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Marcel Duchamp

Marcel Duchamp
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Marcel Duchamp, du Nord de la France. Slameur et cinéphile éclectique qui peut alterner entre blockbusters, films d’auteur, films français, américains, petits films étrangers, classiques du cinéma. J’aime quand les films ont de la matière : matière à discussion, à interprétation, à observation, à réflexion… Quelques films que j’adore pour cerner un peu mes goûts : Matrix, Mommy, Timbuktu, la Cité de la Peur, Mission Cléopâtre, Enemy, Seven, Fight Club, Usual Suspect, Truman Show, Demain, Big fish, La Haine, La Vie est belle, Django, Rubber, Shutter Island...

Camping 3, le pastis coule à flot… bleu !

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Date de sortie : 29 juin 2016

Durée : 1h45

Réalisé par Fabien Onteniente

Avec Franck Dubosc, Leslie Medina, Claude Brasseur, Gérard Jugnot, Michèle Laroque

Après avoir rassemblé plus de cinq millions de spectateurs en 2006 pour Camping, avoir frôlé les quatre millions en 2009 pour une suite très décriée, nous voici de retour au camping des Flots Bleus, prêts à retrouver notre ami Patrick Chirac aussi lourd que touchant.

Camping 1

Quand ces sagas comiques se prolongent, il est toujours difficile de mettre en place un scénario à la fois novateur mais fidèle à ce qui a fait le succès des précédents opus. Ici, nous avons plus affaire à un thème général (l’opposition jeunes/vieux) qu’à une vraie histoire. C’est à la fois un point fort et une limite : on s’amuse des situations proposées, mais le film tourne à vide sans véritable enjeu. Ajoutons que les dialogues sont très irréguliers : certaines vannes parviennent à faire mouche grâce à un Franck Dubosc fidèle à sa légende. Mais le rythme est lent et la plupart des répliques tombent à côté.

Camping 2

C’est dommage car l’ambiance camping est belle et bien toujours présente. La répartition entre les jeunes et les anciens fonctionne, avec des chemins plutôt bien trouvés pour rendre les habitués de la saga moins présents mais néanmoins très attachants (Jacky perd la boule, le 37 travaille pour le camping, Gattino est célib) et laisser de la place à des nouveaux qui apportent un peu de fraîcheur. L’humour reste potache et balourd (certains s’offusqueront du sort réservé aux homosexuels ou aux handicapés), même si ça fait partie de la signature de Camping !

Camping 3

En conclusion, un troisième épisode plutôt moyen, qui peut compter sur un Patrick toujours frétillant, une dose d’émotions et de bons moments basés sur les conflits de génération. Mais tout ça ne saurait faire oublier une pauvreté d’écriture qui risque d’en rebuter plus d’un !

 

La Tortue Rouge, l’amour est une île

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Réalisé par Michael Dudok de Wit, Studio Ghibli, Sortie le 29 juin 2016

tortue rouge 1

Attention, chef d’œuvre ! Trouver un film d’animation dans la sélection officielle de Cannes (catégorie « Un certain regard ») n’est déjà pas monnaie courante, mais quand en plus ce film obtient le Prix Spécial Un certain regard, ça interpelle, forcément. Et si nous ajoutons que pour réaliser ce premier long métrage (remarqué pour son court « Le moine et le poisson »), le néerlandais Michael Dudok de Wit a été approché par le Studio Ghibli (faut-il rappeler que c’est dans ce studio que Miyazaki a donné vie à des mythes comme le Voyage de Chihiro ou Princesse Mononoké ?), il est facile de percevoir l’excitation autour de ce projet.

Tortue rouge 2

Un homme se retrouve échoué sur une île sauvage. Il tente de survivre, il essaie de retrouver le continent et la civilisation. Les tentatives sont multiples, le héros acharné, mais rien n’y fait, il est contraint de rester au milieu de cette nature luxuriante et des différents animaux sauvages. Jusqu’au jour où notre Robinson se retrouve nez à nez avec une tortue rouge qui va changer son existence…

Fusion x64 TIFF File

Comment expliquer ce voyage magique d’une heure vingt ? Tous les choix du réalisateur sont dans le même registre : à la fois profonds et sans fioritures. Dès les premières images, le spectateur est happé avec douceur dans un autre monde. Le graphisme est aussi simple que riche. Les teintes et les couleurs, très travaillées, touchent souvent au sublime. Le cadrage, réfléchi, propose un subtil équilibre entre les héros et la nature qui l’entoure. L’animation, minimaliste, va à l’essentiel et permet de se concentrer sur le fond. La musique, exceptionnelle, rythme un film sans dialogue avec énormément de nuances et d’intensité. Une épopée poétique à ne pas rater !

