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Liam Debruel

Liam Debruel
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Amoureux du cinéma. À la recherche de films de qualités en tout genre,qu'importe la catégorie dans laquelle il faut le ranger. Le cinéma est selon moi un art qui peut changer notre vision du monde ou du moins nous faire voyager quelques heures. Fan notamment de JJ Abrams,Christopher Nolan, Edgar Wright,Fabrice Du Welz,Denis Villeneuve, Steven Spielberg,Alfred Hitchcock,Pascal Laugier, Brad Bird ,Guillermo Del Toro, Tim Burton,Quentin Tarantino et Alexandre Bustillo et julien Maury notamment.Écrit aussi pour les sites Church of nowhere et Le quotidien du cinéma. Je m'occupe également des Sinistres Purges où j'essaie d'aborder avec humour un film que je trouve personnellement mauvais tout en essayant de rester le plus objectif possible :)

Battle of the sexes de Valerie Faris et Jonathan Dayton

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Pays : États-Unis
Année : 2017
Casting : Emma Stone, Steve Carell, Andrea Riseborough,…

Timing judicieux ou hasard ironique ? Alors que le combat pour l’égalité hommes-femmes se voit remis en avant suite aux diverses révélations de harcèlement envers la gente féminine, le duo de réalisateurs Valerie Faris et Jonathan Dayton sort son troisième film en salles avec pour thème un match de tennis assez particulier…

1973. La joueuse de tennis Billie Jean King est au sommet de sa gloire. Alors qu’elle décide d’en profiter pour se battre pour un traitement équitable entre les sportifs masculins et féminins, l’ancien champion Bobby Riggs la met au défi de l’affronter dans une bataille entre sexes.

S’il y a une chose que l’on aime dans le travail de Faris et Dayton, c’est cette manière de croquer des personnages avec un attachement sincère pour eux. C’est également le cas ici où King et Riggs se voient traités avec leurs faiblesses humaines (l’une un amour secret, l’autre son addiction pour le jeu ainsi que son excentrisme). C’est cette écriture humaniste qui permet aux spectateurs de ressentir une forme d’empathie pour chacun, personnages secondaires compris, tout en évitant une forme de manichéisme simplet. Riggs est ainsi dépeint plus comme un homme mis en face de ses limites qui profite d’une situation pour essayer de s’enrichir et se remettre en avant dans le domaine sportif. En cela, la direction d’acteurs est de grande qualité, ainsi évidemment que les interprétations. Emma Stone et Steve Carell incarnent réellement leurs protagonistes, là où ils auraient pu tomber dans la caricature. C’est bien là la plus grande qualité du film : capturer les failles de ses protagonistes sans les juger mais plutôt en tentant de les comprendre pour mieux les appréhender.

On sent également que Faris et Dayton ont disposé d’un budget plus conséquent que sur leurs films précédents. En cela, les quelques expérimentations visuelles ainsi que les quelques idées de mise en scène qui surgissent offrent une sensation de beauté sans sortir de l’immersion ressentie dans l’intrigue. On pourrait notamment parler de ce dialogue en voiture sur fond de « Rocket Man » : là où certains ne se seraient appuyés que sur la force de la chanson, Faris et Dayton en font une part de la séquence sans qu’elle ne surnage des répliques déclarées à ce moment-là. La musique n’est pas un cache-misère prétentieux : elle est homogène aux sentiments que nous font passer la mise en scène et les deux actrices. En cela, « Battle of the sexes » dispose d’un éventail de propositions dans ses mouvements caméras sans que cela ne semble forcé pour attirer l’attention.

Thématiquement, il est intéressant de comparer le film à l’actualité. Il sonne comme un aveu d’espoir par rapport au traitement passé des femmes mais sans ignorer que le combat reste encore long au vu des inégalités toujours en cours (vis-à-vis des salaires notamment). On peut même percevoir que King et Riggs ne sont au final que deux sportifs qui vivent leur passion de manière immodérée. Qu’importe le genre dans cette situation car la passion est, comme n’importe quel sentiment, universelle. Certaines déclarations faites par certains protagonistes masculins pourraient faire grincer des dents, ce qui en est exactement le but : mettre en avant des propos clichés mais pourtant encore utilisés afin que le spectateur soit confronté à cette situation. On pourrait en cela relier « Battle of the sexes » à « Get Out » pour les rires nerveux que les deux provoquent lors de certaines séquences.

Il y a un sentiment de « Feel good movie » qui se ressent dans ce long-métrage, comme dans les autres œuvres d’ailleurs de Faris et Dalton, mais également une situation de détresse par rapport à plusieurs formes d’inégalité. Si la situation a évolué par rapport à 1973, certains moments dépeints par le film résonnent toujours. Faire son coming-out est encore compliqué, surtout dans certaines familles. De nombreux préjugés restent affublés à tout type d’individus et nombres continuent de penser que la femme est inférieure à l’homme. La plupart d’ailleurs ne sont que le fruit d’une société qui aime persister dans la catégorisation des êtres humains par leurs origines, orientations sexuelles ou leurs genres. L’amertume est palpable car, comme le rappellera le personnage incarné par Alan Cumming, il reste encore des évolutions à faire de manière sociétale.

Voici donc l’importance d’un film comme « Battle of the sexes » : toucher à quelque chose d’humain, artistique, populaire, touchant mais surtout rappeler que le combat n’est jamais terminé pour atteindre une situation égale pour tous. En effet, chaque personne peut disposer des mêmes capacités qu’une autre ; la juger inférieure ne peut donc que porter préjudice à notre société et à son avancée. Parfois, il suffit d’un film (ou d’un match de tennis) pour s’en rappeler…

Coffret Brian De Palma

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Si Brian De Palma a vu son image pâlir au fur et à mesure de ses derniers films, il serait néanmoins injuste d’oublier qu’il dispose d’une filmographie exceptionnelle, remplie de bijoux en tous genres. Le coffret édité par Carlotta est l’occasion de reparler brièvement d’un réalisateur qui aura marqué de sa patte le cinéma.

Cette édition est divisée entre un livre de 320 pages ainsi que six films en DVD : Phantom of the paradise, Furie, Pulsions, Blow Out, Body Double et Scarface. Nous n’avons malheureusement pas eu l’occasion de tester les œuvres comprises dans cette édition dans leur format de sortie. Néanmoins, au vu de la qualité de ces longs-métrages et le travail qu’avait fourni Carlotta sur leur sortie individuelle (nous étions auparavant revenus sur l’édition Ultra Collector du premier film cité), nous ne pouvons qu’espérer que la qualité soit également au rendez-vous pour ce coffret.

Attardons-nous donc un peu plus sur l’immense livre qui accompagne ces films. Celui-ci comprend un entretien fleuve avec Samuel Blumenfeld et Laurent Vachaud sur la carrière de Brian De Palma. Que vous soyez un fan du réalisateur ou un novice qui cherche à découvrir sa filmographie, il faut reconnaître que l’ouvrage est passionnant, fourmillant de nombreuses anecdotes et d’informations sur le metteur en scène de « Carrie ». On y décèle au fur et à mesure des pages la personnalité unique d’un homme à la situation familiale assez compliquée (sa famille mettant en avant son frère) et à la carrière ombrageuse (grand fan d’Alfred Hitchcock, il a souvent été traité comme un simple copieur de celui-ci). Chaque film se voit abordé de manière poussée par les deux responsables du livre, passionnés par ce metteur en scène qui, il est vrai, est extrêmement passionnant à aborder mais également à écouter.

Rien que pour cette lecture captivante ainsi que la qualité des films qui l’accompagnent, nous vous recommanderions ce coffret qui permettrait à certains de (re)découvrir un réalisateur de talent et le génie qu’il a su dégager de ses œuvres, de budget réduit ou non, avec une passion non feinte pour cet art qu’est le cinéma.

La Cabane dans les bois de Drew Goddard

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Pays : États-Unis
Année : 2012
Casting : Kristen Conolly, Fran Kranz, Chris Hemsworth, …

Le concept de « Méta » n’est pas neuf et est devenu extrêmement populaire, que ce soit par Woody Allen adressant ses interrogations à ses spectateurs ou, pour donner un exemple plus récent, « Deadpool ». L’idée d’un quatrième mur qui se doit d’être brisé a trouvé comment subsister de diverses manières. Ici, nous allons aborder un film qui utilise cet aspect d’une manière un peu plus poussée que les autres.

Cinq amis partent pour un week-end dans une cabane en forêt. Ce qu’ils ne savent pas, c’est que leurs gestes sont surveillés par une mystérieuse société…

ATTENTION ! LA CRITIQUE QUI VA SUIVRE DEVANT REVENIR SUR CERTAINS POINTS DU FILM, IL EST RECOMMANDÉ DE L’AVOIR VU AVANT DE LIRE CETTE ANALYSE.

Le cinéma d’horreur a connu un grand exemple de film ayant redonné un aspect plus populaire et financièrement rentable dans les années 90 : « Scream », qui franchira la barre des 100 millions de dollars au box-office. Ce succès économique poussera de nombreuses personnes à reproduire la formule du slasher s’auto-analysant. C’est ainsi que plusieurs productions joueront la carte du clin d’œil au spectateur, cherchant à honorer sa culture du genre tout en s’amusant avec les codes dictés auparavant. Mais, comme souvent, l’augmentation de ces longs-métrages a vu apparaître divers titres creux brandissant la carte du méta de manière publicitaire, amenant à l’écœurement et la saturation. À force d’user et d’abuser de cette technique, cette dernière est passée vers le commun et la normalité. Mais comme toujours, il suffit d’un peu de passion et d’investissement pour ressortir des ingrédients déjà usés afin de rappeler leur goût unique.

