La Roue d’Abel Gance

Réalisé par Abel Gance

Sorti en 1923

Avec : Séverin-Mars, Ivy Close, Gabriel de Gravone, Pierre Magnier

Genre : Drame

 

 

Le cinéma est un art qui permet de donner un poids aux images. C’est l’art de magner les images, de leur offrir un rôle narratif.
Le cinéma muet a offert cette possibilité en se servant de l’absence de son et de voix pour créer une narration purement visuelle. Un de ces plus grands narrateurs est sans aucun doute Abel Gance.

Avec la Roue, Abel Gance réalise un film d’une grandeur inimitable et monstrueuse. Ici, le drame côtoie l’ambition artistique et la démesure.
Film de quasiment 7 h, La Roue raconte la destinée tragique et mortifère de Sisif, mécanicien-chef sur un chemin de fer.
Lors d’un accident de train, il sauve une petite fille orpheline appelée Norma qu’il adoptera sans le lui révéler. Elle pensera donc être sa véritable fille et frère du fils de Sisif, Elie.
Au fur et à mesure que Norma grandit, Sisif commence à éprouver un désir pour celle-ci et va sombrer dans une folie mortifère.

Sisif traîne sa roue

Avec cette trame, Abel Gance développe une réalisation d’une grande maîtrise qui permet de donner corps au récit et d’emporter le spectateur dans cette démarche infernale sans fin. Le motif de la roue permet d’accentuer ce mécanisme.
Ce motif prend vie avec cette mise en scène parsemée de surimpressions, mouvements de caméra évoquant le mouvement de la roue, citation d’œuvres littéraires, etc.

L’utilisation de la roue permet donc d’appuyer l’aspect dramatique du film de Gance. La caméra fusionne avec la narration écrite pour créer une passerelle entre le spectateur et le médium filmique.
Les envolées lyriques sont bouleversantes et permettent une implication émotionnelle totale.

Norma, personnage bouleversant de bonté

Les acteurs y sont bouleversants et totalement possédés par le film. Mention spéciale à l’immense Séverin-Mars qui incarne un Sisif absolument bouleversant. Ivy Close incarne également une Norma complètement perdue dans le mécanisme de la roue.

 

La roue est un monstre qui dévore la pélicule

La Roue d’Abel Gance est un chef d’œuvre qu’il faut absolument redécouvrir ou découvrir sachant qu’il est sorti depuis le 24 juin dans une édition absolument fabuleuse éditée par Pathé distributions sachant que c’est une restauration 4k du film dans un montage qui se rapproche le plus de celui souhaité par Abel Gance. L’édition est accompagnée d’un livre sur le film et sa restauration et de nombreux bonus.

 

La Roue symbolise clairement un passage vers un autre type de cinéma, celui de la grandeur artistique. Il est donc nécessaire de se jeter sur ce trésor oublié qui refait surface !

Nicolas Perreau

Le cinéma c'est ma vie !! J'aime beaucoup de réalisateurs, Ridley Scott, David Lynch, Bong Joo Ho, Hayao Miyazaki etc... Et mon film ultime c'est Blade Runner ! Bonne lectures de mes modestes articles !

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :