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Jonathan G

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Obsession de Curry Barker [La critique du film]

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Date de sortie : 13 mai 2026 (France)
Duree :  109minutes
Genre : horreur
Avec : Micheal Johnston, Inde Navarrette, Cooper Tomlinson, Megan Lawless, Andy Richter
Réalisé par : Curry Barker
Nationalité : Americain
Musique : Rock Burwell

 

Après avoir fait sensation dans divers festivals en 2025 et 2026, il est enfin temps pour le premier long métrage de Curry Barker d’arriver dans nos salle Française.
Et dire que le film était attendus dans le petit cercle des amateurs de cinéma d’horreur est un euphémisme.
Petit retour en arrière, en 2023, Curry Barker sort sur youtube un court-métrage, « The Chair », un film très efficace dans son rythme et sa narration, cette œuvre lui permet de se faire remarquer chez les amateurs d’horreur(la video totalise actuellement plus de 9,3 millions de vues) et surtout, il est aussi remarqué par James Harris de la société de production Tea Shop Production qui lui propose de réaliser une version longue de ce court, mais Barker qui y avait déjà réfléchi lui proposera plutôt le pitch du film « Obsession ». Le film sera donc produit par Tea Shop Production avec pour budget 1 million de dollars.

La première chose que l’on peut dire, c’est que Obsession est réellement impressionnant.
Ce film a un pitch très simple sur le papier, c’est le classique « attention à ce que tu souhaite », mais l’une des force du film c’est que ce simple pitch sera exploité à son plein potentiel et ce, sans se limiter à un genre. Le film n’hésite pas a jongler entre different sous-genres. Parfois l’horreur jouera sur le malaise, parfois plus frontale et a d’autres moments un inattendu décalage humoristique nous fera sourire!
Le film navigue entre ces différents tons avec une aisance tout à faire naturelle, et cela tient fortement au sens du rythme de Curry Barker, qui cumule sur le film les postes de scénariste, réalisateur et monteur. Son rythme est précis, il arrive de manière impressionnante à être toujours dans le bon timing pour que chacun des effets, des ambiances ou même des ruptures de tonalités fonctionnes à merveille.

 

Il faut aussi parler de ce qui fait une autre grande force du film, ses comédien.nes , la direction d’acteur est impeccable et il faut souligner la performance incroyable de Inde Navarrette. La  comédienne, qui avoue s’être beaucoup inspiré du personnage de Pearl interprété par Mia Goth dans la trilogie X de Ti West (et avec le recul, ça se voit sur certaines séquences) à un jeu très naturel au début et petit à petit son rythme change, sa gestuelle également, elle atteint par instant des moments d’acting vraiment extrêmes qui, avec une moins bonne actrice et un directeur d’acteur médiocre auraient pu tombés dans un ridicule assez gênant, mais ce n’est jamais le cas.
Espérons que ce rôle lui ouvre des portes, je suis curieux de la revoir dans d’autres projets peu importe le genre).
Peut-être que le seul « défaut » du film serait la photographie qui par moment est un poil trop sombre, (défaut entre guillemets, parceque bien sur, la photographie est comme ça pour une raison, il y a un sens et un propos dans le fait que le film soit éclairé et étalonné comme ça. Mais cela pourrait en général certains (c’est arrivé a la séance au BIFFF).

Obsession est un film qui ne laisse clairement pas indifférent, on en ressort pas indemne. C’est je pense le meilleur film horrifique qui nous arrivera cette année. Et Curry Barker se positionne deja comme un des futurs noms de l’horreur à suivre de très près, « Anything but Ghosts » son prochain film chez Blumhouse devrait sortir en fin d’année ou début d’année 2027 et ensuite, il s’attaquera a un film dans l’univers de « Massacre à la Tronçonneuse » pour A24, un projet alléchant et intriguant au vu de son style. Définitivement un nom à suivre!

 

 

 

 

Journal du BIFFF – 12/04/26

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Déjà le dernier jour de la semaine, et déjà mon dernier jour de présence sur le festival, quoi que…Peut-être que samedi j’y retournerai.
Mais bref, trêve de blabla, et commençons par le premier film.

Another world
Réalisé par Tommy NG Kai Chung
Avec Suet-Ying Chung, Hiu-Tung Choi, Louis Cheung, Kay Tse

« Fonctionnaire besogneux dans un sas de décompression métaphysique, Gudo est un esprit qui accueille les personnes fraîchement décédées dans le purgatoire. Comme il n’existe pas de Guide du Routard de la Mort, les nouveaux arrivants sont tous paumés, et Gudo est là pour les aider à vider leurs griefs de leur vie passée. L’idée ? Arriver vierge de ressentiments pour l’étape suivante : la fameuse réincarnation. D’habitude, c’est une pure formalité, mais quand la jeune Yuri débarque, gonflée de colère et d’autres sentiments que Gudo ne maîtrise absolument pas, notre guide spirituel se met en DEFCON 4, car ce comportement déviant mène à une autre option que la réincarnation. Et c’est vraiment pas bô à voir…  » (Source BIFFF)

Alors, comment dire, j’étais un peu fatigué et du coup pas dans s les meilleures conditions pour apprécié pleinement le film.
Premier film d’animation vu cette année au festival, j’ai trouvé que, les designs des personnages et des décors étaient vraiment très réussis et inventifs. Malheureusement, hormis sur certaines séquences d’action vraiment impressionnante j’ai trouver l’animation par moment un peu cheap. C’est vraiment très étrange de voir la différence de qualité d’animation d’une séquence a l’autre.
Jai également trouvé la narration plutot confuse pendant un long moment (prenez en compte ma fatigue) jusqu’à un twist qui vient heureusement nous sortir de cette confusion.

