• Titre original : Final Fantasy VII : Advent Children
  • Date de sortie en salles :  27 janvier 2006 avec Sony Pictures
  • Réalisation : Tetsuya Nomura & Takeshi Nozue
  • Distribution : les voix en VO de Takahiro Sakurai, Ayumi Ito, Maaya Sakamoto, Andrea Bowen, Keiji Fujiwara & Shutaro Morikubo 
  • Scénario : Kazushige Nojima d’après le jeu vidéo éponyme
  • Photographie : Shunya Onishi
  • Musique : Nobuo Uematsu, Kenichiro Fukui, Keiji Kawamori & Tsuyoshi Sekito
  • Support : DVD Sony (2006) en 1,77:1 /101 min (139 min en version longue)
Synopsis :

Cloud Strife, ancien soldat devenu mercenaire, luttant avec les souvenirs de son passé, décide de mener une vie solitaire dans la ville tranquille de Midgar. Un jour, Cloud reçoit l’appel d’un dénommé Kadaj, un homme mystérieux qui lui demande d’assurer sa protection. Lorsque Kadaj, Loz et Yazoo, commencent à rechercher leur « mère », ils décident bientôt de prendre possession de l’orphelinat où Cloud a élu domicile.

Alors que se profile la sortie de la troisième partie du remake du jeu légendaire, profitons-en pour nous pencher sur l’une de ses adaptations en long-métrage. Celle qui nous intéresse date de 2006.

Disons-le tout de go : le film est assez décevant dans sa globalité (à moins d’être un fan absolu de la saga de jeu vidéo dont il est tiré), conçu d’ailleurs comme une suite à l’opus VII universellement acclamé et adulé dans le cercle des joueurs depuis 1997. À l’époque de sa sortie, on peut admettre qu’il se voulait également un extraordinaire catalogue de ce qu’il était possible de faire dans l’animation 3D « réaliste » tout en y adjoignant les accélérations et trucages propres aux animes (notamment dans les combats). Admettons : néanmoins, cela n’en rend pas l’histoire plus intéressante, a fortiori pour ceux qui n’ont jamais joué à un des jeux de la saga. Quand on apprend que les créateurs du film ne savaient pas du tout comment mettre en scène un métrage de cinéma et qu’ils se sont appuyés uniquement sur leur maîtrise du gaming, on comprend mieux.

Avec cette longue liste de personnages débarquant d’on ne sait où, qui se réfèrent régulièrement au passé, on a effectivement davantage la sensation de voir un épisode supplémentaire qu’un film à part entière. Comprenez : ce qui s’est passé il y a deux ans n’est pas complètement fini. D’ailleurs, le premier plan reprend la dernière scène du jeu vidéo.

Autant dire que le risque de s’y ennuyer sérieusement est assez élevé, malgré les graphismes vraiment maîtrisés qui peuvent à eux seuls, pour un temps, laisser béats les spectateurs. On tiquera sans doute sur les visages, qui baignent régulièrement dans une sorte de flou artistique : alors que les gestes, les postures, les déplacements des personnages sont encore plus réussis que dans le précédent film Final Fantasy, les figures semblent moins travaillées, comme si les concepteurs s’étaient aperçus qu’il était vain de chercher à reproduire les mimiques si particulières de l’être humain.

Ce qui implique que les gros plans sont plus rares. Les cheveux donnent également l’impression d’être ceux d’une poupée et ne cessent de bouger au gré d’un vent inexistant. Mais ce ne sont que des détails – détails qui rappelleront aux cinéphiles les plus anciens une polémique qui était née à propos de Taram & le chaudron magique : des critiques un peu pointilleux s’offusquaient alors de l’extrême agitation du personnage dessiné, comme si les animateurs de chez Disney avaient voulu démontrer leur savoir-faire en faisant bouger perpétuellement sa chevelure où les pans des vêtements. Nul doute qu’il y ait eu un peu de ça, mais cela n’explique pas l’accueil glacial qui fut le sien à sa sortie, tant au cinéma qu’en vidéo.

Pour en revenir à notre anime, ajoutons que les combats sont l’occasion d’opérer avec des cadrages tournoyants et vertigineux, avec par exemple un Cloud maniant une épée impossible, issue de l’imagination d’un fétichiste complexé. Les premiers affrontements sont néanmoins très réussis et, malgré la rapidité des passes, plutôt intelligibles. Le combat final est moins clair, plus épileptique, multipliant les effets d’accélération au détriment de la clarté.

Encore une fois, il est dommage de ne pas avoir voulu faire un véritable film plutôt qu’une séquelle à un épisode de jeu. Les amateurs ont été bien servis (d’ailleurs l’œuvre leur est dédiée expressément) et les plus jeunes des spectateurs pourront encore apprécier sa frénésie juvénile. Quant aux autres, plus âgés ou plus blasés, ils vibreront peut-être par moments mais ressentiront plus vraisemblablement de la frustration : encore un métrage qui sacrifie le fond à la forme et sert davantage de vitrine technologique que de support à une histoire cohérente et passionnante.

Avec le recul, Final Fantasy, les Créatures de l’esprit apparaît plus solide, plus maîtrisé et même, plus ambitieux dans son approche – alors qu’il était déjà décevant à bien d’autres égards à l’époque de sa sortie.

Les éditions vidéo existant dans le commerce sont de qualité, toujours soignées même et jusque dans leur emballage. Les bonus sont nombreux, dont beaucoup se concentrent sur les personnages du jeu vidéo ; on apprend tout de même qu’au départ le film se voulait plutôt un moyen-métrage, il s’est ensuite étoffé conséquemment. On y trouvera suivant les éditions des scènes supplémentaires (dont certaines seront réinjectées dans une version incluant un montage plus long) et un making-of.

La VF 5.1 du DVD de l’éditions spéciale s’appuie sur des dialogues un peu étouffés, pas toujours très audibles. La musique en revanche est très claire, avec une dynamique élevée et disposant de basses impressionnantes. Les effets surround peuvent même être surprenants.

Les images sont éblouissantes, dotées d’une définition irréprochable. Certains plans sont de toute beauté, élaborés avec beaucoup de recherches sur l’éclairage (coucher de soleil, contre-jour) et les textures (on admirera ainsi de magnifiques jeux de reflets sur l’eau). Mais l’on privilégiera si possible la version remastérisée en 4K récemment (voir la vidéo ci-dessous), qui est davantage adaptée à nos standards actuels.


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