Sortie 6 mai 2026 en salle
Durée 1h 37min
Genre Action, Thriller
Titre Original Fuze
De David Mackenzie
Avec Aaron Taylor-Johnson, Theo James, Gugu Mbatha-Raw
Titre original Fuze
Nationalité Royaume-Uni
Musique
Synopsis
La découverte...
Depuis 2023
Format 60 min
Genre Action, Aventure, Science Fiction
Créée par Chris Black, Matt Fraction
Avec Anna Sawai, Kiersey Clemons, Ren Watabe
Nationalités U.S.A., Japon
Musique Leopold Ross
Synopsis
Le destin...
Sortie 28 août 2026 sur Netflix
Durée 1h 51min
Genre Thriller
Titre original The Whisper Man
De James Ashcroft
Avec Robert De Niro, Michelle Monaghan, Adam Scott
Nationalité Etats-Unis
Musique Colin...
Date de sortie : 14 septembre 2001 (Japon), 18 novembre 2001 (Amérique du Nord), 3 mai 2002 (Europe)
Fabricant : Nintendo
Concepteur : Ashida Kenichiro
Génération de...
Sortie 6 mai 2026 en salle
Durée 1h 37min
Genre Action, Thriller
Titre Original Fuze
De David Mackenzie
Avec Aaron Taylor-Johnson, Theo James, Gugu Mbatha-Raw
Titre original Fuze
Nationalité Royaume-Uni
Musique
Synopsis
La découverte...
Depuis 2023
Format 60 min
Genre Action, Aventure, Science Fiction
Créée par Chris Black, Matt Fraction
Avec Anna Sawai, Kiersey Clemons, Ren Watabe
Nationalités U.S.A., Japon
Musique Leopold Ross
Synopsis
Le destin...
Sortie 28 août 2026 sur Netflix
Durée 1h 51min
Genre Thriller
Titre original The Whisper Man
De James Ashcroft
Avec Robert De Niro, Michelle Monaghan, Adam Scott
Nationalité Etats-Unis
Musique Colin...
Date de sortie : 14 septembre 2001 (Japon), 18 novembre 2001 (Amérique du Nord), 3 mai 2002 (Europe)
Fabricant : Nintendo
Concepteur : Ashida Kenichiro
Génération de...
Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j’ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La Soupe aux Choux, mais avec aussi de nombreux dessins animés comme les courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo, les longs métrages Disney avec Alice au Pays des Merveilles en tête, les animés japonais comme Sailor Moon et Dragon Ball Z ainsi que d’autres séries comme Batman et Tintin. Mes années 90 ont été bercées par les comédies avec Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête) ou d’autres films que j’adore comme Les Valeurs de la Famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à Tout Prix. C’est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par Casino Royale, Et Pour Quelques Dollars de Plus, Kill Bill ou encore Rambo. Collectionneur, j’attache de l’importance au matériel et j’ai réuni trois étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Et plus on découvre de nouveaux films, plus on se rend compte qu’il nous en reste en fait énormément à voir…
Date de sortie : 4 mars 2020 (1h 49min) Réalisateur : Gabriel Le Bomin Acteurs principaux : Lambert Wilson, Isabelle Carré Genre : Biopic, historique Nationalité : Français Compositeur : Romain Trouillet
L’histoire fait les hommes, certains hommes font l’histoire
« En ces heures douloureuses, c’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat… »
À la suite de moult documentaires, séries et téléfilms, Charles De Gaulle voit sa première adaptation au cinéma sous les traits de Lambert Wilson (Colette, une Femme Libre, Catwoman, Des Hommes et des Dieux). Très ciblé, le film se concentre sur les mois de mai et juin 1940, alors que Paris est sur le point de céder face à l’Allemagne nazie. Confronté au défaitisme du gouvernement français (« Il est l’heure, sans honte et sans déshonneur, de reconnaître notre défaite. »), De Gaulle doit trouver le moyen de sauver la France de l’horrible menace qui l’attend. Le film met alors en scène plusieurs personnages historiques avec des acteurs arborant un certain charisme dans leurs interprétations accompagnées de répliques poignantes, à commencer par Paul Reynaud, joué par Olivier Gourmet (Coluche, l’Histoire d’un Mec, Mesrine L’Ennemi Public n°1, Edmond), partagé entre le combat et la reddition (« Je ne vous permets pas, De Gaulle !! »).
Le célèbre Conseil de Guerre de mai 1940, plaçant Charles De Gaulle, Paul Reynaud et Phillipe Pétain autour d’une même table.La famille De Gaulle en exil.
Lors d’un conseil de guerre, passage-clé du scénario, le maréchal Pétain est présent mais plutôt effacé, et régulièrement présenté comme assoiffé de pouvoir. Rejoignant Londres, De Gaulle tente un accord avec le premier ministre Winston Churchill, interprété par un Tim Hudson convaincant, dans le but de remotiver les Français par le biais de la BBC, sur un large plan valorisant les deux hommes. Le film est également l’occasion d’en apprendre davantage sur les enfants et la femme du général. Jouée par Isabelle Carré (Les Enfants du Marais, Respire), Yvonne De Gaulle doit s’exiler pour échapper aux Allemands et tenter de rejoindre son mari en Angleterre. Correctement interprétée, elle reste cependant assez timide, témoignant en partie du manque d’envergure de la narration.
Un Churchill poignant, fidèle au personnage historique.Condamné à mort pour son opposition à l’armistice, De Gaulle met tout en oeuvre pour déployer la Résistance.
Si les décors et les costumes sont bien reconstitués dans une réalisation offrant des passages solides comme le plan-séquence durant lequel De Gaulle traverse un champ de bataille avec le conflit en fond, la violence des situations n’est pas suffisamment marquée et les personnages auraient mérité d’être davantage mis en valeur. Pour autant, Lambert Wilson interprète un De Gaulle avec une poigne de fer à sa hauteur, entre déterminisme (« Quoi que nous fassions, cette guerre sera mondiale, décidons de continuer le combat ailleurs. »), remise en question (« Je suis surtout un homme qui a tout quitté : son pays, ses fonctions, et qui a laissé sa famille dans un pays à feu et à sang. ») et rejet du nouveau pouvoir en place (« Vous êtes dégradé et déchu de la nationalité française. »). Le célèbre appel du 18 juin 1940 marque le dernier acte du long métrage, dont l’intérêt réside essentiellement dans le choix de la courte période qu’il traite et dans les quelques bons passages qu’il en retire.
