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Emmanuel Delextrat

Emmanuel Delextrat
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Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j’ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La Soupe aux Choux, mais avec aussi de nombreux dessins animés comme les courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo, les longs métrages Disney avec Alice au Pays des Merveilles en tête, les animés japonais comme Sailor Moon et Dragon Ball Z ainsi que d’autres séries comme Batman et Tintin. Mes années 90 ont été bercées par les comédies avec Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête) ou d’autres films que j’adore comme Les Valeurs de la Famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à Tout Prix. C’est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par Casino Royale, Et Pour Quelques Dollars de Plus, Kill Bill ou encore Rambo. Collectionneur, j’attache de l’importance au matériel et j’ai réuni trois étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Et plus on découvre de nouveaux films, plus on se rend compte qu’il nous en reste en fait énormément à voir…

Ça – Il Est Revenu, de Tommy Lee Wallace

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Date de sortie : 18 novembre 1990 (3h 12min)
Réalisateur : Tommy Wallace
Acteurs principaux : Tim Curry, Annette O’Toole, Dennis Christopher, Richard Masur
Genre : Épouvante
Nationalité : Américain
Compositeur : Richard Bellis

Un clown dans les égouts, rien d’inhabituel…

Adapté du roman éponyme de Stephen King par Tommy Lee Wallace (Halloween 3, Vampire vous avez dit Vampire ? 2), Ça – Il Est Revenu fait partie de ces téléfilms cultes ayant marqué toute une génération pour sa créature provoquant l’effroi, le clown Grippe-Sou joliment interprété par Tim Curry (Legend, Cluedo, Maman j’ai Encore raté l’Avion). Diffusé en deux parties en 1990 puis trois ans plus tard sur M6, il raconte les mésaventures d’enfants victimes d’hallucinations provoquées par la créature des égouts afin de les attirer vers elle et de les dévorer. Le casting est assez sympathique et comporte notamment Annette O’Toole (Superman III, Smallville), Dennis Christopher (le superbe serial killer de Fondu au Noir), Richard Masur (The Thing, My Girl), John Ritter (Ben Healy dans Junior le Terrible 1 et 2) et Seth Green (Scott Denfer dans la trilogie Austin Powers).

Le fameux « Club des Ratés » !
Un costume terriblement kitsch !

Assez vieillot pour son époque voire ringardisé par la qualité d’adaptation de 2017, ce premier jet vaut quand même le coup pour le charme qu’il dégage et sa mise en scène réussie avec les nombreux flash-backs montrant l’enfance des protagonistes, que l’on voit aussi devenus adultes dès la première partie. Si la crédibilité de la grande peur que ressent le groupe d’adultes quand ils apprennent que le monstre est de retour peut laisser à désirer, la relation entre eux reste réussie et les apparitions de Pennywise sont assez variées et font leur petit effet avec son visage en plein écran et ses dents qui se plaisent à sortir de sa mâchoire.

Une esthétique gore peu présente mais suffisamment marquée.
Désormais adultes et à l’assaut de leur cauchemar !

Sa voix joviale et décalée offre un cachet certain, le doublage de Jacques Ciron (Alfred Pennyworth dans de nombreuses adaptations de Batman, le Chapelier Fou dans Alice au Pays des Merveilles) étant reconnaissable à des kilomètres. L’expression de la peur est assez correcte entre le suicide qui survient et les giclements de sang qui perdurent tout au long du scénario. L’action n’est pas vraiment valorisée et le rendu final de la créature est franchement laid, sans parler du simple coup de pschitt qui suffit défigurer son visage, mais cette adaptation de Ça reste terriblement culte pour la génération de coulrophobes qu’elle aura engendrée !

Le Roi Lion 2, de Darrell Rooney et Rob LaDuca

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Date de sortie : 27 octobre 1998 (États-Unis), 19 février 1999 (France)
Réalisateurs : Darrell Rooney et Rob LaDuca
Doubleurs principaux : Emmanuel Curtil, Aurélia Bruno, Cédric Dumond, Élizabeth Wiener
Genre : Animation
Nationalité : Américain
Compositeur : Nick Glennie-Smith

 

Rien n’est trop haut pour toi 
Tu vaincras si tu crois !

Retrouvez les héros là où nous les aviez laissés !

Tout comme Aladdin, Le Roi Lion a eu droit à une suite directement en vidéo quelques années après sa sortie. Dans la lignée de son prédécesseur, Le Roi Lion 2 débute par la naissance du futur souverain de la Terre des Lions, dévoilé aux animaux de la savane du haut du Rocher de la Fierté lors de la sympathique chanson d’introduction « Il Vit en Toi » (reprise par Tina Turner en début de générique de fin), insistant sur la présence de Mufasa dans le cœur de son fils. Et à la surprise de tous, Simba ne donne pas naissance à un fils mais à une fille du nom de Kiara (« princesse » en swahili), twist fort intéressant pour éviter que l’histoire ne se répète à l’identique. Fougueuse et aventurière comme son père au même âge, elle se plaît à échapper à la surveillance de Timon et Pumbaa en faisant ce qui lui plaît, sans spécialement rêver de devenir reine comme le montre la chanson « Nous Sommes Un ». Si Kelly Marot (VF de Jennifer Lawrence et de Sophie Turner, Kairi dans les jeux vidéo Kingdom Hearts) lui prête sa voix d’enfant, c’est Aurélia Bruno (Tagalong dans Robin des Bois, Penny dans Les Aventures de Bernard et Bianca) qui la double une fois adulte.

Rencontre avec un inconnu : le début des ennuis…
L’esprit diabolique de Zira a concocté un plan pour en finir avec Simba.

Nouvelle héroïne de la Terre des Lions, elle va connaître des mésaventures en s’éloignant un peu trop jusqu’à tomber nez à nez avec Kovu (« cicatrice » en swahili), un autre lionceau aussi rebelle que sa crinière est noire. Alors qu’ils s’amusent ensemble sans savoir qu’ils sont surveillés, leurs mères respectives surgissent des hautes herbes pour dévoiler un conflit dont on ignorait jusque-là l’existence. En effet, il se trouve que le lionceau est le fils adoptif de Scar, et que sa mère Zira (« haine » en swahili) a été bannie avec son troupeau de lionnes pour avoir jadis juré allégeance à ce dernier, qui n’est autre que son mari. Elle est notamment accompagnée de ses deux autres enfants : l’aîné Nuka (« puanteur » en swahili), maladroit et pas très malin au point d’en devenir comique, et sa jeune sœur Vitani (« bataille » en swahili) au visage aussi maléfique que celui de sa mère. En raison du décès de Madge Sinclair (la VF de Sarabi), survenu avant que la production du Roi Lion 2 n’ait commencé, la mère de Simba n’apparaît pas dans le film, tout comme Sarafina.

 

Trahison… disgrâce…
l’esprit du mal est gravé sur sa face !

 

Une posture mémorable !

Si le premier film s’inspire largement d’Hamlet de Shakespeare, c’est à Roméo et Juliette du même auteur que Le Roi Lion 2 fait écho. Il est en effet question de deux familles rivales, les habitants de la Terre des Lions et ceux des Terres Interdites. Et une fois devenus adultes, les deux protagonistes tombent amoureux l’un de l’autre malgré la haine opposant leurs familles respectives. Côté chansons, la qualité est clairement à la baisse : on retient tout de même la noirceur de Zira dans « Mon Chant d’Espoir », mais surtout l’amertume de « L’Un des Nôtres » pour le terrible rejet qui s’abat sur Kovu alors banni de la Terre des Lions, assez bien symbolisé par la vitesse du dézoom sur Simba regardant sévèrement vers l’écran du haut du Rocher du Lion. Restent la sympathique « À Upendi » pendant laquelle Rafiki chante joyeusement l’amour aux deux tourtereaux (reprise en deuxième partie de générique de fin par Wes Madiko), ainsi que la romance de « L’Amour nous Guidera ».

Ce n’est pas vraiment ce qu’on appelle le charisme incarné…

À l’instar des suites d’Aladdin, L’Honneur de la Tribu fait partie des meilleurs prolongements des classiques Disney mais tout en souffrant d’un manque de perfectionnisme, à commencer par une animation correcte mais bien éloignée de celle utilisée au cinéma. Si les nouveaux personnages sont bien en phase avec le scénario, ils manquent clairement de charisme comparés aux autres et notamment à Scar, en plus de tomber comme un cheveu sur la soupe étant donné qu’en toute cohérence, ils auraient dû être au moins mentionnés dans le premier film. Il est également dommage que Kiara et Kovu grandissent si vite, ils n’ont pas vraiment le temps d’être développés durant leur enfance. Enfin, le fait que Kovu ne soit pas mentionné comme le fils biologique de Scar pose question étant donné leur ressemblance, tandis que l’intérêt d’un parallèle avec la théorie supposant que Mufasa et Scar ne sont pas de véritables frères semble plus que limité. Un film agréable qui prolonge efficacement le plaisir !

Wedding Nightmare, de Tyler Gillett et Matt Bettinelli-Olpin

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Date de sortie : 28 août 2019 (1h 36min)
Réalisateurs : Tyler Gillett et Matt Bettinelli-Olpin
Acteurs principaux : Samaa Weaving, Adam Brody, Henry Czerny, Nicky Guadagni
Genre : Épouvante, comédie
Nationalité : Américain
Compositeur : Brian Tyler

Une si belle innocence…

Habitués aux films d’horreur avec V/H/S, The Baby et 666 Road, Tyler Gillett et Matt Bettinelli-Olpin de la team Radio Silence récidivent avec Wedding Nightmare, thriller décomplexé dans lequel une jeune mariée interprétée par Samara Weaving doit jouer à un jeu dit traditionnel pour être acceptée dans sa belle famille. Il a fallu qu’elle tombe sur « cache-cache » pour que la partie se transforme en une véritable chasse à l’homme (mais sans John Woo… ni Jean-Claude Van Damme), la tradition familiale disposant que si par le plus grand des hasard c’est ce jeu-là qui était tiré au sort, la nouvelle venue devait être traquée puis sacrifiée suite à un rituel avant l’aube, sans quoi la famille serait anéantie.

Une famille tout ce qu’il y a de plus normal…
Un terrain de jeu stimulant.

Non sans rappeler la saga American Nightmare, ce concept macabre rassemble sept membres familiaux (sans compter les enfants !) allant du bon père de famille un peu trop porté sur la religion au jeune marié qui ne sait plus ce qu’il doit faire, en passant par la vieille tante lugubre et le gendre qui cherche encore comment fonctionne son arbalète. Parmi les acteurs notables, on trouve Adam Brody (Mr & Mrs Smith, Scream 4, Shazam !), Henry Czerny (Mission Impossible, La Panthère Rose, L’Agence Tous Risques) et Nicky Guadagni (Cube, Silent Hill). Doté d’une narration des plus classiques et d’un scénario sympathique mais pas si original, le film se laisse regarder grâce à une bonne réalisation et à une intrigue proposant des scènes de tension efficaces.

Souvenez-vous bien que ce n’est qu’un jeu…
La blonde contre-attaque !

L’esthétique est fortement imprégnée par le gore, les meurtres s’enchaînant à vitesse grand V et les giclées de sang se veulent de plus en plus courantes, le tout étant saupoudré par de nombreux extraits de musiques classiques très fortement mis en avant parle compositeur Brian Tyler, déjà derrière la soundtrack du sympathique Escape Game. Assez grave et sérieux de base, le scénario se prend de moins en moins au sérieux et plonge dans la surenchère et l’absurdité totales sur la fin. S’il s’agit d’un style comme un autre avec une héroïne qui devient une véritable warrior maniant (presque) parfaitement les armes, il reste dommage de voir passer autant d’insultes en réaction à l’horreur vécue. Un pur divertissement tout à fait honnête !

Edward aux Mains d’Argent, de Tim Burton

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Date de sortie : 14 décembre 1990 (États-Unis), 10 avril 1991 (France)
Réalisateur : Tim Burton
Acteurs principaux : Johnny Depp, Winona Ryder, Dianne Wiest, Vincent Price
Genre : Comédie dramatique, fantastique
Nationalité : Américain
Compositeur : Danny Elfman

Une simple et unique vision du monde extérieur.

Entre ses deux Batman, Tim Burton revient sur un projet plus personnel avec une mélancolie fantastique très marqué. Premier rôle de Johnny Depp chez l’illustre réalisateur, qui l’a fait connaître au grand public six ans après son passage dans Les Griffes de la Nuit, Edward aux Mains d’Argent conte la triste histoire d’un être créé mais qui, n’ayant pu être terminé, a des cicatrices sur le visage et des lames de ciseaux en guise de mains. Alors qu’une représentante en cosmétiques entre dans son ténébreux manoir, elle perturbe son quotidien en l’emmenant dans le monde extérieur pour le faire vivre parmi les autres et exposer ses talents. Créature emblématique de l’imagination de Tim Burton, Edward arbore un regard et une posture torturé par la tristesse et la solitude, associant ainsi définitivement le réalisateur au mouvement gothique. Sa coiffure est inspirée par celle de Robert Smith du groupe The Cure, à qui Burton avait proposé d’écrire les musiques du film.

De bien jolis taillages dont seul Edward a le secret.
Main-d’œuvre jusqu’à l’intérieur d’une école.

Derrière le comique des nombreuses situations mettant Edward dans l’embarras se cachent en réalité les thèmes de l’exclusion et de la découverte de soi. Car si son talent pour la sculpture des feuillages fait l’unanimité, les maladresses provoquées par ses ciseaux et la moquerie des habitants vont le rendre difficilement adaptable à l’impitoyable vie en société. Si la dramaturgie met vraiment du temps à se mettre en place, le background du personnage se développe à travers des flashbacks mettant en scène son inventeur, interprété par le brillant Vincent Price, connu pour ses rôles dans des films horrifique comme L’Homme au Masque de Cire, La Mouche Noire, Vincent (le premier court métrage de Tim Burton) ainsi que le célèbre monologue de la chanson « Thriller » de Michael Jackson.

Un dernier rôle emblématique pour Vincent Price au cinéma.
L’inévitable coulée de sang au bout des lames…

Le personnage d’Edward sait se montrer très attachant lorsque ses premiers sentiments apparaissent à l’égard de la lycéenne Kim, interprétée par Winona Ryder (Beetlejuice, Dracula, Frankenweenie 2012), qui est la seule personne à réellement le traiter comme un humain et non comme une bête de foire. Les musiques de Danny Elfman, surtout présentes dans les premières et dernières minutes, subliment le pathétique et la fatalité du personnage, notamment provoqués par la violence qui survient vers la fin. À l’instar de futurs films comme Ed Wood, Big Fish ou encore Big Eyes, Edward aux Mains d’Argent se veut finalement être un film très particulier, avec une atmosphère glauque qui se traduit davantage par un univers réaliste mettant en avant le jugement des personnes que par une esthétique gothique et monstrueuse.

Anna, de Luc Besson

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Date de sortie : 10 juillet 2019 (1h 59min)
Réalisateur : Luc Besson
Acteurs principaux : Sasha Luss, Helen Mirren, Luke Evans, Cillian Murphy
Genre : Thriller, action
Nationalité : Américain
Compositeur : Éric Serra

Une vendeuse de poupées parfaitement inoffensive…

Thriller classique et efficace réalisé par Luc Besson (Le Dernier Combat, Malavita, DogMan), Anna met en scène la jeune Sasha Luss (déjà apparue dans Valérian) dans la peau d’une femme russe utilisée par le KGB pour toutes sortes de missions dans lesquelles elle joue le rôle de plusieurs personnages pour arriver à ses fins, d’où le parallèle avec les matriochkas, ces poupées russes qui s’emboîtent les unes dans les autres. Entre la vendeuse de poupées sur le marché russe, le top model parisien, la tueuse italienne et la fine joueuse d’échecs, Anna cache parfaitement son jeu pour se sortir de la spirale infernale dans laquelle on l’a embrigadée.

Le chef du KGB serait lui aussi un grand amateur d’échecs !
Quand la CIA s’en mêle de force…

D’abord formée par Alexander Tchenkov, interprété par Luke Evans (Dracula Untold, La Fille du Train, La Belle et la Bête), et sous les ordres de la très exigeante Olga sous les traits d’Helen Mirren (Benjamin Gates et le Livre des Secrets, Red, Casse-Noisette et les Quatre Royaumes), elle va peu à peu jouer à l’agent double en travaillant pour la CIA, dirigée par un personnage joué par le talentueux Cillian Murphy (Batman Begins, Sunshine, Inception). Après un Lucy controversé par ses véracités scientifiques douteuses, Besson parvient à quelque chose de plus simple en mettant en avant une nouvelle héroïne sans chercher à trop en faire.

L’espionnage nécessite toujours des relations utiles.
Une réalisation très propre.

La narration est agréable et claire tandis que l’intrigue est fort bien ficelée par des retours en arrière qui nous en apprennent davantage sur le passé. L’ambiance à risques des services secrets se fait bien ressentir avec une tension palpable et des scènes d’action dynamiques. Si la réalisation évite de s’éparpiller dans une mise en scène trop complexe, le jeu d’acteur suit le même cours en proposant des personnages classiques mais qui ont leur petit background pour les rendre intéressants. Non sans rappeler le très bon Red Sparrow, Anna est un réel bon film à la hauteur du savoir-faire de Luc Besson, Sasha Luss se montrant très convaincante avec ses airs de Léa Seydoux.

Batman (1989) de Tim Burton

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Date de sortie : 23 juin 1989 (États-Unis),
13 septembre 1989 (France)

Réalisateur : Tim Burton
Acteurs principaux : Michael Keaton, Jack Nicholson, Kim Basinger, Michael Gough
Genre : Super-héros, fantastique
Nationalité : Américain
Compositeur : Danny Elfman, Prince

Un monstre ailé terrorise…
vous n’avez encore rien vu !

Michael Keaton exquis de bout en bout !

Après le succès de Beetlejuice, Tim Burton obtient la réalisation d’un long métrage sur l’homme chauve-souris par Warner Bros, l’occasion d’utiliser sa fibre artistique afin de créer lui-même son interprétation de Batman, sa face cachée l’ayant toujours fasciné. C’est ainsi que naquit le premier film sérieux sur le personnage de Bob Kane, là où le long métrage et la série télévisée de 1966 faisaient passer le chevalier noir pour un véritable comique. Les comics des années 80 ayant enfin replacé Batman comme détective digne de ce nom, notamment avec des œuvres comme The Killing Joke et Year One, l’homme chauve-souris troque son costume bleu pour une imposante combinaison noire afin de mieux se fondre dans la nuit. Le scénario dépeint une Gotham City très sombre, ravagée par le crime et les gangsters, deux d’entre eux étant rapidement neutralisés par Batman sur les toits, ce dernier demandant même à ce qu’ils fassent la publicité de ses actes à leurs semblables, marquant d’emblée sa volonté d’être craint de tous. Doté d’un rythme renforçant l’intrigue d’une manière particulièrement efficace, le film a beaucoup marqué son époque et reste cultissime pour son esthétique sombre et malsaine, à tel point qu’il fut un temps classé parmi les films horrifiques. Il aura en outre créé le thème musical historique de Batman, dont seul Danny Elfman pouvait avoir le secret, popularisé le logo de la chauve-souris entouré d’un ovale jaune, ainsi que sa précieuse Batmobile.

La Batmobile, symbole de la puissance technologique de Batman.
Un regard sombre et glaçant d’une redouable efficacité !

Pour le rôle de Bruce Wayne, Burton reprend Michael Keaton après l’excellence de son interprétation sur Beetlejuice, la taciturnité du personnage apportant un contraste considérable avec l’excentricité du précédent. Le film comporte notamment Kim Basinger (Jamais Plus Jamais, Cool World, LA Confidential) dans le rôle de la journaliste Vicki Vale, Michael Gough (Le Cauchemar de Dracula, Le Fantôme de l’Opéra, Jules César) dans le rôle d’Alfred, Billy Dee Williams (Lando Calrissian dans L’Empire Contre-Attaque et Le Retour du Jedi) pour le procureur Harvey Dent, ainsi que Pat Hingle (Le Retour de l’Inspecteur Harry) dans le rôle du commissaire James Gordon. Mais c’est pourtant Jack Nicholson (Vol Au-Dessus d’un Nid de Coucou, Shining, Mars Attacks !) qui est cité en premier dans le casting pour mieux voler la vedette au justicier masqué avec son interprétation magistrale du gangster Jack Napier. La première partie du film est à ce sens très réussie grâce à son ambiance noire et malsaine mettant en concurrence plusieurs mafieux dont un infiltré dans la police. Nicholson joue particulièrement bien celui qui s’apprête à tomber dans une cuve d’acide avec son chapeau noir, ses regards ténébreux et ses cartes à jouer dont un magnifique plan dévoilant un Joker avec l’impact d’une balle. L’intrigue est intensivement ficelée en cherchant à ne dévoiler la véritable identité du méchant que bien plus tard pour mieux profiter de son personnage de base.

Une façon symbolique d’annoncer la couleur !

 

Je suis le premier artiste assassin au monde en parfait état de marche !

« Jack est mort mon ami : tu peux m’appeler… Joker ! »

Et c’est là le grand point fort du film, Nicholson exprimant parfaitement l’essence de la personnalité du Joker avec sa folie destructrice, qui le fait tirer sur un de ses hommes par simple vexation ou encore marteler violemment la gâchette car la mort vient bien trop vite avec une seule balle. Ses blagues pas drôles dont il est le seul à rire le rendent d’autant plus dangereux avec une poignée de main provoquant une décharge électrique (« On va faire des coups fumants, et une java du tonnerre ! »), une publicité pour les produits de beauté qui déforment les visages en leur donnant un sourire forcé, ainsi que des ballons en forme de clown remplis de gaz hilarant. Sa dangerosité mortelle laisse également place à un style très distingué, tel le lancer de plume en pleine gorge (« La plume est plus forte que l’épée ! ») en plein rassemblement. Le passage le plus exquis reste celui où il revient vers son ancien patron, filmé en train d’avancer doucement depuis le fond de l’écran avec le visage dans l’ombre laissant petit à petit apparaître sa face blanchie, alors que la tension laisse place au thème comique « Waltz to the death », complètement décalé avec le dramatique de la situation pour mieux aller de pair avec le sourire dérangé du Joker. Le comique de ses interventions est également valorisé par les compositions de Prince, ayant produit la motion picture soundtrack du film, avec la piste « Partyman » quand il défigure les peintures dans le restaurant ou encore « Trust » lorsqu’il attire la foule en jetant des billets en pleine rue.

« Il m’arrive aussi de ne pas très bien savoir, c’est quelque chose que je dois faire. »

La figure de Batman est également creusée à l’occasion, à commencer par son alter ego Bruce Wayne. Michael Keaton réussit brillamment à dépeindre le côté asocial (quand il suit discrètement Vicki et son collègue dans le manoir) et tourmenté du personnage (quand il confie sa double vie à Vicki), avec une touche tantôt tragique (la rose qu’il place dans la rue où sont morts ses parents), tantôt comique (le tête-à-tête pendant lequel ils sont assis bout à bout le long d’une table de plusieurs mètres, les obligeant à se lever pour se passer le sel). Batman passe quant à lui en premier lieu pour un ennemi, étant encore inconnu des policiers qui tentent parfois de lui tirer dessus, mais prouve au fil du film qu’il est bien là pour protéger la population et le confirme même en offrant le bat-signal à la ville pour marquer la séquence finale. Burton ayant osé modifier le scénario d’origine en faisant de Jack Napier l’assassin des parents de Bruce, ce dernier conserve une relation particulière avec lui et doit sans cesse se retenir de tuer pour respecter son éthique, le Joker accentuant son tourment avec son illustre réplique « N’as-tu jamais dansé avec le diable au clair de lune ? ».

« Gotham City… cette ville me donne toujours envie de sourire ! »

 

Le curé n’attend pas,
il faut être à l’heure à l’église !

« Je t’ai fait, mais toi tu m’as fait le premier. »

S’il y parvient tant bien que mal dans un premier temps, on remarque qu’il se débarrasse de pas mal de gangsters après cette douloureuse nouvelle. Il annonce même au Joker qu’il va le tuer lors d’une séquence d’anthologie suivant l’ascension de la cathédrale, dans un affrontement à l’ancienne où Vicki et lui-même doivent se cramponner pour résister à ses piétinements. La folie du personnage atteint son apogée avec de nombreuses blagues parsemées de son rire retentissantTu frapperais pas un type avec des lunettes quand même !! » lorsque Batman le cogne, « Qu’est-ce qui te fait rire toi !!? » en regardant la gargouille qui exprime tout sauf la joie, « Je lui ai donné la main !! » quand il piège Vicki en lui faisant croire qu’il veut l’aider à remonter en utilisant une fausse main), sans compter son dentier qui tombe et le poing qu’il s’éclate en voulant frapper Batman. La mise en scène est d’une redoutable efficacité et on aurait presque pitié du pauvre Joker, jusque-là toujours très sûr de lui, qui laisse pourtant transparaître un sacré désespoir sur son visage alors qu’il glisse petit à petit le long des barreaux de l’échelle ; mais ce qui ne l’empêche pas de garder le sourire une fois écrasé par terre, avec un petit rire automatique qui se déclenche.

Cultissime parmi les adaptations de Batman, l’œuvre de Tim Burton a su donner un nouveau souffle à la franchise grâce à l’interprétation sombre du justicier et au jeu d’une justesse rare de Jack Nicholson. Plusieurs adaptations verront le jour en jeux vidéo, notamment un jeu NES qui ne fera que s’inspirer du film, mais aussi une très sympathique version Game Boy et une version Mega Drive plus fidèle et aux graphismes affinés. Parallèlement au tournage du prochain film, c’est surtout la célèbre série animée de 1992 qui popularisera fortement Batman auprès des plus jeunes, avec un thème musical composé par Danny Elfman lui-même et de nombreux méchants de qualité dont un Joker tout juste exceptionnel doublé par le génialissime Pierre Hatet, connu pour la VF mythique de Christopher Lloyd. Un film d’anthologie qui connaîtra une suite exceptionnelle.

 

Aladdin et le Roi des Voleurs, de Tad Stones

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Date de sortie : 13 août 1996 (États-Unis),
7 novembre 1996 (France)

Réalisateurs : Tad Stones
Doubleurs principaux : Guillaume Lebon, Richard Darbois, Alain Dorval, Jacques Frantz, Magali Barney
Genre : Animation
Nationalité : Américain
Compositeurs : Carl Johnson et Mark Watters

Un rapprochement tant attendu !

Dernier volet de la trilogie Aladdin, Le Roi des Voleurs se déroule après l’éviction définitive de Jafar alors que le mariage entre Aladdin et Jasmine est sur le point de se concrétiser. De bien meilleure qualité que son prédécesseur, il puise de nouveau dans les contes des Mille et une Nuits en faisant intervenir une bande de quarante voleurs menée par un certain Cassim, qui n’est autre que le père d’Aladdin, que ce dernier croyait mort. Ne l’ayant jamais connu, il se retrouve embrigadé dans ses plans de trouver un trésor caché sur une île qui change régulièrement de place. La thématique de la relation père fils est alors bienvenue, Aladdin doutant de sa capacité à être un bon père une fois marié, n’ayant jamais connu de modèle familial. L’inspiration d’Ali Baba et les Quarante Voleurs ne s’arrête pas là avec un repaire accessible au pied d’une montagne en prononçant la formule « Sésame, ouvre-toi ! » ; de plus, le frère d’Ali Baba s’appelle aussi Cassim dans ce même conte.

Des personnages d’une grande finesse !
Des retrouvailles touchantes.

Techniquement, Aladdin et le Roi des Voleurs reste bien en deçà du premier film de la trilogie. On retrouve les mêmes soucis de couleurs que dans Le Retour de Jafar, Aladdin et Jasmine ayant pris un bronzage hors norme et les habits du sultan virant parfois au jaune foncé entre deux plans de la même scène. Les chansons vont du médiocre au correct en passant par la niaiserie : on retient surtout la sympathique introduction « C’est la fantasia à Agrabah » pendant laquelle le génie annonce la cérémonie du mariage, l’entraînante « Bienvenue aux quarante voleurs » alors qu’Aladdin prend la place de Sa’luk après l’avoir vaincu en face à face, ainsi que « Dites oui ou non » prononcée par ce dernier et une partie des voleurs en guide de vengeance. Si la voix française d’Aladdin n’est plus la même, les autres personnages conservent les mêmes et Sa’luk a l’honneur d’être doublé par Alain Dorval, déjà derrière Pat Hibulaire et Sylvester Stallone.

La grande épreuve !
« Il n’aurait pas la tête de l’ennemi public n°1 !? »

Le génie en fait de nouveau des tonnes en faisant référence à d’autres personnalités comme Vito Corleone du Parrain, Rocky Balboa, RoboCop, Elvis Presley et Forrest Gump. Il apparaît également sous les traits de nombreux personnages de l’univers Disney : on trouve ainsi Blanche-Neige, Cendrillon, la Fée Clochette, le Lapin Blanc d’Alice au Pays des Merveilles, Pocahontas et Pumbaa du Roi Lion. Les clins d’œil vont plus loin avec Mickey Mouse dans une parodie de Steamboat Willie, une apparition en Pluto et même une en Jasmine. Dans la première version du scénario, Aladdin devait retrouver son frère Mozenrath, présent dans la série télévisée. Mais le comédien qui lui prêtait sa voix n’ayant pas voulu reprendre son rôle, le réalisateur préféra se démarquer de la série en imaginant de nouveaux personnages comme Cassim et Sa’luk.

L’île de la Tortue.
Le prix de la cupidité.

