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Nicolas Perreau

Nicolas Perreau
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Le cinéma c'est ma vie !! J'aime beaucoup de réalisateurs, Ridley Scott, David Lynch, Bong Joo Ho, Hayao Miyazaki etc... Et mon film ultime c'est Blade Runner ! Bonne lectures de mes modestes articles !

Benny and Joon de Jeremiah Chechik

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Benny et Joon

Réalisé par Jeremiah S. Chechik

Pays : États-Unis

Sorti en 1993

Avec : Johnny Depp, Mary Stuart Masterson, Oliver Platt, …

Genre  : Comédie dramatique, romance

 

 

L’avis de Nicolas

Traiter de l’handicap au cinéma est toujours délicat. Il s’agit de ne pas tomber dans une caricature cynique et moqueuse et pouvoir également éviter le misérabilisme ou encore l’éloge de bon sentiment qui empêcherait le film d’aller au delà de son sujet.

Benny and Joon de Jeremiah Chechik réussi à ne pas tomber dans ces travers. Benny and Joon sont frères et sœurs et vivent ensemble. Joon est atteinte d’un handicap mental qui l’empêche de vivre correctement en société. Elle s’enferme donc dans une bulle fantasmagorique qui la pousse parfois à être violente. Benny tente de la protéger et lui trouver des aides qu’elle refuse. Benny hésité à l’envoyer dans un centre spécialisé jusqu’au jour où Sam arrive…

Benny and Joon est un beau film d’une grande simplicité qui arrive à traiter son sujet avec une grande douceur tout en abordant la relation si particulière de Benny et Joon sous un angle dramatique et émotionnel.

 

Le film traite de la difficulté de vivre avec une personne atteinte d’une maladie mentale. Les points de vues de Joon et Benny sont très bien représentés et permettent au spectateur de s’imprégner des personnages et de les comprendre.

L’arrivée de Sam est à la fois un élément perturbateur et un espoir de liberté qui s’offre à Joon.
Celle-ci ne peut pas vivre en société selon la thèse présentée à l’ouverture du film. Cependant Sam s’avère être là preuve du contraire.

Au delà d’être un archétype, Sam est un personnage extravagant magnifiquement interprété par le jeune Johnny Depp.
Cet hurluberlu s’avère être une réincarnation de Buster Keaton. Un clown mélancolique et extravagant qui apportera beaucoup à Joon.

Mary Stuart Masterson incarne très bien Joon et ne livre pas une interprétation grotesque de la maladie mentale. Aidan Quinn joue également très bien le frère dépassé par les évènements qui apprendra beaucoup de sa soeur et Sam.

Benny and Joon n’est peut être pas un grand film de cinéma mais il représente très bien son propos en passant par la case d’une douce émotion très loin d’être dénuée de pertinence.

Rimini a ressorti le film en Dvd et Blue Ray le 18 novembre. L’édition possède un très beau master qui rend justice à la photographie du film. Elle est accompagnée des essais costumes et maquillages, de scènes coupées et du clip I’m Gonna Be (500 Miles) interprété par The Proclaimers.

Foncez donc sur ce beau film qui vaut sacrément le coup si vous voulez vivre un moment de douceur humaniste.

 

 

L’avis de Liam

Il est dur de ne pas tomber sous le charme de ce film, notamment grâce à l’édition fournie par Rimini.

Depuis la mort accidentelle de leurs parents, Benny s’occupe de sa sœur Joon, fragile et asociale, sujette à des accès de rage et de violence qui font fuir leur entourage. L’arrivée de Sam, jeune illettré presque muet qui a adopté les manières et le costume de Buster Keaton, va bouleverser la vie du frère et de la sœur.

Se connecter à quelqu’un, c’est dur. Il faut que cette autre personne parvienne à nous accepter avec notre bagage émotionnel, en espérant que celle-ci nous aide à le porter tout en faisant de même avec les propres valises de son passé. Parfois, il faut se reconstruire et puis parvenir à avancer dans une direction peut-être inconnue mais dont les promesses d’évolution devraient nous permettre de marquer une nouvelle étape dans notre existence. C’est cela que parvient à aborder « Benny et Joon », avec une douceur qui nous touche en permanence.

