Sortie le 27 mai 2026

Titre original : Gunche

Nationalité : Corée du Sud

Durée : 2H02

Genre : Thriller Horreur

Réalisateur : Sang-Ho Yeon

Avec Gianna Jun – Kyo-hwan Koo – Ji Chang-Wook – Hyun-been Shi

 




Une bande-annonce mettant en scène des infestés peut provoquer un effet repoussoir immédiat, tant le genre est usé jusqu’à la corde.

Pourtant, le cinéaste Yeon Sang-ho les a chevillés au corps et sur la pellicule. Il le prouve une fois encore avec son dernier long-métrage.

​Colony est un thriller d’horreur sud-coréen dont l’action prend place lors d’une conférence sur les biotechnologies, au cours de laquelle un virus se propage subitement dans un immense gratte-ciel de Séoul. Tandis que les personnes infestées s’avèrent de plus en plus dangereuses, organisées et imprévisibles, les rescapés s’efforcent de comprendre l’origine de cette épidémie pour espérer y survivre.



​Ce qui frappe d’emblée, c’est à la fois la référence au Zombie de George A. Romero mais également, et plus encore, son extension. D’abord par son unité de lieu qui se referme sur les personnages comme un piège. À l’instar du centre commercial romérien, cet immense bâtiment devient un espace clos où les survivants sont autant menacés par l’extérieur que par leur propre intérieur.

​De plus, alors que Romero utilisait les morts-vivants pour pointer du doigt les comportements de masse et le consumérisme, Yeon bâtit sa propre critique sociale sur les dérives du capitalisme technologique et la recherche du profit à tout prix. Comme chez son aîné américain, la véritable menace n’est pas tant l’infection que les dynamiques de pouvoir et l’individualisme forcené.



​Dans la majeure partie des récits de contamination, les infestés sont présentés comme une masse chaotique privée de conscience. En inversant partiellement cette logique pour montrer des créatures capables d’une forme de coordination, Colony déplace la véritable anomalie du côté des vivants.

Dans cette perspective, les survivants deviennent les victimes de leurs propres turpitudes, enfermés dans des logiques individuelles de rivalité et de méfiance.

La tragédie naît alors moins du virus que de l’échec absolu de la communication humaine.



​Dès lors, un paradoxe cruel s’installe : les infestés ont perdu leur individualité mais gagnent en cohérence et en communion, tandis que les survivants, théoriquement libres, se révèlent incapables de dialoguer et d’agir ensemble.


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