Titre original : Dark Water- Date de sortie en salles : 31 août 2005 avec Buena Vista International
- Réalisation : Walter Salles
- Distribution : Jennifer Connelly, Tim Roth, Dougray Scott, John C. Reilly & Pete Postlethwaite
- Scénario : Rafael Yglesias d’après la nouvelle L’Eau Flottante de Kôji Suzuki & le film Dark Water d’Hideo Nakata
- Photographie : Alfonso Beato
- Musique : Angelo Badalamenti
- Support : DVD Touchstone zone 2 (2006) en 2,39:1 /105 min
Synopsis :
Une jeune femme tente de trouver un équilibre vacillant en cherchant un appartement afin d’y élever sa fille loin d’un ex-mari revanchard. Mais l’immeuble qu’elle déniche recèle des mystères qui se manifestent par des bruits de pas, des chuchotements et surtout l’infiltration persistante d’une eau sombre venue d’en haut…
Dark Water (à ne pas confondre avec Dark Waters, le film de Todd Haynes sorti en 2019) est au départ une histoire sombre, axée sur le mal-être et l’angoisse de la perte, mise en scène par Walter Salles, le cinéaste brésilien lauréat de nombreux prix et distinctions pour Carnets de voyage et d’un Oscar du Meilleur Film International en 2024 pour Je suis toujours là.
En 2005, il était invité à porter à l’écran un remake d’un film d’horreur japonais (par Hideo Nakata en 2003) lui-même adapté d’une nouvelle ancrée sur le thème de la maternité – un domaine que Salles avait exploré de fort belle manière dans Central Do Brasil (1998). Son remake américain s’inscrivait dans cette mouvance morbide initiée par Ring du même Hideo Nakata (1998), cependant les cinéphiles européens étaient prêts à critiquer toute tentative de lissage et de formatage hollywoodien habituel. Il est désormais notoire que le Cercle de Gore Verbinski (2002) – version américaine du précédent – s’il gagne en délire visuel, perd beaucoup de cet aspect dérangeant qui était l’apanage des films nippons préférant instiller une impression de malaise davantage que rechercher les effets choc et les séquences horrifiques, quitte à sacrifier le caractère plastique de l’oeuvre. La partie n’était donc pas gagnée d’avance mais Salles avait des atouts non négligeables pour emporter l’adhésion des spectateurs.
Au visionnage, les impressions peuvent être confuses, sûrement à cause des trois premiers quarts du film qui semblent vides et mornes, sans enjeu ni intérêt autre que celui de voir Jennifer Connelly, toujours sublime, tenter de garder le contrôle de sa vie de mère divorcée d’une jeune fille plutôt éveillée pour son âge. Les personnages qu’elle côtoie sont pour la plupart fades et sans épaisseur, malgré la présence du toujours juste Pete Postlethwaite dans le rôle d’un gardien d’immeuble pas très disert mais qui suscite interrogation et malaise ; on a connu John C. Reilly et Tim Roth dans des rôles bien plus marquants. Le contexte géographique ne manque pas d’intérêt : l’île Roosevelt, qui jouxte New-York City, constitue une sorte de microcosme imbriqué au climat perpétuellement maussade (tout le contraire de la réalité d’ailleurs, d’où une certaine ironie). Pris séparément, les éléments sont là qui peuvent induire un sentiment d’oppression et de tristesse, propice à l’irruption du fantastique ou du macabre. Mais cela ne fonctionne guère et on a juste l’impression de se débattre dans une intrigue floue qui hésite à se dévoiler.
La fin, sans parvenir à sauver l’ensemble, lui donne tout de même plus d’épaisseur, de sens et de substance dramatique. Ça paraît très laborieux toutefois mais l’histoire a au moins une fin, logique et simple, sans surprise… et somme toute acceptable, d’autant qu’elle colle davantage à la nouvelle originale qu’au film d’horreur japonais.
Pour le reste : amateurs d’angoisse, de morbide, de suspense, de gore ou de frissons, passez votre chemin. Le film de Salles n’instaure aucune ambiance palpable en dehors d’une sorte de morosité terne, baignant dans une luminosité à dominante verdâtre et à la photo recherchée, comme une copie sans âme de l’ambiance originelle. C’est le domaine visuel qui est sans doute le plus réussi, totalement assorti à la vision qu’en avait sans doute le réalisateur : l’eau est présente partout (dans la pluie, l’humidité ambiante, les coulures persistantes au plafond et sur les murs) et instille une sensation tenace de moiteur délétère. Cet élément liquide semble accompagner le développement chaotique du personnage de Dahlia (Jennifer Connelly) dans sa manière de tenter de rebondir face à l’adversité. La bande son et le score de Badalamenti n’apportent cependant rien à l’ensemble. Les spectateurs qui ont la chance d’être parents seront sans doute davantage touchés par la détresse de ce couple mère/fille et, en ce sens, parviendront à vibrer, un peu, sur le dernier quart d’heure. C’est déjà ça.
Malgré son relatif ratage, le film revint quelques années plus tard sur le devant de la scène du fait d’un épisode tragique en 2013 (l’affaire Elisa Lam) dont les circonstances rappellent étrangement celles décrites dans ce film pourtant réalisé huit ans plus tôt…
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