- Titre original : the Great Race

- Date de sortie en salles : 17 février 1966 avec Warner Bros.
- Réalisation : Blake Edwards
- Distribution : Tony Curtis, Natalie Wood, Jack Lemmon, Peter Falk, Keenan Wynn & Ross Martin
- Scénario : Arthur A. Ross & Blake Edwards
- Photographie : Russell Harlan
- Musique : Henry Mancini
- Support : DVD Warner zone 1 (2001) en 2.35:1 / 146 min
Synopsis :
Au début du XXe siècle, le Grand Leslie, cascadeur cultivé et homme du monde, accomplit prouesse sur prouesse, battant des records à chaque tentative ; ce qui rend fou de rage son rival, le Professeur Fatalitas, génial mais malchanceux inventeur en quête de notoriété. Lorsque Leslie propose à une firme automobile de promouvoir sa voiture en organisant une course New-York-Paris, Fatalitas y voit le moyen d’enfin ridiculiser Leslie : il met au point un véhicule bourré de gadgets et ne s’arrêtera devant aucune forfaiture pour parvenir à l’emporter. Pendant ce temps, Maggie DuBois, une suffragette décidée, use de tous ses atouts pour couvrir la course en tant que reporter…
Voilà un film qui est étrangement tombé dans l’oubli malgré les investissements financiers conséquents, le casting éblouissant et le succès relatif de l’époque (il a rapporté rien qu’aux États-Unis 12 millions de dollars environ). Désormais quasi introuvable en DVD (et encore moins en blu-ray), il a pourtant fait le bonheur de nombreuses familles lors des diffusions sur TF1.
Il s’agit sans conteste de l’une des plus grandes réussites de Blake Edwards. Un peu comme dans le célèbre the Party avec Peter Sellers, l’histoire débute tambour battant, passé un écran fixe sur fond musical : il faut dire que, à l’instar des Dix Commandements, on est partis pour une très longue séance (la version cinéma dure 2 heures et 40 minutes, mais elle a été souvent raccourcie à la télé, avec des montages qui suppriment l’une des sous-intrigues sur les suffragettes). Du coup, l’entracte (mais oui !) n’étonnera pas les cinéphiles.
Le film a cependant du mal à conserver tant d’intensité sur la durée : on y sent le réalisateur complètement libre de ses mouvements, prolongeant ses séquences jusqu’à plus soif, mettant de longues minutes avant d’amener un gag ou un jeu de mot loufoque. On n’a pourtant pas le loisir de s’occuper des paysages variés (une grande partie du métrage a été tournée en Autriche, une autre à Paris, le reste en studio) tant la caméra fait la part belle aux duos et trios d’acteurs. En ce sens, on est servis : Jack Lemmon (l’Adorable Voisine, la Garçonnière) en Fatalitas (Fate en VO) avec un rire incroyable emporte l’adhésion par son abattage, d’autant qu’il interprète également un gentil prince un peu niais d’Europe de l’Est. Il a toujours considéré ce rôle comme son préféré.
Son acolyte et âme damnée, Max, n’est autre que l’inénarrable Peter Falk (l’Histoire sans fin), véritable fouine plus maladroite que stupide. Il ponctue régulièrement les propos de son maître par un « Diabolique, professeur ! » qui rend encore mieux en version originale.
En face, Tony Curtis joue la sobriété : le Grand Leslie, toujours impeccable dans ses tenues immaculées, circulant dans un magnifique véhicule blanc, est en effet le prototype du héros viril et élégant au sourire étincelant auquel nulle femme ne résiste. Sauf peut-être Natalie Wood (West Side Story, la Fureur de vivre), totalement rayonnante, une « femme émancipée » qui nous gratifie en outre du premier karaoké de l’histoire du cinéma dans une séquence destinée à faire chanter le public des salles. Son personnage change constamment de tenue à chaque scène, ce qui confère à chacune de ses apparitions une dimension humoristique. Enfin, véritable personnage du métrage, la Hannibal 8, le prototype à 6 roues du professeur, aussi noir que ses pensées, force l’admiration : elle aurait pu faire bonne figure dans un James Bond.
La Grande Course… est de ces films prétextes à rassembler un maximum de têtes d’affiche sur un plateau afin de multiplier les scènes dans lesquelles ils interagissent. Une recette qui resurgit de temps à autre chez les producteurs peu inspirés, mais qui ne fonctionne vraiment qu’avec un réalisateur inventif. C’est le cas ici : le métrage s’avère bourré de trouvailles, de décors sensationnels – souvent réduits en poussière après le passage de nos concurrents, comme ce saloon au début de l’épreuve – et de situations loufoques, proches du vaudeville (l’action en parallèle des suffragettes qui militent pour obtenir des emplois féminins). On pourra du coup regretter que l’argument de la course ne tient pas très longtemps, celle-ci se réduisant très vite à un duel à distance et à des péripéties complètement insensées.
Sur des airs de Bach et une musique originale virevoltante de Mancini qui s’est amusé à remixer des airs patriotiques ronflants, cette comédie emporte l’adhésion, proche par son traitement des Merveilleux Fous volants dans leurs drôles de machines de Ken Annakin (1965), autre comédie à grand spectacle avec une pluie d’étoiles au casting. Entre quiproquos, pièges machiavéliques et duel à l’épée, l’œuvre culmine avec la très fameuse scène des tartes à la crème : 2357 tartes à 7 parfums différents – un record – que se balancent allègrement les protagonistes dans une séquence culte qui a nécessité 5 jours de tournage (pour environ 4 minutes à l’écran). Bien que fondée sur des ressorts comiques dépassés aujourd’hui, elle est encore vraiment irrésistible.
Une scène entrée dans les annales qui illustre également la manière dont le budget a explosé suite aux demandes de plus en plus farfelues du metteur en scène qui s’est inspiré pourtant, pour la situation de départ, d’une véritable course New-York-Paris ayant eu lieu en 1908. Le montant de la facture finale (le double du budget initialement prévu) a sans doute découragé les producteurs à poursuivre ce genre d’entreprises.
La fin de la course est également très réussie, avec des dialogues ambivalents, aux délicieux sous-entendus, rappelant le Grand Sam (Henry Hathaway, 1960). Un spectacle qui rend nostalgique devant tant de bonne humeur, de cocasseries et d’inventions, annonçant le non moins célèbre dessin animé des Fous du volant que les producteurs Hanna & Barbera ont calqué sur l’intrigue du film, lequel se veut un hommage aux grandes comédies muettes de l’ère du Noir & Blanc (le film est d’ailleurs dédié à Laurel & Hardy).
Les DVD Warner qu’on trouve actuellement ont pu bénéficier d’une formidable remastérisation datant de 2001 : les images ont été restaurées avec soin, magnifiant les ambiances colorées pleines de contrastes (Leslie et son équipement, toujours blancs, Fatalitas toujours en noir, les femmes dans des tenues hautes en couleurs et chamarrées). Ni griffure ni tache ne subsistent et même la compression tient la route. Certains décors peints ne résistent plus à l’examen, mais l’ensemble est de très haute tenue. C’est un réel bonheur pour les yeux.
Les oreilles ne sont pas en reste : très agréable surprise que cette VF en mono ! D’abord on retrouve les doubleurs habituels de Jack Lemmon et surtout de Tony Curtis (avec un Michel Roux un peu moins en roue libre que dans Amicalement vôtre mais tellement plus expressif que l’original !) ; ensuite, à part quelques rares variations de tonalité, elle garde une bonne dynamique, avec des dialogues très audibles qui ne dénaturent pas la musique. Cette bande s’avère du coup très peu nasillarde, en tout cas beaucoup moins que nombre de pistes mono de cette époque. La VO remasterisée en 5.1 élargit considérablement l’espace sonore, même si l’essentiel est concentré sur l’avant : les bruitages de la Hannibal 8 (une sorte de grondement sourd) et les scènes de foule bénéficient d’un rendu très convaincant. C’est, à n’en pas douter, de la très belle ouvrage.
Sinon, il est disponible à l’achat ou la location sur Apple +. Ou alors, attendre une rediffusion sur Arte.
![They Will Kill You de Kirill Sokolov [La critique du film]](https://lecoindescritiquescine.com/wp-content/uploads/2026/04/They-Will-Kill-You-affiche-fotor-20260411173730-300x194.png)

