Home Auteurs Publication de Liam Debruel

Liam Debruel

Liam Debruel
355 PUBLICATION 10 COMMENTAIRES
Amoureux du cinéma. À la recherche de films de qualités en tout genre,qu'importe la catégorie dans laquelle il faut le ranger. Le cinéma est selon moi un art qui peut changer notre vision du monde ou du moins nous faire voyager quelques heures. Fan notamment de JJ Abrams,Christopher Nolan, Edgar Wright,Fabrice Du Welz,Denis Villeneuve, Steven Spielberg,Alfred Hitchcock,Pascal Laugier, Brad Bird ,Guillermo Del Toro, Tim Burton,Quentin Tarantino et Alexandre Bustillo et julien Maury notamment.Écrit aussi pour les sites Church of nowhere et Le quotidien du cinéma. Je m'occupe également des Sinistres Purges où j'essaie d'aborder avec humour un film que je trouve personnellement mauvais tout en essayant de rester le plus objectif possible :)

Evil Dead de Fede Alvarez

0

On a tous un remake que l’on déteste plus que tout, le genre de renouvellement de saga qui ne respecte guère l’esprit original et le trahit complètement. Les exemples sont si nombreux qu’il serait dur de tous les citer (Pour le fun, « Martyrs », « Old Boy » et « Carrie »). Mais d’un autre côté, il existe des remakes réussis. Ainsi, « The thing » de John Carpenter, un classique de l’horreur et de la science-fiction, n’est autre qu’un remake de « La chose d’un autre monde », film de 1951 réalisé par Christian Nyby et Howard Hawks (film qui apparaît d’ailleurs dans « Halloween, la nuit des masques »). Ainsi, il y a des remakes qui tirent leur épingle du jeu en imposant leur propre touche tout en respectant l’ADN du film refait, comme par exemple les deux « Halloween » de Rob Zombie, cohérents dans sa filmographie tout en étant parmi les meilleurs de la saga. D’où le sujet du jour : le remake de 2013 du cultissime « Evil Dead » par Fede Alvarez.

EvilDead2

Mia est une toxicomane emmenée dans une cabane dans la forêt par deux de ses amis, son frère et la copine de celui-ci afin de la sevrer pour lui éviter une nouvelle overdose qui lui serait fatale. Malheureusement, l’un de ses amis a la bonne idée de lire les passages en latin (Bordel, si Fran Kranz l’a dit dans « La cabane dans les bois », c’est qu’il ne faut pas le faire !) d’un livre trouvé à l’intérieur, ce qui va provoquer des événements forts désastreux…

EvilDead4

Vendu comme « Le film le plus terrifiant que vous ayez jamais vu », cette version moderne de la saga de Sam Raimi évacue tout ce qui relevait d’humoristique pour se tourner vers la violence frontale de manière sérieuse. Il n’y a rien qui relève de la blague ici, juste du gore chirurgical qui marque. La terreur se joue donc de par cette violence physique (ce qui fonctionne, notamment grâce à des effets spéciaux majoritairement sur plateau) mais aussi par des jumps scares (ce qui fonctionne là moins bien, malgré un ou deux de réussis).

EvilDead6

Malgré ce ton fort sérieux, on retrouve de nombreux liens avec la saga. Ainsi, outre quelques clins d’œil (la Oldsmobile qui apparaît  brièvement, la scène de poursuite, les réadaptations de la scène de viol d’arbre ou de l’amputation du bras possédé), l’ambiance des deux premiers films se retrouve présente, que ce soit par un travail de lumière superbe ou certains morceaux de la bande originale, rappelant les passages « horrifiques » qui faisaient le charme des films de Sam Raimi.

EvilDead5

Si le travail de relations dans le groupe de personnages aurait mérité d’être plus étoffé, on sent un lien fort et assez touchant entre Mia et son frère qui nous permet un meilleur attachement à ces deux personnages et aux malheurs qui leur arrivent. Impossible aussi de ne pas parler d’un climax apocalyptique et cauchemardesque se déroulant sous une pluie de sang, nouvelle preuve de l’importance de l’hémoglobine dans ce récit.

EvilDead7

En bref, si cette nouvelle version d’Evil Dead n’est pas le film d’horreur ultime promis par la promotion, il constitue un spectacle assez divertissant, s’inscrivant pleinement dans la volonté de renouvellement entre chaque opus de la saga et fonctionnant aussi bien en tant que remake de film classique qu’en tant que « simple » film d’horreur.

EvilDead10

Il est de retour de David Wnendt

0

Que se passerait-il si Adolf Hitler arrivait au vingt et unième siècle? C’est la question que se pose le roman de Timur Vernes en 2011 et par extension, l’adaptation cinématographique de celui-ci, sorti en Allemagne en 2015. Ainsi, le Fürher se réveille dans un parc de Berlin à notre époque. Voyant à quel point l’Allemagne s’est détourné de ses « valeurs », il décide de revenir en politique afin de sauver son pays.

