Freddy contre Jason de Ronny Yu

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Imaginez-vous en train de préparer un plat. Vous décidez de cuisiner quelque chose d’original mais prometteur. Vous décidez donc de prendre deux ingrédients assez opposés l’un à l’autre mais que vous appréciez grandement. Vous les mélangez puis vous décidez de goûter le résultat. Résultat : Amer (non, je ne parle pas du film d’Hélène Cattet et Bruno Forzani) avec un arrière-goût intéressant mais pas assez fort pour compenser l’échec de votre plat. Cette allégorie correspond tout à fait à « Freddy contre Jason ».

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Freddy Krueger ne peut plus agir dans le monde réel car les jeunes l’ont oublié. Il décide donc de faire revenir à la vie Jason Voorhees pour commettre des meurtres et rappeler aux adolescents du quartier son existence. Malheureusement pour lui, alors qu’il revient en service, Jason se met à le précéder dans l’équarissage de jeunes abrutis, ce qui va mener à une lutte entre ces deux monstres sacrés du cinéma fantastique.

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Annoncé par le plan final de « Jason va en enfer » (si vous n’avez pas vu celui-ci, RATTRAPEZ VOTRE ERREUR TOUT DE SUITE !), la réunion de  Freddy Krueger et Jason Voorhees relevait autant de l’idée de génie que du projet à problèmes. Certes, voir s’affronter deux monstres célèbres dans le domaine horrifique donne envie mais de l’autre côté, ceux-ci sont totalement opposés avec d’un côté, un croquemitaine bavard et vanneur, prompt à rire de ses victimes et de l’autre, un tueur muet et implacable ne prêtant que peu d’intérêt à la manière tant que l’efficacité y est. Les réunir dans un même film avait quand même quelques aléas. Mais qu’importe, tant qu’on a un duel s’annonçant graphique et pop cornesque à souhait.

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Mauvaise pioche : nous passerons une plus grosse partie du temps avec des personnages têtes à claques et mal écrits. L’idée aurait pu être intéressante si plus de soin avait été apportée aux protagonistes mais quelle est l’utilité de rester avec des stéréotypes ambulants ? Autant apporter de l’intérêt à ses héros, même si leur unique but n’est que de finir en chair à pâté, si c’est pour passer l’essentiel du film en leur compagnie. Tout y passe entre l’héroïne au passé « douloureux », son amour de jeunesse « mystérieux », l’amie confiante, le drogué de service et le type amoureux dont tout le monde se fout. Nous sommes plongés au milieu d’un concours pour déterminer qui est le plus fade et les résultats sont serrés. Tout cela relève donc de la perte de temps, surtout avec un récit balisé à souhait fourré aux scènes débiles (L’amie qui critique Freddy sur la taille de ses griffes…)

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En ce qui concerne nos deux méchants de service, nous sommes moins dans un « Freddy contre Jason » qu’un « Freddy featuring Jason ». Le meurtrier de Crystal Lake est souvent mis de côté, servant plus d’acolyte qu’autre chose au croque mitaine d’Elm Street. Tout le film semble tourner autour de Freddy, se moquant souvent de son compagnon de meurtre, pantin au service d’un récit centré sur la figure crée par le regretté Wes Craven. Rapide comparaison avec les ignobles « Alien Vs Predator » : bien que d’une qualité exécrable, ceux-ci équilibraient au moins la présence des deux extra-terrestres. Rien de tel ici : Jason n’est qu’un jouet utile quand le scénario le demande, au point de devenir vers la fin un anti héros de service.
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Est-ce que la catastrophe est complète ? Pas entièrement. En effet, les meurtres qui essaiment le récit relèvent l’intérêt de tout spectateur en quête d’hémoglobine. On peut même apprécier la lutte finale entre les deux personnages, assez plaisante même si n’atteignant que rarement le potentiel épique qui devrait advenir de l’union de ces deux monstres sacrés du cinéma d’horreur.

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Pour revenir à notre début d’article, ce qu’il aurait convenu pour réussir la recette aurait été un meilleur dosage des ingrédients principaux et peut être aller plus dans l’originalité en rajoutant quelques épices afin de rehausser le plat. Au final, « Freddy contre Jason » laisse un goût bien amer et relève plus du film de fond pour une soirée bière-pizza entre potes qu’en divertissement gore de qualité.

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Liam Debruel

Amoureux du cinéma. À la recherche de films de qualités en tout genre,qu'importe la catégorie dans laquelle il faut le ranger. Le cinéma est selon moi un art qui peut changer notre vision du monde ou du moins nous faire voyager quelques heures. Fan notamment de JJ Abrams,Christopher Nolan, Edgar Wright,Fabrice Du Welz,Denis Villeneuve, Steven Spielberg,Alfred Hitchcock,Pascal Laugier, Brad Bird ,Guillermo Del Toro, Tim Burton,Quentin Tarantino et Alexandre Bustillo et julien Maury notamment.Écrit aussi pour les sites Church of nowhere et Le quotidien du cinéma. Je m'occupe également des Sinistres Purges où j'essaie d'aborder avec humour un film que je trouve personnellement mauvais tout en essayant de rester le plus objectif possible :)

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