Pays : Etats-Unis

Année : 2016

Casting : Brad Pitt, Marion Cotillard, Lizzy Caplan

Casablanca, 1942. Deux espions, un canadien et une française, se retrouvent à former un faux couple pour les besoins d’une mission. Bientôt, les sentiments vont devenir réels et leur histoire va dépasser la simple mission…

Il est amusant de voir qu’en quelques mois, Hollywood a sorti deux films à l’esprit typiquement rétro : « La La Land » et ce « Alliés ». Il se dégage de ce dernier une ambiance propre à une certaine génération de grands films plus anciens. Il y a du « Casablanca » évidemment avec le début du récit prenant place dans la ville titre, mais même dans cette romance où le bien d’autrui passe avant la romance de deux acteurs au charisme fort à Hollywood. Il y a également du Hitchcock avec ce héros confronté à une situation plus grande que nature et l’aspect femme fatale de Marion Cotillard, sans oublier le mystère qu’il s’en dégage. Et si le succès de ce film fut bien moindre que celui du musical de Damien Chazelle, tous deux semblent exprimer un amour pour le cinéma hollywoodien d’antan, comme si le passé ressurgissait inévitablement dans le futur. L’époque est assez bien reconstituée, avec cette paranoïa d’ambiance de guerre tout à fait naturelle et ces décors utilisant à merveille anciennes et nouvelles technologies. Nous nous retrouvons plongés dans cette ambiance de manière parfaitement harmonieuse, ce qui nous fait bien évidemment croire aux péripéties de nos héros.

La base même de l’intrigue repose sur ce doute : Cotillard, alliée ou taupe ? Et il faut bien avouer que celui-ci plane durant l’entièreté du métrage avec une efficacité redoutable. Nous sommes aussi désemparés que Brad Pitt quant à la véritable nature de sa femme, aidés en cela par le jeu de Marion Cotillard. Le doute est permis et c’est fébrile que l’on attend la réponse à cette interrogation. Quant à Brad Pitt, beaucoup lui ont reproché de ne pas jouer tout simplement. Mais cette façade neutre convient à son personnage, censé être un espion sachant contrôler ses sentiments. C’est même cette image de façade qui nous fait comprendre que ce personnage est doué dans son travail.

On retrouve à de nombreuses reprises des miroirs dans le film et cet objet semble symboliser la quête d’identité du récit. Les deux personnages forment déjà un ensemble symétrique SPOILER SPOILER SPOILER SPOILER même dans leur camp SPOILER SPOILER SPOILER SPOILER. On retrouve même cette symétrie dans certains plans et ne parlons pas de l’utilisation de l’objet même, entier, auquel on fait face en réfléchissant à nos actes ou brisé à cause des aléas de la guerre, sonnant le glas pour le bonheur marital mais également les dégâts que cause cet affrontement sur tous nos personnages.

Il faut avouer que Zemeckis a un statut assez à part à Hollywood, surtout au vu de l’échec de ses derniers films (dont ce « Alliés « ) auprès du public. Et pourtant, il est derrière de nombreux films à la réputation mondiale (« Forrest Gump », les « Retour vers le futur ») et a apporté de nombreuses innovations technologiques qu’il intègre à son récit de manière cohérente. Ainsi, voir ce qu’il fait avec des budgets assez réduits (35 millions de dollars pour « The Walk ») est assez bluffant, sans parler de sa mise en scène toujours inventive (ces panoramiques lors de la scène d’amour dans le désert) et apte à iconiser au maximum ses personnages. Bref, ce serait bien de remettre en avant ce cher Zemeckis…


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Liam Debruel
Amoureux du cinéma. À la recherche de films de qualités en tout genre,qu'importe la catégorie dans laquelle il faut le ranger. Le cinéma est selon moi un art qui peut changer notre vision du monde ou du moins nous faire voyager quelques heures. Fan notamment de JJ Abrams,Christopher Nolan, Edgar Wright,Fabrice Du Welz,Denis Villeneuve, Steven Spielberg,Alfred Hitchcock,Pascal Laugier, Brad Bird ,Guillermo Del Toro, Tim Burton,Quentin Tarantino et Alexandre Bustillo et julien Maury notamment.Écrit aussi pour les sites Church of nowhere et Le quotidien du cinéma. Je m'occupe également des Sinistres Purges où j'essaie d'aborder avec humour un film que je trouve personnellement mauvais tout en essayant de rester le plus objectif possible :)

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