Titre original : Urgence- Date de sortie en salles : 30 janvier 1985 avec Parafrance
- Réalisation : Gilles Béhat
- Distribution : Richard Berry, Bernard-Pierre Donnadieu, Fanny Bastien, Jean-François Balmer & Catherine Allégret
- Scénario : Gilles Béhat & Jean Herman d’après le roman Qui vous parle de mourir ? de Gérard Carré & Didier Cohen
- Photographie : Pierre Lhomme
- Musique : Jean-Hector Drand
- Support : Blu-ray Arcadès (2026) en 1,85:1 /100 min
Synopsis :
Paris, 1985. Max Forestier, jeune journaliste infiltré dans un groupe terroriste néo-nazi, est surpris par l’un d’eux, Lucas Schroeder, en train de filmer la mise en place d’un attentat raciste. Mortellement blessé et poursuivi, il a juste le temps de remettre à sa sœur, Lyza, un étrange message. D’abord prise en chasse par les poursuivants de Max, Lyza parvient à s’enfuir et arrive jusqu’à l’agence de presse Omega, pour laquelle son frère travaillait dans l’ombre du journaliste Villard. Elle y rencontre Jean-Pierre Mougin, un jeune chroniqueur sportif qui, malgré lui, se trouve embarqué dans une enquête marathon de trente-six heures, pour comprendre où et quand aura lieu cet attentat.

Avec Urgence, nous continuons d’explorer au gré des sorties exclusives en blu-ray orchestrées par les éditions Arcadès cette décennie riche en films policiers qui envahirent les salles obscures entre 1979 et 1987. Comme le raconte le spécialiste interrogé dans l’un des suppléments du disque (le Cinéma français en garde à vue), le succès surprise de la Guerre des polices en 1979 a eu pour effet de lancer la production de polars plus ancrés sur le réel, cherchant à toucher une nouvelle génération. De jeunes réalisateurs furent appelés alors pour porter à l’écran des adaptations de la « Série Noire » ou des scripts originaux, et les jeunes comédiens ne rechignèrent plus à participer à ces métrages, auparavant jugés moins nobles : on l’a pu voir avec notre précédente chronique, où Sandrine Bonnaire et Laurent Malet tenaient tête à un vieux de la vieille (Jean Carmet).

Les plus âgés de nos lecteurs se souviennent sans doute plus aisément des grosses productions de ces années-là avec Jean-Paul Belmondo (le Professionnel, le Marginal) ou Alain Delon (plein de films avec le vocable « flic » dans le titre), mais le vent était en train de tourner en suivant la société post-1981 et le public cherchait de nouvelles têtes, de nouvelles sensations – d’où l’énorme succès rencontré par la Balance (1982). Jusqu’à ce que TF1 se lance à son tour dans ce manège en produisant d’innombrables téléfilms policiers, avant de mettre en chantier des séries ultra-populaires comme Navarro. Cela sonna donc le glas de cette mode passagère mais ô combien prolifique, dont Urgence constitue un exemple assez intéressant.
Contrairement à Tir à vue, qui mettait en avant l’image au détriment d’un scénario simpliste, et jouait ostensiblement sur le charme de ses jeunes acteurs, Gilles Béhat (lequel s’était fait un nom avec l’intriguant Rue barbare en 1984) a construit son métrage sur une trame nettement plus dense, soulevant des problèmes qui font étrangement écho à ceux que nous connaissons aujourd’hui : la radicalisation des messages et actions politiques recourant à la violence, voire au meurtre. Urgence s’ouvre sur un film dans le film, celui tourné par un jeune homme prénommé Max qui enregistre d’abord l’arrivée d’un camion de matériel scénique destiné à un concert, puis celle d’un groupe d’individus dissimulant un dispositif dans un des appareils d’amplification. Repéré par un des truands, il s’enfuit in extremis avec sa caméra, gravement touché par un tir de revolver dans le dos.
C’est le début d’une course-poursuite dans laquelle il est le poursuivi, avant de transmettre le flambeau à sa soeur qui fait du baby-sitting chez un bourgeois bien antipathique. Poursuite qui se mue ensuite en filature, le dénommé Lucas étant chargé de veiller à ce que la soeur ne dévoile pas les secrets enregistrés par Max – c’est là qu’on apprend que Lucas est un flic et qu’il peut user facilement des informations que sa hiérarchie lui fournit.

