockbuster le plus attendu du monde. Mérité, ce mauvais accueil critique ? Eh bien, oui et non…

Se présentant rien moins que comme étant le « préquel » d’une trilogie entré dans la légende du cinéma mondial (rien que ça), la pression pesant sur les épaules de ce cher monsieur Georges n’en était que plus grande. Et pourtant, en voyant le résultat final, on peut se dire que cet épisode I, bien que n’étant pas parfait (loin de là d’ailleurs), reste néanmoins un solide divertissement, bien fun, pas trop prise de tête et qui a le mérite de poser des bases intéressantes et qui seront surtout importantes pour les événements à venir (en gros, ceux de la trilogie originale).
Parmi ces bases, on peut citer l’enfance d’Anakin Skywalker, soit le futur Dark Vador, qui n’est encore qu’un petit garçon de 9 ans, mais déjà fragile et tourmenté par ses sentiments. Cette partie de la vie de celui-ci, de par sa rencontre avec le chevalier Jedi Qui-Gon Jinn (impeccable Liam Neeson) et donc son premier contact avec son futur maître Obi-Wan Kennobi, le jeune élève de Qui-Gon, se révèle somme toute assez passionnante, surtout quand on connaît le sombre et funeste destin qu’il aura finalement choisi. De par son choix de conter l’enfance du grand « méchant » de la saga, Lucas tient déjà la promesse qu’il avait faite au moment où il avait annoncé le lancement de cette deuxième trilogie, à savoir remonter aux origines de la « guerre des étoiles ».

Cependant (et c’est là que le bât blesse), Lucas, en voulant mettre au centre de ce nouvel épisode le personnage le plus sombre de Star Wars ainsi que les troubles qu’il suscite chez les nombreux personnages qu’il croise sur sa route (les chevaliers Jedi, sa future épouse), veut néanmoins rester fidèle au côté fun et nonchalant (dans le bon sens du terme) qui caractérisaient si bien les précédents opus.

Le problème, c’est que ce mélange se révèle en fait assez indigeste, j’ose le dire. Trop de fun tue le fun et fait donc oublier les ambitions de noirceurs que le réalisateur avait pourtant envisagé pour ce nouvel opus.
Dès lors, le film se présente comme une avalanche d’effets spéciaux et pyrotechniques très redondants mais surtout beaucoup trop présents, au point même de laisser parfois en suspend ET les personnages ET l’intrigue (par ailleurs assez simpliste). Le grand mérite de la première trilogie était justement le fait que les effets spéciaux étaient au service de la narration et ne cherchaient pas à être absolument « parfaits ».

Malgré ses (gros) défauts évidents, force est de reconnaître que cette Menace fantôme se révèle au final un divertissement assez sympathique, un peu trop fun, plombé par des effets visuels éreintants , des personnages quelque peu encombrants (le pauvre Jar Jar Binks, dont certains fans ne se sont toujours pas remis ou encore le vulgaire Watto) et par une volonté absolue de plaire à n’importe quel type de public (les enfants de 8-10 ans, le fan-boy de premier plan, le jeune geek en devenir, le cinéphile le plus ouvert, etc), qui se rattrape par des séquences assez bien inspirés au niveau de la réalisation : la fameuse course de « pod-racers », spectaculaire et rythmée et surtout le quadruple montage alterné de la fin du film (la bataille entre Gungans et droïdes de combats, la reprise du palais de Naboo par la reine Padmé Amidala et son équipe, Anakin et R2-D2 luttant face au terrible vaisseau spatial de la Fédération du Commerce, et SURTOUT, le magnifique duel au sabre-laser opposant Qui-Gon et l’encore tout jeune Obi-Wan au sinistre Sith Dark Maul sur fond d’une musique opératique et épique au possible signé par le maestro John Williams.

En résumé, Star Wars, épisode I : La Menace Fantôme ne répond pas à l’attente qu’il a suscité pendant près de 16 ans. Il en résulte une semi-déception, puisqu’il s’éloigne trop de la finesse artistique et scénaristique de la première trilogie.