Les héros du titre sont un frère et une sœur, marqués par la perte de leurs parents et leurs comportements opposés, lui s’inscrivant dans une vie plus instituée tandis qu’elle n’arrive justement pas à trouver sa place dans ces normes par sa personnalité. L’écriture et la relation établie entre Aidan Quinn et Mary Stuart Materson parviennent à fonctionner par une tendresse qui se dessine au-delà de leurs propres frustrations. Pas étonnant dès lors qu’ils donnent leur nom au long-métrage au vu de ce cœur sentimental qui bat fort, très fort.

L’arrivée de Sam arrive alors comme une double confrontation. Pour Joon, c’est trouver enfin quelqu’un qui la comprend. Quant à Benny, c’est laisser sa sœur faire ses propres choix de vie pour que lui puisse mener la sienne. Ce trio offre beaucoup de moments de douceur qui poussent chaque personnage à s’affirmer par ses décisions et sa personnalité. La manière dont Benny, Joon et Sam parviennent à se soigner et trouver une direction dans cette grande question qu’est l’existence est illustrée avec un certain charme par une mise en scène évitant le tape à l’œil ou le larmoyant pour mieux fonctionner.

Le Blu-Ray fourni par Rimini s’avère comme toujours aussi qualitatif, comme tous ceux fournis par l’éditeur, qui propose ce film pour la première fois en haute définition. Concernant les suppléments, ceux-ci comprennent des essais costumes et maquillage de 18 minutes, 5 minutes de scènes coupées ainsi que le clip d’ « I’m gonna be (500 miles) ».

Sans tomber dans le jugement facile, « Benny et Joon » est un joli moment de poésie où les personnes brisées se réparent par l’amour et le soutien de leurs proches. Porté par trois acteurs tout bonnement jolis, c’est un film d’une tendresse forte qui se retrouve une nouvelle jeunesse.

La Condition de l’Homme de Masaki Kobayashi

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Film en trois parties

Réalisé par Masaki Kobayashi

La condition de l’homme: Il n’y a pas de plus grand amour

Sorti en 1959

Genre : Historique, guerre

Avec : Tatsuya Nakadai, Michiyo Aratama, Chikage Awashima

Le chemin de l’éternité

Sorti en 1959

Avec : Tatsuya Nakadai, Kei Satō, Michiyo Aratama

Genre : historique, guerre

La Prière du soldat

Sorti en 1961

Avec : Tatsuya Nakadai, Kunie Tanaka, Tamao Nakamura, Michiyo Aratama

Genre : Historique, guerre

 

 

Elle est enfin disponible ! La grande trilogie de Masaki Kobayashi, La condition de l’homme est disponible depuis le 4 novembre 2020 chez Carlotta dans un magnifique coffret blue ray.

Masaki Kobayashi est peut-être un des plus grands cinéastes japonais que l’histoire ait pu connaître. C’est l’homme derrière Hara Kiri, Kwaïdan qui réalise avec la Condition de l’homme son œuvre la plus ambitieuse.

 

La Condition de l’Homme est une trilogie qui revient sur la 2e Guerre mondiale et son impact sur un Japonais nommé Kaji qui refuse de partir au combat et devient administrateur d’un camp de prisonniers chinois, il sera alors témoin des pires atrocités concernant le traitement des prisonniers.

Ce qui frappe avec cette trilogie est la maîtrise qu’a Kobayashi du langage cinématographique. Il offre avec cette œuvre un ensemble de séquences toutes plus marquantes les unes que les autres. L’impact émotionnel n’est jamais réduit.

Ces éléments de mise en scène fonctionnent parce que Kobayashi arrive à développer l’ambition qui se cache derrière celle de son œuvre. Il conte véritablement la condition de l’humain par le prisme du conflit et se sert de la figure de Kaji pour traiter l’humain de manière générale. Kaji est à la base un humaniste qui va être confronté aux pires exactions de l’humanité au point d’en être un acteur vers la fin de la trilogie.

La condition de l’homme s’ouvre à chaque fois par une fresque chaotique et violente. Celle-ci représente bien les trois films. La désolation, la fin n’a jamais été aussi bien traitée que dans La condition de l’homme dont on retiendra ce plan final de la troisième partie d’une violence émotionnelle et morale sans précédent.