Peut-être un peu trop long pour son propre bien, imparfait mais pas dénué d’intérêt esthétique, ce film d’animationen provenance de Hong-Kong reste une curiosité à voir.

Enchaînons maintenant avec le deuxième de la journée :


Steal away
Réalisé par Clement Virgo
Avec : Angourie Rice, Mallori Johnson, Lauren Lee Smith, Matteo Simoni, Hilde Van Mieghem, Nola Elvis Kemper

« Cécile, une jeune voyageuse africaine majestueuse et mystérieuse, fuit la guerre et atterrit avec sa mère dans la somptueuse propriété de Fanny, une adolescente blanche maladroite cloîtrée dans une bulle de richesse et d’opulence. Dans cette ambiance qui dégage un fumet de colonialisme paternalisant, Cécile tombe amoureuse de Rufus, le fils du jardinier, déclenchant ainsi l’éveil sexuel de Fanny. Lorsque les deux jeunes filles réalisent que le monde dans lequel elles vivent est aussi pourri que le Danemark de Shakespeare, elles s’allient pour tenter de s’affranchir d’un système domestique et étatique cruel destiné à les maintenir sous contrôle…« 

La j’ai été très impressionné. Ce film est vraiment envoûtant, la direction artistique sur les costumes et les décors, c’est vraiment du travail d’orfèvre!
Les thématiques du films sont abordés de manoir passionnante (le colonialisme, l’appropriation culturelle et des corporelle, l’éveil à la sexualité).
Et que dire de l’interprétation, les deux personnages principaux sont interprétée brillamment par Angourie Rice et Mallori Johnson (de vrais révélations pour moi que j’ai hâte de voir dans d’autres films)!
La realisation, très élégante arrive à souligner les émotions des personnages et leurs tourments avec une réelle précision, vraiment, c’est un film avec une grande sensibilité qui aborde des sujets serieux et importants avec une attention toute particulière aux détails.
Un grand merci au BIFFF d’oser les « silent Screening » afin de nous proposer ce genre de films!

Passons maintenant au dernier film que j’ai pu voir cette semaine :

Past life
Réalisé par Simeon Halligan
Avec : Jeremy Piven, Aneurin Barnard, Pixie Lott, Tim McInnerny, Nicholas Farrell

« Après un séjour costaud dans les geôles syriennes, Jason jongle entre son stress post-traumatique, son boulot de journaliste et Claira, sa femme et future mère de son fils. Bien décidé à ne plus hurler en pleine nuit tout en perdant deux litres d’eau à chaque cauchemar, Jason – bien que sceptique sur ces méthodes de rebouteux – décide de s’essayer à l’hypnotisme pour évacuer son foutu trauma, et devenir un père équilibré qui arrête de voir des Talibans partout. De ce point de vue là, la séance fonctionne parfaitement. Seul bémol, il vient de découvrir qu’il était un tueur en série sadique dans l’une de ses vies antérieures…« 

Le premier truc qui frappe dans ce Past Life, c’est sa photographie qui alterne entre passable et parfois vraiment très laide, ensuite c’est le manque de budget.
Il s’agit encore d’un whodunnits qui pense être plus malin que le spectateur alors que quand le véritable assassin apparaît on le démasqué en 30 secondes (en meme temps il y a 4 personnage dans le films, du coup ça n’aide pas vraiment a brouiller les pistes).
Une mise en scène assez plate, alors qu’il y avait moyens de s’amuser un peu avec la caméra lors des séquences d’hypnose.
Un film pas totalement désagréable tout de même, mais loin d’être mémorable. Ça reste un film qui se laisse regarder, mais qui s’oubliera très vite.

Voila qui achève ma semaine au BIFFF, une journée marquée principalement par Steal away, mais une semaine vraiment interessante et éclectique (la vraie force de la sélection du festival). Hâte d’y retourner (bientôt) et je ferai aussi un petit retour sur le palmarès.
À bientôt! 

Journal du BIFFF – 11/04/26

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Troisième journée au BIFFF, voyons voir ce que le festival nous propose aujourd’hui, commençons tout de suite par le premier film qui était une de mes grosse attente du festival.