Passion et investissement : voici bien des mots pour décrire Joss Whedon et Drew Goddard, co-scénaristes de cette « Cabane dans les bois ». Ils sont d’ailleurs moins dans la déconstruction d’un genre (comparé à « Scream » par rapport aux slashers) qu’à la reconstruction d’une mythologie à part entière : celle du cinéma d’horreur. Les codes utilisés se voient mis en pratique mais avec un regard attachant sur leurs protagonistes (collant à l’interprétation de ceux-ci), qui vont subir une modélisation de leurs vies pour correspondre à la volonté d’une société plus grande et omniprésente. Encore une fois, la violence que provoquera cet écrasement social sera fatale, amenant d’ailleurs à la meilleure scène du film. Divers monstres, utilisés comme de simples outils, se retournent face à leurs « employeurs » avec un sentiment assez étrange pour les spectateurs. Ceux-ci sont en effet partagés entre la mise à mort de certaines personnes que nous avons rencontrées auparavant (même si de manière brève) et l’aspect jouissif de cette séquence, bestiaire complètement fou touchant à divers sous-genres du cinéma de genre. En cela, la séquence de la cave est assez ironique, les personnages devant « choisir » l’horreur par laquelle ils vont périr, de manière à ce que le tout semble « voulu » par nos héros.

Et là arrive le grand intérêt de « La cabane dans les bois » : accepter l’importance des films dans ce domaine dans la société et voir leur structure narrative d’une manière mythologique. La construction d’une œuvre repose souvent sur la même base, mais cela revient à une manière d’expliquer notre monde aux gens, par le biais de récits et de la mémoire mythique (CF le monomythe tel qu’expliqué par Joseph Campbell). Ici, « La cabane dans les bois » reprend à son compte cette forme pour redonner ses lettres d’or à un genre souvent renié par les récompenses et autres formes de reconnaissance et réduit à du divertissement bas de gamme. C’est une grande erreur : le cinéma d’horreur a autant d’importance que n’importe quel autre style cinématographique et, manié avec amour et sincérité, il peut offrir une expérience grandiose et marquant de manière sensitive ses spectateurs. Si Whedon et Goddard tentent surtout de jouer sur l’aspect spectaculaire du genre, ils le font avec assez de passion pour qualifier le résultat de réussite.

On pourrait également déceler une lecture sur l’élaboration de chaque film de genre hollywoodien. Le film raconte ainsi comment une équipe tente d’offrir aux « Dieux Anciens » un sacrifice par le biais de nos protagonistes et de la construction des films d’horreur avec cette volonté d’offrir du sang et du sexe afin de les satisfaire. Ces instants offrent des dialogues tantôt savoureux (« S’ils étaient créatifs, ils ne seraient pas à la maintenance »), tantôt lourds de sens (la réplique sur l’origine des créatures). Le regard jeté à eux est semblable au film entier : avec sincérité et empathie pour ce qu’ils vivent, malgré l’horreur derrière leurs actions. Ce sont avant tout des « fonctionnaires » qui cherchent à sauver la planète (leur société) de personnes à la colère destructive (les spectateurs) et qui subiront les conséquences de leurs actes et échecs dans le sang…

Loin de jouer donc la carte du méta de manière simple, « La cabane dans les bois » dispose d’une envie sincère de réhabiliter le cinéma de genre et son importance, ce qui rend son visionnage divertissant mais en même temps assez passionnant à analyser (plus en profondeur que la critique que vous venez de lire). Si chaque metteur en scène cherchant à briser le quatrième mur le faisait avec tant de respect pour son public et le genre qu’il « déconstruit », cela améliorerait considérablement la qualité des œuvres produites dans cette mouvance…

La vie aquatique de Wes Anderson

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Pays : États-Unis
Année : 2005
Casting : Bill Murray, Owen Wilson, Willem Dafoe,…

De nombreux réalisateurs se sont mis en avant ces dernières années de par leur style visuel atypique.Wes Anderson fait sans conteste partie de cette catégorie de metteurs en scène. Aujourd’hui, revenons sur l’un de ses films les plus connus : « La vie aquatique ».

Steve Zissou est un explorateur maritime désespéré par la perte de son meilleur ami. Il décide alors de partir dans une expédition pour retrouver l’animal responsable de cette mort, le légendaire requin jaguar. Bien évidemment, rien ne va se passer comme prévu, pour lui comme pour son équipage.