L’édition de Carlotta est d’une très grande qualité, la restauration offre un second souffle à ce monument du cinéma en étant accompagné d’un livret de 32 pages revenant sur les trois films.

Il est donc fortement recommandé de se procurer La condition de l’homme de Masaki Kobayashi qui, au-delà d’être un classique est un film monumental qui s’empare totalement de son sujet pour traiter de l’humain comme personne ne l’aurait fait.

4 œuvres de jeunesse de Milos Forman

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L’audition

Réalisé par Milos Forman

Sorti en 1964

Avec : Jiri Suchy, Jiri Slitr, Marketa Krotka

Genre : Drame, Musique
 

L’as de pique

Réalisé par Milos Forman

Sorti en 1964

Avec : Ladislav Jakim, Pavla Martinkova, Jan Vostrcil

Genre : drame, comédie

 

Les amours d’une blonde

Réalisé par Milos Forman

Sorti en 1966

Avec : Hana Brejchova, Vladimir Pucholt, Vladimir Mensik

Genre : comédie, drame, romance

 

Au feu, les pompiers !

Réalisé par Milos Forman

Avec : Jan Vostrcil, Frantisek Debelka, Josef Sebanek

Sorti en 1968

Genre : comédie, drame

 

 

 

Carlotta a sorti le 9 novembre 2020 un sublime coffret Dvd et Blue Ray regroupant quatre œuvres du grand cinéaste tchécoslovaque Milos Forman. Avant d’avoir offert une magnifique carrière aux Etats-Unis regroupant des chefs-d’œuvre comme Amadeus, Vol au dessus d’un Nid de coucou ou encore Man on The Moon.

 

Les Amours d’une Blonde

Ces quatre films sont issu de sa période tchèque. Il y a donc L’audition, L’as de pique, Les amours d’une blonde et Au feu, les pompiers !
Ce qui est passionnant est le fait de constater que dès son début de carrière il développe une approche très personnelle du septième art.

L’audition

Il commence par deux documentaires regroupés dans le coffret avec le film l’Audition. Un intérêt pour la jeunesse et la liberté se fait déjà ressentir. Forman, à travers ces quatre films traite de la jeunesse et du goût de la liberté que l’on peut observer dans Les Amours d’une Blonde, l’As de Pique ou encore l’Audition.

Avec Au feu les Pompiers il verse dans la comédie potache et mélancolique en traitant de pompier vieillissant qui tentent de rendre hommage à un des leurs avec une tombola. On y verra la chute de l’esprit de communauté par l’intermédiaire d’une soirée qui va s’avérer être un échec.

 

Au feu, les pompiers

D’ailleurs, des acteurs sont récurrents dans chacun de ces films. Forman avait déjà un goût prononcé pour les personnages « à gueule ». Il les filme avec une grande tendresse qui permet de les rendre iconiques.

Ces films sont donc la base d’une filmographie passionnante d’un auteur mélangeant très bien les styles. On ressent déjà le lyrisme et le baroque qui apparaîtra plus tard dans Amadeus ou encore Man on The Moon.

l’As de pique

La découverte de ce coffret est fortement recommandable sachant que la restauration offerte par Carlotta est exceptionnelle. On pourra également retrouver dans le coffret 4 analyses exclusives et le documentaire de Luc Lagier « Milos Forman années 60″.

Foncez donc découvrir ces œuvres de jeunesses qui ont beaucoup de charme et dressent le portrait d’un cinéaste passionnant qui aura livré une filmographie éclectique et si personnelle.

La Tente Ecarlate de Roger Young

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Réalisé par Roger Young

Sorti en 2014

Avec Morena Baccarin, Minnie Driver, Iain Glen

Genre : Drame/historique

 

 

La Tente écarlate est une mini série réalisée par Roger Young et sortie en 2014.

La série est inspirée d’un épisode biblique. 1500 avant J.-C, Dina (incarnée par Rebecca Ferguson) vit une enfance heureuse à l’intérieur de la tente rouge, où les dames de sa tribu se réunissent et partagent les traditions et les troubles de la femme antique. Cependant cette indépendance va être mise à mal ce qui provoquera un bouleversement dans la vie de Dina qui affrontera sa famille et sa fracture.