Orfeo
Réalisé par Virgilio Villoresi
Avec : Luca Vergoni, Giulia Maenza, Aomi Muyock, Vinicio Marchioni

« Pianiste solitaire et mélancolique, Orphée traîne ses rêves dans un Milan interlope, imaginant des histoires d’ailleurs pour fuir son spleen d’ici. Mais un soir, alors qu’il joue dans son bar fétiche, il croise le regard d’Eura. Sentiment électrique, viscéral, absolu… Elle devient son obsession. Quelques jours plus tard, il l’aperçoit à nouveau, tandis qu’elle franchit une petite porte sur la Via Saterna. Orphée décide de la suivre. De franchir le pas. De passer de l’autre côté, vers un monde aussi étrange que dangereux… » (Source BIFFF)

C’était peu dire que d’affirmer que j’avais hâte de découvrir ce film. Il m’avait séduit à la découverte de sa bande annonce, et l’attente à été récompensée.
Ce Orfeo est un véritable voyage Onirique, tournée en 16mm le film est d’une beauté visuelle époustouflante, et regorge d’idées de mise en scène. Impossible de ne pas prendre son pied devant ce film, alors certes les influences se ressentent fort tout le long du film (Cocteau en tête, mais parfois on s’approche même des expérimentations visuelles du duo Cattet et Forzani) et l’histoire est une énième adaptation du mythe d’Orphée, mais la proposition est tellement singulière et inattendue dans le cinema actuel que ça fait un bien fou de voir un film comme ça!

Un très bon début de troisième journée et on enchaîne avec un film qui lui aussi m’a surpris!

Sicko
Réalisé par Aitore Zholdaskali
Avec : Ayan Utepbergen, Dilnaz Kurmangali, Azat Zhumadil,  Aida Kurmangaliyeva

« Avec un taux de chômage en dessous de 5%, on peut se dire qu’Almaty est l’eldorado des jeunes en quête de boulot stable. À moins d’être un branleur opportuniste tel que Azamat, qui collectionne les dettes comme des cartes Pokémon. Mais, plutôt que de penser à un plan d’apurement avec sa banque, il décide d’embarquer Tansholpan, sa femme enceinte, dans une arnaque morbide: faire croire qu’elle est atteinte d’un cancer en phase terminale, lancer un crowd-funding sur les réseaux sociaux et ramasser les pépètes. Avait-il imaginé qu’ils allaient devenir le symbole d’une nation, tout en engrossant un pactole hallucinant ? Bien sûr que non. Azamat est incapable d’anticiper quoi que ce soit, encore moins l’intérêt soudain que la pègre locale va avoir pour son couple… Un condensé de violence, d’humour noir et de cynisme qui confirme la montée en puissance du Kazakhstan dans le cinéma de genre ! » (Source BIFFF)

Au vu de la bande annonce et du sujet, je m’attendais a une comédie noire. Et c’est ce que est le film, pendant un moment, jusqu’à son dernier acte qui m’a simplement détruit émotionnellement! Le film est hyper intelligent dans sa structure, le fait de nous faire nous attacher au personnage pour ensuite nous donner un violent retour a la réalité, c’est du génie!
Les comédien.nes se donnent à 100%, tout le monde est excellent, et la réalisation n’est pas en reste.
La mise en scène des « moments d’actions » est inventive et brutale, on ressent les coups et ça nous prépare intelligemment a ce dernier acte dévastateur.
Je ne veux pas spoiler, mais il semblerait que ca soit une habitude d’une nouvelle vague du cinema du Kazakhstan, avoir un propos social fort.
A noter que la fin du film à été censurée dans son pays d’origine.

Grosse claque pour ma part, un film puissant qui arrive a surprendre le spectateur et le laisse dans une émotions prenante a la fin.
Vraiment, à voir!
Repprenons notre souffle et enchaînons avec le troisième film!

Nirvana the band the show the movie
Réalisé par Matt Johnson
Avec :  Matt johnson & Jay McCarrol

« Depuis 17 ans, Jay et Matt tentent de décrocher un concert au Rivoli, la plus belle salle de spectacle de Toronto. Pendant tout ce temps, ils ont été suivis par une équipe de tournage qui a filmé sans relâche leurs tentatives de plus en plus folles, frénétiques et désespérées pour monter sur la scène du Rivoli. Même un spectaculaire saut en parachute depuis la Tour CN vers le SkyDome tourne mal, et tout espoir semble perdu. C’est alors qu’entre en scène une obscure boisson gazeuse canadienne qui semble avoir le pouvoir d’alimenter une machine à remonter le temps. Nos deux amis retournent en 2008 et découvrent alors une opportunité inouïe pour se réinventer…. » (Source BIFFF)

Vraiment, merci à la programmation! Car après le choc « Sicko » c’est exactement le film dont j’avais besoin!
L’histoire est certes classique, mais ces deux personnages sont tellement attachants!
Cette comédie fonctionne à 100%. Mélange d’un subtil et ingénieux travail de montage réalisé a partir d’images filmées il y a 17 ans, de « happening » filmés en camera cachées dans la rue et bien sur de passage de fictions scénarisés, c’est impressionnant de constater que ce mélange fonctionne aussi bien.
Extrêmement drôle, rythmé, attachant, et avec beaucoup de coeur, c’est un excellent film a voir entre amis (ou au BIFFF avec l’ambiance inimitable de la salle).