« Les mots, ce sont les seules armes qu’il me reste… »
Date de sortie : 4 mars 2000 (Japon), 26 octobre 2000 (Amérique du Nord), 24 novembre 2000 (Europe) Fabricant : Sony Concepteur : Ken Kutaragi
Génération de console : Sixième Nationalité : Japonaise Unités vendues : 157,68 millions
Fin de production : 4 janvier 2013
À mon super pote Clément « Alberto Rodriguez » Foursans, dont la passion pour cette console ne s’est jamais altérée au point de s’en acheter une de couleur rose !
Une console plébiscitée par tous
Un line-up varié cherchant toujours à attirer le plus grand nombre.
Il y a 25 ans, une des consoles les plus attendues de tous les temps s’apprêtaient à envahir le marché japonais. Après le raz-de-marée PlayStation dans la seconde moitié des années 1990, dire que les gamers n’avaient d’yeux que pour la deuxième du nom relève d’un doux euphémisme. Rétrocompatible avec l’intégralité des jeux PlayStation et pourvue d’un lecteur DVD qui popularise fortement ce format à une époque où la VHS règne encore en maître, la PlayStation 2 possède alors des arguments de vente qui défient toute concurrence. Un sentiment de modernité renforcé par l’agrandissement de la taille des boîtes et des notices, impressionnantes en plus de gagner en solidité par rapport à leurs homologues PlayStation. Sortie le 4 mars 2000 au Japon pour le prix de 39 800 yens, elle trouve déjà un million de preneurs durant ses premiers jours suite à une campagne agressive de Sony qui octroie un coup de grâce symbolique à la Dreamcast de Sega.
Pourvu d’une dizaine de jeux, le line-up appelle à la variété tout en poursuivant la tradition des démarrages PlayStation avec le jeu de course Ridge Racer V, le jeu de stratégie en temps réel Kessen, la simulation d’entreprise ferroviaire A-Train 6 et Eternal Ring, RPG de FromSoftware en vue à la première personne tentant de moderniser la formule des King’s Field. De son côté, Street Fighter EX 3 ne propose aucun nouveau personnage en dehors d’un avatar dont on peut personnaliser les coups mais propose plusieurs modes de jeux intéressants en plus d’un upgrade graphique appréciable. Le lancement est complété par cinq autres titres restés exclusifs au Japon : les jeux de rythme DrumMania (issu de l’Arcade avec manette en forme de batterie) et Stepping Selection ainsi que les jeux de Mahjong Kakinoki Shogi IV, Mahjong Taikai III et Morita Shogi.
L’année 2000 se poursuit sur PlayStation 2 avec plusieurs jeux de sport comme Swing Away Golf, Go Go Golf, Sky Surfer, Surfing H3O, un nouvel International Superstar Soccer et surtout ESPN International Track & Field, ultime épisode de cette époque qui innove avec des disciplines comme le tir à la carabine et la gymnastique rythmique. Les premiers jeux de courses sont représentés par Driving Emotion Type-S, Wild Wild Racing et MotoGP tandis que les shoot’em up subsistent encore avec la compilation Gradius III & IV et Silpheed The Lost Planet, codéveloppé par Treasure. Les RPG ne sont pas en reste avec Ephemeral Fantasia, Orphen L’Héritier des Sorciers, l’Action-RPG EverGrace de FromSoftware, le jeu de stratégie au tour par tour Romance of the Three Kingdoms VII et le war game Ring of Red de Konami.
Les jeux de tir mécha sont quant à eux représentés par Armored Core 2 et Gungriffon Blaze, là où X-Squad échoue lamentablement à s’inscrire dans la lignée des Syphon Filter. Tandis que Dead or Alive 2 est porté sur PlayStation 2 un mois après la Dreamcast, le jeu de combat Fighting Fury adapté du manga Baki se fait rapidement oublier et Tekken Tag Tournament surpasse de loin la version Arcade avec des graphismes fortement rehaussés, le boss Unknown déblocable et de nombreux modes comme le un contre un, le Team Battle et le Tekken Bowl, jeu de bowling dans lequel on peut apercevoir le docteur Boskonovitch.
Outre la simulation de feu d’artifice Fantavision et le jeu de bataille de véhicules de construction Battle Construction Vehicles, Dynasty Warriors passe du jeu de combat au musou pour son deuxième épisode, Super Bust-A-Move continue de faire perdurer le genre du puzzle-game et IQ Remix+ Intelligent Qube s’impose comme suite de Kurushi. En attendant la sortie occidentale, la PlayStation 2 continue d’accumuler des jeux exclusifs au Japon avec les visual novels Scandal et Love Story, les jeux de rythme Rock’n Megastage et KeyboardMania ainsi que les jeux de sport FIFA Soccer World Championship, All Star Pro-Wrestling et Jikkyou Powerful Pro Yakyuu 7. Si Hræsvelgr s’inscrit dans la droite lignée de WipEout, Bikkuri Mouse constitue un jeu de dessin avec graphismes colorés rappelant PaRappa the Rapper.
La PlayStation 2 arrive en Occident
Des nouveautés pertinentes qui arrivent tout pile pour le lancement américain.
Le 26 octobre 2000, c’est au tour de l’Amérique du Nord de profiter de la PlayStation 2 pour le prix de 299 dollars. Pourvu de vingt-neuf jeu, le line-up comporte une majorité de titres déjà au Japon comprenant Eternal Ring, Kessen, Ridge Racer V, Street Fighter EX 3, Armored Core 2, Dead or Alive 2, Dynasty Warriors 2, ESPN International Track and Field, Evergrace, Fantavision, Gungriffon Blaze, MotoGP, Orphen L’Héritier des Sorciers, Q-Ball Billiards Master, Swing Away Golf, Tekken Tag Tournament, Wild Wild Racing et X-Squad. Onze autres paraissent alors à l’occasion du lancement, notamment des jeux de sport comme ESPN Winter X Games Snowboarding, Madden NFL 2001, NHL 2001, Ready 2 Rumble Boxing Round 2 et surtout SSX, qui ringardise rapidement la saga Cool Boarders grâce à sa jouabilité largement assouplie, une bonne sensation de vitesse et un rendu graphique autrement plus réaliste.
