Home Auteurs Publication de Nicolas Perreau

Nicolas Perreau

Nicolas Perreau
214 PUBLICATION 4 COMMENTAIRES
Le cinéma c'est ma vie !! J'aime beaucoup de réalisateurs, Ridley Scott, David Lynch, Bong Joo Ho, Hayao Miyazaki etc... Et mon film ultime c'est Blade Runner ! Bonne lectures de mes modestes articles !

Coffret Outside

0

Coffret Outside : 4 films de Morris Engel et Ruth Orkin

Le Petit fugitif 1953

Weddings and Babies 1958

Lovers and Lollipops 1956

I Need a Ride to California 1968

Edité par Carlotta

Sorti le 10 Mars 2021

 

 

 

L’avis de Nicolas :

 

Le support physique permet indéniablement la découverte ! Le coffret Outside qui regroupe toutes les œuvres de Morris Engel et Ruth Orkin en est une belle preuve.

Ce duo de cinéastes s’est fait connaître lors des années 50 en réalisant des films américains totalement en dehors des standards de production hollywoodien. Ces cinéastes filmaient donc avec des petites caméras, en extérieur et non dans des studios.

Ainsi, Calotta permet de découvrir 4 de leurs longs-métrages dans un superbe coffret accompagnés de différents bonus et de plusieurs de leurs courts-métrages. Le coffret est disponible depuis le 10 mars 2021.

 

 

Ce qui est passionnant dans le travail de ces deux cinéastes est la façon dont ils envisagent le cinéma. Leurs films sont profondément libres et pourtant très humains. Ils mêlent cinéma documentaire et chronique de vie ce qui est sûrement lié au fait qu’ils soient de base photographes. D’ailleurs, Weddings and Babies traite d’un couple de photographes de mariages.

Ils livrent donc des œuvres proposants une approche nouvelle préfigurant la Nouvelle Vague Française. Le Petit Fugitif aura d’ailleurs été chroniqué dans les Cahiers du cinéma et des éléments thématiques de ce film peuvent être aperçus dans Les Quatre Cents Coups de François Truffaut. Ce dernier qui fustigeait un certain cinéma français dans le numéro des Cahiers du Cinéma ayant pour couverture Le Petit Fugitif.

 

 

Pour définir le cinéma d’Engel et d’Orkin, il s’agit de se focaliser sur une approche qui serait donc documentaire et traiterait surtout de petites aventures quotidiennes. De personnages perdus dans l’immense forteresse urbaine qu’est New York.

C’est d’ailleurs tout l’enjeu du film inédit I need a ride to California qui raconte les pérégrinations d’une jeune fille qui vient de la campagne dans l’immense cité. La conclusion pessimiste du film est d’ailleurs assez terrifiante en plus d’être la dernière séquence de filmographie d’Engel.

 

 

Le cinéma d‘Engel et Orkin est passionnant de par son aspect conceptuel et sa capacité à créer des émotions fortes à partir de peu d’éléments. Il est donc fort conseillé de se procurer ce coffret pour découvrir une œuvre riche et novatrice !

 

 

 

L’avis de Liam :

Les noms de Morris Engel et Ruth Orkin risquent de ne pas résonner dans les oreilles de tout le monde. Pour être franc, c’était également le cas de notre part, découvrant ceux-ci par le biais de ce coffret édité par Carlotta. Pourtant, une fois découverts les quatre films qui constituent celui-ci, on comprend à quel point le couple de photographes New Yorkais a pu influencer tout un pan du cinéma, en priorité celui de la Nouvelle Vague, tel que mentionné dans la présentation de ces films.

 

 

On pense particulièrement à François Truffaut, par l’œil malicieux mais rempli de dureté qui cherche à capter tout un pan de l’enfance par « Le petit fugitif » et « Lovers and lollipops ». Mais les deux autres long-métrages présents ici, « Weddings and Babies » et l’inédit « I need a ride to California », expriment une liberté dans la mise en scène, un affranchissement passant par un tournage à l’extérieur cherchant à capter une forme de réalité bien éloignée des productions d’époque. Cela apporte une bouffée d’air frais qui parvient à conférer une certaine vivacité, ce qui pourra rebuter par moments dans certaines décisions prises mais marque néanmoins par une technique en corrélation sur son fond émotionnel.

Par ces 4 portraits d’un New York différent de ses représentations habituelles, Morris Engel et Ruth Orkin semblent vouloir filmer tout un pan délaissé par les productions plus riches mais surtout une part de la société de l’époque. On pense ainsi à Lilly, support empathique du film « I need a ride to California », représentative d’une forme d’innocence qui se voit confrontée à une dureté plus proche du réel que voulait combattre le mouvement hippie.

 

 

Ce rapport à l’innocence se déroule aussi au travers des autres métrages proposés, notamment donc par la place accordée à des enfants loin d’être de simples modèles et opposés à leur égo (Peggy qui se questionne par rapport à son beau-père et n’hésite pas à tout faire revenir sur elle) ou une violence plus inscrite (le rapport entre Lennie et Joey ainsi que la farce au cœur du récit). Ce réalisme documentaire permet donc de donner une nouvelle orientation tonale qui fait de ces films de sacrés découvertes, surtout en les recontextualisant.