Wes Anderson est l’un des meilleurs esthètes dans le cinéma actuel. Le metteur en scène de « Moonrise kingdom » en a désormais fait sa renommée mais on ne soulignera jamais assez la précision mathématique de ses mouvements de caméra alliée à un art de la composition souvent centralisée dans ses plans. Si l’on ajoute le travail minutieux apporté à la décoration ainsi que la photographie de Robert D. Yeoman, il est facilement compréhensible que chacun de ses films porte sa patte graphique et soit immédiatement reconnaissable tout en faisant que chacun de ses titres soit reconnaissable. C’est encore le cas ici pour « La vie aquatique », porté par ce style si travaillé mais offrant pourtant une sensation de liberté, d’évasion pour le spectateur. Chaque scène profite de cette précision artistique visuellement enthousiasmante. On se promène dans un univers unique quasiment surréel, comme le prouve l’utilisation de stop motion pour animer la faune et en souligner son côté merveilleux (à noter l’amour d’Anderson par cet outil, cf « Fantastic Mr Fox » ou son prochain film « Isle of dogs »).

Heureusement, la forme superbe du film (et de ses œuvres en général) est également appuyée par un fond solide. Que ce soit pour traiter de la gestion difficile du deuil de trois frères ou une romance d’enfance, Anderson cultive un aspect humain qui ressort encore plus dans son monde régulièrement burlesque. Il y a ici une vraie gravité derrière le vernis humoristique, soulignée par l’interprétation assez sobre de Bill Murray. Son personnage est donc marqué par un décès qui va le pousser à se venger. Mais au fur et à mesure que son équipage avance et que les difficultés s’accumulent, Zissou reste aveuglé par cette soif auto destructrice, qui le fera perdre encore plus que ce qu’il pensait. C’est un personnage fort imparfait (il a eu un fils avec une autre femme, il est jaloux de son concurrent, il est loin d’être le patron de l’année) mais cette quête sera au final rédemptrice pour lui, le confrontant à ses défauts et aux erreurs qu’il a commises au cours de son existence. Plus encore, il arrivera à sortir de cette spirale auto destructrice qu’il aura d’ailleurs fortement aggravé en pardonnant et en avançant. On a tous notre requin jaguar, une colère ou une tristesse qui ne demandent qu’à nous dévorer et nous emmener dans un état dans lequel personne ne veut réellement subsister. Il est difficile d’y faire face mais il est encore plus difficile de se reconstruire des dégâts qu’il a provoqué, de pardonner et d’avancer. On ne peut réellement tuer son requin jaguar. Tout ce que l’on peut faire, c’est essayer de le laisser partir et profiter des personnes qui illuminent notre existence et nous réconfortent, des plaisirs de la vie avant que ceux-ci ne disparaissent également…

« La vie aquatique » est donc une œuvre burlesque sur la forme mais traversée par une certaine forme de tristesse assez universelle. Wes Anderson y prouve une nouvelle fois son immense talent de peintre cinématographique et de conteur populaire méthodique, passionné, unique, original et merveilleux. Ce genre de personnalité est tellement essentiel dans n’importe quel art qu’il est nécessaire de les célébrer afin de rappeler qu’il suffit d’un grain de folie et de magie à toute personne pour être un artiste, celui dont on se rappelle pour sa créativité et son travail sur l’humain. On a tellement besoin de ces esprits créatifs pour nous rappeler certaines leçons de vies, certaines situations connues de tous, certaines douleurs et certains moyens pour en survivre qu’il serait regrettable de ne pas les reconnaître à leur juste valeur. Après tout, que serait notre monde sans eux ?

Comment c’est loin de Christophe Offenstein et Orelsan

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Pays : France
Année : 2015
Casting : Orelsan, Gringe,Paul Minthe,….

On reproche souvent aux grosses comédies françaises actuelles une forme d’humour assez lourdingue et il faut reconnaître que c’est le cas pour certains titres ( pas besoin d’en citer, vous en avez déjà en tête). Le film que l’on va aborder aujourd’hui est pourtant la preuve que ce genre n’est pas encore mort et qu’il y a encore moyen d’avoir des propositions fraîches et intéressantes.

Orel et Gringe sont deux rappeurs qui n’arrivent pas à terminer une seule chanson. Leurs producteurs vont alors leur laisser 24 heures pour leur rendre un titre complet, sous peine de perdre leurs privilèges…

Ceux qui n’aiment pas le rap risquent de passer leur chemin, ce qui serait fort dommage. En effet, « Comment c’est loin » prend cette base musicale, rythmant au gré de textes des deux chanteurs leur récit, pour aborder des thèmes assez universels comme le doute de soi dans un long-métrage à l’humanité transparente. On sent l’implication d’Orelsan et Gringe dans les réflexions du film, prolongeant en cela la capsule « Bloqués » et d’autres morceaux de leur album sous le nom des « Casseurs Flowteurs ». Certains auront reconnu la référence aux « Casseurs Flotteurs » de « Maman, j’ai raté l’avion », avec qui nos personnages partagent un sens de la défaite attachante. Il y a une empathie forte qui se dégage de nos héros, imparfaits mais si proches de nous par leurs doutes et leurs erreurs. En soi, cela permet aux moments d’humour de fonctionner avec efficacité : par le réalisme de ces personnages (loin des clichés ambulants du tout venant de certaines Grosses Comédies Françaises) , on se raccroche émotionnellement à eux, comme des amis que l’on croise de temps en temps mais avec qui la connection reste forte.

