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L’au-delà de Lucio Fulci

Pays : Italie
Année : 1981
Casting : Catriona MacColl, David Werbeck, Cinzia Moreale

Nous avons déjà abordé le cinéma de genre italien sur le site à quelques reprises. Après Dario Argento avec « Suspiria » et Mario Bava avec « Opération peur », revenons cette fois-ci sur Lucio Fulci avec son « Au-delà ».

Une jeune femme, Liza, s’installe dans un ancien hôtel qu’elle cherche à rénover. Elle ne se doute pas que les horreurs qui s’y sont produites vont avoir de nouveau lieu…

Pour son film, Fulci adopte une mise en scène assez baroque, notamment dans certains plans qui convoquent l’art de la peinture dans leur composition (le magnifique plan de fin, l’un des plus beaux de l’histoire du cinéma de genre). Il y a une maîtrise dans le visuel qui manque à beaucoup de productions actuelles. L’horreur visuelle trouve un attrait assez fort qui permet d’attirer son spectateur avant de l’en dégoûter par des fulgurances sanglantes marquantes. Chaque mise à mort se voit ainsi offerte de manière perturbante pour son spectateur, tiraillé entre la poésie et la beauté de la composition et la violence affichée.


C’est toute la réussite de « L’au-delà » : Fulci y crée un univers de poésie morbide, comme ces rêves qui se transforment lentement mais sûrement en cauchemars dont il est impossible de se réveiller. Le mystère est palpable et l’ambiance des plus lourdes, notamment grâce à la musique de Fabio Frizzi et la photographie de Sergio Salvatti. Si certains crieront à l’absence de travail de scénario, c’est peut-être parce qu’ils seront sans doute passés à côté du but de cette forme de narration épurée : rajouter en confusion dans l’esprit du public, mieux saboter ses repères pour qu’il se « balade » dans le film sans filets de sécurité, sans assurance de suivre un chemin balisé et linéaire comme on sait facilement lui vendre.

Face à ce labyrinthe onirique sans réels repères auxquels s’accrocher, il peut paraître difficile de faire face mais il est encore plus difficile de rester de marbre. Car avec « L’au-delà », Fulci convoque une horreur touchant à de nombreux domaines, comme tant de supplices que nous subirions en enfer. Si l’imagerie a souvent des relents Lovecraftiens, on fait également face à la présence de morts-vivants, avec une certaine « élégance » inhabituelle par rapport à ceux de son homologue de génie, Romero. Ici, pas de jump scare putassier, le réalisateur de « Frayeurs » tente surtout de faire vivre une expérience à son public en manipulant les différents outils dont il dispose en tant que réalisateur.

« L’au-delà » reste encore à ce jour une expérience horrifique de grande qualité, où l’horreur semble peu à peu se rapprocher au point de craindre de tomber dans l’écran et plonger à jamais dans les abysses du cauchemar. Fulci nous propose ainsi un ticket menant directement en Enfer et au vu du voyage qu’il nous offre, il est difficile de le refuser…

Liam Debruel

Amoureux du cinéma. À la recherche de films de qualités en tout genre,qu'importe la catégorie dans laquelle il faut le ranger. Le cinéma est selon moi un art qui peut changer notre vision du monde ou du moins nous faire voyager quelques heures. Fan notamment de JJ Abrams,Christopher Nolan, Edgar Wright,Fabrice Du Welz,Denis Villeneuve, Steven Spielberg,Alfred Hitchcock,Pascal Laugier, Brad Bird ,Guillermo Del Toro, Tim Burton,Quentin Tarantino et Alexandre Bustillo et julien Maury notamment.Écrit aussi pour les sites Church of nowhere et Le quotidien du cinéma. Je m'occupe également des Sinistres Purges où j'essaie d'aborder avec humour un film que je trouve personnellement mauvais tout en essayant de rester le plus objectif possible :)

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