![Diamant Brut de Agathe Riedinger [La critique du film]](https://lecoindescritiquescine.com/wp-content/uploads/2026/04/Diamant-Brut-affiche2-fotor-20260406182632-100x75.png)
![The Drama de Kristoffer Borgli [La critique du film]](https://lecoindescritiquescine.com/wp-content/uploads/2026/04/The-Drama-affiche-fotor-2026040417821-100x75.png)

![Projet dernière chance de Phil Lord et Christopher Miller [La critique du film]](https://lecoindescritiquescine.com/wp-content/uploads/2026/03/Projet-Derniere-chance-affiche-fotor-20260327151252-100x75.png)












![Submersion de Kim Byung-woo [La critique du film]](https://lecoindescritiquescine.com/wp-content/uploads/2026/01/Submersion-affiche3-100x75.png)
![The Rip de Joe Carnahan [La critique du film]](https://lecoindescritiquescine.com/wp-content/uploads/2026/01/The-Rip-affiche-100x75.jpg)

![Wake Up Dead Man : Une histoire à couteaux tirés de Rian Johnson [La critique du film]](https://lecoindescritiquescine.com/wp-content/uploads/2025/12/Wake-Uo-Dead-man-affiche-100x75.jpg)




![Carol de Todd Haynes [édition limitée]](https://lecoindescritiquescine.com/wp-content/uploads/2025/12/Carol-01-100x75.png)
![Eddington d’Ari Aster [La critique du film]](https://lecoindescritiquescine.com/wp-content/uploads/2025/12/Eddington-affiche-100x75.jpg)

![Thunderbolts* de Jake Schreier [La critique du film]](https://lecoindescritiquescine.com/wp-content/uploads/2025/09/Thunderbolts-affiche-100x75.jpg)








![Until Dawn: La mort sans fin de David F. Sandberg [La critique du film]](https://lecoindescritiquescine.com/wp-content/uploads/2025/05/Until-Dawn-affiche-100x75.jpg)




















![They Will Kill You de Kirill Sokolov [La critique du film]](https://lecoindescritiquescine.com/wp-content/uploads/2026/04/They-Will-Kill-You-affiche-fotor-20260411173730-238x178.png)



![They Will Kill You de Kirill Sokolov [La critique du film]](https://lecoindescritiquescine.com/wp-content/uploads/2026/04/They-Will-Kill-You-affiche-fotor-20260411173730-100x75.png)