image 40 ans wonder boy

image arcade wonder boyDate de sortie : 21 avril 1986 (Arcade), 22 mars 1987 (Master System), 8 décembre 1990 (Game Gear)
Développeur : Escape
Concepteur : Ryuichi Nishizawa
Genre : Plates-formes, action aventure

Nationalité : Japonais
Compositeur : Ryuichi Nishizawa
Système d’origine : Arcade Sega System 1

image header wonder boy

 

La naissance d’un prodige

image 1 header wonder boy
Des pochettes éclectiques chères aux années 80 !

Réalisé par Ryuichi Nishizawa pour borne d’arcade Sega System 1, Wonder Boy célèbre aujourd’hui ses 40 ans d’existence. Faisant partie de ces nombreux jeux de plates-formes largement inspirés du révolutionnaire Super Mario Bros, il sort le 21 avril 1986 et met en scène un petit homme des cavernes devant traverser neuf zones afin de sauver sa petite amie Tanya des griffes du terrible Drancon. Chaque zone est composée de quatre niveaux, eux-mêmes divisés en autant de parties qui servent de point de contrôle en cas d’échec. Le joueur peut trouver des haches à lancer afin d’éliminer les nombreux ennemis qui se dressent sur sa route sans risquer de se faire toucher. Il est également possible de tomber sur un skate pour accélérer son avancée, choix de gameplay qui sera repris par Alex Kidd in Miracle World quelques mois plus tard.

Si les premiers niveaux sont plutôt aisés, le jeu se montre rapidement exigeant avec la barre de vie du héros qui baisse toute seule, nécessitant de ramasser des fruits pour la remonter un peu. Assez rafraîchissant pour son époque, Wonder Boy reste néanmoins d’une répétitivité abusive tellement les niveaux tirent sur leur horizontalité avec l’objectif de toujours avancer davantage dans des environnements toujours plus dangereux. Bien trop long pour ce qu’il a à proposer, il se permet même d’exiger la collecte de poupées à l’effigie de Tanya dans chaque niveau afin d’accéder au tout dernier. Certains ennemis sont très difficiles à éviter et le boss de fin de zone est toujours le même avec un masque simplement différent.

Porté sur de nombreux supports, Wonder Boy arrive notamment sur Master System en 1987 et sur Game Gear fin 1990. Avec son nombre de vies ultra limité, sa difficulté devient encore plus déséquilibrée et la redondance des niveaux a rapidement de quoi lasser face à la concurrence. Il en est de même pour Adventure Island, adaptation NES à l’origine d’une nouvelle licence qui exploitera ce game design durant plusieurs épisodes. Fondateur d’une saga autrement plus qualitative avec de futurs jeux comprenant des mécaniques d’aventure, le premier Wonder Boy reste terriblement contraignant à prendre en main sur la durée. Le remake Wonder Boy Returns sorti en 2016 sur Steam puis porté sur PlayStation 4 et amélioré sur Switch permet d’y rejouer d’une manière infiniment plus agréable.

 

Le premier Monster World

image wonder boy in monster land
Un épisode à l’intérêt essentiellement historique.

Deuxième épisode de Wonder Boy mais premier jeu de la saga Monster World sorti sur Arcade en juillet 1987, celui que l’on appelle Super Wonder Boy en version d’origine abandonne ses niveaux au schéma répétitif pour laisser place à de l’action plates-formes avec quelques composantes du jeu d’aventure. Divisé en onze niveaux, le jeu met le joueur en quête d’aller vaincre un dragon en traversant plusieurs environnements parsemés de villages où il est possible d’acheter des protections, des potions de vie et d’obtenir des informations moyennant finances. Les ennemis sont nombreux et il est important de les battre pour obtenir de l’argent et des armes de lancer, tout comme les boss optionnels octroient de meilleures épées indispensables pour s’en sortir. Un concept innovant et terriblement ingénieux pour son époque !

Mais bien que l’aventure soit agréable durant plusieurs niveaux, le jeu devient rapidement pénible à cause d’un level design un peu trop porté sur les pièges et d’une hitbox hasardeuse pouvant provoquer un enchaînement abusif des reculs du personnage. Le plaisir de jeu peut alors baisser drastiquement et il devient presque indispensable de suivre un guide à la lettre afin d’être sûr de ne pas rater le moindre argent et le moindre magasin cachés afin d’être suffisamment armé. Mais malgré cela, la difficulté devient tellement excessive qu’il est quasiment impossible de terminer le jeu à la loyale. Et même en usant de save states à volonté, économiser la potion de soin et venir à bout de tous les ennemis se dressant sur notre route devient un effort surhumain à faire pâlir les connaisseurs de Ghosts’n Goblins. D’autant qu’à l’instar du premier Wonder Boy, les points de vie baissent avec le temps qui passe.