 

L’Idéal, c’est de ne pas le voir !

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De Frédéric Beigbeder

Avec Gaspard Proust, Audrey Fleurot, Anamaria Vartolomei, Jonathan Lambert.

L'idéal 1

Après avoir vu le très bon The Neon Demon de Nicolas Winding Refn, j’étais friand de pouvoir me replonger dans l’univers de la beauté. Ayant bien aimé « L’amour dure 3 ans », j’étais en toute confiance, impatient de retrouver le héros de « 99 francs » (réalisé par Jan Kounen, dont j’avais particulièrement apprécié le sketch coupé dans les Infidèles). Mais passons toutes ces références ! Le film commence plutôt bien, il y a du rythme : Beigbeder propose une réalisation punchy avec des effets chic et choc. Rien d’original, mais ça fonctionne plutôt bien. Le spectateur est immédiatement immergé dans l’univers de la mode et fait rapidement connaissance avec le trio de personnages principaux :

_ Octave Parango, le héros de 99 francs, fait son retour. Autrefois campé par Jean Dujardin, c’est ici Gaspard Proust qui s’y colle.

_ Audrey Fleurot incarne Valentine Winfeld, une working girl dans toute sa splendeur et sans aucune nuance : froide, débordée, focus sur son travail.

_ Jonathan Lambert se travestit en Carine Wang, la grande patronne sans cœur de la célèbre marque de cosmétique « L’idéal ».

L'idéal 3

La première demi-heure s’écoule, l’élément perturbateur survient, avec une irrévérence toute modérée… Les dialogues sont très irréguliers, certains s’amuseront de quelques petites vannes, pendant que d’autres crieront au loup machiste. Peu à peu l’histoire s’enlise, les acteurs tournent à vide, en surjouant de plus en plus. Mention spéciale à Audrey Fleurot et Jonathan Lambert qui finissent par devenir vraiment agaçants.

L'idéal 2

Gêné par le manque d’épaisseur, j’ai décroché progressivement, trouvant la dernière demi-heure aussi longue que lourde. Une caricature de comédie à la française, avec une pointe de cynisme très policée. Limite on pourrait porter plainte contre l’affiche du film pour publicité mensongère (ou alors, c’est ça le vrai message de Beigbeder : spectateur, j’ai fait un film aussi faux que ce que je dénonce).  Peut-être que celles et ceux qui ont aimé le livre de Beigbeder « Au secours pardon » dont est issu ce film apprécieront. Le film attirera un public curieux grâce à son côté racoleur. Les autres passeront sans doute leur chemin.

Gaz de France : dans les bas-fonds de l’Elysée !

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Réalisateur : Benoît Forgeard

Acteurs principaux : Olivier Rabourdin, Philippe Katerine, Darius

A l’heure des films formatés, où l’un ressemble à l’autre pour rassembler le plus de spectateurs possibles, nous sommes ici face à une comédie qui ose tenter un numéro d’équilibriste entre la politique et la poésie, deux notions qui n’ont pas coutume de se côtoyer.

Gaz de France, extrait

Le film ne bénéficie que d’un petit budget : quasiment toutes les scènes ont été tournées dans une grande salle avec un fond bleu. Certains « trucages » se voient même à l’écran. Certes, ce n’est pas Hollywood, mais voici un film avec un vrai contenu qui va se développer petit à petit, avec second degré et poésie. Le film se termine en apothéose, avec une originalité qui vient donner du sens à l’intégralité de cette comédie décalée.

gaz 2

On peut voir du Quentin Dupieux (Steack, Rubber, Réalité) dans le traitement du sujet. Le film regorge de petites richesses qui font que l’on est sans cesse relancé et qu’on y repense longtemps après. Philippe Katerine vient apporter la petite touche connue en incarnant ce Président désabusé. Pour la petite histoire, le réalisateur a contacté l’auteur-compositeur-interprète de « La Banane » après que celui-ci ait cité « Réussir sa vie » dans une interview !

gaz 3

Pour tout ceux qui cherchent des films qui sortent de l’ordinaire et qui ne se laissent pas rebuter par le manque de moyens !