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Date de sortie : 2 août 1991 (Japon), 18 septembre 1991 (États-Unis), octobre 1991 (Europe)
Développeur : Sega
Concepteur : Noriyoshi Ohba
Genre : Beat’em up

Nationalité : Japonais
Compositeur : Yuzo Koshiro
Système d’origine : Mega Drive

 

 

 

 

 

Le renouveau du beat’em up sur console

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Une jaquette devenue iconique.

Contemporain de beat’em up comme Burning Fight, Vendetta et Teenage Mutant Ninja Turtles : Turtles in Time, Streets of Rage est un grand classique du genre développé par des membres de la Team Shinobi et sorti directement sur Mega Drive le 2 août 1991. De son nom d’origine Bare Knuckle : Ikari no Tekken, il s’inspire notamment de Final Fight pour ses trois personnages jouables aux caractéristiques différentes et son univers urbain dans lequel les gangsters distribuent les mandales. Pas de demoiselle à sauver toutefois : la ville est simplement tombée entre les mains d’un syndicat du crime, à laquelle une partie de la police a fini par céder. Trois jeunes policiers mettent néanmoins leur carrière de côté afin d’aller régler le problème eux-mêmes, et ça tombe bien, car ils sont tous redoutables au combat à mains nues !

Les joueurs débutants peuvent choisir Blaze Fielding, judoka moins puissante que ses camarades mais bien plus rapide et habile au saut. Axel Stone, expert en arts martiaux, convient parfaitement aux joueurs occasionnels avec ses coups puissants et sa rapidité, tandis qu’Adam Hunter, boxeur à ses heures perdues, est plus adapté aux joueurs confirmés pour sa lenteur compensée par des coups qui font directement décrocher la mâchoire. Au nombre de huit, les niveaux commencent classiquement dans la rue puis terminent dans l’immeuble où se cache le chef des malfrats en passant par une plage, un pont, un bateau, une usine et même le sempiternel ascenseur d’où il est possible d’éjecter les adversaires. Les graphismes font tout à fait honneur aux premières années de la Mega Drive et le jeu a profondément marqué pour ses musiques composées par Yuzo Koshiro, inspirées de styles comme l’house, la dance et la techno, offrant un cachet particulier à l’expérience.

Fidèles au modèle de Final Fight, les coups se résument essentiellement à un combo de base et à un coup aérien différents pour chaque personnage. En appuyant simultanément sur les deux touches, ils effectuent également une attaque vers l’arrière. Le souci du détail est néanmoins présent lors des animations, très différentes lorsqu’il s’agit d’un combo au corps à corps. Si les projections varient selon qu’elles soient effectuées de face ou de dos, il est possible de saisir son acolyte par derrière afin que ce dernier frappe les ennemis en allongeant ses jambes. Comme dans tout bon beat’em up, l’interaction avec l’environnement permet de récupérer diverses armes en détruisant des objets, notamment des bouteilles de verre à affûter pour que ça saigne encore plus. On trouve également des pommes et de la viande pour regagner des points de vie, ainsi que des vies et des voitures de police pour déclencher une attaque spéciale.

Limitée à une seule par vie ou par niveau, cette attaque consiste à appeler une voiture de police pour venir balayer l’ensemble des ennemis présents à l’écran. L’animation est même différente selon le joueur qui l’utilise : un coup de bazooka projetant des flammes pour le premier et une mitrailleuse envoyant une rafale de projectiles pour le second. Si ce dernier peut rejoindre la partie à tout moment, il doit le faire avant que les murs du repaire du syndicat ne l’en empêchent, tout comme l’appel de la police n’est plus possible à ce stade du jeu. Relativement plat, le level design laisse tout de même place à des trous de chantier à éviter au niveau du pont, à un scrolling vertical au niveau de l’ascenseur, et un défilement de droite à gauche pour varier au dernier niveau.

