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Liam Debruel

Liam Debruel
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Amoureux du cinéma. À la recherche de films de qualités en tout genre,qu'importe la catégorie dans laquelle il faut le ranger. Le cinéma est selon moi un art qui peut changer notre vision du monde ou du moins nous faire voyager quelques heures. Fan notamment de JJ Abrams,Christopher Nolan, Edgar Wright,Fabrice Du Welz,Denis Villeneuve, Steven Spielberg,Alfred Hitchcock,Pascal Laugier, Brad Bird ,Guillermo Del Toro, Tim Burton,Quentin Tarantino et Alexandre Bustillo et julien Maury notamment.Écrit aussi pour les sites Church of nowhere et Le quotidien du cinéma. Je m'occupe également des Sinistres Purges où j'essaie d'aborder avec humour un film que je trouve personnellement mauvais tout en essayant de rester le plus objectif possible :)

Modus Anomali de Joko Anwar

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Année de sortie : 2012

Pays: Indonésie

Réalisateur : Joko Anwar

Casting : Rio Dewanto, Hannah Al Rashid, Izzi Isman, Aridh Tritama

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Quel art bien compliqué que le twist ! En effet, quand un réalisateur aborde cet outil narratif, il doit le faire avec précaution. Toute la réussite dépend de la manière dont il mène les spectateurs, fréquents désormais aux retournements de situation, avant de les surprendre de manière néanmoins logique (nombreux sont les films à twists qui ne tiennent plus la route lors d’un second visionnage). Il faut donc faire preuve de prudence, savoir préparer le terrain habilement et en même temps rester caché. La réussite d’un twist tient à cela : il faut être capable de se dissimuler en pleine lumière, dévoiler mais avec parcimonie. Le film d’aujourd’hui est l’un des plus beaux exemples récents de maîtrise scénaristique et de twist renversant.

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Un homme se réveille en pleine nature. Après avoir découvert avec effroi le corps de sa femme enceinte, il comprend qu’un mystérieux tueur cherche à s’attaquer à lui et à ses enfants.

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Il est conseillé d’avoir vu le film avant de lire cette critique. Si vous ne l’avez pas encore vu, sachez qu’il est très bon et regardez le avant de continuer votre lecture.

Spoilers!

Le réalisateur Joko Anwar le sait en préparant « Modus Anomali » : il va devoir jongler avec un budget minuscule (200 000 dollars) et un tournage en milieu naturel, généralement peu propice aux metteurs en scène (demandez à Steven Spielberg et Francis Ford Coppola leurs meilleurs souvenirs des « Dents de la mer » et « Apocalypse now »). Alors, aidé d’un script en béton et d’un Rio Dewanto investi dans son rôle principal, il prépare pendant six mois son tournage afin d’éviter le moindre souci de la part d’une nature coriace lors de ses neuf (!) journées de tournage.

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Le résultat est une réussite épatante. La forêt où notre héros se réveille est sauvage, implacable, filmée de manière aussi crue que les meurtres. L’épreuve physique et mentale du protagoniste principal se voit partagée par le spectateur. Difficile de ne pas être ému par Rio Dewanto quand il regarde la vidéo du meurtre de sa femme enceinte.

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Et puis, le drame. Le retournement de situation. Placé en plein milieu du récit quand il se trouve généralement à la fin de celui-ci. On pourrait croire à un manque de confiance d’Anwar envers son scénario et de la direction qu’il prend. C’est tout le contraire qui se passe avec un tout autre chemin que celui balisé que l’on craignait de suivre passivement. Le film se scinde donc en deux, avec cette première partie dédiée à une chasse à l’homme, suivie des implications du twist, expliquant le modus operandi animal de son assassin, meurtrier à la perversité telle que son plaisir vient moins des meurtres qu’il commet que de la manière dont il les met en scène tel un réalisateur aux goûts morbides.

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Anwar nous a eus. Il nous avait mis en garde en nous plaçant par le biais d’un personnage à la mémoire affectée et pourtant, il nous surprend de manière efficace, sans que cette révélation ne semble téléphonée. Nous faisons donc face à un jeu de rôle des plus macabres, cycle sans fin d’une violence crue et d’un plaisir passant par la souffrance psychologique. Anwar a donc gagné en nous prouvant qu’un twist, bien que déjà utilisé précédemment, fonctionne toujours quand il est bien amené.

4 sur 5

My soul to take de Wes Craven

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Année de sortie : 2010

Pays: Etats-Unis

Réalisateur : Wes Craven

Casting : Max Thierot, Emily Meade, Denzel Whitaker, Paulina Oszlynski

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Cela va faire un an que  Wes Craven, réalisateur célèbre pour son travail dans le cinéma de genre, est décédé. Afin de lui rendre hommage, voici une critique de l’une de ses dernières œuvres, « My soul to take ».

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La petite ville de Riverton a été marquée par la vague de meurtres perpétrés par un tueur en série schizophrène dont le corps n’a jamais été retrouvé. Seize ans après son probable décès, les sept enfants nés en ce jour vont devoir faire face à de nouveaux meurtres. Alors, retour du meurtrier Abel Plenkov ou bien est-ce l’œuvre de l’un de nos jeunes gens qui est responsable de cette sanglante épopée ?

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Wes Craven a marqué à de nombreuses reprises le cinéma horrifique. Il est en effet l’homme derrière « La dernière maison sur la gauche » (qui fera polémique à sa sortie), « La colline a des yeux », « Les griffes de la nuit » ou encore toute la saga « Scream ». Ainsi, bien qu’il n’ait peut-être pas été le meilleur metteur en scène dans le milieu, il est indéniable qu’il ait marqué le genre de sa patte que ce soit donc par l’horreur onirique (« Les griffes de la nuit » donc mais également « Freddy : Un nouveau cauchemar » afin de se réapproprier une figure qu’il trouvait dénaturée par des suites à répétitions) ou bien consciente d’elle-même avec une pointe d’humour satirique (les « Scream », dont le premier influencera de nombreux slashers qui tenteront de jouer également avec les codes du genre sans atteindre la valeur du premier film). Terminer donc par « My soul to take » (bien que tourné avant le quatrième « Scream » mais sorti après) semble ainsi une fin un peu modeste au vu du métrage. Extrêmement bavard (il suffit de voir le début avec Plenkov), il pourrait rebuter ceux qui espéraient soit une œuvre aussi rouge qu’un steak bleu ou un film aussi marquant que certains de ses autres travaux précédemment abordés.

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Néanmoins, c’est cette modestie qui fait le charme de ce film. Bien que n’étant pas un exemple du travail d’écriture de personnages (la plupart sont à peine esquissés), on peut sentir une réelle affection du réalisateur pour ceux-ci, même dans leur mise à mort. De plus, Craven arrive à faire rappeler son style ainsi que certaines de ses œuvres précédentes (l’exemple le plus marquant se trouve néanmoins dans les scènes coupées avec un plan reprenant exactement la première mésaventure de Freddy Krueger). Au détour de quelques scènes se dégage une ambiance douce-amère et relativement funèbre qui fonctionne également grâce à ses interprètes (comment ne pas évoquer l’abattage de Max Thierot ?).

