Comédie française sortie le 15 février 2017 (durée : 1h30) réalisé par Philippe Lacheau

Avec Philippe Lacheau, Elodie Fontan, Julien Arruti, Tarek Boudali, Nathalie Baye, Didier Bourdon, Nawell Madani

Pour ces vacances d’hiver, la comédie française est à la mode. Après « Demain tout commence » en toute fin de diffusion, « L’Ascension » dans ses dernières semaines, « Raid Dingue » toujours en forme, « Rock and roll » et « Alibi.com » sortent en même temps avec un vrai point commun : le réalisateur campe le personnage principal !

Un vaudeville classique qui plaira aux plus anciens ?

                Greg, aidé par Augustin et Mehdi, dirige une boite qui fabrique des alibis pour permettre à ses clients de se sortir de toutes sortes de situations. Notre héros va vite rencontre Florence, une fille aussi déjantée que lui et qui a tout pour être la femme de sa vie. Sauf que le père de la jolie blonde vient de solliciter la société d’alibis…

Adultères, mensonges, quiproquos… Le scénario a tout d’un bon vaudeville à la Feydeau. Nous ne sommes d’ailleurs pas très loin du théâtre classique et de ses trois règles d’unité : de lieu (autour de l’hôtel cannois), de temps (tout se passe sur un week-end) et d’action (l’anniversaire de la mère de Florence couplée à la volonté de son père de prendre du bon temps avec sa maîtresse). Un schéma classique qui ne dépaysera pas les plus anciens qui y retrouveront les comédies à la Claude Zidi.

L’une des forces rassembleuses du film tient aussi du casting. Avec une Nathalie Baye capable de jouer la mère cocue dans un registre très léger (quelques mois après le beaucoup plus pesant « Juste la fin du monde » de Dolan) et un Didier Bourdon parfait dans le rôle du gentil pingre salop, Alibi.com peut capitaliser sur deux acteurs qui plaisent au plus de 50 ans. Ajoutons un Philippe Duquesne qui apporte toujours quelque chose dans le petit rôle de Maurice.

Un rythme endiablé : Baby sitting 3 ?

                Mais évidemment, Alibi.com plaira aussi (et surtout ?) aux jeunes. L’intrigue s’appuie sur de nombreux personnages plutôt bien développés (avec leurs forces et leurs faiblesses). L’interprétation de Philippe Lacheau semble toujours au second degré (pour le meilleur et pour le pire). Julien Arruti joue l’ami geek et Tarek Boudali campe le petit nouveau toujours parfait. Elodie Fontan pétille tellement qu’elle permet d’éviter l’écueil de la romance nunuche. Nawell Madani – humouriste belge révélée par le Djamel Comedy Show – va jusqu’au bout de son personnage de chanteuse un rien pétasse.

Tout ce beau monde va se lancer dans un festival de vannes et de gags sur un rythme endiablé. C’est là, à mon sens, le gros point fort du film (la marque de fabrique des longs-métrages de Lacheau ?) : le montage. Initialement prévu sur 2h04, le film dure finalement 1h30. Le réalisateur n’a pas hésité à couper au cordeau pour insuffler un dynamisme bien adapté à son humour. La situation initiale est vite amenée, on entre tout de suite au cœur des enjeux de l’histoire où les appels en visio malmènent nos rois du mensonge !

Peut-on comparer ce dernier long aux deux gros succès Babysitting (plus de 2 millions d’entrées pour le 1, plus de 3 millions pour le 2) ? Rassemblant une liste de guests impressionnante (Michel Laroque, Norman, Joey Starr, Medi Sadoun, Vincent Dessagnat), Alibi.com laisse tomber le found footage et ose lancer moult sous-intrigues autour de ses nombreux personnages. Ça fonctionne plutôt bien, même si le rythme connait un passage à vide autour de l’heure de projection (mais la fin est réussie), le temps de résoudre toutes ces péripéties abracadabrantesques dans lesquelles les mensonges ont entrainé nos pauvres héros.

C’est quoi l’humour à Fifi ?

                Au final, on retrouve ce qui fait le charme de la Bande à Fifi, cette troupe de comiques qui s’est produit entre 2005 et 2007 au Grand journal de Michel Denisot. Pour ceux qui ne connaissent pas, n’hésitez pas à visionner les quelques vidéos à la fin de cette critique. Les gags oscillent entre le classique (des personnages qui se font frapper, des animaux violentés en running gag, Fifi montrant son corps sculpté, quelques blagues en dessous de la ceinture) et les situations plus osées (peut-on rire de tout ?).

Alibi.com reste dans cette optique. On ose se moquer des migrants, Nawell se déchaine dans un clip repris au générique et on fait même un clin d’œil à notre cher Président et à son scooter. Evidemment, tout cela reste quand même globalement dans le politiquement correct, même si les vannes font mouche le plus souvent.

Lacheau aime glisser de nombreuses références, avec un Julien Arutti se scotchant des stylos en guise de griffes pour se ressembler à Wolverine, ou mettant sa capuche pour se préparer à faire un Saut de la Foi digne d’Assassin’s Creed… On assiste même à un combat de néons lasers à la Star Wars. Bref, les amoureux de la culture pop se régaleront.

Au final, voici une bonne comédie française, très rythmée et mettant en scène un casting riche, éclectique et inspiré. Rien de forcément très original, mais le défi de divertir est largement rempli !

 


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City Zen
Nicolas, 37 ans, du Nord de la France. Professeur des écoles. Je suis un cinéphile éclectique qui peut alterner entre blockbusters, films d’auteur, films français, américains, petits films étrangers, classiques du cinéma. J’aime quand les films ont de la matière : matière à discussion, à interprétation, à observation, à réflexion… Quelques films que j’adore pour cerner un peu mes goûts : Matrix, Mommy, Timbuktu, la Cité de la Peur, Mission Cléopâtre, Ennemy, Seven, Fight Club, Usual Suspect, Truman Show, Demain, Big fish, La Haine, La Vie est belle, Django, Rubber, Shutter Island...

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