Er-ist-wieder-da

« Il est de retour » (« Er ist wieder da » en langue originale) commence comme une comédie assez boufonne, plus proche du Dictateur de Sacha Baron Cohen que celui de Chaplin voir même, pour rester avec l’acteur anglais, de Borat, avec ses scènes tournées en caméra cachés avec de vraies réactions de passants croyant faire face à un humoriste. Celles-ci sont mélangées à une intrigue évidemment fausse suivant un journaliste qui cherche à aider Adolf en croyant lui aussi faire face à un imposteur. En effet, il est impossible que le dictateur soit revenu d’entre les morts pour propager à nouveau ses idées politiques, n’est ce pas?

ErIstWiederDa5

Sous ses apparences de comédie parfois lourde (la scène recopiant « La Chute »),  il y a une véritable réflexion sur l’imagerie qu’a pris Hitler et la politique en général. Ainsi, certains sont passés d’une peur de connaître à nouveau la seconde guerre mondiale à une réutilisation à outrance de sa figure à des fins humoristiques (« Kung Fury »par exemple). Les atrocités commises sont assez souvent reléguées de côté, entre négationnistes et « Plus personne ne voterait pour un mec comme Hitler ».

ErIstWiederDa3

Et là, « Il est de retour » prend des allures terrifiantes. En replaçant les propos d’Adolf Hitler dans notre époque et en les réajustant, on s’étonne à retrouver des similitudes avec des discours populistes (ce mot qui devrait être positif car signifiant à l’écoute du peuple mais devenu péjoratif grâce à certains politiciens extremistes). Dans un final d’un pessimisme rare, le film de David Wnendt nous interroge sur certains politiciens populaires aux discours racistes et intolérants promettant n’importe quoi au peuple pour finir au pouvoir ( #DonaldTrump).

ErIstWiederDa6,

Au final, s’il n’est pas d’un grand intérêt cinématographique, « Il est de retour » est une bonne comédie, surpassant une bonne partie de la production française dans le domaine ( ce qui n’est pas difficile au vu de certains étrons distribués) et se révèle comme un film grand public n’hésitant pas à pousser à la réflexion politique. Car ,comme nous le rappelle la fin, les germes laissées par le dictateur ne se trouvent pas qu’en Allemagne…

ErIstWiederDa7

Macbeth de Justin Kurzel

0

Macbethaffiche2

Il est difficile de se lancer dans l’adaptation d’une pièce de William Shakespeare. En effet, les écrits du dramaturge anglais sont tellement reconnus qu’une transposition sur grand écran mérite une attention de tout instant afin de ne pas rebuter des spectateurs en terrain inconnu tout en respectant le matériel originel. De plus, on parle de « Macbeth », ce qui signifie passer après Orson Wells, de quoi compliquer encore plus la tâche du réalisateur Justin Kurzel, révélé en 2011 par « Les crimes de Snowtown ».

Macbeth4

Et pourtant, sa version de « Macbeth » est un pur joyau, aussi bien de manière visuelle que narrative. On suit donc Macbeth (interprété par Michael Fassbender), chef des armées écossaises qui vient de sortir victorieux de la guerre qui ravageait son pays. Mais sur son chemin de retour, il croise des sorcières qui vont lui annoncer qu’il finira sur le trône de son pays. Sa compagne et lui vont donc ourdir un complot envers leur roi afin de prendre sa place. Tout cela les rendra fous, jusqu’au point de non retour…

Macbeth12

Tout le film baigne dans une ambiance mortuaire, mise en place dès le début avec l’enterrement d’un enfant puis une scène de bataille âpre et crue. Tout au long de l’histoire, la mort accompagne les personnages, tels ces fantômes apparaissant par instant au malheureux Macbeth ou ce brouillard constant, se teintant par instant afin de mieux ressortir les sentiments de ses protagonistes de manière onirique(cf le brouillard orangé du combat final exprimant la rage des adversaires). Ainsi, le récit oscille entre reconstitution réaliste et onirisme macabre, ce qui sied aux écrits de William Shakespeare ici réappropriés par Kurzel.

Macbeth6

Les personnages sont portés par une interprétation fiévreuse, que ce soit de la part d’un Michael Fassbender monstrueux en Macbeth ou de Sean Harris en Macduff. Un souffle épique se retrouve aussi lors des batailles, que ce soit dans celle ouvrant le film ou celle le clôturant, finissant dans la mort ce qui a commencé par celle-ci. Un souffle qui sera fort utile au réalisateur dans sa prochaine oeuvre, l’adaptation sur grand écran du jeu vidéo d’Ubisoft « Assassin’s creed » avec la même équipe que pour ce film.

Macbeth11

Sombre, cruelle et adulte tel les écrits de Shakespeare, cette version de « Macbeth » s’impose comme une grande oeuvre, de celle qui assoit un réalisateur sur le trône des grands.

Macbeth8

20000 days on earth de Jane Pollard et Iain Forsyth

0

20-000-days-on-earthaffiche2

Le format du documentaire ainsi que celui de biopic sont assez formatés, même si certains ont osé sortir de cette même structure (notamment l’excellent « Steve Jobs » de Danny Boyle, qui ne se concentre que sur trois jours importants dans la vie du créateur d’Apple). « 20000 days on earth » est donc déjà intéressant en soi par son schéma narratif.

20-000-days-on-earth8

Le documentaire de Jane Pollard et Iain Forsyth suit ainsi Nick Cave,chanteur de « Nick Cave and the bad seeds », durant sa 20 000ème journée de son existence. De quoi plonger dans l’intimité d’une personnalité passionnante au gré de son quotidien.

20-000-days-on-earth3

Le projet aurait pu passer pour égocentrique avec comme unique but de mettre en avant le chanteur. Mais même si on sent une certaine forme de mise en scène où l’on sent le mysticisme qui entoure Nick Cave,l’essentiel de « 20000days on earth » effeuille le personnage, se dévoilant aussi bien lors d’une séance chez un psychologue que dans des trajets en voiture où se déroulent des dialogues avec Ray Winstone et Kylie Minogue qui dévoilent plus sur la psyché du personnage ou dans une salle d’archives où l’on retrouve des fragments de passé du chanteur éveillant chez lui nombreux souvenirs.

20-000-days-on-earth7

Ainsi, nous nous laissons emporter tout au long du film par les réflexions de Nick Cave sur son statut d’artiste, sur son passé et le monde en général au fur et à mesure d’anecdotes et de dialogues passionnants. Ainsi, au contraire de ces biopics cherchant à nous dévoiler l’histoire de leurs personnages en passant toute leur vie en deux heure, « 20000 days on earth » part de son point de départ (une journée normale) pour aborder divers angles de son protagoniste de manière simple et passionnante.

20-000-days-on-earth5

Si vous êtes fan du chanteur, foncez sur « 20000 days on earth ». Si vous êtes passionné(e) de musique en général, foncez. Et même si vous ne vous sentez pas touché par ce qu’aborde le film, foncez quand même car « 20000 days on earth » est une expérience qui mérite d’être tentée.

20-000-days-on-earth9

Les aventures de Tintin : le secret de la Licorne

0

TintinAffiche1

Il fut un temps où le cinéma d’aventure était prisé au cinéma. Le meilleur exemple n’est autre que la saga Indiana Jones, trilogie splendide et divertissante qui a marqué plusieurs générations, avant de tenter un come back passablement raté avec le quatrième volet sorti en 2008. Il n’est donc pas étonnant que ce soit le créateur de cette saga, monsieur Steven Spielberg, qui ait tenté de réveiller un genre assez délaissé et ce par l’adaptation des aventures dessinées de Tintin sur grand écran. Bien que ce ne soit pas ses premières aventures dans un format cinématographique (« Tintin et le mystère de la toison d’or » en 1962 et »Tintin et les oranges bleues » en 1965 tournés en prises réelles et « Tintin et le lac aux requins » en animation en 1972, entre autres), cette transposition gagne en intérêt en sachant que ce sont deux grands fans et réalisateurs reconnus qui sont derrière cette aventure : Steven Spielberg donc mais aussi Peter Jackson, qui doit se charger normalement d’une éventuelle suite du célèbre reporter.

Tintin7

Le film qui nous intéresse ici reprend plusieurs bandes dessinées d’Hergé et raconte comment Tintin (incarné par Jamie Bell) part à la recherche du secret de la Licorne, un bateau du XVIIème siècle dont il a acquis une maquette qui attire bien des convoitises. Il devra faire face au professeur Sakharine (Daniel Craig) avec l’aide de son futur ami, le capitaine Archibald Haddock (Andy Serkis) afin de découvrir les mystères que recèle ce fameux paquebot…

Tintin10

Tourné en motion capture, « Le secret de la Licorne » essaie de transposer de manière « réaliste » les personnages dessinés naguère par Georges Remi. Ainsi, après un générique animé de plus bel effet, la première séquence est un hommage au fameux dessinateur et montre les intentions du réalisateur de « Rencontres du troisième type » : se réapproprier Tintin et ses compagnons de manière respectueuse (beaucoup de références aux diverses aventures dessinées sont faites, notamment dans le bureau du jeune reporter)  tout en marquant de sa patte son film (on peut sentir de nombreuses réminiscences aux aventures d’un certain professeur d’archéologie…).

Tintin11

Il y a aussi une manière pour Spielberg de s’affranchir par cette technique de tournage des contraintes physiques, particulièrement dans un plan séquence de génie lors d’une poursuite à Bagghar, où s’accumulent personnages et « rebondissements » à un point atteignant le jamais vu et affectant légèrement un climax bien moins marquant. Ainsi, on sent le plaisir que prend le réalisateur avec sa mise en scène, notamment une scène alternant hallucination et réalité où le Capitaine Haddock révèle le passé de la Licorne tout en revivant les aventures de son ancêtre, un aïeul tellement réputé que les membres de sa famille ne sauront jamais atteindre le niveau et les pousseront tous au même désespoir,dont l’amour de l’alcool que porte le capitaine. Et même si l’on se pose question sur l’utilité et « l’humour » de la scène où Haddock « rote » dans un moteur d’avion pour le faire redémarrer, le travail d’écriture du trio magique Edgar »Hot Fuzz » Wright, Steven »Doctor Who » Moffat et Joe »Attack the block » Cornish arrive à rendre justice à l’oeuvre d’Hergé tout en permettant à un certain public de le découvrir (essentiellement pour une audience américaine ne connaissant que très peu la bande dessinée, ce qui expliquera l’échec dans ce pays, contrebalancé par un certain succès dans le reste du monde).

Tintin9

Au final, « Le secret de la Licorne » est respectueux de l’oeuvre originale,fournit un spectacle divertissant pour toute la famille et prouve une nouvelle fois que Steven Spielberg est et restera un réalisateur de renom. Bref, n’hésitez sous aucun prétexte,mille milliards de mille sabords!

Tintin6

Les Sinistres Purges présentent : « Halloween Resurrection » de Rick Rosenthal

0

Sara avait une sensation étrange, comme si aujourd’hui serait une journée différente par rapport à son quotidien monotone d’étudiante en médecine. Elle se retrouvait ainsi à faire son stage dans l’hôpital psychiatrique Loomis, plus précisément dans l’aile réservé aux critiques cinéma. Sa maître de stage, madame Anne Strode, passait avec elle devant les chambres tout en parlant de leurs résidents.

« Ici, c’est un critique spécialisé dans la science fiction qui a essayé de démêler les paradoxes temporels de Terminator Genisys. Devant tant d’incohérences, son cerveau a malheureusement grillé. Là, c’est un ancien critique des Cahiers qui a eu le malheur de regarder des films de Kev Adams. Sa famille a décidé de l’euthanasier tout à l’heure en organisant une intégrale Plus belle la vie… »

« Et lui ? »

La jeune femme désignait une chambre contenant un jeune homme à la barbe aussi rousse que ses cheveux chataîns.

« C’est Liam Debruel, un jeune homme beau, intelligent, charismatique, drôle, propre, ponctuel, végétarien, affable, canard mais surtout modeste. Il a regardé Halloween Resurrection pour Le coin des critiques ciné et depuis,il ne parle plus. C’est la joie pour ses proches mais pas pour Orel. On le place ici donc à l’électrocuter une heure par jour en espérant qu’il parle à nouveau »

« On peut vraiment électrocuter un patient une heure par jour ? »

« Oui, c’est passé avec le 49.3, en plus de l’autorisation à tuer dix personnes par an. Ce qui tombe bien, hier ma voisine écoutait du Jul à fond, je n’avais pas d’autre choix que de la décapiter »

Les deux femmes électrocutèrent donc une heure durant le jeune homme avant de repartir s’occuper d’un autre patient à coup de fils barbelés. Ce fut à ce moment là que Liam se dirigea vers un mur de sa chambre. Il en arracha le poster de Raquel Welch qui dissimulait de nombreuses bouteilles  d’amaretto ainsi que des verres. Il en remplit un et sans se retourner, déclara : »Je paris que je t’en sers un »

En effet, à côté de la porte se trouvait Michael Myers, toujours aussi inexpressif derrière son masque de William Shatner customisé. Ce dernier s’installa sur une chaise tout en continuant de fixer le jeune homme du regard. Celui-ci se plaça face à lui et lui tendit un verre.

« Je savais que me faire interner serait le seul moyen pour que tu me retrouves. Maintenant, l’heure est venue de parler d’Halloween Resurrection». Le regard de Michael s’assombrit. « Oui, nous devons le faire Michael. En plus, cette introduction devient beaucoup trop longue »

« Pourquoi as-tu décidé de tourner ce film ? Je ne dis pas que tous tes films sont parfaits, loin de là. D’ailleurs, aucun n’a réussi à retrouver l’éclat de ton premier par dieu Carpenter mais bon, tu venais de terminer sur Halloween 20 après, qui était sympa et dont la fin déchirait ! Oui ? bon, tu te faisais décapiter mais franchement, soit on meurt en héros, soit on vit assez longtemps pour se voir endosser le rôle du méchant loser »

C’est à ce moment là que Sara rentra dans la chambre. Ses sentiments étaient partagés entre la surprise et la peur. Ce fut Liam qui prit la parole.

« Vous tombez à pic mademoiselle, nous avions besoin d’un regard neuf et neutre sur cet étron. Ne vous inquiétez pas, mon ami a déjà tué deux baby sitters et leurs compagnons sur son chemin, ça l’a calmé pour quelques heures ».

La jeune infirmière s’installa entre notre critique et notre tueur. Liam venait de sortir de Raquel Welch (enfin de son trou… enfin du trou dans le mur) une télévision et un lecteur dvd afin de mettre le dit maudit film : Halloween Resurrection !

HR10

Photographie provenant du dvd : « Le diable à retrouvé le chemin de sa maison » mais a oublié ses cours de français.