 

 

C’est donc un coffret de qualité que propose Carlotta avec la restauration de ces 4 titres dans une édition riche (bien que l’on se doive de préciser la disponibilité en éditions individuelles des titres « Le petit fugitif » et « I need a ride to California »). On y découvre un cinéma new yorkais qui cherche à mieux représenter le réel, sa beauté formelle et sa nature vivante par le biais d’œuvres qui méritent sacrément le coup d’œil. De quoi introduire au mieux au milieu de la Nouvelle Vague pour ceux qui, comme l’auteur de ces lignes, voient pour la première fois ces titres et cherchent à en savoir plus sur ce qui a nourri Truffaut, Godard et leurs confrères…

 

 

Bertha Boxcar de Martin Scorsese

0

Réalisé par Martin Scorsese 

Sorti en 1973

Avec :  Barbara Hershey, David Carradine, Barry Primus, …

Genre : drame, thriller

 

 

 

 

L’avis de Nicolas : 

 

 

Pendant la Grande Dépression des années 30, Bertha tente de survivre et rencontre un jeune syndicaliste avec qui elle va commettre des larcins.

Bertha Boxar est le deuxième long métrage de l’immense Martin Scorsese. Basé sur une idée de Roger Corman, le film traite de la Grande Dépression avec grande intelligence par le prisme de Bertha.
L’émotion est donc construite autour de ce personnage qui incarne un acteur et un témoin de ce contexte si particulier.

 

Ainsi, le film créé un rapport émotionnel assez fort entre le spectateur et Bertha. Scorsese se sert très bien de ce personnage pour donner de l’impact à son histoire. Cela se construit en passant donc par son caractère de témoin et son destin.

Le basculement moral de Bertha est en effet assez fascinant puisque le film commence sur un personnage assez innocent pour ensuite la métamorphoser en grande figure du banditisme. Un rapprochement avec Bonnie and Clyde serait donc évident puisque le film de Beatty se passe également lors de la Grande Dépression.

 

Le film se conclu d’ailleurs d’une façon qui permet d’icôniser les personnages et d’en faire une histoire mythologique.

Le film est réédité par Rimini depuis le 17 février 2021 dans un très beau combo Blu-ray/DVD accompagné d’une interview de Alexis Trosset.

 

Bertha Boxar annonce une immense filmographie et constitue un film très fort qu’il faut absolument découvrir !

 

 

 

L’avis de Liam : 

 

Rimini nous propose un titre moins plébiscité dans la filmographie d’un metteur en scène de génie.

 

Pendant la Grande Dépression dans l’Arkansas, Bertha Thompson, une jeune fille, assiste à la mort accidentelle de son père, provoquée par un employeur tyrannique. Seule, sans toit ni travail, elle se retrouve sur les routes et utilise les wagons des trains de marchandises pour se déplacer (d’où son futur surnom de « Boxcar Bertha », Fourgon à bestiaux). Elle fait la connaissance de Bill Shelly, un syndicaliste qui va lui transmettre sa révolte. Tous deux deviennent des pilleurs de trains confirmés.

 

 

Et bla bla bla, Martin Scorsese réalise toujours la même chose, … Il faut avouer que cela nous tape sur le système d’entendre encore et encore pareilles déclarations à propos d’un réalisateur que l’on peut ne pas apprécier évidemment, mais on ne peut nier son statut important dans le cinéma américain. Heureusement, Rimini nous permet de conforter notre opinion avec un titre qui, s’il n’a pas le culte d’un « Raging Bull » ou « Goodfellas », mérite d’être mis un peu plus en lumière, notamment par cette édition.

 

Deuxième long-métrage du réalisateur, « Bertha Boxcar » s’inscrit dans une période économiquement chargée, reflétant un peu une tension envers le pouvoir en place : nous sommes dans une année d’élections gagnées par Richard Nixon avant sa démission deux ans plus tard suite à l’affaire du Watergate. Il y a donc une attaque à charge qui se ressent dans cette bande de pilleurs, renégats d’une société qui éjecte tout ce qui ne correspond pas à ses rouages capitalistes.

 

 

Dans une mise en scène transpirant la Nouvelle Vague, Martin Scorsese développe déjà ses thématiques sur une criminalité normée avec un romantisme tragédie passant par son couple principal. Il expose ainsi des blessures américaines à vif avec des bases qui sont passionnantes et parviennent à maintenir l’intérêt tout du long, jusque dans ses moments les plus chargés. On sent déjà quelque chose de féroce derrière la prise de vue naturaliste, notamment à l’encontre d’un racisme institué et que ses instigateurs perpétuent avec une brutalité qui fait mal.

 

Explosant dans un final douloureux, Martin Scorsese expose avec ce « Bertha Boxcar » les graines de son cinéma tout en faisant exploser une innocence qui ne peut subsister dans des terres marquées par la violence. Cette redécouverte d’un cinéaste majeur chez Rimini justifie nettement la curiosité de toute personne voulant enrichir ses connaissances cinématographiques avec un film assez remarquable.