La tendance de nos héros à la procrastination se rattache à une crainte de produire, de créer quelque chose qui finisse par ne jamais aboutir. Chacun a du se sentir à ce point une fois dans son existence : cette peur que l’accomplissement de notre rêve se solde par une déception cuisante. Le film arrive à transparaître cette sensation, ainsi que l’ennui de la vie monotone dans laquelle s’enferme nos héros, même malgré une deadline de 24 heures pour terminer leur chanson. C’est ce rythme particulier qui arrive à faire fonctionner des blagues rattachées à un récit, là où certains pensent que mettre bout à bout des jeux de mots formera une histoire cohérente. Il y a même une forme de jeu sur la base du récit avec la réapparition de plusieurs mêmes lieux dans l’intrigue, rappelant que nos héros tournent en rond dans leur existence. L’histoire alors aussi bien ses héros que ses spectateurs à aller au bout de leur ambition et accomplir leurs rêves par une chanson finale sonnant comme l’acmé émotionnel du long-métrage, proche d’un lâcher de micro scénaristique lyrique où la musique transcende les peurs qui nourrissent d’Orel et Gringe.

La mise en scène se met au service de son récit, captant les états d’âme des protagonistes, traités avec humour mais respect. Les morceaux ponctuant le récit bénéficient de la force d’écriture des « Casseurs Flowteurs », aussi bien dans le registre comique (cf certaines punchlines) que dramatiques. L’efficacité règne à tous les niveaux, aussi bien dans les blagues que les réflexions que le film propose et qui nous interrogent après visionnage. Il faut accepter un jour de se lâcher, de se confronter à nos limites mentales pour mieux s’épanouir. C’est bien cela que rappelle « Comment c’est loin » (dont le titre annonce cela) : il est facile de rester dans son coin, se plaindre, ne rien faire, se terrer dans ses rêves en ne faisant que les imaginer mais il y a un jour où, si l’on veut réellement les rendre réels, il faut pouvoir se lever et se donner corps et âme pour cela. Vaut-il mieux vivre avec des remords ou avec des regrets ? Il semble qu’Orelsan et Gringe ont définitivement choisi.

«Comment c’est loin » est l’une des nombreuses preuves que le cinéma comique populaire français peut offrir quelque chose de modeste et généreux à la fois, confrontant son public à ses propres doutes pour en même temps le réconforter sur ses capacités et lui donner un coup de pied pour l’obliger à avancer. Si l’on ne décide en effet pas de le faire, on risque de disparaître sans but, sans accomplissement et rien n’est pire qu’une histoire inachevée…

Le flingueur de Michael Winner

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Pays : États-Unis
Année : 1972
Casting : Charles Bronson, Jan Michael Vincent, Jill Ireland, …

À l’occasion de sa ressortie en coffret avec livret chez Wild Side, revenons sur « Le flingueur », réalisé par Michael Winner.

Un tueur à gages froid et méthodique décide d’entraîner le fils d’un ami qu’il a dû assassiner sur ordre de ses employeurs. Le lien entre ces deux hommes sera extrêmement fort…

Les premières minutes du film établissent la personnalité du tueur incarné par Charles Bronson de manière remarquable. Les scènes sont muettes, les gestes réfléchis et précis et le meurtre appliqué avec une froideur presque inhumaine. Bronson offre d’ailleurs une interprétation intérieure, comme il l’a déjà fait à maintes reprises dans sa carrière. Le film va alors s’efforcer de suivre comment ce monstre prendra des apparences bien plus humaines, en l’affaiblissant de manière physique (sa maladie) et morale (son besoin de créer un dernier lien social). Si la lecture homosexuelle du récit original est quasiment absente (on peut l’imaginer mais elle est loin d’être explicite), la manière dont les deux personnages principaux interagissent confère un aspect assez surréel à l’intrigue, notamment au vu du manque d’émotions exprimé par l’apprenti incarné par Jan Michael Vincent (CF la scène de tentative de suicide).

« Le flingueur » est ainsi porté par un nihilisme moral au vu du manque d’empathie que l’on peut éprouver pour ses « héros ». Les meurtres, souvent exprimés de manière spectaculaire sur grand écran, sont ici représentés d’un point de vue presque terre à terre, avec les implications morales que relèvent de tels actes. L’apparence de série B explosive du long-métrage dissimule une noirceur profonde pour la nature humaine, ce qui rend son visionnage encore plus passionnant. Et s’il penche dans son climax vers quelque chose de spectaculaire, c’est avec maîtrise et sans tomber dans le divertissement creux et simplet. La fin même du récit garde ce ton misanthrope, où l’être humain est condamné à tuer son prochain en attendant sa propre mort inéluctable. Il n’y a pas d’espoir à avoir, juste la chance de retenir la faucheuse le plus loin possible de soi.