Le film commence dans un hôpital psychiatrique où se trouve Laurie Strode (aka Jamie Lee Curtis Aka Final Girl Absolue). Deux infirmières discutent de son cas et font de l’exposition facile (quelle technique de paresseux de faire ça quand même, c’est comme quelqu’un commençais une critique comme ça ! Attendez deux secondes…). Elles expliquent que si Michael Myers n’est pas mort alors qu’il était censé avoir perdu la tête, c’est parce qu’il a échangé sa tenue avec un policier afin de disparaître facilement. Viens ensuite le retour attendu de notre boogeyman préféré, après avoir tué deux gardes dont un qui avait évidemment besoin de manger (il y a un quota à respecter voyons !) et qui s’attaque à nouveau à Laurie alors qu’elle se faisait passer pour vulnérable afin de se débarrasser de son méchant frère. Après une poursuite rapide, elle arrive à le capturer mais celui-ci la piège en la poussant à vérifier son identité sous son masque. Mal lui en prit : elle se retrouve poignardée puis, après avoir embrassé son frère (Cersei ?) en lui donnant rendez vous en enfer, elle finit par atterrir au sol après une chute qui lui est fatale. C’est donc ainsi qu’en quinze minutes, le film tue le personnage iconique de survivante et la vraie héroïne de la saga

Si en voyant la scène, Michael semblait sourire (plus à cause du souvenir du baiser que de la mort de sa sœur), Liam fulminait déjà. Il fallut cinq seringues de morphines enrichies à la vodka pour le calmer.

HR3
L’histoire reprend avec Sara. Non pas l’infirmière mais une jeune étudiante qui est hyper contente car elle et ses deux amis, une fille légèrement superficielle et un jeune homme de couleur qui ne sera caractérisé uniquement par son amour de la cuisine (grand travail scénaristique derrière) dans une émission de télé réalité (aussi connue comme nouvelle arme de lobotomie). Le concept est simple : ils vont devoir, avec d’autres participants, être enfermés dans la maison de Michael Myers afin d’expliquer pourquoi il est devenu si méchant, bien que certains aient une théorie comme notre ami cuisinier qui lâche que c’est dû à son alimentation. « La preuve : Adolf Hitler était végétarien et manquait donc  de protéines ! ».

En entendant cette réplique à nouveau, Liam ne savait pas ce qui lui donnait une furieuse envie de meurtre : cette erreur commune que le seul moyen d’avoir des protéines était de manger de la viande ou bien la stupidité de cette réplique.

HR5
On rencontre ainsi les autres candidats : un mec qui drague l’amie de Sarah, un autre montré comme très louche et une jeune femme apparemment très cultivée et n’hésitant pas à le montrer. Il faut ajouter à cette pauvreté de caractérisation que les deux derniers personnages cités se montrent hostiles l’un envers l’autre avant de coucher ensemble cinq minutes après.  Ceci a du être la conversation entre les scénaristes Larry Brand et Sean Hood.
« Hey, il nous faut absolument une paire de nibards pour combler le mâle qui mate ce film sa main dans le caleçon ! »

« Bah, montrons ceux de l’intello là. De toute façon, on l’a écrit intelligente, faut bien qu’on montre que la seule fille vraiment maligne de la bande, c’est l’héroïne. Parce que bon hein, tout le monde sait qu’une femme avec plus de deux neurones est arrogante et nympho ! »

Exagéré ? Peut être. Réaliste ? Sûrement.

En plus, face à ces stéréotypes, Sara se démarque lors de sa présentation en… criant très fort au point de casser un verre. Euh… On aurait pu annoncer que l’on avait affaire à une Castafiore mutante comme héroïne. C’est sûr que ça change du personnage de survivante de Laurie Strode…

HR4

Il est encore vite temps de parler du producteur de l’émission, Busta Rhymes uniquement caractérisé par son amour du kung fu, de son assistante jouée par Tyra Banks (aussi utile dans l’histoire qu’un script chez Michael Bay) et Deckard, un ami de Sara à longue distance joué par Ryan Merryman, qui connaitra quelques années plus tard un voyage le menant jusqu’au bout du chemin, à sa … destination finale ! (Cette blague est sponsorisée par les dernières grosses productions comiques françaises).

Après qu’un assistant caméra se soit fait poignarder dans la maison de Michael Myers, il est temps pour nos candidats de rentrer d  ans la dite demeure afin de partir donc à la quête du secret derrière les meurtres de Michael Myers. Chaque candidat se voit ainsi porter des caméras sur eux afin que les spectateurs puisent observer l’émission sous tout les angles et aux producteurs d’essayer de toucher au found footage à une époque post Blair Witch mais pré Paranormal Activity (aussi connu sous point de non retour au niveau des petites productions horrifiques). C’est donc comme cela que, pendant que notre cuistot cherche des épices dans la cuisine (soupir…), Deckard peut la regarder à la télévision de la soirée costumée où lui et sont amis sont censés être Vincent Vega et Jules Winnfield.

HR9

C’est le moment que choisit Michael pour ENFIN se débarrasser de ces petits cons têtes à claques. Ainsi, chacun se fait tuer à son tour de manière variée, même notre ami fanatique de gastronomie qui finira poignardé après avoir balancé une punchline alimentaire. On aura beau rire, on vient de perdre le personnage le mieux écrit du film. Au final, Sara arrive à échapper à de nombreuses reprises grâce à l’aide à distance de Deckard ainsi que du producteur de l’émission, qui arrive à vaincre Michael Myers grâce au karaté (GROS SOUPIR) et en l’électrocutant dans les parties (vite, de la morphine !), ce qui poussera notre malheureux boogeyman à finir brûlé. Mais alors que son autopsie doit avoir lieu, il se décide à rouvrir un œil, synonyme de suite probable en cas de succès commercial et critique (Spoiler : ce ne fut pas le cas).

