The Last of Us Part 2 ou la spirale de la vengeance (avec spoilers)

Date de sortie : 19 juin 2020

Développeur : Naughty Dog

Genre : Action, Infiltration, Survival-Horror

Nationalité : Américain

Compositeur : Gustavo Santaolala

Support : Playstation 4

The Last of Us premier du nom est un jeu vidéo aux influences ouvertement cinématographiques. On pense tout de suite à l’excellent film  »Children of Men  » d’Alfonso Cuaron ou encore  »The Road » de John Hillcoat. Le studio Naughty Dog était un jeu à forte dimension narrative. On y suivait un homme et une jeune fille avec comme toile de fond : une pandémie mondiale (Avouez Naughty Dog vous êtes derrière la situation actuelle). Le jeu n’innovait très clairement pas par son gameplay, qui était loin d’être irréprochable. Mais alors que s’est-il passé il y a 7 ans, qui a tant marqué les joueurs et joueuses.

Pour ma part je dirais que, ce qui a fait la différence, c’est avant tout l’ambiance et surtout l’écriture tout simplement magistrales des deux protagonistes: Joel et Ellie. On sentait le savoir faire du studio à ce niveau là. Ils avaient déjà prouvé avec la trilogie Uncharted (et encore plus avec Uncharted 4) qu’ils avaient un énorme talent pour écrire des personnages qui sonnent vrais. Et avec The Last of Us, les Dog sont passés à un autre niveau, en écrivant des personnages certes très attachants mais aussi très faillibles psychologiquement . A l’image de la dernière séquence de gameplay avec Joël.

Bruce Straley, Neil Druckman ainsi que les scénaristes n’auront de cesse de confronter nos deux héros aux pires atrocités d’un monde où le virus du Cordiceps a révélé les traits les plus sombres de l’être humain. Emouvant et très souvent sanglant, The Last of Us aura marqué les joueurs par la justesse de ces situations et la subtilité de sa narration.

Après avoir conclue la génération précédente avec le premier opus, Naughy Dog remet le couvert avec The Last of Us Part 2. The Last of Us s’était conclue sur le silence entre Ellie et Joël, une fin qui en aura scotché plus d’un. Car le premier opus se suffisait à lui-même, le jeu nous parlait de choix à faire pour survivre. Risquer de briser un édifice qui tenait parfaitement debout était risqué. Mais le studio californien sort donc ce second volet des aventures d’Ellie et Joël.

The Last of Us part 2 se déroule quatre ans après les événements du premier jeu. Ellie et Joel mènent une vie à peu près tranquille dans la ville forteresse de Jackson, là où se trouvait Tommy le frère de Joel. Mais on sent qu’il y a une cassure entre nos deux protagonistes. C’est alors qu’un terrible événement va pousser Ellie à partir en quête de vengeance.

Commençons par parler des défauts du jeu. Car même si le jeu reste excellent, il n’échappe pas à quelques imperfections. Tout d’abord ce qui saute aux yeux, c’est le manque de renouvellement du gameplay en sept ans. Nous avons très peu de nouveautés dans le gameplay. Alors maintenant nous pouvons ramper, ce qui renforce le côté infiltration du jeu, mais on reste relativement proche du premier opus sortit en 2013. Paradoxalement le gameplay fonctionne toujours aussi bien donc pourquoi changer se qui fonctionne déjà très bien, chacun sera juge. C’est dommage car il y avait matière à proposer de réelles nouveautés pour enrichir encore plus les mécaniques du jeu. Comme par exemple : Ellie qui pourrait se confectionner des tenues en adéquation avec la situation, si cette dernière est plus action ou infiltration un système de météo dynamique pour ajouter du piment aux affrontements. Que se soit contre les infectés ou les êtres humains. Renforcer le côté survie avec l’ajout d’un système d’eau et nourriture pour gérer sa faim et sa soif dans un monde post-apocalyptique.

On pourra aussi reprocher que la structure du jeu reste la même que son grand frère. On cherche des ressources pour nos armes et équipements, passage infiltration ou combat et ensuite cinématique. Alors cela n’handicape pas grandement le jeu, même si une plus grande variété des situations aurait été appréciable sachant que les zones sont bien plus vastes à explorer par rapport au jeu précédent.

On peut aussi constater par moments, le jeu comporte quelques passages légèrement trop longs. On sent que certains niveaux ont été étirés pour rallonger la durée de vie déjà très conséquente (comptez entre 20h/25h de jeu pour en venir à bout).

Abby en facheuse prosture

 

Maintenant que les défauts du jeu ont été énumérés, passons aux qualités du jeu assez nombreuses.

Ce qui saute aux yeux en jouant à The Last of Us Part 2 c’est l’incroyable beauté du jeu. Si l’on s’attarde sur la partie graphique du titre, c’est simple c’est l’un des plus beaux jeux qu’il m’ai été donné de voir. Les animations faciales des personnages sont bluffantes de réalisme. On savait que Naughty Dog fait partie des meilleurs avec Rockstar Games en ce qui concerne les animations faciales de leurs personnages, mais là avec The Last of Us Part 2 on passe encore un cap. Par moments nous n’avons aucun dialogue et pourtant on voit et on comprend ce que ressentent les personnages.