L’avis de Marc Goncalves

L’avis de Salamander

« La théorie de l’évolution »

La menace fantôme est un bon film, et malgré ses défauts, j’ai toujours plaisir à le regarder même pour la quinzième fois. Mais effectivement, c’était un sacré changement pour la saga et s’il a perdu une partie des fans, c’est sans doute parce qu’il est sorti trop tard.

En 1977 est sorti le premier Star Wars, suivit en 1980 et 1983 par ses suites, et dès cette époque là on sait que les films se numérotent épisode 4, 5 et 6, et que Georges Lucas a depuis le début prévu trois préquels. Ce qu’on ignore, c’est ce qu’il va raconter et quand il le fera. Lucas attend 16 ans avant de revenir, pour offrir le premier grand film en effets spéciaux numériques vraiment massivement utilisés, et du coup pour raconter le début de la prélogie, que dès le tout début il savait moins intéressante pour le grand public que sa trilogie (raison pour laquelle il a commencé par le 4).

En 1999, Star Wars est une trilogie mettant en scène Luke, Leia et Han, membres de la rébellion face à un maléfique et puissant empire dirigé par Dark Vador et l’Empereur. C’est une série qui emprunte certains codes aux westerns, aux films d’actions et aux space-opéras. Tout se passe dans l’espace, sur des planètes hostiles, avec des effets spéciaux incroyables de maquettes et de matte-painting au service d’un univers captivant et riche. Sauf que l’épisode 1 prend le chemin inverse, en racontant une histoire politique de blocus et de Sénat, en montrant des villes, en se faisant tout passer au sol, en mettant du numérique à la place des maquettes, en transformant Dark Vador en enfant qui aime sa maman (mais non Jar-Jar n’est pas une rupture, C-3PO avait la même fonction, c’est juste qu’il est raté). Il fait passer aussi Obi-Wan pour un menteur en montrant que son maître n’est pas Yoda, mais Qui-Gon.
Mais finalement, le film fonctionne pour moi aussi bien que n’importe quel Star Wars : même si Georges Lucas n’arrive pas à diriger ses acteurs, il propose un univers encore enrichie (la course de pod, Nabou, le temple Jedi…) en faisant des références à l’épisode 4 sans trop en faire (notamment la dernière scène où l’attaque du vaisseau des méchants par Anakin). Les effets spéciaux, criticables (moi-même je regrette l’époque du T-Rex en animatronique) étaient à l’époque sidérants ; et il faut voir ce que Lucas veut raconter : c’est juste impossible de designer Coruscant sans ordinateurs (ou alors on ferait comme le sol de l’Etoile Noire mais cela aurait été… vraiment minable en 1999).

