Home Auteurs Publication de Nicolas Perreau

Nicolas Perreau

Nicolas Perreau
214 PUBLICATION 4 COMMENTAIRES
Le cinéma c'est ma vie !! J'aime beaucoup de réalisateurs, Ridley Scott, David Lynch, Bong Joo Ho, Hayao Miyazaki etc... Et mon film ultime c'est Blade Runner ! Bonne lectures de mes modestes articles !

Romance inachevée d’Anthony Mann

0

 

Date de sortie : 8 octobre 1954, sortie de l’édition physique : 24 mars 2021
Réalisateur : Anthony Mann
Acteurs principaux :  James Stewart, June Allyson, Barton MacLane, Irving Bacon, James Bell, Louis Armstrong 
Genre : Biopic, Drame
Nationalité : Américain

 

 

Anthony Mann est un cinéaste essentiel de l’âge d’or américain. La ressortie de Romance inachevée chez BQHL le 24 mars 2021 permet de découvrir un magnifique biopic musical sur la vie du grand compositeur et musicien Glenn Miller.

 

 

Mann construit une histoire passionnante, sans aucun doute romancée, autour de la « success story » de Miller. Ce qui surprend est son choix de s’intéresser au couple que forme Glenn avec Helen qui fait de cette dernière un personnage essentiel au succès de ce premier.

 

 

Helen s’avère être un rouage important de la réussite de Miller en tant que musicien et compositeur. Elle est un soutien moral qui oriente Glenn dans ses choix personnels et professionnels. Mann filme une magnifique romance qui s’imbrique d’une très belle façon à l’histoire du musicien.

 

D’ailleurs, le film évite l’aspect « juke-box » des biopics actuels et préfère utiliser une musique diégétique. Il esquive l’écueil habituel des films du genre qui consiste à construire un « rise and fall » cliché et souvent très mal exploité par la mise en scène. Le caractère intimiste du film joue clairement en sa faveur. Les biopics cherchent trop souvent à raconter « la grande histoire » que de s’intéresser au sujet qu’ils défendent de base. Les cinéastes usent de ressorts qui uniformisent tous les autres films du même acabit.

 

 

Mann préfère mettre en scène cette histoire d’une manière très épurée dénuée d’opportunisme. Il est certain que le cinéaste et son équipe avaient profondément cru au projet. Il suffit de constater l’implication de James Stewart en Glenn Miller qui l’incarne d’une très belle manière.

 

 

 

 

Le cinéaste choisit également d’éviter d’arracher les émotions au spectateur en utilisant le hors champ. La conclusion du film témoigne très bien de cela. Peu d’éléments dramatiques sont montrés de manière frontale pour privilégier des procédés émotionnels plus fins.

 

Tout ce qui entoure ce film est pétri de sincérité. Cette dernière s’avère communicative puisque le spectateur ne peut rester impassible face à cette si belle œuvre.

L’édition de BQHL est en plus assez fournie puisqu’elle contient en bonus la version alternative du film et un livret écrit par Marc Toullec.

Amateurs de Mann, de jazz et de James Stewart foncez découvrir ce superbe film qui provoque indéniablement l’envie d’écouter du Glenn Miller car la musique rend immortel !

 

Hiroshima de Hideo Sekigawa

0

 

Date de sortie : 7 octobre 1953, sortie de l’édition physique : 28 avril 2021
Réalisateur : Hideo Sekigawa 
Acteurs principaux :  Takashi Kanda, Masao Mishima, Eiji Okada, Yoshi Katō, Yumeji Tsukioka
Genre : Drame
Nationalité : Japonais

 

 

 

Evoquer un traumatisme est un exercice très compliqué qui nécessite un retour vers sa propre blessure. Cette blessure demeure dans le champ mémoriel de manière inéluctable. Que l’on ait été impacté ou non par cet événement tragique.

 

Il suffit de constater que la société Européenne ne s’est jamais remise des deux Guerres Mondiales. C’est aussi le cas du Japon avec Hiroshima.

 

Cependant, les japonais ont su s’emparer de leur souffrance pour s’en servir comme un objet culturel qui sert d’exutoire. Le cinéma est alors arrivé au bon moment et a pu permettre cela.

 

 

Godzilla apparaît comme l’œuvre évidente qui sert de confrontation au traumatisme de la bombe. Des œuvres comme Akira et Nausicaa s’inscrivent également dans cette dynamique.

En 1953, bien avant Godzilla, est sorti un film qui servira également de mise au point de la situation du Japon. Ce film c’est Hiroshima de Hideo Sekigawa qu’a ressorti Carlotta dans une impressionnante copie le 28 avril 2021.

 

 

Hiroshima est un film particulièrement ambitieux qui tente d’évoquer de manière frontale le traumatisme d’Hiroshima en s’ouvrant sur l’après catastrophe avec une séquence où un professeur traite du sujet avec ses élevés, eux-mêmes victimes de la bombe.

 

Ainsi, sont exposées dans un premier temps les conséquences de la catastrophe pour ensuite dévier vers un panorama de celle-ci.

 

Le film est en effet découpé en plusieurs partie et construit une gradation au niveau de sa dimension tragique. Le spectateur est alors confronté au bout d’une trentaine de minute à une séquence particulièrement longue qui montre de manière frontale l’arrivée de la catastrophe en temps réel.

 

 

Il faut savoir que les seules images d’archives de la catastrophe d’Hiroshima ne montrent pas les conséquences de l’explosion sur le village. C’est uniquement le largage de la bombe nucléaire par le B-29 américain qui a été filmé. Ainsi les civiles n’apparaissent pas dans ces images d’archives.

 

Le projet fou de Sekigawa est donc de montrer les conséquences de la bombe sur les civils. C’est ainsi que cette longue séquence est une véritable peinture de l’enfer. Les villageois apparaissent comme des morts qui reviennent à la vie pour errer dans les ruines.

 

 

Dans cette séquence, Sekigawa maîtrise totalement le rapport du spectateur à l’image et provoque automatiquement l’émotion par le cadre.

 

Tout semble si réel que cela en devient terrifiant et d’une certaine façon captivant. Le film ne tombe pas non plus dans un misérabilisme malvenu mais cherche plutôt à construire un exutoire. Une confrontation à ce qui n’a pas été montré et ne le sera jamais.

 

 

La fiction, le faux, devient alors réalité pour embarquer le spectateur dans un terrifiant tourbillon de souffrance. Que l’on soit japonais ou occidental, le film touche et retourne le spectateur avec celle seule séquence, ce qui apparaît comme un véritable geste de bravoure.

 

 

Le film est accompagné en complément d’un documentaire intitulé « Hiroshima, le cinéma et l’imaginaire du nucléaire au japon » qui aborde la représentation de la guerre nucléaire dans le cinéma japonais. La restauration est sublime et propose une expérience totalement folle en plus de l’excellence du film en lui-même.

 

Il est donc fortement conseillé de voir Hiroshima pour pouvoir saisir l’impact d’un traumatisme sur tout un peuple. Le cinéma est donc ici nécessaire pour pouvoir marcher de l’avant.

A bout portant de Don Siegel

0

 

 

 

Date de sortie : 8 septembre 1964, sortie de l’édition physique : 24 mars 2021
Réalisateur : Don Siegel
Acteurs principaux :  Lee Marvin, Angie Dickinson, John Cassavetes, Clu Gulager, Ronald Reagan
Genre :Thriller/policier 
Nationalité : Américain

 

 

 

Don Siegel est un cinéaste emblématique et redécouvrir son adaptation de l’œuvre d’Hemingway, Les Tueurs, semble nécessaire.

Deux tueurs à gages tentent de comprendre qui étais la personne qu’ils étaient chargés de tuer.

De par ce postulat, Don Siegel livre un thriller palpitant qui joue sur la divulgation. Ainsi il construit son film comme une alternance de flash back qui évoquent la vie de Johnny North, leur victime, pour que le spectateur puisse mieux saisir les raisons de cette assassinat.

 

 

A l’instar du personnage de l‘Inspecteur Harry, Siegel fait des personnages amoraux les protagonistes du film. Ils deviennent de véritables enquêteurs qui sont là pour rétablir une vérité.

Ce qui est également passionnant est la façon dont les images construites à partir des fragments de flash back vont permettre un attachement émotionnel envers le personnage de North magnifiquement incarné par John Cassavetes. Il s’agit presque d’un élément qui développerait un film dans le film.

 

 

Ainsi, le film développe de manière savante deux temporalités, un présent où le spectateur ne sait rien et un passé où le hors champ va se révéler. C’est en cela que le film est bien construit et permet une fluidité des enjeux.

 

 

Le film est disponible chez BQHL depuis le 24 mars 2021 accompagné d’un entretien avec Jean-Baptiste Thoret et une conférence de Serge Chauvin. L’édition a également un petit livret écrit par Marc Toullec.

Il est donc fortement conseillé de se procurer ce film rondement mené avec en plus la présence de Ronald Reagan ! Hé oui !

Black Jack de Ken Loach

0

 

Date de sortie : 29 septembre 1979, sortie de l’édition physique : 20 avril 2021
Réalisateur : Ken Loach
Acteurs principaux :  Jean Franval, Stephen Hirst, Louise Cooper, Doreen Mantle, William Moore
Genre : Épouvante, Aventure
Nationalité : Britannique

 

 

 

 

Après avoir réveillé d’entre les morts « Black jack », un brigand, Tully entame un voyage aux côtés de ce premier. C’est alors qu’il rencontre Belle, une petite fille envoyée à l’asile par ses parents.

 

Black Jack de Ken Loach, adapté du roman du même nom de Léon Garfield, est un film précieux tant il arrive à capter les angoisses et les questionnements d’un enfant plongé dans un monde d’adultes.

 

Tully est un jeune garçon encore imprégné par des concepts manichéens et innocents ce qui fait qu’il a du mal à comprendre le personnage de Black Jack qui apparaît comme un vulgaire brigand violent et pitoyable. Belle, quant à elle, est une jeune fille qui voit le monde comme un conte de fée.

 

 

C’est ainsi que par leur rencontre et le voyage qu’ils vont entamer, ces deux enfants vont être confronté à la dure réalité du monde.

Loach mélange de manière savante le pur conte avec la fable sociale puisqu’il s’intéresse ici aux marginaux.

 

 

Il utilise une mise en scène épurée qui permet de prendre conscience de tout ce qui se passe à l’écran. Ainsi les environnements de l’Irlande sont aussi là pour marquer une opposition entre la ville et la campagne verdoyante.

Cette dernière est tellement verte qu’elle en devient fantastique et étrange.

La ville est par contre un lieu dangereux et sombre où les enfants n’ont pas leur place.

 

Le film s’ouvre justement par cette scène située dans une pièce très peu éclairée où Tully veille aux côtés du supposé cadavre de Black Jack. L’atmosphère mortuaire y est palpable.

 

 

Black Jack n’est d’ailleurs pas un personnage principal en tant que tel. Le film se focalise au début sur sa relation avec Tully pour ensuite s’intéresser à Belle et ce dernier. Cependant, Black Jack est important puisqu’il incarne à la fois la rédemption et une figure paternelle pour Tully.

 

D’ailleurs, la séquence finale est particulièrement émouvante. Le film possède une écriture de personnage très fine qui permet facilement l’implication émotionnelle du spectateur.

 

Black Jack est donc un très beau film qui s’avère doué d’épure et de simplicité pour livrer un véritable appel à l’évasion et l’aventure. Il suffit de voir cette dernière scène avec un bateau qui vogue vers des horizons lointains.

 

Le film est réédité par Rimini en combo Blu-Ray/DVD depuis le 20 avril 2021. Il est accompagné d’une interview d’Agnès Blandeau, maître de conférences en anglais à l’université de Nantes.

 

 

Il est donc nécessaire de voir Black Jack de Ken Loach qui est un film très simple mais porté par une grande beauté !

L’Amour en Larmes de Charles Sturridge

0

 

Date de sortie : 21 mars 1991 , sortie de l’édition physique : 23 mars 2021
Réalisateur : Charles Sturridge 
Acteurs principaux : Helen Mirren, Helena Bonham Carter, Rupert Graves, Judy Davis, Giovanni Guidelli
Genre : Drame
Nationalité : Britannique 

 

 

 

 

 

 

L’avis de Nicolas : 

 

Condor a ressorti un film passionnant et tragique qu’il faut découvrir ou redécouvrir !

 

Adapté du roman éponyme d’E.M Forster, L’Amour en larmes de Charles Sturridge raconte le remariage d’une veuve anglaise, Lilia, avec un jeune italien. Celui-ci de par ses airs les plus romantique s’avérera être un mari plus que discutable.

 

 

Ce qui est passionnant avec ce film est la façon dont il retourne le point de vue du spectateur au fur et à mesure que son intrigue avance. Le jeune italien qu’épouse Lilia est par avance méprisé par la belle famille de cette première. Nous, spectateur, voyons de prime abord un couple qui s’aime et vie dans le plus grand romantisme (c’est presque idyllique). Cependant dès que la caméra entre dans l’intimité du couple, la vérité est toute autre. Gino s’avérera être un mari manipulateur et violent.

 

 

Lilia espérant fuir une Angleterre conservatrice et pesante se retrouve avec un homme qui l’enferme. Mais Sturridge choisira encore de manipuler le spectateur pour rationaliser la détestation que l’on peut éprouver envers Gino en montrant les intentions de la belle famille de Lilia.

 

L’Amour en larmes est donc un drame assez solide qu’il faut redécouvrir avec le DVD de Condor qui est disponible depuis le 23 mars 2021. 

 

 

L’avis de Liam : 

 

Opposition de classes et de pensées se joue dans cette jolie romance historique aux penchants dramatiques.

 

Lilia s’ennuie en Angleterre depuis que son mari est mort : en ce début de XXème siècle, les conventions y sont rigides, et la morale sourcilleuse. Lilia est jeune, elle veut s’amuser et oublier, et décide donc d’entreprendre un voyage en Toscane en compagnie de son amie Miss Abbott. Là-bas elle y rencontre Gino, archétype du séducteur italien, qui lui manifeste rapidement sa flamme. Une passion partagée les décide à se marier et à avoir leur premier enfant, contre l’avis des Herriton, sa belle-famille. Ce que Lilia ignore, c’est qu’un destin tragique l’attend, qui va tout bouleverser…

 

 

 

Le long-métrage de Charles Sturridge part dans diverses formes de luttes. Tout d’abord, il y a celle financière, le compromis de l’argent qui entre en compte dans toutes les manœuvres des personnages. Ici, on pense à l’honneur, à la réputation dans une ambiance aussi guindée que le film ne l’est pas du tout, notamment par sa dynamique des personnages. L’opposition principale se fait surtout dans ses cultures, entre une anglaise rigide et une italienne plus chaleureuse.

 

 

C’est dans ce conflit permanent que le film trouve un cœur, tentant de mettre en avant ses protagonistes dans leurs retranchements émotionnels avec une dramaturgie qui parvient à toucher et même faire beaucoup de mal. On sent une humanité dans les prestations d’un casting tout à fait brillant qui nous fait serrer le cœur une fois le générique entamé.

 

Drame historique où les protagonistes ne savent pas où leurs émotions les portent, « L’amour en larmes » s’avère bien mené dans son ensemble et se révèle même bien plus mémorable que prévu. Cette sortie chez Condor devrait aider à mieux parler de ce long-métrage bien accompli dans ses propositions sentimentales.

La Nuit Déchirée de Mick Garris

0

 

Date de sortie : 10 avril 1992, sortie de l’édition physique : 24 février 2021
Réalisateur : Mick Garris
Acteurs principaux : Brian Krause, Mädchen Amick, Alice Krige, Ron Perlman, Clive Barker
Genre : Épouvante, Fantastique
Nationalité : Américain

 

 

L’avis de Nicolas : 

 

L’univers de Stephen King est passionnant et foisonnant !

Ses œuvres littéraires ont donné lieu à des films plus ou moins réussis mais qui ont su se faire remarquer.

Il suffit de voir le succès de la première adaptation de Ça qui n’est pourtant pas un très bon film.

 

Stephen King s’est également impliqué dans le processus de création de plusieurs films. Il en a même réalisé un ! Maximum overdrive en 1986.

 

La Nuit Déchirée est donc le premier film scénarisé par King qui n’est pas une adaptation d’un de ses romans. Il est réalisé par Mick Garris qui est également à l’origine de la série télévisée Shining ou plus récemment de la mini-série Sac d’os. Il est donc un habitué des adaptations des livres de Stephen King.

 

 

Une mère et son fils semble mener leur vie tranquillement. Cependant ces deux personnes ne sont pas des êtres humains mais les deux survivants d’une étrange race de félidés.

 

La Nuit Déchirée comporte énormément de thématiques qui relèvent de l’imaginaire de King. Il suffit de penser au lieu lui-même, cette petite banlieue qui se situe en pleine campagne qui est un archétype que l’on retrouve souvent chez King. Ou encore les créatures elle-même qui se nourrissent de l’âme de leurs proies pour conserver leur immortalité ce qui anticipe le « nœud vrai » de Doctor sleep.

 

 

Le film est plutôt efficace et offre des séquences à la fois hilarantes et bien violentes. Cet aspect régressif limite parfois le film mais celui-ci reste tout de même intéressant. La petite surprise est la présence abondante de chats puisque ces petites bêtes s’avèrent être le point faible de ces maudites créatures !

Le casting est assez varié entre Brian Krause surtout connu pour Charmed et Mädchen Amickque l’on a pu voir dans la fabuleuse série de David Lynch et Mark Frost, Twin peaks !

 

Stephen King, Mark Hamill et Clive Barker peuvent être également aperçu en caméo !

 

BQHL a sorti le film en Blu-ray et DVD le 24 février 2021. Le film n’est pas dénué de soucis mais il semble tout de même nécessaire de le découvrir !

 

 

L’avis de Liam :

 

BQHL ressort une adaptation de Stephen King qui, à défaut d’être effrayante, s’avère largement distrayante.

 

Une mère et son fils, survivants d’une race millénaire qui ne craint que les chats, s’installent dans une nouvelle communauté.

 

Les écrits de Stephen King ont cet effet clivant : ses détracteurs les trouvent ridicules à souhait et les fans terrifiants par l’agencement de leurs éléments horrifiques. Le fait est qu’il suffit d’un manque de maîtrise pour que le tout se vautre dans la gaudriole facile, à l’instar de nombreuses adaptations qui ont attisé la colère des spectateurs, comme ces dernières années « Cell Phone » et « La tour sombre ». Dès lors, on voit rapidement ici que le but de Mick Garris avec ce film n’était pas de provoquer le malaise mais plutôt d’offrir une série B divertissante, et il est clair que le résultat est présent.

 

 

 

En effet, même les défauts du long-métrage, comme ses effets spéciaux mal vieillis ou un traitement des personnages assez mitigé, appuient la sensation de spectacle fantastique ancré dans une certaine mythologie dérangeante par sa nature incestueuse. On est clairement dans le petit budget américain des années 90 qui arrive à provoquer un amusement permanent, notamment par la présence de Clovis, chat fabuleusement héroïque qui provoque plus d’attachement que des protagonistes humains assez archétypaux.

 

Le spectacle pour les amateurs du genre est donc présent, rythmé par un nombre plaisant de caméo qui conforte le statut pop-corn d’un titre moins horrifique que prévu malgré son ancrage dans le genre. « La nuit déchirée » constitue une série B plus qu’agréable qui, même si elle n’est pas réellement mémorable, donne envie d’y revenir avec des amis autour d’une bonne pizza et de quelques bières. On remerciera donc BQHL de ressortir pareil divertissement profondément Kingien dans son traitement.

 

Les Yeux de Satan de Sidney Lumet

0

 

Date de sortie : 12 décembre 1972, sortie de l’édition : 12 mars 2021

Réalisateur : Sydney Lumet
Acteurs principaux : Beau Bridges, James Mason, Robert Preston
Genre : Drame/horreur
Nationalité : USA 

 

 

Lorsque l’un des plus grands cinéastes américains aborde le genre horrifique cela donne un film assez passionnant.

 

Dans un établissement scolaire religieux, les enfants commencent à devenir violent sans aucune raison. Un professeur est automatiquement accusé d’y être pour quelque chose.

 

James Mason y est incroyable !

 

Ce qui est tout de suite fascinant dans un film tel que Les Yeux de Satan est la façon dont Sidney Lumet s’empare de son sujet.

 

Film qu’il rejeta avec violence, Les Yeux de Satan ou « Child’s Play » est pourtant rondement mené car il s’échappe totalement de son genre pour livrer une approche éminemment politique.

 

Malgré le fait qu’il ne soit jamais question de Satan dans le film, l’instigateur de cette atmosphère de violence qui s’empare de l’établissement semble être l’incarnation même du mal. Le film est totalement dénué d’éléments fantastiques pour construire une réflexion de fond à propos de la montée du fascisme.

En effet, cette montée de violence n’est pas anodine et découle directement de la manipulation idéologique. C’est en cela que Les Yeux de Satan est un film fascinant en plus de jouer sur une paranoïa constante puisque la question principale est ici de savoir qui a un rôle dans toute cette folie ?

 

Les yeux…

 

L’intrigue avance donc d’une façon très fluide accompagné d’une mise en scène très précise ce qui n’étonne pas de la part d’un cinéaste comme Lumet.

 

Avec celle-ci, il construit une ambiance pesante et malsaine qui permet au spectateur d’être impacté par ma teneur du récit et de ses thématiques. Les séquences de violences sont terribles et surprenantes car elles sont introduites d’une façon totalement inattendue.

 

Coupable ?

 

Le fait de voir des enfants accomplir ces actes de violences ne peut qu’être choquant et étonnant pour le spectateur.

 

Les Yeux de Satan est ressorti dans une belle édition proposée par Rimini disponible depuis le 16 mars 2021. Il s’agit d’un combo Blu-ray/DVD accompagné d’une interview de Samuel Blumenfeld.

 

Les Yeux de Satan est très surprenant par sa réductions d’effets pour créer une atmosphère étrange et prenante accompagnée d’une violence sans concession. Voir des gamins se battre de cette façon est horrifiant mais ce qui choque est la conclusion du film qui est particulièrement pessimiste ! Il est donc fortement conseillé de découvrir ce film de Sidney Lumet.

 

Meurtres sous contrôle de Larry Cohen

0
Réalisé par Larry Cohen
Sorti en 1976
Avec Tony Lo Bianco, Sylvia Sidney, Sandy Dennis
Genre : Policier, Epouvante-horreur

 

Un être divin pourrait-il s’emparer de l’esprit des êtres humains et les pousser à commettre des crimes sanglants ?

 

C’est le postulat de Meurtres sous contrôle réalisé par Larry Cohen, scénariste du Maniac Cop de William Lustig et surtout réalisateur des films Le Monstre est vivant.

 

Avec Meurtres sous contrôle il réalise un film assez étrange et particulièrement violent qui ne laisse pas indifférent.

 

En s’ouvrant sur une séquence de fusillade urbaine particulièrement violente, Meurtres sous contrôle annonce par avance qu’il sera sans concession.

 

 

 

Ce film est un étrange ofni qui commence par une approche assez réaliste de son sujet pour ensuite dévier vers une intrigue qui se compose d’enjeux assez grands et mythologiques.

 

Dès que le sujet des meurtres contrôlés est abordé, le film pourrait très bien s’aventurer vers un récit de film de science fiction K Dickien. Cependant, Cohen choisit de partir vers des horizons plus grands pour traiter d’une lutte entre le bien et le mal.

D’ailleurs il ouvre son film avec un personnage de policier banal qui enquête sur une affaire assez étrange pour construire un basculement scénaristique assez étonnant puisque l’histoire en elle même a un impact sur son propre personnage.

Ce dernier se retrouve impliqué dans cette affaire. La révélation pourrait paraître assez étonnante et capillotractée cependant elle a suffisamment d’impact émotionnel pour être intéressante et prenante.

 

 

Il est toutefois clair que le film n’a pas toujours le moyen de ses ambitions, mais arrive tout de même à leur donner du sens.

 

Meurtres sous contrôle est donc une série b assez étonnante et bienvenue dans sa belle édition éditée par Rimini sortie depuis le 18 mars 2021 dans un beau combo Blu-ray/DVD avec plusieurs bonus comme « Dieu me l’a ordonné » un supplément inédit réalisé par Alexandre Jousse, une interview du comédien Tony Lo Bianco, deux interviews du réalisateur Larry Cohen et une interview du responsable des effets spéciaux, Steve Neil.

 

 

Meurtres sous contrôle est un film très imparfait mais fait avec beaucoup d’amour. Il aborde un sujet mystérieux et étrange qui fascine beaucoup et cela se caractérise par son traitement si particulier de celui-ci.

 

 

Silence de Masahiro Shinoda

0

Réalisé par Masahiro Shinoda 

Sorti en 1971

Avec : David Lampson, Don Kenny, Tetsuro Tamba,…

Genre : Drame historique

 

 

 

L’avis de Nicolas :

 

Avant l’immense film de Scorsese il y a eu une superbe adaptation japonaise du Silence de Shūsaku Endō. Cette première adaptation est réalisée par Masahiro Shinoda et sortie en 1971.

 

XVIIème siècle, deux missionnaires portugais tentent de retrouver le père Ferreira qui était envoyé en mission au Japon. Ils découvrent alors les persécutions que subissent les japonais chrétiens de la part du gouvernement japonais qui rejette de manière catégorique leur religion.