On trouve également les jeux de course Midnight Club Street Racing et Smuggler’s Run, un portage du jeu de sniper Silent Scope, le jeu de rôle Summoner, un portage du FPS Unreal Tournament qui permet enfin de faire des deathmatches en solo face à des bots ainsi que TimeSplitters, un sympathique FPS dans un univers futuriste et loufoque. Le 24 novembre 2000, la PlayStation 2 arrive enfin en Europe au prix de 2990 francs, avec un line-up de quinze jeux comprenant Ridge Racer V, Dynasty Warriors 2, Fantavision, International Superstar Soccer, Orphen L’Héritier des Sorciers, Tekken Tag Tournament, Wild Wild Racing, Midnight Club Street Racing, NHL 2001, Ready 2 Rumble Boxing Round 2, Silent Scope, Smuggler’s Run, SSX, TimeSplitters et FIFA 2001.
La PlayStation 2 termine l’année 2000 avec le jeu de plates-formes Donald Duck Quack Attack, la simulation de combats au sabre Kengo Master of Bushido, jeu d’action de Konami 7 Blades et le jeu de snowboard Cool Boarders Code Alien. Parmi les RPG de fin d’année se trouvent Rhapsody III Memories of Marl Kingdom ainsi que Dark Cloud par Level-5, dont la reconstruction du monde en parcourant des donjons rappelle fortement le Soul Blazer de la Super Nintendo. En outre, DreamFactory s’inspire des univers des Final Fantasy VII et VIII pour The Bouncer, beat’em up 3D dans lequel le joueur peut à tour de rôle incarner trois personnages aux coups spéciaux évolutifs. Un titre assez rapide dont les cinématiques dépassent le faible temps de jeu !
Une machine au catalogue gargantuesque
Si je ne devais garder que dix jeux sur la machine, ce serait très certainement ceux-là.
Ce n’est qu’en 2001 que la PlayStation 2 commence à montrer ce qu’elle a dans le ventre avec des jeux très attendus comme l’excellent Onimusha, jeu d’action basé sur le gameplay de Resident Evil se déroulant dans le Japon féodal, ou encore le cinglant Devil May Cry, précurseur du beat’em up moderne. Citons aussi le portage PC du TPS Max Payne largement inspiré des ralentis de Matrix, ainsi que le FPS Red Faction dans lequel il est possible de créer des tunnels en explosant les décors, du jamais vu en ce début de XXIème siècle. Les survivals horror se multiplient en commençant par un portage de Resident EvilCode Veronica, pépite de choix dans le règne des survivals horror aux côtés de l’enivrant Silent Hill 2, souvent considéré comme le meilleur de la saga.
Les RPG continuent de s’installer avec l’édifiant Shadow Hearts et un deuxième Jade Cocoon, à qui l’absence de traduction française a pu faire de l’ombre. Parallèlement, d’autres jeux tentent de se démarquer en vain, comme le médiocre Project Eden et le survival horror du pauvre Extermination à la jaquette pourtant flamboyante. Konami commence à sortir son épingle du jeu avec l’intrigant jeu de recherche Shadow of Memories et surtout Zone of the Enders, dont l’univers mécha est développé par Hideo Kojima, papa de la saga Metal Gear.
La longévité de la PlayStation 2 est telle que de très nombreux classiques sortent durant plusieurs années : on peut citer pêle-mêle les mythiques Metal Gear Solid 2 et 3, Tenchu La Colère Divine, les portages des Hitman et des Splinter Cell, Final Fantasy X et XII, Kingdom Hearts, Dragon Quest L’Odyssée du Roi Maudit, God of War I et II, SouCalibur II et III, Capcom versus SNK 2, les Dragon Ball Z Budokai, Grand Theft Auto III et ses héritiers, Jak & Daxter, Ratchet & Clank, Okami, Ico, Shadow of the Colossus, …
Les efforts de la GameCube de Nintendo et de la Xbox de Microsoft, pourtant bien plus performantes, n’ont jamais pu détrôner le leadership de Sony, dont la PlayStation 2 possède la ludothèque la plus impressionnante de l’histoire des consoles. Alors que la Xbox 360 débarque en 2005 et la Wiien 2006, la machine de Sony continue de se vendre par palettes et sort des jeux intéressants en Europe jusqu’en 2010, avec une retraite symbolisable par l’arrivée de Silent Hill Shattered Memories, même si des licences comme FIFA continuent à être éditées dessus jusqu’à la saison 2014. Avec plus de 160 millions d’unités écoulées, la PlayStation 2 demeure la console la plus vendue au monde, suivie de près par la Nintendo DS (154 millions).
Date de sortie : 4 mars 2020 (1h 40min) Réalisateur : Dan Scanlon Doubleurs français : Thomas Solivérès, Pio Marmaï, Maïk Darah, Juliette Degenne Genre : Animation, fantastique Nationalité : Américain Compositeurs : Jeff Danna et Mychael Danna
Il est assez dommage que ce petit dragon de compagnie soit aussi peu présent tellement il s’avère drôle et attachant !
Toujours en avance et à la pointe quand il s’agit d’animation 3D, Pixar nous plonge cette fois-ci dans une aventure fantastique avec une époque médiévale baignée par la magie avec des elfes, des lutins, des licornes et toutes sortes d’effets spéciaux à base de flammes, d’eau et d’éclairs. Magie ensuite rudement mise à l’épreuve dans un XXIème siècle envahi par la technologie, les autoroutes et les téléphones mobiles ayant remplacé les vieux chemins pédestres et autres jeux en extérieur. On suit alors les aventures d’Ian et Barley Lightfoot, deux adolescents à la peau bleue vivant seuls avec leur mère Laurel. Si Barley reste très attaché à la culture ancestrale, aux monuments médiévaux et à l’esprit guerrier, son petit frère Ian est quant à lui plus moderne. Du haut de ses seize ans, il cherche surtout à être cool et à prendre suffisamment confiance en lui pour inviter des amis à sa fête d’anniversaire.
De superbes effets visuels pour mettre en lumière la magie.Toute influence des élucubrations d’Internet serait purement fortuite…
En réalité, leur père est parti très tôt et leur a légué un mystérieux bâton avec une pierre et une formule pouvant soi-disant le ramener à la vie pour une journée. Très différents l’un de l’autres, les deux frères vont alors se lancer dans une quête digne d’un véritable jeu vidéo en monde ouvert afin de ramener leur père entièrement, la formule n’ayant pu laisser que la partie antérieure de son corps. Ce qui donne un aspect comique vraiment original et une superbe animation des jambes, qui parfois dansent et tentent de se mouvoir sans aucune reconnaissance visuelle. Le comique ressort aussi du contraste entre le monde actuel et celui du passé, notamment avec Corey la Manticore, doublée par l’ingénieuse Maïk Darah (Le Petit Dinosaure, Le Roi Lion), qui passe instinctivement de serveuse dans une taverne à véritable créature mythologique crachant du feu.
Une manticore chez Buffalo Grill, vous y croyez ?
Le policier centaure Colt Bronco est tout aussi drôle par le manque de maîtrise flagrant de son corps de cheval à l’intérieur (quand il renverse tout sur son passage) comme à l’extérieur (à quoi bon courir quand on a une voiture…). À travers cette magnifique histoire, le réalisateur Dan Scanlon (à qui l’on doit déjà le superbe Monstres Academy) traite de la confiance en soi à travers le personnage d’Ian, mais aussi de la fraternité dans la relation qu’il construit avec son frère, les deux se complétant l’un l’autre avec leurs appétences respectives lors d’épreuves dignes d’une véritable chasse au trésor. Les jambes de leur père s’avèrent être un véritable allié et s’ils parviennent à reconstituer son corps pour quelques secondes seulement, c’est pour mieux rappeler que la nature préfère ne pas admettre qu’un vivant puisse finalement rencontrer quelqu’un qu’il n’a jamais connu.
Sans confiance, pas de magie !Propice à la méditation sur le sens de la vie…
C’est précisément pour cette raison que Barley, qui l’a un peu connu étant enfant, est le seul à pouvoir lui parler et le serrer dans ses bras, Ian devant se contenter de le voir de dos à distance à travers les débris du dragon de pierre qu’ils viennent de vaincre. Comme s’il l’imaginait dans un rêve, sa petite lucarne lui offre en fait la seule image qu’il se fait de lui à travers les souvenirs évoqués par sa mère et son frère. Une scène d’autant plus belle qu’éprouvante par la profonde tristesse qu’elle provoque. Par son joli compromis entre valeurs ancestrales et modernité, Pixar signe un nouveau film de grande qualité montrant que la rêverie et les nouvelles technologies peuvent tout à fait cohabiter si elles mettent à profit leurs bienfaits.
Date de sortie : 12 février 2020 (1h 39min) Réalisateur : Jeff Fowler Acteurs principaux : Jim Carrey, James Marsden, Tika Sumpter, Neal McDonough Genre : Comédie, action, animation Nationalité : Américain Compositeur : Tom Holkenborg
Pour une fois, on peut être content que les fans aient été écoutés pour changer le design de Sonic.
Les adaptations de jeux vidéo se multipliant d’année en année au cinéma, c’est au tour du célèbre Sonic the Hedgehog de débarquer dans un film en prises de vue réelles intégrant des personnages animés. Dans la lignée d’un Pokémon Détective Pikachu, il a la particularité de transposer le scénario du jeu vidéo dans monde réel. Sonic devient alors un hérisson anthropomorphe qui s’est téléporté sur Terre grâce à un de ses anneaux (référence aux niveaux bonus des premiers jeux Sonic) afin d’échapper à d’étranges forces malveillantes cherchant à exploiter son pouvoir. Sa vitesse lui permettant de simuler toutes sortes d’activités à plusieurs, il s’éclate lors de séquences renforçant le comique de la narration avant de faire exploser le disjoncteur de la ville de Green Hills (référence au premier niveau du jeu de 1991) par excès de solitude.
Une très belle retranscription de l’emblématique Green Hill Zone !Jim Carrey en mode Sergent Hartman !
Le scénario prend ensuite son envol alors que le gouvernement décide d’engager le Docteur Robotnik pour le traquer. Présenté comme un scientifique cinglé et tyrannique qu’il ne faut faire sortir de sa tanière qu’en cas d’extrême urgence, le personnage est admirablement incarné par Jim Carrey (Ace Ventura, Dumb & Dumber, Disjoncté), qui renoue avec une interprétation comique pourvue de grimaces et de dialogues délirants. Robotnik s’impose en effet d’emblée comme le nouveau commandant suprême devant sauver le monde d’une terrible menace en se permettant même de publiquement clouer le bec du major Bennington, joué par Neal McDonough (Street Fighter La Légende de Chun Li, Captain America First Avenger, Red 2).
Un air de Sonic Riders ?En parlant d’X-Men, le film comporte aussi de très sympathiques scènes pendant lesquelles Sonic s’amuse alors que le temps est arrêté !
Le film se veut en bonne partie être une comédie familiale avec son humour bon enfant et l’amitié qui naît entre le hérisson et le shérif Wachowski, interprété par James Marsden (X-Men, Superman Returns, Il était une fois). Pour autant, les références au jeu vidéo de Sega sont nombreuses, à commencer par les anneaux d’or qui entourent le logo Paramount, le bruitage qui survient lorsque Sonic perd ses anneaux en prenant un dégât ou encore les dommages qu’il engendre en fonçant sous forme de boule. On trouve également le logo de la Saturn sur une carte que possède Sonic, un clin d’œil au personnage qui regarde sa montre quand on ne bouge pas pendant quelques secondes, le début du thème musical de la Green Hill Zone vers la fin et même la représentation très moche du hérisson appelée Sanic sur Internet.
Un véritable boss final !Qui de mieux qu’un cinglé pour jouer le rôle d’un autre cinglé ?
En plus des superbes animations rétro des génériques, l’intérêt principal du film reste la prestation jouissive de Jim Carrey, arborant un Docteur Robotnik caractériel et obsédé par ses drones à la pointe avant de devenir le personnage exact du jeu vidéo. Le film respire ainsi grandement la légèreté des années 1990, jusqu’à une évidente référence à The Mask alors que Robotnik lance un bon vieux « Splendide ! », son rôle de savant fou n’étant pas non plus sans rappeler son interprétation d’Edward Nygma dans Batman Forever, allant jusqu’à danser ridiculement sur la chanson « Where Evil Grows » du groupe The Poppy Family. Avec un joli final renvoyant à la Mushroom Hill Zone du jeu Sonic & Knuckles et l’apparition d’un nouveau personnage bien connu, cette adaptation de Sonic s’avère être une belle réussite aussi bien financière que critique, rapidement suivi d’un deuxième film du même acabit.
Date de sortie : 1er janvier 2020 (Royaume-Uni), 5 février 2020 (France) Réalisateur : Guy Ritchie Acteurs principaux : Matthew McConaughey, Hugh Grant, Charlie Hunnam, Henry Golding Genre : Policier, gangster Nationalité : Anglais Compositeur : Christopher Benstead
Matthew McConaughey au top de sa forme !