La projection finie, Liam se tourna vers Sara et Michael.

« Vous êtes d’accord, ce film est absolument mauvais ?»

Michael baissa la tête de honte.

« Bordel Michael, je sais qu’après tu t’es relevé avec le reboot de Rob Zombie et sa suite mais pourquoi t’être commis dans une telle nullité ? La mise en scène est vide et artificielle, les personnages sont creux,… Comment peut-on vouloir faire un film aussi vide après un bon retour tel qu’Halloween, 20 ans après ? »

« Si je peux me permettre… » murmura Sara.

« Quoi, vous l’avez trouvé bon ? » demanda Liam sur un ton fort énervé

« Non, pas du tout mais je me demande si le film ne fonctionne pas mieux comme  une critique de la télé réalité ? »

Le jeune homme fut dubitatif.
« Le côté purement artificiel de la mise en scène, les manipulations de l’émission afin de faire croire à leurs manigances, l’absence de travail de caractérisation,… Et si tout cela n’était qu’une manière à peine déguisée de critiquer le manque de fond des télés réalités et de faire d’un spectacle abrutissant une satire des mêmes émissions débilitantes télévisuelles ? Surtout que le film est sorti à une époque où ces émissions commençaient à apparaître et prêtaient déjà à la critique et la polémique, notamment sur le voyeurisme des spectateurs comme dépeints ici.»

Liam et Michael se tournèrent l’un vers l’autre interloqués avant de revenir vers Sara.

« Vous venez de défendre un film atrocement mauvais en le transformant en quelque chose de sensé et de pas mauvais ? »

« Il me semble.»

« Bon ben…Je crois que ma tâche est inutile désormais ».

Le critique pris ses affaires du plus profond de Raquel Welch (enfin du trou caché derrière son poster, ce n’est pas si compliqué bordel !) et sortit de sa chambre afin de regagner le monde extérieur quand Sara l’interpella.

« Attendez ! »

Il se tourna vers sa direction.

« Est-ce que vous reviendrez un jour afin de chroniquer les furoncles produits par le septième art ? »

Il lui adressa un sourire charmeur et lâcha :

« Seul l’avenir nous le dira ».

Il s’apprêtait à partir mais se retourna vite une nouvelle fois

« L’avenir mais aussi le nombre de vues de cette chronique ».

Il partit donc vers de nouvelles aventures, en quête des beautés et des monstruosités engendrés par le cinéma, laissant derrière lui une jeune infirmière, quelques bouteilles d’amaretto et un tueur en série qui allait se remettre à massacrer des jeunes tant qu’Hollywood ne le lâcherait pas.

La fin ?

L’armée des ténèbres par Sam Raimi

0

L-armee-des-tenebres-2

Pauvre, pauvre Ash… A peine a t-il réussi à survivre aux créatures qu’il a malencontreusement libéré qu’il se retrouve coincé en l’an 1300. Pour pouvoir rentrer à son époque, il devra prouver sa bravoure au roi Arthur et récupérer le Nécronomicon ex mortis, le tout en causant le moins de dégâts possibles sur son chemin…

20519648

La saga « Evil Dead » est en soi assez particulière car elle évolue au fil de chacun de ses volets pour donner des oeuvres à l’adn semblable mais différentes dans leur façon d’être. Ainsi, si le premier « Evil Dead » se voulait sérieux mais devint drôle dans son outrance, sa suite/remake » Evil Dead 2″ embrase son humour cartoonesque pour virer vers le gore potache et en allant plus loin dans sa mise en scène déjà remarquable (la poursuite de Ash par le démon dans la cabane en est un parfait exemple). Pour cette « Armée des ténèbres », « Evil Dead 3 » continue dans sa volonté humoristique en abordant le thème de la quête chevaleresque.

3054-evil-dead-3-l-armee-des-tenebres

Empli de gags en tout genres transformant notre héros en punching ball humain, « Evil Dead3 » prolonge sa veine comique mais limite son gore à quelques saillies afin de mieux aborder son histoire dans le domaine de l’aventure presque familiale. On sent un profond amour de Raimi dans ces récits de chevaliers ainsi que dans le stop motion à la Ray Harryhausen (ce qui était aussi le cas dans « Evil dead 2 »).

