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Nicolas Perreau

Nicolas Perreau
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Le cinéma c'est ma vie !! J'aime beaucoup de réalisateurs, Ridley Scott, David Lynch, Bong Joo Ho, Hayao Miyazaki etc... Et mon film ultime c'est Blade Runner ! Bonne lectures de mes modestes articles !

Victor Hugo d’Iris Bucher et Jean Marc Moutou

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Crée par Iris Bucher et réalisée par Jean Marc Moutout

Sorti en 2018

Avec Yannick Choirat, Isabelle Carré, Gaspard Meier-Chaurand

Genre Drame, Historique, Biopic

 

 

 

Victor Hugo, Ennemi d’état est une mini-série de 4 épisodes sortie en 2018 et crée par Iris Bucher et réalisée par Jean Marc Moutout.

Elle est sortie en DVD chez Rimini le 2 décembre 2020.

 

 

Cette série revient sur la carrière politique du poète et écrivain Victor Hugo qui sera confronté à la violence et la fragilité de ce milieu.

Elle traite de ses débuts en tant que députés jusqu’à son exil forcé par Louis Napoléon Bonaparte. La série abordée également sa relation avec sa maîtresse Juliette Drouet.

 

une relation difficile

 

La série est plutôt réussi et abordé très bien le contexte de son époque par le prisme de Victor Hugo. Ainsi, on peut saisir et voir le changement de vision politique d’Hugo qu’il va opérer au fur et à mesure de son action au parlement.
L’avènement de Napoléon III au pouvoir en est un élément déterminant.

 

Hugo tribun

 

Victor Hugo, Ennemi d’état est une série plutôt bien réalisé qui évite de tomber dans une reconstitution carton-pâte ou dénuée de vie. Le réalisateur choisi de construire la majorité de la série autour de Victor Hugo ce qui permet une intrigue plus resserrée et efficace.

 

La violence à venir 

 

Le spectateur est donc happé par l’action du récit et peut être alors passionné par le contexte historique qui en découle.

Victor Hugo est très bien incarné par Yannick Choirat et Juliette Drouet est jouée par Isabelle Carré avec une grande finesse.

Victor Hugo, Ennemi d’état est donc une mini-série très recommandable qui permet de comprendre une période assez trouble de l’histoire par le prisme d’un personnage emblématique.

Made in Hong Kong de Fruit Chan

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Réalisé par Fruit Chan

Sorti en 1997

Avec Sam Lee, Neiky Yim, Wenders Li

Genre : Thriller, Romance, Drame, Policier, Comédie

 

 

 

L’avis de Nicolas :

 

Carlotta continue à éditer du cinéma hongkongais avec l’incroyable Made in Hong Kong de Fruit Chan.

Sorti en 1997, Made in Hong Kong est un film mélangeant le film de triade avec la comédie et le drame. C’est une œuvre qui déborde de noirceur et qui traite d’une jeune génération totalement perdue.

 

 

Mi-Août est collecteur de dettes pour un proche des triades locales. La découverte du corps d’une jeune fille suicidée par Jacky, un voyou handicapé mental, et sa rencontre avec la jeune Ah-Ping dont il tombera amoureux vont bouleverser sa vie.

 

Made in Hong Kong fait partie de ces films qui sont particulièrement précieux car celui-ci a été tourné quelques mois avant la Rétrocession qui consiste en le rattachement d’Hong Kong avec la Chine. Le titre semble donc particulièrement évocateur puisqu’il rappel tout un pan du cinéma hongkongais particulièrement nerveux et puissant.

 

 

Mi-Août incarne cette figure romantique si représentative du cinéma hongkongais. Il représente une jeunesse perdue qui attend un avenir incertain et fragile. La perte d’espoir se caractérise par le suicide de la jeune fille qui laissera des lettres que Mi-Août et ses amis vont tenter de distribuer aux proches de celle-ci.

 

Ce suicide représente cette jeunesse perdue et désabusée. Mi-Août, Jacky et Ah-Ping incarnent également des figures d’une jeunesse sacrifiée. Mi-Août par sa précarité et ses actions, Jacky par son handicap et les violences qu’il subit et Ah-Ping par sa maladie et la pauvreté de sa mère.

 

 

Made in Hong Kong est un film sauvage, sans concession qui se construit autour d’une réalisation nerveuse. Le montage est chaotique et rappel la puissance du cinéma de Tsui Hark, grande égérie du cinéma hongkongais.
Le montage est ici pour représenter la psychologie des personnages ainsi que leur psyché.

 

La réalisation de Fruit Chan est donc très organique et se permet d’aller vers des expérimentations qui peuvent perdre le spectateur sans pour autant tomber dans une artificialité qui rendrait le tout indigeste.
Au contraire, Fruit Chan arrive à capter la puissance qui se dégage de son récit et permet une implication émotionnelle totale.

 

 

Il est donc fortement conseillé de se tourner vers Made in Hong Kong. Carlotta l’a sorti dans une très belle édition le 27 janvier 2021 en Blue Ray/ Dvd. Le film est accompagné de 4 entretiens avec les équipes du film.

Made in Hong Kong est un film furieux, émouvant et qui porte l’héritage d’un cinéma passionnant.

 

 

L’avis de Liam : 

 

Carlotta nous propose de découvrir un peu plus la filmographie de Fruit Chan.

 

Hong Kong, été 1997. Mi-Août est un jeune marginal ayant abandonné le collège il y a quelques années pour vivre de menus larcins. Il est à présent collecteur de dettes pour un certain M. Wing, proche des triades locales. Le quotidien de Mi-Août va se trouver bouleversé par deux événements : la découverte par Jacky, petit voyou handicapé mental qu’il a pris sous son aile, de deux lettres d’adieux laissées par une jeune suicidée, et sa rencontre avec la jolie Ah Ping dont il tombe rapidement amoureux. Or cette dernière est atteinte d’une maladie incurable…

 

 

Les personnes qui suivent ce site depuis quelques années se rappellent peut-être que nous avions déjà abordé le cinéma de Fruit Chan par le biais de son film « Nouvelle cuisine ». On sent d’ailleurs ce même aspect cru dans ce « Made in Hong Kong », disponible chez Carlotta par le biais d’une restauration 4K. Il fallait bien ça pour un film parlant de divers sujets avec le même emballement qu’une jeune génération désenchantée.

 

 

Le portrait de ces jeunes de la classe populaire tout simplement abandonnée se révèle cruel, marqué par des visuels qui vont dans autant de directions que de réflexions. Fruit Chan cherche à capter le vivant, tout ce qui peut animer ses personnages pour en faire des êtres de chair marqués par leur nature courte. C’est un récit de perte total : de repère, d’existence, de sentiments, un tourbillon émotionnel qui fait mal et où l’on confronte criminalité et pauvreté. On assiste donc à une véritable explosion filmique qui fascine, dans la crainte d’un futur incertain vu la situation politique du pays à l’époque, transformant Hong Kong en véritable labyrinthe dont on sort en permanence brisé.

 

 

Nous nous languissions de découvrir plus de la filmographie de Fruit Chan, c’est chose faite ici avec ce « Made in Hong Kong », pure œuvre vivante profitant de son urgence filmique pour prendre une tournure perpétuellement dramatique et hypnotique.

La Maison de la mort de James Whale

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Réalisé par James Whale

Sorti en 1932

Avec : Boris Karloff, Melvyn Douglas, Charles Laughton

Genre : Epouvante-horreur

 

 

James Whale est un cinéaste emblématique puisqu’il est à l’origine du Frankenstein de 1931. Avec La Maison de la mort, il s’aventure encore une fois vers le cinéma d’épouvante pour livrer un film assez singulier.

M et Mme Waverton et leur ami Philip traversent en voiture le Pays de Galles. Ils sont alors pris dans une terrible tempête et sont obligés de se réfugier dans une étrange maison habitée par une famille qui cache de terribles secrets.

 

 

La Maison de la mort est un film d’épouvante qui s’affranchit des poncifs habituels de la maison hanté pour traiter de l’humain. Ainsi, l’horreur découle à la fois de la maison qui agit ici comme un véritable personnage et du secret que dissimule la famille propriétaire de la maison.

 

La maison agit comme un personnage puisque Whale multiplie des plans fixes qui scrutent les personnages, comme si le lieu lui-même observait leurs actions et les dangers qui les attendent.
La maison est pourtant qu’un simple décorum horrifique pour dévoiler la véritable peur qui se cache au fond des ténèbres, l’humain.

Whale construit un film qui dévoile son intrigue par étapes. L’horreur se dévoile au fur et à mesure de la découverte de la maison. Le principal vecteur horrifique se construit à partir du personnage de Morgan, le valet de la famille magnifiquement incarné par Boris Karloff, qui par sa figure difforme est un véhicule d’étrangeté et d’effroi.

 

 

Cependant, Morgan n’est pas le monstre du film, mais un autre personnage dissimulé dans la maison qui incarne le chaos. Une figure abstraite, mais bien présente qui terrorise tout le monde. L’acteur qui incarne ce personnage est d’ailleurs dénué de maquillage, mais son visage provoque tout de suite l’effroi.

Pour construire l’ambiance de son film, Whale joue avec la lumière pour sculpter des ombres terrifiantes. La magnifique photographie du film apparaît comme étant un mélange d’expressionnisme et de gothique.

 

 

D’ailleurs, le sujet de La Maison de la mort pourrait rappeler celui d’un immense film d’horreur qui se fera bien plus tard, Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper.
Cette famille dominée par la folie et ostracisée rappel sans aucun doute le film d’Hooper.

Carlotta a ressorti le film dans une magnifique version restaurée le 27 janvier 2021. Il est disponible en Dvd/Blue-ray accompagné d’un entretien avec Sara Karloff, la fille du célèbre acteur Boris Karloff et d’un bonus sur la restauration du film.

Si vous aimez le cinéma d’épouvante et appréciez le cinéma de Whale, il faut absolument se procurer ce petit film qui est très étonnant dans sa façon de construire la peur.

Virus Cannibale de Bruno Mattei

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Réalisé par Bruno Mattei

Sorti en 1980

Avec Margit Evelyn Newton, F. Garfeeld, Selan Karay

Genre : épouvante/horreur

 

 

L’avis de Liam 

Les amateurs de cinéma de genre et d’œuvres totalement autres savent sans doute ce qu’est « Virus Cannibale ». Le culte entourant le film se transmet d’année en année, comme un flambeau marquant la transmission de nanars en tous genres. La sortie du film chez Rimini dans une édition qualitative devrait permettre au long-métrage de Bruno Mattei de se transmettre encore plus rapidement que le fléau qui y est narré.

Le film s’ancre dans l’horreur zombie à la façon du cinéma italien. On pense ainsi à Lucio Fulci par le biais de quelques maquillages voulant aller dans le putride et la façon dont le virus reflète la violence de la colonisation européenne se retournant dans le sanguinolent le plus intense, surtout au vu du comportement de ses personnages (soit des soldats, soit des touristes voyant le tout avec un œil plus éloigné, comme celui avec sa caméra). On pourrait donc creuser du fond derrière, malgré des visuels bien plus maîtrisés chez Fulci, comme dans son cultissime « Enfer des Zombies ». On pense à ces innommables images animalières qui se glissent sans aucune subtilité dans la narration.

La nature autre se crée alors par certaines réactions, notamment ces pétages de câbles qui laisseront le public hilare ou navré. Il faut bien admettre que certains semblent sortir d’ailleurs mais parviennent à trouver une forme de sens dans le retour de bâton que se prennent les personnages jusqu’à un extrême visuel qui devrait ravir les fans de violence graphique. Du moins, c’est trouver du sens dans un chaos ambiant assez fascinant et qui a l’avantage de rendre impossible l’indifférence durant son visionnage.

Le combo Blu-Ray/DVD comprend une interview de Christophe Lemaire, grand fan du film qui aura su partager sa fascination pour ce titre à de nombreuses générations de lecteurs de Mad Movies (l’auteur de ces lignes compris), ainsi qu’un livret de 20 pages. Celui-ci, reprenant l’interview de David Didelot, auteur du livre « Bruno Mattei, itinéraires bis » , pour le site aVoir-aLire, permet d’avoir un regard plus précis sur son réalisateur.

On ne peut statuer dans un sens comme dans l’autre tant la nature de capharnaüm que représente « Virus Cannibale » lui a permis de traverser les années. Cette édition fournie par Rimini devrait en tout cas vous permettre de vous faire un avis sur un film que l’on qualifiera d’intéressant dans son traitement d’un pot-pourri zombiesque fascinant en tout point.

 

 

 

 

L’avis de Nicolas 

 

Rimini a ressorti le 12 décembre 2020 Virus Cannibale ou Watch Hell Of The Living Dead de Bruno Mattei.

Bruno Mattei est un maître du pillage artistique sans pour autant tomber dans un inintérêt total. Mattei est un cinéaste qui pille les films étrangers qui ont marché, surtout de genre pour se les réapproprier à sa sauce.
Il livre des versions plutôt fragiles, nanardesques de films qui ont eu un grand succès.

 

 

Virus Cannibale n’échappe pas à la règle et s’avère être une réappropriation totale du Zombie de George Romero. Mattei ira jusqu’à réutiliser les thèmes musicaux du montage italien du film de Romero composée par Goblin. Mattei se sert aussi de la b.o composée par le groupe pour le film Contamination de Luigi Cozzi.

 

Qu’en reste t-il ? Un film franchement très sympathique et touchant par le prisme de ses propres défauts. Mattei s’amuse à jouer avec des situations totalement incongrues. Il est également très divertissant et involontairement drôle ou pas.
Il s’en dégage l’impression que Mattei a conscience du caractère absurde de son film.

 

 

L’omniprésence de stock shots animaliers est par exemple totalement gratuite et très drôle.

Le film propose également de magnifiques maquillages et les séquences gores avec les zombies sont époustouflantes.

Rimini propose une belle édition collector avec le Dvd et le Blue Ray accompagnée d’une interview de Christophe Lemaire et un livret de 20 pages qui reprend l’interview de David Didelot.

Virus Cannibal est un nanar mais surtout un film qu’il faut absolument se procurer car de par son caractère totalement artisanal et fragile, il en ressort une forte envie de faire du cinéma et c’est beau !

 

Vagrant Queen de Jem Garrard

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Réalisée par Jem Garrard

 

Sorti en 2020

Avec Adriyan Rae, Tim Rozon, Alex McGregor

 

Genre : Science-fiction

 

 

 

En principe les séries Syfy ont mauvaises réputations suite au fait qu’elle soient sous produites. Cependant Vagrant Queen qui  est sorti chez Rimini le 5 décembre 2020 est une série fort sympathique qui transpire la passion.

Adapté du comics de Magdalene Visaggio, Vagrant Queen est une série de science fiction/space opéra qui traite d’une jeune princesse ayant perdu son trône tentant de le reprendre. C’est la République qui a obtenue le pouvoir par un coup d’Etat qui tente d’attraper la princesse Elida.

 

 

Si la série en elle-même comporte pas mal de défauts comme des effets spéciaux parfois mal finis, fragiles ou encore des flash-back assez putassier, Vagrant Queen est assez honorable car elle tombe dans une auto dérision jamais cynique reposant sur le comique de situation.

 

 

L’univers de science fiction est en lui-même assez sympathique, plutôt proche du pastiche. Les costumes sont faits maisons, les décors également.

Ce qui passionne dans cette série est la passion qu’elle a pour le sujet qu’elle traite et son univers. C’est une œuvre faite par des personnes sincères qui croient en leur projet et ça fait plaisir. Bien loin du cynisme qui domine parfois l’industrie cinématographique ou même de la série.

 

 

Vagrant Queen est donc fortement recommandable ! Malgré le fait qu’elle se soit faite annuler…

 

NIGHTWATCHER de Gustavo Bonafé et Fábio Mendonça

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Réalisé par Gustavo Bonafé et Fábio Mendonça

Sorti en 2018

Avec : Kiko Pissolato, Samuel de Assis, Tainá Medina

Genre : Action

 

 

 

Nightwatcher est un film de super-héros Brésilien assez surprenant.

Montessanti est un membre des forces spéciales brésiliennes. Après un accident personnel lié à une de ses interventions, il part en guerre contre un réseau de politiciens corrompu en prenant l’apparence d’un justicier masqué.

 

 

Nightwatcher est un film sacrément efficace et totalement à l’encontre de l’approche actuelle du super-héros. Ici, on revient à une base plus sombre et proche du vigilante qui amène un raisonnement politique qui manque peut-être de finesse mais loin d’être inintéressant.

Sachant que le contexte qui entoure le film résonne beaucoup avec l’actualité brésilienne puisqu’on y retrouve un gouvernement totalement corrompu qui agit dans l’ombre et travaille contre le peuple brésilien. Ce justicier masqué incarne donc une colère qui est celle d’un peuple délaissé par son gouvernement et désespéré.

 

 

Nightwatcher est donc un film plutôt réussi malgré son manque de moyens qui se fait remarquer par certains moments. Cependant, le film en tant que tel est fortement recommandable en plus de s’inscrire dans le genre du super-héros.

Nightwatcher sort en Blue Ray et Dvd chez CONDOR ENTERTAINMENT le 12 février 2021. Il est accompagné d’un bonus de 15 min revenant sur les coulisses du film.

 

Claude Chabrol, suspens au féminin

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Coffret Claude, suspens au féminin .

5 films réalisés par Claude Chabrol

 

L’Enfer

Sorti en 1994

Avec : Emmanuelle Béart, François Cluzet, Marc Lavoine

Genre : drame

 

La Cérémonie

Sorti en 1995

Avec : Isabelle Huppert, Sandrine Bonnaire, Jacqueline Bisset

Genre : drame

 

Rien ne va plus

Sorti en 1997

Avec : Michel Serrault, Isabelle Huppert, François Cluzet

Genre : Policier, Comédie

 

Merci pour le chocolat

Sorti en 2000

Avec : Isabelle Huppert, Jacques Dutronc, Anna Mouglalis

Genre : Drame, Policier

 

La Fleur du mal

Sorti en 2003

Avec : Benoît Magimel, Nathalie Baye, Suzanne Flon

Genre : Drame, Thriller

 

 

 

Claude Chabrol est un cinéaste passionnant qui a su tirer parti de l’art cinématographique.

Il a développé un cinéma à la fois mental et social qui s’oriente vers un questionnement constant de la notion de tragédie. MK2, associé à Carlotta, ressort cinq films du cinéaste en version restaurée.

Ces cinq films sont regroupés sous la thématique du personnage féminin Chabrolien.

Sont regroupés, La Cérémonie, Rien ne va plus, La fleur du mal, l’Enfer et Merci pour le chocolat.

 

La Cérémonie 

 

 

La Cérémonie est un film qui traite de l’arrivée d’une future servante dans la maison d’une famille bourgeoise.

Ce qui frappe tout de suite est la manière qu’a Chabrol de traiter du mystère et de ses personnages.
Le spectateur est vierge de toute information dès le commencement du film. Il entre dans l’action de manière brute et doit se raccrocher à tout ce qu’il verra et entendre pour pouvoir créer un lien avec les personnages.

 

 

Ici, le spectateur s’attache très vite au personnage de Sophie. La mise en scène de Chabrol permet cet attachement par sa façon de filmer ce que ressent Sophie dans cette imposante maison.

Chabrol se permet également de filmer les faiblesses de la jeune femme qui seront vectrices de tension.
Une tension que le cinéaste installe avec une lenteur particulièrement efficace.

 

 

La relation qu’entretient Sophie avec la famille semble fondée sur de bonnes bases, cependant celle-ci va se dégrader lorsqu’elle va rencontrer Jeanne la postière.

C’est ainsi que Chabrol s’amuse à créer encore plus de mystère avec l’arrivée de ce personnage. Le film n’est plus centré sur Sophie, il traite finalement d’un duo.

 

 

Un duo caractérisé par ses différences avec la famille bourgeoise. Deux personnages en opposition avec les principes de celle-ci.

Ainsi, Chabrol incorpore une thématique sociale très fine qui va permettre au film de se conclure sur une explosion de violence sans pour autant prendre parti en concluant le film sur un élément tragique.
Chabrol montrera que chaque acte aura des répercussions. Qu’elles soient négatives ou positives.

 

 

Ainsi La Cérémonie passionné par son processus qui s’imprègne des attentes du spectateur en l’installant confortablement dans un climat de tension permanente.

Le spectateur est ainsi acteur/observateur de ce qui se déroule à l’écran. Il est passif et assiste au désastre. Il est ainsi membre de la cérémonie.

 

 

Rien ne va plus

 

 

Rien ne va plus est construit sur un duo d’arnaqueurs magnifiquement incarné par Michel Serrault et Isabelle Huppert.
Au fur et à mesure de leurs manœuvres, ils vont être confrontés à une affaire qui les dépasse.

Rien ne va plus s’inscrit dans la démarche habituelle de Chabrol qui cherche encore à jouer sur la divulgation des informations propres aux personnages.

 

 

Le film s’ouvre sur ce duo sans chercher à dévoiler les éléments qui caractérisent celui-ci.
Chabrol se sert de la mise en scène pour montrer au fur et à mesure la vie de ces personnages qui vivent en marge de la société.

 

 

Ce qui surprend est l’humour qui semble ici plus léger. Le film est construit de façon à s’éloigner de la tragédie Chabrolienne. L’histoire y est plus légère mais jamais dénuée de gravitée.

 

Rien ne va plus est en plus parsemé de plans magnifiques qui mettent en valeur le lieu où se situe l’action.

Malgré la légèreté des thématiques, Chabrol ne s’éloigne pas de ses obsessions et agit comme un véritable orfèvre.

 

 

La Fleur du Mal

 

 

La Fleur du Mal s’inscrit également dans la démarche Chabrolienne.

Le fils d’une famille recomposée et bourgeoise revient chez lui après un long voyage aux États-Unis. Il apprend que sa belle-mère tente de se présenter aux élections municipales de son village. Cependant, la parution d’un tract dévoilant un lourd secret familial vient perturber la tranquillité environnante.

 

 

Chabrol traite ici de la culpabilité avec une main de maître. Il s’intéresse à cette famille bourgeoise en y incorporant une ambiance malsaine qui va petit à petit pourrir les relations familiales.
Il dépeint le portrait d’une famille sclérosée condamnée à recommencer les mêmes actions ancestrales.

 

 

Sa façon, de traiter de cette famille est passionnante en plus de fournir une mise en scène particulièrement prenante et lancinante qui participe à installer une atmosphère romantique et poisseuse.

Cette manière de penser l’intrigue explose lors d’un final dramatique et libérateur pour la famille.

La Fleur du Mal est donc un drame particulièrement prenant qui s’inscrit dans la logique de son cinéaste.

Chabrol installe donc un mystère qu’il va s’amuser à divulguer au fur et à mesure de manière subtile et intelligente. Comme d’habitude il fait preuve d’une grande maîtrise du drame en choisissant de construire son intrigue sur la base d’un dosage de la divulgation.

 

L’Enfer

 

 

L’Enfer est un projet ambitieux puisqu’il s’agit d’une reprise du projet avorté d’Henri George Clouzot du même nom avec Romy Schneider comme actrice principale.

 

le projet initial

Cette histoire de couple qui se brise petit à petit suite à une jalousie maladive de la part du mari est magnifiquement reprise par Claude Chabrol.

Il construit ici le drame ultime à partir d’une mise en scène virtuose et prenante qui mélange très bien les expérimentions qui étaient observables dans les images tournées par Clouzot et la mise en scène lente et mystérieuse de Chabrol.

 

 

Chabrol s’empare totalement du scénario de Clouzot pour créer un drame prenant et étrange jouant sur la perception. Ainsi, le point de vue est d’abord du côté de Paul, magnifiquement incarné par François Cluzet, pour ensuite dévier vers celui de Nelly, jouée par la grande Emmanuelle Béart.

 

 

L’enfer s’installe petit à petit dans ce couple qui paraît angélique et rempli d’amour pour dévier vers une jalousie maladive vécue par Paul qui va à la fois le torturer et faire du mal à Nelly.

Chabrol joue sur l’interprétation des images pour représenter cette jalousie. Ainsi, des images viendront s’incorporer dans la psyché de Paul pour le rendre fou de jalousie.
Ce procédé de mise en scène relève à la fois de la méta-référence pour ensuite aller vers une vision subjective des images.

 

 

Cette subjectivité des images permet donc des expérimentations visuelles, particulièrement savantes qui donnent de l’ampleur au film de Chabrol.

Il est fortement conseillé de se pencher sur cette œuvre que l’auteur de ces lignes a particulièrement apprécié au point de le considérer comme l’un du plus grand film du cinéaste.

 

 

Merci pour le Chocolat

 

 

André Polonsky (Jacques Dutronc) est un grand pianiste qui a perdu sa femme. Il s’est remarié avec Mika (Isabelle Huppert) qui est la directrice d’une grande usine de chocolat Suisse. L’arrivée de Jeanne, une jeune apprentie pianiste, va bouleverser le couple.

 

 

Merci pour le Chocolat est un Chabrol assez passionnant dans sa façon d’installer un malaise à partir de petits éléments qui peuvent paraître anodin. Le titre est d’ailleurs annonciateur de ce que vont subir les personnages. Tout le sens de l’intrigue se situe dans ce chocolat.

 

Merci pour le Chocolat n’est peut-être pas le plus grand des Chabrol, mais il demeure tout de même fascinant.

 

En conclusion, la sortie de ce coffret Chabrol, suspens au féminin permet la découverte ou la redécouverte de cinq œuvres d’un cinéaste essentiel qui aura inspiré tout récemment Bong Joon Ho pour son sublime Parasite. La restauration y est de grande qualité. Le coffret est un magnifique écrin accompagné de multiples bonus qui regroupent des scènes commentées par Claude Chabrol, des Making of, des entretiens et des suppléments inédits.

Sorti, le 2 décembre 2020, il est donc nécessaire de ce procuré ce bel ensemble qui permettra le visionnage d’œuvres passionnantes et prenantes.

 

La Vengeance d’un acteur de Kon Ichikawa

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Réalisé par Kon Ichikawa

Sorti en 1963

Avec, Kazuo Hasegawa, Ayako Wakao, Fujiko Yamamoto, …

Genre : Drame

 

 

L’avis de Nicolas :

 

Rimini a sorti le 1er décembre Le sublime La Vengeance d’un acteur réalisé par Kon Ichikawa et sorti en 1963. Il s’agit c’un combo Blue ray/Dvd comportant une interview de Bastian Meiresonne.

Ce film est un remake d’un film du même nom sorti en 1935 et réalisé par Teinosuke Kinugasa.

Yukinojo Nakamura est un acteur de théâtre Kabuki. Lors d’une représentation il reconnaît le seigneur Dobé et deux de ses complices. Ces personnes sont responsables du suicide de son père. C’est alors qu’il va chercher à se venger.
La vengeance d’un acteur est d’abord un film à la mise en scène somptueuse. Le cadre est travaillé de façon à construire des images dignes de scènes de théâtre.

 

 

Les couleurs sont vives, pastelles et offrent une dimension presque fantastique ou fantaisiste à l’œuvre d’Ichikawa. Ces plans font penser à des estampes.
Ce travail de la photographie peut rappeler celui effectué sur Kwaidan de Masaki Kobayashi. On retrouve ce type de plan qui rappel les estampes. Ces plans apportent une poésie qui va cohabiter avec l’aspect dramatique du récit.

La mise en scène est lente. Elle permet de faire vivre chaque plan. Cela n’empêche pas un montage plus dynamique lors des séquences de combat au sabre. Par exemple, le film est parsemé de combats nocturnes dotés d’un montage assez impressionnant qui permet de saisir chaque coups portés. Ces séquences sont donc d’une très grande fluidité.

Les acteurs sont tous excellents. Kazuo Hasegawa incarne très bien cet acteur travesti qui tente de se venger.
Il est donc fortement recommandé de se procurer La Vengeance d’un acteur qui est excellent et passionnant dans sa façon de traiter de la vengeance et de ses conséquences dramatiques.

 

 

L’avis de Liam :

 

Rimini nous emmène au Japon avec un long-métrage des plus classieux.

Yukinojo, célèbre acteur de kabuki, vient jouer à Edo avec sa troupe. Un soir, sur scène, il reconnaît dans le public les trois hommes qui ont provoqué la ruine et le suicide de ses parents : le magistrat Dobe et les commerçants Kawaguchiya et Hiromiya. À l’époque, il avait alors juré de les venger coûte que coûte. Yukinojo compte bien tenir sa promesse et va pour cela se servir de la fille de Dobe, Dame Namiji, tombée amoureuse de l’acteur…

 

Le début du film nous place rapidement dans une situation assez intéressante par son côté méta, confrontant la scène de théâtre à la profondeur de l’écran de cinéma avec un brio que l’on décèle bien vite chez Kon Ichikawa. À ce titre, on comprend en quelques instants l’aura dont bénéficie son film par des visuels à la classe et la grâce brûlantes. Tout repose sur des faux semblants, des illusions dont l’artificialité renvoie au pouvoir même de la fiction.

Kon Ichikawa, pourtant confronté à une commande, offre alors de nombreux plans à la somptuosité telle que l’on se retrouve à chavirer dans ce récit de vengeance. On sent une telle implication que l’on se retrouve à se plonger également dans certaines de ses images. L’esthétique globale a beau aller dans plusieurs directions, à la façon des tonalités thématiques, jamais le long-métrage n’en souffre. Il s’en dégage même un certain parfum aux relents de souffre mais auquel il est impossible de ne pas succomber.

Mené d’une main de maître, « Vengeance d’un acteur » constitue un grand film qui ne laisse pas indifférent. L’édition fournie par Rimini, disposant comme suppléments d’une présentation par Bastian Meiresonne de 31 minutes ainsi qu’un retour de 51 minutes sur les grands courants ayant marqué le cinéma japonais de ses débuts, devrait parvenir à aider dans cette découverte, bien aidée par la présence de sa restauration 4K. De quoi ravir celles et ceux cherchant à faire face à pareil film dont les visuels risquent de rester longtemps imprégnés dans la rétine…

Ariane de Billy Wilder

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Réalisé par Billy Wilder

Sorti en 1957

Avec Gary Cooper, Audrey Hepburn, Maurice Chevalier

Genre : Comédie, romance

 

 

 

L’avis de Nicolas 

 

Un mot pourrait définir le cinéma de Billy Wilder, la malice.

Ariane, sorti en 1957 n’échappe pas à la règle.

Ariane est la fille du détective privé Claude Chavasse qui traite des affaires d’adultères. Elle habite avec son père à Paris. Un jour, elle entend un client de son père qui souhaite abattre l’amant de sa femme. Frappée par cette déclaration il tente de prévenir l’amant de cette menace. Ainsi après l’avoir sauvé, elle va entamer une relation avec celui-ci.

 

 

Ariane est une madeleine cinématographique. Une belle œuvre qui aborde son sujet de la meilleure façon. Wilder joue parfaitement entre l’aspect léger et dramatique de son film. Il traite encore une fois de l’amour avec une grande finesse et se permet également de glisser vers une savoureuse irrévérence qui se manifeste par la relation entre l’amant et Ariane.

Le film est plongé dans un noir et blanc d’une grande beauté. Wilder se sert des ombres dessinées par la mise en scène pour appuyer le mystère entourant l’amant, la distance qui se créé au début entre lui et Ariane. Tout les éléments filmés par le cinéaste participent à créer une narration particulièrement fluide et prenante.

Audrey Hepburn et Gary Cooper forment un couple sublime et tendre partant d’une situation incongrue pour se déplacer vers le pur romantisme. Les deux acteurs sont à fond et Audrey Hepburn est impressionnante de douceur et de vérité.

Carlotta a sorti le film le 18 novembre 2020 en Blue ray et Dvd simple ainsi que dans une édition collector qui semble être sublime. Cette édition est accompagnée d’un livret inédit de 160 pages et en bonus, un entretien avec Hubert de Givency.