The Addiction d’Abel Ferrara

0
Réalisé par Abel Ferrara
Sorti en 1996
Avec Lili Taylor, Christopher Walken, Annabella Sciorra
Genre : Fantastique, Epouvante-horreur

 

Le mythe du vampire a été très souvent abordé par le cinéma, que ce soit par le Nosferatu de Murneauou encore le tout récent Only Lovers Left Alive. La proposition du cinéaste Abel Ferrara est un élément de cet ensemble qui est particulièrement passionnant.

À New York, une étudiante en philosophie se fait mordre par une femme, c’est alors qu’elle commence à se sentir très mal.

 

face au miroir…

 

De par ce postulat, Ferrara développe un film de vampire urbain assez puissant.

Tourné en noir et blanc, The Addiction est étonnamment pensé !

Film sombre et poisseux, il fait du vampirisme une malédiction et une possibilité d’émancipation. Ainsi, dès qu’elle est mordue, Kathleen se met à souffrir d’une étrange maladie qu’elle n’identifie pas de prime abord.

D’ailleurs, la maladie fait d’abord penser au Sida pour être ensuite enveloppée d’un drap surnaturel. Le vampirisme est alors associé à la drogue ce qui évoque bien évidemment au titre lui-même. Ainsi, le mythe du vampire est ici modernisé et associé à un contexte, celui des années 70.

 

Un être en changement constant

 

Le film ne se déroule pas lors de cette période, d’ailleurs l’époque où celui-ci prend place n’est pas du tout déterminée. Le film semble plonger dans une atmosphère totalement intemporelle et mystérieuse.

Cependant, le film s’ouvre sur des images de la Guerre du Vietnam et renvoi forcément à cette période assez violente et changeant totalement la mentalité des jeunes générations américaines.

La Guerre du Vietnam est un élément d’analyse de la thèse de Kathleen. Elle visionne de manière assez passive ces images sorties de l’industrie du mal, de la barbarie. S’y mêle alors des images des camps d’extermination.

C’est ainsi que le film s’imprègne de divers contextes historiques qui mènent à un sujet plus profond et général, l’addiction au Mal.

 

Walken, très étonnant en maître à penser de Kathleen

 

Kathleen, en prenant la forme du vampire développe une addiction pour le mal, elle devient alors un monstre terrifiant. Une transformation physique s’opère. Son corps s’animalise, gagne en assurance et devient un pur objet de peur.

À la fois personnage souffrant de son état et immortelle doté d’un système de pensé amoral, Kathleen est représentée comme un personnage évoluant dans un milieu sombre et sale, urbain et mourant.

D’ailleurs, elle représente à elle seule un être en quête d’immortalité qui ne cessera de rire face à la médiocrité environnante. Le plan final dans le cimetière illustre parfaitement cette idée. Le spectateur la pensant au bord du trépas découvre Kathleen se tenant devant une tombe, toujours vivante et décidée à vivre.

face à face

 

La mise en scène de Ferrara permet de créer une atmosphère douloureuse et mystérieuse qui permet de partir d’un postulat pourtant assez simple permettant d’aborder des sujets très grands !

Ce film tourné en quelques jours pousse à l’admiration tant, il déborde de force et d’étrangeté. 

 

bienvenue en enfer !

 

Le film ressort chez Carlotta le 24 mars 2021 en Blu-ray et DVD. Les éditions sont accompagnées de différents bonus comprenant divers entretiens, une analyse du film et un bonus qui traite du montage du film.

Il est donc fortement recommandé de se procurer The Addiction qui par sa force évoque le magnifique A Girl Walks Home Alone atNight sorti bien plus tard. 

The Addiction est une odyssée sanglante et poisseuse qui vaut indéniablement le détour au risque de ne jamais en sortir !

Magic de Richard Attenborough

0

Réalisé par Richard Attenborough

Sorti en 1978

Avec :  Anthony Hopkins, Ann-Margret, Burgess Meredith,…

Genre : Thriller, Épouvante

 

 

 

L’avis de Nicolas : 

 

Magic de Richard Attenborough est un film particulièrement efficace qui s’ouvre sur une situation dramatique pour ensuite la lier au fur et à mesure avec un pur thriller psychologique.

Corky est un magicien qui n’arrive pas à gagner sa vie à cause de son manque de popularité. C’est après le décès de son maître à penser que ce dernier va connaître le succès grâce à une étrange marionnette de ventriloque.

 

 

C’est ainsi qu’il semble être sous l’emprise de l’étrange marionnette.

Si la mise en scène d’Attenborough semble être très académique, Magic est tout de même un film sacrément efficace qui traite de la descente aux enfers d’un homme assez attachant.

Le personnage semblera se relever au début du film pour ensuite replonger dans la tristesse et l’horreur. Le jeu d’Anthony Hopkins permet cette attache émotionnelle puisqu’il incarne un être d’apparence angélique et bienveillant.

C’est ainsi qu’au delà d’être un simple film de genre, Magic est surtout un drame humain qui se conclut sur une note tragique et pessimiste.

 

 

Le film est sorti chez Rimini dans un beau combo Blu-ray/DVD le 12 février 2021 accompagné d’un livret, de plusieurs interview de l’équipe du film, des Tests maquillages d‘Ann-Margret et du bonus «Fats et ses amis», une histoire du ventriloquisme.

Magic n’est pas un film génial mais il est suffisamment intéressant et étonnant pour qu’il puisse être découvert !

 

 

 

L’avis de Liam : 

 

Anthony Hopkins en ventriloque, ça vous tente ? C’est ce que nous propose ici Rimini.

 

Un ventriloque devient possédé par sa marionnette, ce qui l’entraîne à commettre des actes diaboliques et meurtriers.

 

Beaucoup connaissent Richard Attenborough par son rôle culte dans le tout aussi légendaire « Jurassic Park ». Ce serait ignorer son passé de réalisateur qui a d’ailleurs motivé Steven Spielberg à l’engager dans ce rôle où il se reconnaissait. Cette sortie chez Rimini permet donc de jeter un œil à une réalisation qui parle de perte de repères, de craintes face à la gloire et de possession avec une horreur qui impacte dans ses quelques instants. La réalisation d’Attenborough apporte d’ailleurs beaucoup, bien que son côté un poil statique par moments dans ses mouvements ralentisse le métrage. Néanmoins, sa façon de cadrer sa marionnette installe celle-ci comme un personnage doté de sa propre vie et véhiculant une certaine émotion en plus de l’effroi qu’il est censé souligner.

 

 

L’une des plus grandes forces du long-métrage est l’interprétation totalement possédée d’Anthony Hopkins. Sa prestation purement incarnée ajoute les doutes à son personnage face à cette marionnette qui lui permet aussi bien de se redécouvrir que de se perdre, autant moralement qu’intimement. Il en sort une horreur personnelle, celle de ne plus se retrouver, faisant basculer la promesse de genre vers du drame qui fonctionne justement par le travail abattu par son casting. Il y a néanmoins une distance qui se dessine et qui permet d’éviter dans le regard une forme de condamnation trop facile qui aurait alourdi le film entier dans ses questions.

 

 

Le combo Blu-Ray/DVD proposé par Rimini sur ce long-métrage conforte la sensation étrange dans laquelle nous laisse le film, effrayant par son drame sans tomber dans du jugement simpliste de ses personnages. Touchant à la dépossession du soi par les possibilités de gloire qui s’offrent et de l’impossibilité de recréer ce qui rendait les souvenirs aussi vivants, « Magic » fait peur mais surtout attriste avec un chagrin immense.

Peggy Sue s’est marriée de Francis Ford Coppola

0

Réalisé par Francis Ford Coppola 

Sorti en 1987

Avec : Kathleen Turner, Nicolas Cage, Barry Miller,…

Genre : Comédie dramatique

 

 

 

 

L’avis de Liam : 

 

Carlotta nous propose un film bien mélancolique de la part du réalisateur du « Parrain ».

 

1985 : les anciens du lycée Buchanan, classe 1960, se retrouvent pour leur vingt-cinquième réunion. Ce soir, ils sont venus en habit d’époque, jupes gonflantes, robes des sixties, brosse et noeuds pap’ pour les garçons. Peggy, très populaire en 1960, se retrouve reine de la soirée avec pour partenaire son mari, Charlie, le rocker. Mais ce tandem si brillant jadis est sur le point de se séparer. Revoyant son mari dans sa prime jeunesse, Peggy, encore amoureuse, s’évanouit. Elle s’enfonce dans le rêve et revit ces fameuses années 1960…

 

 

Les réunions d’anciens élèves sont de véritables machines à voyager dans le temps, ou plutôt dans les souvenirs. Pas étonnant dès lors que Francis Ford Coppola parte de pareille promesse pour nous embarquer dans un périple marqué aussi bien par la mélancolie que les regrets les plus tenaces. Difficile également de ne pas se sentir ému tant tout ce qu’illustre le réalisateur ici se fait avec une amertume probante qui n’a d’égale que l’allégresse de certains instants, magnifiques par leur impossibilité à les revivre à nouveau.

 

 

La dramaturgie que l’on y découvre se fait tel un funambule, avec un équilibre qui parvient à conférer une sacrée dose d’émotions. Si le portrait de la jeune génération qui y est brossé pourrait sembler daté, il offre quand même une dose de sentiments qui traverse les générations avec la même lumière qu’une météorite, quitte à y laisser des traces. On ressent également cela dans l’interprétation du casting, disposant d’une même forme de gravité par rapport à l’avenir et ce même dans le surjeu proche par moments du trop de la part de Nicolas Cage.

Récit de doutes traversant le temps, « Peggy Sue s’est mariée » est d’une sensibilité forte, parvenant même par moments à nous retourner le cœur. L’édition qu’en propose ici Carlotta s’avère donc pleinement réussie, offrant un superbe écrin à un titre souvent mis de côté dans la filmographie de Coppola mais dont le sentimentalisme nous fait souvent chavirer.