Wild Side offre une nouvelle fois un écrin rendant justice à son film. Comme d’habitude, il n’y a aucune remarque négative à faire sur ses aspects techniques. Quant au livret qui accompagne le coffret, il est une nouvelle fois passionnant à lire et devrait ravir les amateurs du film en offrant divers détails sur celui-ci (notamment la « sympathie » qu’éprouvait Bronson pour son jeune partenaire).

45 ans après sa sortie, « Le flingueur » revient donc dans une édition aussi qualitativement bonne que le long-métrage en lui-même. De quoi permettre de (re)découvrir un polar sombre et fort, tout en oubliant les malheureuses versions récentes avec Statham dans le rôle de Bronson…

Carnage de Tony Maylam

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Pays : États-unis
Année : 1981
Casting : Jason Alexander, Holly Hunter, Brian Backer , …

Alors qu’il est ressorti en salles la semaine passée avec Carlotta, voici une bonne occasion de revenir sur « Carnage », réalisé par Tony Maylam.

Alors qu’ils veulent se venger de leur moniteur de vacances sadique, une bande de jeunes provoque accidentellement des blessures graves à ce dernier. Ivre de vengeance, il revient cinq ans plus tard dans le camp…

Le genre du slasher a des bases connues de tout fan de cinéma de genre : un groupe de personnes (essentiellement adolescents, afin de correspondre au public ciblé), un tueur et du sang. Si « Black Christmas » peut être considéré comme le premier à poser ces fondations, c’est « Halloween » qui deviendra au fur et à mesure des années l’exemple modèle, un chef d’œuvre intemporel qui garde encore sa force narrative et visuelle. « Carnage » fait quant à lui partie de ces titres qui ont profité de cette mouvance, rentable notamment grâce au film de John Carpenter mais également à une autre saga renommée, « Vendredi 13 ». C’est d’ailleurs plus à ce dernier que l’on peut le raccrocher, rien qu’en comparant leurs synopsis.

Mais que vaut ce « Carnage », 36 ans après sa sortie ? Ceux qui ne l’ont pas encore vu pourront se délecter d’une série B simple mais diablement divertissante. Le film est proprement réalisé par Tony Maylam : sans réel éclat mais avec assez de lisibilité pour profiter des effets gores généreux (ce qui est logique étant donné qu’ils sont le fruit du légendaire Tom Savini). Si le long-métrage prend environ une cinquantaine de minutes avant de se lancer dans le « Carnage » promis par son titre francophone, il faut bien avouer qu’il se suit de manière agréable malgré quelques protagonistes souvent plus proches du stéréotype qu’autre chose. Ses quelques fulgurances compensent néanmoins cette attente, notamment ce massacre sur un radeau qui teintera de rouge l’eau témoin des actes de Cropspy, le moniteur sadique. Ce dernier arrive à être assez inventif dans ses mises à mort, essentiellement opérées avec ses cisailles.

Si vous cherchez à profiter d’un classique du slasher sur grand écran, voici une très bonne occasion. Car si l’on peut reprocher une structure classique au film, il faut bien reconnaître qu’il arrive à faire son boulot : divertir de manière sanglante un public en quête d’hémoglobine. Bref, de quoi apprécier de voir un Carnage en salles…

Intruders de Juan Carlos Fresnadillo

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Année : 2012
Pays : États-Unis, Royaume-Uni, Espagne
Casting : Clive Owen, Carice van houten, Daniel Brühl,…

Le cinéma fantastique est l’un des plus importants mais le plus sous -estimé de la production grand public. En effet, beaucoup lui jetent un regard hautain, le réduisant à de l’artifice grand public alors qu’il peut, avec talent, être vecteur d’émotions fortes et universelles. Aujourd’hui, revenons sur l’un de ces titres peu abordés mais pourtant fort thématiquement : « Intruders « ‘, réalisé par Juan Carlos Fresnadillo.

Un petit garçon espagnol et une jeune fille anglaise se voient hantés par la même créature sans visage. Leurs parents vont alors tenter de trouver un moyen de les sauver…

Le début du film introduit l’idée qu’il sera narré d’un point de vue subjectif. Cela a peut – être été déjà vu maintes fois mais cette remise en question du narrateur est amené avec assez de subtilité pour conserver un twist aussi fort dans son histoire que dans les thématiques abordées. En cela, il faut se rappeler la place dans l’intrigue des contes. Ces derniers, comme de nombreuses histoires, servent à apprendre aux enfants des leçons sur la vie. Mais on oublie souvent que les adultes ont également besoin de ces récits pour se rappeler ou comprendre des situations aussi bien extraordinaires que quotidiennes. La narration fictive a une place importante dans la construction mentale et idéologique de chaque être humain et un film peut avoir un réel impact sur une personne. Dans la logique de certains maîtres du genre hispanophone comme Juan Antonio Bayona et Guillermo Del Toro, Juan Carlos Fresnadillo profite de ce format pour toucher à quelque chose d’assez intime et universel à la fois : la place du parent dans la vie de ses enfants.