Le labyrinthe final exige que le joueur passe par la bonne sortie s’il ne veut pas recommencer la zone et certaines plates-formes permettant d’accéder au bon endroit sont même cachées par des ennemis à vaincre. Comme si le jeu n’était pas assez difficile, perdre au dernier niveau fait purement et simplement recommencer au tout début du jeu, sans possibilité d’utiliser un crédit. Dans la version Master System, sortie en 1988, il en est de même à n’importe quel moment du jeu, le jeu étant en premier lieu été porté sur PC-Engine sous le nom de Bikkuriman World. Si Wonder Boy in Monster Land a inauguré le passage de la saga vers des mécaniques d’aventure qui feront sa renommée dès le prochain Monster World, il gâche son grand potentiel par une jouabilité médiocre couplée à une difficulté exponentielle qui ne cherchent qu’à récolter les pièces des joueurs sur arcade.

 

Un dernier détour en salle d’arcade

image monster lair wonder boy iii
Un shoot’em up qui détone avec le reste de la saga.

Dernier jeu de la saga à sortir sur Arcade en novembre 1988, Wonder Boy III Monster Lair repart sur les bases du premier épisode en le dynamisant avec un gameplay de shoot’em up à défilement horizontal relativement accessible. Étiré sur pas moins de quatorze niveaux, il consiste alors à repousser toutes sortes de créatures lors de phases de plates-formes puis dans les airs avant d’en découdre avec un boss. Toujours présent, le système de vie qui baisse au fur et à mesure que le temps passe est compensé par des fruits à collecter tandis qu’une grande variété d’armes et de types d’ennemis évite au jeu d’être trop répétitif. Jouable à deux simultanément, Wonder Boy III marque aussi la première apparition de Wonder Girl pour le second joueur. Porté sur PC-Engine en 1989 puis Mega Drive en 1990, le jeu reste d’une grande fidélité, bien que cette dernière version soit amputée de plusieurs niveaux (ce qui, vu la longueur de l’original, n’est pas forcément un mal). Un épisode historiquement moins marquant que ses prédécesseurs, mais en l’état bien mieux équilibré en termes de game design.

 

L’âge d’or de la Master System

image the dragon's trap wonder boy
Un des grands précurseurs du genre du metroidvania !

Après trois épisodes sur bornes d’arcade, Wonder Boy poursuit son émancipation sur consoles Sega en commençant par un épisode axé fortement aventure. Intitulé The Dragon’s Trap, il porte le chiffre « III » en Occident pour la simple raison qu’il est le troisième Wonder Boy sorti sur Master System en septembre 1989. Successeur ambitieux de Wonder Boy in Monster Land, il est surtout le deuxième épisode de la saga Monster World. Dans la lignée d’un Zelda II ou d’un Lord of the Sword, Wonder Boy The Dragon’s Trap propose une véritable aventure avec un village central et différents chemins à emprunter. Plusieurs années avant Super Metroid et Castlevania Symphony of the Night, l’introduction a la particularité de faire revivre au joueur les derniers instants de l’épisode précédent avec son boss final. Le héros se retrouve ensuite victime d’une malédiction : transformé en dragon, il doit parcourir le monde pour trouver l’artefact qui lui rendra sa forme initiale. L’aventure se trouve alors structurée par la puissance dissuasive des ennemis et par des passages franchissables uniquement sous certaines formes.

La grande originalité du jeu est procurée par les multiples formes que peut recouvrir le héros. Outre le dragon qui peut cracher du feu, se baisser et se mouvoir sans danger dans la lave, la souris a la capacité de marcher dans n’importe quel sens sur certaines surfaces en plus de sa petite taille pratique pour se faufiler partout. Le piranha est le seul à pouvoir nager, le lion est très puissant et donne un large coup d’épée qui lui permet de frapper vers le haut et vers le bas, tandis que le faucon peut s’envoler partout en prenant garde à ne pas tomber dans l’eau. En plus des sortilèges à trouver dans des coffres ou laissés par les ennemis, les pièces d’or sont indispensables pour acheter les épées, armures et boucliers disséminés dans les boutiques. Les sauvegardes n’étant pas courantes à l’époque, des mots de passe permettent de poursuivre le jeu avec les derniers équipements trouvés.