3078-evil-dead-3-l-armee-des-tenebres

Constituant encore un bricolage tels ses oeuvres précédentes au vu d’un budget trop limité pour son imagination débordante, « L’armée des ténèbres » accumule les scènes cultes et hilarantes (le « boomstick », l’affrontement de Ash et de ses clones de petites tailles, sa lutte contre le Evil Ash) tout en permettant à Raimi de faire un spectacle pouvant toucher un public que le gore des deux volets précédents pourrait repousser. Il réarrange ainsi sa saga pour apporter une touche « mythologique » tout en gardant ce qui faisait le charme des mésaventures de notre héros maladroit.Cette maladresse légendaire  est accentuée par une fin alternative préférée par son créateur qui l’abandonnera néanmoins dès la conception de l’assez bonne série « Ash vs Evil Dead » pour lui préférer son final d’origine.

evil_dead_3_23_fin

Bref, si certains effets spéciaux ont légèrement vieillis, cela n’empêche pas « L’armée des ténèbres » d’être, comme tout les volets d’Evil Dead (remake sérieux compris), hautement recommandable. Il n’y a qu’un mot pour résumer tout cela: Groovy…

The prodigies d’Antoine Charreyron

0

TheProdigiesAffiche

Jimbo Farrar travaille à la fondation Killian afin de chercher de futurs jeunes génies . Un jour, il découvre cinq jeunes partageant avec lui une intelligence rare et des capacités hors normes. Ceux-ci vont malheureusement se faire agresser à Central Park, ce qui exacerbera leur soif de vengeance déjà forte envers le monde. Est-ce que Jimbo saura les arrêter ou finira t-il par se joindre à leur cause ?

TheProdigies1

Adaptation en image de synthèse du roman de Bernard Lentéric « La nuit des enfants rois », « The prodigies » est l’exemple type de l’adaptation reprenant l’esprit de son oeuvre originale tout en la trahissant de multiples manières. On passe donc de petits génies à un récit proche d’une certaine manière à Furie, Akira ainsi que tout ces récits où de jeunes personnes se trouvent douées de capacités extra ordinaires aux conséquences violentes.

TheProdigies2

D’abord utilisé pour « adoucir » le contenu du livre, la technique de motion capture permet aussi au récit de s’affranchir de la physique au moment même où l’esprit des protagonistes s’affranchit de la réalité (justifiant aussi une utilisation de la 3D qui se trouve poussée dans ces instants tout en permettant d’approfondir le champ spatial). Les graphismes se trouvent par moments épurés et à d’autres assez réalistes, si l’on excepte des personnages néanmoins bien animés.

TheProdigies3

Comprenant des scènes relativement choquantes pour un jeune public (la mort des parents de Jimbo,le viol d’un personnage, le sort réservé à ses agresseurs), le film regorge d’une certaine brutalité qui aurait mérité néanmoins d’être plus exacerbée. Peut-être est-ce dû à la volonté de toucher un public plus jeune et plus large (notamment en adoptant un nom américanisant). Le récit reste solide et si l’on pourrait peut être reprocher l’inutilité de certains personnages, le parcours émotionnel traversé par certains est intéressant, tout en critiquant légèrement le concept des jeux télévisés.

TheProdigies5

Si à l’époque, « The prodigies » a été un échec commercial, il mérite largement d’être réhabilité au vu de son travail de mise en scène, l’effort mené sur l’animation et une volonté de fournir aux jeunes spectateurs un spectacle à la fois divertissant et dur tout en prônant une confiance envers le monde et le futur. Impossible de dire lequel du roman ou du film est le meilleur tant leurs récits divergent dans des horizons différents malgré une base identique mais les deux constituent des oeuvres jeunesses fortes qui osent faire preuve de confiance envers leur intellect, à l’opposé de beaucoup de films leur étant destiné sortis ces dernières années…

TheProdigies4

 

L’économie du couple par Joachim Lafosse

0

LEconomieDuCouple

« L’économie du couple », réalisé par Joachim Lafosse(« Nue propriété »),suit Marie (Bérénice Bejo, « The artist ») et Boris (Cédric Kahn, « Les anarchistes »), un couple parents de jumelles se séparant après quinze années de vie commune. Ils sont malheureusement forcés de cohabiter suite à leur mésentente financier. En effet, Marie a acheté la maison mais c’est Boris qui s’est occupé de sa rénovation, ce qui le pousse à réclamer la moitié de la valeur de leur habitation. Vu que les deux campent sur leurs positions, ils se voient contraints de vivre ensemble et se déchirer encore plus devant leurs deux petites filles…

1221963_leconomie-du-couple-joachim-lafosse-frappe-fort-web-tete-021931200843_1000x300

Le premier plan sonne comme une note d’intention : on suit Marie rentrant chez elle avec ses enfants de manière joyeuse dans un décor illuminé. Tout semble aller au mieux jusqu’à l’apparition dans le champ de Boris, ce qui va augmenter l’exaspération naissante de son ex compagne. L’entièreté du film se jouera donc avec ce déchirement entre les deux et leur rupture qui se marquera à l’image (les ruptures de plan dans le dîner des filles).

l-economie-du-couple-cannes-2016-956298

Se basant sur une situation fortement crédible en cette période économique fortement chargée, Joachim Lafosse nous fait vivre un drame moderne de manière réaliste. Aidé par des acteurs investis, il nous brosse des personnages vivants et sincères, au point que l’on se sent souvent contre balancé entre les revendications de Marie et Boris.