Classiques mais variés, les ennemis vont du loubard de base au pratiquant d’arts martiaux, en passant par le punk effectuant des glissades, le lanceur de hache et la femme munie d’un fouet. Les boss arborent de grands sprites entre le lanceur de boomerang, le fonceur muni de griffes, le lutteur, le cracheur de feu et les combattantes dont le sprite est calqué sur celui de Blaze avec une autre couleur. Si les premiers apparaissent seuls ou en binôme selon le nombre de joueurs, ces dernières sont toujours deux, ce qui rend le combat particulièrement difficile quand le joueur est seul. Pour augmenter la durée du jeu et lui octroyer un petit pic de difficulté, l’ensemble des boss font leur retour au dernier niveau, ceux des niveaux 2 et 6 étant les mêmes, et l’ascenseur n’en comportant pas. En bon boss final, Mr. X ne peut s’empêcher de faire venir des hommes pour l’épauler tandis qu’il tire de loin avec sa dégaine de dictateur.

Précurseur pour son époque, le jeu dispose tout de même de deux fins suite à la proposition de Mr X aux joueurs de rejoindre ses rangs, jouer seul donnant automatiquement la fin classique où les héros gagnent. Si par malheur les deux joueurs répondent oui, ils sont renvoyés au niveau 6 et doivent refaire tout le chemin jusqu’à Mr X. S’ils répondent non, ils combattent classiquement le boss final à deux. Le plus intéressant reste le cas où l’un répond oui et l’autre non, car cela provoque un duel entre les anciens coéquipiers qui amène le vainqueur à vaincre Mr X pour prendre sa place et siéger au sommet de la ville. S’il est dommage que l’arbre des possibilités n’ait pas été plus étoffé, cette alternative fait également partie des éléments ayant beaucoup marqué les joueurs Mega Drive en donnant une certaine singularité au dénouement du jeu.

Comme c’était parfois le cas à l’époque, le jeu a rapidement été porté à l’identique sur borne d’arcade avec la possibilité d’acheter du temps de jeu à la place des crédits. Il a fallu attendre deux ans pour voir le titre adapté sur 8-bit dans deux versions sensiblement différentes. La Master System fait le choix des graphismes avec des décors superbement reproduits, ce qui a sans doute blindé la cartouche et ainsi compromis pas mal de choses. Outre les musiques de qualité très moyenne, le mode deux joueurs disparaît et il faut appuyer sur le bouton localisé sur la console pour envoyer la police, ce qui est terriblement pratique en pleine action. Le nombre d’ennemis à l’écran est également limité à deux, ce qui explique qu’aucun n’intervient lors du combat final étant donné la taille du sprite de Mr X.

Mais c’est surtout la jouabilité qui en prend un coup avec de nombreux bugs de collision : les patterns des ennemis deviennent très faciles à prévoir et certains se prennent systématiquement les coups de pied sautés. Si le niveau 6 accueille cette fois-ci un nouveau boss qui ressemble à un nain en jet pack qui envoie des explosifs, certains boss peuvent presque se faire battre en un seul combo à cause de leur sprite qui se bloque quand on les frappe par derrière. La Game Gear fait quant à elle le choix plus ou moins inverse, avec des graphismes bien plus écrasés et des sprites proches de la bouillie de pixels. Si le mode deux joueurs est bien disponible en reliant deux consoles avec un câble, Adam disparaît de la sélection des personnages et emmène trois niveaux avec lui, ce qui donne seulement deux personnages jouables sur un total de cinq niveaux, la fin alternative étant également supprimée.

La jouabilité est rendue plus difficile à cause de la vitesse des ennemis qui viennent frapper le joueur et des coups de pieds aériens qui sont bien trop verticaux. Les ennemis peuvent toutefois s’enchaîner facilement grâce aux projections, qui s’avèrent bien trop faciles à effectuer. Streets of Rage est également porté sur Mega-CD en 1992 dans la Sega Classics Arcade Collection aux côtés de Columns, Golden Axe et The Revenge of Shinobi. Une version identique à celle d’origine, seules les voix étant refaites pour profiter de la capacité du CD.

 

Un des meilleurs beat’em up de sa génération

Un titre qui respire les rues malfamées des années 80 !