La Tente écarlate est une série intéressante dans sa façon de montrer la fragilité de la cellule familiale. En reprenant un événement biblique, Young réalise une œuvre intéressante qui souffre peut être d’une réalisation maquant parfois d’impact. La série touche tout de même assez juste car elle arrive à rendre ses personnages féminin suffisamment passionnants pour que l’on soit pris par celle-ci. Rebecca Ferguson y est impériale, les second rôles sont parfois un peu inégaux (l’un des frères de Dina manque peut être de présence) mais l’ensemble est plutôt maîtrisé en terme de jeu.

La Tente écarlate est sorti en DVD chez CONDOR ENTERTAINMENT le 20 octobre 2020. La découverte de cette mini-série de 3h est largement recommandable malgré quelques défauts qui n’handicapent pas l’ensemble.

Crash de David Cronenberg

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Réalisé David Cronenberg

Sorti en 1996

Avec James Spader, Holly Hunter, Rosanna Arquette

Genre : Drame, érotique

 

 

 

 

 

l’avis de Nicolas

David Cronenberg est un immense cinéaste qui a toujours su s’imprégner des thématiques qui ressortent de son cinéma.

Sa filmographie est divisée en deux parties. Une première très orientée vers un body horror très prononcé et une deuxième qui s’oriente vers un cinéma plus « intellectuel ». Une seconde partie plus orientée vers le réel pour traiter des mêmes thématiques.

Cronenberg continue à traiter le corps de manière plus frontale.

Crash apparaît comme une sorte de transition vers cette deuxième partie de carrière.

Ici Cronenberg ça s’intéresser à un groupe de personnes obsédés par les accidents de voiture. Cette pratique leur procure une excitation sexuelle sans pareille.

 

Avec Crash, Cronenberg livre une œuvre très surprenante et d’une grande sensualité.
Il filme le corps de ses protagonistes d’une façon si forte qu’elle ne peut que provoquer des émois. Il met en scène le tout d’une manière classieuse et poétique, parfois brute de décoffrage.

Crash traite de fantasmes morbides pour finir sur une ode à la vie.
Cronenberg surprend avec Crash, car il arrive parfaitement à créer une transition

La photographie du film est magnifique, il suffit de prendre exemple sur une séquence montrant la conséquence d’un accident où la lumière est sublime.

Howard Shore compose une bande originale fantomatique et envoûtante qui représente d’une très belle façon l’œuvre de Cronenberg.

Carlotta ressort le film dans une édition restaurée assez impressionnante. L’image est d’une très grande qualité et participe à rendre justice à la photographie du film. Carlotta en profite pour sortir une magnifique édition collector accompagnée d’un livret de 200 pages très complet. Les bonus sont composés d’un making of du film, d’entretiens et de courts-métrages inédits.
Cette édition est sortie en deux versions avec deux illustrations différentes du fourreau. Le film est sorti également en Dvd et Blue Ray simple. L’édition collector inclut également le film en Blu-ray 4K Ultra HD.

Le film est disponible depuis le 21 octobre 2020, il faut absolument se le procurer, car il s’agit là d’une des plus grandes œuvres de Cronenberg en plus d’être très intéressant à situer dans sa si riche et passionnante filmographie.

 

 

L’avis de Liam

Au fur et à mesure des années, les coffrets Ultra Collector de Carlotta se seront établis comme des immanquables pour toute personne aimant le septième art. L’éditeur met en effet à chaque fois les petits plats dans les grands, que ce soit par la richesse des suppléments, l’intérêt des écrits constituant le livret habituel ou même tout simplement la qualité du film mis en avant. Le classique de David Cronenberg rentre bien sûr dans cette logique, profitant de cette sortie pour pouvoir être mis à nouveau dans la lumière de ces œuvres marquant profondément la chair (obsession Cronenbergienne par excellence).

