Le Livre de la Jungle de Wolfgang Reitherman

 

Date de sortie : 18 octobre 1967 (États-Unis), 4 décembre 1968 (France)
Réalisateur : Wolfgang Reitherman
Doubleurs français : Pascal Bressy, René Arrieu, Claude Bertrand, Jean Martinelli, Roger Carel, José Bartel
Genre : Animation
Nationalité : Américain
Compositeurs : George Bruns, Walter Sheets (orchestrations), Evelyn Kennedy (montage sonore), Terry Gilkyson, Richard M. Sherman et Robert B. Sherman (chansons)

Bagheera, la panthère mentor.

Inspiré du roman éponyme de Rudyard Kipling, Le Livre de la Jungle est un grand classique des longs métrages Disney datant de 1967, avec ses dessins crayonnés qui dégagent un fort cachet, que l’on retrouve chez d’autres disneys contemporains tels Merlin l’enchanteur et Les Aristochats. L’histoire met en avant Mowgli, un petit garçon abandonné alors qu’il n’était encore qu’un bébé, recueilli par la panthère Bagheera et confié à une famille de loups qui va l’élever jusqu’à ce qu’il doive partir pour rejoindre un village humain dans la jungle afin d’échapper à Shere Khan, le tigre qui craint les hommes et leur capacité à faire du feu. Âgé d’environ sept ans, le « petit d’homme » est souple, téméraire et cherche à apprendre à se débrouiller tout seul car il se sent trop épaulé par Bagheera, c’est pourquoi il lui préfère rapidement l’ours Baloo, bien plus cool et moins sévère.

La patrouille des éléphants s’achemine pesamment, la trompe en avant, les oreilles au vent…
Aie confiannnnnnnce, crois-en moi…

Mowgli rencontre plusieurs autres animaux pendant son petit périple : la patrouille des éléphants dirigée par le colonel Hathi et dont son fils de la taille de Mowgli fait partie, le boa Kaa qui tente de l’hypnotiser pour le dévorer, le roi Louie et sa tribu de singes cherchant à devenir un homme (les primates étant souvent considérés comme étant l’espèce la plus proche de l’homme) et la troupe de vautours qui vont l’aider entre deux jets d’humour noir. S’il a pu vieillir au niveau du rythme qui peut parfois paraître lent, ce film regorge de qualités au niveau des personnages et de leurs attributions musicales. La chanson la plus connue, « Il en faut peu pour être heureux », respire la bonne humeur que Baloo transfère à Mowgli, ce dernier la reprendra même plus tard alors que Baloo aura pour une fois quelque chose de sérieux à lui dire, tout comme le duo Baloo Bagheera à la fin. « La Patrouille des éléphants », également réitérée plus tard, met une bonne ambiance avec sa personnalisation de l’armée mais aussi une bonne dose d’humour avec leur dégaine, l’inspection des rangs du colonel et Mowgli qui les imite.

Un peu d’eau fraîche et de verdure…
Je suis le roi de la danse, la jungle est à mes pieds. De la puissance je suis au plus haut, pourtant je dois vous envier !

Kaa est sans doute un des meilleurs personnages de ce dessin animé, une sorte de méchant qui n’en est pas vraiment un tant il fait rire avec sa voix de lupin zozotante, ses yeux ronds en spirale et la longueur de son corps, notamment quand il n’en finit plus de tomber de l’arbre et qu’il repart comme s’il était rouillé et avec un nœud à sa queue. Sa célèbre chanson « Aie confiance ! » illustre parfaitement son écriture à la fois drôle et traîtresse, et le tigre Shere Khan utilise même la partie de son corps qui pendouille comme sonnette pour s’adresser à lui. Très bonne également, « Être un homme comme vous » chantée par le roi Louie respire tout le comique du personnage, accompagnée de la course poursuite qui s’ensuit pendant laquelle chaque personnage s’empare de Mowgli l’un après l’autre, avec Baloo qui se prend des coups et Louie qui exprime clairement sa nature définitivement animale en riant de ses chatouilles.

Shere Khan et ses argumens très persuasifs…

 

Les vautours annoncent l’incertain.

Bagheera et Shere Khan sont des personnages plus sérieux qui ne chantent que pour de petites reprises. Bagheera est un peu comme un père qui veille de loin sur Mowgli en faisant attention à ce que Baloo ne lui apprenne pas n’importe quoi ; c’est pourtant ce dernier que le petit d’homme appelle « Papa ours ». Il tire parfois une tête sérieuse suivie d’une plus narquoise quand il a une remarque à lui faire (animations reprises du personnage de Kay dans Merlin l’enchanteur), et sa voix assez grave marque bien son rôle de mentor. Shere Khan est quant à lui un méchant classique tout ce qu’il y a de plus rusé et puissant, dont le charisme sera des années après repris pour Scar dans Le Roi Lion (tout comme Bagheera peut rappeler certains lions). Ses attaques contre Baloo sont d’ailleurs particulièrement violentes et tous doivent prêter main forte à Mowgli afin qu’il s’en sorte. Il parvient cependant un peu trop rapidement à en venir à bout en attachant une branche enflammée à sa queue.

Le feu, seul point faible du tigre.
Ne t’occupe pas de ces créatures, elles attirent toujous les pires embêtements !

À côté de toutes ces chansons, il ne faut pas oublier l’élégie des vautours sur l’amitié, bien marquante pendant ce passage assez triste, ainsi que celle de la petite fille tout à la fin, très émouvante malgré le grotesque cliché que ses paroles décrivent tant sa voix est pleine de vie et de sincérité. Mowgli est alors déboussolé de voir un autre humain pour la première fois, qui plus est une fille, pour qui il semble avoir un certain coup de cœur bien qu’il hésite à aller la rejoindre, à la fois par peur et à cause de l’attachement qu’il a pour la jungle et ses compagnons. Beaucoup de richesse dans ce Livre de la Jungle, qui aura également été marqué par la mort de Walt Disney peu avant sa sortie. De loin un des meilleurs disneys de son époque !

Un duo emblématique !

Emmanuel Delextrat

Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j'ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La soupe aux choux, mais aussi de nombreux dessins animés (courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo ; longs métrages Disney avec Alice au pays des merveilles en tête ; animés japonais avec Sailor Moon et Dragon Ball Z ; j'aime aussi particulièrement Batman et Tintin). Mes années 90 ont été bercées par les comédies de Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête), ou d'autres films que j'adore comme Les valeurs de la famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à tout prix). C'est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par The Dark Knight, Casino Royale, Dragon l'histoire de Bruce Lee ou encore Rambo. Collectionneur, j'attache de l'importance au matériel et j'ai réuni deux étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Il va sans dire qu'il m'en reste encore beaucoup à voir...

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :