Her de Spike Jonze

Réalisateur : Spike Jonze

Année de sortie : 2013

Pays : USA

Casting : Scarlett Johansson, Joaquin Phoenix, Amy Adams, Rooney Mara, Chris Pratt

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L’amour. Le sentiment universel, celui que tous et toutes cherchent à ressentir, celui qui nous pousse parfois à des actes insensés afin de prouver l’existence de celui-ci à l’être aimé, déclinable à souhait (le familial, le platonique, le fusionnel, …). L’amour est aussi source de nombreuses oeuvres artistiques, que ce soit dans la peinture, la musique, la littérature ou le domaine qui nous intéresse le plus sur ce site (au cas où son nom ne vous aurait pas mis la puce à l’oreille), le cinéma. Et si on a droit chaque année à une flopée de comédies romantiques puant la guimauve à des kilomètres à la ronde et que l’on regarde parfois entièrement juste pour satisfaire son âme soeur (que celui ou celle qui ne l’a pas fait me jette la première pierre), il existe encore des oeuvres qui arrivent à dépeindre ce sentiment de manière touchante et originale pour finir par nous interroger même dessus. Si je vous ai déjà parlé du superbe « Alleluia » de Fabrice DuWelz (si vous ne l’avez pas vu, rattrapez-vous le plus vite possible, ce film est un chef d’œuvre !) qui arrivait à représenter la folie que peut engendrer le sentiment amoureux, « Her » est une autre oeuvre marquante abordant ici la difficulté d’une relation amoureuse.

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Nous suivons Théodore Twombly, homme encore marqué par un divorce douloureux, qui décide un jour d’investir dans un  programme informatique s’adaptant à la personnalité de son utilisateur. De ce programme arrive « Samantha », une intelligence artificielle à qui Théodore s’attache au point d’en tomber amoureux…

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Le postulat aurait pu mener à un film romantique bizarre de série z. C’est sans oublier la personnalité excentrique de Spike Jonze, l’homme derrière « Dans la peau de John Malkovich » et « Max et les maximonstres » (un des plus beaux films pour enfant de ces dernières années), qui permet à ce film de toucher au superbe et au poignant. Ouvrant son récit par un monologue en plan séquence à la sensibilité semblant non feinte (ce qui sera démonté juste après par la « nature » de celui-ci) et le refermant par un autre aussi narré de manière épistolaire (mais plus en plan séquence cette fois-ci), Jonze arrive à faire ressentir à son spectateur de l’amour pur, de celui qui peut aussi bien nous transporter que nous détruire, de par une mise en scène douce appuyée par une photographie et une lumière superbe, sans oublier des interprétations sensibles (avec un coup de coeur appuyé pour la prestation de Scarlett Johansson, dont l’on tombe également amoureux alors qu’elle n’a qu’une interprétation vocale) et une bande originale qui nous emporte sans être invasive.

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Le récit retrace tout le chemin amoureux que vont parcourir Théodore et Samantha et arrive à montrer toutes les épreuves que pourrait vivre une telle relation (notamment dans la sexualité du couple), sans esquiver les difficultés de cette histoire. En cela, tout le film se sent comme réel, aidé par un contexte science-fictionnel proche (pas de villes futuristes mais de nombreuses évolutions qui semblent plausibles) et des personnages attachants, en particulier son héros, personne sensible et poétique qui se met au service de personnes n’étant plus capables de faire preuve de cela mais à l’éclat terni par une relation dont il n’arrive pas à se détacher. « Her » en profite pour sonder l’être humain et sa complexité sentimentale (Théodore déclare notamment avoir la sensation d’avoir vécu tous les sentiments possibles et que tout ce qu’il pourrait ressentir ne seraient que des versions plus fines de ses expériences passées).

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Mélancolique, doux, triste, joyeux, coloré, « Her » n’est pas une comédie romantique à deux balles, c’est un film sur l’AMOUR, le grand, le vrai, et a le don d’aussi bien nous faire passer par la joie que par la tristesse tout en étant un des films les plus humains de ces dernières années. Le genre d’histoire d’amour qui peut blesser mais par lequel il faut passer pour pouvoir avancer dans la vie qui nous donne envie de revivre ce sentiment d’allégresse et de bonheur mais avec une vraie personne cette fois, bref, retomber amoureux.

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Liam Debruel

Amoureux du cinéma. À la recherche de films de qualités en tout genre,qu'importe la catégorie dans laquelle il faut le ranger. Le cinéma est selon moi un art qui peut changer notre vision du monde ou du moins nous faire voyager quelques heures. Fan notamment de JJ Abrams,Christopher Nolan, Edgar Wright,Fabrice Du Welz,Denis Villeneuve, Steven Spielberg,Alfred Hitchcock,Pascal Laugier, Brad Bird ,Guillermo Del Toro, Tim Burton,Quentin Tarantino et Alexandre Bustillo et julien Maury notamment.Écrit aussi pour les sites Church of nowhere et Le quotidien du cinéma. Je m'occupe également des Sinistres Purges où j'essaie d'aborder avec humour un film que je trouve personnellement mauvais tout en essayant de rester le plus objectif possible :)

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