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Ainsi, « My soul to take », sans être un grand huit horrifique ou une œuvre marquant une dernière fois au fer rouge le nom de Craven au panthéon du cinéma horrifique, est un film plaisant qui, si l’on se laisse plonger dans son ambiance, peut faire éprouver un certain ressentiment aigre doux mais également une forme de mélancolie à la pensée de la perte d’un réalisateur à l’imagination foisonnante. Il ne reste plus qu’à espérer que la génération à venir saura égaler son talent.

3 sur 5

The Dark knight rises de Christopher Nolan

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Réalisateur : Christopher Nolan

Année de sortie : 2012

Pays : USA

Casting : Chritian Bale, Tom Hardy, Anne Hathaway, Joseph Gordon-Levitt, Michael Caine

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Il existe toujours un moment où un chapitre doit se clore. Toute histoire doit se terminer et ce, en dépit de la volonté hollywoodienne de produire des suites à rallonge ou de rebooter des sagas. Ainsi, ce que Christopher Nolan a entamé avec « Batman Begins » et prolongé par « The dark knight » doit prendre fin. Le dernier volet de sa trilogie sur l’homme chauve-souris sera donc « The dark knight rises ».

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Cela fait 8 ans qu’Harvey Dent est mort et que Batman a pris sa retraite. Mais Bruce Wayne se voit obligé de reprendre du service lorsqu’un terroriste dénommé Bane arrive à Gotham afin de la détruire…

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Dire que « The dark knight rises » était très attendu est un euphémisme. Alors que le monde est encore électrisé par « The Dark Knight » et « Inception », la Warner nous vend un film épique aux proportions gargantuesques avec des figurants par milliers, un tournage se déroulant dans divers lieux autour du globe, un budget de 250 millions de dollars et surtout la fin d’un cycle inauguré en 2006, un cycle qui aura influencé toute la vague suivante de blockbusters dans une forme de réalisme et de maturité plus ou moins gérés selon les films. Une fin qui fait doublement les affaires du studio car elle lance une nouvelle stratégie de promotion (comment les aventures de Batman sous l’ère Nolan vont se terminer ?) avec une promesse de rentabilité facile (le film passera encore une fois le cap du milliard de dollars de recettes) mais permet aussi de mettre en place un univers cinématographique des héros DC (Nolan trouvant irréelle la place d’un Superman dans le monde qu’il a créé). Mais ce qui importe, c’est le résultat final. Et l’on peut convenir qu’il est monstrueux. « The dark knight rises » est un film énorme dans toutes ses catégories. Visuellement, le film bénéficie des avancées des caméras Imax (dont l’image est la plus proche de la vision humaine) ayant servi à tourner plus d’une heure du film malgré leurs inconvénients (le bruit qu’elles produisent étant trop fort, elles ne seront pas utilisées dans certaines scènes afin de ne pas déranger le travail des acteurs). D’un point de vue scénaristique, le film prolonge les thématiques des deux premiers films ainsi que son travail mythologique (inspiré par le livre « Le héros aux mille et un visages » de Joseph Campbell avec sa théorie du monomythe) tout en y ajoutant à nouveau des scènes à connotations politiques (ce braquage dans un lieu aux allures de Wall Street perpétré par des personnes en vêtements de travail aux salaires inférieurs à ceux des réguliers costumes cravates). Quant au spectacle, il y est aussi énorme, aidé par des effets spéciaux en grande partie physiques (même en ce qui concerne le « Bat », le véhicule volant de notre héros) et cette ampleur donnée par Christopher Nolan à ses scènes.

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Alors effectivement, le film possède de nombreux problèmes que seule la mauvaise foi pourrait dissimuler aux yeux des spectateurs. Certains de ces problèmes sont devenus légendaires, comme ce figurant tombant à l’arrière-plan après une lutte acharnée contre un adversaire invisible, ou bien cette scène impliquant Marion Cotillard que nous ne révélerons pas aux spectateurs n’ayant toujours pas vu le film mais qui a fait le tour d’Internet. On pourrait aussi aborder des problèmes dans la temporalité jour-nuit, certains mystères non éclaircis comme le retour de Bruce Wayne à Gotham (ce genre d’erreurs que beaucoup laissent passer dans d’autres films à gros budgets mais décident de voir quand une œuvre qui leur déplaît n’en regorge quasiment pas, mais soit…) ou encore ce fusil de Chelov bien trop prévisible. Mais elles peuvent sembler pardonnables au vu de l’ampleur du projet, de la maturité de l’écriture (l’entièreté de cette trilogie sert à raconter comment un homme marqué par son traumatisme se sert de celui-ci pour aider sa ville par pure dévotion physique et psychologique mais arrivera à se relever de ses tourments par l‘acceptation de son statut mortel) et de la qualité d’interprétation (Tom Hardy est un Bane au physique monstrueux). C’est donc sur une note de grande qualité (sans occulter néanmoins ses défauts) que s’est clôturée l’une des sagas les plus intéressantes de ces dernières années, ayant prouvé à tous à quel point le genre super héroïque peut mener bien plus qu’à du simple divertissement (comme adorent le répéter ses détracteurs) mais également à de la réflexion politique (cet interrogatoire de « The dark knight » se rapportant à l’échec de la politique de torture liée à Guantanamo) mais aussi philosophique, le tout en proposant assez de scènes de grande ampleur pour divertir n’importe quel public. Nolan aura donc marqué aussi bien l’univers Batman que le cinéma entier en trois films. La preuve du talent ? Sans conteste…

(L-r) TOM HARDY as Bane and CHRISTIAN BALE as Batman in Warner Bros. Pictures’ and Legendary Pictures’ action thriller “THE DARK KNIGHT RISES,” a Warner Bros. Pictures release. TM and © DC Comics

Les Sinistres Purges présentent « Dragon Ball Evolution » de James Wong

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En un temps (pas) oublié de tous, notre monde a été confronté à sa plus grande menace. Un studio du nom de Fox a essayé de refourguer avec l‘aide du réalisateur du premier et troisième « Destination finale » une adaptation du fameux manga et anime « Dragon Ball ». La Terre se vit bouleversée par le résultat désastreux et cette atrocité contamina le cœur de nombreuses personnes autour du globe. Heureusement, un groupe de fans s’unirent grâce au pouvoir de l’Internet pour empêcher sa propagation et rejoindre le rang de ces étrons cinématographiques qui se trouvaient au sommet du box-office. Ainsi, le film fut enterré financièrement et se vit reconnaître comme une injure aux fans de la source originale. Mais pendant que de nombreuses personnes continuèrent de s’occuper de « Dragon Ball Evolution » pour être sûres que plus personne sain d’esprit n’ose s’approcher à nouveau de ce navet (on n’est pas comme dans ce film, à croire qu’une menace peut demeurer profondément enterrée… Quoique, Donald Trump me rappelle un petit moustachu espiègle des années 30), un nouveau critique décida de se lancer dans un chemin d’une noirceur absolue, croyant avoir une raison différente des autres personnes étant déjà passées par là…

« Tu n’as pas grandi avec Dragonball ? »

Clément et Daniel s’insurgèrent de manière commune face à Liam. Celui-ci tenta de se dépêtrer de cette situation fort embarrassante : « Bah je connais le Kamehameha et le truc « Fusion » là mais sinon non, je n’ai pas vu un épisode de ce dessin animé ». Tentant de contenir leur envie de meurtre de manière douloureuse, Daniel et Clément se retinrent de le frapper à l’évocation de ce « dessin animé ». « Tu n’as pas peur de te mettre des fans à dos en abordant ce machin sans aucune connaissance de l’une des œuvres les plus marquantes d’une génération ? » lâcha Daniel d’un ton circonspect. « Est-ce que je peux faire plus insultant envers les fans que « Dragonball Evolution » » ? demanda Liam. Ses deux amis eurent un moment de réflexion avant d’agréer d’un commun accord qu’effectivement, même brûler vif Akira Toriyama avant de transformer ses cendres en papier toilettes est plus respectueux que ce film. Daniel rajouta d’un ton espiègle « En plus, ce n’est pas comme si des gens lisaient réellement tes critiques » avant de rire de manière bruyante. Clément regarda Liam « Tu ne vas rien lui faire ? ». Le jeune critique répondit « Pas le temps, mes introductions sont encore trop longues. Mais dès que j’ai fini, j’aurai un chili sauce Scott Tenorman à préparer… »

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Après une introduction permettant aux personnes n’ayant aucune connaissance de cet univers  de s’y plonger (oh chouette, c’est en animation dégueulasse !), l’écran se fait noir et une voix off prononce : « La première règle est qu’il n’y a pas de règle ». Donc, pas besoin de dire cette phrase non ? Sauf si c’est pour faire croire au spectateur inattentif qu’il est face à « Fight Club » (qui avait au moins des règles bien distinctes lui. Et un pingouin. C’est classe un pingouin). Puis, gros plan sur le visage d’un jeune homme apparemment mouillé. Et si vous aussi avez envie de faire une affiliation avec une pratique concernant le visage assez répandue (si j’en crois les vidéos encyclopédiques de ces sites ayant pour but l’éducation dans le domaine de la reproduction humaine), sachez que vous n’étiez pas le seul. Mais en fait, ce sont des larmes de sueur dûes à la pratique de combats contre son grand-père qui, malgré avoir avalé accidentellement un insecte en CGI, le bat en le balançant dans des melons (ce qui l’empêchera de le prendre ! Blague ! ). Et si vous vous demandiez qui est ce gamin sans charisme qui se fait avoir comme un bleu et balance de l’exposition sur le fait que ça ne lui plaise pas de ne pas être ordinaire car à cause de ça il y a des méchants qui ne sont pas gentils avec lui dans son école et qu’il préfère savoir comment chopper une fille, il s’appelle apparemment Goku. Tiens, j’ai entendu un bruit, comme si des millions de voix avaient soudainement hurlé de terreur, et puis s’étaient éteintes aussitôt. Préférant lui offrir une boule (enfin sa boule… je veux dire une DragonBall), son grand père lui dit qu’il devrait assumer son statut et travailler son ki (Le premier qui dit  » Son quoi? » se prend une mandale).

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Mais alors qu’il ne sait pas quoi faire avec son ki et se retient de frapper deux types qui ont failli le renverser en voiture devant un bon nombre de témoins (ah, que j’aime cette liberté d’action aux Etats-Unis), un extra-terrestre caoutchouteux vert se faisant appeler Piccolo (mais je pense qu’avec 50 euros, n’importe quel fan peut faire mieux) attaque un village japonais du haut de son vaisseau en numérique avec une femme sans nom mais en tenue en cuir révélant la poitrine (point commun à tous les personnages féminins mais bon, ce n’est pas comme si on pouvait faire des héroïnes sans révéler leur anatomie hein ?) et qui obtient une dragonball d’une des habitantes du village anéanti

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Retour sur Goku qui, au lieu d’écouter son prof parler d’éclipse (ça sent le fusil de Chekov à plein nez ça), préfère fantasmer sur sa camarade Chi Chi qui n’a donc comme unique intérêt commun à tous les personnages féminins de cette histoire d’être la paire de seins de service à la personnalité en carton. Il se fait évidemment repérer par son professeur qui l’interroge, Goku répond à côté de la plaque, … Non mais on peut passer cette partie ? Je ne connais peut-être quasiment rien à Dragonball mais je ne crois pas que ça ait un rapport avec une intrigue de lycée interchangeable avec la personne « douée mais rejetée par les autres » qui va s’attirer l’attention d’une personne « en dehors de sa ligue » et blablabla, mamours, câlins, main dans la culotte, et tout est bien qui finit bien. Bref, avance rapide : Chi Chi parle de Ki, invite Goku à sa soirée, Goku va se faire taper par Texas Battle (mais si, ce grandiose acteur/rappeur de « Destination finale 3 » ! Comment oublier un talent pareil ?) et ses sbires, Goku les défonce et drague Chichi. Mais pendant ce temps là, son grand-père se fait attaquer par Piccolo qui le tue. Goku rentre à temps pour entendre ses derniers mots sages, avisés et clichés tout en lui demandant de récupérer les Dragonball.

Bordel, que ces vingt premières minutes sont longues ! Je dois être suicidaire ou vous adorer pour me taper l’heure restante…Bon, où en étais-je avant de considérer avec envie mes couteaux de cuisine ? Ah oui, le grand-père de Goku est mort. Triste. Bon dieu, je crois que j’aurais besoin d’une bonne cure de rattrapage de tout l’animé si j’en ressors vivant.

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Alors que Goku ère seul dans sa maison dévastée (apparemment, aucun policier n’est passé, ce que je peux comprendre au vu de l’étron que je me tape), il croise et affronte Bulma, interprétée par une actrice sans honte qui jouera même dans « Shameless » (LOL, MDR, XD, PTDR, par pitié mon cerveau est proche de l’implosion). Combat inutile comme tant d’autres plus tard dans le film pour servir de diversion devant les spectateurs encore assez masos pour tenir. Elle lui apprend qu’elle a une machine à détecter les Dragonballs et ils partent à la recherche de Maître Roshi, qui habite dans une maison minuscule perdue dans une ville pseudo technologique qui (pour pomper la blague d’un certain Youtuber) ressemble à celle de  « Là-haut ». S’ensuit un nouveau combat inutile où Chow Yun Fat surjoue comme pas possible avant de chercher sa boule (nope, pas de jeu de mots vulgaire). Mais alors que Goku la retrouve et tient sa boule en main (non, toujours pas de jeux de mots vulgaire, veuillez calmer vos hormones), des visions submergent ses pensées. La preuve : elles sont toutes avec une lumière dégueulasse orange ou bleue. Roshi explique donc la prophétie des dragons balls qui doivent être trouvées en quelques jours, bla bla bla (désolé mais ces histoires de prophétie interchangeables me gavent ). Au même moment, Piccolo décide de récupérer une Dragonball cachée sous l’eau en… aspirant cette même eau (représentée en magnifiques gouttes numériques). Mouais, ce doit être logique dans la tête d’un méchant en carton. Goku, Roshi et Bulma s’en vont donc pour retrouver les Dragonball restantes. Ils croisent une nouvelle fois Chi Chi car bon, il ne faut quand même pas oublier l’intrigue amoureuse pourrie, puis repartent en voiture devant des fonds verts absolument dégueulasses (est-ce que les responsables des effets spéciaux étaient incompétents ou eux aussi n’en avaient rien à foutre de ce navet ?) jusqu’à ce qu’ils tombent dans un trou. Il s’avère que celui-ci a été creusé par Yamcha, un escroc qui cherche à acquérir les possessions de chaque personne tombée dans son trou (non, pas celui-là) pour ensuite les faire sortir avec une échelle. Si vous pensez que c’est débile, n’oubliez pas que les Etats-Unis pensent sérieusement à élire Donald Trump président (si vous pensez que moi aussi, j’ai été acheté par les médias pour taper sur cette moumoute homophobe et raciste, mettez-le dans les commentaires, ça me permettra de vérifier mon taux de lecteurs). La nuit, Roshi profite du moment de tranquillité pour raconter à ses deux compères comment la Terre a failli être détruite par Piccolo et son serviteur Oozaru et… Mais attendez, ça a déjà été raconté au début cette histoire, non ? Mais non, c’est juste de l’exposition facile pour nous balancer une nouvelle fois que s’ils ne trouvent pas les sept Dragonballs avant le temps imparti, ce sera la fin du monde. En effet, Rochi conseille d’utiliser le vœu qu’ils pourront faire avec cette boule pour faire disparaitre pour toujours Piccolo. Laissez-moi ranger dans une poche réservée aux idées intelligentes de mon inventaire à face palm cinématographiques, ça le gardera au frais. Heureusement, la Dragonball suivante se trouve dans l’un des murs de ce trou si l’on en croit la machine de Bulma (qui a mis du temps à s’allumer car…ressort scénaristique). Yamcha rejoint donc nos héros adorés pour les aider et en profite pour balancer à un Goku le remerciant d’avoir aidé par son trou à trouver l’item magique « Rien n’est le fruit du hasard mon pote. C’est ce que j’ai entendu dans une émission de télé ». Je ne sais pas à quoi ressemble ce Yamcha dans le vrai Dragonball mais même là, je me sens insulté pour lui. On retrouve Piccolo qui apprend de la part de sa servante  que Goku est entrainé par Roshi mais qu’elle peut s’en occuper. Le méchant refuse et préfère s’extraire son sang  (avec un travail de cut inutiles exemplaires, destiné à tout les Uwe Boll en puissance) pour se créer apparemment des laquais surpuissants. Vous le sentez le cliché des soldats puissants sauf face au héros parce que le scénariste le leur a demandé?

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Retour sur notre fine équipe qui se retrouve près d’un … Volcan ? Quelle géologie diversifiée ma parole ! C’est même l’occasion de mettre une blague des plus hilarantes avec Yamcha qui, au contact d’une forte vapeur émise soudainement, s’écrie « Nom d’un petit pois ! Je me suis fait griller les marrons ! ». Si vous aussi aimez la profondeur spirituelle de cette réplique, vous pouvez le mettre en commentaire sur cette page afin de vous réserver un t-shirt exclusif avec cette réplique dessus. En cadeau à l’achat de trois : un porte-clefs Justin Chatwin, plus expressif même que l’acteur ! Disponible aussi en édition Jai Courtney pour les fans de Terminator Genysis

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Mais attention, notre bande de gais lurons se fait attaquer par les laquais du méchant ! Et ils sont… Ah, je ne peux rien dire, l’action contient trop de cuts pour s’en faire une véritable idée. Ah, les cuts, le meilleur ami du réalisateur qui veut cacher des effets en direct foirés et le pire ennemi du spectateur en quête d’action lisible… Goku s’aperçoit que les viles créatures se régénèrent (non, pas comme le Docteur) et en profite pour les utiliser pour traverser la lave en fusion le séparant de la Dragonball. Il doit d’abord affronter la servante de Piccolo dans une nouvelle bagarre se voulant épique et drôle (ce qui est réussi avec brio ! Ou pas, je vous laisse imaginer) avant qu’une nouvelle vision du futur (en hors champ, c’est moins cher) s’offre à notre héros, qui n’a malheureusement pas su voir le scénario débile dans lequel il s’est plongé. Dommage, ça aurait pu lui être utile. Roshi décide alors d’emmener tout ce beau monde chez un Ernie Hudson affreusement maquillé.avant que l’on fasse un retour rapide sur Chi Chi qui affronte en combat la servante de Piccolo. Celle-ci prend vite un peu de son sang puis part vite fait car Goku doit arriver pour continuer à se faire chauffer par Chi Chi (qui, une semaine plus tôt, n’était même pas au courant de son existence mais soit). Et pendant ce temps, Yamcha et Bulma discutent avant d’introduire le cliché du « on va s’embrasser mais quelque chose va nous interrompre à la dernière seconde », ce quelque chose étant… un vendeur d’échoppe décapitant un poulet. Bon, je vais vite confirmer mon statut de râleur quelques instants :

  • Tout scénariste utilisant encore ce cliché mérite d’être frappé. Dix-sept fois. Dans l’entre jambe. Oui, même les filles.
  • Sérieusement, qui interromprait sa tentative de baiser avec l’être aimé à cause d’un vendeur décapitant un poulet quelques mètres plus loin ? Vous n’auriez pas pu trouver mieux ? Même le végétarien que je suis trouve ça complètement stupide !
  • Encore une relation amoureuse ? Excepté la servante de Piccolo (qui est définie juste comme une méchante), les deux autres personnages féminins ne se retrouvent caractérisées que par des relations amoureuses. Encore une fois, je ne connais pas les personnages mais je pense bien qu’elles sont plus que des « love interests ». Et même sans avoir la connaissance de l’œuvre originale, un personnage féminin sans autre utilité ou presque que servir de marionnette pour les hommes. Un personnage féminin est plus qu’une paire de seins, bordel ! Allez voir « Fury Road » ou « Sicario » ! Et profitez-en pour ne pas regarder « Dragonball Evolution ».

Bon, où en étions nous ? Ah oui, le poulet décapité. Alors que nos possibles tourtereaux rient, Bulma se rappelle que Piccolo a besoin aussi des sept Dragonballs pour faire son vœu et que donc, il ne peut pas avancer sans leurs Dragonballs ! Euh… C’est le personnage qui est stupide ou le scénario qui croit son spectateur stupide ? Evidemment, qu’il a besoin de vos… ! Oh, je vais mettre ça de côté, je me prends assez la tête sur ce film. Et vous aussi d’ailleurs. Pourquoi ne pas plutôt de passer du temps avec les personnes que vous aimez, balader votre animal de compagnie ou même juste jeter des cacahouètes tout nu sur votre télévision en révisant de la sociologie? D’accord, peut-être pas cette dernière option.

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Roshi décide d’apprendre la technique du Kamehameha à Goku en le faisant s’entrainer sur des bougies. N’y arrivant pas, il lui faudra l’aide de Chi Chi ainsi que de l’effet qu’elle produit sur son entrejambe pour finalement arriver à les allumer. Il y arrive, bisous bisous et doigt dans le … (Tiens, ça rime !). Dans un couloir, Bulma croise Chi Chi avec qui elle discute vite fait avant que cette dernière ne disparaisse à l’arrivée de Yamcha. Mais alors que celui-ci et Bulma font des sous-entendus très discrets (Goku serait « discret mais efficace ». Sinon pour le même effet, j’ai ce canard vibreur qui…), ils découvrent qu’il y a deux Chi Chi dont une n’étant autre que la servante déguisée (stupeur et tremblements comme le dirait ma chère Amélie). Goku frappe la mauvaise et se voit blessé par un pistolet à machin numérique dégueulasse. Alors que les fans encore présents devant leurs téléviseurs suplient James Wong d’abréger ses souffrances, Goku revient à la vie grâce au Kamehameha de Roshi, de bien meilleur usage qu’un défibrilateur d’urgence, le tout après que notre héros ait revu son grand-père dans un royaume funèbre à la lumière bleuâtre aussi subtile qu’un extincteur dans les mains d’Albert Dupontel.

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Il est enfin (ENFIN !) venu le temps à nos intrépides guerriers d’affronter Piccolo.  Et heureusement, j’ai du mal à éloigner mon couteau de mon bras plus longtemps. Dans un décor aux effets spéciaux numériques SPLENDIDES (Si vous avez imaginé la voix de Jim Carrey en lisant ce mot, vous êtes un bon. Ou une bonne. Mauvais choix de mots), le méchant vert (et non pas le géant vert, embryons de cerveau éduqués par la publicité) réunit ses Dragonballs, Yamcha fait voler sa voiture (ce bruit était celui de ma main décidant de gifler mon visage pour vérifier si ce que j’ai pris était de la bonne et, avec un peu de chance, pratiquer une auto décapitation) et Roshi tente de capturer le vil vert à l’aide d’un pot de Mafuba (ce qui a très bien fonctionné la première fois. La preuve, il n’est jamais revenu. Wait…). Malheureusement, une attaque exécutée en même temps par Piccolo et Roshi cause chez le premier la perte de ses Dragonballs (et non, je ne voulais pas parler de ses parties génit…) alors que la voiture volante de nos héros se crashe. Mais alors que Goku veut se battre, Piccolo lui révèle un twist Shyamalien : Bruce Willis était en fait un fantôme ! (Désolé, mauvais film…Sûr que vous ne voulez pas voir celui-là à la place ?). Non, la grande révélation est qu’Oozaru, le méchant serviteur de Piccolo, s’est réincarné en Goku et que la maléfique créature reviendra sur notre planète lors de l’éclipse (Ouh, tu l’as senti mon fusil de Chekov subtil?) . Ce dernier se transforme donc en monstre numérique à peine plus grand qu’avant et aux airs de loup garou suppliant la mort pour ne plus moisir une seconde de plus. Donc c’était ça le machin qui a failli réduire l’humanité à néant ? Veuillez m’excuser, je dois m’absenter quelques instants pour pleurer de rire face à cette chose…

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Me revoilà ! Bon, on en était à la créature en numérique dégueulasse. Transformé de la sorte pour faire un test pour les films SyFy, notre héros s’attaque à ses amis. Roshi va même mourir parce que le scénario le lui a demandé gentillemment et qu’il est censé provoquer le retour de Goku. Twist renversant : ça fonctionne ! Ce retour à la normale est d’ailleurs aidé par une interprétation habitée de l’acteur principal (sûr que ça aurait dû lui valoir l’Oscar !) et un montage à nouveau exceptionnel (qu’on donne un cookie à cet homme ! N’oubliez juste pas le cyanure dedans). Piccolo bredouille alors un « Impossible » (mais si, c’est possible avec la carte Kiwi…). Ce à quoi Goku répond : «  C’est l’une des choses que mon grand-père m’a appris » Se transformer en créature numérique dégeulasse ? « La première règle est qu’il n’y a pas de règles » Oui et ? Ah, c’était pour faire une punchline pourrie et hors sujet ? D’accord. Et alors que l’assistante du méchant se fait prendre par derrière par Yamcha (oui, vous pouvez glousser bande de coquins), s’ensuit un combat que James Wong tente de rendre épique avec des effets numériques de grande qualité que Goku gagne. Il récupère donc les sept Dragonballs et peut donc faire le vœu qu’il veut (blague). Bon, voyons voir les options qui s’offrent à lui, mes ami(e)s.

  • Sauver son grand-père, qui est quand même la seule famille qui lui restait.
  • Sauver son grand père ET Roshi (Tout vœu peut être réalisé, non ?)
  • Anéantir définitivement Piccolo (et pour ceux qui vont dire « Bah, il l’a battu », il ne l’a pas détruit et lui permet même d’être dans une scène post-générique. Au fait, c’est vraiment mignon de la part des producteurs de croire qu’ils pourraient refourguer une suite)
  • Effacer ce film à tout jamais (Bon, je vote pour ça moi, que ceux qui approuvent lèvent la main !)

Et Goku choisit de … faire revivre Roshi. Oui, juste Roshi. Non, pas son grand-père. Mais non, ce n’est pas comme si c’était une personne qui était censée compter pour lui… Et puis, c’est bien mieux de se taper Chi Chi. Moralité : la famille, c’est bien. Les meufs, c’est mieux.

Bon, voilà fini ! J’espère que, si vous n’avez pas encore vu cet étron vous aurez compris que NON, ce film ne vaut pas le coup. Il est plus que mauvais et ce n’est pas le type « mauvais » drôle. Non, ce film est un navet et même en n’y connaissant rien, ce n’est pas appréciable. Le scénario est prévisible et débile, les personnages sont têtes à claques, les effets spéciaux sont mal faits, la mise en scène est absente, le montage est par moments illisible, … Donc oui,évitez cette chose. Bordel, toute l’équipe du film s’est excusée d’avoir tourné dans ce machin et chacun l’a supprimé de son CV pour être sûr de retrouver du travail! Que ma souffrance ne soit pas vaine : restez autant éloigné de ce film que d’une prostituée thaïlandaise prête à vous offrir un service gratuit dans une ruelle sombre.

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«Alors, tu vas faire quoi maintenant ? » demanda Clément.

« Je ne sais pas encore » répondit Liam. « Je crois que ce dont j’ai besoin après la rédaction d’un texte de 3555 mots, c’est d’un peu de repos. »

« Et d’Amusement ? » suggéra Daniel

« Euh…Pourquoi pas ? »

Liam prit alors le dvd que son ami lui tendit.

« Tiens, ça devrait te procurer beaucoup… d’amusement » lâcha avec un sourire peu rassurant Daniel avant de se lancer dans un rire démoniaque.

Liam  remercia son ami avant de lui donner un bol ainsi qu’une cuillère : « Sinon, ça te dit un Chili à la Scott Tenorman ? »

FIN.