 

Il est clair qu’il faut se procurer Ariane, qui n’est peut être pas le plus grand film de Billy Wilder mais s’avère être un beau morceau de cinéma.

 

L’avis de Liam

 

À Paris, le détective privé Claude Chavasse est spécialisé dans les affaires d’adultère. Sa fille, Ariane, est fascinée par son travail et plus particulièrement par le cas du playboy Frank Flannagan. Lorsqu’Ariane surprend un client de son père menaçant de tuer Flannagan, elle court prévenir ce dernier du danger qui l’attend. Quand le client jaloux débarque à l’hôtel, il trouve le millionnaire en compagnie d’Ariane et non de sa femme infidèle. Intrigué, Flannagan organise un rendez-vous avec elle le lendemain après-midi…

On en parlait dans notre critique d’« Uniformes et jupons courts » la semaine passée mais découvrir un film de Billy Wilder constitue un énorme plaisir tant il semble que chacun de ses films relève d’une perfection rare à tous les niveaux. L’entame annonce sa légèreté et son rapport à l’amour, avec un aspect direct qui a dû faire frémir certains censeurs par son traitement des relations de couple. La comédie de mœurs se dessine par le rapport qui se construit entre Frank Flannagan, séducteur invétéré, et Ariane Chavasse, jeune femme qui va renverser les codes des connections sentimentales par ses mensonges pour amadouer le millionnaire. Il est donc amusant de revenir sur ce film peu de temps après notre retour sur « Uniformes et jupons courts » tant les deux partagent ce rôle de femme devant jouer un rôle pour des raisons socialement inscrites (économiques de l’un, émotionnelles de l’autre).

La chaleur de la relation entre nos deux personnages se dessine alors aussi bien par l’alchimie des plus incandescentes des deux acteurs principaux (en même temps, il s’agit d‘Audrey Hepburn et Gary Cooper) que par la malice de la caméra de Billy Wilder. Il suffit d’une caméra suivant la chute d’un manteau de fourrure ou accompagnant les éclats d’un objet lancé dans l’eau pour réussir à embraser fortement l’audience. Le metteur en scène sait comment faire éclater toute la ferveur d’une romance, souvent par ce jeu sur le suggéré que maîtrise Wilder avec une finesse des plus réjouissantes.

 

 

Comme toujours, l’édition Ultra Collector fournie par Carlotta s’avère un superbe écrin à un tout aussi superbe long-métrage. Le seul souci que l’on soulignera est que le livret accompagnant le film nous pose toujours question sur ce que l’on peut dire de plus pertinent par rapport au titre abordé. Sachez juste qu’investir dans la magnifique édition Ultra Collector d’« Ariane » permet de découvrir un excellent film d’un merveilleux réalisateur avec le meilleur accompagnement possible au vu des suppléments et des livrets accompagnant celui-ci.

Sac d’Os de Mick Garris

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Réalisé par Mick Garris

Sorti en 2011

Avec Pierce Brosnan, Melissa George, Annabeth Gish

Genre : drame, fantastique

 

 

 

Stephen King est un des auteurs les plus adapté au cinéma. Son roman Sac d’Os ne pouvait pas échapper à la règle.

Sorti sous la forme d’une mini-série en 2011 pilotée par Mick Garris, la Maison sur le Lac ou Bag of Bones est une série prenante regroupant tout les ingrédients de l’univers de Stephen King.

Pierce Brosnan

Ainsi la série traite d’un auteur, Mike, qui a perdu sa femme et va s’installer dans sa maison de campagne pour évacuer le choc. Des choses étranges vont alors arriver dans cette maison.

Sac d’os est avant tout un drame humain qui va se servir du fantastique pour traiter de questions de fond. Ainsi la maison sera le théâtre d’une part de l’histoire des Etats-Unis.

des séquences rétro

Tout ces éléments sont donc caractéristiques des écrits horrifiques de King.

La série fait bien son job et arrive à créer du mystère et une ambiance prenante liée à une réalisation simple mais efficace. Le cadre est bien travaillé et participe à créer cette atmosphère macabre et étrange.
Ce point est sacrément présent lors des séquences de flash-back/cauchemar/voyage dans le temps.

 

il y a quelque chose dans le lac

Pierce Brosnan assure en personnage maudit et triste qui a du mal à se faire une place dans cet étrange village. Il incarne et représente très bien le personnage Kingien. Un auteur en manque d’inspiration qui a du mal à se défaire d’un drame personnel pesant.

La série est sortie chez CONDOR ENTERTAINMENT le 5 décembre 2020 en Dvd et Blue Ray. Si vous aimez Pierce Brosman, Stephen King, jetez-vous sur cette mini-série très intéressante.