Ce film m’a bien remonter le moral, maintenant, enchaînons avec un film qui me faisait un peu peur…

Pinocchio Unstrung
Réalisé par Rhys-Frake Waterfield
Avec Richard Brake, Robert Englund, Cameron Bell

« Las de voir son petit-fils James malheureux comme les pierres, Gepetto décide de lui offrir l’une de ses dernières créations, une marionnette en bois dénommée Pinocchio. Non seulement, elle marche sans piles mais elle est littéralement vivante ! Mieux qu’un chiot, Pinocchio devient le meilleur ami de James, mais il se rend compte qu’avec sa gueule de bois, il manque cruellement de chair pour être tout à fait comme le petit James. Evidemment, les alternatives socialement acceptées comme une bonne rhinoplastie ou de la chirurgie esthétique, il ne connaît pas. Alors Pinocchio va se servir tout seul, à l’ancienne. Et sans anesthésie…« 

Le TCU, ou Twisted Childhood Universe, c’est une idée un peu zinzin au départ et qui ne nous à pas offert que des bons films (le premier Winnie the pooh blood and honey), mais petit à petit, les films semblent devenir de mieux en mieux.
Et ça se confirme avec ce Pinocchio Unstrung!
J’avais peur d’assister à un film qui vas à l’économie car Pinocchio étant un animatronique, le petit budget me faisait me dire qu’il serait absent une grosse partie du métrage.
Mais c’est tout le contraire, Pinocchio est vraiment le personnage principal du film et est présent dans 85% du film (estimation totalement arbitraire). Certes, l’animatronique n’est pas parfait, petit budget oblige, mais le film est tellement généreux que c’est pardonné.
Le gore est également présent, et pour le coup, le film se fait (et nous fait) plaisir!
Ne vous méprenez pas, je n’essaie pas de vous vendre le Citizen Kane du film d’horreur, mais bien un film qui, mine de rien a une certaine ambition, et une générosité qui fait plaisir, malgré ses défauts (la réalisation « trop simple », une photographie qui ne brille pas forcément par son originalité), mais le film est probablement le meilleur du TCU.
Présenté en avant première mondiale au BIFFF,  c’est un très bon choix, c’est un film parfait pour le festival!

Voila qui conclu cette troisième journée.
La journée (pour l’instant) avec les films les plus intéressants que j’ai pu voir lors de ce séjour à Bruxelles.
Hâte de voir si demain sera du même niveau!

Journal du BIFFF – 10/04/26

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Me voici de retour pour un deuxième jour de projections au BIFFF, une journee qui s’annonce forte en émotions, alors ne perdons pas de temps et commençons tout de suite avec ne premier film de ce Vendredi.

Luger
Réalisé par Bruno Martín
Avec : David Sáinz, Mario Mayo, Bruno Martín, Ramiro Alonso,  Ana Turpin

« Vous avez des clients qui rechignent à payer ? Un sale boulot qui risque de faire craquer des articulations à sec ? Pas de souci : Rafa et Toni sont là pour vous. Ce matin, nos deux malabars ont une mission de routine commanditée par Angela, une avocate pour cols blancs. Récupérer la Mustang volée d’un certain Juan, distribuer quelques baffes au passage et se poser pour un petit cafecito bien serré. Sauf que rien, mais absolument rien, ne va se passer comme prévu, et la découverte d’un Luger planqué dans un coffre-fort, lui-même posé dans le coffre de la fameuse bagnole va déchaîner l’enfer dans le zoning… » (Source BIFFF)

Avouons le tout de suite, Luger, pour un premier long métrage, c’est très impressionnant. Bruno Martín qui écris et réalise le film à un sens du rythme totalement maîtrisé.
L’écriture est vraiment le gros point fort du film (ce qui ne veut pas dire que la réalisation est mauvaise, au contraire), les situations et révélations s’enchaînent à un rythme effréné et captivent le spectateur. On ne s’ennuie aucunement lors des 95mn du métrage.
C’est une très bonne série B, tout a fait recommandable.
3/5

Un très bon debut de deuxième jour, mais pas le temps de m’extasier, le deuxième film va commencer

Yesterday Island
Réalisé par Sam Voutas
Avec : Ivan Aristeguieta, Florence Noble, Francis Greenslade, Genevieve Neve, David Fane, Luke Saliba

« Il est presque minuit, et Amos s’apprête à se coucher. Soudain, le téléphone sonne, et un vieil ami lui demande une grande faveur. Ce dernier se trouve sur une île isolée où il dirige une station scientifique, et il a besoin de toute urgence de quelqu’un pour le remplacer pendant une journée. Pourquoi pas ? Un bon bol d’iode, ça fait toujours du bien, non ? Seulement voilà : une fois sur place, notre (un peu trop) serviable Amos va découvrir que sur l’île de Yesterday, « un jour » est un concept trèèèès élastique… « 

Alors, un film de boucle temporel ça peut toujours être casse gueule, et il faut le dire, ce Yesterday Island est un petit bonheur de comédie. Certes, le concept est simple, mais c’est dans son utilisation inventive que tout le potentiel comique des situations qu’il explore nous frappe.
Yesterday Island est drôle, très bien écrit, joliment réalisé (les superbes décors de cette île australienne aide beaucoup à instauré cette ambiance de solitude).
Les comédiens livrent tous une prestation honorable et on prend plaisir à suivre cette galerie de personnages perdus, parfois cruels, mais toujours attachants.
3.5/5

Deuxième film et deuxième très bon film! Voyons voir si le troisième continue sur cette lancée.