Vingt ans après Arnaques, crimes et botaniques et Snatch, Guy Ritchie (Agents Très Spéciaux, Le Roi Arthur : La Légende d’Excalibur, Aladdin) revient à ses premières amours avec un film de gangster au style tarantinesque intitulé The Gentlemen. Le scénario prend place à Londres tandis qu’un baron de la drogue interprété par le charismatique Matthew McConaughey (Le Loup de Wall Street, Interstellar) sème le trouble en évoquant la possibilité de son retrait des affaires. Un prétexte inespéré pour donner lieu à toutes sortes de complots, trahisons ou autres chantages de divers mafieux afin de devenir le seul roi du pays.
Que mijote donc ce cher Fletcher ?Le coffre d’une bonne voiture, toujours utile.
Le casting vaut son pesant d’or avec des acteurs de talent comme Hugh Grant (Pour un Garçon, Le Journal de Bridget Jones, Cloud Atlas), Charlie Hunnam (Crimson Peak, Le Roi Arthur : La Légende d’Excalibur, Papillon) et Colin Farrell (Les Animaux Fantastiques, Les Proies, Dumbo), Michelle Dockery (Non-Stop) apportant une touche féminine appréciable dans cet univers profondément viril. Complexe à appréhender, le scénario reste très agréable à suivre grâce à une réalisation de pointe comme seul Guy Ritchie sait le faire. Les clans se profilent tandis que l’on suit les différents protagonistes au travers de diverses situations présentées dans un ordre finement ficelé pour mieux renforcer l’intrigue.
Toucher à la femme de Mickey pourrait coûter très cher…Confrontation classique entre anciens et plus jeunes recrues.
La violence est au cœur du récit et Henry Golding se démarque efficacement comme jeune héritier aux méthodes plus radicales. Les compositions de Christopher Benstead apportent autant d’intensité que de légèreté avec un certain comique qui en ressort lors de différentes scènes, comme celle de la poursuite du groupe de jeunes à travers les rues. Quinze ans après un Revolver en demi-teinte ne faisant pas vraiment honneur au style de Jason Statham, The Gentlemen s’impose comme un nouveau classique du genre grâce à sa superbe réalisation et au grand talent de ses acteurs.
Date de sortie : 18 février 2010 Développeur : Quantic Dream Concepteur : David Cage
Genre : Interactive novel Nationalité : Français Compositeur : Normand Corbeil
Console d’origine : PlayStation 3
Il y a 15 ans, un monument du jeu vidéo français débarquait en exclusivité sur PlayStation 3 pour consolider une ludothèque qui se faisait de plus en plus conséquente. Aboutissement de la vision émotionnelle et cinématographique du média chère à David Cage, Heavy Rain sublime le concept déjà avant-gardiste de Fahrenheit pour une nouvelle expérience mêlant scénario solide à embranchements et gameplay variant largement les QTE et les choix à conséquences plus ou moins déterminantes.
À cette époque où les consoles de salon de septième génération sont encore perçues comme décevantes par certains gamers à cause de la timidité des innovations et des productions devenant de plus en plus commerciales, au point de déchaîner de lourdes déceptions au sein même de sagas mythiques comme Metal Gear et Resident Evil, Heavy Rain fait partie de ces jeux qui osent bouleverser les codes pour mettre une véritable claque aux joueurs qui n’en attendent qu’un simple divertissement expérimental.
Avec un scénario policier pourtant classique et malgré une certaine lourdeur dans les déplacements, Quantic Dream est parvenu à profondément marquer l’histoire grâce à des acteurs fortement impliqués dans leur rôle et à de nombreuses scènes alternatives selon les choix effectués, les actions réussies et la survie des quatre personnages jouables, le tout sublimé par l’intensité des musiques de Normand Corbeil et par une intrigue obligeant à une méfiance envers le moindre individu croisé.
Son succès a rapidement inspiré d’autres studios ayant mis à profit leur propre patte artistique pour concevoir des jeux similaires, à commencer par Telltale Games avec plusieurs jeux issus de comics comme The Walking Dead, The Wolf among Us et Batman. On trouve aussi Dontnod et son enivrant Life is Strange, Supermassive Games qui joue sur les codes du slasher avec Until Dawn ou encore l’étonnant As Dusk Falls, dans lequel Interior Night remplace les scènes cinématiques par une succession d’images fixes sublimées par une direction artistique rappelant une bande dessinée.
Et si Heavy Rain a agacé bon nombre de joueurs férus de salles d’arcade en 2010 pour son statut hybride de film interactif, c’est bien parce que son succès lui a valu beaucoup de publicité tout en ayant su poser le débat de la frontière entre cinéma et jeu vidéo. Après tout, d’aucuns disaient de Dragon’s Lair en 1983 qu’il s’agissait d’un jeu vidéo et non d’autre chose, quand bien même le gameplay était autrement plus limité.
Date de sortie : 15 novembre 1985 (États-Unis) Réalisateur : Howard Storm Acteurs principaux : Jim Carrey, Lauren Hutton, Cleavon Little, Karen Kopins Genre : Comédie fantastique Nationalité : Américain Compositeur : John Du Prez
La comtesse accompagnée de l’inénarrable Sebastian.
Parfois appelé Séduction à Pleines Dents depuis sa sortie relativement confidentielle en DVD, Once Bitten est une comédie fantastique réalisée par Howard Storm dans laquelle le jeune Jim Carrey concrétise son premier rôle principal en 1985, près de dix ans avant sa révélation au grand public dans The Mask. C’est en effet à la suite du succès européen de ce dernier que Pathé choisit de sortir en VHS deux films encore inconnus en France au beau milieu des années 1990 : Ace Ventura, Détective Chiens et Chats d’une part, et Once Bitten d’autre part. Le titre Vampire Forever fut inventé à l’occasion pour surfer sur le succès de Batman Forever, dans lequel Jim Carrey se déchaîne dans son incarnation d’Edward Nygma la même année. Le doublage français n’ayant été réalisé qu’en 1995, c’est bien Emmanuel Curtil qui prête sa voix à l’acteur avec sa petite folie reconnaissable dans ses intonations.
Le jeune Jim Carrey usait déjà de son irrésistible sourire !Un décolleté plongeant sans soutif, la proie à sa merci !