Un peu plus d’un an après un premier opus ayant marqué toute une génération de joueurs, Streets of Rage II débarque sur Mega Drive en améliorant fortement sa formule. Le scénario ne fait pas vraiment dans l’originalité avec le simple retour de Mr X, qui enlève Adam en guise de vengeance. Le casting se voit alors chamboulé avec le remplacement de ce dernier par son petit frère Eddie Hunter, surnommé « Skate », nouveau poids plume de la partie, Blaze devenant le personnage équilibré et Axel étant un peu plus axé technique mais toujours moins doué pour le saut. Pour les accompagner, un ami d’Axel, le catcheur Max Hatchett, vient tout défoncer avec sa force colossale et sa grande endurance, largement compensées par sa lenteur qui ferait passer Mike Haggar de Final Fight pour Usain Bolt.

Ce qui frappe en premier lieu est la grande taille des sprites, très détaillés grâce aux graphismes qui ont pris un sacré coup de jeune en plus de très jolis effets comme la pluie. Toujours au nombre de huit, les niveaux varient davantage leurs environnements avec un pont en construction, un stade avec combat de boss devant le public ou encore une plage menant à une jungle. Le parc d’attractions nous fait même visiter une salle d’arcade fréquentée par des punks, un bateau pirate et une zone tout droit sortie d’un univers fantastique avec une tête de dragon en guise de mini-boss. Outre les phases en ascenseur n’offrant pas la possibilité d’éjecter ses adversaires, le level design ne propose que quelques passages en défilement diagonal pour varier les plaisirs. Plus mélodieuses, les musiques restent de grande qualité même si elles ont moins marqué les joueurs que celles du premier jeu, sans doute à cause de la collaboration entre Motohiro Kawashima et Yuzo Koshiro, ce dernier ayant un style solo bien plus marqué.

Le principal enrichissement du gameplay consiste en des coups spéciaux propres à chaque personnage, le principal s’effectuant en attaquant après avoir appuyé deux fois vers l’avant façon Double Dragon. À la place de l’appel de la police, deux techniques sont prévues pour toucher facilement les adversaires des alentours en sacrifiant quelques points de vie : l’une en restant statique, l’autre en pressant la touche avant. Le panel de coups se montre alors très varié et clairement inspiré du gameplay de Street Fighter II, entre l’uppercut et le dragon punch d’Axel, le flash kick et la boule de feu légère de Blaze, la toupie au sol et le piqué en boule de Skate, ainsi que la glissade et le tournoiement poings liés de Max. En plus de cela, les personnages peuvent toujours manier les armes qu’ils ramassent, notamment des sabres, qui font bien plus mal que les autres. Les combats étant de fait beaucoup plus intéressants, le jeu est même pourvu d’un mode duel permettant à deux joueurs de s’affronter comme dans un véritable versus fighting.

Le panel d’adversaires se voit grandement élargi en plus des emblématiques Galsia, Signal et Hakuyo, ces deux derniers ayant de nouveaux sprites très convaincants tout comme Electra, qui ressemble fortement aux Nora du premier jeu. Le boss Bongo devient ici un simple ennemi, juste un peu plus coriace et moins courant que les autres. Parmi les nouveaux, on trouve Donovan (grand baraqué avec lunettes de soleil), Rider (punk avec un casque branché), Mifune (ninja très pénible qui se déplace à une vitesse folle), Jack (punk maniant des couteaux) et Eagle (redoutable pratiquant du muay thai). À noter que les Rider, comme leur nom semble l’indiquer, se déplacent souvent à moto façon Renegade, idée que l’on retrouve dans l’adaptation Super Nintendo de Batman Returns. Lorsque l’on frappe les ennemis, leur barre de vie et leur nom apparaissent pour les identifier plus facilement.

Les boss sont tout aussi variés et certains s’avèrent particulièrement coriaces, rendant ainsi le jeu bien plus difficile à faire en solo. Si le lutteur Abadede effectue son retour, on trouve le karateka Barbon qui peut parer les coups, l’insupportable Jet qui attaque depuis les airs en étant très difficile à toucher, le ninja masqué Zamza muni de griffes, le boxeur Rocky Bear qui contre systématiquement s’il n’est pas attaqué à distance optimale, ainsi que les robots Particule et Molécule qui se déplacent en sautant. Avant un affrontement très classique contre Mr X, il faut en découdre avec son homme de main Shiva, adversaire agile et stylé pratiquant le kempo. Contrairement au premier Streets of Rage, le scénario est réduit à son strict minimum sans aucun dialogue, et comporte simplement une fin unique dans laquelle Adam est sauvé.

Tout comme son prédécesseur, Streets of Rage II a eu droit à un portage très fidèle sur Arcade, puis à des adaptations très fluides sur 8-bit mais avec seulement trois personnages jouables, Max étant purement et simplement absent. La version Master System n’a toujours pas de mode deux joueurs et n’a pas de graphismes aussi soignés que ceux de son prédécesseur. Si seul le coup fatal immobile y est présent, c’est uniquement le coup fatal mobile qui se trouve dans la version Game Gear, et on ne perd aucun point de vie en l’effectuant. Parmi les compilations contenant Streets of Rage II, on peut noter Sega Smash Pack, sorti sur Dreamcast début 2001. Sans doute le plus grand beat’em up de la Mega Drive et un des tout meilleurs de l’histoire !

 

Une trilogie close avec maestria

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Une variétés d’affiches toujours aussi explosives.

Sorti en mars 1994 alors que la Mega Drive se dirige doucement vers sa fin de vie, Streets of Rage 3 tente de renouveler son scénario avec Mr X qui cherche à remplacer les policiers de la ville par des cyborgs prenant leur apparence afin de pouvoir tout contrôler. L’introduction présente l’histoire de manière originale à travers une lettre de Blaze adressée à Axel, lui expliquant qu’Adam est trop occupé pour les aider (il fallait bien une excuse pour que son frère soit de retour à sa place) et que le chef de la police a étrangement disparu. La narration se veut d’emblée plus présente que dans les deux premiers jeux, via des dialogues entre chaque niveau. Le nombre de personnages jouables démarre de nouveau à quatre avec Axel devenu le plus lent et le plus puissant de l’équipe, Blaze toujours aussi agile et équilibrée, ainsi que le poids plume Skate. Max est remplacé par Zan, un robot puissant ayant une très bonne portée d’attaque. Contrairement à ses prédécesseurs, le jeu n’a connu aucun portage en arcade, ainsi qu’aucune adaptation sur Master System et Game Gear.

Très proche de Streets of Rage II au niveau des graphismes, il s’en démarque toutefois par un univers assez différent. Les environnements varient entre espaces urbains (rue, bar, tunnels souterrains, quartier général de Mr X) et zones plus renfermées (entrepôt, site en construction, prison) avec une dimension robotique de plus en plus présente. La direction artistique est globalement réussie, seul le passage de la discothèque étant beaucoup trop chargé en couleurs et en effets spéciaux. Aussi correctes que soient les musiques, elles marquent beaucoup moins que quand c’était Yuzo Koshiro qui en composait la majorité, rendant ainsi l’ambiance générale plus terne. Le level design est en tout cas très varié en proposant plusieurs situations différentes (murs à casser tout en étant poursuivi par une pelleteuse, ascenseurs, temps limité pour effectuer des actions) ainsi que de nombreuses interactions avec les décors (barils roulants, appareils sur rails à esquiver, ordinateurs à détruire).

Les niveaux étant vraiment longs, le jeu devient très difficile à terminer d’une traite, d’autant que la version occidentale passe automatiquement en hard lorsqu’il y a deux joueurs à l’écran, une façon comme une autre d’adapter la difficulté. En outre, cette dernière subit quelques censures qui ont pu lui faire de l’ombre à son époque. Certaines femmes sont un peu plus couvertes et Blaze n’est plus habillée en rouge, mais c’est surtout Ash, un marin aux allures des Village People, qui disparaît purement et simplement, celui-ci pouvant être jouable dans la version japonaise si on maintient A après l’avoir battu. Il en est de même pour Shiva, qui effectue son retour en tant que premier boss, si on maintient B après sa défaite.

Un des grands atouts de Streets of Rage 3 est son gameplay largement amélioré, chaque personnage pouvant désormais courir et effectuer une glissade latérale pour bouger rapidement dans la profondeur de la zone de jeu. Une jauge se remplit également en quelques secondes afin de pouvoir utiliser un coup fatal sans sacrifier de points de vie, une excellente idée permettant de gérer leur utilisation avec parcimonie. Grâce à la manette à six boutons de la Mega Drive, les personnages peuvent même directement utiliser d’autres coups. Axel, Blaze et Skate conservent leurs attaques spéciales, Zan pouvant s’électrocuter sur place ou à moyenne portée grâce à ses bras. Shiva possède quant à lui de puissantes techniques d’arts martiaux tandis qu’Ash n’a qu’un coup unique et est plutôt lent à déplacer. Mais il est aussi possible de jouer avec Roo, le kangourou accompagnant le clown dompteur du deuxième niveau, à condition de l’épargner pendant le combat. Proche de Skate et très agréable à jouer, il porte le nombre de personnages jouables à sept, du jamais vu dans un beat’em up.

En plus des ennemis classiques, les nouveaux sont nombreux à faire leur apparition, à commencer par les Goldie qui peuvent bloquer les attaques, les Soozie qui donnent des paires de gifles, et les insupportables Zack qui attrapent le joueur pour enchaîner les coups de boule à la manière de Balrog dans Street Fighter II. On trouve également les Tiger, redoutables pratiquants de kung-fu, des agents en costume cravate qui tirent de loin au pistolet ainsi que des robots dont certains peuvent s’autodétruire. Côté boss, on retrouve les redoutables Mona et Lisa du premier jeu avec un sprite très différent, Jet et son aéroglisseur qui est déjà plus simple à toucher, le samouraï Yamato et ses deux clones qui sont vraiment trop longs à battre, ou encore un étrange clone d’Axel qui annonce la suite du scénario. Car il s’agit en effet d’un cyborg, au même titre que le faux Mr X que l’on combat ensuite.

Et c’est là que le scénario prend tout son intérêt avec pas moins de quatre fins différentes, à commencer par la mauvaise car le jeu s’arrête à la fin du niveau 5 si on joue en facile, le cyborg Mr X disant même que nous avons joué comme des débutants, et Zan d’en rajouter qu’il faudrait essayer en mode plus difficile. Si l’on ne parvient pas à sauver le chef de la police, le niveau 7 se déroule à la Maison Blanche lors du discours de son cyborg, où il faut en nouvelle fois en découdre avec Shiva devant un public en folie. Si l’on parvient à sauver le chef de la police, un niveau 7 alternatif nous emmène dans la cachette du syndicat, où il faut battre un redoutable robot en moins de trois minutes sans quoi le bâtiment explose, causant ainsi de nombreux dégâts et plusieurs morts dans la ville.

Plus abouti que son prédécesseur sur plusieurs points, Streets of Rage 3 à toutefois souffert de sa comparaison avec lui pour ne pas avoir été aussi impressionnant sa sortie, époque où les beat’em up commençaient à s’essouffler et où les jeux vidéo se dirigeaient doucement vers la 3D. Sa faible distribution en Europe en plus des censures, ses musiques moins marquantes et son univers plus robotisé ont également participé à la déception de plusieurs joueurs. Il n’en reste pas moins un jeu de grande qualité et un des meilleurs représentants du beat’em up classique.

 

Un remake d’une qualité rarement atteinte

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Un jeu à essayer de toute urgence !

Tandis que Sega creuse une à une les tombes de ses licences lors du passage à la 3D, notamment avec un remake annulé pas folichon du premier Streets of Rage dont il ne reste qu’une vidéo, la petite équipe de BomberGame met huit ans à créer un remake général de la trilogie pour lui rendre hommage. Sorti le 3 avril 2011 et aussitôt interdit par Sega qui fait très rapidement valoir son droit à la propriété intellectuelle, il mixte l’intégralité du contenu des trois épisodes en un parcours géant proposant quatre chemins et pas moins de douze personnages jouables. On retrouva ainsi Axe, Blaze, Skate, Zan, mais aussi Max et surtout Adam qui effectuent leur retour avec de nouvelles techniques. Il est également possible de jouer avec Elle, une femme maniant brillamment le fouet, la ninja Rudra qui fait office de boss sur l’une des routes, le puissant Shiva et Mr X lui-même. Un magasin permet entre autres de débloquer Roo et Ash, qui obtient de nouveaux coups à l’occasion.

