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Liam Debruel

Liam Debruel
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Amoureux du cinéma. À la recherche de films de qualités en tout genre,qu'importe la catégorie dans laquelle il faut le ranger. Le cinéma est selon moi un art qui peut changer notre vision du monde ou du moins nous faire voyager quelques heures. Fan notamment de JJ Abrams,Christopher Nolan, Edgar Wright,Fabrice Du Welz,Denis Villeneuve, Steven Spielberg,Alfred Hitchcock,Pascal Laugier, Brad Bird ,Guillermo Del Toro, Tim Burton,Quentin Tarantino et Alexandre Bustillo et julien Maury notamment.Écrit aussi pour les sites Church of nowhere et Le quotidien du cinéma. Je m'occupe également des Sinistres Purges où j'essaie d'aborder avec humour un film que je trouve personnellement mauvais tout en essayant de rester le plus objectif possible :)

Speed racer de Lana et Lilly Wachowski

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Année de sortie : 2008

Pays: Etats-Unis

Réalisatrices : Lilly et Lana Wachowski

Casting : Emile Hirsch, Matthew Fox, John Goodman, Christina Ricci, Susan Sarandon

CHRISTINA RICCI as Trixie, SUSAN SARANDON as Mom Racer, JOHN GOODMAN as Pops Racer, EMILE HIRSCH as Speed Racer and KICK GURRY as Sparky in a scene from Warner Bros. Pictures’ and Village Roadshow Pictures’ action adventure “Speed Racer,” distributed by Warner Bros. Pictures. PHOTOGRAPHS TO BE USED SOLELY FOR ADVERTISING, PROMOTION, PUBLICITY OR REVIEWS OF THIS SPECIFIC MOTION PICTURE AND TO REMAIN THE PROPERTY OF THE STUDIO. NOT FOR SALE OR REDISTRIBUTION.

De tout temps, le cinéma a connu des échecs financiers désastreux qui se virent réhabilités au fur et à mesure des années. Ainsi, « Blade Runner », « Le magicien d’Oz » et « Citizen Kane » sont reconnus comme des classiques du cinéma malgré des recettes fort peu élevées à l’époque. « Fight Club » fait quasiment l’objet d’un culte et « Gremlins 2 » est remis en avant par son côté cartoonesque anarchique remettant en question le statut de suite tout en étant une critique très acerbe d’une forme agressive de capitalisme. A ces titres pourraient se voir rajouter « Speed Racer » des désormais sœurs Wachowski.

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Speed Racer est un jeune pilote doué marqué par le décès de son grand frère, qui était son modèle de vie. Alors que son talent commence à être remarqué sur les circuits, il va devoir faire face aux manigances d’un riche propriétaire d’équipe.

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Drôle de carrière que celle des Wachowski qui, après avoir été propulsés sous le feu des projecteurs par la trilogie « Matrix », sont au volant de gros véhicules qui se crashent au box-office. Et bien que leur petit dernier, bien que tentant l’originalité dans son esthétisme, pose encore question (ceux ayant vu « Jupiter Ascending » comprendront), il faut pourtant avouer que leurs films osent sortir des pistes. Ainsi, si nous n’allons pas revenir actuellement sur le superbe « Cloud Atlas » (venez voir notre live sur le sujet pour cela 😉 ), « Speed Racer », adaptation d’un anime japonais, démontre leurs qualités visuelles et narratives.

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Ainsi, sous des contours de film à la coloration saturée et aux innombrables effets spéciaux numériques destinés  à un public très jeune (le personnage du jeune frère et du singe), « Speed Racer » est un divertissement de haute volée, une folie furieuse aussi bien narrativement que visuellement. Les Wachowski n’hésitent pas par exemple à empiler les plans sans coupe aucune et à les faire suivre de manière homogène pour accélérer son rythme et ainsi plonger les spectateurs dans le même état d’esprit que nos héros. Les courses deviennent des exemples d’intensité et même des moments d’émotion (la course de départ où Speed « poursuit » le fantôme de son frère disparu). De plus, si certains effets spéciaux ont déjà un peu vieilli, leur style visuel est assez marquant (et fort inspiré de la source originale ainsi que des mangas en général, comme soulignés dans certaines séquences) pour se démarquer du simple divertissement décérébré sans oublier le travail de couleurs fulgurant dans certaines séquences (Rex Racer totalement assombri lors de son dernier moment avec son frère pour souligner la douleur que causera sa disparition dans l’esprit du héros).

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Les personnages, bien que hauts en couleur (ce qui n’est pas nécessairement un défaut, cela dit), suscitent une empathie non feinte, aidée par une histoire à la sous-lecture de critique hollywoodienne. Difficile donc de rester indépendant  lorsque l’on doit se démarquer d’autres personnes talentueuses, surtout quand l’on se trouve dans un milieu composé  d’industriels véreux n’ayant comme unique but que l’obtention de revenus à tout prix… Le tout en développant des liens forts entre certains personnages (aidés par des interprètes dévoués à leurs rôles).

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Ajoutez à cela une musique stimulante et tout aussi éclectique que ce film de la part d’un Michael Giacchino inspiré, et vous obtiendrez « Speed Racer », film familial de très grande qualité et fort recommandable. La preuve : lui aussi est destiné à rejoindre les titres cités plus haut au panthéon des œuvres incomprises à leur sortie mais qui marquent leurs spectateurs. Ce qu’est censé normalement faire tout film mais ça, c’est une autre histoire…

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Tarzan de Kevin Lima et Chris Buck

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Année de sortie : 1999

Pays: Etats-Unis

Réalisateurs : Kevin Lima, Chris Buck

Casting : Tony Goldwyn, Minnie Driver, Glenn Close, Rosie O’Donnell

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Alors qu’une nouvelle version live des aventures de Tarzan vient de sortir dans les salles, revenons sur l’une des plus célèbres adaptations sur grand écran avec la version animée par les studios Disney sortie en 1999.