 

 

Silence est une version radicalement différente de celle de Scorsese puisque celle-ci travaille un point de vue largement différent.

 

Il ne s’agit pas ici d’un point de vue qui aurait un caractère idéologique mais d’une question de placement de la caméra. Les deux films dénoncent bien évidemment les violences exercées envers les chrétiens Japonais mais ils n’ont pas du tout la même approche.

 

 

Scorsese a produit une œuvre contemplative et violente, ce que fait également le film de Shinoda. Cependant, Shinoda change le point de vue en choisissant de construire un film avec une caméra omnisciente et impartiale.

 

La caméra ne juge pas, elle reste statique, contemplative. La contemplation est d’ailleurs encore plus forte que dans la version de Scorsese. Le film paraît donc encore plus violent et sombre car tout ce qui y est filmé semble très proche du réel.

 

La mise en scène de Shinoda est d’une grande pudeur qui arrive toujours à traiter de son sujet avec une grande intelligence. L’approche de Scorsese n’est dénuée d’intérêt et elle est même percutante et fascinante car elle relève de son propre style mais celle de Shinoda semble encore plus sensorielle est forte car elle est documentaire.

 

 

Le réel est filmé d’une façon à créer un point de vue universel. Le regard est dénué de jugement et permet donc une implication émotionnelle qui serait totale tant ce qui se déroule à l’écran est fort.

 

Il est donc nécessaire de découvrir le Silence de Masahiro Shinoda qui est ressortie dans une très belle version offerte par Carlotta le 24 mars 2021. Le film est disponible en Blu-ray et DVD accompagné d’une préface de Pascal-Alex-Vincent.

 

Laissez-vous porter par la poésie morbide de Silence pour découvrir une œuvre qui suscite l’indignation et la fascination !

 

 

 

L’avis de Liam : 

 

Carlotta nous propose de découvrir un classique du cinéma japonais.

 

Au XVIIe siècle, deux prêtres jésuites portugais débarquent sur les côtes japonaises. Leur but est d’aider à réimplanter le christianisme dans ce pays où la religion catholique est interdite et ses fidèles persécutés. En parallèle, les deux missionnaires vont également tenter de découvrir la vérité sur leur mentor, le père Ferreira, mystérieusement disparu après sa capture par les autorités cinq ans plus tôt…

 

 

Le résumé et le titre ont dû vous mettre la puce à l’oreille mais le film de Masahiro Shinoda a grandement inspiré le film de Martin Scorsese sorti fin 2016. En découvrant le film original, on comprend d’ailleurs ce qui a pu pousser le réalisateur de « Casino » et « Hugo Cabret » à remaker ce film tant il chérit certaines de ses thématiques avec une même passion, bien que le film japonais n’ait pas réellement vieilli sur ses interrogations.

 

Le rapport à la foi qui nourrit le long-métrage est toujours aussi intense, permettant une captation des violences religieuses par le biais de deux personnages littéralement isolés de tout. La forme de persécution subie et la profanation imposée des symboles de croyance en appellent à l’histoire de la chrétienté et ses origines romaines sanglantes. Le sentiment doloriste qui s’en dégage y trouve une intensité que cherchera en permanence à appuyer Masahiro Shinoda par sa mise en scène, imposant une passivité au spectateur semblable à celle de ses protagonistes principaux.

 

 

Les doutes qui y transparaissent permettent alors de partager un certain humanisme par la nature incertaine de nos convictions, tout en raccrochant à une forme de matérialité qui peut en réalité s’avérer superflue. Tout ce qu’invoque le réalisateur va dans un sens inconnu qui oppose l’être humain à sa foi, ses limites mais également ce qui nourrit le plus intime en nous. La violence des représentations s’avère profonde, plongeant son public dans un inconfort que la composition de certains plans ne saurait atténuer.

 

 

Long-métrage douloureux aux questions lourdes sur le rapport à nos convictions, « Silence » se révèle à la hauteur de sa réputation. En permanence dans l’opposition, le film de Masahiro Shinoda trouve en cette édition une belle occasion de continuer à se partager parmi les personnes en quête d’œuvres intenses et peu faciles à appréhender.