Et puis, à part quelques légères baisses de tension (notamment après avoir quitté Tatoïne) le film est rythmé, il y a toujours deux ou trois intrigues (qui prépareront toutes la suite) qui sont en cours, et pour le climax on a le droit au meilleur combat de l’histoire (peut-être aujourd’hui, absolument à l’époque). Choisir Liam Neeson et Ewan McGregor étaient vraiment deux bonnes idées. J’ai juste un petit problème avec le cast de Natalie Portman d’entrée, qui est trop âgée (18 ans) et qui aurait peut-être du échanger son rôle de Padmé avec Keira Knightley, qui jouait la fausse Reine, et qui avait 14 ans. Mais un film très sympa en somme. Sauf que là où le bât baisse, c’est que ce film bien que parfaitement logique avec ce que la trilogie raconte, il est illogique avec ce que les spectateurs ont retenus de la trilogie. Pour les fans en 1998, Star Wars est l’histoire de quelqu’un qui part de zéro pour devenir un héros, du bien contre le mal, de l’espace, de l’action, et de la Force comme vérité spirituelle. Dark Vador est le plus grand méchant de l’histoire, il ne peut pas être un enfant. Et comment donner tort à un public qui a eut seize ans sans autre histoire que la trilogie ? Pire, comment lui donner tord quand Lucas l’a laissé construire l’univers étendu, et donc renforcé cette mythologie sur chaque élément des trois premiers films ? Mais pour Lucas, Star Wars était l’histoire de la chute d’une République, l’histoire d’Anakin, celle de la révolution technique et du neuf à chaque nouveau film. Sa Menace fantôme a été écrite avec le même soin, la même inspiration que pour ses premiers films. Le problème, c’est celui de l’évolution et de la pop-culture : je sais que vous ne serez pas d’accord avec mon article. Personne ne peut se mettre d’accord avec qui que ce soit sur Star Wars, car sa popularité en a fait quelque chose de paradoxalement tellement universel que chacun en a sa version propre (ce qui n’aide pas quand toute l’histoire est faite de morals ou de symboliques). Et plus Star Wars existera depuis longtemps, plus il y aura d’avis différents, car chacun aura eut plus de temps de découvrir la saga. Alors que pour Lucas, l’histoire a été fixée il y a fort longtemps – alors comme c’est un cinéaste d’évolution, il a évolué, raconté une nouvelle histoire et trouvé de nouveaux outils, mais ce n’est pas allé dans la même direction que son public. Voilà pourquoi La Menace Fantôme est sorti trop tard.

Si j’accepte l’idée que l’épisode 1 est digne d’être un Star Wars, c’est peut-être aussi générationnel, puisqu’étant né en 1998 j’ai découvert les six films en même temps. Oui, ce film a des défauts, mais les sept en ont. Et Dark Maul, et Qui-Gon, et la course de pods, sont des moments légendaires de l’histoire du cinéma.

Police Fédérale Los Angeles de William Friedkin

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Pays : États-Unis
Année : 1985
Casting : William Petersen, Willem Dafoe, John Pankow, …

À l’occasion de la sortie du film en coffret Ultra Collector chez Carlotta, revenons sur « Police Fédérale, Los Angeles », réalisé par William Friedkin.

Chance est un flic casse-cou. Motivé par la vengeance de la mort de son partenaire, il va tout faire pour arrêter son meurtrier, un faussaire du nom de Masters, quitte à agir de manière illégale…

William Friedkin a de nombreuses fois théorisé sur la notion d’héroïsme dans ses œuvres, ainsi que sur la lutte entre un bien et un mal. Ici, il le fait en dérivant des codes des buddy movies (la séquence du terroriste) pour se tourner vers quelque chose de plus noir et abstrait. Masters se voit ainsi comme un artiste plus qu’un criminel, n’hésitant pas à détruire ses œuvres à cause de leurs imperfections (le traitement de son auto-portrait annonce son propre sort). Chance joue quant à lui avec sa propre mort, comme le font comprendre son saut à l’élastique et certaines répliques (« Tu n’atteindras jamais la retraite », lui déclare son partenaire). La mort plane sur le film, comme expliqué par le titre original (« To live and die in LA »). Chacun va vers son auto-destruction imminente, lentement mais sûrement. L’affrontement avec un kamikaze au début du film sonne comme une prémonition des événements qui adviendront : tous les protagonistes se dirigent vers un inéluctable décès.

« Police Fédérale, Los Angeles » devient alors moins un film policier qu’un drame sombre sur la noirceur humaine, thème que Friedkin sait toujours aussi bien manier. Il arrive à ancrer aussi bien son histoire de manière réaliste (au point que la séquence de création de faux billets aura inspiré plus d’un faussaire en herbe) que dans « l’onirisme » dans ses visuels. Los Angeles devient une entité vivante, bouillonnante, qui respire et dégage autant d’obscurité que les hommes et femmes qui y résident. Elle devient alors un reflet de la complexité de ceux-ci et du basculement de leurs destins dans le tragique. Tous n’attendent que la mise en flamme de la mèche pour brûler et exploser. Aucun ne touchera à l’héroïsme dans son sort car cette notion ne peut subsister, si pas à Los Angeles, mais en tant que vérité générale. C’est ce que semble raconter Friedkin en tout cas : si les héros existent, leur sort n’est pas plus enviable car ils restent des êtres de chair et de sang avec leurs failles physiques et psychologiques.

Une nouvelle fois, Carlotta offre une édition superbe. La remasterisation du film offre un écrin de grande qualité à une œuvre importante à analyser visuellement. Les bonus sont copieux et offrent de nombreux entretiens ainsi qu’un regard passionnant sur la construction du film. Quant au livret, ses textes sont si complets et variés que l’auteur de ces lignes s’est demandé ce qu’il aurait pu écrire de plus que ce qui a déjà été expliqué et analysé à l’intérieur.

« Police Fédérale, Los Angeles » est tout simplement une œuvre captivante qui méritait d’être redécouverte dans un coffret de qualité. C’est exactement le cas de cette édition ultra collector de Carlotta, qui permet à ce polar de s’offrir une nouvelle jeunesse. En sachant en plus que Friedkin lui-même a adoubé cette restauration 4K et les suppléments qui l’accompagnent, cela fait un titre en plus à rajouter sur sa liste de Noël…

La mélodie du bonheur de Stuart Heisler

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Pays : États-Unis
Année : 1946
Casting : Fred Astaire, Joan Caulfield, Bing Crosby,…

Rimini ressort en double DVD « La mélodie du bonheur », l’occasion de revenir sur cette comédie musicale qui ne partage avec son homonyme avec Julie Andrews que le chant et le nom français.

« Blue Skies » (dans son titre originale) suit Jed Potter, danseur vedette racontant à la radio les déboires amoureux qu’il a vécu suite à ses sentiments pour Mary O’hara, sentiments partagés par son ami Johnny Adams.

On pourrait parler d’un schéma classique et archi vu : de la musique, de la danse et un trio amoureux. Et pourtant, il se dégage une gaieté et une luminosité du récit qui rend cette « Mélodie du bonheur » euphorisante. Comment ne pas s’emballer devant Fred Astaire dansant et chantant « Puttin’ on the Ritz » ? Comment ne pas s’attacher aux relations entre Jed, Mary et Johnny ? Comment ne pas être diverti par les différents numéros musicaux que le film nous propose ? C’est bien simple : tout semble fait pour obliger le spectateur à sortir du visionnage de « Blue Skies » le coeur léger, l’envie de pousser la chansonnette et de se laisser aller face à la musique d’Irving Berlin. Il se dégage du long-métrage une sincérité face au désarroi sentimentaux de nos protagonistes et l’envie d’aborder cela de manière éclatante et joyeuse pour faire oublier à n’importe qui les tracas de son quotidien. Une fois que l’on pense que le film date de 1946, on se doute alors de l’importance d’un métrage comme celui-là sur le bonheur de personnes venant de sortir de la seconde guerre mondiale…

Et là viens sans aucun doute l’un des meilleurs points du film : les répercussions du divertissement sur son audience. L’histoire est en effet racontée par Jed à la radio et passe pour un vecteur de sentiments par ce biais narratif et technologique ( comment toucher à l’époque un large public?). « La mélodie du bonheur » assume d’ailleurs totalement son aspect de spectacle lors de ses morceaux chantant ou humoristique, avec ses protagonistes regardant face caméra ou ses plans un peu plus long pour bien imprégner le spectateur dans l’action. Le but du film est d’impressioner son public et le faire rêver, tout en lui faisant comprendre qu’aussi difficiles ou douloureuses peuvent être les relations amoureuses, elles peuvent tous trouver une résolution dans le bonheur et l’acceptation. On a tous eu, à un moment ou à un autre de notre existence, le coeur brisé ou des difficultés à se sentir émotionnellement stable. Il est certes facile de s’entendre dire qu’il faut laisser le temps arranger les choses et essayer d’avancer. Pourtant, voilà bien la meilleure solution pour régler tout tracas sentimental. Certaines fois, nous avons besoin de l’entendre dire d’une voix amicale. D’autres, il faut une chanson ou un film pour nous réconforter. C’est bien un bon terme pour décrire ce « Blue Skies » : du divertissement qui réconforte et apaise le coeur.