Bien plus abouti et équilibré que Wonder Boy in Monster Land, The Dragon’s Trap offre un véritable sentiment d’aventure, sublimée par des graphismes et des musiques de grande qualité pour son support. Malgré une hitbox qui peut s’avérer pénible avec ses éjections cumulatives pour chaque coup reçu, la richesse du gameplay impose le jeu comme un des meilleurs de la Master System et de l’année 1989, le design des passages aquatiques parsemés de pieuvres rouges rappelant d’ailleurs Alex Kidd in Miracle World. Outre un portage PC-Engine en 1991 puis sur Game Gear l’année suivante, le jeu connaît une seconde vie en 2017 grâce à un magnifique remaster.

 

Une nouvelle arrivée sur Mega Drive

image wonder boy in monster world
Un bon jeu qui n’arrive toutefois pas à la cheville du précédent.

Troisième épisode de la saga Monster World, Wonder Boy in Monster World arrive directement sur Mega Drive le 25 octobre 1991 en reprenant les acquis de The Dragon’s Trap via une nouvelle quête dans un mini-monde ouvert en vue latérale. Mais n’ayant plus aucune transformation exceptée celle en mini, les zones deviennent simplement accessibles grâce à un objet ou un équipement en particulier, comme le trident pour aller sous l’eau. Le jeu perd donc en ambition par rapport à son prédécesseur mais se veut autrement plus abouti que le premier Monster World grâce à ses villages comportant auberges et sauvegardes et à ses environnement variés cachant plusieurs donjons et leurs boss.

S’il n’y a toujours pas de points d’expérience, il est vivement recommandé d’affronter des ennemis pour récolter l’argent nécessaire à l’achat d’armes et de protections. La jouabilité est correcte mais peut toujours s’avérer pénible au niveau du recul et de la hitbox minimaliste quand on attaque à l’épée. Bon classique de la Mega Drive, Monster World III est également porté sur Master System en 1993 dans une version très correcte, ainsi que sur PC-Engine l’année suivante sous le nom The Dynastic Hero, avec des musiques profitant de la qualité CD.

 

Monster World IV

image monster world iv wonder boy
Une exclusivité japonaise très appréciable.

Sorti le 1er avril 1994 exclusivement sur les Mega Drive japonaises, Monster World IV laisse de côté l’aspect aventure de la saga pour se concentrer sur des niveaux mêlant action et réflexion. Hormis le village qui fait office de hub central, le jeu se compose de quatre donjons en vue de côté accessibles via des artefacts particuliers dans le but de libérer des esprits. Le joueur contrôle cette fois-ci une femme du nom d’Asha, capable d’attaquer vers le haut et vers le bas comme dans un Zelda II, tout en étant accompagnée d’un petit familier qui lui permet notamment d’effectuer un double saut.

Le jeu exploite à fond la 16-bit de Sega avec des graphismes très détaillés et une direction artistique orientale proche des Mille-et-une-Nuits ayant fortement inspiré la saga Shantae, débutée sur Game Boy Color en 2002. Les musiques ne sont pas en reste, avec des belles mélodies qui font honneur à la machine. Classique dans son système de jeu, Monster World IV vaut surtout pour ses situations variées et ses ennemis de toutes sortes, la jouabilité ayant été améliorée avec notamment une hitbox mieux calibrée. Sans arriver au niveau de Wonder Boy The Dragon’s Trap, il reste un très bon cru ayant obtenu un remake plus de vingt-cinq ans après sa sortie.

 

Un hommage des plus aboutis

image switch wonder boy
Une véritable renaissance idéale pour une console comme la Switch.

Après six épisodes ayant forgé l’identité de la saga, Wonder Boy connaît une importante traversée du désert lors de la démocratisation de la 3D. Outre la Monster World Complete Collection sortie en 2007 sur les PlayStation 2 japonaises, la licence connaît une seconde vie le 12 octobre 2016 avec Wonder Boy Returns, remake du premier épisode qui rend le jeu bien plus agréable à parcourir grâce à une difficulté mieux dosée et la possibilité de reprendre sa partie après chaque niveau. D’abord sorti sur PC, il est porté sur PlayStation 4 en 2017 puis sur Switch en 2019 dans une version Remix. Le 18 avril 2017, Wonder Boy The Dragon’s Trap est quant à lui réédité sur Switch et PlayStation 4 dans un superbe remaster développé par Lizardcube. Pourvu d’une 2D léchée avec un design comique brillamment animé, il offre la possibilité de switcher en plein jeu entre les deux versions, remix musicaux compris.