 

L’avis de Nicolas : 

 

Peggy Sue est en pleine procédure de séparation avec son mari Charlie. Lorsqu’elle assiste au bal des anciens du lycée Buchanan, elle s’évanouit et se réveille dans les années 60 de sa jeunesse !

 

 

Réalisé par l’immense Francis Ford Coppola, Peggy Sue s’est mariée est un film assez étonnant qui propose une façon assez originale de traiter le voyage dans le temps. Le fantastique n’est pas tant marqué par des effets spéciaux dans le cas du film mais plutôt par des éléments de reconstitution. Sachant qu’en plus le spectateur découvre le passé de Peggy Sue puisqu’il n’est que très peu évoqué au début du film.

 

 

C’est ainsi que Coppola créé une œuvre très portée sur l’émotion et le souvenir. Sans jamais être passéiste, l’œuvre est surtout un argument pour montrer que le passé a une utilité. Le passé est une façon pour Peggy Sue de faire le point avec sa vie du présent.

 

Le film alterne entre remises en question et fantasmes adolescents. C’est en cela que Peggy Sue s’est mariée est une belle œuvre faite par un cinéaste qui avait besoin d’aller vers d’autres horizons. Le film prouve à quel point Francis Ford Coppola est un grand touche-à-tout qui est capable d’insuffler du cinéma dans n’importe quel sujet.

 

 

Le film est ressorti dans des éditions exemplaires proposées par Carlotta le 17 février 2021. Le film est donc disponible en combo Blu-ray/DVD édition limitée accompagnée en plus des bonus prévus dans les éditions simples d’un Fac-similé du dossier de presse française d’époque et d’un jeu de 5 photos. Le bonus présent dans toutes les éditions traite des thématiques du film intitulé « Réparer le présent ».

 

Peggy Sue s’est mariée est donc un film à la fois léger et pourvue d’émotions fortes. Une œuvre qui incite à revoir son passé et peut être le reconsidérer.

Jabberwocky de Terry Gilliam

0
Réalisé par Terry Gilliam
Sorti en 1977
Avec Michael Palin, Harry H. Corbett, John Le Mesurier
Genre : Comédie, Aventure, Fantastique

 

 

 

Découvrir le premier film d’un cinéaste qui possède un style particulièrement reconnaissable est toujours passionnant.

Soit il s’agira d’une œuvre assez peu personnelle, mais qui possède malgré tout des soubresauts stylistiques comme New Mexico de Sam Peckinpah, soit le film sera totalement pensé comme la dernière œuvre du cinéaste et compilera par avance toutes ses obsessions comme Eraserhead de David Lynch.

 

David Lynch, déjà splendide cinéaste !

 

Jabberwocky de Terry Gilliam appartient à la deuxième catégorie. Membre du collectif anglais « Monty Python« , est un cinéaste emblématique qui a fournit une cinématographie éblouissante.

Mélange de folie visuelle et d’ironie, le cinéma de Terry Gilliam est fascinant. Une volonté de revenir aux bases du cinéma est identifiable puisqu’il dépeint le cinéma comme un art forain. Son sens du baroque, du décor carton-pâte est quelque chose que l’on retrouve dans le cinéma de George Méliès.

L’exemple de la tête incrustée de Robin Williams dans Le Baron de Münchhausen est un exemple frappant qui rappel le travail de Méliès.

 

Robin dans les étoiles

 

Jabberwocky constitue donc une base à toute cette folie créatrice.

Se basant sur le poème éponyme de Lewis Carroll, le film prend place dans un Moyen Âge boschien et raconte l’histoire d’un fils de tonnelier qui après la mort de ce dernier tente d’aller vers la ville pour gagner sa vie. C’est alors qu’un monstre étrange terrasse la ville.

 

AUSCOURR !

 

La première chose qui peut être constatée est que le film est profondément marqué par Sacré Graal, l’immense film sur lequel avait travaillé Gilliam.

Que ce soit au niveau de l’humour, de la représentation du moyen-âge et de l’esthétique.
L’humour corrosif des Monty Python est très présent et permet à Gilliam de provoquer le rire de façon très directe.

Cependant, cette influence de Sacré Graal n’entache pas l’approche de Gilliam. Il tire de cette base une essence qui lui permet d’affiner son style pour livrer un film débordant d’inventivité.

D’ailleurs, Sacré Graal portait déjà l’approche de Gilliam puisqu’il était coréalisateur du film avec Terry Jones.

Le style de Gilliam s’oriente autour d’éléments assez simple. Un goût prononcé pour la folie visuelle et des images déformée grâce à un objectif de caméra 14 mm. Un sens de l’ironie mêlé à un humour irrévérencieux teinté d’aspects dramatiques. La fin de Brazil est le meilleur exemple de cette dernière piste.

 

euh.. Où suis je ?

L’ironie de Gilliam est totalement identifiable tant au niveau des blagues qu’avec la fin qui est à la fois triste et à mourir de rire !