En acceptant de l’aider (d’abord à contrecoeur, et doutant sincèrement des allégations fumeuses de la « jeune sirène » – elle s’est présentée à lui pieds nus, sous la pluie), Jean-Pierre va risquer plusieurs fois sa vie, jusqu’à ce qu’il comprenne que celle de nombreux autres innocents sont en jeu : il devra remonter le fil ténu de l’enquête commençant au repaire de Max (dans une banlieue désaffectée, fréquentée par des loubards désoeuvrés) mais aussi convaincre ses responsables tout en échappant à la fois à Lucas et aux flics, tous lancés à ses trousses en le croyant coupable de la mort d’un collègue journaliste.
Un rythme qui ne faiblit pas, de l’action constante (poursuites en voiture ou à pied, pugilats ou combat à l’arme blanche), une tension permanente, des dialogues acérés et un thème qui met mal à l’aise, servi par des acteurs qui semblent investis : Richard Berry incarne son rôle avec une certaine désinvolture, plus à l’aise dans le feu de l’action que dans les dialogues, pour lesquels il n’a pas encore le flow qu’il acquerra en vieillissant. Face à lui, l’éternel antagoniste au regard de tueur, Bernard-Pierre Donnadieu (qui sait si bien se faire détester, comme il le prouvait déjà dans le Professionnel en 1981) est plus que convaincant, avec ce côté implacable qui sied parfaitement aux assassins. Sa coupe de cheveux, sa moustache et sa tenue peuvent faire tiquer, mais elles s’accordent avec son alignement idéologique.
Fanny Bastien n’a ni l’aura ni l’aisance scénique de ses partenaires, mais elle compense par une certaine hargne bienvenue dans ses répliques – ça fait plaisir de voir une jeune femme qui ne s’en laisse pas compter et refuse le statut de victime. On saluera également le fait que, pour une fois, en dehors d’une seule scène, elle n’aura pas à dévoiler son corps à la caméra, comme il était de règle à cette époque pour les jeunes actrices. Pour l’anecdote, on aura la surprise de reconnaître Artus de Penguern (Amélie Poulain) et Muriel Robin en figurante.
Le fond de l’histoire (l’existence d’un groupuscule néo-nazi dans lequel sont compromis des politiques et des officiers de police) montre que cette préoccupation ne fait que resurgir de manière cyclique : la triste actualité prouve que la violence demeure un moyen toujours aussi mortellement efficace de faire passer son message. Béhat le traite sans doute de façon un peu naïve (la cérémonie filmée frise le grotesque), toutefois le pot-aux-roses est révélé assez astucieusement, avec la scène la plus prenante et la plus réussie du film.
Cela mis à part, il ne faut pas s’attendre non plus à un chef-d’oeuvre : malgré le soin apporté aux scènes de combat, leur chorégraphie fait peine à voir eu égard aux standards actuels. Le côté très écrit des dialogues sonne parfois faux, même si c’est moins flagrant que dans Tir à vue. Enfin, certaines facilités scénaristiques peuvent faire sortir de l’intrigue, qui a néanmoins le mérite d’être moins transparente que dans nombre de productions de l’époque.
Si vous êtes intéressés, Arcadès le sort pour la première fois en blu-ray le 17 mars 2026, incluant le documentaire cité plus haut et une présentation détaillée du métrage. L’occasion d’apprécier un film nerveux, sans temps mort et réalisé efficacement, reflet d’une époque révolue où le cinéma de genre renouvelait ses codes.
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