Le prestige de Christopher Nolan

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Réalisateur : Christopher Nolan

Année de sortie : 2007

Pays : USA

Casting : Chritian Bale, Hugh Jackman, Scarlett Johansson, David Bowie,Michael Caine

En prévision du live consacré à Christopher Nolan le 19 août, nous vous proposons une rétrospective sur la carrière du réalisateur. Etape d’aujourd’hui : « Le Prestige »

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«  Batman Begins » étant un succès aussi bien critique que financier, la Warner veut produire une suite aussi rapidement que possible afin de profiter du renouveau des personnages du catalogue DC  après une longue période de trouble (entre autres les projets avortés « Superman Lives » par Tim Burton, « Batman Vs Superman » par Wolfgang Petersen et la « Justice League » par Georges Miller, le bide financier de « Superman Returns », l’atrocité que constitue la purge « Catwoman », …). Christopher Nolan en profite pour négocier les fonds et la production d’un film personnel avant de s’occuper des nouvelles aventures de l’homme chauve souris. Il s’attelle alors au « Prestige », l’adaptation d’un roman à succès de Christopher Priest sur lequel il travaille depuis des années avec son frère, et tout d’abord destiné à être son quatrième film, avant qu’un rongeur masqué prenne sa place.

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« Le prestige » suit la lutte à travers les années de deux magiciens, Alfred Borden et Robert Angier. Leur rivalité va essentiellement tourner autour d’un tour, « L’homme transporté », un tour qui risque de mener les deux hommes à leur perte…

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Et si « Le prestige » était le film le plus sous-estimé de Christopher Nolan ? En effet, si tout le monde vante le travail de scénario d’ « Inception », l’émotion prodiguée par « Interstellar », la double chronologie inversée de « Memento » ou la tonalité plus sombre de sa trilogie « Batman », moins de personnes louent la manière dont le réalisateur s’est réapproprié un livre pour l’inscrire dans sa carrière. Si le roman a connu apparemment des modifications, c’est avec la bénédiction de l’auteur (fan de « Following » et « Memento »). Donc Nolan a encore su, après un remake de polar norvégien et un super-héros culte, faire sien un matériel de base étranger. Nous avons donc droit à une tragédie subissant encore une altération de chronologie avec des alternances entre différentes périodes sans transition aucune mais avec néanmoins une fluidité exemplaire. Racontée en partie par les journaux respectifs des deux magiciens, l’histoire s’en trouve ainsi manipulée comme le spectateur, à la merci d’un réalisateur se jouant une nouvelle fois de nous comme de ses personnages. Au fur et à mesure que l’on avance, Nolan nous donne les clefs pour comprendre les tenants et aboutissants de l’histoire, ce qui devient parfaitement limpide aux visionnages suivants. Néanmoins, il faudra attendre jusqu’à la toute dernière image pour que le spectateur inattentif ou émerveillé par ce tour de passe-passe narratif reçoive toutes les pièces du puzzle. Le tout est sublimé par un fond tragico fantastique de bon aloi, où Hugh Jackman et Christian Bale trouvent sans aucun doute l’un de leurs meilleurs rôles (si pas le meilleur), sans oublier le pincement au cœur de revoir David Bowie dans les habits d’un Tesla charismatique. C’est même l’une des meilleures trouvailles du scénario (et venant également du livre) : prendre en toile de fond une Angleterre Victorienne propice à la croyance de la magie mais également en pleine ouverture dubitative aux innovations scientifiques.

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A nouveau, Nolan fait preuve d’une maitrise visuelle et narrative de tout instant et nous livre une œuvre de grande qualité, un film sublime qui offre à ses spectateurs toutes les cartes pour l’appréhender sans le prendre par la main tel un enfant. Ainsi, «  Le prestige » n’est pas qu’un bon film d’un réalisateur de qualité. Il est sans conteste un grand film, de ceux qui arrivent à gérer aussi bien son synopsis, son récit et son impact sur son spectateur. On peut donc comparer Nolan à un magicien des temps modernes, maitrisant totalement sa promesse, son tour et enfin, son prestige…

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Batman Begins de Christopher Nolan

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Réalisateur : Christopher Nolan

Année de sortie : 2005

Pays : USA

Casting : Christian Bale, Michael Caine, Liam Neeson, Cilian Murphy

En prévision du live consacré à Christopher Nolan le 19 août, nous vous proposons une rétrospective sur la carrière du réalisateur. Nouvelle étape : « Batman Begins »

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Alors que Warner tente de relancer ses icônes DC, la firme subit un échec financier avec Superman Returns. Si le film est loin d’être mauvais (prenant en compte notamment le retour du super-héros lumineux dans une Amérique marquée par les événements du 11 septembre), il ne fait malheureusement pas les affaires du studio. Warner a heureusement tiré une autre carte de son jeu avec Batman quelques temps avant. Assez de temps s’est écoulé depuis le tristement célèbre « Batman et Robin », il serait donc grand temps de le faire ressortir de sa batcave. Alors que de nombreuses options avaient été considérées (comme une version où le justicier masqué serait interprété par Clint Eastwood devant la caméra de Darren Aronofsky), c’est finalement à Christopher Nolan que revient la tâche de réiconiser un personnage désacralisé par les deux films de Schumacher.

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Batman Begins suit les débuts de Bruce Wayne en tant que Batman, ainsi que son apprentissage pour nettoyer sa ville de Gotham de la corruption qui la gangrène. Mais il va devoir également faire face à d’autres ennemis dont un qui lui est intimement lié.

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Le choix paraissait incongru et pourtant Nolan l’a fait : il a redonné vie à Batman au cinéma en lui donnant un style propre par l’ancrage dans une certaine forme de réalisme. Ayant les mains presque libres (la seule demande de la Warner aurait été une classification PG13), il rend ses lettres de noblesse à un mythe déchu (cinématographiquement parlant). Le réalisateur se permet quelques modifications (le meurtre des parents Wayne) et d’injecter des éléments nouveaux (Rachel Dawes) tout en expliquant la légende en racontant son entrainement dans la Ligue des Ombres et en insérant quelques détails respectueux envers les comics originaux (la présence du personnage de Zsasz, la fin annonçant « The dark knight ») dans un mélange sur le fil entre la réappropriation et le respect. Certains pourraient se plaindre (à raison) de ce manque de mystère autour de l’homme chauve souris, reste que le résultat est là. Profitant d’un casting de qualité, il tisse un récit aux accents par moments policiers (rattachant ainsi le film à ses premières œuvres) et se permet même un climax jouant avec sa classification en remontant les peurs des habitants de Gotham, le tout en suivant un Bruce Wayne marqué qui tente de rendre justice à sa manière.

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Si l’on peut reprocher une certaine sur-explication de son scénario (le climax où l’on fait répéter deux fois les conséquences qu’aurait la réussite du plan du méchant) et quelques scènes d’action assez brouillonnes (explicable lors de la première scène avec Batman au vu de l’effet qu’il a sur les hommes de main qu’il attaque), « Batman Begins » s’avère une mise en bouche appétissante, remettant l’homme chauve souris sur les rails du succès par son ton plus réaliste et sombre (compréhensible de par son ancrage dans un monde proche du nôtre et donc  marqué aussi par le terrorisme). L’opposition avec son homologue kryptonien se fait donc plus claire : là où un héros lumineux et christique voit son retour sur grand écran boudé par le public, le renouveau sombre d’un héros marqué par la noirceur fait un tabac au box office. « Batman Begins » a donc motivé tous les studios à rebooter leurs sagas avec une tournure plus mature, plus adulte et surtout plus réaliste au vu de son succès. Un succès qui sera dépassé encore par ses deux volets suivants, mais avant nous devrons retourner vers quelque chose de plus magique et, d’une certaine manière, prestigieux…

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Memento de Christopher Nolan

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Réalisateur : Christopher Nolan

Année de sortie : 2000

Pays : USA

Casting : Guy Pearce, Carria-Anne Moss, Joe Pantaliano

En prévision du live consacré à Christopher Nolan le 19 août, nous vous proposons une rétrospective sur la carrière du réalisateur. Deuxième étape : « Memento »

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Comme écrit dans l’article sur « Following », faire un premier film est une étape très ardue pour tout jeune cinéaste de talent. Mais il existe une tâche plus compliquée encore : concrétiser le dit talent dans un second film. Beaucoup se sont cassés les dents devant une telle épreuve (Eduardo Sanchez et Daniel Myrick sont ainsi passés d’hommes derrière l’un des succès les plus rentables de l’histoire du cinéma à réalisateurs aux carrières portées disparues). Il faut donc trouver encore une fois quelque chose d’inventif pour se démarquer, balancer une nouvelle fois ses compétences aux yeux du monde et prouver son importance dans le milieu. Et une nouvelle fois, Christopher Nolan a montré qu’il n’était pas un réalisateur lambda ni un pétard mouillé mais qu’il avait assez de ressources pour se démarquer grâce à « Memento ».

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« Memento » suit Leonard Shelby, un homme souffrant de troubles mémoriels suite à un choc. Malgré ce handicape, il cherche à retrouver  l’homme derrière la mort de sa femme avec l’aide de polaroids annotés et de tatouages lui rappelant ses indices.

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Comme « Following », « Memento » est un récit calqué sur le style du film noir : nous sommes face à un héros disposant d’une faiblesse le marquant et racontant son enquête par le biais d’une voix off. Du moins, c’est comme cela que commence le film car tout du long, Nolan va jouer avec ces codes et les difformer, tout comme il difforme son récit par une double chronologie croisées mais inversées. Cette forme de narration induit le spectateur dans la même confusion  sensorielle que Leonard. Rajoutez à cela de nombreux flashs back (les souvenirs de la femme de Leonard, l’histoire de Sammy Jankins) et vous risquez d’y perdre la tête si vous ne faites pas un effort d’adhésion au film, ce qui est le but voulu du réalisateur. Leonard est un homme faible qui encourt de nombreux risques dû à son handicap et n’échappe ni à la perte de repères ni à la manipulation (en dire plus reviendrait à spoiler).Ainsi, « Memento » est un récit qui se joue aussi bien de son personnage principal mais également de ses spectateurs au vu de ses nombreux twists et des interprétations qu’il peut engendrer.

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Film policier justifiant par son histoire sa construction narrative et aidé par un trio d’acteurs jouant de leurs diverses facettes pour jouer encore plus sur la confiance que peuvent leur porter les spectateurs, « Memento » aurait pu être l’un de ces récits classiques et déjà vu. Nolan arrive pourtant à le rendre unique et percutant. De quoi prouver que oui, Nolan a du talent et que non, il ne va pas laisser se faire bouffer tout cru par la machinerie hollywoodienne….

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Following de Christopher Nolan

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Réalisateur : Christopher Nolan

Année de sortie : 1998

Pays : USA

Casting : Jeremy Theobald, Lucy Russell, Alex haw

En prévision du live consacré à Christopher Nolan le 19 août, nous vous proposons une rétrospective sur la carrière du réalisateur. Première étape : « Following »

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L’une des étapes les plus difficiles quand on veut se lancer dans la réalisation est de se lancer dans son premier film car c’est celui-ci qui influence largement notre carrière. Il faut savoir le gérer avec les moyens du bord, son expérience passée (que ce soit à la télévision ou bien dans les courts métrages) et essayer d’être le plus épatant possible avec des fois un budget indigne de nos ambitions visuelles. Alors, pour se différencier, certains trouvent des astuces comme relancer le filon du documenteur comme pour « Le projet Blair Witch » (dont les réalisateurs serviront d’exemple pour la prochaine étape compliquée : la confirmation par le deuxième film). D’autres se concentrent sur leur scénario, comme le fait ici Christopher Nolan.

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Following suit un aspirant écrivain en panne d’idées qui se met à suivre des personnes dans la rue afin de trouver l’inspiration. Mais un jour, ses filatures le font rencontrer Cobb, un cambrioleur qui va l’initier à son « art ».

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Nolan aime les films noirs et cela se ressent dans sa première oeuvre. Il en reprend certains codes  afin de les transposer dans un univers qui lui est propre. Annonçant sa carrière future de manière plus (un cambrioleur dénommé Cobb qui s’infiltre dans l’intimité des gens, cela ne vous rappelle rien ?) ou moins (on peut trouver sur la porte de la maison du « héros » l’autocollant d’un fameux super héros…),  le réalisateur anglais rajoute à son récit certains effets faisant son style narratif comme l’utilisation manipulée du temps pour la narration (sa fin). Il dépeint également dans son histoire des personnages crédibles et recherchés, en particulier son cambrioleur qui voit en chaque résidence qu’il pénètre une occasion de sonder la psyché humaine (ce dont profitera le héros pour se faire également « analyser ») et de marquer son passage.

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Récit policier noir bien loin du copier coller des grandes œuvres du genre, « Following » arrive en 69 minutes ainsi qu’avec un budget minuscule (6000 dollars) et d’autres contraintes (un tournage lent, une équipe qui doit gérer leur travail sur le côté) à susciter l’intérêt et à dévoiler de nombreuses promesses, promesses qui seront concrétisées en la personne d’un homme qui tient désormais Hollywood dans la paume de sa main.  Voir le premier film de Christopher Nolan, c’est voir la naissance d’un grand talent et se rappeler qu’effectivement, un premier film influence sa carrière future…

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Her de Spike Jonze

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Réalisateur : Spike Jonze

Année de sortie : 2013

Pays : USA

Casting : Scarlett Johansson, Joaquin Phoenix, Amy Adams, Rooney Mara, Chris Pratt

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L’amour. Le sentiment universel, celui que tous et toutes cherchent à ressentir, celui qui nous pousse parfois à des actes insensés afin de prouver l’existence de celui-ci à l’être aimé, déclinable à souhait (le familial, le platonique, le fusionnel, …). L’amour est aussi source de nombreuses oeuvres artistiques, que ce soit dans la peinture, la musique, la littérature ou le domaine qui nous intéresse le plus sur ce site (au cas où son nom ne vous aurait pas mis la puce à l’oreille), le cinéma. Et si on a droit chaque année à une flopée de comédies romantiques puant la guimauve à des kilomètres à la ronde et que l’on regarde parfois entièrement juste pour satisfaire son âme soeur (que celui ou celle qui ne l’a pas fait me jette la première pierre), il existe encore des oeuvres qui arrivent à dépeindre ce sentiment de manière touchante et originale pour finir par nous interroger même dessus. Si je vous ai déjà parlé du superbe « Alleluia » de Fabrice DuWelz (si vous ne l’avez pas vu, rattrapez-vous le plus vite possible, ce film est un chef d’œuvre !) qui arrivait à représenter la folie que peut engendrer le sentiment amoureux, « Her » est une autre oeuvre marquante abordant ici la difficulté d’une relation amoureuse.