Le Prix du Jury du festival de Cannes 1996 aborde ce besoin de se rapprocher le plus près et profondément possible du corps avec une forme de morbidité rappelant à l’eros et au thanatos. Cronenberg n’hésite pas à aller dans le graphique, notamment dans les blessures survenues suite aux accidents provoqués et dont la pénétration rappelle la fragilité de l’existence, l’orgasme par la nature proche de la mortalité. La voiture se transforme en passerelle et Cronenberg n’hésite d’ailleurs pas à cadrer avec autant de sensualité les courbes du corps et celles des carcasses marquées par les collisions, unissant le froid de la ferraille à la chaleur du corps.

 

Rien que cette dernière remarque sonne la force de l’union entre David Cronenberg et J.G. Ballard, l’auteur derrière le roman original et à l’œil critique envers le matérialisme (comme l’avait illustré Ben Wheatey dans une autre adaptation, « High Rise ».). L’irruption mécanique dans le couple sonne la remise à niveau sociétale d’une sexualité, le tout dans un érotisme explosif, bien aidé par le sens de l’esthétisme du metteur en scène canadien. La peur de la mort dans la voiture illustre aussi d’une façon la crainte de la fin d’un amour, faisant de l’acte de jouissance sur la défunte carcasse un pied de nez à notre obsolescence programmée.

Le livret de 160 pages accompagnant cette édition s’avère assez riche pour arrêter notre critique ici tant « Crash » constitue une œuvre toujours aussi unique, portée par le regard d’un Cronenberg qui parvient à ausculter dans le métal la chair des sentiments avec un talent indéniable. L’édition fournie par Carlotta devient alors une opportunité passionnante de jeter un premier ou nouveau regard sous le capot d’une mécanique de sang, de sexe mais toujours de sentiments.

La Trilogie de la Vie de Pier Paolo Pasolini

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La Trilogie de la Vie

 

Le Décaméron

De Pier Paolo Pasolini

Sorti en 1971

Avec Franco Citti, Ninetto Davoli, Pier Paolo Pasolini

Genre : Comédie dramatique

 

Les Contes de Canterbury

De Pier Paolo Pasolini

Sorti en 1972

Avec Franco Citti, Laura Betti, Hugh Griffith

Genre : Comédie dramatique

 

Les Mille et une Nuits

De Pier Paolo Pasolini

Sorti en 1974

Avec Ninetto Davoli, Franco Merli, Ines Pellegrini

Genre : Comédie dramatique, Aventure, Erotique

 

 

Carlotta a ressorti dans un magnifique coffret Blue Ray la Trilogie de la vie de Pier Paolo Pasolini le 12 octobre 2020.

Pasoloni est un cinéaste ambitieux qui a développé un intérêt pour les adaptations de grands récits mythologiques. Que ce soit avec L’évangile selon St Matthieu, Œdipe Roi ou encore Médée.
La Trilogie de la Vie est l’œuvre la plus ambitieuse du cinéaste qui regroupe trois adaptations de trois grands recueils de contes. Le premier film est adapté du Décaméron de Boccace, le second des Contes de Canterbury de Geoffrey Chaucer et le troisième des Mille et Une Nuits.

Avec ces adaptations, Pasolini retravaille complétement la forme de ces récits pour y ajouter son approche baroque et libre. Il profite de l’aspect film à sketches pour tordre les structures narratives et ne pas tomber dans des lourdeurs clichées et pesantes que l’on retrouve souvent dans le genre.

une photographie vertigineuse

Par exemple, il n’use pas du carton ou de la voix off pour marquer l’aspect littéraire ou structuré du récit qu’il adapte. Il se sert au contraire du cut pour manifester le changement de conte ou d’un personnage qu’il incarne. Par exemple dans les Contes de Canterbury, il incarne Geoffrey Chaucer qui rêve de liberté et de libertinage à travers les histoires qu’il écrit.
Cependant cette tradition ne se retrouve pas dans les Mille et une Nuits qui sera construit autour d’une linéarité structurelle qui demeure surprenante dans son exécution.

Coucou Paso !

Ce qui surprend au niveau des trois films de Pasolini est la présence très prononcée de la sexualité, mais aussi du drame ou encore la comédie. Pasolini représente la vie, la mort et se permet de toujours conclure ses films de manière positive.
La Trilogie de la Vie est donc bien évidemment une magnifique ode à la vie d’une ambition sans précédent.