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Tarzan est un enfant recueilli par des singes après la mort de ses parents, naufragés contraints de se réfugier dans la jungle avant d’être dévorés par un tigre. Il se voit élevé par Kala, une femelle gorille elle-même affectée par la mort de son bébé. Le jeune homme grandit alors au sein de la tribu, bien qu’il soit rejeté de par sa différence. C’est alors que des explorateurs arrivent dans son habitat…

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Le héros créé par Edgar Rice Burroughs (aussi derrière John Carter, qui a eu une influence énorme sur les récits de science-fiction contemporains) a connu de multiples versions de ses récits, notamment les douze films avec Johnny Weissmuller de 1932 à 1948 ou encore le « Greystoke » de Hugh Hudson avec Christophe Lambert en roi de la jungle. Mais pour une certaine génération (celle de l’auteur), la version Disney a eu une influence plus forte. Reprenant la trame générale, le studio aux grandes oreilles arrive à retranscrire une histoire connue de tous en arrivant à garder son statut familial. Si certains apports auraient pu être allégés (la scène musicale,les side kicks rigolos,  certaines chansons de Phil Collins), elles n’affectent en rien le récit et font partie de l’attachement que l’on peut éprouver envers ce film. De plus, le côté tout public n’empêche pas d’aborder des sujets sérieux comme le deuil (notamment par le montage partagé entre les épreuves vécues par Tarzan et sa famille ainsi que par Kala), l’intégration et le partage entre deux origines différentes (au vu des remarques racistes de certaines personnes à l’heure actuelle concernant la bi nationalité et les religions, revoir ce film serait une piqûre de rappel fort sympathique).

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La qualité de l’animation reste très bonne, en comparaison de certaines sorties de ces dernières années (quoi, vous avez pensé à « Pourquoi j’ai pas mangé mon père » ? Quel hasard…) et n’hésite pas ATTENTION SPOILER ! à montrer la mort de l’antagoniste d’une manière pouvant affecter les jeunes enfants (non, ce n’est pas du vécu…) FIN DU SPOILER ! Libéré des contraintes d’un tournage live, ce Tarzan en animation voltige et se permet des acrobaties qui pourraient sembler irréalistes avec des acteurs en chair et en os mais trouve ici une vraie liberté d’action qui sied aux mouvements acrobatiques du héros.

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Bref, si vous connaissez un enfant n’ayant jamais pu voir cette version du roi de la jungle, n’hésitez pas à la lui faire découvrir tout en restant près de lui afin de réveiller l’enfant qui sommeille en vous. Et puis, ce ne sera jamais aussi mauvais que la version animée de 2013…

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Les Sinistres Purges présentent: » World War Z » de Marc Forster

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Il faisait beau en ce mois de juillet. La température était chaleureuse mais néanmoins douce comme un chaton assoupi au soleil. Ils étaient toute une bande dans une voiture d’une marque que nous ne donnerons pas car Mercedes n’a pas encore payé l’intégralité de son versement  pour ce placement de produit. Jérémie était au volant avec Rubben à ses côtés et Nicolas,Michael,Carole et notre critique Liam à l’arrière afin de se rendre à une convention sur les Zombies, qui attirait par milliers fans du genre et nécrophiles de tout part. Vu les bouchons dans lesquels ils se trouvaient bloqués,ils se mirent à débattre  sur l’ultime question : « Quel est le meilleur film de zombies? ». Alors que toute la bande s’accordait au classique « Zombie » de Georges Romero (excepté Jérémie, plus orienté vers l’hilarant « Shaun of the dead » mais qu’on ne contredit pas car il était au volant. En effet,on ne contredit JAMAIS le conducteur, sous peine de largage sur une autoroute déserte habitée par une famille de cannibales adepte de la tronçonneuse), Liam lâcha d’une manière voulue subtile mais aussi lourde qu’une comédie d’Adam Sandler : »Justement, je pensais faire ma prochaine Sinistre Purge sur un film de zombies ». Tous se retournèrent vers lui.

« House of the Dead? »  « Non,je me suis déjà tapé du Uwe Boll une fois,c’en est assez »

« Resident Evil? »   « Ah peut-être une prochaine fois… »

« Virus Cannibale? » « Non, ça a l’air assez drôle et puis les articles de Christophe Lemaire dessus m’ont donné vachement envie de le voir »

Multiples propositions furent données, sans qu’aucune ne soit correcte. Liam prononça alors : »World War Z ».

Soudain, une explosion se fit entendre. Jérémie sortit pour voir ce qu’il en était quand un policier à moto exigea qu’il retourne dans sa voiture, ce qu’il fit. Le policier allait se mettre à l’engueuler quand il fut attaqué par…

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UN JUMP SCARE INCOHERENT ET RATE SOUS LA FORME D’UN CAMION QUI ARRIVE COMME SI DE RIEN N’ETAIT MALGRE LES FILES QUI DEVAIENT SE TROUVER DERRIERE LUI MAIS BON, C’EST JUSTE UNE EXCUSE POUR SURPRENDRE DES SPECTATEURS FRAGILES!.

En clair : BOUH!

Les passagers de la voiture étaient tous subjugués par cet outil narratif foireux mais Jérémie eut quand même l’idée de rouler derrière le camion qui libérait le passage en fonçant dans les voitures de devant avant de s’enfoncer lamentablement dans une camionnette à cause d’un frein défaillant dû à un scénario en manque de chaos. Et vu que Jérémie était intelligent, il se concentra sur sa conduite pour sortir de ce pétrin. En effet, qui serait assez bête pour se retourner pendant qu’il est au volant alors qu’il essaie d’échapper à une situation désastreuse avec le risque de voir une ambulance lui foncer dessus (douce ironie…) puis de devoir ramasser une peluche permettant de mesurer le temps de contamination de zombie pour prendre une autre voiture dont le propriétaire a eu la bonne idée d’abandonner avec les clefs sur le contact au cas où l’on en aurait besoin? En plus, si c’est pour resservir une sous intrigue avec une fillette qui a perdu son inhalateur et qu’il faut absolument passer dans un magasin pour en prendre un (alors que bon, un enfant en moins, ça fait une bonne réserve de nourriture pour 3 jour, demandez à Anthony Hopkins) et se retrouver ainsi à tuer un homme avec son fusil devant un policier qui vous ignorera car il doit absolument prendre la boite de petits pois dans le rayon derrière vous et que bon, on s’en fout des armes aux Etats-Unis (où il est plus facile de se procurer un pistolet pour tirer qu’un pistolet à manger),non merci hein.