 

Whistle
Réalisé par Corin Hardy
Avec : Dafne Keen, Sophie Nélisse, Nick Frost, Sky Yang,  Percy Hynes White

« Oui, nous nous retrouvons une fois de plus dans l’un des environnements les plus dangereux créés par le monde moderne : un lycée, quelque part aux États-Unis. Alors, pas de fusillade de masse, mais un ancien sifflet aztèque qui a la mauvaise idée de tomber entre les mains d’une bande de lycéens marginaux. Serait-ce le Saint-Graal pour faire grimper leur cote de popularité ? Est-ce que quelqu’un a vérifié si ce sifflet avait une page Wikipédia ? D’éventuels effets secondaires ? Bien sûr que naaaan !!! On va tous siffler dedans et mettre ça sur Tik Tok, comme d’hab’, quitte à comprendre – un peu tard, certes – que l’espérance de vie moyenne chez les jeunes reste somme toute très aléatoire…. Quand le réalisateur de THE NUN s’associe au scénariste de BLOOD FEST pour traumatiser des ados avec Nick Frost en prof, qui sommes-nous pour refuser un tel cadeau ? » (Source BIFFF)

Il s’agissait de l’avant première Belge du film Whistle (sortie sous le titre « Le Sifflet » en France. Et il faut dire qu’il ne faisait pas vraiment parti de mes priorités, je m’attendais à un film type « Blumhouse sans saveur » (coucou « Nightswim »).
Et finalement, ce « Whistle » m’a surpris, car contrairement à beaucoup de films d’horreur à destination des adolescents (ce qu’il est), lui arrive a construire une galerie de personnages plutot réussie. C’est assez rare pour être signalé, car beaucoup d’autres films se contentent du minimum.
Le concept est intéressant, pas ultra original non plus, il aurait néanmoins mérité d’être poussé un peu plus loin.
Le film aurait pu être plus graphique mais il y a beaucoup de hors champ, j’imagine que c’est nécessaire quand le film est destiné aux ados.
Quelques bonnes séquences de tensions (la poursuite dans le labyrinthe), gore (« l’accident de voiture »), le film s’autorise même à prendre le temps d’être émouvant.
Vraiment une très bonne surprise que ce « Whistle »
2.5/5

Quel plaisir cette journée de festival, on passe de très bons films à une bonne surprise!
Vivement la suite, qu’est-ce qui pourrait mal se passer…. hein?

The Mortuary Assistant
Réalisé par Jeremiah Kipp
Avec : Willa Holland, John Adams, Paul Sparks, Mark Steger

« La jeune Rebecca est un être exceptionnel : elle est jeune et elle a un job ! Cette anomalie de la nature capitaliste vient d’être engagée aux pompes funèbres de River Fields. Un job de nuit pépère où elle embaume les cadavres. Alors, ça cause pas des masses, mais c’est calme. Jusqu’au soir où elle découvre à son insu que son nouveau patron a oublié de lui parler de la clause “possessions et rituels démoniaques”. Du coup, ça va être moins calme… » (Source BIFFF)

Alors, pour le coup, la chute qualitative est impressionnante!
Autant le dire de suite, il s’agit de l’adaptation d’un jeu vidéo auquel je n’ai pas joué, et c’est une assez mauvaise pub pour le jeu.
Tellement de problèmes, par où commencer? Peut-être par cette photographie immonde qui vous rappellera les pire moments des Direct to DVD des années 2000/2010.
Ou peut-être par le duo de comédiens principaux (Willa Holland et Paul Sparks), qui semble totalement vidés de toute présence humaine, de véritables coquilles vides. Ce qui rend certains dialogues vertigineux de nullités!
Mention spéciale à Paul Sparks qui semble constamment ne pas savoir ce qu’il fait là.
Autre problème, l’écriture. Le film est très mal écrit et nous fait subir des longueurs interminables. On dirait que le film essaie de s’étirer pour atteindre les 91 minutes (temps ressenti 4h00). C’était vraiment un visionnage désagréable!
0.5/5

Espérons que le dernier film de la soirée soit meilleur.

 

 

Fuck my son
Réalisé par Todd Rohal
Avec Tipper Newton, Steve Little, Robert Longstreet, Kynzie Colmery

« Une mère désespérée entraîne un innocent dans un cauchemar absurde… » (Source Allocine)

J’étais curieux et plutôt intéressé par la promesse.
Un film déviant, immoral et qui repousse les limites du bons goûts, projeté en séance de minuit (00h30), ça laisse rêveur.
Et quel ne fut pas ma surprise quand je me suis retrouvé face à un film plus comique que dérangeant!
Le film (dont le titre sert de pitch, pratique!) verse dans la pantalonade grotesquement gore et dégoûtante, et nul doute que cela en revulsera plus d’un, mais nous sommes loin du film insoutenable vendus.
Inutile de revenir sur la realisation, etc, car rien ne ressort vraiment du film, ce n’est pas mal fait,mais pas exceptionnel non plus. Par contre, la chose qui m’a le plus choqué (plus que les excès du scénario) c’est l’utilisation de l’IA générative pour quelques séquences (alors que ça n’était, en plus, pas nécessaire).
Parlons du point positif du film : Tipper Newton, qui est toujours à 200%, sa performance est réjouissante dans le rôle de cette innocente kidnappée pour, enfin… référez vous au titre du film.
En bref, film très different de ce que j’imaginais, mais qui risque de diviser tout de même.
2/5

Deuxième journée plutôt intéressante, de très bons films (sauf un) et un objet curieux mais pas forcément dénué d’intérêt.
Demain, une journée de 4 films, dont un que j’attends particulièrement, mais nous en reparlerons demain!

