La vengeance de la sirène de Toshiharu Ikeda [La critique du film]
Date de sortie : 14/04/1984 (Japon), 05/02/2025 (France)
Duree : (01:40)
Titre original : 人魚伝説, Ningyo densetsu
Genre : horreur/drame
Avec : Mari Shirato, Jun Etō, Kentaro Shimozu, Seiji Miyaguchi, Junko Miyashita, Yoshiro Aoki, Takashi Kanda, Hiroko Seki
Réalisé par : Toshiharu Ikeda
Nationalité : Japon
Musique : Toshiyuki Honda
Quand Toshiharu Ikeda, réalisateur japonais de Pinku eiga (films érotiques) et de films
d’exploitation, notamment horrifiques se lance dans l’adaptaion de Ningyo densetsu,
manga de Kazuhiko Miyaya, cela nous donne La vengeance de la sirène (1984) une
œuvre qui se sert des codes du film de vengeance pour nous offrir quelque chose de plus
personnel, en résonance directe avec son réalisateur. Le texte qui suit contient des
spoilers.
Toshiharu Ikeda donc, réalise ce film entre Angel Guts : Red Porno (1981) et Yudonosanroku noroi mura (1984) et 4 ans avant probablement son film le plus connus Evil
dead Trap (1988). Le premier étant un Roman-Porno, le nom donné à une catégorie de
films érotiques produits par la Nikkatsu entre 1971 et 1988, le deuxième un film d’horreur
fantastique. Très loin d’être anodine, cette place dans sa filmographie nous permet de
mieux comprendre l’ambiance de ce film. Mais justement, de quoi nous parle t’il : Migiwa
Saeki (Mari Shirato) et son mari Keisuke (Jun Eto) sont pêcheurs et vivent dans un petit
village côtier ou des entrepreneurs véreux projettent de construire une centrale nucléaire.
Un soir, Keisuke est témoin de l’assassinat d’un pêcheur opposé à ce projet, ce qui lui
vaudra plus tard d’etre tué a son tour, Migiwa sera laissée pour morte, elle cherchera donc
à se venger.

La première chose notable du film est son ambiance, bien loin du déchaînement de
violence attendue qui ne surviendra réellement que dans une incroyable scène finale.
Nous suivons au début la vie de ce couple, loin d’être idyllique, monsieur ayant un léger
problème avec l’alcool, mais c’est une vie simple qui semble convenir à Migiwa. Entre
prières au Bouddha local, plongée sous-marine pour pêcher et s’occuper de son mari ce
quotidien modeste et calme, bientôt chamboulée par la mort soudaine de Keisuke nous
semble assez banal, et c’est ce qui compte pour que le film puisse nous surprendre avec
ses différents changements de tonalité. Une fois le meurtre survenu, le rythme s’accélère
alors que, face à un policier, Migiwa va se voir accusée de l’assassinat de Keisuke et
devra trouver refuge. Ce refuge me force à aborder une des figure récurrente du film, la
sirène, au début notre héroïne nous est littéralement montrée comme une sirène lors des
nombreuses scènes de pêche ou elle évolue avec grâce dans une mer bleue qui nous
offre des séquences d’un onirisme tout particulier. Vraiment un gros point fort du film,
tournées tantôt en mer et tantôt dans une piscine, et ne nous voilons pas la face, les
séquences dans la piscine se remarquent mais même si cela doit être assez loin d’être
volontaire cela ajoute a l’onirisme de ces séquences. Cette thématique se poursuit car, en
fugitive elle finira par trouver refuge sur l’île de Wakatano, qui abrite un bordel ou, comme
attirés par le chants des sirènes se rendent chaque soir les hommes du village d’où elle
est originaire.
Une fois que Migiwa aura trouvé refuge, c’est la que le film, lui, trouvera toute son
ampleur, l’ambiance deviendra plus mélancolique, certains plans plus long. Nous passons
beaucoup de temps a vivre le deuil de Migiwa, avec elle mais aussi parfois avec une
certaine distance, une pudeur. Le tout appuyé par l’envoûtante musique de Toshiyuki
Honda. Cette ambiance est malheureusement brisée par une scène de sexe bien trop
longue et qui est placée ici presque au hasard, loin d’être nécessaire au scenario, reste à
savoir si c’était une volonté du studio ou un réflexe de Ikeda -du à son passif dans le
Roman-Porno- pour choquer ou garder le spectateur éveillé. Et en parlant de choquer,dans La vengeance de la sirène, la mort est brutale, violente, longue et salissante. Les
deux premiers meurtres de Migiwa, ne sont pas montrés de manière jouissive mais
comme quelque chose de traumatisant, elle tue, mais n’en retire aucun plaisir pire, ça
l’enfonce petit à petit dans une folie qui pourrait causer sa perte. La mise en scène des
meurtres est intéressante, lors de son premier meurtre la camera reste plutôt loin d’elle,
elle évite les gros plan, il y a même un plan en plongé pour nous montrer Migiwa face à ce
qu’elle à fait, quand elle en prend conscience. La second meurtre lui est filmé de manière
plus proche, car elle a déjà tuée et elle le fait cette fois-ci dans l’eau, son élément, elle est
à l’aise et plus sur d’elle.

Un des grands morceaux de bravoure se situe a la fin du film, lorsque Migiwa, armée de
deux tridents qu’elle aura modifiés au préalable débarque lors d’une soirée organisée par
les personnes qui vont s’occuper de la centrale nucléaire. Prise d’une rage vengeresse
totale elle tuera toute personne qu’elle croisera, sans distinction, sans se soucier de leur
culpabilité ou non, ils sont présents et ils le paieront. Le tout dans de longs plans
séquences, sur un pont, avec beaucoup de figurants. Ces moments sont réellement
impressionnants et on voit que Mari Shirato donne tout ce qu’elle a, loin d’égaler le
magnétisme d’une Meiko Kaji dans La femme Scorpion (Shun’ya Ito, 1972) elle reste tout
de même très charismatique, jusqu’à être iconisée en devenant quasiment un êtr
mythologique en totale communion avec la nature et les éléments dans une séquence en
fin de film.
Un film plus beau et profond qu’il n’y paraît, réalisé par un Toshiharu Ikeda qui aura
finalement et tragiquement un parcours assez proche de son héroïne, lui qui nous offrira
des films marqués notamment par le sexe (ses films érotiques) et la violence (ses films
d’horreurs) dont la vie sera marquée par une profonde mélancolie et dépression, un
amoureux de la mer qui avait lui même choisi d’y finir sa vie, en 2010. Les parallèles sont troublants.
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