Vampire Forever est un pur produit de la comédie américaine des années 1980 mettant en scène une bande de jeunes cherchant à conclure avec une fille. C’est notamment le cas de Mark qui, confortablement installé sur le siège avant de son camion glacier, tente de persuader sa petite amie Robin de passer à l’acte, qui bien sûr a encore besoin de temps, car on est dans un scénario des années 80 ! Parallèlement, une étrange comtesse jouée par la mannequin Lauren Hutton semble avoir besoin de sucer le sang d’un jeune-homme vierge pour conserver sa jeunesse éternelle. Son majordome Sebastian, interprété par Cleavon Little (Point Limite Zéro, Le Shérif est en Prison), lui apporte de bons conseils non sans humour grâce au doublage reconnaissable de Med Hondo (VF régulière d’Eddie Murphy, Rafiki dans Le Roi Lion).
Les grimaces avant l’heure !« Salut, je m’appelle Russ, je suis sagittaire, j’aime le surf, les dîners aux chandelles et Tolstoï ! »
C’est lors d’une scène culte dans une sorte de cabaret favorisant les rencontres que, tandis que ses amis révisent leur discours de séducteur, Mark tombe nez à nez avec la comtesse. Pensant l’avoir conquise durant une nuit de folie sur un canapé, il adopte de plus en plus le comportement d’un vampire et doit trouver un moyen de rompre la malédiction avant d’être mordu trois fois. L’humour se veut assez kitsch entre des costumes et autres déhanchés des vampires, les rêves loufoques qui hantent Mark une fois mordu en haut de la cuisse, ou encore le cri qu’il fait en montrant les dents pour faire peur à des clients qui veulent une glace. De son côté, Sebastian apporte un ton très décalé à l’univers, et ce dès le début du film avec son thème musical presque envoûtant.
Vampire, vous avez dit vampire ?
Les gags chers aux années 80 sont également légion avec Russ et Jamie qui jouent les beaux parleurs pour enfin réussir à conclure. Le décalage entre leur discours et leur courage réel est notamment accentué lors de la scène de la laverie, pendant laquelle Russ prend peur face à une femme lui proposant d’utiliser une cravache au lit, tandis que Jamie se retrouve fourré à l’intérieur d’un sèche-linge. On peut aussi noter la scène de la douche, pendant laquelle ils tente de vérifier si leur ami Mark a bien été mordu près de l’entrejambe, les faisant immédiatement passer pour des homosexuels. Saupoudré de romance pour la présence de Karen Kopins et de rock branché avec la chanson du groupe 3-Speed, Vampire Forever fait partie de ces films cultes ayant mis en avant un acteur de talent plusieurs années avant ses premiers succès hollywoodiens.
Date de sortie : 20 novembre 2019 (1h 44min) Réalisateurs : Jennifer Lee et Chris Buck Doubleurs principaux : Charlotte Hervieux, Emmylou Homs, Donald Reignoux, Dany Boon Genre : Animation Nationalité : Américain Compositeurs : Christophe Beck, Kristen Anderson-Lopez et Robert Lopez
Une belle introduction éclaircissant le passé.
Six ans après la déferlante de La Reine des Neiges, une suite voit le jour sous l’objectif des mêmes réalisateurs dans un scénario qui tente de s’émanciper encore plus du conte d’origine en mettant en opposition deux royaumes ; difficile de ne pas y voir un rapprochement avec le diptyque Maléfique, dont le deuxième épisode sortait un mois plus tôt. De nouveaux éléments de scénario mettent en lumière le passé d’Arendelle durant l’introduction, pendant laquelle le père d’Elsa et d’Anna mentionne un barrage établi par leur grand-père entre leur royaume et la forêt enchantée de Northuldra. Une séparation qui avait réveillé la colère des quatre esprits élémentaires et provoqué leur courroux.
Quel genre d’humour est-on censé comprendre…Les mascottes toujours en forme.
Le présent prend place à l’arrivée de l’automne alors qu’Elsa est appelée par une étrange voix qu’elle ne peut s’empêcher de suivre, ce qui provoque une nouvelle fois la colère des esprits et oblige les habitants à évacuer. On retrouve ainsi Anna, Olaf, Kristoff, Sven et Pabbie dans une nouvelle aventure qui doit amener les deux sœurs à réparer les blessures du passé en découvrant ses secrets et l’origine des pouvoirs d’Elsa. Mais comme pour le premier film, la narration est vraiment trop classique et quelques éléments prévisibles entachent le scénario, sans parler des demandes en mariage de Kristoff envers Anna qui peuvent agacer tellement l’évidence de leur déroulement manque de subtilité.
Northuldra, une bien étrange contrée.De magnifiques images sur les créatures élémentaires.
Le scénario ne manque toutefois pas de qualité dans sa tentative d’enrichir l’univers, à commencer par l’identité propre à chaque élément et la qualité de leur animation. Les chansons restent trop concentrées durant les premières minutes et peinent à réellement se démarquer même si les interprètes sont plus variés que dans le premier film. Charlotte Hervieux ne parvient pas à faire aussi fort avec sa chanson « Dans un autre monde » qu’Anaïs Delva et son célèbre « Libérée, délivrée ». C’est à la limite Dany Boon qui reste assez touchant dans son doublage d’Olaf et le plus efficace dans sa chanson « Quand je serai plus grand » et ses cris effarants. Un film animé plaisant mais Disney nous avait habitué à tellement mieux.
Date de sortie : 4 décembre 2019 Réalisateurs : Conrad Vernon et Greg Tiernan Doubleurs principaux : Kev Adams, Mélanie Bernier, Enzo Ratsito, Léopoldine Serre Genre : Animation, comédie noire Nationalité : Américain Compositeurs : Mychael Danna et Jeff Danna
Un portail absolument terrifiant !
Après vingt ans d’absence, la famille la plus macabre de l’histoire de la pop culture est de retour à l’écran dans un chouette film d’animation 3D réalisé par Greg Tiernan et Conrad Vernon (Shrek 2, Madagascar 3, Sausage Party). Le scénario repart de zéro en commençant par montrer l’effroyable mariage de Morticia et Gomez avant de s’attaquer à leur emménagement dans un asile en haut d’une colline, puis à leurs enfants qui se plaisent toujours à s’entretuer. Mercredi et Pugsley sont d’ailleurs bien au centre du scénario : la première tente de survivre à la découverte d’un univers tout en couleurs en allant au collège pour la première fois, tandis que Pugsley cherche à maîtriser la chorégraphie de la Mazurka afin de passer à l’âge adulte devant le reste de sa famille.
La danse toujours au cœur de la narration.
La qualité des animations se remarque d’emblée avec les personnages très expressifs et les lieux ou objets vivants, comme le portail dont l’ouverture s’apparente à une mâchoire, l’arbre qui attrape toutes sortes de choses avec ses longues branches et la salle de bain qui prend son thé par la cuvette des toilettes avec une bonne chasse d’eau. Si le Cousin Machin a un langage toujours aussi incompréhensible, la Chose devient encore plus un personnage à part entière tandis qu’elle regarde sur Internet des photos d’autres mains et de pieds qui lui donnent envie. La direction artistique bien sombre colle parfaitement à l’univers macabre, les Addams se réjouissant du pire dans un humour noir toujours aussi efficace. L’humour n’est pas en reste avec des jeux de mots plus ou moins glauques (Mercredi qui dit que ça fait longtemps qu’elle n’a pas scié de nez quand on lui propose un ciné), ou encore la guillotine au-dessus du lit qui semble servir de réveil.
Il n’y a d’habitude que les clowns psychopathes qui tiennent ce genre de chose…Un peu gluant mais appétissant !
Le film porte un message sur le jugement par la différence à travers le contraste entre la noirceur du manoir Addams et l’aseptisation colorée de la ville en-dessous supervisée par Margaux Needler, une décoratrice d’intérieur et animatrice de télévision un peu trop bien sous tout rapport pour être innocente. Il est amusant de voir sa fille prendre un style gothique comme Mercredi, tandis que cette dernière tente de s’habiller en rose et de porter des barrettes en forme de licorne. Les doublages français sont de qualité, à commencer par Kev Adams qui livre un accent comique efficace pour Gomez en plus de porter le même nom que la famille. Un retour des plus appréciables !
Date de sortie : 18 décembre 2019 (2h22min) Réalisateur : Jeffrey Jacob Abrams Acteurs principaux : Daisy Ridley, Adam Driver, Ian McDiarmid, Carrie Fisher Genre : Space opera, science-fiction Nationalité : Américain Compositeur : John Williams
L’avis d’Emmanuel
Troisième épisode de la désormais intitulée « postlogie », L’Ascension de Skywalker met un point final à plus de quarante ans de scénario issu des neufs films principaux depuis 1977.Jeffrey Jacob Abrams récupère la réalisation de ce nouveau film et s’il est possible de lui reprocher un certain fan service comme ce fut le cas pour Le Réveil de la Force, la saga Skywalker se conclut d’une manière très honorable avec une Rey au top de sa forme, Daisy Ridley prouvant une fois de plus son grand talent d’actrice. Déjà teasé par la bande-annonce, le retour de Palpatine est plutôt bien justifié avec la planète Exegol et le background des Sith enrichi. À l’instar de Christopher Lee en son temps, Ian McDiarmid assure toujours du haut de son grand âge, dans le rôle de celui qui avait finalement tout manigancé depuis La Menace Fantôme.
Le manichéisme reste cependant mis à l’épreuve avec les personnages de Rey et de Kylo Ren, le nouveau leader suprême du Premier Ordre essayant toujours de ramener sa sœur ennemie du côté obscur de la force tandis qu’il coopère avec elle lors de belles séquences où ils se refilent subrepticement un sabre-laser à distance pour s’en sortir. Malgré le décès de Carrie Fisher trois ans auparavant, la générale Leia conserve un rôle important dans la communication avec son fils, même si son destin prévisible est amené d’une manière bien trop peu marquante. Finn reste quant à lui bien secondaire malgré de sympathiques passages avec Chewbacca et sa bande, comme celui où ils doivent attaquer des vaisseaux ennemis en s’y rendant à pied.
Le retour de Billy Dee Williams dans le rôle de Lando Calrissian fait tout autant plaisir à voir que les réapparitions fantomatiques des charismatiques Han Solo et Luke Skywalker, l’introduction traditionnelle et les musiques emblématiques rappelant que la saga a su conserver un fort cachet en racontant des histoires à travers plusieurs années. Demeurent des pouvoirs de guérir et de transférer sa vie bienvenus mais qui auraient dû être amenés auparavant pour gagner cohérence. À travers sa prestation magistrale de Rey tout au long de la postlogie, Daisy Ridley a su imposer un puissant personnage Jedi dont les origines ont de quoi surprendre tout en s’émancipant d’une identité plus logique sur la fin. Prévisibles sur certains points mais beaucoup moins sur d’autres comme l’attestent les théories erronées des fans, les épisodes VII, VIII et IX restent des films marquants pour une saga qui aura su accompagner plusieurs générations dans un univers de science-fiction d’une grande richesse.
L’avis de Liam
C’est un refrain sempiternel que la sortie d’un nouvel épisode de Star Wars : il suffit de quelques heures pour que chaque nouveau volet se fasse descendre ou auréoler, poussant à la bagarre si le film est un chef-d’œuvre du septième art ou un gros mollard craché à la figure des fans. Bien évidemment, c’est de nouveau le cas de cette Ascension de Skywalker, comme si personne ne voulait apprendre de ses erreurs (petit rappel que CHAQUE film de la saga s’est fait descendre avant de se voir réévalué en comparaison de l’épisode suivant). Alors, sans se placer sur un autel impossible d’objectivité, ce Star Wars 9 est-il la purge annoncée ?
On peut grandement répondre par la négative. En effet, JJ Abrams offre une belle conclusion à cette jolie postlogie, miroir des doutes des fans sur la mythologie par le biais de ces nouveaux personnages obligés d’être mis en avant dans une histoire qui les dépasse et les a nourris. On sent d’ailleurs qu’Abrams a beaucoup à raconter, trop même, au vu de sa première partie qui fonce tellement vite qu’on attend qu’il sorte inévitablement de la route. Et pourtant, ce n’est pas le cas : ce nouvel épisode offre une soif d’aventures qui revigore tout en prolongeant des thématiques d’identité charriées depuis le septième volet et que Johnson aura su se réapproprier avec brio. Le déterminisme, l’un des cœurs narratifs de la saga, fait encore des siennes et chacun se doit de s’affirmer tel qu’il agit et non tel qu’il est né, chacun trouvant face à de nouvelles figures des reflets d’un passé face auquel il est obligatoire de se confronter pour pouvoir se trouver en tant qu’individu.
Tout en continuant d’enrichir son arrière-plan politique par le retour d’un Mal qui n’est jamais réellement parti (un regard sur l’actualité suffira pour faire des liens), Abrams offre avec cette Ascension de Skywalker un blockbuster racé, s’inscrivant aussi bien dans les thématiques abordées dans sa filmographie que dans celles de la saga dans une clôture forte et divertissante. Rendez-vous dans 10 ans (même plus tôt, espérons) pour que l’on arrête de lui cracher dessus grossièrement et facilement pour se rendre compte que cette postlogie est d’une force narrative et émotionnelle élevée, bien loin des autres productions simplistes et factices mais néanmoins plus célébrées de la part de Disney.