Il est compliqué de ne pas s’extasier sur l’édition double DVD que nous a envoyé Rimini. Si la qualité même du film suffirait à en conseiller l’achat (ainsi qu’une technique irréprochable), les bonus qui l’accompagnent ne font que conforter ce conseil. Entre le documentaire de 52 minutes sur les comédies musicales américaines et l’hommage accordé à Irving Berlin de 48 minutes, c’est dur de ne pas recommander « Blue skies », surtout à l’approche des fêtes.

« La mélodie du bonheur » est un long-métrage aux multiples superlatifs : joyeux, coloré, humain, touchant, euphorisant, lumineux,… C’est exactement le genre de film qui nous console de n’importe quel soucis et met du baume au coeur. De plus, Stuart Heisler nous fait rappeler que le divertissement, plus que d’apporter de la simple poudre aux yeux, est censé nous offrir de l’émerveillement et du rêve. Quand une oeuvre nous remet face au sens noble du terme « spectacle », il devient complexe de ne pas s’y attacher…

Tueurs de Jean-François Hensgens et François Troukens

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Pays : Belgique
Année : 2017
Casting : Lubna Azabal, Olivier Gourmet, Bouli Lanners, …

Quand un ancien détenu et un directeur de la photographie s’attaquent à une affaire judiciaire lourde en Belgique, le résultat s’annonce explosif. Mais est-ce le cas ?

Trente ans après une série de morts qui ont marqué le pays, les tueurs semblent reprendre du service en s’attaquant aux témoins d’un casse commis par le truand Franck Valcken. Celui-ci va alors chercher à prouver son innocence…

La base de l’intrigue s’inspire des Tueurs du Brabant, responsables de morts qui auront ensanglanté durablement l’histoire belge. Mais Troukens puise également dans sa propre expérience dans le milieu criminel pour ancrer son récit dans une base crédible. On sent ainsi une volonté de réalisme et d’immersion, notamment lors des quelques scènes d’action captivantes du film. C’est sans aucun doute la plus grande qualité de « Tueurs » : il s’offre une base plausible dans la personnalité de ses protagonistes afin de mieux accrocher son public, aussi bien dans ses fusillades que dans ses dialogues. Cela donne une heure et vingt-six minutes de plongée dans du thriller réaliste et âpre.

Avec des moyens limités (on parlerait de cinq millions d’euros), Hensgens et Troukens arrivent à offrir du divertissement et des séquences bouillantes, que ce soit lors d’une course poursuite ou d’une évasion spectaculaire. Mais cela resterait de la poudre aux yeux si le casting n’était pas au niveau. Chaque interprète arrive à offrir une gueule, un dynamisme dans leurs rôles qui imprègne l’écran, sans tomber dans le trop peu ou le n’importe quoi. La direction convient au ton général d’un film cherchant absolument le réalisme. Si certains pourront tiquer sur les ramifications de l’enquête, elles ancrent l’histoire dans une ambiance paranoïaque convenant à notre époque où l’on remet en question nos responsables politiques et judiciaires. L’incertitude de personnages souvent happés de manière lâche et surprenante arrive à conférer une atmosphère lourde et intéressante sur ce que représente la violence dans notre société, arrivant de manière incertaine et se répétant en boucle et en boucle dans un cycle que l’on imagine inarrêtable.

« Tueurs » ne prétend pas être une œuvre exceptionnelle dépassant ses modèles (« Heat », les Melville, …), mais plutôt un film populaire et divertissant. Pari relevé pour Hensgens et Troukens, dont on attend les prochains projets assez rapidement. De quoi rappeler également qu’il suffit d’un bon casting et d’une envie de faire du pur cinéma pour offrir un spectacle de qualité nous accrochant pendant une heure et demie à notre fauteuil.