Alternant action et dialogues, le scénario fonctionne et mène vers une aventure intéressante au cœur des trésors où la cupidité se paie avec la Main de Midas, qui transforme en or tout ce qui la touche, y compris un être humain. La trilogie se conclut d’une belle manière avec la réapparition du marchand chantant une dernière reprise de « Nuits d’Arabie ». Inventif de bout en bout, Aladdin aura su imposer un univers très riche donnant lieu à une série animée appréciable ainsi qu’à deux suites faisant partie des plus marquantes des classiques Disney malgré une qualité largement inférieure à celle de son modèle.

Pee-Wee’s Big Adventure, le 1er film de Tim Burton

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Date de sortie : 9 août 1985 (États-Unis),
3 juin 1987 (France)

Réalisateur : Tim Burton
Acteurs principaux : Paul Reubens, Elizabeth Daily, Mark Holton, Diane Salinger
Genre : Comédie
Nationalité : Américain
Compositeur : Danny Elfman

Premier film de Tim Burton après des courts métrages comme Doctor of Doom, Vincent et Frankenweenie, Pee-Wee’s Big Adventure raconte une nouvelle histoire du célèbre personnage que Paul Reubens interprétait dans ses spectacles. Adulte d’apparence mais très enfant dans sa tête, il va vivre des mésaventures en voulant absolument récupérer sa bicyclette rouge, volée par un méchant voisin de quartier. Complètement barré, le film nous emmène dans des situations de plus en plus burlesques avec des gags qui arrivent de très loin : un accident au ralenti suite à des panneaux indiquant des virages au fléchage impossible, Pee-Wee qui se sort d’une mauvaise situation avec des motards en dansant dans un bar sur la musique « Tequila de The Champs », des courses-poursuites ridicules avec un Bud Spencer du pauvre parce qu’il avait passé du temps avec sa fiancée Simone qui rêve de voyager à Paris, tout y passe !

L’humour très à l’ancienne est axé sur des bruitages, une VF très drôle et aiguë pour le personnage principal et des situations cartoonesques comme le coup du panneau qui fait croire que la route continue, ou encore les yeux seuls qui restent visibles dans le noir. Si cet humour très cru reviendra plus tard chez Burton dans des films comme Mars Attacks, on trouve quelques passages qui parviennent à provoquer une certaine peur avec cet acharnement de l’entourage sur l’individu. Danny Elfman imprègne brillamment le film d’une bande originale comique avec des pistes rappelant des musiques de cirque. À noter que Paul Reubens et Diane Salinger se retrouveront au tout début du futur Batman Returns pour interpréter les parents d’un personnage torturé qui deviendra un des antagonistes les plus marquants de l’histoire. Un bon film dont le succès aura permis à Tim Burton de se lancer dans le cinéma avec des films comme Beetlejuice, Batman et Edward aux Mains d’Argent.

Le Retour de Jafar, de Toby Shelton, Tad Stones et Alan Zaslove

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Date de sortie : 20 mai 1994 (États-Unis), 4 mai 1995 (France)
Réalisateurs : Toby Shelton, Tad Stones et Alan Zaslove
Doubleurs principaux : Paolo Domingo, Richard Darbois, Féodor Atkine, Magali Barney
Genre : Animation
Nationalité : Américain
Compositeur : Mark Watters

De nouvelles aventures dans la joie et la bonne humeur !

Deux ans après le phénomène Aladdin, Le Retour de Jafar marque la première tentative des studios Disney dans l’exploitation de créer des suites pour ses « Grands Classiques ». S’il ne s’agit pourtant pas de la première suite en tant que telle (Bernard et Bianca ayant sorti un deuxième épisode de grande qualité peu avant), c’est bien le tout premier long métrage à sortir directement en vidéo (VHS à l’époque) sans passer par la case cinéma : c’est la raison pour laquelle il n’est affublé que d’un simple « Classique ». Le scénario se déroule un an plus tard, alors qu’Aladdin est installé au palais avec Jasmine, mais remet régulièrement ses habits de mendiant pour déjouer les coups montés de malfrats cherchant à dérober des richesses. C’est de cette manière qu’il arrête la bande d’Abis Mal, un piètre voleur qui va malgré lui obtenir une certaine importance. L’univers arabique est bien respecté entre la ville et le désert, toujours renforcé par une reprise de la chanson d’introduction « Nuits d’Arabie » qui nous plonge une nouvelle fois dans cette ambiance emplie de mystère.

Un duo de méchants de choc !
C’est là qu’on voit que la direction artistique en a vraiment pris un coup…

Une des principales nouveautés réside dans la figure de Iago, qui commence à se lasser de toujours avoir à suivre les ordres de Jafar et semble vouloir prendre son indépendance comme il le met si bien en avant dans sa chanson « Je prends soin de ma vie ». De retour au palais, il va alors sympathiser avec Aladdin et ses amis, toujours avec cette arrière-pensée de se servir de leur confiance pour mieux aider Jafar à revenir. Ce dernier est accidentellement libéré par Abis Mal, qui malgré lui prend une certaine importance en lui permettant de revenir se venger à Agrabah. Malgré un synopsis vraiment intéressant, le film peine à convaincre en annonçant ce qu’allait être les nombreuses suites de grands classiques à venir. En effet, l’animation est clairement au rabais et les doublages, pourtant assurés par les mêmes personnes, ne sont pas du tout aussi soignés. Les couleurs changent aussi trop souvent de teint, notamment les vêtements du sultan deviennent presque roses lors d’une scène. La quête d’identité d’Aladdin continue alors que le sultan lui propose de devenir son nouveau grand vizir, rôle qu’il ne pourra pas accepter. Le génie effectue son retour et remet un peu de joie et d’animation dans ce scénario qui manque de punch, ses gags n’étant plus aussi drôles et sa seule référence notable concernant le personnage de Rambo.