Le 4 décembre 2018, la saga effectue un puissant hommage à son âge d’or avec Monster Boy et le Royaume Maudit, qui renoue avec les différentes formes que peut revêtir le héros dans un superbe metroidvania d’une grande vastitude. Tandis que la forme du cochon peut utiliser de la magie et renifler des éléments secrets, le serpent crache du venin et passe dans des espaces étroits, la grenouille nage aisément et utilise sa langue pour agripper différents éléments, le lion fonce de toutes ses forces et le dragon peut voler en crachant des flammes.

La quête des six orbes procure au joueur un véritable sentiment d’aventure dans des environnements comme les bois de la brumes, les temples perdus, les cavernes de cristal, la plage Rochecrâne, la côte des pirates, les cieux d’Aeria et le terrible volcan. Le challenge des 100% oblige à trouver les différents équipements que sont les armes, les armures, les boucliers, les bottes et les bracelets, puis à les améliorer auprès des forgerons moyennant or et pierres précieuses. Sa grande force réside aussi dans sa capacité à sans cesse se renouveler avec des situations comme le bateau fantôme, l’infiltration face aux gardes du château et la phase de shoot’em up sous forme de dragon.

D’une grande qualité au niveau graphique et musical, le jeu donne parfois un peu trop de fil à retordre à cause d’énigmes vraiment trop tordues (notamment dans le manoir hanté), de zones cachées quasiment introuvables sans soluce et d’une carte réductrice qui limite sa lisibilité. Assez long à terminer pour le genre, Monster Boy et le Royaume Maudit renoue avec ce que la saga sait faire de mieux : proposer une superbe exploration mêlant gameplay abouti, situations variées et compositions d’anthologie.

 

Le dernier remake en date

image asha in monster world wonder boy
Un remake timide qui aurait pu être meilleur.

Le 28 mai 2021, c’est au tour de Monster World IV d’obtenir un remake mettant directement en avant l’héroïne dans son titre. Très proche du jeu d’origine, il en reprend la structure en l’agrémentant d’une mise en scène un peu plus poussée et de graphismes entièrement en 3D. À travers quatre zones principales mêlant action et réflexion, Asha repart alors dézinguer des monstres avec son sabre pour libérer les esprits et sauver le village.

Loin d’être désagréable à jouer, ce remake reste cependant très simpliste en suivant à la lettre la grammaire de son modèle, avec des graphismes tout juste corrects et une physique assez cheap qui n’est pas sans rappeler la perfectibilité du remake de Trials of Mana. Facilité voire simplifié sur plusieurs aspects, Asha in Monster World aurait mérité un soin plus important mais reste un bon jeu à parcourir et a au moins le mérite de faire connaître le jeu d’origine, directement présent dans le menu du titre, jusque-là inédit en Occident.

Après un retour en fanfare, la saga Wonder Boy semble de nouveau s’effacer malgré la Wonder Boy Collection sortie en 2022 et la Wonder Boy Anniversary Collection de 2023, qui réunit une grande majorité des jeux de la saga dans de multiples versions. Parmi les plus prestigieuses licences du rétrogaming, Wonder Boy reste un modèle du genre ayant su inspirer de nombreuses autres franchises, en plus d’hommage très prisés sur Switch comme l’alléchant Aggelos.


Article précédentNature prédatrice de Tommy Wirkola [La critique du film]
Emmanuel Delextrat
Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j’ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La Soupe aux Choux, mais avec aussi de nombreux dessins animés comme les courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo, les longs métrages Disney avec Alice au Pays des Merveilles en tête, les animés japonais comme Sailor Moon et Dragon Ball Z ainsi que d’autres séries comme Batman et Tintin. Mes années 90 ont été bercées par les comédies avec Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête) ou d’autres films que j’adore comme Les Valeurs de la Famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à Tout Prix. C’est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par Casino Royale, Et Pour Quelques Dollars de Plus, Kill Bill ou encore Rambo. Collectionneur, j’attache de l’importance au matériel et j’ai réuni trois étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Et plus on découvre de nouveaux films, plus on se rend compte qu’il nous en reste en fait énormément à voir…

Laisser un commentaire