Barberousse + Dodes’Kaden d’Akira Kurosawa

À l’occasion de leur sortie en coffret Livret/Blu-Ray et DVD chez Wild side, revenons sur deux œuvres du maître du cinéma japonais : Akira Kurosawa.

« Barberousse » suit l’arrivée d’un jeune médecin japonais arrogant dans un dispensaire dirigé par l’extrêmement strict Barberousse. « Dodes’kaden » raconte l’histoire de marginaux vivant dans un bidonville.

Le fait que ces deux films se suivent chronologiquement dans la filmographie de Kurosawa est extrêmement intéressant de par ce qu’ils reflètent de la personnalité du réalisateur japonais. Le premier fut en effet un succès, là où l’autre fut tellement détruit par le public et la critique que le metteur en scène en fit une tentative de suicide. Ils marquent la transition d’un style dans sa carrière, particulièrement dans l’aspect visuel. On constate ainsi un passage du cadre cinématographique pour « Barberousse » à un autre plus télévisuel avec « Dodes’kaden », annonçant l’émergence des télévisions dans les familles du monde entier. Difficile également de ne pas remarquer le passage du noir et blanc à la couleur, un aspect que Kurosawa a traité avec beaucoup de travail. Ses plans dans « Dodes’kaden » sont ainsi extrêmement colorés, relevant d’une poésie à priori incompatible avec le sujet du film.

En effet, les deux titres abordés parlent ainsi de la pauvreté dans la société japonaise, d’abord couverte par une histoire passée, puis en pleine vue en examinant ce sujet dans un contexte « moderne ». S’il est difficile d’aborder une telle thématique au cinéma, Kurosawa le fait avec hargne, passion et poésie. Les récits qui nous sont narrés sont tragiques mais accrochent de par leur humanité, leur multiplicité, que ce soit le jeu sur les flashbacks dans « Barberousse » ou tout simplement l’alternance entre les différents protagonistes dans « Dodes’kaden ». Kurosawa filme le tout avec perfectionnisme, que ce soit dans ses « détails » (cf ces vêtements et outils qu’il fit construire six mois avant le tournage pour leur donner un aspect usé), dans sa photographie ou bien la longueur de ses plans.

Concernant le bonus, mettons comme toujours en avant les livrets explicatifs, tellement passionnants et fournis que l’auteur de ces lignes s’est demandé ce qu’il aurait eu de plus à raconter. Ils se dévorent rapidement et fournissent de nombreuses informations qui devraient ravir les acheteurs. Les autres bonus sont réservés aux disques Blu Ray, que ce soit un portrait de Toshiro Mifune ou un retour sur le film pour « Barberousse » ou des portraits de Kurosawa lors d’entretiens avec son fils et sa fille pour « Dodes’Kaden ».

Il est clair que si vous êtes un amoureux du septième art, ces coffrets sont grandement recommandables, que ce soit pour leurs écrins ou tout simplement les films qu’ils contiennent. Ces deux titres sont en effet de grands films qui vous bouleverseront et vous passionneront, tout en appuyant qu’Akira Kurosawa restera toujours un grand nom du cinéma mondial.

Liam Debruel

Amoureux du cinéma. À la recherche de films de qualités en tout genre,qu'importe la catégorie dans laquelle il faut le ranger. Le cinéma est selon moi un art qui peut changer notre vision du monde ou du moins nous faire voyager quelques heures. Fan notamment de JJ Abrams,Christopher Nolan, Edgar Wright,Fabrice Du Welz,Denis Villeneuve, Steven Spielberg,Alfred Hitchcock,Pascal Laugier, Brad Bird ,Guillermo Del Toro, Tim Burton,Quentin Tarantino et Alexandre Bustillo et julien Maury notamment.Écrit aussi pour les sites Church of nowhere et Le quotidien du cinéma. Je m'occupe également des Sinistres Purges où j'essaie d'aborder avec humour un film que je trouve personnellement mauvais tout en essayant de rester le plus objectif possible :)

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :