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Emmanuel Delextrat

Emmanuel Delextrat
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Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j’ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La Soupe aux Choux, mais avec aussi de nombreux dessins animés comme les courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo, les longs métrages Disney avec Alice au Pays des Merveilles en tête, les animés japonais comme Sailor Moon et Dragon Ball Z ainsi que d’autres séries comme Batman et Tintin. Mes années 90 ont été bercées par les comédies avec Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête) ou d’autres films que j’adore comme Les Valeurs de la Famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à Tout Prix. C’est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par Casino Royale, Et Pour Quelques Dollars de Plus, Kill Bill ou encore Rambo. Collectionneur, j’attache de l’importance au matériel et j’ai réuni trois étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Et plus on découvre de nouveaux films, plus on se rend compte qu’il nous en reste en fait énormément à voir…

Le Roi Lion (2019) de Jon Favreau

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Date de sortie : 17 novembre 2019 (1h 58min)
Réalisateur : Jon Favreau
Doubleurs principaux : Jean Reno, Michel Lerousseau, Lévanah Solomon, Rayane Bensetti, Anne Sila
Genre : Animation, aventure
Nationalité : Américain
Compositeurs : Hans Zimmer, Elton John, Tim Rice

Bébé Simba est né

Trois ans après le somptueux remake du Livre de la Jungle, Jon Favreau remet le couvert pour les vingt-cinq ans du Roi Lion dans une adaptation recréant les décors et les personnages avec de superbes images de synthèse nous plongeant en plein cœur de la savane africaine. Comme toujours, il s’agit pour Disney de livrer un film d’une grande fidélité à un dessin animé ayant marqué son époque, tout en y apportant son petit lot de nouveautés et de modifications. Plus que jamais dans esprit shakespearien, l’œuvre tente de montrer d’une nouvelle manière le destin de Simba, jeune lionceau qui doit faire face à son destin en trouvant par lui-même sa place dans le cycle de la vie. Certains artistes reprennent ainsi leur rôle d’origine, à commencer par Hans Zimmer qui réorchestre ses compositions d’une très belle manière en insistant davantage sur certains passages. Jean Reno réitère son doublage pour le roi Mufasa, mais le vieillissement de sa voix la rend moins majestueuse et donne l’impression que le personnage est fatigué comme pour annoncer que son règne allait cesser.

Une symbolique toujours aussi parlante.

Le magistral Jean Piat étant malheureusement décédé en fin d’année 2018, il a fallu trouver quelqu’un d’autre pour doubler Scar en la personne de Michel Lerousseau, qui avait déjà prêté sa voix convaincante au mémorable Ernesto de la Cruz du pixar Coco. Pour Timon, Jamel Debbouze apporte un aspect comique plus marqué mais moins déjanté que Jean-Philippe Puymartin, tandis que Pumbaa perd son doublage reconnaissable pour une prestation qui manque de charme. Le doublage de Sébastien Desjours (VF de Bob l’Éponge) pour Zazu lui donne une voix encore plus joviale et aristocratique que dans le dessin animé, ce qui amène parfois le calao à surjouer. Juliette Degenne (VF de Famke Janssen et d’Uma Thruman) rend hommage à la reine Sarabi grâce à l’humilité et à la prestance de son doublage. Banzaï et Ed ont étrangement été renommés Azizi et Karami, le premier étant doublé par Jean-Baptiste Anoumon (VF de Jamie Foxx et de Michael B. Jordan) et le second renforce sa bêtise en étant désormais doué de paroles.

« Mufasa a toujours imposé trop de contraintes, trop de lois en matière de chasse. Quand je serai roi, je promets de n’imposer qu’une loi : la loi du plus fort, car le ventre d’une hyène n’est jamais plein. »

Elton John et Tim Rice sont également de retour dans l’élaboration des chansons. Fidèle au matériau d’origine, le film s’ouvre sur la très entraînante « Histoire de la vie » et son introduction reconnaissable par Lebo M. China Moses fait preuve d’une interprétation très enjouée avec une légère variante dans le rythme. C’est sans doute avec « Je voudrais déjà Être Roi » que la VF et le choix du réalisme montrent le plus leurs limites. Cette chanson peut en effet avoir des difficultés à convaincre avec la voix du jeune Ismaël El Marjou qui ne colle pas totalement ainsi que celle de Zazu qui fait clairement trop pompeuse, mais surtout à cause des plans de caméra qui peinent à retranscrire le visuel très coloré et hallucinatoire de l’animation d’origine. À deux doigts d’être retirée pour sa référence au nazisme, la chanson « Soyez Prêtes » a finalement été conservée bien qu’amputée d’une bonne partie de ses paroles, les seules en commun constituant les dernières phrases pendant lesquelles Scar monte en puissance (« Soyez prêtes pour le coup le plus génial, soyez prêtes pour le plus beau scandale. »). Si elle se trouve assez loin de la qualité de l’originale, Michel Lerousseau parvient tout de même à rendre ce moment fort grâce à un ton posé (« Mufasa fait partie du passé, d’une époque finie, révolue. […] Pour nous, les lions, les temps ont changé. ») qui monte en intensité avec une hargne particulière (« Je dis compromission, je dis conspiration, le crie humiliation : ces mots feront de moi le roi incontesté, respecté, salué, le seul dieu vivant qu’on acclame ! ») permettant à la mélodie d’accroître son intensité malgré la répétitivité des paroles finales (« Oui le roi vous invite à la fête : soyez prêtes ! »).

Timon et Pumbaa (à droite le redesign par l’illustrateur Ellejart).

La célèbre chanson « Hakuna Matata » est toujours aussi drôle et comporte quelques modifications appréciables, en plus du fait que Timon et Pumbaa vivent cette fois-ci en communauté avec toutes sortes d’animaux. En référence à l’engouement qu’elle avait provoqué à la sortie du dessin animé, Timon et Pumbaa s’étonnent du manque de réaction de Simba lors du démarrage (« C’est tout ce que ça te fait ? D’habitude, c’est l’euphorie ! »). Lorsque Pumbaa raconte son passé, le flashback le dévoile cette fois-ci comme un petit marcassin. Et mieux encore, le phacochère s’étonne que Timon ne l’arrête pas avant qu’il ne termine enfin sa phrase « … à chaque fois que je pète. » en plus de concrétiser physiquement l’échappée de gaz, ce dernier ayant lâché l’affaire après vingt-cinq ans de répétitions acharnées. Leur reprise de « Le Lion s’endort ce soir » est également allongée d’un peu plus d’une minute avant que Nala réalise un effet de surprise en leur bondissant dessus. Assez similaire à l’originale, la chanson romantique « L’Amour brille sous les étoiles » est ici interprétée par Anne Sila mais avec la voix de Michaël Lelong (VF de Simba adulte) en fond, offrant ainsi un timbre différent.

Le Rocher de la Fierté, toujours resplendissant.

Une nouvelle chanson nommée « Pour Toi » est également assurée par Anne Sila (ou Beyoncé en VO) lorsque Simba court pour rattraper Nala en retournant vers la Terre des Lions. En plus des chansons « Never Too Late » et « Mbube » respectivement interprétées par Elton John et Lebo M, ce dernier revisite la chanson d’introduction du Roi Lion II « He Lives in You ». On trouve aussi une référence à « C’est la Fête » de La Belle et la Bête à la place de la chanson populaire américaine « Hawaiian War Chant » lorsque Timon et Pumbaa font diversion pour que les hyènes ne repèrent pas Simba et Nala. Le dîner-spectacle organisé par Lumière est bien adapté à l’appât que représente Pumbaa et rapidement reconnaissable avec les paroles « Détendez-vous, ne pensez plus à rien, prenez place et laissez la haute gastronomie française vous présenter… votre dîner ! C’est… la… f…» avant que le duo ne parte en courant pour échapper aux hyènes.

Un rendu qui marque efficacement toute la rancœur de Scar.

Figure machiavélique s’il en est, le traitement de Scar est certes moins marquant que dans le dessin animé mais pas moins intéressant pour ce qu’il propose. Dans la continuité de la séquence montrant la beauté des lieux avec une petite souris qui trottine sur les pierres du Rocher de la Fierté avant d’arriver dans le repère de Scar, ce dernier émet un parallèle intéressant entre les différences de richesses qui submergent le monde (« Tandis que certains naissent dans l’abondance, d’autres passent leur vie dans l’obscurité, à quémander des miettes ! »). S’adressant au rongeur d’une manière plus personnelle (« La vie est injuste, n’est-ce pas mon jeune ami ? »), il va jusqu’à dire qu’il ne voit encore différence entre leurs deux situations tant il se sent mis à l’écart des autres lions. Cette rancœur s’oppose fortement à la bonté dont Mufasa fait preuve lorsqu’il affirme à Simba que « quand chacun se demande ce qu’il peut gagner, un vrai roi se demande ce qu’il peut offrir. ». Il est aussi intéressant de noter qu’on la retrouve symboliquement la souris indemne à la fin du film, au même moment que la nature revit lorsque Simba reprend sa place en tant que roi.

Passage à l’âge adulte…
Leader des hyènes, Shenzi en impose davantage.

Tandis que Scar évoque un duel passé entre Mufasa et lui-même dont il garde un souvenir amer, la cicatrice au niveau de son œil gauche semble y trouver son origine. Défaite qui pourrait tout aussi bien expliquer le fait que Scar craigne un affrontement de face avec Mufasa, et qu’il craigne d’autant plus la comparaison que les autres personnages font entre les deux frères quand le pouvoir bascule. Fait étrange : avant que Scar ne rassemble les hyènes pour assouvir sa soif de vengeance, il ne semblait pas connu de ses dernières lorsqu’il arrive vers elles, ces dernières ayant l’impression de revoir Mufasa venir au loin. Une idée loin d’être mauvaise si ce n’est qu’elle aurait mérité d’être approfondie pour gagner en clarté et en crédibilité. Les hyènes sont mises en avant d’une manière différente en se montrant d’emblée nombreuses lorsque Simba et Nala s’aventurent dans le cimetière d’éléphants. Shenzi gagne fortement en charisme en devenant un leader bien plus prononcé, sortant en dernier de sa tanière en arborant une carrure autrement plus imposante que ses congénères. Lors d’un combat final amélioré et intensifié grâce à la musique d’Hans Zimmer qui reprend sa mélodie de la poursuite des gnous avec un timbre à l’esprit bien plus combatif, Shenzi s’émancipe encore avec un joli face à face contre Nala avant de brillamment se retourner contre Scar en lui rappelant qu’effectivement, « le ventre d’une hyène n’est jamais plein ».

Un jeune lion adulte à la voix plus juvénile pour Simba.

Si la séquence pendant laquelle Zazu chantait diverses références musicales pour Scar depuis la cage thoracique qui lui servait de prison a été supprimée, une toute nouvelle scène renforce le personnage de Nala en la faisant se lever en pleine nuit afin de quitter la Terre des Lions et trouver de l’aide. Ce passage montre clairement la terreur dans laquelle Scar les a plongés alors que Nala est obligée de s’infiltrer prudemment pour échapper à la vigilance des hyènes qui rôdent ainsi qu’à celle du tyran veille sur les lieux car semblant avoir compris que quelque chose se tramait. Plus mégalomane que jamais, Scar va encore plus loin en proposant à Sarabi de devenir sa reine pour apaiser sa faim, lui qui affirmait déjà au début du film qu’il avait un profond respect pour elle. Mais alors que Sarabi refuse fermement en lui précisant que la pénurie de gibier était due à la chasse excessive qu’il avait mise en place, il reste encore dommage que cet apport scénaristique n’ait pas non plus été approfondi tant il pouvait s’avérer intéressant dans la relation des personnages en lutte pour l’acceptation et le pouvoir. La mère de Simba conserve cependant l’intérêt de son rôle tandis qu’elle devine cette fois-ci la vérité quant à la mort de Mufasa en entendant Scar murmurer aux oreilles de son fils.

Rafiki continue de veiller sur la Terre des Lions.

Le film contient d’autres changements plus mineurs, notamment en ce qui concerne Rafiki, qui grave cette fois-ci la silhouette de Simba grâce à des insectes nocturnes sur son arbre. Avant que le babouin ne récupère la mèche de poils de Simba adulte, celle-ci est emmenée au loin par différents animaux (un oiseau, une girafe, un bousier puis une colonie de fourmis) pour symboliser le cycle de la vie. Afin d’échapper aux hyènes suite à la mort de son père, Simba se cache simplement dans un petit renforcement en contrebas de la falaise en lieu et place du champ de ronces. Bien réussi dans son ensemble, le film ne met cependant pas tout le monde d’accord en ce qui concerne le choix réaliste des animaux sans animation rajoutée, qui peine effectivement à convaincre totalement du fait que les personnages se retrouvent avec une personnalité moins marquée. Et c’est l’illustrateur Nikolay Mochkin qui, en proposant des faciès de personnages reprenant le design du dessin animé, a montré qu’il aurait été possible de rendre le tout plus expressif. S’il n’est pas tout à fait aussi réussi que d’autres remakes Disney à cause d’un doublage imparfait et d’un réalisme poussé qui trouve ses limites, Le Roi Lion reste une revisite bien soutenue et très intéressante à plus d’un titre.

Le Roi Lion (1994), analyse d’un chef-d’œuvre intemporel

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L’épopée la plus intense de l’histoire de Disney !

La sortie en salle du film live Le Roi Lion par Jon Favreau donne l’occasion de se replonger dans le dessin animé même quand on le connaît déjà par coeur depuis des années. Et alors que le film vient de fêter ses 25 ans d’existence, il n’a toujours rien perdu de sa superbe ! Il va sans dire que ce dossier contient un nombre incalculable de SPOILERS

Toy Story 4, de Josh Cooley

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Date de sortie : 26 juin 2019 (1h40min)
Réalisateur : Josh Cooley
Doubleurs français : Jean-Philippe Puymartin, Richard Darbois, Audrey Fleurot, Pierre Niney
Genre : Animation
Nationalité : Américain
Compositeurs : Randy Newman, Charlélie Couture (VF)

Fourchette, nouvelle recrue !

Près de dix ans après le retour fracassant de Buzz et Woody dans Toy Story 3, un quatrième épisode voit le jour avec une animation et un propos toujours aussi modernes. Le relais ayant été passé, c’est maintenant chez la petite Bonnie que les jouets ont élu domicile. Et pour la rentrée en maternelle, son inquiétude pousse Woody à se cacher dans son sac pour veiller sur elle. Dans ses activités, elle va fabriquer un objet qui va devenir fondamental pour son estime personnelle : il s’agit de Fourchette, création à partir de plusieurs matériaux que Bonnie va considérer comme un jouet. Mais ne comprenant pas l’importance qu’elle a pour Bonnie, elle ne pense qu’à retourner dans la poubelle d’où elle vient et finit même par s’échapper par la fenêtre lors d’un voyage en camping-car. Woody part alors à sa recherche et veille à ce que Fourchette ne redevienne pas un amas de déchets.

Un comité d’accueil au grand complet !
Des créatures qui font froid dans le dos…

Après la maison de Sid, le magasin de jouets et la garderie, c’est dans un magasin d’antiquités que Woody va se retrouver prisonnier par Gabby Gabby, une poupée des années 1950, et ses quatre pantins aux visages rappelant certaines figures du cinéma d’épouvante ou de séries comme Chair de poule. Son apparence innocente laisse place à un personnage torturé qui a été déposé ici à cause de sa boîte vocale défectueuse. Projetant d’attirer Harmony, la petite-fille de la gérante, elle cherche à s’emparer de la boîte vocale de Woody mais prend Fourchette en otage lorsque ce dernier lui échappe. Le thème de l’attachement est alors notamment mis en avant à travers elle : n’ayant appartenu à aucun enfant, elle se persuade qu’une telle réparation lui permettra de vivre heureuse en quittant la boutique. En parallèle, c’est l’attachement que Bonnie éprouve pour Fourchette qui justifie la trame scénaristique.

Un univers qui s’étend jusqu’à la fête foraine.

Un nouveau Toy Story voit également l’apparition de nouveaux jouets ! Woody commence déjà par retrouver Bo, la bergère qui appartenait à Andy, devenue une femme indépendante et responsable auprès de ses brebis Bi, Bop et Loula. On trouve également le duo de peluches assez comiques sorties tout droit d’une fête foraine, Bunny et Ducky, ce dernier étant doublé par Jamel Debbouze. S’ajoutent à elles Giggle McDimples, une petite policière qui semble admirer le statut de shérif de Woody, ainsi que Duke Caboom, un motard à l’accent québécois particulièrement distingué. Gabby Gabby est quant à elle doublée par la chanteuse belge Angèle, avec une voix innocente parfaitement maîtrisée. Assez peu présentes, les chansons donnent tout de même l’occasion de retrouver le mythique Charlélie Couture pour une nouvelle version de « Je suis ton ami » en début de film.

Duke Caboom, un motard très branché !

Particulièrement convaincant, Toy Story 4 apporte un nouveau bol d’air frais aux productions Pixar en proposant une aventure trépidante parsemée d’humour et d’émotions dans une animation de haute volée. Tous unis pour récupérer Fourchette, les jouets font face à une Gabby Gabby implacable qui finit néanmoins par être repoussée par Harmony bien qu’elle ait récupéré la boîte vocale de Woody. Mais étant adoptée par une autre petite fille, elle se rend bien compte que sa valeur n’était pas celle qu’elle croyait. Il est cependant assez dommage qu’elle ne reste pas méchante jusqu’au bout, ou au moins que son background n’ait pas été davantage étoffé. La fin marque une nouvelle rupture scénaristique tandis que Fourchette accepter de retrouver Bonnie alors que Woody choisit de rester avec Bo et les jouets abandonnés sur l’aire de jeux où ils vivent. S’étendant toujours plus loin, la saga Toy Story ne cesse de se renouveler et d’apporter de nouvelles pierres au grand édifice de Pixar.

 

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Spider-Man Far From Home, de Jon Watts

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Date de sortie : 3 juillet 2019 (2h 10min)
Réalisateur : Jon Watts
Principaux acteurs : Tom Holland, Jake Gyllenhaal, Zendaya, Samuel Jackson
Genre : Super-héros
Nationalité : Américain
Compositeur : Michael Giacchino

Quand tu peux même plus voyager incognito…

Suite aux événements d’Avengers Endgame, Peter Parker est de retour dans sa contrée mais souhaite laisser son costume de côté et partir en vacances à Venise avec ses amis. Mais comme on sait qu’un super-héros ne peut jamais rester longtemps tranquille, il est rapidement amené à combattre de redoutables créatures représentant les quatre éléments sur la demande de Nick Fury, toujours omniprésent dans les films Marvel, contrairement à Maria Hill qui effectue son retour toujours sous les traits de Cobie Smulders (Les Agents du SHIELD, Captain America Le Soldat de l’Hiver, Avengers L’Ère d’Ultron). On retrouve également Jon Favreau (réalisateur de l’adaptation live du Roi Lion) dans le rôle d’Happy Hogan, Marisa Tomei dans le rôle de tante May et surtout Zendaya, la fameuse MJ à qui Peter aimerait avouer ses sentiments durant le voyage, donnant une petite légèreté romantique adolescente qui fait toujours son petit effet.

Une collaboration qui fait des étincelles.

C’est surtout Quentin Beck, interprété par le talentueux Jake Gyllenhaal (Nocturnal Animals, Okya, Les Frères Sisters), qui en impose dans son costume de Mystério en cherchant à terrasser les quatre créatures. Peter ayant récupéré les lunettes tactiques de Tony Stark, il choisit alors de les léguer à Mystério en l’estimant comme un meilleur successeur. Cependant, ce dernier étant un ancien agent de Stark Industries congédié pour son caractère instable, il compte utiliser la technologie de l’entreprise pour semer la terreur et se faire passer pour un héros en détruisant des illusions qu’il a lui-même créées, stratagème original et correctement mis en scène bien qu’assez cliché dans ses ambitions.

Assassin’s Creed ?
Un look toujours aussi original pour Mystério.

Mis à part quelques éléments scénaristiques qui parviennent tant bien que mal à se démarquer, le film reste profondément marqué par le formatage de l’univers cinématographique Marvel avec de nombreux plans très convenus, un humour américanisé vu et revu, ainsi que des effets spéciaux à n’en plus pouvoir qui font presque passer Peter pour Superman tellement il esquive de drones et d’explosion sur la fin. En tant que dernier film de la phase III du MCU, Spider-Man Far From Home vaut à peu près son aîné mais reste encore une fois un simple divertissement loin des prestations passées de Sam Raimi et de Marc Webb.

Toy Story 3, de Lee Unkrich

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Date de sortie : 14 juillet 2010 (1h40min)
Réalisateur : Lee Unkrich
Doubleurs français : Jean-Philippe Puymartin, Richard Darbois, Igor De Savitch, Fabien Marsaud
Genre : Animation
Nationalité : Américain
Compositeurs : Randy Newman

Un choix symbolique pour commencer sa vie d’adulte.

Il aura fallu attendre une bonne dizaine d’années avant que Pixar ne se décide à réaliser une troisième aventure pour ses jouets préférés ! Et depuis tout ce temps, Andy a tellement grandi qu’il rentre à l’Université et n’a donc plus vraiment l’âge de jouer avec Woody et sa bande. Mis à part ce dernier qu’Andy devait emmener avec lui, les jouets sont alors délaissés et, au lieu de finir au grenier, ils se retrouvent dans un sac poubelle qui les emmène tout droit dans une garderie où les enfants les plus jeunes s’amusent à maltraiter les jouets en les fourrant dans la peinture ou en les cognant un peu partout. Tandis qu’ils échafaudent un plan pour fuir cet endroit dangereux, Woody a la chance d’atterrir au niveau des enfants un peu plus âgés et beaucoup plus calmes, et fait la connaissance de nouveaux jouets tous aussi variés les uns que les autres.

Une garderie tout ce qu’il y a de plus normal…
Le coup de foudre immédiat !

On trouve ainsi Ken le séducteur, compagnon de Barbie, ainsi que Labrosse le hérisson comédien, Trixie la tricératops qui se lie d’amitié avec Rex, Bouton d’Or la licorne tout droit issue des méandres d’Internet, Rictus le clown déprimé doublé par Grand Corps Malade, Stretch la pieuvre joyeuse, Big Baby le bébé avec un œil abîmé et un vieux jouet téléphone. Si Jessie et Pile-Poil sont toujours de la partie, la bergère et la voiture de course sont absents car ils n’appartiennent plus à Andy. Et tandis que Buzz et les autres cherchent à s’échapper, les lieux deviennent encore plus inquiétants lorsque le leader Lotso, un ours rose parfumé à la fraise, charge ses acolytes de les emprisonner dans des caisses afin qu’ils continuent de servir de cobayes aux jeunes enfants à leur place.

Un accueil chaleureux des jouets du coin !
Allégorie intéressante des barreaux d’une prison.

Le film se transforme alors en un véritable Prison Break, avec un Buzz reprogrammé pour monter la garde, de nombreuses caméras de surveillance et tout un plan à mettre en place pour neutraliser le singe crieur aux yeux cinglants à la manière du Juge Demort dans Qui veut la Peau de Roger Rabbit ? qui regarde les écrans. Rarement les relations entre les jouets n’auront été aussi intenses, chacun luttant pour son droit à une vie confortable après avoir été abandonné par l’enfant qui le possédait. Le background de Lotso est à ce titre un des plus intéressants de tout Toy Story et en fait le méchant le plus fascinant de la série grâce à la triste histoire qui l’a rendu cynique. Si le film est quasiment exempt de chansons, il ne manque pas d’humour et de situations marquantes comme le défilé de mode pendant lequel Ken met en avant sa garde-robe avant de se faire piéger par Barbie, Buzz qui se fait reprogrammer en un véritable cliché espagnol et les jouets qui manquent de finir dans un bassin de lave.

Rictus semble avoir perdu le sourire depuis bien longtemps…
Un air de déjà-vu 😉

Comme son prédécesseur, Toy Story 3 comporte pas mal de clins d’œil, à commencer par la scène de l’emprisonnement en hommage à Luke la Main Froide (Stuart Rosenberg, 1967). On trouve également des références au premier Toy Story, comme le camion Pizza Planet que l’on peut apercevoir quand Lotso, Big Baby et Rictus partent en exil, et surtout l’éboueur qui n’est autre que Sid, l’ancien voisin d’Andy qui maltraitait les jouets, reconnaissable au crâne sur son tee-shirt et à la mélodie qu’il chantonne avec la voix d’Erik von Detten mentionné au générique de fin. Si le film a tant marqué à son époque, c’est aussi pour sa fin très émouvante durant laquelle Andy offre ses jouets à une petite voisine nommée Bonnie en jouant devant elle pour lui présenter ceux qui ont tant compté pour lui. Pour beaucoup le meilleur Toy Story, et assurément un des pixars les plus mémorables.

 

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Toy Story 2, de John Lasseter

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Date de sortie : 24 novembre 1999 (États-Unis), 2 février 2000 (France)
Réalisateur : John Lasseter
Doubleurs français : Jean-Philippe Puymartin, Richard Darbois, Barbara Tissier, Arlette Thomas
Genre : Animation
Nationalité : Américain
Compositeurs : Randy Newman (chansons et orchestrations), Myriam Morea et Daniel Beretta (chansons VF), Jonathan Sacks et Ira Hearshen (orchestrations)

Bayonne, tantôt tirelire, tantôt chef des armées.

Suite directe du grand classique de Pixar sortie quatre ans après, Toy Story 2 prend place dans la nouvelle maison d’Andy alors que Woody et Buzz restent ses jouets favoris ainsi que la proie facile du nouveau petit chien de la famille. Lors d’une brocante, la troupe tente de sauver leur ami Sifli, un manchot asthmatique mis en vente pour cause de dysfonctionnement de son mécanisme qui lui permettait de siffler. Mais à force qu’Andy joue avec Woody, son épaule droite a commencé à se découdre et il a été déposé sur une étagère avant de se faire passer pour un jouet à vendre. Kidnappé par un collectionneur fan d’une ancienne série télévisée appelée Western Woody, il va faire la connaissance de son binôme féminin, une écuyère nommée Jessie, de son cheval Pile-Poil et du vieux chercheur d’or Papi Pépite, qui attendait sa venue depuis longtemps pour que la collection de jouets soit enfin complète.

Un nouveau trio de personnages.
La complicité entre Woody et Jessie !

Le thème de la désuétude est ici renforcé par celui de l’immortalisation par la collection. Conscient qu’il n’est plus un jouet tout jeune et qu’Andy finira bien par grandir, il hésite entre rentrer chez lui pour le retrouver en compagnie des autres jouets, et rester auprès de ses nouveaux amis pour devenir une pièce rare dans un musée, évitant ainsi le risque d’être un jour délaissé par Andy. Se sentant proche de Jessie, Woody se confronte néanmoins à elle alors que l’émouvante chanson « Quand elle m’aimait » montre qu’elle avait été abandonnée par une enfant avec qui elle jouait beaucoup. Les autres chansons sont peu nombreuses mais restent sympathiques entre le générique de la série Western Woody, son interprétation de « Je suis ton ami » à la guitare et la reprise finale de Sifli avec une voix grave au timbre très masculin.

On ne change pas une technique passée maître dans l’art de l’infiltration !

De leur côté, Buzz et les autres sont bien décidés à ramener Woody et traversent la ville pour le retrouver. Arrivés dans un magasin rempli de rayons de différents jouets, ils font la connaissance de plusieurs barbies dont une hôtesse qui monte les rejoindre dans leur voiture et devient un personnage à part entière. Buzz tombe quant à lui sur tout un étalage de Buzz l’éclair emballés, dont un qui se réveille en croyant être un vrai ranger de l’espace en mission et qui l’enferme dans sa boîte afin de se faire passer pour lui auprès des autres. Il rencontre d’ailleurs l’empereur Zurg, le jouet censé être son ennemi juré dont on entend parler dans la premier film et que l’on voit lors de l’intro du film dans le jeu vidéo sur lequel Rex s’amuse. Les références à Star Wars se font à ce moment nombreuses, à commencer par Zurg qui lance un très inattendu « je suis ton père » à Buzz, parodiant l’aveu de Dark Vador à Luke Skywalker dans L’Empire Contre-Attaque.

« Bonjour je suis Barbie hôtesse. Je vous prie de garder vos mains, vos bras, vos accessoires à l’intérieur de la voiture et pas de flash merci ! »
Un duel d’anthologie !

On peut également citer la respiration de Dark Vador à l’intérieur du casque de Buzz, le bruit du laser d’un Stormtrooper quand il détruit une caméra, le bruit d’un sabre laser quand il touche l’hologramme de la pile d’énergie, ou encore l’empreinte qu’il laisse dans le jeu de sculptures en clous Pin Art qui rappelle l’enlèvement d’Han Solo. D’autres références cinématographiques sont également glissés tout au long de Toy Story 2. On trouve notamment le salut vulcain de Star Trek lors que les deux Buzz se séparent, les dalles sonores du repaire de Zurg imitent le thème musical de 2001 L’Odyssée de l’Espace, le chapeau melon de Monsieur Patate qui bloque une porte à la manière de Goldfinger, l’évasion de Buzz du magasin de jouets en référence aux Aventuriers de l’Arche Perdue, et Rex qui poursuit une voiture en clin d’œil à Jurassic Park.

Après Madame Patate, encore deux nouveaux jouets dans la collection d’Andy !

Pixar a même incorporé des références à ses propres œuvres, comme des extraits de courts métrages (Tin Toy, Luxo Jr, Le Joueur d’Échecs) qui passent à la télé, le réparateur de jouets qui n’est autre que le vieillard de l’histoire du Joueur d’échecs, les jouets représentants de personnages de 1001 Pattes en arrière-plan dans la boutique, Tilt la fourmi et Heimlich la chenille étant également présents dans une scène supplémentaire du générique de fin lors du bêtisier. Il est intéressant de noter que l’antagoniste est cette fois-ci un jouet, Papi Pépite cherchant en effet à empêcher Woody de repartir car il se sent trop inutile en étant enfermé dans sa boîte sans pouvoir être admiré comme objet de collection. A contrario, Woody et Jessie imaginent plutôt le fait d’être regardés sans pouvoir bouger comme un ennui total, et préfèrent ainsi être auprès d’un enfant qui joue avec eux. S’il n’est pas tout à fait du niveau de son prédécesseur, Toy Story 2 démontre le savoir-faire de Pixar en matière de suite, bien meilleure que la plupart de celles de Disney.

 

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Toy Story, de John Lasseter

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Date de sortie : 22 novembre 1995 (États-Unis), 27mars 1996 (France)
Réalisateur : John Lasseter
Doubleurs français : Jean-Philippe Puymartin, Richard Darbois, Jacques Ferrière, Henri Guybet
Genre : Animation
Nationalité : Américain
Compositeurs : Randy Newman (chansons et orchestrations), Charlélie Couture (chansons VF), Don Davis (orchestrations)

« Il y a un serpent dans ma botte ! »

Coproduit par Walt Disney et le jeune studio Pixar pour la fin de l’année 1995, Toy Story est un film culte mettant en scène des jouets qui s’animent pour mener leur propre vie lorsqu’aucun humain ne se trouve aux alentours. Si le film de science-fiction Tron (Steven Lisberger, 1982) constitue le premier long métrage dont la conception a été assistée par ordinateur pour une majorité de ses scènes, Toy Story est quant à lui le premier film de l’histoire du cinéma entièrement réalisé en images de synthèse. Disney avait auparavant déjà utilisé cette technique lors de certaines séquences de ses films passés (le fond de la scène du bal dans La Belle et la Bête) et recherchait déjà de nouvelles formes d’animation, comme le stop-motion utilisé pour réaliser L’Étrange Noël de Monsieur Jack (Henry Selick, 1993). Le personnage principal Woody, doublé par Jean-Philippe Puymartin (qui faisait également la voix de Timon dans Le Roi Lion), est un cow-boy qui a la chance d’être le préféré d’Andy, le jeune garçon dont le chambre contient de nombreux jouets qui s’éveillent quand il n’est plus là.

Le sergent en mission pour repérer les cadeaux d’anniversaire !
« Regarde, je suis Picasso ! »

Les autres jouets sont divers et variés et ont chacun leur caractère : Monseur Patate est assez grognon avec ses parties du visage amovibles, Rex un dinosaure gaffeur à la voix tout aussi tordante (Jurassic Park était passé par là deux ans plus tôt), Zigzag un chien avec un corps en ressort, Bayonne un cochon-tirelire à peine plus futé que Rex, une jeune bergère qui semble avoir un faible pour Woody, et le fameux Sergent qui commande à lui seul toute une armée de petite soldats verts en plastique. Le thème général qui fait toute la richesse du film est celui de l’amitié, comme l’annonce l’apaisante chanson d’introduction « Je suis ton ami », interprétée par Charlélie Couture (qui chante également les deux autres). L’amitié se concrétise par celle entre Andy et Woody, mais aussi par les liens qui unissent les jouets entre eux. Et l’attachement est tel que chaque anniversaire est une source d’angoisse pour eux, de peur de se retrouver au placard à cause de la venue de nouveaux jouets qui pourraient les remplacer.

Les compagnons jouets de Woody !
« Je vivais la vraie vie, chaque chose était à sa place. »

Et les difficultés de l’amitié surviennent lorsqu’une nouvelle personne arrive dans un groupe et change les rapports entre les gens par ce qu’il apporte. Symbolisant une nouvelle génération par son packaging à la pointe et sa technologie du futur (« Il a plus de gadgets ultra-modernes qu’un couteau-suisse. »), Buzz l’éclair devient alors le nouveau jouet préféré d’Andy et Woody se retrouve mis de côté, servant de cible au rayon laser du ranger de l’espace dans la très émouvante chanson « Étrange, bizarre », dans laquelle le pauvre cow-boy se sent complètement délaissé par celui qu’il croyait être son meilleur ami, qui va jusqu’à remplacer sa décoration et sa couverture de lit par des motifs arborant Buzz l’éclair. Doublé par le charismatique Richard Darbois (qui faisait aussi le Génie dans Aladdin), Buzz a la particularité de se croire être le seul et unique ranger de l’espace en mission spéciale sur une planète inconnue.

« Quand un jouet mi-astronaute a débarqué de nulle part. Et soudain tout à coup, tout est devenu bizarre »

Une bonne partie de l’humour vient alors du contraste entre la fascination des autres jouets à son égard et la volonté qu’a Woody de lui faire comprendre qu’il n’est qu’un jouet en plastique (« Ce n’est pas un laser ! Ce n’est qu’une petite ampoule qui brille. »). Cette personnalisation jusqu’à croire être une personne réelle se retrouve dans le distributeur de petits aliens, où tous considèrent le grappin comme leur dieu (« Le grappin m’a choisi. Adieu mes amis, je vous quitte pour un monde meilleur. »). Le comique vient aussi et de jeux de mots plus ou moins douteux (« Mais c’est de l’art, gros lard ! ») et de références à l’industrie du jouet (« J’viens de chez Mattel. Enfin pas vraiment de chez Mattel, j’viens d’une petite compagnie qui s’est fait dévorer par une OPA… »). Mais l’émotion suit son cours lorsque Buzz se rend compte qu’il n’est effectivement qu’un jouet en voyant une pub à la télévision, et qu’il se casse un bras en tentant de voler sous la triste chanson « Jamais plus je ne volerai ».

« Un visiteur ! Venu d’ailleurs ! »
Sid, le successeur de Junior le Terrible et de Kevin McCallister.

Alors que Woody est rejeté par les autres jouets pour avoir tenté de mettre Buzz à l’écart de la chambre (« Et si Andy jouait plus avec moi qu’avec toi, tu me balancerais aussi par la fenêtre !? »), il va chercher à se racheter en partant à sa recherche pour finalement gagner son amitié lors de leurs mésaventures. Car si certains enfants prennent grand soin de leurs jouets, d’autres ne voient aucun inconvénient à les bricoler et à expérimenter toutes sortes de choses avec eux (« Personne n’a jamais tenté une transplantation cervicale et un triple pontage. »). Et c’est Sid, le voisin d’Andy, qui va les séquestrer dans sa chambre rempli de jouets modifiés à l’apparence terrifiante. Le thème de l’amitié se voit alors renforcé par les aveux de Woody comme quoi Buzz est un super jouet (« Mais réfléchis une seconde ! Tu es un Buzz l’éclair ! N’importe quel jouet vendrait ses pièces détachés pour être toi. Tu as des ailes, tu brilles dans le noir, tu parles ! Ton casque fait ce truc insensé… ! T’es vraiment super comme jouet ! ») et ce pourquoi il doit se ressaisir pour qu’ils quittent la maison ensemble (« En face il y a un enfant qui trouve que tu es le meilleur ! Et pas parce que tu es un ranger de l’espace, mais parce que tu es un jouet ! Tu es SON jouet ! »).

« J’appelle pas ça voler, j’appelle ça tomber avec panache ! »
« Hey une petite minute : j’ai allumé une fusée… les fusées ça explosent ! »

La fin regorge de qualités avec la révolution des jouets face à Sid (« Tu crois vraiment que j’suis pété petit ? Oui mon gars, c’est à toi que je m’adresse, Sid ! »), la course poursuite pour aller vers la voiture où se trouve Andy en route vers sa nouvelle maison et le final pendant lequel Buzz et Woody se regardent de manière ironique en entendant qu’Andy venait d’avoir un petit chien pour Noël (celui de Sid leur ayant posé bien des problèmes). S’ajoutent à cela quelques références salaces toujours bien cachées chez Disney (« Je pourrais demander à quelqu’un de surveiller le troupeau à ma place ce soir… »). Bien que ses images de synthèse accusent largement le poids de l’âge en presque vingt-cinq ans d’existence, Toy Story demeure un très bon film emblématique pour son univers singulier et terriblement bien animé comme seuls les studios Pixar savent le faire !

 

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Nicky Larson Private Eyes, de Kenji Kodama

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Date de sortie : 13 juin 2019 (1h 36min)
Réalisateur : Kenji Kodama
Doubleurs français : Vincent Ropion, Danièle Douet, Thierry Mercier, Agnès Gribe
Genre : Animation
Nationalité : Japonais
Compositeur : Taku Iwasaki

« C’est bien vous qui avez fait appel à moi, non ? »

City Hunter a décidément le vent en poupe en 2019 ! Après la très bonne adaptation de Philippe Lacheau en début d’année, c’est Kenji Kodama qui remet en scène l’irrésistible détective privé dans un long métrage animé intitulé Nicky Larson Private Eyes, qui mêle efficacement humour, action et dramaturgie, renforcé par une technique de grande qualité. La direction artistique est brillamment modernisée avec de belles images de synthèse, des dessins aux contours moins carrés et une animation très fluide, certains panoramas étant vraiment sublimes grâce aux couleurs pastels qui ressortent du fond. Contacté par Iris Woods, une mannequin dont le père est « accidentellement » tué lors de l’introduction du film, Nicky doit faire face à une bande de mercenaires cherchant à s’en prendre à Tokyo tout entière via un trafic d’armes modernes contrôlables à distance. Laura retrouve quant à elle un certain Christopher, un ami d’enfance parvenu à la tête d’une puissante société qui va tenter une romance dangereuse avec elle.

Un design bien plus féminisé pour Laura.
« Un dîner pareil, c’est un coup à tomber amoureuse. »

Pendant ce temps, Nicky garde un œil sur Iris tout en enquêtant sur ses menaces non sans un certain humour. Fidèle à lui-même, ce dernier ne peut s’empêcher d’arborer un faciès de pervers au moment où on s’y attend le moins, ce qui lui vaut toujours de nombreux coups de massue entre autres neutralisations efficaces. L’humour passe aussi par une petite mascotte formant une ligne horizontale en plein écran avec des points tandis qu’un personnage affiche un visage gêné suite à une vanne, et par une absence quasi totale de censure concernant l’érotisme. On trouve notamment Nicky qui frotte sa tête entre les seins d’une fille, un passage où il joue lui-même le strip-teaseur dans un bar (une émoticône cachant son entrejambe les cas échéants) et un doublage français parfois très cru avec des mots comme « blaireau » et « coup » (en référence aux fameuses faveurs que lui doit son ex). La VF est à ce propos très réussie, la totalité des personnages (excepté Mammouth) ayant conservé leur doubleur d’origine, et Philippe Lacheau himself incarnant la voix derrière le méchant.

Un magnifique panorama.
« Ça f’sait un bail ! »

Les points forts du film sont nombreux, à commencer par un scénario bien élaboré avec moult protagonistes et des séquences d’action qui en jettent, Nicky Larson étant toujours une sorte de Superman évitant les balles et mettant à terre à lui tout seul des armées d’humains et de drones de combat. Des musiques bien connues comme « Footsteps » et « Get Wild » ainsi que de superbes génériques de début et de fin en version japonaise viennent s’encastrer directement dans la narration. L’univers de la série va même jusqu’à donner un rôle aux trois héroïnes de Cat’s Eyes de Tsukasa Hojo après une brève apparition dans leur établissement éponyme. Classique dans son déroulement et ses thématiques, Nicky Larson Private Eyes fait bien plus que le minimum syndical grâce à une réalisation de très haute volée qui rappelle à quel point la licence peut étonner en qualité !

« Est vraiment puissant celui qui met sa force au service des plus faibles. »

Rocketman, de Dexter Fletcher

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Date de sortie : 29 mai 2019 (2h 01min)
Réalisateur : Dexter Fletcher
Acteurs principaux : Taron Egerton, Jamie Bell, Richard Madden, Bryce Dallas Howard
Genre : Biopic, musical
Nationalité : Américain
Compositeur : Matthew Margeson

Le concert où tout a commencé…

Biopic musical reprenant la vie d’Elton John, Rocketman allie rock’n’roll et excentricité dans un portrait à la narration troublante. Brillamment interprété par Taron Egerton (Kingsman Services Secrets et Le Cercle d’Or, Robin des Bois) durant la majeure partie du film, on suit d’emblée ses addictions aux drogues et à l’alcool lors d’une réunion des alcooliques anonymes dans laquelle il raconte ce qui lui est arrivé, vêtu du costume orange, ailé et cornu qu’il porte lors de l’émouvante chanson « Goodbye Yellow Brick Road ». Son enfance se déroule d’abord sous les traits du jeune Kit Connor (Get Santa, Ready Player One), alors qu’il démontrait déjà ses talents de pianiste à la Royal Academy of Music de Londres. L’accent est mis sur sa relation avec son entourage, à commencer par son parolier Bernie, joué par Jamie Bell (Les Aventures de Tintin Le Secret de la Licorne, Snowpiercer, Les Quatre Fantastiques), avec lequel il lit une amitié particulière.

Un duo iconique !
Comme un faux air d’Austin Powers !

Mais c’est surtout avec son manager John Reid, interprété par Richard Madden (Game of Thrones, Cendrillon), que son homosexualité devient explicite et que sa carrière s’élance réellement tandis que ce dernier ne voit dans le rock qu’il simple business. Entre euphories musicales et souffrance extrême due à la célébrité, Rocketman montre un Elton John qui se cherche tout au long de sa vie tout en peinant à être heureux malgré un succès fulgurant. Et ce n’est pas auprès de sa famille que l’équilibre s’arrange, son père se dressant comme un militaire froid et incapable d’exprimer le moindre sentiment (au point de le délaisser au profit de plus jeunes enfants eus avec une autre femme). Jouée par Bryce Dallas Howard (Terminator Renaissance, Jurassic World, Peter et Elliott le Dragon), sa mère respire quant à elle une certaine froideur à sa manière, avec ses airs aristocratiques et le mépris qu’elle dégage quand elle lui dit qu’on ne l’aimera jamais vraiment pour qui il est.

Le comble de l’excentricité…
Les risques de la célébrité !

À l’image de Bohemian Rhapsody, Rocketman baigne dans les chansons à la différence près que son interprète est encore en vie, et surtout que les acteurs du film interprètent bel et bien les compositions sans play-back. On dénombre plus d’une vingtaine de ses grands classiques, comme « Rocket Man » et « Sorry Seems to Be the Hardest Word », avant de finir en beauté par la très entraînante « I’m Still Standing » suivie d’une chanson inédite lors du générique de fin. Si on peut regretter l’absence de « Can You Feel The Love Tonight », les très nombreuses musiques font largement honneur à cet artiste de légende tout en accentuant son propos concernant les souffrances de la célébrité et du cocon familial étriqué.

Aladdin (2019) de Guy Ritchie

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Date de sortie : 22 mai 2019 (2h 09min)
Réalisateur : Guy Ritchie
Acteurs principaux : Mena Massoud, Naomi Scott, Will Smith, Marwan Kenzari
Genre : Aventure, fantastique
Nationalité : Américain
Compositeurs : Alan Menken et Nas Lukas

« Je vole, comme un aigle royal ! »

Dans la lignée des remakes live comme Le Livre de la Jungle et La Belle et la Bête, c’est au tour d’Aladdin de se voir de nouveau porté sur grand écran, sous l’objectif de Guy Ritchie (Arnaques, Crimes et Botanique, Snatch, Sherlock Holmes). S’il s’agit vraisemblablement d’un film de commande pour le réalisateur dont la patte artistique habituelle semble absente, la réalisation est de haute volée et promet une aventure d’une grande intensité. Fidèle au chef-d’œuvre d’origine, il s’en démarque toutefois par l’approfondissement de certaines thématiques, par un agencement différent des séquences déjà connues et par de nombreuses scènes inédites venant enrichir son univers. À commencer par l’introduction, l’histoire étant cette fois-ci racontée sur un bateau par un personnage qui semble être le génie, interprété par Will Smith (Men in Black, Je suis une Légende, Suicide Squad). La réinterprétation de la chanson « Nuits d’Arabie » par le talentueux Anthony Kavanagh annonce d’emblée l’intensité particulièrement forte dans laquelle baigne la narration.