L’aspect carton pâte, forain et baroque se retrouve totalement avec les décors, les lumières ou encore le monstre qui est un étrange mélange entre un dragon et un poulet géant.

 

sublime plan avec une bestiole assez originale !

 

Le film est ressorti le 17 février 2021 dans une magnifique version restaurée où l’aspect sale de la photographie et de l’argentique est superbement conservée. Il est édité par Carlotta en Blu-ray et DVD simple accompagné d’un petit documentaire intitulé « Jabberwocky  » : bonne absurdité, d’un document vidéo consacré à la créatrice d’effets spéciaux du film « Valerie Charlton : naissance d’un monstre« , de l’ouverture originale du film, d’une vidéo traitant « Des croquis à l’écran : carnet de dessins de Terry Gilliam » et le « Jabberwocky » de Lewis Carroll.

 

 

La découverte du premier film de Terry Gilliam est fortement conseillée tant elle regroupe toutes les obsessions du cinéaste et s’avère particulièrement rigolote !

Forfaiture de Marcel L’Herbier

0
Réalisé par Marcel L’Herbier
Sorti en 1937
Avec Louis Jouvet, Sessue Hayakawa, Lise Delamare
Genre : Drame 

Forfaiture est un remake du film du même nom de Cecil B deMille, fait par Marcel L’Herbier, immense cinéaste français qui a réalisé l’Inhumaine.

 

Denise est allée rejoindre Pierre, son mari, en Mongolie où il travaille comme ingénieur du génie civil. A côté, elle se met à développer un certain goût pour le jeu. Un jour elle perd et demande de l’argent au prince Lee-Lang qui lui fait aussitôt des avances qu’elle refuse. Le prince se venge en sabotant le projet de Pierre.

 

Forfaiture est un film passionnant puisqu’il est à la fois une adaptation d’un livre d’Hector Turnbull et donc d’un remake du film de DeMille. Sachant qu’en plus la version de L’Herbier est parlante contrairement au film de 1915.

 

La principale crainte qui peut relever d’un film parlant est la peur d’une perte d’efficacité en termes de mise en scène puisque le dialogue peut être enfin intégré comme élément sonore. Cependant la mise en scène de Marcel L’herbier est particulièrement réussite et permet de saisir toute la portée dramatique du récit.

L’exemple le plus représentatif est le choix de L’Herbier qui consiste à ne pas montrer un élément qui sera divulgué à la fin du film. Il s’agit donc d’un « twist » qui permet au spectateur d’être totalement surpris par l’issue du film et d’être plus impliqué émotionnellement puisqu’il ne sent pas approcher la terrifiante issue du film. Contrairement au film de 1917 qui est plus axé sur un déroulement classique, L’Herbier travaille le hors champ.

 

Le film est donc passionnant et ressort dans une belle édition proposée par Rimini et sortie depuis le 19 janvier 2021. La restauration est magnifique et permet d’avoir une image d’une grande fluidité. Le film est proposé en Blu-ray/DVD accompagné d’une interview d’un spécialiste de Marcel L’Herbier, d’un documentaire sur Marcel L’Herbier, poète de l’art silencieux et du film Forfaiture (1915) réalisé par Cecil B. DeMille (spécifique au blu-ray).

 

 

Forfaiture est donc une découverte ou redécouverte fortement recommandable !

Antoine et Cléopâtre de Charlton Heston

0

Réalisé par Charlton Heston 

Sorti en 1972

Avec :  Charlton Heston, Fernando Rey, Eric Porter, …

Genre : Péplum, Drame

 

 

L’avis de Nicolas : 

 

Charlton Heston est une légende. Il a porté dans ses bras une grande partie de l’âge d’Or du cinéma américain. D’ailleurs, il représente une icône du péplum puisqu’il a pu être vu dans deux des plus grands films du genre, Ben Hur de William Wyler et Les Dix Commandements de Cecil B. DeMille.

Il semblait donc évident que lui-même s’y frotte. Il réalise donc Antoine et Cléopâtre sorti en 1972. Il adapte la pièce éponyme de William Shakespeare qui traite de la chute de Cléopâtre et de son histoire d’amour avec Antoine.

Il livre alors un film très bien rythmé proposant une multitude d’idées de narration plutôt intéressantes malgré le fait qu’elles ne relèvent jamais du génie. La séquence de combat de gladiateurs peut être citée puisque Heston y filme une discussion conflictuelle entre Antoine et César mêlée à des plans du combat de Gladiateur. Ainsi, avec cette séquence, il illustre le conflit à venir et la fin tragique du film.

 

De plus, le film ne manque jamais d’ambitions et propose une reconstitution historique plutôt bien menée qui permet de profiter de décors imposants et bien filmés. La puissance du récit arrive donc à être représentée.

Heston choisit la carte du théâtre filmé pour s’inscrire dans la tradition du dramaturge anglais. Cependant, ce choix provoque un rythme inégal notamment vers la fin qui s’étire un peu trop.

 

Le casting est excellent, Charlton Heston est impressionnant et compose un rôle passionnant qui construit un personnage tragique qui souhaite gagner en indépendance.