« Ta folie des grandeurs n’est pas à la hauteur, tu n’es qu’un amateur ! »

Sa petite confrontation face à Jafar sous forme de génie reste toutefois amusante : si les chansons du film sont clairement anecdotiques, le pastiche  « Tu n’es qu’un amateur » sait se montrer drôle et sympathique. Malgré une certaine prestance et une forme de génie imposante, Jafar perd toutefois fortement en charisme avec ses vêtements devenus rouges et ses animations bien plus grossières. Sa possibilité de prendre la forme de qui il souhaite aurait pu le rendre plus intéressant si la séquence où il pique une crise de trahison à Aladdin en se faisant passer pour Jasmine n’avait pas été aussi cliché et surjouée. Le plus astucieux reste le rôle de Iago lors de l’affrontement contre un Jafar tout puissant, durant lequel il projette lui-même la lampe dans la lave pour l’achever. Au détour de sa qualité générale relativement moyenne, Le Retour de Jafar a essentiellement marqué pour son statut de première suite directe honorable de l’histoire de Disney. Il a surtout servi d’épisode pilote pour la série animée Aladdin, racontant par la suite plusieurs petites histoires mettant en scène les personnages connus, accompagnés de Iago et avec un Jafar enfin terrassé.

« Un génie ne peut tuer personne, mais il peut t’en faire voir des vertes et des pas mûres ! »

Batman Silence, de Justin Copeland

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Date de sortie : 21 août 2019 (1h 22min)
Réalisateur : Justin Copeland
Comédiens de doublage : Emmanuel Jacomy, Françoise Cadol, Jean-François Lescurat, Kelvine Dumour
Genre : Animation, super-héros
Nationalité : Américain
Compositeur : Frederik Wiedmann

« Eh bien ça alors pour une surprise : Bruce Wayne dans une soirée de gala ! »

Adapté de la série de comics de Jeph Loeb et Jim Lee, Batman Silence place le chevalier noir au cœur d’un complot faisant intervenir une grande partie de ses ennemis principaux. Alors qu’il part secourir un enfant enlevé par Bane bien que ce soit inhabituel dans le mode opératoire de ce dernier, il chute lourdement suite au tir bien placé d’un mystérieux personnage et se retrouve à l’hôpital entre les mains du docteur Thomas Eliott, un ami d’enfance qui ne semble pas tout à fait innocent dans l’affaire. L’essentiel de l’intrigue se concentre autour de la traque de celui qui tire les ficelles pour anéantir Batman, plusieurs antagonistes se faisant manipulés un par un afin de faire croire à un stratagème. La direction artistique renoue avec un style à l’ancienne, notamment pour le costume d’Harley Quinn qui retrouve son costume de la série animée de 1992 ainsi que la VF succulente de Kelvine Dumour.

« Silence, Batman. Silence… »
« C’est ta couleur préférée, si je ne m’abuse. »

Entre Poison Ivy qui tente de charmer Catwoman, Batman qui défonce le Joker sans preuve qu’il ait tué qui que ce soit (mettant ainsi lourdement à l’épreuve son code d’honneur), Nygma qui attaque en pleine rue et l’Épouvantail qui sème la terreur en plein cimetière, le panel est d’autant plus large que des séquences d’action avec d’autres méchants sont résumées en quelques images. La présence de Nightwing et de courtes apparitions comme celles de Batgirl et de Shiva Al Ghul renforcent davantage l’ampleur des mystérieux événements qui sévissent à Gotham. Et d’ailleurs pas que, car Bruce se rend un instant à Metropolis afin d’avertir Superman de ce qui se trame, donnant ensuite lieu à une séquence d’action assez intéressante.

« Arrête-moi si tu la connais : deux types entrent dans un bar… »
« Ça fait si longtemps qu’on se tourne autour. Est-ce que tu n’es pas un peu… curieux ? »

L’autre pan du scénario concerne la romance entre Batman et Catwoman. Selina est en effet de retour après un bon moment d’absence et les deux personnages semblent plus que d’habitude dans l’idée de concrétiser quelque chose ensemble, en témoignent les étreintes et autres baisers qui les relient. Allant jusqu’à lui révéler son identité secrète, Bruce fait alors équipe avec elle pour démasquer cet étrange homme au visage couvert de bandes. L’intrigue se révèle alors pleine de rebondissements avec une identité d’antagoniste inattendue et des séquences d’action poignantes et sanglantes mettant une nouvelle fois Batman au défi de ne laisser mourir personne. Différent du comics sur plusieurs points, ce Batman Silence reste dans la lignée des adaptations vidéo de très bonne facture !

« Un jour, peut-être… mais pas aujourd’hui. »