 

Jardins de Pierre de Francis Ford Coppola

0

Réalisé par Francis Ford Coppola

Sorti en 1988

Avec : James Caan, Anjelica Huston, D.B. Sweeney, …

Genre : Drame, Guerre

 

 

 

 

L’avis de Nicolas :

Les Etats-Unis ont démontrés qu’à travers l’art cinématographique ils avaient la capacité d’expurger leurs traumatismes. La Guerre du Vietnam a eu un véritable impact sur le cinéma que ce soit avec l’immense Apocalypse Now de Coppola ou encore Full Metal Jacket de Stanley Kubrick.

Francis Ford Coppola s’est encore une fois intéressé à la guerre du Vietnam et ses conséquences sur les soldats et leurs familles avec Jardins de Pierre sorti en 1987. Le soldat Jack Willow est décédé au Vietnam. Lors de son enterrement, le sergent Hazard se remémore le parcours de ce jeune soldat.

Ce qui est frappant avec un film comme Jardins de Pierre est l’approche si radicalement différente qu’il fait de la Guerre du Vietnam. On quitte la folie flamboyante d‘Apocalypse Now pour aller se concentrer sur une échelle plus humaine et pudique. Il s’agit de filmer le rêve d’un jeune soldat qui rêve d’aller à la guerre et de confronter cette vision à la cruelle réalité du terrain.

 

 

Ainsi, Coppola construit un film intimiste hanté par le deuil puisque dès le début, le spectateur a conscience du fait que Willow est décédé. Le spectateur est donc confronté au déroulement de la vie d’un jeune idéaliste qui va très vite se terminer.

Ce procédé permet donc de créer une ampleur dramatique qui donne de la force au récit. Jardins de Pierre est donc un film qui filme avant tout le milieu militaire pour en extraire les aspects les plus beaux et discutables.

 

 

Coppola livre alors une œuvre poétique qui possède une très grande force évocatrice.

Le film est disponible chez Carlotta depuis 17 février 2021 dans une édition Blu-ray/DVD single ou prestige. L’édition prestige est assez sublime en plus d’être accompagné d’un fac-similé du dossier de presse français d’époque et d’un jeu de 5 photos avec un bonus commun aux autres éditions simples, « Fantômes de guerre« .

 

Il est donc fortement conseillé de se jeter sur ce film de Coppola qui est très prenant en plus d’être émouvant !

 

 

L’avis de Liam :

 

 

Carlotta nous propose un titre moins abordé d’un réalisateur de légende dans une jolie édition.

1969 en Virginie. Dans le cimetière d’Arlington, immense « jardin de pierre », Jackie Willow est inhumé avec quinze de ses camarades. Le sergent Hazard, présent à la cérémonie, retrace l’histoire personnelle de ce soldat qu’il a jadis chaperonné. Parti pour le Vietnam la tête pleine d’idéaux, le naïf Willow s’aperçoit avec désespoir que cette guerre n’aurait jamais dû avoir lieu.

 

 

Quand on évoque le nom de Francis Ford Coppola, de nombreux titres de films cultes peuvent vous venir en tête comme « Apocalypse Now » ou « Le Parrain ». Voir Carlotta proposer ce titre dans une édition prestige limitée devrait alors faire plaisir aux amateurs de cinéma tant ce long-métrage semble très peu abordé quand il est question de revenir sur un cinéaste majeur de la production américaine.

« Jardins de pierre » traite ainsi de la guerre et de la violence des conflits sans aborder de front d’un point de vue visuel. Ici, ce sont les conséquences qui comptent, les hommes derrière les morts, les histoires derrière les noms sur les pierres tombales. En s’ouvrant sur un enterrement, le film ne pouvait être on ne peut plus clair sur ses intentions et il prolongera cette amertume tout au long de sa durée.

 

 

 

Sans tomber dans la violence du combat, « Jardins de pierre » montre une autre forme de brutalité collatérale, avec une forme de regret qui ne nous lâchera jamais complètement. Cette guerre semble si loin mais si proche par la dévastation qu’elle provoque dans les familles. Francis Ford Coppola propose en ce sens une mise en scène plus mesurée, suivant au mieux ses personnages pour mieux faire exploser les sentiments avec une tristesse intense.

 

 

S’il n’est sans doute pas le meilleur film de son réalisateur, « Jardins de pierre » vaut largement le coup d’œil, surtout dans l’édition proposée par Carlotta. C’est un titre plus modeste à tous les niveaux mais qui trouve en ce sens une force, même bouleversante dans certains de ses plans.