Une ambition manifestée par les décors magnifiquement mis en scène par Pasolini. Il traite de différentes cultures avec cette trilogie et arrive à bien s’imprégner de l’architecture qui en découle. Il compose donc de véritables tableaux vertigineux en allant citer de grands peintres liés aux époques qu’il aborde comme Jérôme Bosch pour conclure Les Contes de Canterbury.

ne manque pas d’humour

Il fait aussi jouer des acteurs récurrents de sa filmographie qui seront présents dans les trois opus.

La Trilogie de la vie ressort donc dans une belle édition très bien restaurée possédant pas mal de bonus comme Un entretien avec l’acteur Ninetto Davoli et des scènes coupées des Mille et une nuits.

Jetez-vous donc sur ce morceau de cinéma qui ressort dans les meilleures conditions de visionnage possible pour le découvrir.

La maison aux sept pignons de Joe May

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Réalisé par Joe May

sorti en 1940

Avec : George Sanders, Margaret Lindsay, Vincent Price

Genre : Thriller, Drame

 

Le retour de Liam :

Adaptation d’un roman de Nathaniel Hawthorne, « La maison aux sept pignons » appuie rapidement sa nature de récit gothique, notamment par la présence de sa demeure, marquée par les malédictions. Cette maison va d’ailleurs être le fruit de nouveaux malheurs, entre trahisons, meurtre et cœur brisé par l’ambition de certains. On sent d’ailleurs ce même sentiment dans la volonté de Joe May de transcender un film à moyen budget en vrai drame portant la peur de l’annihilation de l’âme et les tragédies régissant toute destinée. Pressé par le studio (comme souligné dans le court livret accompagnant l’édition fournie par Rimini), le metteur en scène parvient à livrer un résultat assez classieux, parvenant à opposer ses personnages avec une réalisation qui soutient leurs drames.

Il est bien aidé en ce sens par le talent de son casting. Comment mettre de côté la prestation du légendaire Vincent Price, homme trahi par son frère et accusé de maux dont il n’est pourtant qu’une victime collatérale ? La destruction de sa personnalité joyeuse pour quelque chose de moins agréable se fait avec une tristesse forte, appuyant l’aura particulière entourant l’acteur. Néanmoins, il serait si injuste de faire fi du reste du casting, impeccable à souhait. On pense à George Sanders en frère mensonger ou à Margaret Lindsay, autre victime par son amour traversant les années et obstacles.

D’une élégance dissimulant la modestie de ses moyens, « La maison aux sept pignons » est un récit de trahison, de drame et d’amour où la malédiction d’une maison s’insère dans les profondeurs de l’âme pour détruire tout ce qu’elle peut contenir. Le Blu-Ray fourni par Rimini, comprenant une présentation du roman d’origine par l’essayiste et critique Pascal Français ainsi qu’un livret surtout concentré sur George Sanders, parvient à supporter la qualité du film de façon remarquable, poussant à une découverte rapide de ce titre.

 

Le retour de Nicolas

 

Rimini a sorti le 20 octobre 2020 en Blue ray et Dvd La Maison aux sept pignons, un film réalisé par Joe May adapté d’un roman gothique américain du même titre écrit par Nathaniel Hawthorne.

Le film s’inscrit donc dans la tradition du cinéma gothique en prenant place dans une demeure qui est marquée par une malédiction. Cette demeure est la place de problèmes d’héritage qui vont diviser la famille qui en hérite.
Ce qui est de suite intéressant est le choix de May qui consiste à mettre de côté la malédiction pour la faire revenir vers la conclusion du récit de manière intrusive. C’est ainsi que se créer un caractère fantastique qui n’est pas appuyé, mais discret de la même manière que dans Rebecca d‘Alfred Hitchcock.

D’un film qui semblerait petit et peu emblématique de prime abord est finalement prenant et très bien mis en scène. May choisit l’épure pour privilégier l’efficacité de ce qu’il montre à l’écran.

La Maison aux sept pignons comporte en plus un casting de grande qualité incarné par Vincent Price qui joue ici un frère trahi par sa propre famille pour des questions d’argent. L’injustice subite par le personnage est très bien amenée au point de révolter le spectateur.

Le visionnage de La Maison aux sept pignons est donc fortement recommandable sachant que l’édition de Rimini est accompagnée d’une interview d’un spécialiste du roman gothique et d’un livret de 28 pages consacré à la production du film et au comédien George Sanders.

Les Fleurs de Shangaï d’Hou Hsiao-hsien

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Réalisé par Hou Hsiao-Hsien

sorti en 1998

Avec Tony Leung Chiu Wai, Carina Lau, Michele Reis

Genre : Drame

 

 

 

Les Fleurs de Shangaï est un magnifique film Taïwanais qui ressort en version restaurée chez Carlotta le 12 octobre 2020 dans un somptueux coffret composé d’un livre inédit de 60 pages écrit par Charles Tesson intitulé « les fleurs de Shangaï, le prix des sentiments« . L’édition est composée de plusieurs bonus, « Un monde Flottant » qui revient sur le films, le documentaire Cinéma de notre temps réalisé par Olivier Assayas.

Le film sort également en blue ray et dvd single.

 

Les Fleurs de Shangaï est réalisé par un des maîtres de la nouvelle vague Taïwanaise, Hou Hsiao-hsien. Le film prend place dans une maison close chinoise réservée à l’élite masculine. On y suivra Wang, un haut fonctionnaire qui fréquente deux courtisanes.

Les Fleurs de Shangaï est un film d’une poésie absolument saisissante. En plus d’être construit de longs plans séquences qui permettent une imprégnation de chaque lieu par le spectateur. Ainsi la labyrinthique maison close devient claire comme de l’eau de roche.

Ces longs plans séquences permettent également de chapitrer le film pour lui donner un aspect littéraire fort bienvenu puisque celui-ci est librement adapté des Fleurs de Shanghai d’Han Bangqing.

Un autre élément intéressant est le fait qu’Hou Hsiao-hsien choisit de ne jamais filmer des scènes de sexe pour se concentrer sur de longs dialogues. Cet aspect offre au film une passionnante singularité.

Au delà de tout ces éléments, les Fleurs de Shangaï est surtout un film somptueux qu’il faut absolument découvrir. Un événement suspendu dans le temps, une visite dans un lieu interdit qui semble doux et obscur.

 

 

Mother’s Day de Charles Kaufman

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Réalisé par Charles Kaufman

Sorti en 1980

Avec : Nancy Hendrickson, Deborah Luce, Tiana Pierce

Genre : Epouvante-horreur, Thriller

 

 

 

L’avis de Liam

 

Il suffit de prononcer un mot en rapport avec un film pour directement capter son style. Ici, comment ne pas aborder « Mother’s day » sans parler de « Troma », la fameuse compagnie spécialisée dans les films de genre qui n’hésitent pas à aller dans tous les sens ? Si l’on rajoute que le réalisateur est le frère du créateur de l’entreprise, le légendaire Lloyd Kaufman, tout s’imbrique et vous devriez disposer déjà d’une certaine idée de ce qui vous attend en regardant ce « Mother’s day ».

 

coucou

Le film de Charles Kaufman suit ainsi le même chemin de nombreuses séries B horrifiques : des sadiques avec notamment une personne utilisant le lien familial comme pouvoir (terrifiante Béatrice Pons dans un rôle grimaçant mais clairement dérangeant), les victimes féminines, le gore, etc. On se situe largement entre le Slasher et le Rape and Revenge et les spécialistes du genre ne seront pas dépaysés. On sent également la nature mordante d’un point de vue social digne de la Troma, balançant cette famille en confrontation à un mode de vie typiquement américain sans faire ombrage de la critique envers celle-ci que le film adresse. Et il faut bien avouer que, même si certains aspects sont assez foutraques, il y a clairement des choses intéressantes à dire sur ce film. On renverra au livret de Marc Toullec accompagnant l’édition fournie par Rimini, toujours aussi concis que passionnant sur ce qu’il aborde.

deux sadiques particulièrement perturbants

À l’approche d’Halloween, « Mother’s day » devrait ravir les accros au cinéma de genre cherchant à enrichir leur culture de celui-ci. Si la nature crasseuse et par instants proche du bazar devrait diviser, le film porte bien la marque de la Troma et cette sortie physique chez Rimini devrait en ravir plus d’un.

 

 

L’avis de Nicolas

 

Sorti en 1980 et réalisé par Charles Kaufman, Mother’s Day est un slasher des années 80 fort amusant qui compile les bases du genre et une approche amateur fort bienvenue.
Charles Kaufman est le frère de Lloyd Kaufman, le fondateur de la grande maison de production de cinéma indépendant Troma.

Mother’s Day ressort dans une très belle édition chez Rimini le 15 octobre 2020. C’est comme toujours un combo Blu-ray DVD accompagné d’un livret et des bonus.

Le film est un donc un slasher très efficace qui traite d’un groupe d’adolescents qui se retrouvent capturés par une famille de tarés comme on les aime dirigé d’une main de fer par leur mère.
L’œuvre de Kaufman lorgne donc du côté de Massacre à la tronçonneuse en ajoutant une dimension comique et hystérique qui apporte un véritable plus à son ambiance.

en mauvaise posture…

On retrouve également la dimension violente et dramatique du film de Wes Craven, la Dernière Maison sur la gauche.
Mother’s Day puise donc chez ses prédécesseurs des éléments caractéristique du genre sans jamais tombé dans la redite et le copiage bête et méchant.

Le film de Kaufman possède sa propre approche et s’aventure du côté de la tragi-comédie bien sale et punk. C’est d’une liberté assez réjouissante qui pousse donc à la recommandation d’un tel film en plus de sortir en prévision d’Halloween.

A déguster sans modération !

Coffret 5 PINK FILMS

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Coffret regroupant 5 films 

Edité par Carlotta 

Sorti le 30 septembre 2020

Genre : Drame, érotique 

 

Suite à une crise du système des grands studios de cinéma japonais comme la Toho dans la moitié des années 60, le Pinku eiga.
Il s’agit d’un ensemble de films d’exploitation érotique distribué par des sociétés indépendantes.

Carlotta a sorti le 30 septembre 2020 un coffrets regroupant 5 grands classiques de ce mouvement cinématographique en Blue Ray et Dvd.

un cinéma du corps

Pourquoi s’intéresser à 5 films érotiques ? La question est ici légitime, car ce type de cinéma est noyé dans une vague de clichés qui lui enlève toute légitimité cinématographique.
Pour l’auteur de ces quelques lignes, ce constat est particulièrement triste puisque ce type d’approche du cinéma possède son lot de pépites et films intéressants.

Le cinéma érotique est bel et bien du cinéma. Un cinéma qui est peut-être moins accessible qu’un autre type qui serait plus « calibré » pour le grand public, mais ce premier possède tout de même un intérêt.

En se basant sur les 5 films du coffret, on peut déjà observer que ces œuvres sont produites dans un contexte particulier qui imprègne le sujet et la mise en scène de celles-ci.
Par exemple, Prière d’Extase de Masao Adachi est une réaction violente aux relations nippo-américaines.

Des jeunes japonais troublés et troublants

Adachi filme des jeunes Japonais qui se cherchent sexuellement. Une jeune fille de ce groupe s’est prostitué et a eu une relation sexuelle avec un professeur japonais, symbolisant les États-Unis, qui l’a pratiquement agressée et l’a engrossée.
Le cinéaste s’empare de l’érotisme pour créer des séquences de sexes perturbantes. Ce film n’est donc plus du tout un simple film érotique, mais un véritable drame humain et politique.

Ce parti-pris se retrouve d’ailleurs dans les autres films. Certains utilisent l’érotisme pour le mélanger à l’humour, d’autre l’incorporent dans une dimension dramatique.
D’autres s’inspirent de cinéastes japonais pour y inclure une dimension érotique sulfureuse et mélancolique. C’est le cas d’Une Famille dévoyée de Masayuki Suo qui reprend les codes de mise en scène d’Ozu.

OZU + Sex

Le coffret 5 Pink Films offre une gamme fournie qui initie le spectateur à un cinéma peu évident de prime abord, mais qui s’avérera passionnant après découverte.

Chaque film est accompagné d’une préface présentée soit par Dimitri Ianni, Stéphane du Mesnildot et Pascal-Alex Vincent.

Il faut donc se procurer 5 Pink Films si vous êtes prêt à entrer dans un univers cinématographique unique et passionnant !