L’avis de Brian
Le temps passe vite, déjà sept ans que Star Wars a rejoint le pavillon de Disney. Commencée en 2015 avec l’académique Le Réveil de la Force, poursuivi en 2017 avec le génial mais parfois incompris Les Derniers Jedi, voilà que la désormais nommée Postlogie doit nous délivrer son épisode final qui, en plus, servira de point final à la saga des Skywalker qui nous a ouvert ses portes en 1977. Conclure une trilogie n’est déjà pas une chose aisée, inutile donc de souligner la difficulté abyssale qui se dresse devant un réalisateur qui doit conclure trois trilogie.J.J Abrams est ici de retour à la réalisation et confirme dès le début du film son intention de balayer d’un revers de la main les portes ouvertes et les thématiques développées dans l’épisode VIII. Pas de surprise ici, les bandes annonces nous le faisaient déjà comprendre en nous présentant le casque reforgé de Kylo Ren, tel un symbole des cicatrices laissées par Johnson sur les plans de Abrams, ou en nous ramenant d’entre les morts le sinistre empereur Palpatine. Abrams, étant ce qu’il est, n’essaie à aucun moment de saisir le bâton de liberté créative tendu par Johnson.
Malheureusement pour nous dans l’esprit d’Abrams, Star Wars rime forcément avec destruction de planète et méchante figure impériale ayant un valet en quête de rédemption à ses côtés. Oubliez toutes les thématiques autour de l’équilibre dans la Force et sur la nécessité de s’affranchir du passé que portait le VIII, ici Abrams plonge à cœur joie dans la nostalgie, parfois de très mauvais goûts et nous en abreuve jusqu’à l’écœurement. L’épisode IX est le résultat malheureusement logique d’une trilogie menée par deux très bon réalisateurs aux optiques radicalement opposées. Malgré un Épisode VII solide et un épisode VIII brillant, l’opposition explosive de ces deux visions antinomiques, le VII glorifiant le passé, le VIII cherchant à le déconstruire et à le remettre en perspective, ne pouvait qu’accoucher d’une conclusion bancale et schizophrénique. Il est très compliqué de commencer à parler de ce film sans aborder le contexte l’entourant.
Qu’en est t’il du film en lui même ? Si l’on met de côté cette guerre d’ego entre Abrams et Johnson que nous reste-il ?Star Wars IX est malheureusement une démonstration académique de tout ce qu’il ne faut pas faire quand on cherche à s’inscrire au sein de l’héritage d’une grande saga. L’Ascension de Skywalker est un véritable festival de facilités scénaristiques et de mauvais fan service. Abrams donne l’impression d’avoir erré telle une âme en peine durant tout le processus créatif qui a enfanté ce fantôme de Star Wars. Pas grand chose ne tient debout dans ce film ou rien n’est expliqué de bout en bout. Ne cherchez pas de logique dans les événements du film. N’essayez pas de comprendre comment Palpatine a pu revenir et ce qu’il attendait dans son trou, comment Rey a développé telle ou telle capacité, ou la logique de la chasse au MacGuffin sur laquelle repose ce film, vous n’aurez aucune réponse si ce n’est de vagues relents acides de « Tais-toi, c’est magique ! ». Le fan service grossier du film, comme le fait de faire revenir inutilement Lando n’est là que pour endormir votre esprit et tenter de vous remettre dans un état de crédulité extrême après de trop gros enchaînements d’événements abracadabrantesques. C’est bien tenté mais raté J.J. Si encore le film traitait les conséquences de ses choix mais non. Votre encéphalogramme restera plat du début à la fin, tout le monde connaîtra une fin heureuse sauf ceux qui ne le méritent pas. Le film tentera bien quelques fois de vous faire croire à la perte de tel ou tel personnage mais tout sera rapidement annulé par un twist sorti du sac parfois digne d’un triste soap opera.
Dans ce marasme créatif, on a quand même envie de sauver certains acteurs. John Boyega et Daisy Ridley s’en sortent aussi bien que possible malgré des personnages vides de tout développement.Mark Hamill semble n’en avoir rien à faire et il est assez cocasse de constater son je-m’en-foutisme total quand il campe un Luke qui lui correspond quand on se rappelle du génie de sa performance dans le VIII alors qu’il n’aimait pas le traitement du personnage. À croire que donner aux gens ce qu’ils veulent, fussent-ils acteurs ou spectateurs, est définitivement une mauvaise chose. Au final, seul Adam Driver s’en sort véritablement avec les honneurs, malgré une négation des scénaristes de l’évolution de son personnage durant Les Derniers Jedi. Adam Driver nous inonde de son talent et de son charisme, arrivant à sauver à lui seul quelques passages du films. Il n’en est que plus regrettable de constater le manque de respect total à son égard dont le film fait preuve dans son dernier tiers. Dans un film censé clôturer l’arc des Skywalker, il est difficilement pardonnable de voir le dernier représentant de cette lignée être cantonné à un rôle de faire-valoir de la belle héroïne à qui tout aura réussi du début à la fin. Rey est malheureusement trop parfaite pour provoquer la moindre empathie chez le spectateur. À bien des égards, Star Wars IX ressemble à un buffet à volonté mal pensé où tout n’est qu’excès et abondance et où les saveurs se sabotent entre elles.
À tout cela on pourrait répondre qu’un film mal écrit et au scénario digne d’une fan fiction peut avoir une réalisation du tonnerre et être un pur chef-d’œuvre de technique, un vrai bel objet filmique. À cela je réponds oui, malheureusement ce n’est pas le cas de cet épisode IX. Certes il est loin d’être moche, ce qui est normal pour un film à trois cent millions de dollars de budget, son plus gros problème étant surtout d’étouffer le spectateur du début à la fin. Entre des plans serrés à outrance, privant les scènes de sentiment de grandeur et d’oxygène, le tout couplé à un montage parfois épileptique souvent indigne d’un clip musical tant tout y est rushé, vous obtenez un film qui ne vous laissera jamais vous imprégner de ses enjeux et de ses personnages. Tout cela nous donne le sentiment paradoxal qu’il se passe énormément (trop) de choses et qu’en même temps, il ne se passe rien. Que retenir de cet opus à part une ou deux scène maîtrisées ? Pas grand chose, si ce n’est éventuellement une annihilation totale du parcours des héros des six premiers films. Passez votre chemin.