Le film est ressorti dans une belle édition proposée par Rimini le 16 février 2021. Il est disponible en DVD/Blu-ray accompagné d’une interview de Sarah Hatchuel, spécialiste des adaptations de Shakespeare au cinéma.

Si Antoine et Cléopâtre ne relève pas de ce qui se fait de plus grand en terme de péplum, c’est avant tout un passage de Charlton Heston devant la caméra qui s’avère être une façon de rendre hommage à ce qui l’a construit en tant qu’acteur de cinéma.

 

 

 

 

L’avis de Liam : 

 

Rimini nous propose ce péplum réalisé par un des acteurs les plus reconnus dans le domaine.

 

Adapté de la pièce de William Shakespeare, le film se situe juste après la mort de Jules César. César disparu, Cléopâtre, reine d’Égypte, a besoin d’un nouvel allié à Rome. Elle séduit Marc-Antoine. Leur relation se transforme néanmoins en véritable amour. Mais Antoine doit faire face aux attaques d’Octave, successeur de César, qui voit cette liaison d’un très mauvais œil.

 

 

Le nom de Charlton Heston évoque toujours quelque chose, qu’importent nos connaissances dans le domaine cinématographique. Difficile ainsi de ne pas repenser à son déchirement à la fin du premier volet de « La Planète des Singes » par exemple, ou encore à ses performances mémorables dans « Les dix commandements » ou « Ben Hur ». Il n’est donc pas étonnant que son premier passage derrière la caméra se trouve dans le domaine du film historique, partant de la pièce de Shakespeare afin de parler d’une romance ayant marqué l’Histoire.

 

La volonté d’ampleur est donc grandement présente tout en essayant de gérer au mieux le respect de l’œuvre originale. Cette opposition qui tiraille également le personnage principal en devient une force, permettant au mieux de traiter l’adaptation avec rigueur, puissance et une certaine vivacité qui rend le tout passionnant à suivre. L’ambition qui s’y dessine, sans être entièrement aboutie à tous les niveaux, se ressent grandement et fait de ce drame une œuvre assez chargée dans ce qu’elle parvient à proposer.

 

 

Le casting s’avère bien évidemment de même qualité, notamment Charlton Heston. L’acteur parvient à capter les doutes de son protagoniste avec la même classe que dans ses prestations légendaires, tout en développant une humanité chez ses protagonistes qui les rend plus tangibles. Cette sensibilité dans la direction d’acteur appuie encore plus le grand intérêt que l’on ressent devant le film.

 

 

C’est donc encore une belle trouvaille que nous permet de faire Rimini en proposant cet « Antoine et Cléopâtre ». Le passage de Charlton Heston en tant que metteur en scène se fait avec une forme d’opposition permanente dans les intentions du réalisateur ainsi que de ses personnages qui rend sa découverte des plus recommandables.

Dans la Souricière de Norman Panama

0

Réalisé par Norman Panama 

Sorti en 1959

Casting : Richard Widmark, Lee J. Cobb, Tina Louise, Earl Holliman

Genre : Action, policier

 

 

L’avis de Nicolas :

Un avocat retourne voir sa famille dans une petite ville dont il a été banni par son père qui est chérif. Les retrouvailles sont tumultueuses, c’est alors qu’un client de l’avocat, un chef de la mafia, tente d’échapper à la police et va se réfugier dans la ville.

Thriller réalisé par Norman Panama et sorti en 1959, Dans la Souricière est un film prenant qui s’ouvre sur une intrigue assez simple pour s’enchaîner vers un film de fuite et de prise d’otage prenant.

La deuxième partie se passe entièrement dans le désert ce qui permet d’exposer toute la difficulté qui se dégage de ce lieu si rude. Dans la Souricière s’oriente donc vers le western pour appuyer la rugosité du lieu filmé et de ce qui se déroule à l’écran.

 

L’aspect le plus regrettable pour un film de ce type est l’académisme qui se dégage de la mise en scène qui ne permet pas d’être autant passionné par ce qui se passe à l’écran. Cependant le film demeure assez correct dans son exécution et s’avère être une belle curiosité.

Le film est sorti chez Rimini le 20 janvier 2021 dans un combo Blu-ray/Dvd de bonne facture. Le master est assez correcte et permet de redécouvrir ou découvrir le film dans de bonnes conditions. Le film est accompagné d’une interview de Laurent Aknin, historien et critique de cinéma.

Dans la Souricière est donc un film fort sympathique qui, malgré ses aspects assez limités et académiques, est un thriller bien mené qui permet de profiter d’un bon casting puisqu’on peut y voir Richard Widmark et Lee J. Cobb.

 

 

L’avis de Liam :

 

Rimini nous propose un polar rappelant fortement le western.

Ralph, un avocat, retourne voir sa famille habitant une petite ville du désert. Son père en est le shérif tandis que son autre fils l’assiste. Ce dernier, alcoolique, a épousé l’ancienne petite amie de son frère. Ces retrouvailles se passent à merveille jusqu’à l’arrivée en ville d’une bande importante de gangsters.