Véritable orgie pour les fans de la saga, ce remake est une réussite de bout en bout avec une reproduction à l’identique du game design, auréolé d’une jouabilité encore meilleure. L’équipe a utilisé son propre moteur pour recréer les environnements et le rendu est tout simplement saisissant, notamment pour la première route qui constitue à elle seule un remake complet du tout premier Streets of Rage avec les graphismes de ses successeurs et des remix musicaux époustouflants. Jouable avec un ami mais aussi avec une IA au style comportemental paramétrable, il permet également de gérer les dégâts alliés, les effets visuels originaux ou remasterisés, les collisions ou encore l’utilisation des armes à feu. Le jeu surfe même sur Tekken 3 en proposant un mode volley, un survival et un boss rush en plus du versus. Outre la possibilité de modifier les sprites des personnages, il est carrément possible de créer ses propres niveaux grâce à un éditeur déblocable.

Chacune des quatre routes propose deux autres chemins une fois le troisième niveau 3, certains revenant plusieurs fois sur d’autres routes. Pour donner encore plus de rejouabilité, certains passages contiennent même des variantes, si l’on choisit par exemple d’emprunter un escalier plutôt que d’avancer classiquement. Lorsqu’on essaie chaque chemin possible, on a surtout le plaisir de découvrir de toutes nouvelles zones spécialement créées pour le remake. On traverse alors des toits de bâtiments, une zone en feu, une forêt de bambous, une nouvelle salle d’arcade Sega, un restaurant asiatique et une cascade menant à une caverne. Le passage de la discothèque est bien plus lisible et on peut y combattre Ash, qui fait du pole dance pour pousser la caricature du personnage à son maximum. D’autres séquences varient toujours plus le gameplay avec des poursuites en jet-ski et à moto, pas toujours bien fichues mais globalement très plaisantes.

Le jeu va même encore plus loin en lançant de puissants clins d’œil à d’autres classiques du beat’em up. Alors qu’on traverse le toit d’un train avant d’y entrer et de se retrouver sur les quais, difficile de ne pas penser au métro de Final Fight, surtout lorsque Cody lui-même fait partie des assaillants un peu plus loin. L’intérieur de l’hélicoptère est également un passage génial avec ses nombreux ennemis à éjecter par la porte qui s’ouvre régulièrement, comme dans la version NES du Double Dragon II. On rencontre également des ennemis portant un masque de hockey et munis d’un couteau, dont l’un s’appelle Myers, sans doute Michael de son prénom. S’il n’est pas officiel, difficile de nier que Streets of Rage Remake est tout simplement excellent !

 

Le retour du roi

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Un grand retour aux sources qui fait plaisir !

Vingt-six longues années après la trilogie emblématique de la Mega Drive, Streets of Rage effectue un retour tonitruant avec un quatrième épisode qui compte bien montrer que les licences mythiques de Sega savent encore soulever les foules. Le développeur historique laisse alors sa saga de beat’em up urbains entre les mains de Lizardcube et Dotemu, qui avaient déjà offert une seconde vie à Wonder Boy The Dragon’s Trap grâce à une magnifique 2D. On retrouve ainsi Axel, Adam et Blaze plus en forme que jamais malgré leur âge avancé de dix ans depuis les événements de Streets of Rage 3. Car si Mr X est bel et bien mort, ses progénitures Mr et Mrs Y ont pris le relais afin de baigner la ville dans une nouvelle ère de terreur en embrigadant carrément la police avec eux grâce à une manipulation par ondes sonores. Au trio d’origine s’ajoutent Floyd Iraia, apprenti du docteur Zan avec de gros bras mécaniques, ainsi que Cherry Hunter, fille d’Adam à la grande agilité.

Composé de douze niveaux, le jeu possède une bonne durée de vie malgré une forte linéarité, l’absence de chemins alternatifs et de fins différentes. Les environnements passent du classique connu (rues, bateau, égouts, souterrain, tour) à du plus original avec le commissariat, Chinatown, le toit d’un train, la galerie d’art et même un avion. Toujours aussi classique, le scénario est mis en valeur par une narration de qualité proposant des dialogues animés entre chaque niveau. La direction artistique aux couleurs franches se prête parfaitement aux zones traversées grâce à un effet proche d’une bande dessinée, notamment au commissariat et dans les toilettes truffées de tags. Le style musical de Yuzo Koshiro se reconnaît dans des mélodies de grande qualité, et outre son associé Motohiro Kawashima, on trouve de nombreux compositeurs de renoms tels Olivier Derivière (The Council, Vampyr, A Plague Tale Innocence), Keiji Yamagishi (Tecmo Bowl, Ninja Gaiden, The Messenger), Harumi Fujita (Strider, Gargoyle’s Quest, Skyblazer) et même Yoko Shimomura (Parasite Eve, Legend of Mana, Kingdom Hearts).

Le gameplay est toujours aussi varié avec le combo de base, le coup spécial et les deux coups fatals par personnage. La jauge permettant d’en effectuer sans sacrifier de vie est remplacée par la récupération des points de vie si on arrive à frapper les ennemis sans se faire interrompre. Outre la possibilité de charger l’attaque de base, collecter des étoiles octroie l’utilisation de coups puissants qui touchent les ennemis proches. Toujours classés selon des critères de puissance, de vitesse et d’endurance, les personnages ne peuvent de fait pas tous courir, certains offrant un bon compromis avec un dash. Les pommes et les poulets sont toujours légion pour regagner de la vie, tandis que les armes utilisables se multiplient avec des tasers, queues de billard, hallebardes, masses étoilées et autres couteaux de boucher. Utiliser un taser sur les quatre bornes d’arcade du jeu permet d’ailleurs d’affronter des boss de Streets of Rage 2 dans des environnements d’époque.

Et c’est loin d’être le seul clin d’œil rétro, car les points obtenus en fin de niveau débloquent petit à petit les anciennes versions des personnages des trois premiers jeux, avec les mêmes sprites, les coups et les bruitages d’époque. Les ennemis sont quant à eux nombreux à revenir et plusieurs nouveaux font leur apparition : le karatéka Goro et ses contres impitoyables, les flics Feroccio souvent accompagnés des CRS Murphy qui se protègent à l’aide d’un bouclier, la motarde Sugar, la punk Victoria qui envoie différents types de grenades, et le cyborg Koobo qui peut contrôler les objets en métal. Exempt de réelles phases de plates-formes, le level design se distingue néanmoins par plusieurs trous, des éléments électriques ou autres échappées de gaz à éviter, ou encore des boulets pouvant frapper les ennemis mais aussi se retourner contre le joueur. Faire rebondir les ennemis contre les parois est également assez jouissif et les juggles permettent d’effectuer de longs combos.

On a le plaisir de retrouver certains boss (Nora, Barbon, Shiva) mais surtout d’en découvrir de nouveaux entre Diva avec son fouet et ses décharges électriques, le commissaire qui fonce et attrape le joueur, la flic Estel complètement badass, un DJ aux pouvoirs électriques et des combats mémorables contre les Mr et Mrs Y. Max de Street of Rage 2 fait même office de boss contrôlé par les jumeaux, mais ne devient malheureusement pas jouable en version Streets of Rage 4. Avec de nombreux personnages à débloquer, plusieurs niveaux de difficulté et de sympathiques défis, le jeu offre une forte rejouabilité et est extrêmement plaisant à faire en coopération. Un retour de très grande qualité dans l’esprit le plus total de la saga Streets of Rage !


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Emmanuel Delextrat
Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j’ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La Soupe aux Choux, mais avec aussi de nombreux dessins animés comme les courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo, les longs métrages Disney avec Alice au Pays des Merveilles en tête, les animés japonais comme Sailor Moon et Dragon Ball Z ainsi que d’autres séries comme Batman et Tintin. Mes années 90 ont été bercées par les comédies avec Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête) ou d’autres films que j’adore comme Les Valeurs de la Famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à Tout Prix. C’est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par Casino Royale, Et Pour Quelques Dollars de Plus, Kill Bill ou encore Rambo. Collectionneur, j’attache de l’importance au matériel et j’ai réuni trois étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Et plus on découvre de nouveaux films, plus on se rend compte qu’il nous en reste en fait énormément à voir…

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