Cette beauté graphique se retrouve aussi dans les environnements qui fourmillent de détails. Ne serait-ce que la forêt que l’on parcourt en début de jeu en atteste. La playstation 4 est vraiment poussée dans ses derniers retranchements. Les décors de ce monde post-apocalyptique sont vraiment somptueux, que ce soit la végétation qui a repris ses droits, les bâtiments en ruine, les sous-sol de bâtiments remplis d’infectés. On sent le soucis du détail qui caractérise parfaitement le studio californien. Les animations en jeu des personnages ont elles aussi étaient étoffées. Cela passe par de simples détails comme le bon nombre de flèches dans le sac à dos d’Ellie et Abby. Des détails tout bêtes mais qui renforcent diablement l’immersion du joueur. Les animations en jeu lorsque que l’on tue un ennemi avec un couteau sont certes violentes mais renforcent la crédibilité du monde dans laquelle s’inscrit le jeu.

Même si plus haut, je précisais que le gameplay n’avait pas beaucoup évolué en l’espace de sept ans par rapport au premier opus, il reste cependant très efficace. Rien que le simple fait de pouvoir ramper rend certaines phases d’infiltration vraiment plaisantes à jouer. Le craft de silencieux sur notre flingue est aussi appréciable, cela permet de pouvoir planifier nos actions qu’elle soient à distance ou au corps à corps. Le level design est lui aussi très inspiré. Les zones de jeux sont plus ouvertes, ce qui permet au joueur d’explorer plus en profondeur les différents niveaux pour trouver des ressources qui se révèlent essentielles (surtout si on joue aux plus hauts niveaux de difficulté).

L’un des plus gros points forts du jeu reste sans conteste sa narration et l’écriture de ses personnages. Ellie et Abby sont vraiment deux personnages féminins qui disposent d’une écriture de grande qualité. Dans la première partie du jeu, nous prenons le parti pris d’Ellie dans sa quête pour venger la mort de son père adoptif  »Joel  ». On se demande pourquoi cette inconnue du nom d’Abby massacre si froidement Joel. Plus le jeu avance avec Ellie, plus elle s’enfonce dans sa quête de vengeance. C’est là que le jeu prend une autre tournure, en nous faisant incarner Abby. le jeu tente de nous faire apprécier  » l’antagoniste  » du jeu et force est de constater que cela fonctionne très bien. C’est simple la partie avec Abby nous fait tout remettre en question par rapport à la fin du premier jeu. Ce personnage nous pose une simple question : que feriez-vous pour punir une personne qui vous a tout pris. Même si le meurtre de Joel reste difficile à vivre, on se rend compte que par pur égoïsme Joel lui a pris son père et que l’on comprend pourquoi Abby a agit de la sorte. Naughty Dog ne nous avait pas menti en déclarant que cette partie deux aurait pour thème la  » haine  ». Malgré l’acte commis par Abby on peut constater qu’elle est très humaine et attachée aux gens qu’elle aime comme Lev ou encore Owen. Là où Ellie a tué tout le monde sur son chemin, Abby n’a tué que Joel et pourtant malgré tout ça elle épargne Ellie au moment fatidique.

Ellie quand à elle n’arrive toujours pas à oublier le choc que le meurtre de Joel a eu sur elle. Même si beaucoup de personnes auxquelles elle tenait soient mortes, elle passe une vie heureuse avec Dina et leur enfant. Elle ne peut s’empêcher de penser à vouloir venger Joel. Le fait qu’elle soit prête à tout sacrifier pour se venger en dit long sur sa mentalité. Mais lorsqu’elle retrouve enfin Abby, elle ne peut se résoudre à la tuer. Elle se rend compte qu’elles sont pareilles, les deux ont perdu leur père et sont des survivantes qui ont fait ce qu’il fallait faire pour survivre. La fin nous achève avec une Ellie totalement détruite mentalement qui revient à la ferme, pour y trouver une maison vidée à l’exception de sa propre chambre. Cette fin est d’ailleurs assez claire, Ellie ne part pas retrouver Dina et le bébé. Non elle va malheureusement rester seule, car comme elle le dit dans le premier jeu  » toutes les personnes auxquelles je tenais sont mortes ou m’ont abandonnée  ». Une fin vraiment amère qui achève le tableau d’un jeu vraiment pessimiste où l’espoir et notre humanité n’ont plus lieu d’être.

 

Naughty Dog avait conclu avec brio la Playstation 3, ils réitèrent le coup en concluant de façon magistrale la Playstation 4 avec The Last of Us Part 2. Un jeu qui vous fera passer par toutes les palettes d’émotions, servi par un gameplay classique mais redoutablement efficace. Un immanquable de la console de Sony. Vivement une Partie III peut être, qui sait ?

 

 

valentin pejoux

Bonjour je me présente, je m'appelle Valentin, je suis co-rédacteur en chef sur ce site. Je suis un fan de cinéma de SF et de films de super héros. Ces deux genres ont bercé mon enfance. Avec des longs-métrages tels que les Spiderman de Sam Raimi, les X-Men de Bryan Singer, les Matrix des Wachowski et les Retour vers le futur de Zemeciks. Avant, je ne prenais le cinéma que pour me divertir, mais depuis quelques années, je me rend compte qu'il peut nous divertir autant qu'il peut nous faire réfléchir. C'est pour cela, peu importe le type de film que je regarde, j'essaye de voir si le rélisateur veut nous dire quelque chose à nous spectateur.

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