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Emmanuel Delextrat

Emmanuel Delextrat
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Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j’ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La Soupe aux Choux, mais avec aussi de nombreux dessins animés comme les courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo, les longs métrages Disney avec Alice au Pays des Merveilles en tête, les animés japonais comme Sailor Moon et Dragon Ball Z ainsi que d’autres séries comme Batman et Tintin. Mes années 90 ont été bercées par les comédies avec Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête) ou d’autres films que j’adore comme Les Valeurs de la Famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à Tout Prix. C’est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par Casino Royale, Et Pour Quelques Dollars de Plus, Kill Bill ou encore Rambo. Collectionneur, j’attache de l’importance au matériel et j’ai réuni trois étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Et plus on découvre de nouveaux films, plus on se rend compte qu’il nous en reste en fait énormément à voir…

Toy Story 3, de Lee Unkrich

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Date de sortie : 14 juillet 2010 (1h40min)
Réalisateur : Lee Unkrich
Doubleurs français : Jean-Philippe Puymartin, Richard Darbois, Igor De Savitch, Fabien Marsaud
Genre : Animation
Nationalité : Américain
Compositeurs : Randy Newman

Un choix symbolique pour commencer sa vie d’adulte.

Il aura fallu attendre une bonne dizaine d’années avant que Pixar ne se décide à réaliser une troisième aventure pour ses jouets préférés ! Et depuis tout ce temps, Andy a tellement grandi qu’il rentre à l’Université et n’a donc plus vraiment l’âge de jouer avec Woody et sa bande. Mis à part ce dernier qu’Andy devait emmener avec lui, les jouets sont alors délaissés et, au lieu de finir au grenier, ils se retrouvent dans un sac poubelle qui les emmène tout droit dans une garderie où les enfants les plus jeunes s’amusent à maltraiter les jouets en les fourrant dans la peinture ou en les cognant un peu partout. Tandis qu’ils échafaudent un plan pour fuir cet endroit dangereux, Woody a la chance d’atterrir au niveau des enfants un peu plus âgés et beaucoup plus calmes, et fait la connaissance de nouveaux jouets tous aussi variés les uns que les autres.

Une garderie tout ce qu’il y a de plus normal…
Le coup de foudre immédiat !

On trouve ainsi Ken le séducteur, compagnon de Barbie, ainsi que Labrosse le hérisson comédien, Trixie la tricératops qui se lie d’amitié avec Rex, Bouton d’Or la licorne tout droit issue des méandres d’Internet, Rictus le clown déprimé doublé par Grand Corps Malade, Stretch la pieuvre joyeuse, Big Baby le bébé avec un œil abîmé et un vieux jouet téléphone. Si Jessie et Pile-Poil sont toujours de la partie, la bergère et la voiture de course sont absents car ils n’appartiennent plus à Andy. Et tandis que Buzz et les autres cherchent à s’échapper, les lieux deviennent encore plus inquiétants lorsque le leader Lotso, un ours rose parfumé à la fraise, charge ses acolytes de les emprisonner dans des caisses afin qu’ils continuent de servir de cobayes aux jeunes enfants à leur place.

Un accueil chaleureux des jouets du coin !
Allégorie intéressante des barreaux d’une prison.

Le film se transforme alors en un véritable Prison Break, avec un Buzz reprogrammé pour monter la garde, de nombreuses caméras de surveillance et tout un plan à mettre en place pour neutraliser le singe crieur aux yeux cinglants à la manière du Juge Demort dans Qui veut la Peau de Roger Rabbit ? qui regarde les écrans. Rarement les relations entre les jouets n’auront été aussi intenses, chacun luttant pour son droit à une vie confortable après avoir été abandonné par l’enfant qui le possédait. Le background de Lotso est à ce titre un des plus intéressants de tout Toy Story et en fait le méchant le plus fascinant de la série grâce à la triste histoire qui l’a rendu cynique. Si le film est quasiment exempt de chansons, il ne manque pas d’humour et de situations marquantes comme le défilé de mode pendant lequel Ken met en avant sa garde-robe avant de se faire piéger par Barbie, Buzz qui se fait reprogrammer en un véritable cliché espagnol et les jouets qui manquent de finir dans un bassin de lave.

Rictus semble avoir perdu le sourire depuis bien longtemps…
Un air de déjà-vu 😉

Comme son prédécesseur, Toy Story 3 comporte pas mal de clins d’œil, à commencer par la scène de l’emprisonnement en hommage à Luke la Main Froide (Stuart Rosenberg, 1967). On trouve également des références au premier Toy Story, comme le camion Pizza Planet que l’on peut apercevoir quand Lotso, Big Baby et Rictus partent en exil, et surtout l’éboueur qui n’est autre que Sid, l’ancien voisin d’Andy qui maltraitait les jouets, reconnaissable au crâne sur son tee-shirt et à la mélodie qu’il chantonne avec la voix d’Erik von Detten mentionné au générique de fin. Si le film a tant marqué à son époque, c’est aussi pour sa fin très émouvante durant laquelle Andy offre ses jouets à une petite voisine nommée Bonnie en jouant devant elle pour lui présenter ceux qui ont tant compté pour lui. Pour beaucoup le meilleur Toy Story, et assurément un des pixars les plus mémorables.

 

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Toy Story 2, de John Lasseter

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Date de sortie : 24 novembre 1999 (États-Unis), 2 février 2000 (France)
Réalisateur : John Lasseter
Doubleurs français : Jean-Philippe Puymartin, Richard Darbois, Barbara Tissier, Arlette Thomas
Genre : Animation
Nationalité : Américain
Compositeurs : Randy Newman (chansons et orchestrations), Myriam Morea et Daniel Beretta (chansons VF), Jonathan Sacks et Ira Hearshen (orchestrations)

Bayonne, tantôt tirelire, tantôt chef des armées.

Suite directe du grand classique de Pixar sortie quatre ans après, Toy Story 2 prend place dans la nouvelle maison d’Andy alors que Woody et Buzz restent ses jouets favoris ainsi que la proie facile du nouveau petit chien de la famille. Lors d’une brocante, la troupe tente de sauver leur ami Sifli, un manchot asthmatique mis en vente pour cause de dysfonctionnement de son mécanisme qui lui permettait de siffler. Mais à force qu’Andy joue avec Woody, son épaule droite a commencé à se découdre et il a été déposé sur une étagère avant de se faire passer pour un jouet à vendre. Kidnappé par un collectionneur fan d’une ancienne série télévisée appelée Western Woody, il va faire la connaissance de son binôme féminin, une écuyère nommée Jessie, de son cheval Pile-Poil et du vieux chercheur d’or Papi Pépite, qui attendait sa venue depuis longtemps pour que la collection de jouets soit enfin complète.

Un nouveau trio de personnages.
La complicité entre Woody et Jessie !

Le thème de la désuétude est ici renforcé par celui de l’immortalisation par la collection. Conscient qu’il n’est plus un jouet tout jeune et qu’Andy finira bien par grandir, il hésite entre rentrer chez lui pour le retrouver en compagnie des autres jouets, et rester auprès de ses nouveaux amis pour devenir une pièce rare dans un musée, évitant ainsi le risque d’être un jour délaissé par Andy. Se sentant proche de Jessie, Woody se confronte néanmoins à elle alors que l’émouvante chanson « Quand elle m’aimait » montre qu’elle avait été abandonnée par une enfant avec qui elle jouait beaucoup. Les autres chansons sont peu nombreuses mais restent sympathiques entre le générique de la série Western Woody, son interprétation de « Je suis ton ami » à la guitare et la reprise finale de Sifli avec une voix grave au timbre très masculin.

On ne change pas une technique passée maître dans l’art de l’infiltration !

De leur côté, Buzz et les autres sont bien décidés à ramener Woody et traversent la ville pour le retrouver. Arrivés dans un magasin rempli de rayons de différents jouets, ils font la connaissance de plusieurs barbies dont une hôtesse qui monte les rejoindre dans leur voiture et devient un personnage à part entière. Buzz tombe quant à lui sur tout un étalage de Buzz l’éclair emballés, dont un qui se réveille en croyant être un vrai ranger de l’espace en mission et qui l’enferme dans sa boîte afin de se faire passer pour lui auprès des autres. Il rencontre d’ailleurs l’empereur Zurg, le jouet censé être son ennemi juré dont on entend parler dans la premier film et que l’on voit lors de l’intro du film dans le jeu vidéo sur lequel Rex s’amuse. Les références à Star Wars se font à ce moment nombreuses, à commencer par Zurg qui lance un très inattendu « je suis ton père » à Buzz, parodiant l’aveu de Dark Vador à Luke Skywalker dans L’Empire Contre-Attaque.

« Bonjour je suis Barbie hôtesse. Je vous prie de garder vos mains, vos bras, vos accessoires à l’intérieur de la voiture et pas de flash merci ! »
Un duel d’anthologie !

On peut également citer la respiration de Dark Vador à l’intérieur du casque de Buzz, le bruit du laser d’un Stormtrooper quand il détruit une caméra, le bruit d’un sabre laser quand il touche l’hologramme de la pile d’énergie, ou encore l’empreinte qu’il laisse dans le jeu de sculptures en clous Pin Art qui rappelle l’enlèvement d’Han Solo. D’autres références cinématographiques sont également glissés tout au long de Toy Story 2. On trouve notamment le salut vulcain de Star Trek lors que les deux Buzz se séparent, les dalles sonores du repaire de Zurg imitent le thème musical de 2001 L’Odyssée de l’Espace, le chapeau melon de Monsieur Patate qui bloque une porte à la manière de Goldfinger, l’évasion de Buzz du magasin de jouets en référence aux Aventuriers de l’Arche Perdue, et Rex qui poursuit une voiture en clin d’œil à Jurassic Park.

Après Madame Patate, encore deux nouveaux jouets dans la collection d’Andy !

Pixar a même incorporé des références à ses propres œuvres, comme des extraits de courts métrages (Tin Toy, Luxo Jr, Le Joueur d’Échecs) qui passent à la télé, le réparateur de jouets qui n’est autre que le vieillard de l’histoire du Joueur d’échecs, les jouets représentants de personnages de 1001 Pattes en arrière-plan dans la boutique, Tilt la fourmi et Heimlich la chenille étant également présents dans une scène supplémentaire du générique de fin lors du bêtisier. Il est intéressant de noter que l’antagoniste est cette fois-ci un jouet, Papi Pépite cherchant en effet à empêcher Woody de repartir car il se sent trop inutile en étant enfermé dans sa boîte sans pouvoir être admiré comme objet de collection. A contrario, Woody et Jessie imaginent plutôt le fait d’être regardés sans pouvoir bouger comme un ennui total, et préfèrent ainsi être auprès d’un enfant qui joue avec eux. S’il n’est pas tout à fait du niveau de son prédécesseur, Toy Story 2 démontre le savoir-faire de Pixar en matière de suite, bien meilleure que la plupart de celles de Disney.

 

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Toy Story, de John Lasseter

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Date de sortie : 22 novembre 1995 (États-Unis), 27mars 1996 (France)
Réalisateur : John Lasseter
Doubleurs français : Jean-Philippe Puymartin, Richard Darbois, Jacques Ferrière, Henri Guybet
Genre : Animation
Nationalité : Américain
Compositeurs : Randy Newman (chansons et orchestrations), Charlélie Couture (chansons VF), Don Davis (orchestrations)

« Il y a un serpent dans ma botte ! »

Coproduit par Walt Disney et le jeune studio Pixar pour la fin de l’année 1995, Toy Story est un film culte mettant en scène des jouets qui s’animent pour mener leur propre vie lorsqu’aucun humain ne se trouve aux alentours. Si le film de science-fiction Tron (Steven Lisberger, 1982) constitue le premier long métrage dont la conception a été assistée par ordinateur pour une majorité de ses scènes, Toy Story est quant à lui le premier film de l’histoire du cinéma entièrement réalisé en images de synthèse. Disney avait auparavant déjà utilisé cette technique lors de certaines séquences de ses films passés (le fond de la scène du bal dans La Belle et la Bête) et recherchait déjà de nouvelles formes d’animation, comme le stop-motion utilisé pour réaliser L’Étrange Noël de Monsieur Jack (Henry Selick, 1993). Le personnage principal Woody, doublé par Jean-Philippe Puymartin (qui faisait également la voix de Timon dans Le Roi Lion), est un cow-boy qui a la chance d’être le préféré d’Andy, le jeune garçon dont le chambre contient de nombreux jouets qui s’éveillent quand il n’est plus là.

Le sergent en mission pour repérer les cadeaux d’anniversaire !
« Regarde, je suis Picasso ! »

Les autres jouets sont divers et variés et ont chacun leur caractère : Monseur Patate est assez grognon avec ses parties du visage amovibles, Rex un dinosaure gaffeur à la voix tout aussi tordante (Jurassic Park était passé par là deux ans plus tôt), Zigzag un chien avec un corps en ressort, Bayonne un cochon-tirelire à peine plus futé que Rex, une jeune bergère qui semble avoir un faible pour Woody, et le fameux Sergent qui commande à lui seul toute une armée de petite soldats verts en plastique. Le thème général qui fait toute la richesse du film est celui de l’amitié, comme l’annonce l’apaisante chanson d’introduction « Je suis ton ami », interprétée par Charlélie Couture (qui chante également les deux autres). L’amitié se concrétise par celle entre Andy et Woody, mais aussi par les liens qui unissent les jouets entre eux. Et l’attachement est tel que chaque anniversaire est une source d’angoisse pour eux, de peur de se retrouver au placard à cause de la venue de nouveaux jouets qui pourraient les remplacer.

Les compagnons jouets de Woody !
« Je vivais la vraie vie, chaque chose était à sa place. »

Et les difficultés de l’amitié surviennent lorsqu’une nouvelle personne arrive dans un groupe et change les rapports entre les gens par ce qu’il apporte. Symbolisant une nouvelle génération par son packaging à la pointe et sa technologie du futur (« Il a plus de gadgets ultra-modernes qu’un couteau-suisse. »), Buzz l’éclair devient alors le nouveau jouet préféré d’Andy et Woody se retrouve mis de côté, servant de cible au rayon laser du ranger de l’espace dans la très émouvante chanson « Étrange, bizarre », dans laquelle le pauvre cow-boy se sent complètement délaissé par celui qu’il croyait être son meilleur ami, qui va jusqu’à remplacer sa décoration et sa couverture de lit par des motifs arborant Buzz l’éclair. Doublé par le charismatique Richard Darbois (qui faisait aussi le Génie dans Aladdin), Buzz a la particularité de se croire être le seul et unique ranger de l’espace en mission spéciale sur une planète inconnue.

« Quand un jouet mi-astronaute a débarqué de nulle part. Et soudain tout à coup, tout est devenu bizarre »

Une bonne partie de l’humour vient alors du contraste entre la fascination des autres jouets à son égard et la volonté qu’a Woody de lui faire comprendre qu’il n’est qu’un jouet en plastique (« Ce n’est pas un laser ! Ce n’est qu’une petite ampoule qui brille. »). Cette personnalisation jusqu’à croire être une personne réelle se retrouve dans le distributeur de petits aliens, où tous considèrent le grappin comme leur dieu (« Le grappin m’a choisi. Adieu mes amis, je vous quitte pour un monde meilleur. »). Le comique vient aussi et de jeux de mots plus ou moins douteux (« Mais c’est de l’art, gros lard ! ») et de références à l’industrie du jouet (« J’viens de chez Mattel. Enfin pas vraiment de chez Mattel, j’viens d’une petite compagnie qui s’est fait dévorer par une OPA… »). Mais l’émotion suit son cours lorsque Buzz se rend compte qu’il n’est effectivement qu’un jouet en voyant une pub à la télévision, et qu’il se casse un bras en tentant de voler sous la triste chanson « Jamais plus je ne volerai ».

« Un visiteur ! Venu d’ailleurs ! »
Sid, le successeur de Junior le Terrible et de Kevin McCallister.

Alors que Woody est rejeté par les autres jouets pour avoir tenté de mettre Buzz à l’écart de la chambre (« Et si Andy jouait plus avec moi qu’avec toi, tu me balancerais aussi par la fenêtre !? »), il va chercher à se racheter en partant à sa recherche pour finalement gagner son amitié lors de leurs mésaventures. Car si certains enfants prennent grand soin de leurs jouets, d’autres ne voient aucun inconvénient à les bricoler et à expérimenter toutes sortes de choses avec eux (« Personne n’a jamais tenté une transplantation cervicale et un triple pontage. »). Et c’est Sid, le voisin d’Andy, qui va les séquestrer dans sa chambre rempli de jouets modifiés à l’apparence terrifiante. Le thème de l’amitié se voit alors renforcé par les aveux de Woody comme quoi Buzz est un super jouet (« Mais réfléchis une seconde ! Tu es un Buzz l’éclair ! N’importe quel jouet vendrait ses pièces détachés pour être toi. Tu as des ailes, tu brilles dans le noir, tu parles ! Ton casque fait ce truc insensé… ! T’es vraiment super comme jouet ! ») et ce pourquoi il doit se ressaisir pour qu’ils quittent la maison ensemble (« En face il y a un enfant qui trouve que tu es le meilleur ! Et pas parce que tu es un ranger de l’espace, mais parce que tu es un jouet ! Tu es SON jouet ! »).

« J’appelle pas ça voler, j’appelle ça tomber avec panache ! »
« Hey une petite minute : j’ai allumé une fusée… les fusées ça explosent ! »

La fin regorge de qualités avec la révolution des jouets face à Sid (« Tu crois vraiment que j’suis pété petit ? Oui mon gars, c’est à toi que je m’adresse, Sid ! »), la course poursuite pour aller vers la voiture où se trouve Andy en route vers sa nouvelle maison et le final pendant lequel Buzz et Woody se regardent de manière ironique en entendant qu’Andy venait d’avoir un petit chien pour Noël (celui de Sid leur ayant posé bien des problèmes). S’ajoutent à cela quelques références salaces toujours bien cachées chez Disney (« Je pourrais demander à quelqu’un de surveiller le troupeau à ma place ce soir… »). Bien que ses images de synthèse accusent largement le poids de l’âge en presque vingt-cinq ans d’existence, Toy Story demeure un très bon film emblématique pour son univers singulier et terriblement bien animé comme seuls les studios Pixar savent le faire !

 

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Nicky Larson Private Eyes, de Kenji Kodama

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Date de sortie : 13 juin 2019 (1h 36min)
Réalisateur : Kenji Kodama
Doubleurs français : Vincent Ropion, Danièle Douet, Thierry Mercier, Agnès Gribe
Genre : Animation
Nationalité : Japonais
Compositeur : Taku Iwasaki

« C’est bien vous qui avez fait appel à moi, non ? »

City Hunter a décidément le vent en poupe en 2019 ! Après la très bonne adaptation de Philippe Lacheau en début d’année, c’est Kenji Kodama qui remet en scène l’irrésistible détective privé dans un long métrage animé intitulé Nicky Larson Private Eyes, qui mêle efficacement humour, action et dramaturgie, renforcé par une technique de grande qualité. La direction artistique est brillamment modernisée avec de belles images de synthèse, des dessins aux contours moins carrés et une animation très fluide, certains panoramas étant vraiment sublimes grâce aux couleurs pastels qui ressortent du fond. Contacté par Iris Woods, une mannequin dont le père est « accidentellement » tué lors de l’introduction du film, Nicky doit faire face à une bande de mercenaires cherchant à s’en prendre à Tokyo tout entière via un trafic d’armes modernes contrôlables à distance. Laura retrouve quant à elle un certain Christopher, un ami d’enfance parvenu à la tête d’une puissante société qui va tenter une romance dangereuse avec elle.

Un design bien plus féminisé pour Laura.
« Un dîner pareil, c’est un coup à tomber amoureuse. »

Pendant ce temps, Nicky garde un œil sur Iris tout en enquêtant sur ses menaces non sans un certain humour. Fidèle à lui-même, ce dernier ne peut s’empêcher d’arborer un faciès de pervers au moment où on s’y attend le moins, ce qui lui vaut toujours de nombreux coups de massue entre autres neutralisations efficaces. L’humour passe aussi par une petite mascotte formant une ligne horizontale en plein écran avec des points tandis qu’un personnage affiche un visage gêné suite à une vanne, et par une absence quasi totale de censure concernant l’érotisme. On trouve notamment Nicky qui frotte sa tête entre les seins d’une fille, un passage où il joue lui-même le strip-teaseur dans un bar (une émoticône cachant son entrejambe les cas échéants) et un doublage français parfois très cru avec des mots comme « blaireau » et « coup » (en référence aux fameuses faveurs que lui doit son ex). La VF est à ce propos très réussie, la totalité des personnages (excepté Mammouth) ayant conservé leur doubleur d’origine, et Philippe Lacheau himself incarnant la voix derrière le méchant.

Un magnifique panorama.
« Ça f’sait un bail ! »

Les points forts du film sont nombreux, à commencer par un scénario bien élaboré avec moult protagonistes et des séquences d’action qui en jettent, Nicky Larson étant toujours une sorte de Superman évitant les balles et mettant à terre à lui tout seul des armées d’humains et de drones de combat. Des musiques bien connues comme « Footsteps » et « Get Wild » ainsi que de superbes génériques de début et de fin en version japonaise viennent s’encastrer directement dans la narration. L’univers de la série va même jusqu’à donner un rôle aux trois héroïnes de Cat’s Eyes de Tsukasa Hojo après une brève apparition dans leur établissement éponyme. Classique dans son déroulement et ses thématiques, Nicky Larson Private Eyes fait bien plus que le minimum syndical grâce à une réalisation de très haute volée qui rappelle à quel point la licence peut étonner en qualité !

« Est vraiment puissant celui qui met sa force au service des plus faibles. »

Rocketman, de Dexter Fletcher

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Date de sortie : 29 mai 2019 (2h 01min)
Réalisateur : Dexter Fletcher
Acteurs principaux : Taron Egerton, Jamie Bell, Richard Madden, Bryce Dallas Howard
Genre : Biopic, musical
Nationalité : Américain
Compositeur : Matthew Margeson

Le concert où tout a commencé…

Biopic musical reprenant la vie d’Elton John, Rocketman allie rock’n’roll et excentricité dans un portrait à la narration troublante. Brillamment interprété par Taron Egerton (Kingsman Services Secrets et Le Cercle d’Or, Robin des Bois) durant la majeure partie du film, on suit d’emblée ses addictions aux drogues et à l’alcool lors d’une réunion des alcooliques anonymes dans laquelle il raconte ce qui lui est arrivé, vêtu du costume orange, ailé et cornu qu’il porte lors de l’émouvante chanson « Goodbye Yellow Brick Road ». Son enfance se déroule d’abord sous les traits du jeune Kit Connor (Get Santa, Ready Player One), alors qu’il démontrait déjà ses talents de pianiste à la Royal Academy of Music de Londres. L’accent est mis sur sa relation avec son entourage, à commencer par son parolier Bernie, joué par Jamie Bell (Les Aventures de Tintin Le Secret de la Licorne, Snowpiercer, Les Quatre Fantastiques), avec lequel il lit une amitié particulière.

Un duo iconique !
Comme un faux air d’Austin Powers !

Mais c’est surtout avec son manager John Reid, interprété par Richard Madden (Game of Thrones, Cendrillon), que son homosexualité devient explicite et que sa carrière s’élance réellement tandis que ce dernier ne voit dans le rock qu’il simple business. Entre euphories musicales et souffrance extrême due à la célébrité, Rocketman montre un Elton John qui se cherche tout au long de sa vie tout en peinant à être heureux malgré un succès fulgurant. Et ce n’est pas auprès de sa famille que l’équilibre s’arrange, son père se dressant comme un militaire froid et incapable d’exprimer le moindre sentiment (au point de le délaisser au profit de plus jeunes enfants eus avec une autre femme). Jouée par Bryce Dallas Howard (Terminator Renaissance, Jurassic World, Peter et Elliott le Dragon), sa mère respire quant à elle une certaine froideur à sa manière, avec ses airs aristocratiques et le mépris qu’elle dégage quand elle lui dit qu’on ne l’aimera jamais vraiment pour qui il est.

Le comble de l’excentricité…
Les risques de la célébrité !

À l’image de Bohemian Rhapsody, Rocketman baigne dans les chansons à la différence près que son interprète est encore en vie, et surtout que les acteurs du film interprètent bel et bien les compositions sans play-back. On dénombre plus d’une vingtaine de ses grands classiques, comme « Rocket Man » et « Sorry Seems to Be the Hardest Word », avant de finir en beauté par la très entraînante « I’m Still Standing » suivie d’une chanson inédite lors du générique de fin. Si on peut regretter l’absence de « Can You Feel The Love Tonight », les très nombreuses musiques font largement honneur à cet artiste de légende tout en accentuant son propos concernant les souffrances de la célébrité et du cocon familial étriqué.

Aladdin (2019) de Guy Ritchie

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Date de sortie : 22 mai 2019 (2h 09min)
Réalisateur : Guy Ritchie
Acteurs principaux : Mena Massoud, Naomi Scott, Will Smith, Marwan Kenzari
Genre : Aventure, fantastique
Nationalité : Américain
Compositeurs : Alan Menken et Nas Lukas

« Je vole, comme un aigle royal ! »

Dans la lignée des remakes live comme Le Livre de la Jungle et La Belle et la Bête, c’est au tour d’Aladdin de se voir de nouveau porté sur grand écran, sous l’objectif de Guy Ritchie (Arnaques, Crimes et Botanique, Snatch, Sherlock Holmes). S’il s’agit vraisemblablement d’un film de commande pour le réalisateur dont la patte artistique habituelle semble absente, la réalisation est de haute volée et promet une aventure d’une grande intensité. Fidèle au chef-d’œuvre d’origine, il s’en démarque toutefois par l’approfondissement de certaines thématiques, par un agencement différent des séquences déjà connues et par de nombreuses scènes inédites venant enrichir son univers. À commencer par l’introduction, l’histoire étant cette fois-ci racontée sur un bateau par un personnage qui semble être le génie, interprété par Will Smith (Men in Black, Je suis une Légende, Suicide Squad). La réinterprétation de la chanson « Nuits d’Arabie » par le talentueux Anthony Kavanagh annonce d’emblée l’intensité particulièrement forte dans laquelle baigne la narration.

« Une chance extraordinaire s’offre à toi. Je peux faire de toi un homme riche, assez riche pour conquérir une princesse. »

On retrouve la trame scénaristique du dessin animé d’origine avec le passage au marché, les toits, le palais, la Caverne aux Merveilles, la transformation en prince et la confrontation avec Jafar, joué par le charismatique Marwan Kenzari (Seven Sisters, Le Crime de l’Orient-Express, La Momie). Le film présente le scénario différemment et se plaît à jouer avec les connaissances des fans par des changements placés ici et là. Jasmine est par exemple présente au marché dès le début, et semble plus habituée à côtoyer les gens du peuple qu’à l’origine. Elle se lit alors très rapidement à Aladdin et l’accompagne partiellement dans sa fuite avec une interprétation de la chanson « Je vole » pas tout à fait aussi drôle et spectaculaire que dans le dessin animé, mais quand même très efficace dans sa mise en scène façon Prince of Persia. La chanson n’est cette fois-ci pas reprise une fois mais à deux occurrences, la seconde se situant peu avant le dernier acte, renforçant ainsi le background d’Aladdin dans sa remise en question quant à son souhait de devenir prince.

« Avance, mais ne touche qu’à la lampe ! »
Une relation toujours aussi touchante.

Les acteurs portent très bien leurs personnages, à commencer par Mena Massoud qui interprète un Aladdin crédible voire plus logique dans son évolution car pas aussi facilement sûr de lui dans les situations auxquelles il n’est pas habitué. Le passage le plus frappant à cet égard est sans nul doute celui où il se présente au sultan, suite à une reprise très intense de la chanson « Balkany Prince Ali » malgré un léger cassement de rythme au moment d’ouvrir les portes du palais. De manière bien plus solennelle que dans le dessin animé, et avec la présence directe de Jasmine, Aladdin enchaîne en effet de nombreuses bourdes quant à ses intentions et ses présents.

« Ô toi l’illustre qui m’as convoqué, je fais le serment de t’accorder trois souhaits. »

La présence du génie sous l’apparence d’un humain classique renforce leur complicité et apporte un humour particulier avec ses conseils qui tombent un à un à l’eau, au point qu’il affirme préférer retourner s’ennuyer dans la lampe plutôt que rester dans une situation pas vraiment à son avantage. Will Smith en fait un personnage convaincant, à la fois plus distant dans sa relation avec Aladdin mais aussi terriblement drôle et bien animé. S’il n’est pas aussi poignant que dans le dessin animé, le spectacle « Je suis ton meilleur ami » reste terriblement intense et inventif avec ses quelques paroles changeantes, et une fort sympathique version rap au début du générique final. Leur amitié ne part de rien tandis que le génie affirme considérer un maître comme un ami pour la première fois. Leur scène de désaccord a quelque chose de plus grave et sans humour, le génie allant jusqu’à lui soutenir qu’il lui a brisé le cœur. Le thème des fractures sociales est alors abordé lorsqu’Aladdin dénonce le fait que les gens comme lui n’obtiennent jamais rien sans aide extérieure.

Jasmine et sa servante, une amitié bienvenue.

Naomi Scott est très convaincante dans son rôle de Jasmine, en princesse affirmée et perspicace approfondissant le personnage au point de lui accorder une chanson en deux parties, pendant laquelle elle clame haut et fort son droit à la parole en tant que future souveraine, confirmant d’autant plus qu’elle n’est définitivement pas « le premier prix d’une tombola ». La nouvelle scène de la réception gourmande au palais insiste sur l’importance pour Aladdin de rester lui-même et sur le courage dont il doit faire preuve pour aborder Jasmine, le costume de prince ne faisant pas tout. La danse qui s’ensuit offre un spectacle intéressant et exploite l’humour du génie, qui s’amuse à contrôler les pas d’Aladdin avec une certaine excentricité. Personnage créé spécialement pour le film, Dalia est sa servante personnelle et forme avec Jasmine un duo amical qui la laisse moins seule. Mieux encore, le génie semble en pincer pour elle et se voit alors vivre une petite romance en parallèle de celle des deux personnages principaux, la chanson « Ce rêve bleu » étant évidemment présente.

Tout se passera pour le mieux…

Le sultan est quant à lui bien plus sérieux qu’à l’origine, pour mieux accentuer la gravité de la situation entre Jasmine qui se rebelle alors qu’il se fait vieux et Jafar qui complote dans son dos. Il a d’ailleurs suffisamment d’autorité pour lui rappeler quelle est sa place de second, renforçant ainsi son ambition de renverser le pouvoir. Le background obtient alors un volet davantage militaire : on apprend que Shérazade, déjà nommé par le génie dans le dessin animé au début de sa chanson, est en réalité un autre royaume avec lequel il serait bien de se rallier par un mariage afin d’éviter un éventuel futur conflit. Marwan Kenzari interprète brillamment le personnage froid et sombre que l’on connaît du haut de son imposant costume noir et de sa canne ensorceleuse. S’il n’apparaît pas déguisé en vieil homme dans le cachot, il noue directement un lien avec Aladdin en l’emmenant lui-même dans le désert pour lui parler de l’importance de viser haut. Un parallèle intéressant se dresse alors entre les deux personnages, Jafar affirmant n’être parti de rien en lui faisant subtilement comprendre qu’il était lui aussi qu’un voleur sans ressources.

Un antagoniste des plus réussis !

La gueule de tigre symbolisant l’entrée de la Caverne aux Merveilles est moins impressionnante au pied d’une montagne que cachée en plein désert, et il est dommage que le passage dans cette dernière soit aussi rapide malgré une certaine classe dans l’agencement du trésor et une ambiance dramatique bien présente. Les gardes sont également plus sérieux, notamment leur chef Hakim, bras droit du sultan qui va jusqu’à placer Jafar dans un cachot et même jusqu’à se retourner contre lui lorsque ce dernier a effectué son premier souhait. Son ascension vers le pouvoir prend davantage son temps et se veut en partie plus savoureuse, le souhait de devenir un sorcier n’intervenant cette fois-ci pas tout de suite après. Malgré un charisme digne des meilleurs antagonistes avec un costume désormais rouge, plus aucune chanson ne lui est réservée et sa transformation en serpent est aux abonnés absents (seule l’extrémité de sa canne s’anime deux ou trois fois), point sans doute le plus dommageable du film tellement le tout aurait pu être impressionnant à l’écran. On a tout de même droit à une course poursuite assez intense pendant laquelle les personnages se battent pour récupérer la lampe, avec un Iago ensorcelé ressemblant à un griffon. Impressionnant de bout en bout, Aladdin n’est certes pas aussi excellent que son modèle mais s’impose comme un remake live très inventif qui enrichit toujours plus cet univers du conte des Mille et une Nuits.

Batman & Les Tortues Ninja, de Jake Castonera

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Date de sortie : 19 juin 2019 (1h 27min)
Réalisateur : Jake Castonera
Doubleurs VO : Troy Baker, Eric Bauza, Darren Criss, Kyle Mooney, Baron Vaughn, Andrew Kishino
Genre : Animation, super-héros
Nationalité : Américain
Compositeur : Kevin Riepl

Parce que tu trouves que je ressemble à une chauve-souris !?

Après Gotham by Gaslight et Batman Ninja, DC continue les adaptations particulières de l’homme chauve-souris avec un cross-over faisant venir les Tortues Ninja à Gotham City. En effet, Shredder a créé une alliance avec Ra’s Al Ghul afin de contrôler à la fois le Foot Clan et la Ligue des Assassins, en échange du mutagène transformant les gens en animal mutant. Le mélange des univers commence d’emblée avec un combat solide entre Batman et Shredder, puis un affrontement un peu plus burlesque entre le Pingouin et les quatre tortues. Bien sombre et sérieux, le film est très réussi grâce à un scénario cohérent et une coopération efficace entre les deux groupes de justiciers, le premier contact entre Batman et les tortues donnant un avant-goût combatif très appréciable de leur future relation sur le terrain.

Une rencontre d’anthologie !

Le character design rappelle les Batman à l’ancienne (malgré la couleur bleue de sa cape), les méchants étant facilement reconnaissables et les tortues ayant chacune leur personnalité propre. Leonardo suit son rôle de leader et s’énerve vite, Raphael reste solitaire et fougueux, Michelangelo le petit blagueur touche-à-tout du groupe et Donatello le plus réfléchi malgré sa boîte crânienne moins large que celle les autres. Si on ne trouve que Baxter Stockman comme autre personnage des Tortues Ninja en plus des soldats classiques, ce sont bien les ennemis habituels de Batman qui sont mis en avant. Et d’une manière bien particulière puisque Ra’s Al Ghul utilise la folie du Joker pour qu’ils mutent tous en un animal particulier et sèment la terreur à Gotham.

Que seraient les tortues sans leurs pizzas dégoulinantes de fromage ?
Batman contre le sinistre Shredder !

Ainsi, on retrouve Mister Freeze en ours polaire, Bane en guépard, Poison Ivy en plante carnivore, l’Épouvantail en corbeau, Harley Queen en chienne et le Joker en cobra. Double-Face a quant à lui deux têtes de hyènes siamoises à la place du visage pour mieux accentuer son caractère schizophrène, et Batman devient même un instant une chauve-souris mutante à l’image de son alter-ego Manbat. Les combats sont musclés, très bien animés et la violence laisse couler quelques gouttes de sang et même passer quelques meurtres durant l’infiltration à l’asile. Si Batgirl est bien présente, on ne sait pas où est Nightwing et c’est Damian Wayne qui fait ici office de Robin. Un dessin animé rafraîchissant qui met brillamment en valeur les deux univers côte à côte !

Comme s’ils ne faisaient déjà pas assez peur avant…

Hook ou La Revanche du Capitaine Crochet, de Steven Spielberg

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Date de sortie : 11 décembre 1991 (États-Unis), 1er avril 1992 (France)
Réalisateur : Steven Spielberg
Acteurs principaux : Robin Williams, Dustin Hoffman, Bob Hoskins, Julia Roberts
Genre : Aventure
Nationalité : Américain
Compositeur : John Williams

Peter et sa famille.

Près de quarante ans après la popularisation de Peter Pan par Walt Disney, une suite intitulée Hook ou La Revanche du Capitaine Crochet et librement inspirée de l’œuvre de James Matthew Barrie paraît en film live sous l’objectif de Steven Spielberg (Les Dents de la Mer, Les Aventuriers de l’Arche Perdue, E.T. L’Extra-Terrestre). Interprété par Robin Williams (Popeye, Le Cercle des Poètes Disparus, Madame Doubtfire), Peter est devenu adulte, a fondé une famille, travaille comme avocat et semble avoir oublié ses aventures au Pays Imaginaire. Sous les traits de Dustin Hoffman (Papillon, Rain Man, Dick Tracy), le Capitaine Crochet se souvient quant à lui de tout et enlève les deux enfants de Peter pour le défier à nouveau. Alors que ce dernier était retourné à Londres, il retrouve sa chère Wendy, jouée par Maggie Smith (Othello, Le Choc des Titans, Sister Act), bien plus âgée que lui car ayant commencé à vieillir plus tôt.

L’emblématique Fée Clochette.
Les enfants perdus veulent s’assurer qu’il s’agit bien de Peter.

Hook est l’occasion de retrouver l’esprit bon enfant caractéristique du style de Spielberg, avec l’émotion ressentie lors des retrouvailles et la transposition de l’univers de Peter Pan en véritable film d’aventure ayant aussi bien enfants et adultes comme public cible. La rigidité de l’esprit adulte est ici remise en question avec un Peter Banning plutôt sévère qui nie avoir vécu de telles choses et qui demande à ses enfants de grandir lorsque ceux-ci s’amusent. Arrivé au Pays Imaginaire, il est mis à l’épreuve par les enfants perdus et commence petit à petit à avoir une pensée agréable pour voler de nouveau, aidé par la Fée Clochette sous les traits de Julia Roberts (Pretty Woman, L’Expérience Interdite).

Le succulent Monsieur Mouche !
Un Crochet mémorable.

Dustin Hoffman offre une interprétation mémorable du Capitaine Crochet grâce à un costume et un comique très fidèles à la version de Disney. Son entourage est enrichi par la présence de son bras droit, l’inoubliable Monsieur Mouche, pour un des meilleurs rôles de la carrière de Bob Hoskins (Othello, Brazil, Qui veut la Peau de Roger Rabbit ?). Si le crocodile ayant mangé sa main n’est pas présent et sans doute même mort, le clin d’œil est bien là avec la statue du même animal donc le museau tombe sur Crochet à la fin de la dernière bataille. Les musiques de John Williams, grand habitué des films du réalisateur, renforcent encore plus la dimension aventure et onirique de l’œuvre. Adulé dès sa sortie, Hook est très rapidement devenu un classique du genre et un des films préférés des enfants ayant grandi pendant les années 90.

 

Simetierre (2019) de Kevin Kölsch et Dennis Widmyer

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Date de sortie : 10 avril 2019 (1h 41min)
Réalisateurs : Kevin Kölsch et Dennis Widmyer
Acteurs principaux : Jason Clarke, Amy Seimetz, John Lithgow, Jeté Laurence
Genre : Épouvante
Nationalité : Américain
Compositeur : Christopher Young

Une famille tout ce qu’il y a de plus normal.

Remake du film adapté de Stephen King sorti trente ans plus tôt, Simetierre se contente de reprendre très classiquement le scénario impliquant la famille Creed dans des événements morbides autour d’un cimetière pour animaux ressuscitant ceux que l’on y enterre. Jason Clarke (Gatsby le Magnifique, Terminator Genisys, Enfant 44) y joue le rôle de Louis Creed, accompagné de sa femme Rachel, de ses deux jeunes enfants et de leur chat. Leur voisin Jud Crandall est cette fois-ci interprété par John Lithgow (Cliffhanger, La Planète des Singes Les Origines, Interstellar), personnage tout aussi étrange et inquiétant que dans le film de 1989.

De magnifiques jeux d’ombres et de lumières renforçant l’immersion.

Si, dans un premier temps, le film paraît bien trop similaire à son modèle, le remplacement de Gage par Ellie comme victime de la circulation change la donne pour la suite. Le tabou du retour à la vie est certes traité de façon similaire mais à travers la résurrection d’une petite fille en plus du chat. Les réalisateurs insistent davantage sur les actions horrifiques de cette dernière, qui rappelle certaines icônes de films d’épouvante comme L’Exorciste, Esther et Sinister. Les enfants munis de masques représentant des animaux sont cette fois-ci bien plus présents pour renforcer le sentiment de malaise via leur proximité affective avec l’animal mort. Très réussi, le gore participe à l’immersion générale, notamment avec le fantôme de l’étudiant Victor Pascow, complètement défiguré sur un côté du visage.

« Il y a quelque chose dans cette forêt, quelque chose qui fait revenir la vie. »
Les enfants au cœur de la mythologie des lieux…

Le background de Rachel Creed est étoffé concernant sa sœur malade qui hante encore ses nuits. Les flash-back la mettant en scène sont plus prenants et ses cauchemars insistent davantage sur la culpabilité qu’elle a d’avoir provoqué sa mort, notamment avec la séquence du monte-charge avec les mains sortant sur les côtés juste avant son visage, figure démoniaque non sans rappeler Sadako de la trilogie Ring. Le film vaut donc surtout pour sa deuxième moitié, les meurtres s’arrivant pas dans le même ordre et n’étant pas engendrés de la même manière. Sans parler de l’atmosphère morbide qui insiste jusqu’au bout tandis que la famille entière revient vers le pauvre petit Gage Creed alors enfermé dans la voiture par sécurité. Un remake convaincant !

« C’est complètement naturel, comme la mort est naturelle. »

 

Le Livre de la Jungle (1967) de Wolfgang Reitherman

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Date de sortie : 18 octobre 1967 (États-Unis), 4 décembre 1968 (France)
Réalisateur : Wolfgang Reitherman
Doubleurs français : Pascal Bressy, René Arrieu, Claude Bertrand, Jean Martinelli, Roger Carel, José Bartel
Genre : Animation
Nationalité : Américain
Compositeurs : George Bruns, Walter Sheets (orchestrations), Evelyn Kennedy (montage sonore), Terry Gilkyson, Richard M. Sherman et Robert B. Sherman (chansons)

Bagheera, la panthère mentor.

Inspiré du roman éponyme de Rudyard Kipling, Le Livre de la Jungle est un grand classique des longs métrages Disney datant de 1967, avec ses dessins crayonnés qui dégagent un fort cachet, que l’on retrouve chez d’autres disneys contemporains tels Merlin l’Enchanteur, Les Aristochats et Robin des Bois. L’histoire met en avant Mowgli, un petit garçon abandonné alors qu’il n’était encore qu’un bébé, recueilli par la panthère Bagheera et confié à une famille de loups qui va l’élever jusqu’à ce qu’il doive partir pour rejoindre un village humain dans la jungle afin d’échapper à Shere Khan, le tigre qui craint les hommes et leur capacité à faire du feu. Âgé d’environ sept ans, le « petit d’homme » est souple, téméraire et cherche à apprendre à se débrouiller tout seul car il se sent trop épaulé par Bagheera, c’est pourquoi il lui préfère rapidement l’ours Baloo, bien plus cool et moins sévère.

« La patrouille des éléphants s’achemine pesamment, la trompe en avant, les oreilles au vent… »
« Aie confiannnnnnnce, crois-en moi… »

Mowgli rencontre plusieurs autres animaux pendant son petit périple : la patrouille des éléphants dirigée par le colonel Hathi et dont son fils de la taille de Mowgli fait partie, le boa Kaa qui tente de l’hypnotiser pour le dévorer, le roi Louie et sa tribu de singes cherchant à devenir un homme (les primates étant souvent considérés comme étant l’espèce la plus proche de l’homme) et la troupe de vautours qui vont l’aider entre deux jets d’humour noir. S’il a pu vieillir au niveau du rythme qui peut parfois paraître lent, Le Livre de la Jungle regorge de qualités au niveau des personnages et de leurs attributions musicales. La chanson la plus connue, « Il en faut peu pour être heureux », respire la bonne humeur que Baloo transfère à Mowgli, ce dernier la reprendra même plus tard alors que Baloo aura pour une fois quelque chose de sérieux à lui dire, tout comme le duo Baloo Bagheera à la fin. « La Patrouille des Éléphants », également réitérée plus tard, met une bonne ambiance avec sa personnalisation de l’armée mais aussi une bonne dose d’humour avec leur dégaine, l’inspection des rangs du colonel et Mowgli qui les imite.

Un peu d’eau fraîche et de verdure…
« Je suis le roi de la danse, la jungle est à mes pieds. De la puissance je suis au plus haut, pourtant je dois vous envier ! »

Kaa est sans doute un des meilleurs personnages du Livre de la Jungle, une sorte de méchant qui n’en est pas vraiment un tant il fait rire avec sa voix de lupin zozotante, ses yeux ronds en spirale et la longueur de son corps, notamment quand il n’en finit plus de tomber de l’arbre et qu’il repart comme s’il était rouillé et avec un nœud à sa queue. Sa célèbre chanson « Aie Confiance ! » illustre parfaitement son écriture à la fois drôle et traîtresse, et le tigre Shere Khan utilise même la partie de son corps qui pendouille comme sonnette pour s’adresser à lui. Très bonne également, « Être un Homme comme Vous » chantée par le roi Louie respire tout le comique du personnage, accompagnée de la course poursuite qui s’ensuit pendant laquelle chaque personnage s’empare de Mowgli l’un après l’autre, avec Baloo qui se prend des coups et Louie qui exprime clairement sa nature définitivement animale en riant de ses chatouilles.

Shere Khan et ses arguments très persuasifs…

 

Les vautours annoncent l’incertain.

Bagheera et Shere Khan sont des personnages plus sérieux qui ne chantent que pour de petites reprises. Bagheera est un peu comme un père qui veille de loin sur Mowgli en faisant attention à ce que Baloo ne lui apprenne pas n’importe quoi ; c’est pourtant ce dernier que le petit d’homme appelle « Papa ours ». Il tire parfois une tête sérieuse suivie d’une plus narquoise quand il a une remarque à lui faire (animations reprises du personnage de Kay dans Merlin l’Enchanteur), et sa voix assez grave marque bien son rôle de mentor. Shere Khan est quant à lui un méchant classique tout ce qu’il y a de plus rusé et puissant, dont le charisme sera des années après repris pour Scar dans Le Roi Lion (tout comme Bagheera peut rappeler certains lions). Ses attaques contre Baloo sont d’ailleurs particulièrement violentes et tous doivent prêter main forte à Mowgli afin qu’il s’en sorte. Il parvient cependant un peu trop rapidement à en venir à bout en attachant une branche enflammée à sa queue.

Le feu, seul point faible du tigre.
« Ne t’occupe pas de ces créatures, elles attirent toujours les pires embêtements ! »

À côté de toutes ces chansons, il ne faut pas oublier l’élégie des vautours sur l’amitié, bien marquante pendant ce passage assez triste, ainsi que celle de la petite fille tout à la fin, très émouvante malgré le grotesque cliché que ses paroles décrivent tant sa voix est pleine de vie et de sincérité. Mowgli est alors déboussolé de voir un autre humain pour la première fois, qui plus est une fille, pour qui il semble avoir un certain coup de cœur bien qu’il hésite à aller la rejoindre, à la fois par peur et à cause de l’attachement qu’il a pour la jungle et ses compagnons. Beaucoup de richesse dans ce Livre de la Jungle, qui aura également été marqué par la mort de Walt Disney peu avant sa sortie. De loin un des meilleurs disneys de son époque !

Un duo emblématique !