Bref, nos compagnons arrivèrent à la Convention quand des militaires s’approchèrent de Liam.

« Le général Liénard a requis votre présence »

Vu que l’un d’entre eux ressemblait à Matthew Fox (mais bon, est-ce qu’on l’engagerait vraiment pour jouer une silhouette muette qui tire sur trois zombies avant de grimper dans un hélicoptère?) et qu’il est un grand fan de Lost (surtout la fin… Tiens, mon détecteur à trolls s’affole), Liam les suivirent afin d’arriver dans une grande salle tapissée de carte de pays et de chiffres sur des tableaux numériques, dont un qui n’arrêtait pas d’augmenter afin de se retrouver face à plusieurs hommes (et femmes aussi, halte au sexisme sacrebleu!).

« Monsieur Debruel, je vous remercie de votre présence. Voici le colonel Jabar, le sergent Lemogwai et le Chef du club des zombies et de ses fans Fontaine »

 » Quel jeu de mot immonde »

« En effet. »

« Et les autres personnes dans la salle? »

« Des figurants auquel on n’a pas le temps de donner de noms, vos introductions sont déjà bien trop longues comme ça »

« Que se passe t-il? »

« Il semblerait qu’en annonçant que votre prochaine Sinistre Purge porterait sur World War Z, vous avez réveillé un virus encore plus dangereux pour l’esprit humain que « Terminator Genysis » et ayant infecté de nombreuses personnes se déplaçant au moyen d’une foule en CGI immonde et pensant que c’est le meilleur film de zombies qui existe alors que c’est bien évidemment Zombie de Romero le meilleur »

Le sergent Lemogwai ajouta « Et Shaun of the dead »

« Et Shaun of the dead. »

« Et le remake de Snyder n’est pas mal non plus »

« Non, effectivement, il est bien.Bref, nous voyons de plus en plus de personnes vanter ce machin et y voir dedans un bon film alors que pour ma part, les mouvements de caméra dans tout les sens pour souligner le chaos ambiant ne m’ont pas permis de voir grand chose »

« Ah, c’est ça ce nombre de personnes infectées sur ce tableau qui ne fait que grimper? »

« Non, ça c’est le nombre de vidéos pornographiques que l’on télécharge en ce moment même grâce à notre ordinateur surpuissant afin de vérifier si c’est vraiment impossible. »

« Et pour repeupler l’humanité » ajouta Lemogwai

« Et pour repeupler l’humanité »

« Surtout avec des Japonaises »

« Oui Guy, les Japonaises sont superbes »

« Que dois je donc faire messieurs? » demanda notre critique

Ce fut au colonel Jabar de prendre la parole.
« Nous voulons que vous terminiez cette Sinistre Purge sur cette… »

« Sinistre Purge? »

« Oui mais surtout grosse daube aux zombies numérisés. Nous pensons que grâce à cela, les gens pourraient être guéris et voir à quel point ce film est mauvais. Déjà que ces cons ne font que mordre gentiemment avant de se casser comme si de rien n’était… ».

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Liam partit donc dans la salle cinéma la plus proche afin de mettre le restant du film et de pouvoir avancer dans cette critique bien trop longue accompagné de soldats dépourvus de noms (les figurants coûtent bien moins chers ) ainsi que d’un expert en zombologie.

« Ainsi vous êtes un expert dans ce domaine? »

« Oui monsieur! Je m’y connais absolument dedans! Je suis quasi le petit génie espoir de l’humanité! Est-ce que je peux vite aller aux toilettes avant le visionnage du film? »

« Oui tant que vous gardez votre fusil avec vous au cas où vous croiseriez un infecté. Et faites gaffe, le sol est glissant »

« Oui bien s… Woups! »

L’expert glissa sur le sol et, dans la chute, se colla accidentellement une balle dans la tête. Outre lui avoir mis du plomb dans la cervelle (bam tam tsouin), cette chute ABSOLUMENT NATURELLE ne déconcentra notre critique que quelques secondes, le temps d’inscrire le défunt au Prix Darwin avec la mention « Il a glissé, il est mort », réplique pouvant provoquer un fou rire incontrôlable ainsi qu’une libération de sécrétions dû au dit fou rire..

Malheureusement, le film projeté eut un problème de dysfonctionnement dû à un projecteur préférant se suicider que de montrer le restant de ce machin. Liam dut donc être évacué de la manière la plus discrète possible vers un autre cinéma. Heureusement, personne ne fut assez débile pour laisser son gsm allumé avec la sonnerie maximale en territoire dangereux, ce qui aurait pu provoquer une attaque d’infectés et le suicide d’un personnage secondaire mordu et déjà condamné pour avoir demandé au héros de contacter sa famille. En effet, il faudrait vraiment être un abruti pour faire ça…

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Le voyage se fit en avion (C’est ça de gagné grâce aux figurants) jusqu’à Jérusalem, capitale des complots sionistes et des leaders secrets de notre monde (pour l’anecdote, c’est d’ailleurs là que logent Raptor Jésus et le Monstre Spaghetti). Liam fit la connaissance avec un scientifique habitant la ville et qui, d’après la légende, aurait prévu la sortie du film et son résultat médiocre ».

« Vous savez, il faut savoir se préparer à tout dans notre pays. Avec tout ce qu’a vécu notre peuple et toutes ces blagues antisémites faciles à faire, on doit être au four et au moulin. C’est pour cela que nous avions prévu un plan de secours au cas où Hollywood déciderait de commettre ce machin »

Il tendit au jeune homme un bout de papier avec dessus un nom : Max Brooks.

« J’aurais bien voulu aider plus mais malheureusement le scénario doit avancer. C’est pour cela que nous avons une fille qui va se décider à chanter du Black M avec un micro à fond pour attirer les infectés et créer une péripétie en plus. Grâce à ça, le spectateur pense à autre chose et on peut insérer une scène où l’on coupe le bras d’un personnage, sans le cadrer évidemment vu notre classification tout publics, tout le monde sait que les films familiaux de zombies sont adorés »

Jérusalem se voit donc envahie de zombies suite à une mauvaise gestion de leur sécurité et est vraisemblablement détruite. Si un adepte des théories du complot pouvait m’expliquer en quoi ce film est de la propagande pro Israëlienne, cela m’aiderait car ça semble aussi cohérent que d’y voir un spot publicitaire contre le chalutage profond.

Liam grimpa vite alors dans un autre avion (le pilote du premier s’étant cassé alors qu’il a survécu à un tir nucléaire, vive la loyauté en période zombie) rempli de biélorusses et accompagné du lieutenant Cheap Furiosa. Malheureusement, un zombie avait eu la bonne idée de se cacher dans une armoire et de rester silencieux jusqu’au décollage (comme c’est pratique) et provoqua une vague de nouveaux infectés dans la classe éco (mais bon, ça reste moins horrible que les prix des aliments vendus par Ryanair). Les passagers de la première classe tentèrent de se protéger en empilant des valises mais bon, vu leur manque d’expérience dans le travail manuel, l’un d’entre eux renversa une valise ce qui fit réagir un infecté. Et alors que la révolution industrielle rêvée par Marx se vit appliquée d’une manière dont Karl n’aurait sans doute jamais imaginé, Liam piqua à Cheap Furiosa une grenade qu’il fit exploser ce qui provoqua le crash de leur avion.

Heureusement, Liam et Cheap Furiosa virent leur vie sauvée par … le fait qu’ils aient mis leurs ceintures. Comme quoi, quand les spots publicitaires disent que la ceinture de sécurité sauve, ils n’avaient pas torts! Bon, nos personnages ont aussi été aidés dans leur survie par leurs vêtements en poils de scénario, qui protège de tout sauf d’une boucle de ceinture dans le ventre pour essayer de faire croire que le héros pourrait mourir.

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Blessés, ils se réveillèrent tout deux en Ecosse dans un centre de l’ONU (aka le WHO pour World Health Organisation) où ils furent soignés par un docteur incarné par Peter Capaldi (Coïncidence? Je ne crois pas).

Liam put alors donner la solution qu’il avait trouvé pour anéantir le virus aux médecins présents

« Le film est tiré d’un roman de Max Brooks qui est énormément apprécié et de super qualité. C’est même d’ailleurs le plus choquant avec le film qui, en plus d’être un mauvais film, est une mauvaise adaptation d’un bouquin que même les rébarbatifs aux morts vivants pourraient apprécier! Nous n’avons qu’à l’utiliser! »

« Pour frapper les infectés? Mais je n’ai jamais vu quelqu’un mourir à coup de livres! Excepté ce type qui en a décapité un autre avec un exemplaire intégrale des Misérables… » lâcha un second rôle inutile.

« Mais non! On n’a qu’à le réimprimer pour que les gens le lisent! »

« Mais plus personne ne lit, personne n’en voudra » répliqua un autre second rôle qui n’aurait pu servir qu’à répéter tout haut les actions du personnage principal car le spectateur n’est sûrement pas assez intelligent pour le faire s’il n’était pas déjà payé pour apparaître dans cette critique.

« Sauf si on le donne gratuitement. Dès que c’est gratuit, les gens se jettent dessus, même si ils n’en veulent pas »

« Excellente idée! Et si pour fêter ça, on buvait des canettes d’une boisson gazeuse que nous ne mentionnerons pas car Pepsi n’a pas payé l’intégralité du versement? »

« Oh oui! Faisons le de manière pas discrète du tout en plaçant ce produit à la fin du climax tout en s’attardant sur la machine qui ne contient que cette marque (on n’avait pas les moyens pour du Dr Pepper) à un moment censé être chargé émotionnellement. A l’heure d’internet où chaque faux raccord et erreur de continuité est balancée en ligne, personne ne le remarquera! »

 

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Et c’est ainsi que le monde finit dans la joie et la paix, avec Liam retrouvant ses amis pendant que les gens commencèrent à découvrir le livre de Max Brooks et furent instruits par ses divertissants écrits .Quelques uns étaient déjà condamnés mais bon, ce sont des personnes qui ont trouvé que « Les nouvelles aventures d’Aladin » était drôle donc elles furent brûlées vives pour sauver leur âme dans un final pas du tout haïssable et ne rappelant surtout pas certains charniers commis dans l’histoire de l’humanité avec une volonté d’adoucissement par le prisme d’une belle famille américaine WASP. Tout semblait aller pour le mieux  mais ce n’est pas fini. On a gagné du temps par rapport à la suite qui est en préparation mais cela nous a donné une chance. Si vous pouvez vous battre, battez vous. Entre aidez vous. Soyez prêts à faire face. Notre guerre contre le cinéma de merde ne fait que commencer.

FIN?

Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre d’Alain Chabat

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Année de sortie : 2002

Pays: France

Réalisateur : Alain Chabat

Casting : Christian Clavier, Gérard Depardieu, Alain Chabat, Jamel Debbouze, Monica Bellucci

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L’adaptation sur grand écran d’une œuvre préexistante dans un autre milieu (comme le jeu vidéo, la littérature ou la bande dessinée) est très compliquée car il faut savoir garder l’esprit de l’œuvre originale tout en n’en faisant pas un simple copier-coller, mais également reconnaître la patte de l’auteur malgré ces conditions. Si un très grand nombre de ces adaptations n’arrivent pas à cocher toutes ces cases, il existe quand même des exemples de grande qualité comme l’excellentissime « Scott Pilgrim vs the world » d’Edgar Wright ou ce « Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre ».

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Reprenant la trame de la bande dessinée d’Uderzo et Goscinny, ces nouvelles aventures d’Astérix suivent nos deux gaulois et leur druide Panoramix en Egypte, où ils vont aider l’architecte Numérobis à construire un palais pour Cléopâtre. Celle-ci a en effet parié avec César qu’elle saurait bâtir le plus beau des palais en trois mois. Mais ils devront faire face, outre les troupes romaines, au malveillant rival de Numérobis, Amonbofis…
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Le succès de cette transcription sur grand écran de la fameuse bande dessinée est que son réalisateur, Alain Chabat, a rajouté son humour non sensesque dérivé de son univers Nullesque à l’intrigue d’origine, à l’opposé de certaines œuvres s’inspirant de ce succès en n’étant qu’une enfilade de (mauvaises) blagues sans histoire (pas besoin de donner d’exemple, vous pensez déjà tous et toutes aux « nouvelles aventures d’Aladin »). Ainsi, le mélange des styles d’humour d’Astérix et d’Alain Chabat donne un ensemble homogène digne de ravir n’importe quel amoureux de chimie.

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Tout public tout en n’étant pas infantilisant (Cf « Aladin »…), « Astérix et Obélix » déploie une énergie comique de tout instant, au contraire de beaucoup de grosses productions françaises récentes préférant l’approche téléfilm que cinématographique. Chabat n’hésite ainsi pas à insérer le plus de blagues possibles au sein du même plan sans en dénaturer son histoire.

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Réussissant à éviter les blagues beauf et lourdes, Alain Chabat prouve qu’une grosse comédie française peut être drôle, énergique et recherchée. Ce serait donc bien si ceux se déclarant dans la même veine que le film tentent, au lieu de photocopier l’humour anachronique jusqu’à l’écoeurement, de prendre plutôt exemple sur le fond que sur la forme, tout en respectant ses personnages et l’esprit original. Las à une époque où l’on enlève une lettre au nom d’un personnage pour aucune vraie raison et où l’on a affaire plus à des clichés têtes à claques qu’aux héros de notre enfance…

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Curse of Chucky de Don Mancini

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Année de sortie : 2013

Pays: Etats-Unis

Réalisateur : Don Mancini

Casting : Fiona Dourif, Brad Dourif, Danielle Bisutti, A. Martinez, Jennifer Tilly

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Commençons cet article par une anecdote personnelle : Si vous suivez ma page Monsieur Popcorn, vous avez peut-être lu ma critique de « The Boy » où j’avouais ma pédiophobie, c’est-à-dire la peur des poupées. Cette peur avait commencé en voyant tout jeune une image de Chucky, la poupée interprétée vocalement par Brad Dourif et dont la première apparition remonte à 1988 avec le « Jeu d’enfant » de Tom Holland (réalisateur aussi du hautement conseillable « Vampire, vous avez dit vampire ? »). S’ensuivit quatre autres films au succès variable et adoptant de plus en plus une tournure comique avec notamment Chucky transformé en boogeyman hilare tel Freddy Krueger. C’est alors en 2013 que sortit « Curse of Chucky », réalisateur du précédent « Fils de Chucky » et scénariste de tous les volets de la saga.

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« Curse of Chucky » suit Nica, une jeune femme en chaise roulante vivant encore chez sa mère. Un jour, elles reçoivent une poupée « Brave Gars » qui s’avérera être notre bon vieux Chucky. C’est alors qu’un drame survient, obligeant sa sœur, le mari de celle-ci, leur fille, la babysitter de cette dernière et un prêtre à venir dans la demeure familiale. L’occasion rêvée pour notre sympathique poupée de pratiquer son sport préféré : le meurtre en série.
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Si les fans avaient peur d’un nouveau reboot à ajouter à la liste de ces sagas horrifiques recommencées à nouveau, il s’avère que ce nouveau Chucky baigne dans un esprit old school plus proche par moments d’Alfred Hitchcock que de Marcus Nispel. Ainsi, on a droit à une véritable suite arrivant à établir de nombreuses connexions aux autres films, que ce soit par son intrigue principale (pourquoi avoir choisi cette famille ?) ou encore le retour de deux personnages dont l’un par une scène post générique assez amusante.

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Introduisant dès le début Chucky en véritable bombe sous la table n’attendant que le bon moment pour exploser (comme cette scène de dîner où l’on sait la présence d’une assiette empoisonnée), ce « Curse of Chucky » est purement réjouissant, que ce soit grâce à des effets gore réussis ou une poupée plus vivante que jamais (avec la preuve que les effets spéciaux physiques ont un meilleur impact sur les acteurs et les spectateurs que des effets numériques abondants qui, mal faits, peuvent faire sortir du film). Iconisé en un panoramique, la fameuse poupée redevient une figure horrifique grâce à la mise en scène de Don Mancini, utilisant de manière efficace la maison et ses recoins pour instaurer une ambiance rappelant le gothique au vu de la décoration intérieure.

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Vous êtes à la recherche d’un bon film d’horreur efficace aussi rouge que la chevelure d’un diabolique petit rouquin et rêvez de mettre cette foutue Annabelle au feu ? Allumez votre télévision, mettez « Curse of Chucky », éteignez la lumière et laissez Chucky s’occuper de vous. Après tout, il est notre ami pour la vie

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Money Monster de Jodie Foster

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Année de sortie : 2016

Pays: Etats-Unis

Réalisateur : Jodie Foster

Casting : George Clooney, Jack O’Connell, Julia Roberts, Caitriona Balfe, Dominic West

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Il existe des sujets de film peu « glamours » et qui risquent donc de ne pas s’attirer les faveurs du public. L’économie en fait partie. Pourtant en quelques années, sans doute porté par le krach boursier de 2008 et les différents scandales financiers récents en une de nos journaux, ce thème a été abordé à de nombreuses reprises de manière convaincante. Thriller reconstituant de manière réaliste des événements ayant mené à la crise (« Margin Call »), plongée dans le quotidien hors du commun d’un trader avec la chute vertigineuse qui s’ensuivit (« Le loup de Wall Street ») ou bien comédie dramatique n’hésitant pas à faire des apartés explicatifs pour ne pas s’aliéner ses spectateurs (« The big short »), … Tous ces (excellents) films sont des reflets d’une colère populaire envers les dirigeants bancaires pour leur mauvaise gestion économique et leurs malversations. Et à cette liste se rejoint « Money Monster ».

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Le film de Jodie Foster suit Lee Gates, présentateur d’une émission populaire sur la finance appelée Money Monster, expliquant avec son charisme et son humour à ses spectateurs où ils doivent investir pour devenir riches. Un jour, un jeune homme arrive sur le plateau en plein direct armé d’un fusil et oblige Gates à porter une veste explosive. La prise d’otage va tourner à l’interrogation quant à l’événement ayant conduit à la perte de 800 millions de dollars, comprenant notamment les économies du preneur d’otage.

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Thriller passionnant mais néanmoins empli d’humour, « Money Monster » est une œuvre sarcastique et critique. D’une simplicité qui évitera aux néophytes de l’économie d’être rebutés, le film contient tous les ingrédients pour être un succès populaire et pour faire réfléchir ses spectateurs sur notre marché économique actuel. N’hésitant pas à éreinter aussi bien les ponts du milieu financier que les médias (la réalisatrice jouée par Julia Roberts qui n’hésite pas à faire bouger la caméra car le preneur d’otage a « un peu d’ombre sur son visage »). Extrêmement tendu, le thriller n’hésite pas à se montrer particulièrement cynique envers ses personnages, que ce soit quand Gates exhorte ses téléspectateurs à investir dans un fonds pour lui sauver la vie, ou lorsque Kyle est mis en face de sa copine enceinte.

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Si l’on peut souligner une bonne direction d’acteurs et une mise en scène arrivant à nous plonger au sein des événements relatés, « Money Monster » a surtout comme argument principal un solide scénario coécrit par Alan DiFiore, Jim Kouf et Jamie Linden, aux dialogues souvent drôles mais sincères et aux personnages attachants. Bref, si vous rêviez d’un excellent thriller financier grand public et drôle mais néanmoins adulte et critique, arrêtez de rêver et jetez-vous sur « Money Monster », nouvelle preuve du talent de Jodie Foster dans tout ce qu’elle touche et divertissement hautement recommandable.

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Le labyrinthe de Pan de Guillermo Del Toro

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Année de sortie : 2006

PaysEspagne

Réalisateur : Guillermo Del Toro

Casting : Ivana Baquero, Doug Jones, Sergi López, Maribel Verdù, Ariadna Gil

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Si Guillermo Del Toro est désormais reconnu en tant que l’un des maîtres du cinéma fantastique actuel, il lui a fallu du temps pour atteindre cette position. Et bien qu’il ait dirigé plusieurs films de grande qualité, on peut qualifier « Le labyrinthe de Pan » comme l’œuvre l’ayant installé à sa position actuelle.

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1944, dans l’Espagne Franquiste. La jeune Ofelia emménage avec sa mère enceinte chez le nouveau mari de celle-ci, un militaire sévère et violent prénommé Vidal. Un soir, elle rencontre un Faune, qui lui déclare qu’elle est en réalité la princesse d’un monde souterrain et que pour prouver son sang royal, elle doit passer trois épreuves …

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L’amour du réalisateur des « Hellboy » pour les créatures fantastiques est bien connu (il suffit de voir les films constituant sa carrière pour le remarquer) mais celui-ci transparaît encore ici, en les ajoutant à une intrigue mélangeant conte féérique (l’histoire d’Ofelia) et film de guerre (l’histoire de Mercedes). Ainsi, le fantastique influence la réalité et inversement, se contre balançant dans une harmonie parfaite comme par exemple les trajets narratifs communs d’Ofelia et Mercedes, chacune dans leur « réalité » respective.

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Replaçant son récit dans une cruauté digne des contes classiques originaux (la terrifiante scène du Pale Man), Del Toro nous plonge dans une histoire aux relents oniriques (les apparitions du faune) en traitant ses personnages avec respect. Ainsi, le monstrueux Vidal est un homme cruel mais aussi marqué par un passé qui l’enferme dans un même engrenage duquel il ne peut s’échapper (l’utilisation de la montre et du moulin dans lequel il s’enferme).  N’hésitant pas à jouer aussi bien avec la violence hors (l’amputation de la jambe, annoncée et finalement non montrée bien que l’on sente la douleur du geste) que plein champ (plusieurs scènes teintées d’un rouge hémoglobine, l’occasion de rappeler le superbe travail fait sur les couleurs), le célèbre mexicain arrive à terminer le tout sur une note douce-amère que le spectateur décryptera comme il le souhaite, tout en ne cachant pas une seconde son interprétation personnelle.

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Grosse production espagnole, les effets spéciaux ne se trouvent jamais négligés et permettent de se plonger plus encore dans le monde créé par Guillermo Del Toro, notamment des créatures semblant totalement vivantes (exploit qu’il faut également attribuer à Doug Jones, expert dans ce domaine et fidèle du réalisateur), tout en étant de meilleure qualité que des productions françaises aux portefeuilles plus pourvus.

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En plus de son statut de conte, « Le labyrinthe de Pan » est une histoire de lutte et de révolte, où l’héroïne se permet des incartades aux règles qui lui sont dictées et où des hommes et des femmes préfèrent se battre et mourir pour la liberté plutôt que de vivre sous la botte de la tyrannie, l’imposant comme un chef d’œuvre magistral bouleversant et marquant qui mérite d’être vu et revu encore et encore aussi bien par toute la famille. En effet, quand un film censé être familial arrive à être cruel et magique tout en respectant l’intelligence de ses spectateurs, il ne faut surtout pas passer à côté.

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Silent hill:Revelations de Michael J. Bassett

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Des nombreuses adaptations de jeux vidéos sur grand écran que l’on a connu ces dernières années , il y en a une qui a réussi à retranscrire l’ambiance de son média originel sans trahir sa source (Ah que coucou saga « Resident evil »!) tout en étant également un (très) bon film : le « Silent Hill » de Christophe Gans. Il y a tellement de choses à dire sur ce film qu’il sera sans aucun doute abordé sur ce site prochainement mais pour vite résumer, on peut clairement le qualifier de franche réussite. Alors même si l’annonce d’une suite avait de quoi inquiéter certains, on tenait là une promesse d’oeuvre horrifique marquante prolongeant les idées de Gans et reposant sur une base de qualité.

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Malheureusement, « Silent Hill: Revelations » est une grosse déception, ce genre de films nous laissant un goût amer en bouche car il n’est même pas totalement mauvais. Ainsi, le design des créatures est intéressant (notamment l’araignée mannequin, qui nous offre sans aucun doute la meilleure scène du long métrage) et la recréation de l’univers de Silent Hill est splendide. Tout cela n’occulte néanmoins pas les (nombreux) défauts que regorge cette suite.

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Pour commencer, le scénario est lourd, confus et au final assez rebutant. Bien qu’apparemment rempli de références au jeu « Silent Hill 3 » (auquel il emprunterait beaucoup comme les personnages), il n’y a rien de réellement effrayant dans le film malgré les qualités dites plus hautes et des tentatives de jump scares absolument ratés, là où le précédent film se reposait essentiellement sur son ambiance. En envoyant Heather ( Adelaide Clemens) à la recherche de son père (Sean Bean, qui SPOILER ne meurt bizarrement pas dans ce film FIN DU SPOILER), l’intrigue perd sa touche maternelle et même l’ambiance « dominée » par les femmes qui avait été instaurée auparavant pour dévier vers la quête McGuffinesque mal maîtrisée .

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Aucunement aidé par sa mise en scène plate excepté quelques touches se voulant originales mais bien loin d’un Sam Raimi « Evil Deadesque », un montage assez embarrassant ( l’héroïne qui se dit folle suivi directement par un type bizarre qui rit dans un bus…), certains effets spéciaux numériques extrêmement raté et des acteurs à la masse (Mais que fait Kit Harington du charisme qu’il donne à Jon Snow quand il arrive sur un plateau de cinéma?), « Silent Hill: Revelation » est un échec rageant, surtout quand l’on voit à quel point le spectacle proposé visuellement est prometteur.

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Beau gâchis donc pour ce film qui ne joue même pas à la photocopie facile et presque nanardesque de son camarade zombiesque mais qui prouve qu’un mauvais scénario surexpliqué par son casting pour être sûr d’être compris par le spectateur n’aide pas à l’élaboration d’une oeuvre marquante. Le statut de train fantôme de mauvais manège ne sied ainsi guère à la saga « Silent Hill », plus à l’aise dans l’ambiance terrifiante que les jumps scares gratuits. En tout cas, ce n’est pas le dernier plan, clin d’oeil à « Silent Hill Downpour » sorti la même année, qui donnera l’envie de retourner dans cette ville de cauchemar et de terreur…

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Prisoners de Denis Villeneuve

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Il existe de ces films qui ne vous lâchent pas, ce genre d’oeuvres au plan final saisissant et trottant dans votre esprit un long moment après son visionnage. Et si il y a un réalisateur actuel qui sait s’y faire, c’est bien Denis Villeneuve, sans aucun doute le seul homme à pouvoir rendre excitant la perspective d’une suite à l’intouchable « Blade Runner ».

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« Prisoners » suit Keller (Hugh Jackman), un père de famille qui voit la plus grande hantise qu’un parent puisse avoir lui tomber dessus. En effet, sa fille, ainsi que celle de son voisin et ami, ont disparues et tout porte à croire qu’elles auraient été enlevées. Le détective Loki (Jake Gyllenhaal), chargé de l’affaire, arrête rapidement un suspect(Paul Dano) mais le relâche quelques jours plus tard, faute de preuves. C’est à ce moment précis que Keller, excédé, va tout faire basculer…

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Bien que « Prisoners » ne soit pas un thriller à twist, en dire plus en serait presque criminel. C’est même pour cela qu’il vaut mieux avoir vu le film avant de lire cette critique.

ATTENTION! CETTE CRITIQUE CONTIENT DES SPOILERS SUR LE SUPERBE « PRISONERS »! REGARDEZ LE DONC AVANT DE LIRE CETTE CRITIQUE!

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« Prisoners » commence dans une ambiance déjà mature avec la mise à mort d’un cerf lors d’une partie de chasse après une prière. On peut retrouver dans cette scène aussi plusieurs thématiques entourant le film comme l’utilisation de la violence à des fins expliquées (le cerf est tué pour être mangé, Alex est torturé pour retrouver Anna et Joy) et aussi la pensée religieuse derrière ces actes. Ainsi, alors que Keller commet un acte mauvais pour des raisons compréhensibles, on révèle plus tard qu’un prêtre a tué un homme qui se vantait d’être un tueur d’enfants. Il y a une certaine symétrie dans les relations des personnages, une partie aidant à la réflexion de l’autre. Outre l’exemple donné plus haut, on peut retrouver les deux familles affectées ainsi que leurs réactions (notamment celle du personnage de Terrence Howard envers les actes de Keller) ou encore le chemin de croix des deux « stars » du film. Il se trouve ainsi comme un phénomène de résonance, un détail anodin mis en place au début du film revenant pour être tour à tour poignant puis une note d’espoir douce (le sifflet d’Anna). On pourrait même disserter à propos de certains objets tels que ce collier du labyrinthe, pouvant servir de plan de cachettes d’enfants kidnappés ou une confirmation de la volonté du réalisateur de plonger au sein de l’esprit tortueux de l’être humain ainsi que ses sombres recoins.

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Se permettant de lancer des pistes sur le passé des personnages tout en conservant une part d’interrogations(selon une ligne de dialogue, Loki aurait été abusé dans son enfance, ce qui expliquerait son implication forte dans cette affaire), « Prisoners » est aussi bien être vu comme une réflexion sur l’obscurité que peut atteindre l’être humain (la responsable du kidnapping se révélant d’une inhumanité profonde) que comme une critique politique (les tortures infructueuses menées par Keller peuvent être vus comme semblables à l’échec de Guantanamo). Loin d’être un « Seven like » comme on en a tant vu depuis la sortie du superbe film de David Fincher, le thriller de Denis Villeneuve apporte sa propre touche à un genre que l’on pourrait penser vidé de sa substance par des récits interchangeables et une mise en scène plus proche des « Experts » que du « Seigneur des anneaux ». On pourrait même le comparer à ce dernier car, tel le film de Jonathan Demme, il est bien parti pour devenir un nouveau mètre étalon dans le domaine.

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Difficile de ne pas parler des acteurs avec notamment l’état de grâce atteint par Hugh Jackman et Jake Gyllenhaal, dans ce qui est sans conteste l’un des meilleurs rôles de leur carrière. Absolument monstrueux, ils permettent tout deux l’implication en leurs personnages, même dans des scènes où l’on ne devrait pas (la visite de la seconde propriété de Keller par Loki, rappelant ces scènes de « Psychose » où l’on s’inquiète pour Norman Bates). Bâti sur un scénario solide, la mise en scène de Denis Villeneuve nous achève et confirme que « Prisoners » est le thriller le plus sombre que l’on ait vu depuis un moment mais aussi le plus humain, s’achevant par une note d’espoir avec ce sifflement  à briser le coeur. Et si c’était ça, ce qui manquait à ce grand nombre de thrillers aseptisés qui sortent à la pelle: du coeur?

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Haute tension d’Alexandre Aja

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Nous sommes en 2003. « Le retour du roi » assoit Peter Jackson au sommet du box-office et des Oscars, Quentin Tarantino nous électrise avec « Kill Bill », Park Chan Wook nous claque avec « Old Boy », Pixar nous émeut avec « Le monde de Nemo » et « Matrix » sort ses suites. Pendant ce temps-là, en France, on a droit à « Taxi3 », « Le cœur des hommes 2 » et aux « Triplettes de Belleville ». Mais 2003 a surtout fourni un film hors du commun qui lancera la vague des « French Frayeurs » extrêmes tels que « Martyrs » de Pascal Laugier (déjà chroniqué sur ce site par notre chère Laetitia), « A l’intérieur » d’Alexandre Bustillo et Julien Maury (aussi chroniqué sur le site par votre serviteur) ou encore « Frontière(s) » de Xavier Gens (là aussi…ah bah non tiens, mais ça ne devrait pas tarder.) Ce film, qui va révéler aussi un auteur très doué dans le genre, s’appelle « Haute tension ».

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Marie (Cécile De France) part à la campagne avec son amie Alex (Maïwenn) rejoindre les parents de celle-ci. C’est alors qu’elles se voient attaquées par un mystérieux agresseur, adepte de plaisirs buccaux prodigués par les têtes de jeunes demoiselles. Marie va alors tout faire pour sauver Alex, au péril de sa vie…

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ATTENTION! CETTE CRITIQUE CONTIENT DES SPOILERS SUR « HAUTE TENSION »! IL VAUT MIEUX LIRE CELLE-CI APRES AVOIR VU LE FILM (QUI EST BIEN, RASSUREZ VOUS)!

Spoilers!

Il se dégage du film d’Alexandre Aja une rage bouillonnante et violente se concrétisant à l’écran par une violence frontale encore marquante (notamment une décapitation dans des escaliers entrée dans les annales du gore). Mais cette rage, pas seulement issue de l’esprit d’un jeune réalisateur influencé avec son ami Grégory Levasseur par les films d’horreur des années 80, est aussi la thématique même du film avec le personnage de Marie, luttant tout le récit contre cette rancœur intérieure due à son insatisfaction sexuelle. Celle-ci se voit transposée en une figure mâle violente et étouffante qui finira par exploser au contact d’une famille « proprette » l’ayant déjà inscrite dans leur structure schématique qu’approuverait « le mariage pour tous » en tant qu’amie de la famille alors que Marie souhaite bien plus.

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Marie affronte donc son propre subconscient (ce qui est déjà annoncé par son rêve au début du film) afin de montrer à l’être qu’elle aime sa valeur et la force de son amour. Si ce twist a déjà été vu dans d’autres récits, il trouve ici un sens particulier que beaucoup de personnes ont vite critiqué en le qualifiant d’inconsistant lors d’une seconde vision, notamment ces scènes où Marie et le tueur sont ensemble. Or il est évident que leur présence commune n’est qu’un outil cinématographique déjà utilisé par d’autres afin de camoufler ce retournement de situation, mais aussi pour bien mettre à l’écran cette confrontation psychique dans l’esprit de Marie tout en étant annoncé (est-ce qu’Alex semble réellement regarder Marie quand celle-ci tente à plusieurs reprises de la libérer alors que le tueur est là ? ) Quant à la scène de la « fellation », elle est simplement annonciatrice du cauchemar qui va s’abattre sur Alex et sa famille.

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Ainsi, bien que « Haute Tension » fonctionne en tant que film d’horreur gore divertissant, il porte en lui un amour sincère et fou tel que peu de réalisateurs l’ont retranscrit à l’écran (le seul exemple venant en tête de votre critique étant le superbe « Alleluia » de Fabrice Du Welz, déjà chroniqué sur le site), préférant représenter ce sentiment de manière bien lisse et propre (pas besoin de donner d’exemples, il y a déjà assez de films confondant romantisme et overdose d’eau de rose fanée).

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Rempli de scènes superbes (ah cette séquence en voiture avec « New born » de Muse en fond…) et une interprétation forte de la part de ses acteurs (peut-on parler de meilleur rôle de Cécile De France ? C’est à vous de juger), « Haute Tension » est un grand film de la part d’un réalisateur trop sous-estimé de la part d’un milieu où le cinéma de genre n’a aucune valeur (CF cette polémique que les Césars ne récompensent que trop rarement les comédies françaises alors que le cinéma de genre ne se voit quasiment jamais représenté dans les compétitions de ce style). Ce à quoi il faut répondre que « Haute Tension » a bien plus de cœur et de tripes que des films à plus gros budgets et certaines œuvres prétentieuses n’étant créées que pour les récompenses. Mais bon, il semble qu’il faudra encore attendre pour que ce genre de films soient vus à leur réelle valeur…

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