089404

Ainsi, le réalisateur nous plonge au plein coeur d’un dilemme qui se déroulera presque entièrement dans la maison avant de la quitter à la fin de son récit avec l’aide de longues séquences afin de mieux nous immerger dans cette lutte tournant autour de ce logement. D’ailleurs, comme l’a fait remarqué Joachim Lafosse, le terme « économie »,si il englobe aussi la partie financière, vient du grec « oikonomia » qui signifie gestion de la maison. La mésentente entre Boris et Marie ne vient donc pas uniquement de la valeur pécuniaire de leur habitation mais aussi dans ce qu’elle symbolise en elle-même dans leur famille déchirée.

leconomie_du_couple_-_versus_production_c_f._maltese_basse_def

Faussement solaire, « L’économie du couple » est un excellent huis clos qui mérite le coup d’oeil. En plus, un film qui arrive à être créer une scène poignante avec « bella » de maitre gims ne peut pas être mauvais…

léconomie-du-couple-affiche-belge

 

Freddy contre Jason de Ronny Yu

0
Quid d'un duel qui s'annonçait légendaires entre deux monstres du cinéma d'horreur?

FvJ1

Imaginez-vous en train de préparer un plat. Vous décidez de cuisiner quelque chose d’original mais prometteur. Vous décidez donc de prendre deux ingrédients assez opposés l’un à l’autre mais que vous appréciez grandement. Vous les mélangez puis vous décidez de goûter le résultat. Résultat : Amer (non, je ne parle pas du film d’Hélène Cattet et Bruno Forzani) avec un arrière-goût intéressant mais pas assez fort pour compenser l’échec de votre plat. Cette allégorie correspond tout à fait à « Freddy contre Jason ».

FvJ2

Freddy Krueger ne peut plus agir dans le monde réel car les jeunes l’ont oublié. Il décide donc de faire revenir à la vie Jason Voorhees pour commettre des meurtres et rappeler aux adolescents du quartier son existence. Malheureusement pour lui, alors qu’il revient en service, Jason se met à le précéder dans l’équarissage de jeunes abrutis, ce qui va mener à une lutte entre ces deux monstres sacrés du cinéma fantastique.

FvJ3

Annoncé par le plan final de « Jason va en enfer » (si vous n’avez pas vu celui-ci, RATTRAPEZ VOTRE ERREUR TOUT DE SUITE !), la réunion de  Freddy Krueger et Jason Voorhees relevait autant de l’idée de génie que du projet à problèmes. Certes, voir s’affronter deux monstres célèbres dans le domaine horrifique donne envie mais de l’autre côté, ceux-ci sont totalement opposés avec d’un côté, un croquemitaine bavard et vanneur, prompt à rire de ses victimes et de l’autre, un tueur muet et implacable ne prêtant que peu d’intérêt à la manière tant que l’efficacité y est. Les réunir dans un même film avait quand même quelques aléas. Mais qu’importe, tant qu’on a un duel s’annonçant graphique et pop cornesque à souhait.

FvJ5

Mauvaise pioche : nous passerons une plus grosse partie du temps avec des personnages têtes à claques et mal écrits. L’idée aurait pu être intéressante si plus de soin avait été apportée aux protagonistes mais quelle est l’utilité de rester avec des stéréotypes ambulants ? Autant apporter de l’intérêt à ses héros, même si leur unique but n’est que de finir en chair à pâté, si c’est pour passer l’essentiel du film en leur compagnie. Tout y passe entre l’héroïne au passé « douloureux », son amour de jeunesse « mystérieux », l’amie confiante, le drogué de service et le type amoureux dont tout le monde se fout. Nous sommes plongés au milieu d’un concours pour déterminer qui est le plus fade et les résultats sont serrés. Tout cela relève donc de la perte de temps, surtout avec un récit balisé à souhait fourré aux scènes débiles (L’amie qui critique Freddy sur la taille de ses griffes…)

FvJ4

En ce qui concerne nos deux méchants de service, nous sommes moins dans un « Freddy contre Jason » qu’un « Freddy featuring Jason ». Le meurtrier de Crystal Lake est souvent mis de côté, servant plus d’acolyte qu’autre chose au croque mitaine d’Elm Street. Tout le film semble tourner autour de Freddy, se moquant souvent de son compagnon de meurtre, pantin au service d’un récit centré sur la figure crée par le regretté Wes Craven. Rapide comparaison avec les ignobles « Alien Vs Predator » : bien que d’une qualité exécrable, ceux-ci équilibraient au moins la présence des deux extra-terrestres. Rien de tel ici : Jason n’est qu’un jouet utile quand le scénario le demande, au point de devenir vers la fin un anti héros de service.
FvJ6

Est-ce que la catastrophe est complète ? Pas entièrement. En effet, les meurtres qui essaiment le récit relèvent l’intérêt de tout spectateur en quête d’hémoglobine. On peut même apprécier la lutte finale entre les deux personnages, assez plaisante même si n’atteignant que rarement le potentiel épique qui devrait advenir de l’union de ces deux monstres sacrés du cinéma d’horreur.

Fv7

Pour revenir à notre début d’article, ce qu’il aurait convenu pour réussir la recette aurait été un meilleur dosage des ingrédients principaux et peut être aller plus dans l’originalité en rajoutant quelques épices afin de rehausser le plat. Au final, « Freddy contre Jason » laisse un goût bien amer et relève plus du film de fond pour une soirée bière-pizza entre potes qu’en divertissement gore de qualité.

Fvj7