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Nous suivons Théodore Twombly, homme encore marqué par un divorce douloureux, qui décide un jour d’investir dans un  programme informatique s’adaptant à la personnalité de son utilisateur. De ce programme arrive « Samantha », une intelligence artificielle à qui Théodore s’attache au point d’en tomber amoureux…

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Le postulat aurait pu mener à un film romantique bizarre de série z. C’est sans oublier la personnalité excentrique de Spike Jonze, l’homme derrière « Dans la peau de John Malkovich » et « Max et les maximonstres » (un des plus beaux films pour enfant de ces dernières années), qui permet à ce film de toucher au superbe et au poignant. Ouvrant son récit par un monologue en plan séquence à la sensibilité semblant non feinte (ce qui sera démonté juste après par la « nature » de celui-ci) et le refermant par un autre aussi narré de manière épistolaire (mais plus en plan séquence cette fois-ci), Jonze arrive à faire ressentir à son spectateur de l’amour pur, de celui qui peut aussi bien nous transporter que nous détruire, de par une mise en scène douce appuyée par une photographie et une lumière superbe, sans oublier des interprétations sensibles (avec un coup de coeur appuyé pour la prestation de Scarlett Johansson, dont l’on tombe également amoureux alors qu’elle n’a qu’une interprétation vocale) et une bande originale qui nous emporte sans être invasive.

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Le récit retrace tout le chemin amoureux que vont parcourir Théodore et Samantha et arrive à montrer toutes les épreuves que pourrait vivre une telle relation (notamment dans la sexualité du couple), sans esquiver les difficultés de cette histoire. En cela, tout le film se sent comme réel, aidé par un contexte science-fictionnel proche (pas de villes futuristes mais de nombreuses évolutions qui semblent plausibles) et des personnages attachants, en particulier son héros, personne sensible et poétique qui se met au service de personnes n’étant plus capables de faire preuve de cela mais à l’éclat terni par une relation dont il n’arrive pas à se détacher. « Her » en profite pour sonder l’être humain et sa complexité sentimentale (Théodore déclare notamment avoir la sensation d’avoir vécu tous les sentiments possibles et que tout ce qu’il pourrait ressentir ne seraient que des versions plus fines de ses expériences passées).

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Mélancolique, doux, triste, joyeux, coloré, « Her » n’est pas une comédie romantique à deux balles, c’est un film sur l’AMOUR, le grand, le vrai, et a le don d’aussi bien nous faire passer par la joie que par la tristesse tout en étant un des films les plus humains de ces dernières années. Le genre d’histoire d’amour qui peut blesser mais par lequel il faut passer pour pouvoir avancer dans la vie qui nous donne envie de revivre ce sentiment d’allégresse et de bonheur mais avec une vraie personne cette fois, bref, retomber amoureux.

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Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban d’Alfonso Cuarón

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Année de sortie : 2004

Pays: Etats-Unis

Réalisateur : Alfonso Cuarón

Casting : Daniel Radcliffe, Emma Watson, Rupert Grint, Gary Oldman

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Commençons par un fait : Alfonso Cuarón est un grand réalisateur ayant fourni avec « Les fils de l’homme » (l’exemple même d’œuvre parfaite dans tous ses aspects) et « Gravity »  (superbe survival spatial considéré comme « simpliste » alors qu’il constitue aussi la sortie de dépression et donc le « retour sur Terre » d’une femme affectée par le deuil) deux films exceptionnels divertissants, matures et réfléchis de manière humaine, que ce soit sur un versant politique ou psychologique. Certains pourraient donc être étonnés de voir que le metteur en scène mexicain est derrière le troisième volet d’ « Harry Potter », ce qui serait mal juger une saga fantastique de bonne facture arrivant à retranscrire l’ambiance des livres de manière respectable dans des œuvres aux effets spéciaux encore crédibles et provoquant un attachement sincère. Et pourtant, ce film reste cohérent dans la filmographie de son réalisateur.

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L’histoire suit donc Harry Potter qui va passer une année compliquée à Poudlard. En effet, Sirius Black, criminel dangereux, s’est échappé de la fameuse prison d’Azkaban afin de vraisemblablement tuer le fameux sorcier…

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« Le prisonnier d’Azkaban » marque un certain tournant dans la saga Harry Potter en assumant une tonalité plus sombre que les deux volets précédents, tout en commençant par deux scènes proches de la farce enfantine (la « tante » et le bus). Ainsi, le film aborde la solitude d’Harry de par son passé et son destin, que ce soit par le récit ou la mise en scène (Daniel Radcliffe se retrouve souvent isolé ou séparé des autres personnages dans de nombreux plans). Néanmoins, le personnage trouve de nombreux échos dans ce film, notamment avec le personnage de Remus Lupin,  qui a lui aussi un statut personnel à assumer, ou celui de Sirius Black, devant lui vivre avec de fausses accusations et des regrets mais aussi finalement une raison de joie en la personne d’Harry. Notre héros se voit donc comprendre qu’il doit vivre avec ce qui le constitue et apprend que, bien que ses amis soient là pour le réconforter en certains moments (comme Remus peut compter sur Sirius pour tenter d’arrêter ses pulsions), il doit faire face à certains seul (les Détraqueurs, symboles de désespoir et de chagrin, ne pouvant être repoussés que par un souvenir heureux) et prendre à bras cette situation (le plan final le montre ainsi s’envoler d’une foule, pouvant symboliser le soutien qu’il peut recevoir de ses proches).

Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban Harry Potter and the prisoner of Azkaban 2004 Real. : Alfonso Cuaron David Thewlis Daniel Radcliffe COLLECTION CHRISTOPHEL

Cuarón préfigure aussi à de nombreux instants certaines de ses scènes, que ce soit par des structures mécaniques d’horlogerie pour annoncer la péripétie temporelle finale, un oiseau en vol qui dévoile des lieux qui prendront de l’importance dans l’intrigue ou une répétition de certains plans (des passages à travers des vitres annonçant la scène de cours contre l’Épouvantard s’ouvrant et se refermant par un passage de miroir, annonçant elle-même Harry devant faire face à ses peurs, ou encore les nombreux plans sur le Saule Cogneur). Il insère également dans ce film ses idées de mise en scène avec une caméra souvent en mouvement, une utilisation du cut justifiée (notamment lors de la scène avec la « tante » où son utilisation répétée souligne le « chaos » de la situation) ainsi qu’une attente dans son arrivée privilégiant donc des séquences à la durée plus longue, ainsi que quelques plans séquences discrets (notamment un central où Harry discute avec le père de Ron qui l’isole encore de ses amis tout en mettant Sirius Black aux alentours de la conversation), une caméra qui se voit « salie » pour plonger le spectateur dans le récit (comme dans « Les fils de l’homme » notamment).

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Avec ce « Prisonnier d’Azkaban », Alfonso Cuarón  prouve une fois de plus son talent et marque un tournant dans une saga grand public de qualité en offrant un très bon divertissement à la mise en scène superbe. D’un autre côté, on parle de Cuarón…

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