Bertha Boxcar de Martin Scorsese

Réalisé par Martin Scorsese 

Sorti en 1973

Avec :  Barbara Hershey, David Carradine, Barry Primus, …

Genre : drame, thriller

 

 

 

 

L’avis de Nicolas : 

 

 

Pendant la Grande Dépression des années 30, Bertha tente de survivre et rencontre un jeune syndicaliste avec qui elle va commettre des larcins.

Bertha Boxar est le deuxième long métrage de l’immense Martin Scorsese. Basé sur une idée de Roger Corman, le film traite de la Grande Dépression avec grande intelligence par le prisme de Bertha.
L’émotion est donc construite autour de ce personnage qui incarne un acteur et un témoin de ce contexte si particulier.

 

Ainsi, le film créé un rapport émotionnel assez fort entre le spectateur et Bertha. Scorsese se sert très bien de ce personnage pour donner de l’impact à son histoire. Cela se construit en passant donc par son caractère de témoin et son destin.

Le basculement moral de Bertha est en effet assez fascinant puisque le film commence sur un personnage assez innocent pour ensuite la métamorphoser en grande figure du banditisme. Un rapprochement avec Bonnie and Clyde serait donc évident puisque le film de Beatty se passe également lors de la Grande Dépression.

 

Le film se conclu d’ailleurs d’une façon qui permet d’icôniser les personnages et d’en faire une histoire mythologique.

Le film est réédité par Rimini depuis le 17 février 2021 dans un très beau combo Blu-ray/DVD accompagné d’une interview de Alexis Trosset.

 

Bertha Boxar annonce une immense filmographie et constitue un film très fort qu’il faut absolument découvrir !

 

 

 

L’avis de Liam : 

 

Rimini nous propose un titre moins plébiscité dans la filmographie d’un metteur en scène de génie.

 

Pendant la Grande Dépression dans l’Arkansas, Bertha Thompson, une jeune fille, assiste à la mort accidentelle de son père, provoquée par un employeur tyrannique. Seule, sans toit ni travail, elle se retrouve sur les routes et utilise les wagons des trains de marchandises pour se déplacer (d’où son futur surnom de « Boxcar Bertha », Fourgon à bestiaux). Elle fait la connaissance de Bill Shelly, un syndicaliste qui va lui transmettre sa révolte. Tous deux deviennent des pilleurs de trains confirmés.

 

 

Et bla bla bla, Martin Scorsese réalise toujours la même chose, … Il faut avouer que cela nous tape sur le système d’entendre encore et encore pareilles déclarations à propos d’un réalisateur que l’on peut ne pas apprécier évidemment, mais on ne peut nier son statut important dans le cinéma américain. Heureusement, Rimini nous permet de conforter notre opinion avec un titre qui, s’il n’a pas le culte d’un « Raging Bull » ou « Goodfellas », mérite d’être mis un peu plus en lumière, notamment par cette édition.

 

Deuxième long-métrage du réalisateur, « Bertha Boxcar » s’inscrit dans une période économiquement chargée, reflétant un peu une tension envers le pouvoir en place : nous sommes dans une année d’élections gagnées par Richard Nixon avant sa démission deux ans plus tard suite à l’affaire du Watergate. Il y a donc une attaque à charge qui se ressent dans cette bande de pilleurs, renégats d’une société qui éjecte tout ce qui ne correspond pas à ses rouages capitalistes.

 

 

Dans une mise en scène transpirant la Nouvelle Vague, Martin Scorsese développe déjà ses thématiques sur une criminalité normée avec un romantisme tragédie passant par son couple principal. Il expose ainsi des blessures américaines à vif avec des bases qui sont passionnantes et parviennent à maintenir l’intérêt tout du long, jusque dans ses moments les plus chargés. On sent déjà quelque chose de féroce derrière la prise de vue naturaliste, notamment à l’encontre d’un racisme institué et que ses instigateurs perpétuent avec une brutalité qui fait mal.

 

Explosant dans un final douloureux, Martin Scorsese expose avec ce « Bertha Boxcar » les graines de son cinéma tout en faisant exploser une innocence qui ne peut subsister dans des terres marquées par la violence. Cette redécouverte d’un cinéaste majeur chez Rimini justifie nettement la curiosité de toute personne voulant enrichir ses connaissances cinématographiques avec un film assez remarquable.

Nicolas Perreau

Le cinéma c'est ma vie !! J'aime beaucoup de réalisateurs, Ridley Scott, David Lynch, Bong Joo Ho, Hayao Miyazaki etc... Et mon film ultime c'est Blade Runner ! Bonne lectures de mes modestes articles !

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