Journal du BIFFF – 09/04/26

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Le BIFFF (Brussels International Fantastic Film Festival), ce festival annuel à l’ambiance inégalable s’est tenu du 3 au 18 avril, et j’ai eu la chance aller pour quelques jours (du 9 au 12) pour y découvrir la sélection de films proposés.
Sélection intriguante dans laquelle j’ai hâte de me plonger.

Et lexploration de cette sélection à commencé par la journée de Jeudi 9, avec :

Appofeniacs

Réalisé par Chris Marrs Piliero.
Avec : Aaron Holliday, Jermaine Fowler, Will Brandt

Un jeune homme doué en deepfakes crée des vidéos immorales et destructrices, semant le chaos sans remords, uniquement parce qu’il le peut. (Source BIFFF)

Que dire sur ce film si ce n’est que c’est un premier film, et malheureusement le film à énormément de défauts, le plus flagrant étant son rythme vraiment très étrange. Une mise en place de personnage qui prend énormément de temps avant un crescendo jouissifs qui s’arrête de manière frustrante et qui enchaîne sur une autre mise en place de personnage, et ça enchaîne comme cela.
Soudain, le spectateur comprend, il s’agit en fait d’un film à Sketchs qui ne s’assume pas vraiment.
Le lien entre les différentes histoires est trop léger et paraît même gadget, le film aurait gagné en efficacité en étant un pur film composé de segments qui s’enchaînent sans transitions.
Le film à quand même quelques qualité, notamment une image plutôt soignée même si elle n’est pas exceptionnelle, la photographie de nuit est plutôt réussie. Le premier segment, une fois qu’il passe la seconde devient un vrai chaos très plaisant et les effets gore du films sont réussi.
C’est malheureusement trop peu pour garder un bon souvenir du film, et cela restera un film oubliable. Un bon 2/5.

Espérons que la suite de mon périple s’annonce plus engageante, et la suite la voici :

Saccharine
Réalisé par Natalie Erika James
Avec : Midori Francis, Danielle Macdonald, Madeleine Madden.

« Si en France ils ont « Comme J’aime », aux States ils ont encore mieux ! C’est ce que va découvrir Hana, jeune étudiante en médecine légèrement complexée par son poids : une pilule miracle qui évite les brocolis vapeur à chaque repas et la torture du Pilates en lycra des salles de sport. Le seul hic, c’est son prix à 5000 dollars le sachet… Aussi finaude que fauchée, Hana décide d’analyser le contenu de ces fameuses pilules et découvre qu’il s’agit de cendres humaines. Un bonheur n’arrivant jamais seul, Hana se dit qu’elle peut piquer un peu de matière première sur le cadavre de la grosse Bertha qu’elle dissèque pendant ses cours pratiques ! Elle pourra désormais sniffer des restes humains à un tarif imbattable, et aura même droit à un supplément d’âme qui viendra bouffer son corps de l’intérieur. Ça, c’est du travail d’équipe ! » (Source BIFFF)

Alors là, pour le coup, la sélection à visée juste! 
« Saccharine », de Natalie Erika James (déjà réalisatrice du très recommandable « Relic » de 2020) est une franche réussite.
Le film arrive à jouer sur plusieurs tonalités, tantôt drôle, touchant, intriguant, angoissant, etc… il reste totalement cohérent et ne souffre d’aucun problème de rythme.
Et que dire de la prestation de Midori Francis qui porte une grande partie de l’œuvre sur ses épaules.
La réalisation, bien que très classique, reste efficace et la photo à une certaine élégance par moment et arrive à créer des images d’une « beauté simple » (les reflets de Bertha).
Un film qui propose de mixer une légende du folklore japonais à une problématique de société actuelle, c’est une proposition originale et intéressante.
Il est en compétition dans la catégorie « International », espérons qu’il reparte avec un prix, ça serait amplement mérité.
3.5/5

C’est très heureux par la découverte aye je venais de faire que je me dirigeais vers le prochain film, et comment dire, c’était une autre expérience.

The Home
Réalisé par James DeMonaco
Avec : Pete Davidson, John Glover, Bruce Altman

« Délinquant à la petite semaine, Max vient à nouveau de se faire choper par les flics pour avoir laissé son art s’exprimer sur un mur peu consentant. Pour éviter de passer par la case prison, il accepte à contrecœur des travaux d’intérêts généraux, et se retrouve propulsé concierge dans la maison de retraite Green Meadows. Le job est pépère, les locataires sentent un peu la naphtaline mais ils sont sympas. Un peu bizarres, parfois. Et puis, il y a cette interdiction formelle de monter au quatrième étage. Et ces cris nocturnes glaçants qui se répercutent dans les conduits. Fuite urinaire monstrueuse ? Dentier explosé ? Max est curieux. Il ne devrait pas… » (Source BIFFF)

Apres le très bon Saccharine, me voila devant un film de James DeMonaco, le réalisateur des 3 premiers American Nightmare (The Purge), autant dire que je suis tres vite redescendu de quelques étages en termes de qualité.

Ce « The Home » souffre d’un scénario d’une bêtise abyssale, le film pense être malin alors qu’il passe son temps a prendre son spectateur pour un idiot. Des twists qui ne tiennent pas la route ponctuent ce récit qui semble avancer a l’aveugle.
James DeMonaco lui, semble en total roue libre dans sa realisation et son montage qui font parfois n’importe quoi, on sent que le film tente des effets de style pour dynamiser l’ensemble, mais le tout paraît extrêmement cheap et est inefficace.
Le casting est quand à lui en roue libre totale. Les résidents sont en total cabotinage (et ça fait toujours plaisir de voir John Glover cabotiner), et Pete Davidson lui, semble constamment à côté de la plaque, en sous régime constant, ça en est presque impressionnant!
Vraiment, ce « The Home » tombe souvent dans le Nanar involontaire, mais pas assez pour devenir un plaisir coupable.
1/5

Mon dernier film de la journée arrive, et ce n’est pas lui qui relevera le niveau.

The Resoration at Grayson Manor
Réalisé par Glenn McQuaid
Avec : Chris Colfer, Alice Krige, Daniel Adegboyega, Declan Reynolds, Gabriela Garcia Vargas

« Taulière intransigeante du manoir Grayson, Jacqueline rêve de perpétuer sa lignée. Elle a un fils, Boyd, et c’est un bon début. Il est un pianiste surdoué, donc y a du bon gène à partager. Mais, petit hic, c’est un cocaïnomane homosexuel qui voue à sa mère une haine sans bornes, toujours à deux doigts de lui mettre sa main dans la gueule. Jusqu’au jour où ses deux mimines, justement, sont tranchées net dans un accident assez couillon. Heureusement pour Boyd, môman veille et a assez de pognon pour engager le docteur Tannock, qui est à la chirurgie réparatrice ce que Trump est à l’autoritarisme : un expert hors normes. Prêt à expérimenter des prothèses commandées par son subconscient, Boyd se laisse bercer par ces soins à domicile qui coûtent un bras, sans se douter que sa marâtre est restée bloquée sur sa fixette d’héritier. Et il suffit désormais d’un coup de main du destin… Ou de quelqu’un d’autre, finalement… » (Source BIFFF)

Le décors fut planté dès le debut, car avant la séance le réalisateur à indiqué qu’une des inspirations du fikmbetait les soap opéra avec lesquels il avait grandi.
Déclaration qui m’avait fait imaginer un film excessif et haut en couleur.
Malheureusement, la ou le film s’avère excessif (et pas dans le bon sens du terme) c’est dans ses dialogues.
Les joutes verbales entre le fils et sa mère deviennent tres vite redondantes et sont presque toutes interchangeables, ce qui donne le se.timent que le film tourne en rond et que l’intrigue n’avance pas.
On nous promet quelque-chose de plus flamboyant et extravagant, on se retrouve devant quelque chose de plat et inutilement long.
Hormis la galerie de personnages (qui se trouve sous-exploités) rien ne brille vraiment (realisation, scénario, etc…), et le film se révèle assez vain au final.
Peut-être la première vraie déception de ce festival tant j’attendais quelque-chose de plus extravagant, maîtrisé et drôle.
1/5

Voila le récapitulatif de ma première journée, un très bons film, un moyen et deux films passables.
Demain est un autre jour et il sera fait de découvertes que j’espère être de bonne qualité. Hâte d’y retourner, et je vous dis a demain pour suivre la suite de mes aventures au BIFFF!

La vengeance de la sirène de Toshiharu Ikeda [La critique du film]

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Date de sortie : 14/04/1984 (Japon),  05/02/2025 (France)
Duree :  (01:40)
Titre original : 人魚伝説, Ningyo densetsu
Genre : horreur/drame
Avec : Mari Shirato, Jun Etō, Kentaro Shimozu, Seiji Miyaguchi, Junko Miyashita, Yoshiro Aoki, Takashi Kanda, Hiroko Seki
Réalisé par : Toshiharu Ikeda
Nationalité : Japon
Musique : Toshiyuki Honda

Quand Toshiharu Ikeda, réalisateur japonais de Pinku eiga (films érotiques) et de films
d’exploitation, notamment horrifiques se lance dans l’adaptaion de Ningyo densetsu,
manga de Kazuhiko Miyaya, cela nous donne La vengeance de la sirène (1984) une
œuvre qui se sert des codes du film de vengeance pour nous offrir quelque chose de plus
personnel, en résonance directe avec son réalisateur. Le texte qui suit contient des
spoilers.

Toshiharu Ikeda donc, réalise ce film entre Angel Guts : Red Porno (1981) et Yudonosanroku noroi mura (1984) et 4 ans avant probablement son film le plus connus Evil
dead Trap (1988). Le premier étant un Roman-Porno, le nom donné à une catégorie de
films érotiques produits par la Nikkatsu entre 1971 et 1988, le deuxième un film d’horreur
fantastique. Très loin d’être anodine, cette place dans sa filmographie nous permet de
mieux comprendre l’ambiance de ce film. Mais justement, de quoi nous parle t’il : Migiwa
Saeki (Mari Shirato) et son mari Keisuke (Jun Eto) sont pêcheurs et vivent dans un petit
village côtier ou des entrepreneurs véreux projettent de construire une centrale nucléaire.
Un soir, Keisuke est témoin de l’assassinat d’un pêcheur opposé à ce projet, ce qui lui
vaudra plus tard d’etre tué a son tour, Migiwa sera laissée pour morte, elle cherchera donc
à se venger.


La première chose notable du film est son ambiance, bien loin du déchaînement de
violence attendue qui ne surviendra réellement que dans une incroyable scène finale.
Nous suivons au début la vie de ce couple, loin d’être idyllique, monsieur ayant un léger
problème avec l’alcool, mais c’est une vie simple qui semble convenir à Migiwa. Entre
prières au Bouddha local, plongée sous-marine pour pêcher et s’occuper de son mari ce
quotidien modeste et calme, bientôt chamboulée par la mort soudaine de Keisuke nous
semble assez banal, et c’est ce qui compte pour que le film puisse nous surprendre avec
ses différents changements de tonalité. Une fois le meurtre survenu, le rythme s’accélère
alors que, face à un policier, Migiwa va se voir accusée de l’assassinat de Keisuke et
devra trouver refuge. Ce refuge me force à aborder une des figure récurrente du film, la
sirène, au début notre héroïne nous est littéralement montrée comme une sirène lors des
nombreuses scènes de pêche ou elle évolue avec grâce dans une mer bleue qui nous
offre des séquences d’un onirisme tout particulier. Vraiment un gros point fort du film,
tournées tantôt en mer et tantôt dans une piscine, et ne nous voilons pas la face, les
séquences dans la piscine se remarquent mais même si cela doit être assez loin d’être
volontaire cela ajoute a l’onirisme de ces séquences. Cette thématique se poursuit car, en
fugitive elle finira par trouver refuge sur l’île de Wakatano, qui abrite un bordel ou, comme
attirés par le chants des sirènes se rendent chaque soir les hommes du village d’où elle
est originaire.

Une fois que Migiwa aura trouvé refuge, c’est la que le film, lui, trouvera toute son
ampleur, l’ambiance deviendra plus mélancolique, certains plans plus long. Nous passons
beaucoup de temps a vivre le deuil de Migiwa, avec elle mais aussi parfois avec une
certaine distance, une pudeur. Le tout appuyé par l’envoûtante musique de Toshiyuki
Honda. Cette ambiance est malheureusement brisée par une scène de sexe bien trop
longue et qui est placée ici presque au hasard, loin d’être nécessaire au scenario, reste à
savoir si c’était une volonté du studio ou un réflexe de Ikeda -du à son passif dans le
Roman-Porno- pour choquer ou garder le spectateur éveillé. Et en parlant de choquer,dans La vengeance de la sirène, la mort est brutale, violente, longue et salissante. Les
deux premiers meurtres de Migiwa, ne sont pas montrés de manière jouissive mais
comme quelque chose de traumatisant, elle tue, mais n’en retire aucun plaisir pire, ça
l’enfonce petit à petit dans une folie qui pourrait causer sa perte. La mise en scène des
meurtres est intéressante, lors de son premier meurtre la camera reste plutôt loin d’elle,
elle évite les gros plan, il y a même un plan en plongé pour nous montrer Migiwa face à ce
qu’elle à fait, quand elle en prend conscience. La second meurtre lui est filmé de manière
plus proche, car elle a déjà tuée et elle le fait cette fois-ci dans l’eau, son élément, elle est
à l’aise et plus sur d’elle.


Un des grands morceaux de bravoure se situe a la fin du film, lorsque Migiwa, armée de
deux tridents qu’elle aura modifiés au préalable débarque lors d’une soirée organisée par
les personnes qui vont s’occuper de la centrale nucléaire. Prise d’une rage vengeresse
totale elle tuera toute personne qu’elle croisera, sans distinction, sans se soucier de leur
culpabilité ou non, ils sont présents et ils le paieront. Le tout dans de longs plans
séquences, sur un pont, avec beaucoup de figurants. Ces moments sont réellement
impressionnants et on voit que Mari Shirato donne tout ce qu’elle a, loin d’égaler le
magnétisme d’une Meiko Kaji dans La femme Scorpion (Shun’ya Ito, 1972) elle reste tout
de même très charismatique, jusqu’à être iconisée en devenant quasiment un êtr
mythologique en totale communion avec la nature et les éléments dans une séquence en
fin de film.

Un film plus beau et profond qu’il n’y paraît, réalisé par un Toshiharu Ikeda qui aura
finalement et tragiquement un parcours assez proche de son héroïne, lui qui nous offrira
des films marqués notamment par le sexe (ses films érotiques) et la violence (ses films
d’horreurs) dont la vie sera marquée par une profonde mélancolie et dépression, un
amoureux de la mer qui avait lui même choisi d’y finir sa vie, en 2010. Les parallèles sont troublants.