« Une chance extraordinaire s’offre à toi. Je peux faire de toi un homme riche, assez riche pour conquérir une princesse. »

On retrouve la trame scénaristique du dessin animé d’origine avec le passage au marché, les toits, le palais, la Caverne aux Merveilles, la transformation en prince et la confrontation avec Jafar, joué par le charismatique Marwan Kenzari (Seven Sisters, Le Crime de l’Orient-Express, La Momie). Le film présente le scénario différemment et se plaît à jouer avec les connaissances des fans par des changements placés ici et là. Jasmine est par exemple présente au marché dès le début, et semble plus habituée à côtoyer les gens du peuple qu’à l’origine. Elle se lit alors très rapidement à Aladdin et l’accompagne partiellement dans sa fuite avec une interprétation de la chanson « Je vole » pas tout à fait aussi drôle et spectaculaire que dans le dessin animé, mais quand même très efficace dans sa mise en scène façon Prince of Persia. La chanson n’est cette fois-ci pas reprise une fois mais à deux occurrences, la seconde se situant peu avant le dernier acte, renforçant ainsi le background d’Aladdin dans sa remise en question quant à son souhait de devenir prince.

« Avance, mais ne touche qu’à la lampe ! »
Une relation toujours aussi touchante.

Les acteurs portent très bien leurs personnages, à commencer par Mena Massoud qui interprète un Aladdin crédible voire plus logique dans son évolution car pas aussi facilement sûr de lui dans les situations auxquelles il n’est pas habitué. Le passage le plus frappant à cet égard est sans nul doute celui où il se présente au sultan, suite à une reprise très intense de la chanson « Balkany Prince Ali » malgré un léger cassement de rythme au moment d’ouvrir les portes du palais. De manière bien plus solennelle que dans le dessin animé, et avec la présence directe de Jasmine, Aladdin enchaîne en effet de nombreuses bourdes quant à ses intentions et ses présents.

« Ô toi l’illustre qui m’as convoqué, je fais le serment de t’accorder trois souhaits. »

La présence du génie sous l’apparence d’un humain classique renforce leur complicité et apporte un humour particulier avec ses conseils qui tombent un à un à l’eau, au point qu’il affirme préférer retourner s’ennuyer dans la lampe plutôt que rester dans une situation pas vraiment à son avantage. Will Smith en fait un personnage convaincant, à la fois plus distant dans sa relation avec Aladdin mais aussi terriblement drôle et bien animé. S’il n’est pas aussi poignant que dans le dessin animé, le spectacle « Je suis ton meilleur ami » reste terriblement intense et inventif avec ses quelques paroles changeantes, et une fort sympathique version rap au début du générique final. Leur amitié ne part de rien tandis que le génie affirme considérer un maître comme un ami pour la première fois. Leur scène de désaccord a quelque chose de plus grave et sans humour, le génie allant jusqu’à lui soutenir qu’il lui a brisé le cœur. Le thème des fractures sociales est alors abordé lorsqu’Aladdin dénonce le fait que les gens comme lui n’obtiennent jamais rien sans aide extérieure.

Jasmine et sa servante, une amitié bienvenue.

Naomi Scott est très convaincante dans son rôle de Jasmine, en princesse affirmée et perspicace approfondissant le personnage au point de lui accorder une chanson en deux parties, pendant laquelle elle clame haut et fort son droit à la parole en tant que future souveraine, confirmant d’autant plus qu’elle n’est définitivement pas « le premier prix d’une tombola ». La nouvelle scène de la réception gourmande au palais insiste sur l’importance pour Aladdin de rester lui-même et sur le courage dont il doit faire preuve pour aborder Jasmine, le costume de prince ne faisant pas tout. La danse qui s’ensuit offre un spectacle intéressant et exploite l’humour du génie, qui s’amuse à contrôler les pas d’Aladdin avec une certaine excentricité. Personnage créé spécialement pour le film, Dalia est sa servante personnelle et forme avec Jasmine un duo amical qui la laisse moins seule. Mieux encore, le génie semble en pincer pour elle et se voit alors vivre une petite romance en parallèle de celle des deux personnages principaux, la chanson « Ce rêve bleu » étant évidemment présente.

Tout se passera pour le mieux…

Le sultan est quant à lui bien plus sérieux qu’à l’origine, pour mieux accentuer la gravité de la situation entre Jasmine qui se rebelle alors qu’il se fait vieux et Jafar qui complote dans son dos. Il a d’ailleurs suffisamment d’autorité pour lui rappeler quelle est sa place de second, renforçant ainsi son ambition de renverser le pouvoir. Le background obtient alors un volet davantage militaire : on apprend que Shérazade, déjà nommé par le génie dans le dessin animé au début de sa chanson, est en réalité un autre royaume avec lequel il serait bien de se rallier par un mariage afin d’éviter un éventuel futur conflit. Marwan Kenzari interprète brillamment le personnage froid et sombre que l’on connaît du haut de son imposant costume noir et de sa canne ensorceleuse. S’il n’apparaît pas déguisé en vieil homme dans le cachot, il noue directement un lien avec Aladdin en l’emmenant lui-même dans le désert pour lui parler de l’importance de viser haut. Un parallèle intéressant se dresse alors entre les deux personnages, Jafar affirmant n’être parti de rien en lui faisant subtilement comprendre qu’il était lui aussi qu’un voleur sans ressources.

Un antagoniste des plus réussis !

La gueule de tigre symbolisant l’entrée de la Caverne aux Merveilles est moins impressionnante au pied d’une montagne que cachée en plein désert, et il est dommage que le passage dans cette dernière soit aussi rapide malgré une certaine classe dans l’agencement du trésor et une ambiance dramatique bien présente. Les gardes sont également plus sérieux, notamment leur chef Hakim, bras droit du sultan qui va jusqu’à placer Jafar dans un cachot et même jusqu’à se retourner contre lui lorsque ce dernier a effectué son premier souhait. Son ascension vers le pouvoir prend davantage son temps et se veut en partie plus savoureuse, le souhait de devenir un sorcier n’intervenant cette fois-ci pas tout de suite après. Malgré un charisme digne des meilleurs antagonistes avec un costume désormais rouge, plus aucune chanson ne lui est réservée et sa transformation en serpent est aux abonnés absents (seule l’extrémité de sa canne s’anime deux ou trois fois), point sans doute le plus dommageable du film tellement le tout aurait pu être impressionnant à l’écran. On a tout de même droit à une course poursuite assez intense pendant laquelle les personnages se battent pour récupérer la lampe, avec un Iago ensorcelé ressemblant à un griffon. Impressionnant de bout en bout, Aladdin n’est certes pas aussi excellent que son modèle mais s’impose comme un remake live très inventif qui enrichit toujours plus cet univers du conte des Mille et une Nuits.