La trilogie du milieu (Milan calibre 9, L’empire du crime et Le boss) de Fernando Di Leo

Les films policiers italiens ont sorti de nombreux titres reconnus, à la manière de cette fameuse « Trilogie du Milieu ». Celle-ci aborde le fonctionnement du domaine du crime et ses rouages les plus sanglants avec une certaine diversité visuelle mais une même homogénéité thématique qui rend ces trois films passionnants à découvrir, surtout avec la possibilité de voir leurs versions longues dans cette édition proposée par Elephant Films.

Ici, personne ne se retrouve iconisé, bien au contraire. Chaque personnage dégage une sensation de noirceur, un aspect sombre qui ne peut mener qu’à une autodestruction morale et physique dévastatrice. Guère d’honneur pour les bandits, que du sang et de la tristesse, dans un même cycle qui ne se brise jamais. La trilogie perpétue une même violence, une même sauvagerie qui ne peut se déchaîner sans conséquences. On n’y vit pas tant, on se prépare plutôt à mourir dans un milieu institué mais véhiculant pourtant une certaine brutalité dévastatrice.

On sent par moments une certaine implacabilité dans la mise en scène de Fernando Di Leo, une volonté de capter toute la froideur de son univers. Même dans un film faussement plus léger comme « L’empire du crime », sa violence bis se fait radicale et sans concession. Il n’y a guère de héros devant la caméra de Di Leo, que des cadavres en devenir, fruits d’un milieu qui détruit inlassablement avec la même vigueur. Le tout fleure bon le regard désabusé sur ce genre policier italien, que parvient à aborder avec un intérêt certain le livret accompagnant cette trilogie collector.

N’hésitant pas à pousser le curseur du polar bis dans divers aspects, cette « Trilogie du Milieu » constitue surtout un ensemble de films marqués par la violence d’un domaine où les morts s’empilent avec hargne et âpreté. On y ressent un cynisme certain par ce qu’illustre Fernando Di Leo dans ses décors citadins où se dressent les tueurs mais cela ne nous empêche pas de se trouver passionné par ces trois films définitivement marqués par leur portrait de ce Milieu de sang et de pertes.

Liam Debruel

Amoureux du cinéma. À la recherche de films de qualités en tout genre,qu'importe la catégorie dans laquelle il faut le ranger. Le cinéma est selon moi un art qui peut changer notre vision du monde ou du moins nous faire voyager quelques heures. Fan notamment de JJ Abrams,Christopher Nolan, Edgar Wright,Fabrice Du Welz,Denis Villeneuve, Steven Spielberg,Alfred Hitchcock,Pascal Laugier, Brad Bird ,Guillermo Del Toro, Tim Burton,Quentin Tarantino et Alexandre Bustillo et julien Maury notamment.Écrit aussi pour les sites Church of nowhere et Le quotidien du cinéma. Je m'occupe également des Sinistres Purges où j'essaie d'aborder avec humour un film que je trouve personnellement mauvais tout en essayant de rester le plus objectif possible :)

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