En effet, il est logique que la relation entre ceux-ci est forte et la manière dont cela est représenté est fait de manière sincère et touchante, aidé par un casting impliqué. Les parents ont également cette image forte qui est portée par la croyance qu’ont en eux leur progéniture. L’importance de cette foi n’est pas négligeable et relève d’une peur de ne pas réussir à accomplir totalement cette relation ou la mener dans un impasse. La place du religieux n’est donc pas négligeable dans le récit et explicite cette crainte qui est des plus humaine. Existe t-il plus grande peur que celle d’échouer son existence ou ses relations personnelles? Peut-on trouver des parents qui n’éprouvent aucune crainte vis à vis de leurs enfants et ne souhaitent pas les protéger? Cela est montré tout au long du film avec une force émotionnelle qui devrait remuer les tripes de tout père ou mère en devenir. L’enfant est un cadeau fragile qu’il faut défendre de tout, y compris de soi même.

Le système narratif du film (l’alternance entre les mésaventures des deux familles ) permet de montrer l’ambivalence entre deux cultures et deux parents de sexe différents avant de les unir par une révélation intéressane qui permet de transmettre sa leçon en touchant à nouveau à l’universel et à l’intimiste. D’abord, en faisant comprendre que l’être humain est égal dans ses cauchemars profondément humains. Ensuite, en développant cette double peur : celle de défendre son enfant par le biais du mensonge, quitte à lui faire plus de bien que de mal, et celle de se confronter soi-même à ses démons. Ces derniers sont tout aussi transmissibles que les gênes et il faut être capable d’y faire face, même si nos propres parents les ont ignorés. La confrontation est inévitable et la retarder ne fait qu’augmenter le risque de voir son monstre revenir plus tard plus fort et avec en ligne de mire sa progéniture. La fuite ne constitue qu’une bombe à retardement dont on est censé protéger ceux qui comptent à notre coeur. S’il n’y a pas remise en question de ses actes et de ceux de ses aînés, on se dirige alors vers une catastrophe monumentale.

Juan Carlos Fresnadillo nous rappelle avec son « Intruders » que l’horreur est plus forte quand elle inclut un facteur humain essentiel et dont pourtant nombreuses productions sont dépourvus. Le réalisateur du déjà très bon « 28 jours plus tard  » offre une perle fantastique bien trop sous estimée dissertant avec amour et émotion sur la force des récits sur l’être humain et sur la peur d’être parent mais, plus encore, la peur des responsabilités que l’on porte avec l’âge. Soyons de meilleurs adultes que nos aînés pour que la prochaine génération soit préservée de nos erreurs et de nos monstres…

Vampires en toute intimité de Jemaine Clements et Taika Waititi

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Pays : Nouvelle-Zélande
Année : 2015
Casting : Taika Waititi,Jemaine Clements, Jonathan Brugh,…

À l’occasion de la sortie de « Thor Ragnarok » cette semaine, revenons sur l’un des films précédents de son réalisateur (ici coréalisateur avec Jemaine « Men in Black 3 » Clements) : « Vampires en toute intimité » (ou « What we do in the shadows » en version originale).

Une équipe de caméramen suit, pour un documentaire, des vampires vivant en collocation. Un jour, l’un d’entre eux transforme une victime en un des leurs.

Le format du documenteur s’est adapté à divers genres au fur et à mesure des années. Sa frontière entre réalité et fiction a permis à diverses personnes talentueuses de s’illustrer tout en traitant des sujets variés. Dans la production francophone, le premier exemple qui vient en tête est « C’est arrivé près de chez vous », détournement du format de l’émission Strip tease pour s’interroger sur l’aspect pervers de la mise en scène (nous étions revenus dessus sur le site il y a quelques mois). Ici,Clements et Waititi usent de cette forme afin d’illustrer avec humour les mésaventures au quotidien d’un groupe de vampires Néo-Zélandais ou Français selon la version que vous regarderez (on y reviendra plus tard).

Clements et Waititi jouent des codes entourant le mythe des vampires en les replaçant dans une forme de réalisme créant un décalage souvent hilarant. Il suffit de voir le comportement de nos héros et leurs problèmes pour s’attacher à eux. Le metteur en scène profite du format pour crédibiliser les événements, avec un dosage réussi d’effets spéciaux pour ne pas tomber dans la débauche gratuite (aussi explicable par un budget assez réduit). Cela confère même par instants un aspect horrifique à certaines scènes (la longue poursuite) là où l’ambiance est surtout comique. Clements et Waititi arrivent en cela à orchestrer ses gags avec une malice non feinte. On le sent s’amuser à écrire la rencontre entre les vampires et une bande de loups-garous (« We are Werewolves, not Swear Wolves !»), ou gérer le flot de sang d’une victime directement atteinte à l’artère centrale. En cela, la manière dont il se réapproprie le documenteur amène à une écriture assez subtile, notamment au vu des personnalités différentes de nos héros.

Selon la version du film que vous regarderez (originale ou francophone), le nom de ces derniers va varier. En effet, le duo comique Nicolas et Bruno a été engagé pour assurer son doublage français. Mais au lieu d’une simple traduction des blagues, les humoristes ont recontextualisé le long-métrage dans un humour tout aussi « OVNIesque », que ce soit par un décalage dans les voix engagées (Fred Testot, Alexandre Astier, Bruno Salomone, Zabou Breitman) ou bien dans leurs quelques « ajouts » (Wellington qui devient Limoges). Cela se rapproche en partie du travail qu’avait fourni Alain Chabat sur « Wayne’s World » afin de conserver le style des gags de Mike Myers et Dana Carvey dans la traduction française. De quoi pousser à voir le film dans ses deux versions afin d’apprécier ses tonalités différentes.

« Vampires en toute intimité » est donc un petit bijou d’humour, un bon film de vampires pour fêter Halloween avec hémoglobine et rires. Cela a dû en tout cas faire plaisir à un autre grand réalisateur Néo-Zélandais partageant la même inventivité cinématographique, allié dans ses premières oeuvres aux mêmes plaisanteries sanguinolentes…

Blanche-Neige et les sept nains de David Hand

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Pays : États-unis

Année : 1937

Les films d’animation Disney sont devenus des classiques dans le cinéma grand public. Nombreux sont leurs titres qui auront marqué l’enfance de diverses personnes au fur et à mesure des années. Il est même presque impossible que vous n’ayez vu aucune production du genre. Alors aujourd’hui, revenons sur le titre le plus connu du catalogue Disney et l’une des oeuvres marquantes dans le domaine avec « Blanche-Neige et les sept nains ».

La jeune Blanche-Neige doit fuir dans la forêt quand sa belle-mère, qui cherche à être la plus belle femme du royaume, tente de l’assassiner. Elle va alors faire la rencontre de sept nains : Prof, Dormeur, Timide, Grincheux, Joyeux, Atchoum et Simplet.

Quand Walt Disney a lancé la production du film, il y avait sans aucun doute un regard d’investisseur derrière. Mais on oublie que l’homme était également un rêveur qui espérait toucher le plus large public possible en le faisant rêver et en le divertissant de la meilleure manière possible (ce qui rend amusante la possibilité sur le Blu-Ray de combler les vides de l’écran dus au format de l’image par un « prolongement » des décors, appuyant cet aspect de spectacle que représente le long-métrage). Ignorer cela serait ignorer le pourquoi de la longévité des productions Disney dans le milieu du cinéma. Il est donc normal que l’on retrouve dans ce « Blanche-Neige » la volonté d’émerveiller par la reprise du conte original et son imagerie de manière à toucher aussi bien les enfants que leurs parents.

En cela, revoir le film actuellement permet de comprendre que, contrairement à l’opinion générale, celui-ci n’est pas tant lisse que ça et contient quelques moments capables d’effrayer le jeune public. C’est d’ailleurs en regardant le film avec les yeux d’un enfant que l’on comprend que la manière dont se comporte Blanche-Neige est faite pour que ceux-ci se raccrochent émotionnellement à elle. La peur provoquée par sa marâtre, l’émoi de la rencontre avec le prince charmant, tout est vécu de manière amplifiée à la manière d’un(e) jeune spectateur. On peut également souligner les différentes lectures que soulève le film sur la figure princière, que ce soit l’éveil à la sexualité ou, plus morbide, la mort qui vient chercher la jeune femme (de quoi lier une nouvelle fois Eros et Thanatos). Cela revient aux morales et aux lectures qu’imposent les contes et la manière dont ceux-ci utilisent le biais de l’histoire pour raconter des vérités générales. C’est d’ailleurs quelque chose qui est souvent oublié quand on parle de films grand public : cette dénomination ne signifie pas qu’il faut jeter un regard condescendant à son public mais lui raconter une histoire qui aura sûrement une influence sur ses valeurs et sa destinée.

En soi, voir « Blanche-Neige et les sept nains » comme un film signifiant que la femme ne peut être déterminée que par une figure masculine serait réducteur. On peut plutôt y déceler un spectacle tout public rappelant que l’on peut se relever de chaque difficulté pour sortir d’un milieu de vie rétrograde pour atteindre le statut que l’on désire, le tout enrobé dans une forme poétique et enchanteresse qui devrait encore capter les jeunes et les moins jeunes, même quatre vingt années après sa sortie…