 

Le western et le polar ont ce point commun qu’ils dépeignent souvent des figures de masculinité impactées par une violence, une brutalité qu’ils font ressortir par leurs actes. Voir que le premier genre se contrebalance avec le second dans ce film n’est donc qu’une pure logique, au vu de la façon dont le métrage aborde une certaine fureur américaine avec un classicisme rappelant de nombreuses œuvres de cow boys. Ce n’est pas une critique, bien au contraire, tant cela confère un certain cachet à l’œuvre de Norman Panama.

« Dans la souricière » fait preuve d’une tension constante, sa courte durée resserrant encore plus les protagonistes face à la virulence de l’intrigue. Le casting parvient également à s’imposer de façon remarquable, en particulier Richard Windmark et Lee J. Cobb. Ils dégagent chacun un charisme ambivalent qui renforce leur lutte de fond. Il en ressort alors une certaine modernité malgré les années, bien aidée ici par la qualité de l’édition fournie par Rimini. Côté supplément, on a droit à une interview de l’historien du cinéma Laurent Aknin.

 

Polar rondement mené et jouant de ses inspirations visuelles pour mieux souligner une forme de violence américaine destructrice tout en s’amusant des codes du western, « Dans la souricière » frappe fort et constitue une bien belle découverte, toute en tension jusqu’à sa conclusion. En espérant que cela permette à « The trap » (dans son titre original) de connaître une nouvelle jeunesse.

Le Secret des Finch de Simon Stone

0

Réalisé par Simon Stone

Sorti en 2015

Avec Geoffrey Rush, Sam Neill, Miranda Otto

Genre : Drame

 

 

 

L’avis de Nicolas :

 

Après des années d’absence, Christian revient chez sa famille pour assister au mariage de son père Henry. Il renoue avec son ami d’enfance, Oliver et rencontre sa fille et sa femme.
C’est alors qu’il va découvrir un lourd secret qui concerne son père.

Réalisé par Simon Stone et sorti en 2015, Le secret des Finch est une adaptation de la pièce de théâtre Le Canard Sauvage d’Henrik Ibsen.

 

 

Commençant comme une chronique familiale presque basique, le film plonge peu à peu dans un drame sombre pour finir sur un clap de fin dénué d’espérance.
Cette métamorphose stylistique est particulièrement bien introduite. Notamment par la mise en scène de Simon Stone qui est à la fois rude et contemplative.

 

Il alterne entre des plans large qui mettent en valeur la beauté de la nature environnante et des séquences plus intimistes qui vont petit à petit dévoiler les tourments des personnages.

Le spectateur a alors conscience qu’il y a un secret. Cependant, celui-ci ne sera dévoilé qu’à partir de la moitié du film.
Cette façon, de faire provient sûrement du matériau d’origine puisque le moment qui dévoile ce secret est envisagé comme un coup de théâtre.

Même chose pour certains personnages qui connaissent le secret, mais ne le dévoilent pas de manière directe.
Cette façon de faire ne tombe jamais dans une approche qui consisterait à faire du théâtre filmé.

Le casting du film est excellent. Entre Geoffrey Rush ou l’incroyable Sam Neill qui incarnent très bien leurs personnages.

Le Secret des Finch est donc un excellent drame qui est sorti chez Condor films le 13 janvier 2021.

 

L’avis de Liam :

 

On peut remercier Condor de nous partager pareille œuvre passée complètement sous nos radars.

Après des années d’absence, Christian Nielsen revient au domaine familial pour le mariage de son père Henry, riche propriétaire local. Christian renoue alors avec son ami d’enfance Oliver Finch et fait la connaissance de sa femme Charlotte et de sa fille Edwige. Malgré ces heureuses retrouvailles, Christian porte un lourd secret : les révélations qu’il s’apprête à faire menacent de briser la vie de tout son entourage.

 

 

 

Comment le film de Simon Stone a-t-il pu être aussi discret quand on pense à la douleur dans laquelle il nous laisse une fois son visionnage achevé ? C’est une question que nous continuerons à nous poser encore et encore tant on est tout bonnement abasourdi par le résultat final, aussi bien par sa modestie apparente que par la souffrance de sa narration, partagée par des personnages tout autant marqués par la tristesse que de nombreuses formes de ressentiments.

 

 

 

Le drame qui se dessine devant nos yeux en à peine une heure et demie s’avère intime et confronte nos protagonistes à diverses formes de doute, qu’il soit sentimental ou sociétal. Difficile en effet de faire fi de la classe sociale séparant certains personnages et des nombreuses formes de dualité qui s’installent, le tout avec une multiplication de regards s’avérant tous aussi déchirants. On est alors totalement happé par la montée crescendo des tensions entourant ces non-dits douloureux jusqu’à la conclusion dévastatrice et nous laissant aussi bien dans le brouillard que nos héros.

 

 

 

On remercie alors chaleureusement Condor films de permettre à pareil film de connaître une meilleure diffusion tant on s’en veut d’être passé à côté. Tout s’y avère si déchirant que le tourment provoqué par « Le secret des Finch » se révèle surprenamment profond, assez pour nous hanter pendant un bon moment…